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 quand le monde te persécute, tu te dois de persécuter le monde | Verde


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MessageSujet: quand le monde te persécute, tu te dois de persécuter le monde | Verde   11.10.18 1:58
Il ferme les yeux pour chasser l’écran rouge, mais quand il les rouvre, il flotte toujours devant ses yeux. Un soupir traverse ses dents serrées, alors qu’il ferme à double tours la porte du restaurant. Une fois, deux fois, trois fois. C’est complètement inutile. Rien ne semble calmer le rouge. Depuis quand, d’ailleurs ? Il semble avoir été là longtemps. Depuis son réveil, peut être. Pourquoi ? Peut être qu’il n’y a pas de raison. Il ne semble pas y’en avoir déjà eu. Tant pis. L’air frais ne peut que lui faire du bien, de toute façon. En théorie. Il se met à errer au hasard à travers les rues, parfois en essayant d’éviter totalement les endroits peuplés, par prudence, puis en les cherchant activement, par espoir que ça le calme. Espoir qui se retrouve vite à voler en fumée quand les cris hauts perchés d’une mère qui cherche ses enfants vient agresser ses oreilles, que des klaxons agacés résonnent non loin de lui, et qu’il réalise qu’il ne sait plus vraiment où il est, mais qu’en tout cas, ce n’est pas près de chez lui.

Une personne qui passe trop près de lui suffit à le faire tiquer, et il lui semble que l’écran rouge vacille un peu plus. Un coup d’œil à ses mains tremblantes le confirme, et il soupire de nouveau. Bon, tant pis pour l’option « se calmer tout seul », alors. Mieux vaut trouver quelque chose à taper, avant de taper dans quelqu’un. Ses yeux se mettent à scanner la foule à la recherche d’un endroit plus discret, d’une allée, de n’importe quoi qui pourrait au moins lui éviter de devoir s’en prendre une aussi. Mais quand il réussit à trouver un endroit un peu reculé, quand ses pas le guident trop instinctivement là bas, son cerveau envoie un signal d’alarme en recevant un signal de voix.

Il manque de faire demi tour en grommelant milles insultes, avant de saisir que les voix sont trop graves pour être calmes. Que les mots sont des menaces, même s’il ne les entend pas. Comme quoi les endroits un peu reculés de la foule, ce n’est pas que pour les imbéciles qui veulent juste taper dans un mur. Un moment de flottement se passe, pendant lequel son regard s’est remis à chercher un endroit pour lui, comme par respect pour ceux qui avaient décidé de régler leurs affaires là, sans faire le moindre cas de conscience de ce qui pourrait arriver. Après tout, ce n’est pas son rôle. Il veut juste taper dans quelque chose. Mais le bruit sourd d’un coup lui fait froncer le nez dans une mimique agacée, et il soupire une énième fois avant d’arrêter de tourner le dos à la scène.

Et il n’aurait sûrement pas dû. Parce que s’il y a bien quelque chose qu’il n’avait pas prévu, c’est qu’il reconnaîtrai le visage du gamin punching ball. Verde. Verde qui n’aurait pas fait de mal à une mouche. Verde qui se retrouvait probablement dans une situation qui le dépassait totalement. Verde et ses grands yeux naïfs où il a déjà l’impression de voir des larmes. C’est probablement l’écran rouge, en même temps. Une illusion. Mais c’est peut être la goutte d’eau qui fait déborder le vase, qui sait ? Il en fallait peu, de toute façon. C’était perdu d’avance. Il n’a même pas le temps de lâcher un dernier soupir avant de vriller totalement, et de s’enfoncer dans ce coin trop caché du reste du monde. Pour simplement repousser celui qui avait frappé, en s’accrochant à la dernière ficelle de calme qui vivait encore en lui. Qui part en fumée au moment où le poing de l’autre se lève pour lui répondre. Il ne peut pas vraiment le blâmer, en même temps. Il n’aurait pas réagi autrement.

Pendant quelques secondes, ou quelques minutes, il n’y a plus que l’écran rouge qui compte. Un coup. Deux. Trois. Dix. Il ne sait déjà plus s’il n’y a qu’une personne ou plusieurs, ne calcule déjà plus s’il prend plus de coups qu’il en reçoit ou l’inverse. Peu importe, vraiment. C’est instinctif, violent, et libérateur. La douleur dans ses phalanges ne se fait ressentir que quand il arrête de les utiliser, quand il ne sent plus de résistance, quand un goût métallique dans sa bouche lui indique qu’il est calmé, et qu’il est sûrement allé trop loin, une fois de plus. Alors le soupir s’échappe, et il pose deux doigts dans le cou de l’autre pour vérifier son pouls avant de reprendre contact avec la réalité. « Et merde. » Ca sonne déjà plus calme. Plus dépité, aussi. Quelques secondes de flottement, de nouveau, alors que ses yeux vérifient machinalement que personne n’est témoin, que l’autre, ou les autres, s’en remettront, et que lui ne risque pas de s’écrouler avant de rentrer chez lui.

