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 I made a huge mistake | Eli

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Aodhan O'Flahertie
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MessageSujet: I made a huge mistake | Eli   08.10.18 0:33

Quel abruti. Quel sombre abruti. C’est tout ce qu’il se répète mentalement en continuant de tapoter rapidement sur le clavier de son portable, en prenant la route qu’il connaît déjà par cœur, sans regarder où il va, sans réaliser qu’il manque de rentrer dans chaque personne qui croise son chemin. Cette fois c’est véritablement le bordel. Il en est profondément conscient. Tout ça à cause de l’autre imbécile de russe qui se fait torturer en plein milieu d’un mois totalement ordinaire dans cette ville sans histoire. Pourquoi est ce qu’il avait fallu qu’il s’en mêle, déjà ? Pourquoi est ce qu’il n’avait pas pu rester à sa place et hausser les épaules quand Aleks serait revenu mourant, ou pas revenu du tout ? Pourquoi est ce qu’il s’était senti obligé d’inventer cette excuse idiote pour que Mikhael rentre chez lui, alors même qu’il était totalement conscient des risques de surveillance qui pesaient sur eux ? Alors qu’il savait très bien que s’il contactait quelqu’un comme ça, ça se saurait ? Il n’y a vraiment aucun avantage à vouloir faire la bonne chose à faire. Aucun. A part le fait que sa torture se soit arrêtée. Oui, il avait au moins réussi ça.

Le téléphone se remet à sonner entre ses doigts, et il soupire doucement en appuyant sur le bouton rouge. Inutile de décrocher. De toute façon, il en a assez d’expliquer que oui, il est en assez bon chemin pour rentrer au pays, mais que non, ce ne sera sûrement pas pour aller boire une bière au pub. Sombre abruti. « Monsieur, vous ne pouvez pas … » Il passe devant l’accueil en ignorant superbement la pauvre femme qui avait juste voulu faire son travail, d’un pas décidé, bien qu’un peu trop pressé pour la cause. Un coup de fil ne suffirait pas. Il fallait aller vite. Bien plus vite que ça. Son téléphone vibre de nouveau, et il l’enfourne dans sa poche en croisant les doigts pour que l’ambassade prenne beaucoup trop de temps pour s’occuper des papiers à remplir avant de frapper un coup sec sur la porte, et de l’ouvrir sans attendre la réponse. Pas le temps.

« On a un problème. » Il y a quelqu’un. Ses yeux passent du visage connu de l’avocat à celui de la personne qui lui fait face. Un client, sûrement. Peu importe. « Vous. Sortez. » De toute façon, il est déjà dedans. Il tire la seconde chaise pour prendre place dessus, en jetant un dernier regard entendu au client encore sous le choc, puis à Eli pour qu’il le soutienne. « Maintenant. » C’est un ordre bien trop sec et bien trop clair pour qu’il ne puisse l’ignorer, au moins. Et quand enfin il s’est décidé à quitter la pièce avec des yeux grands ouverts sous le choc, Aodhan rapproche sa chaise du bureau après avoir vérifié rapidement que tout était bien fermé et que personne ne pouvait entrer comme lui venait de le faire.

« Chut. Pas de leçon de morale, j’ai pas le temps. C’est le bordel. J’ai fait une connerie. Enfin, non, en plus j’ai fait un truc bien, mais c’est une connerie pour tout ça. » Tout ce bordel là. Tout ce truc idiot de justice qui l’empêche de faire ce qu’il veut. Machinalement, ses mains viennent se perdre sur la rangée de stylo qui orne le bureau pour les remettre à la même hauteur, pour créer une ligne parfaite alors qu’il cherche comment expliquer la situation. « Je suis entré en contact avec un type qui est surveillé par la justice et que je connaissais avant. Evidemment, ils l’ont su, et ça apporte une preuve à leur plainte contre moi. Pour l’instant personne m’a rien dit mais on sait tous les deux que ça pue. » Parce que ce n’est pas vraiment comme ça qu’il comptait rentrer en Irlande. Sa mâchoire se desserre un peu pour la première fois depuis qu’il a réalisé l’ampleur des dommages, et il soupire un peu en relevant le regard sur l’avocat. « Je suis vraiment très con. Je me suis dit que tu voudrais le savoir. » Dépité. Voilà, il était passé de nerveux à dépité.
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Elì Karelsson
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MessageSujet: Re: I made a huge mistake | Eli   14.10.18 21:39