Puis il se souvient. Verde. C’était Verde. Les yeux arrêtent de calculer pour le chercher, pour se poser sur son visage, pour réaliser qu’il a tout vu, et qu’il n’a pas l’air en très grande forme, lui non plus. « Tu … Attend. » Il le rejoint en quelques pas, avant de prendre son poignet dans sa main fermement, pour le traîner derrière lui, pour l’éloigner de là avant que qui que ce soit n’y arrive, pour ne pas le mettre en danger plus que nécessaire. Et quand ils ont retrouvé le plein jour, la foule, la sécurité qui va avec, et la lumière, il le relâche doucement en sentant sa gorge se serrer un peu. Et merde, vraiment. « Tu vas bien ? » C’était bien sa veine, tiens. Il aurait dû partir avant qu’il ne comprenne quel abruti avait fait ça. Mais il ne peut pas. Parce que ses yeux se sont déjà mis à chercher une trace de blessure sur son visage, parce que son cerveau semble avoir décidé de s’inquiéter pour le gamin trop naïf plutôt que pour sa propre décision idiote de l’aider. Eli n’allait pas être ravi.
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MessageSujet: Re: quand le monde te persécute, tu te dois de persécuter le monde | Verde   14.10.18 17:03

Quand le monde te persécute, tu te dois de persécuter le monde
Aodhan & Verde

« La conscience, c’est cette tranquille petite voix que personne ne veut entendre : c’est à cause de ça que les choses vont mal de nos jours ! »
L’angoisse, la peur et l’attente.

C’est tout ce qui te gouverne à l’instant présent, tout ce qui pulse dans un coin de ton crâne avec une force étouffante, alors que son poing s'abat brutalement sur ton visage. La douleur t’envoie au tapis quelques secondes, l’esprit ailleurs, l’esprit perdu dans les méandres d’un espoir assassin. Quelqu’un finira bien par arriver. Lui, finira bien par te trouver. Même si cette perspective ne t’enchante pas. Même si tu sais qu’il risquerait gros en te trouvant dans cet état. C’est ton chevalier servant après tout. Il a promis. Il a promis de te protéger, peu importe les conséquences, peu importe les actes. Alors pourquoi n’est-il pas là, maintenant ? Pourquoi ne vole t-il pas à ton secours comme la dernière fois ? Peut-être parce qu’aujourd’hui, tes bourreaux ont été plus malin. Peut-être parce qu’aujourd’hui, il n’y a aucune raison pour que ton ami vienne te trouver dans cette ruelle glauque aux allures de cimetières. Le rire gras du chef de groupe te donnerait presque envie de vomir, tant la situation te dépasse. Tu ne sais même plus quoi faire, même plus comment réagir devant cet élan de violence implacable. Ils ont été viré de l’université. Par ta faute, qu’ils disent. Comme s’ils n’étaient pas pleinement responsable de leur première erreure. Comme si humilier, voler, insulter quelqu’un pour le simple fait d’exister était légitime. Et l’espace d’un instant, l’espace de quelques secondes, tu te dis que c’est le cas. Que tu mérites, au fond. Que ça a toujours été le cas, alors pourquoi cela changerait aujourd’hui ? Pourquoi ces idiots à l’air bourru s’arrêteraient en si bon chemin ? Ce serait stupide de leur part.

Un deuxième coup se loge dans le creux de ton ventre et te coupe déjà le souffle, alors que les insultes pleuvent dans des murmures acides, alors que cette ruelle se transforme en enfer, alors que tu regrettes de plus en plus d’avoir prit ce chemin pour rentrer de ton travail. Celui là, et pas un autre. Une vieille habitude, une vieille routine qui ne t’as jamais paru dangereuse, avant aujourd’hui. Avant de sentir le goût du sang entre tes lèvres pleines. Avant l’angoisse des paroles et la peur de ne pas s’en sortir indemne. Alors tu te recroquevilles un peu plus sur toi même, tu essai de protéger ton corps trop faible de la dureté de leur geste, tu essaye de ne pas les laisser t’abîmer de trop, pour ne pas inquiéter ta tante lorsque tu rentreras, pour ne pas inquiéter Elì lorsque tu le reverras. Mais c’est peine perdu lorsque l’un de tes bourreaux agrippent une masse de tes cheveux blonds pour te rejeter violemment contre le mur. Quelque chose s’enfonce près de ta colonne vertébrale. Quelque chose de rond, et de dur. Une poignée, peut-être. Ou un morceau de brique brisée par le temps. Le chef de groupe lève à nouveau le poing vers toi et tu fermes les yeux par instinct autant que par orgueil. Ne pas le laisser voir cet instinct de défaite qui t’enlace déjà l’esprit. Ne pas le laisser voir à quel point tout ça t’affecte, malgré les larmes qui perlent au coin de tes paupières, malgré les gémissements de douleurs que tu as déjà laissé échappé tout à l’heure.

Mais rien. Rien d’autre qu’un bruit sourd qui t’indique que le coup a bien été porté, mais pas sur toi. Péniblement, tu ouvres un oeil et tu ne vois rien. Rien d’autre qu’un rose flou, évasé, agressif, mélé entre une multitude de couleur, de crie et d’injure. Le rose est une couleur qui incarne la tendresse et la douceur à tes yeux, mais lorsqu’elle émane de sa voix, de ses grognements de rages, tu as l’impression qu’elle te menace, qu’elle te juge, qu’elle est prête à te sauter à la gorge à la moindre parole de travers. Mais ce n’est pas toi, sa victime, aujourd’hui. Ce n’est pas contre toi que sa haine est retourné. Ça ne l’a jamais été. Aodhan. Ce n’est pas le héro que tu attendais. Ce n’est même pas un héro tout court, et pourtant, le voilà qui écrase son poing fermé sur tes bourreaux. Le voilà qui se bat pour toi, pour te défendre, pour t’empêcher de couler dans les méandres d’une attaque aussi traître. Tes paupières s’écarquillent, presque sous le choc, alors que tu ne parviens pas à quitter le spectacle macabre qui se joue devant toi. Un. Deux. Trois. C’est presque une mélodie, une explosion de couleur friable qui explose devant tes yeux. Quatre. Cinq. Six. C’est fini. Déjà ? Rapide. Aodhan relève le pouls d’un adversaire, puis reporte enfin son attention sur toi. Ton corps s’est depuis longtemps écrasé contre le mur derrière toi, les jambes trop tremblante pour parvenir à supporter encore ton poid. Tes iris d’émeraudes se perdent dans les siens, un silence inconfortable s'installe où tu ne fais que frémir d’épouvante devant cette situation qui te dépasse complètement. Lentement, ton regard se perd sur tes détracteurs. Même si tu voulais recevoir de l’aide, tu n’aurais souhaité pour rien au monde les voir dans cet état. Ou peut-être que si, au fond. Et c’est bien ce qui te fait le plus peur.

La main d’Aodhan vient s’enrouler autour de ton poignet, te forçant avec une fermeté cynique à te relever pour le suivre plus loin. Et tu le suis, comme une poupée de chiffon, n’échappant qu’un glapissement surpris en sentant la chaleur de ses doigts contre ta peau. Ton coeur tambourine avec une telle force dans ta poitrine que tu as l’impression qu’il se brise à chaque pas de plus, à chaque centimètre parcouru. La foule. C’est bien la foule. Même si tu n’es pas vraiment en état de réfléchir à quoi que ce soit. Le rose revient, mais cette fois, il est plus doux, plus hasardeux, teinté d’un voile d’inquiétude. « Je... » Tu ne parviens même pas à répondre correctement, à tenter de construire une phrase correct. Alors tu laisses la boule de terreur qui grossit dans ta poitrine remonter pour s’écraser dans le creux de ta gorge. Un sanglot, puis un autre. Une larme, puis une autre. Tu craques. « Aodhan... » C’est pitoyable. C’est gémi comme un enfant de quatre ans qui vient de se faire réprimander par sa mère pour avoir piqué dans la boite à bonbon et pourtant, c’est tout ce dont tu es capable pour l’instant. Entre la douleur qui t’enlace le crâne et l’esprit, entre le choc et l’incompréhension. Elì ne va pas être ravi.


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MessageSujet: Re: quand le monde te persécute, tu te dois de persécuter le monde | Verde   11.11.18 2:38
Il a peur. C’est tout ce que son regard me transmet. Mais de quoi ? D’avoir mal, encore ? Sûrement. Ce serait assez logique. Il n’a pas l’air en très bon état. Alors je passe outre, pour observer les blessures sur son visage, les larmes au coin de ses yeux, son corps qui semble ne plus pouvoir tenir debout. Peut être que je suis arrivé trop tard. Peut être que j’aurai mieux fait de ne pas arriver du tout, aussi. Parce qu’il regarde les corps, maintenant, et que je ne suis plus vraiment sûr qu’il ait peur pour lui-même. Dommage. Parce qu’il ne va pas tarder à être le centre de l’attention. Laissant derrière ces pauvres idiots qui de toute façon vivront pour recommencer leurs enfantillages, je lui agrippe le poignet pour l’éloigner de là, pour éviter que qui que ce soit ne nous lie à la scène. Même si de toute façon personne n’est assez idiot pour ne pas faire le lien, dans cette foule. Avec son corps meurtri et son visage marqué, avec le rouge qui décore mes poings et les traces des coups que je commence à peine à sentir sur mon propre visage. Dommage.