Never EnoughAodhan & ElìJe n'ai jamais été assez. Jamais assez pour toi, pour eux, pour moi. Je n'ai jamais été assez pour combler ce vide que tu ressentais, et je ne serais jamais assez. J'ai beau retenir mon souffle, j'ai beau essayer de faire mon possible, je le sens, je le sais: Je ne suis pas assez. J'ai peur. J'ai peur que tu finisses par en avoir marre. Par m'oublier. Les feuilles étaient étalées devant le jeune avocat depuis maintenant 2h, parlant avec un homme dans la trentaine qui vivait de la violence conjugale avec sa femme : Bien entendu, personne n’avait voulu le croire. Ces amis avaient rit de lui, ces parents le trouvaient faible, et il n’osait sans doute pas en parler à des policiers, qui croiraient que c’était lui qui faisait de la violence à sa femme, et non le contraire. C’était toujours problématique, la violence conjugale, mais encore plus quand il se fallait de défendre un homme qui en subissait. Car un homme, personne ne voulait le croire. Et Elì était à fond dans ce dossier-là, qui lui tenait très à cœur dû au fait que cet homme méritait réellement de s’en sortir et d’avoir une vie bien meilleure. Alors l’avocat faisait de son mieux pour sortir les preuves, pour découvrir la vérité, pour pouvoir faire justice à cet homme qui en avait déjà trop souffert. Voilà deux heures qui était désormais écoulé, et Elì ne comptait plus le nombre de café qu’il avait prit, callé, et reprit. Son cerveau réfléchissait à milles à l’heure, et chaque minute était calculée. Ces doigts s’arrêtaient parfois sur une feuille, la fixant, avant de recommencer à s’activer, écoutant les dires de l’homme en hochant la tête.

Depuis le festival, il ne pensait plus à Athena, ni même vraiment à contacter ces amis. Athena l’avait brisé. Il savait qu’il n’avait plus de chance avec elle, mais apprendre qu’elle avait couché avec Bertel, cet homme qui avait rendu son adolescence si difficile… Il n’y comprenait rien. Peut-être n’avait-il pas envie de comprendre après tout. Peut-être qu’il en avait marre d’essayer de tout comprendre, de tout analyser. Parfois, c’était épuisant de toujours chercher une explication, de toujours en vouloir une. C’était épuisant. C’était épuisant de se sentir aussi inconfortable dès qu’une pièce de puzzle manquer, dès qu’il n’avait pas une explication à quelque chose. Pourquoi il était comme ça?

Il relève la tête vers l’homme, prêt à parler à nouveau, quand la porte s’ouvre à la volée sur son plus gros cas, son plus gros problème, mais qu’il ne laisserait jamais tombé. Aodhan. Aodhan, agité. Qui veux quelque chose tout de suite, en vue de sa démarche de ces tics, de sa façon de parler. Elì lui jette un regard furieux, mais il sait qu’il ne peut pas repoussé Aodhan, pas sans mettre en danger quiconque dans cette pièce. Il se lève et raccompagne l’homme à la sortie, s’excusant plusieurs fois, avant de refermer la porte. Il laisse Aodhan la barrer autant de fois qu’il le souhaite, alors qu’il retourne à son bureau. Ses mains tremblent. Surdose de café, sans aucun doute. Ou manque de sommeil. Il se rassit sur sa chaise, son corps retombant lourdement sur celle-ci. L’avocat joint ses mains ensemble, essaie d’arrêter le tremblement, jusqu’à serré si fort ces mains ensemble qu’il s’en détruit la paume des mains. Il cache celle-ci dans son veston, tournant son regard bleuté vers Aodhan. Pas Assez. Il ne fait jamais assez. Il doit faire plus.

Elì écouta en silence Aodhan parler, se levant lentement pour aller se servir son café, sans aucun doute un de trop, encore une fois. Il le porte à ses lèvres, ferme les yeux aux paroles de Aodhan qui le font grincer des dents. « On va recommencer depuis le début, Aodhan. Je veux des noms. Je veux savoir ce que tu as fais exactement, en détail, tu ne dois rien me cacher. Chaque nom, chaque détail, je veux tout savoir. Prend ton temps, Aodhan. » Il aurait voulu dire qu’ils n’étaient pas pressé, mais ça aurait été mentir. Et il ne mentait pas. Il rejoint le criminel, vient lentement replacer le dernier crayon pour rendre la ligne droite, avant de sourire un peu à Aodhan, tristement, mais surtout confiant. « Je vais te sortir de là. Tu ne retourneras pas chez toi, pas maintenant. »
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MessageSujet: Re: I made a huge mistake | Eli   11.11.18 2:41

Quelque chose cloche, avec l’avocat. Il est bien trop habitué aux mains tremblantes pour les louper, trop familier avec les cernes pour ne pas les voir chez les autres, trop sensible aux humeurs des gens pour ne pas voir qu’il est loin d’être aussi amusé par la situation que d’habitude. Ce n’est pas un défi amusant à relever, cette fois, pour lui. Et il devrait en être heureux. Parce que c’est affreusement sérieux, justement. Parce qu’il serait reconnaissant s’il le prenait plus au sérieux que ses autres cas, puisque ça ferait avancer les choses plus vite. Mais c’est autre chose. Cette fois, il s’est effacé, devant les cas. Il est devenu trop pris dedans. Dans son travail. Et il a l’air épuisé. Et ça, ce n’est pas bon signe. Pas parce qu’il s’inquiète pour lui. Non. Définitivement pas. Simplement parce qu’il ne servirait à rien épuisé. Oui voilà.