Mais en même temps. En même temps, avec les corps des autres hors de leur vue, un tout autre scénario qui est loin de m’arranger peut leur traverser l’esprit. Parce que toi tu es en mauvais état, Verde. Et que moi, c’est surtout mes mains qui le sont. Merde. Je t’entends essayer de parler, et quelques secondes, mon cerveau court-circuite alors que je te regarde, alors que j’attends une quelconque indication de ce que je suis censé faire, alors que tu n’as pas l’air décidé à me donner quoique ce soit. Pire, tu as même l’air décidé à empirer le nombre de regards suspicieux qui se pose sur nous, avec ce sanglot qui sort de nulle part, qui me fait ouvrir la bouche et bloque pourtant ma voix. Qu’est ce qui te prend, tout à coup ? Pourquoi est ce que tu prononces mon prénom comme ça ? Pire, pourquoi est ce que tu … pleures ?

« Qu’est ce que … » C’est un murmure échappé, rien de plus, vraiment. Parce que mes bras se sont bêtement raidis le long de mon corps comme s’ils refusaient avant même que j’y pense de te soutenir. Pourquoi est ce que tu pleures ? Le plus doucement possible, je force ma main à venir relever ton menton, j’observe minutieusement chaque recoin de ton visage. Oui, ça doit faire mal, mais à ce point ? Peut être. Peut être que mon calcul du niveau de douleur est faux, de toute façon. «  Calme-toi. » C’est trop autoritaire, et ça se bloque dans ma gorge avant même que je ne puisse vraiment prononcer la fin. Ce n’est certainement pas la bonne attitude à avoir, devant un gamin qui pleure. Inspirer. Expirer.

« Pardon. Verde ? Eh. Regarde autour de toi. Tu crois que tu peux te calmer ? Ca risque d’être mal interprété. » Parce que tout le monde nous regarde. Parce que je serai surpris que personne n’ait encore pensé à appeler la police pour te sauver de moi, alors que tes vrais agresseurs sont en bien pire état que toi. Parce que je ne peux vraiment pas me permettre d’aller au poste aujourd’hui, Verde. Et parce que quelque part, tes pleurs me serrent un peu le cœur, et que je ne sais absolument pas quoi faire pour t’aider à les tarir. « Dis-moi où t’as mal. On va s’assoir là, ok ? Je peux regarder si tu veux. » Parce que ça doit être ça, non ? La douleur. Ca ne pourrait pas être autre chose. Ou peut être que si. Mais quoi, alors ? Peu importe les théories que mon cerveau forment, elles paraissent toutes totalement absurdes. Et le petit « Qu’est ce qui t’arrive ? » murmuré si bas que je ne suis même pas sûr que tu l’entendes n’aide en rien. Que quelqu’un m’explique. N’importe qui. Toi, si possible. Parce que je ne sais pas quoi faire. Parce que c’est bien plus facile de frapper des gens que de faire sécher des larmes. Parce que je voudrais t’aider, mais que j’ai de plus en plus l’impression d’empirer les choses.
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MessageSujet: Re: quand le monde te persécute, tu te dois de persécuter le monde | Verde   13.11.18 12:10

Quand le monde te persécute, tu te dois de persécuter le monde
Aodhan & Verde

« La conscience, c’est cette tranquille petite voix que personne ne veut entendre : c’est à cause de ça que les choses vont mal de nos jours ! »
Panique.

Tu la sens arriver par vague. Elle te guette, de loin, comme une menace. Comme la promesse d’une crise trop longtemps rejeté. Comme si tu l’avais ignoré, encore et encore, et que tu l’avais laissé grossir jusqu’à devenir trop imposante, trop viscérale, trop entêtante. Elle te fait peur, cette panique. Un vrai cercle vicieux qui se forme dans le creux de ton ventre. La peur d’avoir peur. Ta respiration s’accélère lorsqu’il te tire à l’extérieur de cette ruelle infernal, et le premier sanglot ne tarde pas à venir. Tu ne parviens même plus à contrôler tes membres tremblants, ton visage baigné de larme, ton souffle erratique. Et tout ce que ton esprit quémande, c’est un besoin de réconfort. C’est un besoin d’écoute. Un besoin de [i]lui[i], aussi. De ses bras autour de ta taille. De son odeur envahissante. De ses mots murmurés doucement à ton oreille. Pas Aodhan, non. Elì. Une vérité criante qui te gèle encore un peu plus le coeur, tant elle se montre trop tardive et trop précoce à la fois. La voix du cuisinier résonne entre vous comme un ordre brutal, et tu rentres un peu plus ta tête entre tes épaules, à l’image d’un enfant pris en faute. Et ça ne t’aide absolument pas à te calmer. Le rose est agressif, encore une fois. Tu le sens presque te menacer avec cette couleur chatoyante. Pourtant, tu n’as pas peur de lui. Tu n’as pas peur de sa colère. Tu le sais excessif par moment, mais tu sais aussi qu’il t’apprécie ou qu’au moins, il te respecte, ne serait-ce qu’un peu. Alors dans un coin de ton crâne, la vérité se fait plus douce, plus rassurante, même si elle n’est pas encore assez forte pour apaiser la tension qui te parcourt le corps.

Il s’excuse, sans que tu en comprennes vraiment les raisons. Ton esprit est trop effrayé, trop craintif pour faire le lien entre la foule qui vous entours et l’image qu’ils pourraient avoir d’une telle situation. Si tu peux te calmer ? « Je sais pas, je... » Tu ne sais plus. Tu es juste totalement perdu dans cette avalanche d’émotion trop forte, trop inquiétante, trop viscérale. C’est si puissant que ça te fait trembler de tout ton être. Mais tu essaie, un peu, d’apaiser ton coeur qui bat à vive allure dans ta poitrine. Ton poing écrase mollement les perles d’eaux sur tes joues dans l’espoir de calmer tes sanglots. Peine perdu. Tu as tenté le coup, au moins. Il t’entraine rapidement dans un coin un peu plus retrancher de la rue passante, et tu t’y laisses guider sans broncher, reniflant à chaque mètre écoulé, te demandant si tu vas tenir jusque là, si tes jambes ne vont pas tout simplement lâcher sous la culpabilité qui t’étouffe. La culpabilité ? Mais coupable de quoi ? D’exister ? Probablement. Tu n’es même plus cohérent lorsque tu t’effondres presque sur les marches d’un petit immeuble de quartier. Ton corps se recroqueville sur lui même par instinct, tenant ce ventre qui te fait si mal, ses jambes qui te font tant souffrir, cette lèvre boursouflée qui tremblote dans une moue perdue. « J’ai peur. » J’ai mal. Je souffre. Aide moi. Fais quelque chose. N’importe quoi. Que tout ça s’arrête, que la peur s’en aille, que je n’ai plus à craindre d’être moi-même, d’être blessé pour ça, d’être trahi pour ça. Tu peux faire ça pour moi, Aodhan ? Non. Sûrement pas. Mais essaye quand même. Ou trouve quelque chose. « Ao’... » C’est pitoyable. C’est plaintif. Et c’est marbré d’un énième sanglot qui s’étouffe dans la chaleur de tes genoux recroquevillés contre ton torse. « Pourquoi ils s’acharnent..? Pourquoi sur moi ? » Tu ne sais même plus si tu le questionnes lui ou si tu te questionnes toi-même. Probablement un peu des deux. « C’est toujours comme ça, mais je veux pas… Je veux juste qu’on me laisse tranquille. » Je veux juste vivre. Et être heureux. Mais c’est trop demandé, hein ?


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MessageSujet: Re: quand le monde te persécute, tu te dois de persécuter le monde | Verde   26.11.18 0:23
Se calmer. Il faut se calmer. Parce que je n’aide absolument pas en laissant l’adrénaline de quelques secondes avant guider mes mots, parce que je suis obligé de me concentrer pour ne pas te donner d’ordre, pour ne pas juste te secouer et te dire de te réveiller. D’ouvrir les yeux, un peu, pour voir que le monde est cruel, et que si tu continues comme ça, tu vas te faire bouffer. Parce que ce n’est clairement pas ce dont tu as besoin. Que quelque part, même si je ne te connais que rapidement, je sais déjà que ce n’est pas dans ton caractère de comprendre ces choses là. Que c’est peut être aussi un peu pour ça que je t’apprécie. Parce que tu es touchant, sans le vouloir, dans ton trop plein d’innocence, dans cette naïveté qui te pousse à être blessé trop facilement. Je peux le voir, mais pas le comprendre. Pas le gérer. Pas comme tu en as besoin. Et ça, ça va probablement vite poser problème, si quelqu’un se décide à mal interpréter la situation, comme c’est certainement en train d’arriver en ce moment même.

Alors je t’emmène un peu plus loin, dans l’espoir d’enlever une menace à ce scénario qui est bien loin de ma zone de confort, probablement autant de la tienne. Parce que tu ne sais pas ce que tu as, et que je suis incapable de le deviner. Et tu te recroquevilles, et ma gorge se serre de plus en plus alors que je reste un instant les bras ballants, à me demander où tu as mal, en sachant très bien que ce n’est pas la question que je devrais me poser. En cherchant à comprendre pourquoi tu ressembles tant à un enfant battu, et pourquoi j’ai l’impression que la seule chose que tu ressens, c’est de la honte. « T’as plus de raison d’avoir peur. » C’est plus doux, déjà, mais je ne m’en rends plus compte, alors que je me rapproche de toi, alors que je m’accroupis pour essayer de capter ton regard. Non, tu n’as plus de raison d’avoir peur. Mais je ne suis pas sûr que tu aies réellement besoin d’une raison.

Et tu parles. Et plus tu parles, plus je sens ma gorge se serrer et des mots essayer de se former pour te rassurer sans vraiment y arriver. Plus tu parles, plus je comprends que tu sais peut être déjà à quel point le monde est cruel, mais que tu n’as juste aucune envie de te battre contre ça. Que tu veux juste qu’il te laisse tranquille. Alors un petit soupir triste s’échappe de mes lèvres avant que je ne prenne place à tes côtés, avant que je ne vienne saisir tes poignets le plus doucement possible pour te forcer à relâcher tes jambes, pour te forcer à rouvrir ta posture, en murmurant des excuses quand je sens mes mouvements se faire trop durs, trop sévères, trop brutaux. Et je tire tes poignets vers moi en essayant de ne pas te faire mal pour te serrer dans mes bras, en ignorant ce frisson désagréable qui vient avec chaque contact physique, en ignorant mon envie de mettre douze murs entre moi et les autres. Parce que tu ressembles à un enfant qui pleure, Verde. Et que tu es censé être bien plus que ça.

« Je sais pas, Verde. Il faut que tu apprennes à te défendre. Que tu leur montres qu’ils peuvent pas te faire ça. Il faut pas juste accepter qu’on te frappe sans rien faire, tu sais ? C’est pas grave si tu perds, l’important c’est de te battre pour toi. » Parce que ça prouve que toi, tu te respectes assez pour ne pas les laisser faire en restant immobile. Pour ne pas leur rendre la tâche trop facile. Jusqu’à ce que les coups n’aient plus aucune importance. « Essaie de respirer. Doucement. Inspire, expire. Inspire, expire. T’es pas une cause désespérée, d’accord ? C’est juste le début. Ca ira mieux. » Sûrement. De toute façon, ça ne peut pas aller pire. Alors je te garde contre moi, sans essayer d’essuyer tes larmes, sans essayer d’arrêter tes sanglots, pour pouvoir simplement réfléchir à qui appeler. A qui tu as réellement envie de voir, maintenant. Parce qu’évidemment que ça ne peut pas être moi, mais qu’il doit bien y avoir quelqu’un. Que tu dois bien avoir des gens qui t’aiment assez pour t’avoir déjà dit ces mots auparavant, quelque part.
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MessageSujet: Re: quand le monde te persécute, tu te dois de persécuter le monde | Verde   29.11.18 11:16

Quand le monde te persécute, tu te dois de persécuter le monde
Aodhan & Verde

« La conscience, c’est cette tranquille petite voix que personne ne veut entendre : c’est à cause de ça que les choses vont mal de nos jours ! »
Trop. C’est trop pour toi, tout ça. Trop de rancoeur, trop de peur, trop de douleur. Même ton caractère foncièrement optimiste c’est tue au profit d’un sentiment plus sournois, plus dévorant, plus stupide, aussi. Le sentiment de culpabilité. Parce qu’à force d’essuyer la colère des autres, à force de devoir encaisser, encore et encore, on finit par croire que tout est de notre faute. Qu’on mérite, au moins un peu, tout ce qu’il nous arrive. C’est ce qu’il pense, lui aussi, n’est-ce pas ? C’est ce que tout le monde pense de toi, probablement. Le petit être faible sur lequel il est trop facile de marcher. L’adulte à peine sortie de l’adolescence qui ressemble encore à un enfant. C’est ridicule. Tout est ridicule. Toi encore plus, alors que ton corps tremble à t’en donner envie de vomir, alors que la foule d’émotion qui te parcourt les veines ne semblent pas prête de s’arrêter, alors que tes larmes s’écoulent sans jamais s’arrêter. La crise est violente. Trop pour être contenue. Trop pour être ravalée et exploser plus tard, lorsque tu seras seul et à même de te calmer. Tes bras se resserrent sur tes genoux cagneux, mais c’est rapidement les mains autoritaires de ton ami qui te font sursauter lourdement. Tu relèves lentement la tête, un regard bien trop craintif posé sur lui et sur le flou qui l’entours. Et tu te laisses faire, non sans gémir piteusement lorsqu’il se fait trop autoritaire, trop brutal dans ses gestes. Au moins, la chaleur de ses bras te permet de craquer une nouvelle fois dans un sanglot viscérale. Le rose revient, mais il n’est plus aussi criard qu’avant. Plus aussi aggressif. À croire que même sa couleur s'adoucit, parfois. Étrange. Rassurant.  « Mais je veux pas me battre... » C’est gémi dans la douleur, à travers tes sanglots et ton trop plein de tristesse. Tant et si bien que tu ne sais plus si tu parles de manière littérale ou si tu baisses tout simplement les bras. Probablement un peu des deux.

Parce que tu le connais, ce monde cruel qui t’entours. Tu le connais déjà trop bien. Que ce soit les marques qui te parcourt encore la peau ou ton manque d’assurance volage, tu en es la preuve vivante. Alors à quoi bon te battre contre ça ? Tu as déjà essayé, avant. Et tu as perdu bien plus qu’une bataille. Tu as perdu la guerre. Tu t’es perdu toi, l’enfant assuré, jaloux et heureux que tu étais. « D’accord. » C’est tremblant, un peu. Parce que tu n’y crois pas. Parce que malgré la pointe de douceur qui marbre le ton de sa voix, tout ce que tu retiens, c’est que tu n’as atteint que le début. Qu’il te reste encore un trop long chemin à parcourir et que te battre te demandera des efforts insurmontable. Des efforts… Des efforts que tu es pourtant prêt à faire, alors que tout ce à quoi tu penses à l’instant présent, c’est lui. C’est Elì. Pour lui, tu veux bien t’armer de patience. Tu veux bien encaisser. Même si c’est pour le voir dans les bras d’une autre. Même si c’est pour le voir papillonner du regard devant cette belle rouquine trop sûre d’elle. Jaloux. Tu le redeviens un peu, en ce moment. Et rien que pour ça, rien que pour cette sensation de redevenir un peu ce que tu étais avant, tu sais que tu auras l’énergie suffisante pour te redresser. Pour te battre. Mais pas tout de suite. Tout de suite, tout ce dont tu as besoin, c’est d’être rassuré. Alors tu te loges encore un peu plus contre Aodhan, contre cette chaleur qui ne te réchauffe pas vraiment, mais qui t’apaise, au moins. « Pardon. » Un murmure coincé dans le creux de ta gorge, mais un murmure honnête. Ce n’était pas à lui de te défendre. Il l’a fait pourtant. Et ça ne fait que grossir encore un peu plus toute la reconnaissance et l’affection que tu lui portes. Aodhan n’est pas un mauvais bougre, malgré son sale caractère et son naturel un peu trop brutal. Pourtant, les sanglots continuent, intarissable, et tu finis par t’éloigner quelque peu de ses bras pour essuyer ton visage baigné de larme, pour agripper d’une main tremblante ton téléphone portable et en déverrouiller l’écran, pour relever un regard prudent vers lui, incapable d’articuler deux mots sans hoqueter pitoyablement. « Je peux pas… Je peux pas l’appeler dans cet état. Il va s’inquiéter. » Et tu ne veux surtout pas qu’il s’inquiète. Tu veux simplement le voir. Tu veux simplement alléger la tension que tu as senti dans le corps d’Aodhan, aussi. Parce que ce n’est pas à lui d’essuyer tes larmes. « Elì. S’il te plait. »


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MessageSujet: Re: quand le monde te persécute, tu te dois de persécuter le monde | Verde   09.12.18 13:34
Un soupir s’échappe de nouveau de mes lèvres, alors que tu prononces cette phrase bien trop humaine, bien trop simple, cet abandon même plus dissimulé. Tu ne veux pas te battre. Bien entendu que tu ne veux pas te battre. Tu n’es probablement pas de ceux qui se battent. Mais le reste du monde n’est pas d’accord avec toi. Alors pendant quelques secondes, alors que tu pleures contre moi, alors que je sais très bien que je ne peux rien faire d’autre pour te calmer que simplement être là, je me demande si quelque part, il y a quelqu’un qui se bat pour toi. Parce que sinon, tu ne serais sans doute plus aussi optimiste depuis longtemps. Parce que tu ne serais pas dans cet état. Parce que tu serais sans doute bien trop habitué par le temps et le manque d’espoir pour en pleurer à ce point, peu importe à quel point tu es sensible. Alors il doit y avoir quelqu’un. Mais qui ?

Et ton « d’accord » sonne plus comme un autre abandon qu’autre chose, alors que je me retiens au dernier moment de simplement me frapper moi-même pour m’apprendre à dire des choses utiles dans ce genre de situations, alors que je te relâche un peu, sans le vouloir. Alors que j’abandonne un peu, moi aussi. Parce que je ne suis vraiment pas fait pour ça, et que tu as vraiment besoin d’aide. Parce que malgré tout ça, ça me fait du mal de te savoir dans cet état, et que je me fiche de qui t’aide tant que quelqu’un le fait. Et je cherche dans ma mémoire qui pourrait avoir ce talent, je suis même à deux doigts d’appeler Bérénice, en me disant que c’est probablement la seule personne que je connais capable de compatir assez pour soigner les maux des autres. J’oublie que tu es là, quelques secondes, en cherchant à me souvenir des gens que j’ai vu avec toi, en n’ayant aucun nom qui me vient à l’esprit. Il va falloir que tu m’aides, Verde. Même si tu n’arrives pas à penser, même si tu dois dire un nom entre deux sanglots, il va vraiment falloir me donner un indice si tu ne veux pas qu’on passe la soirée dans cette ruelle sans pouvoir rien faire pour rassurer l’autre, tous les deux.

Et c’est tes excuses, qui me ramènent vers toi alors qu’il me semble redécouvrir ce corps qui se blottit contre moi comme celui d’un enfant, alors que ma main reste à moitié en l’air sans savoir où se poser. « T’excuse pas. C’est moi qui suis désolé. » C’est presque une confession alors que mon regard croise le tiens, alors que ma propre inutilité dans cette situation me serre un peu la gorge. Pardon de ne pas être ce qu’il faut pour la situation, sûrement. Mais tu bouges, tu vis, et aussitôt que tu t’éloignes de moi, mon corps se détend et je tends l’oreille. Parce que tu veux parler. Parce qu’il vient, l’indice. Et ce n’est clairement pas celui auquel je m’attendais. « Je m’en occupe. » C’est doux, encore, et ça sonne à mes oreilles comme une voix étrangère, alors que je récupère ton portable pour appeler, alors que je m’éloigne de quelques pas pour ne pas que tes sanglots s’entendent trop.

Et quelque part, je me disais qu’il n’y avait pas qu’un seul Eli dans cette ville. Quelque part, je me disais que le monde ne pouvait pas se moquer de nous à ce point. Pourtant, l’intonation enjouée qui me répond, un poil fatiguée, mais surtout trop familière, ne me laisse pas le bénéfice du doute, et je soupire doucement. Aucune chance pour qu’il ne reconnaisse pas mon accent. Aucune chance que je puisse quitter les lieux avant qu’il n’arrive pour ne pas être mêlé à sa vie privée. Même si quelque part, je ne t’aurai probablement pas laissé pleurer seul dans cette ruelle. « Bonjour Eli. Ne pose pas de questions, c’est un peu pressé. Tu peux venir dans la ruelle à côté du Harpa, celle qui est entre Lindargata et Skuggasund ? Verde a besoin de toi. » Etonnement, il ne lui faut pas beaucoup plus de temps pour raccrocher. Pas plus de questions. Comme si la simple mention de ton nom était une formule magique. Amusant.

Alors je reviens vers toi, vers la boule de larmes et d’angoisse que tu es devenu, et je me rassois à tes côtés en murmurant un « Il est en route. » qui se veut neutre, qui est probablement trop perplexe. « T’as confiance en lui ? En Eli ? » Quelque part, je me pose la question. Parce qu’il serait capable de traîner en justice les gamins, et que ce n’est peut être pas une bonne chose. Parce qu’il ne vit pas vraiment dans le même monde que les autres, et qu’il pense bien trop que la justice peut se faire tout le temps. Et parce que quelque part, si tu arrives à me répondre, ça te permet de penser à autre chose, pendant quelques secondes. « Oh, tiens. Je … Y’a du sang dessus, désolé. » Du vrai, cette fois, alors que ma main te tend le portable, encore rougie par les coups donnés aux autres. En espérant simplement qu’Eli n’interprète pas de travers la situation, lui aussi, même si ça n’a pas vraiment d’importance, pour le coup. En espérant bien plus qu’il arrive à te calmer.
(c) AMIANTE

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they turned him into a weapon and told him to find peace. ▬ puisqu'ici il n'y a qu'au combat qu'on est libres, de ton triste sommeil je t'en prie libère-toi. dans ce triste pays tu sais un jour ou l'autre faudra tuer le père, faire entendre ta voix. - s
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quand le monde te persécute, tu te dois de persécuter le monde | Verde
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