Alors il le fixe alors qu’il se prend un autre café, et se recule dans sa chaise pour pouvoir le juger du regard, le toiser, en essayant de calculer le nombre de tasses qu’il a déjà bu, en perdant le fil à « beaucoup trop ». « Tu sais que c’est hyper mauvais pour le cœur, trop de café, hein ? Parce que tes mains essaient de te le faire comprendre, je crois. » Ca sonne calme et indifférent, mais c’est un reproche teinté qu’Eli saura relever sans aucun doute. Parce qu’il ne peut pas se laisser aller à ce point, encore moins quand il a besoin de lui. Non, dans tous les cas, en vérité. Qu’il soit là ou non. Ne pas se laisser bouffer par son travail et ses idéaux. Mais il serait mal placé pour conseiller ça, puisque c’est ses idéaux qui l’ont mené dans ce bureau, la première fois. Un soupir fatigué s’échappe de ses lèvres, et il se relève à son tour pour prendre un café. Tant qu’à faire.

Sa mâchoire se serre un peu quand il demande des précisions, mais elle se détend quand il reprend place pour le fusiller du regard, quand il le rassure presque sans le remarquer. Oui. Il avait peut être confiance en lui, entre tant d’autres, après tout. Alors il pianote un peu sur sa tasse avant de boire une gorgée en vérifiant nerveusement qu’il n’y a aucune tâche dessus, en réfléchissant. Comment sauver les choses. « Il y a longtemps, mon rôle dans l’IRA était de gérer les traffics avec les autres pays. Officieusement, c’est toujours mon rôle, en fait. Et on a un contact, en Russie, qui nous a fourni longtemps en munitions, et qui le fait encore parfois. Je l’ai rencontré en vrai quand j’ai quitté l’Irlande et que je suis parti prévenir nos liens qu’il fallait se faire discret pour un temps, et je suis resté dans le coin assez longtemps pour voir son fils. Et disons qu’il ne fallait pas être un génie pour comprendre qu’il ne gagnerait pas la médaille du père de l’année. » Il ferme les yeux, quelques secondes, en revoyant l’enfant et l’éclat de peur dans ses yeux, en ne visualisant que trop bien tout ce qu’il avait pu subir si jeune, et ne les rouvre que pour les détourner. « Il s’avère que ce gosse est à Reyk, maintenant, lui aussi. Et j’ai appris que son père était venu lui rendre visite. Alors j’ai … Repris contact, inventé une excuse de danger imminent en Russie, et il est parti. » Vive les bonnes actions, vraiment. Ses yeux dévient sur son portable où le simple « merci » qui avait dû arracher les doigts d’Aleks attend encore d’être supprimé pour effacer les preuves, et il lutte pour relever les yeux sur l’avocat.

« Je donnerai pas de noms, confiance ou pas. C’est contre mes principes. Mais le nom du père est connu, et la dernière fois, à Paris, la justice anglaise a failli trouver une preuve qu’on avait été en contact, pour l’IRA. C’est tout ce qu’il leur fallait pour prouver que je tenais bien ce poste. Mais ils ont jamais trouvé de preuve concrète. Sauf que mon téléphone est sous surveillance légale. Et que maintenant, la preuve, ils l’ont sous la forme d’un simple appel, la seule fois où on était dans la même ville. Voilà les détails. » Il a trop parlé. Il n’est pas habitué à trop parlé. Il n’est pas habitué à parler de violences sur des enfants. Il n’est pas habitué à admettre qu’il a fait quelque chose de bien. Il n’est pas habitué à faire confiance à quelqu’un. Il n’est pas habitué à s’inquiéter pour quelqu’un, non plus. Alors il le regarde de nouveau. « Et je dirai rien de plus si tu me dis pas pourquoi t’as l’air si épuisé mentalement. C’est toi qui veut pas que je retourne en prison, je te signale, à la base. » Alors c’est donnant-donnant.
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Elì Karelsson
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MessageSujet: Re: I made a huge mistake | Eli   15.11.18 3:10

Never EnoughAodhan & ElìJe n'ai jamais été assez. Jamais assez pour toi, pour eux, pour moi. Je n'ai jamais été assez pour combler ce vide que tu ressentais, et je ne serais jamais assez. J'ai beau retenir mon souffle, j'ai beau essayer de faire mon possible, je le sens, je le sais: Je ne suis pas assez. J'ai peur. J'ai peur que tu finisses par en avoir marre. Par m'oublier.
L’avocat le sait. Il sait qu’il est rendu trop addictif à son travail, il sait que le café est mauvais, il sait qu’il ne dort pas assez, il sait qu’il va mal. Ce sont tout des choses que le jeune homme sait pertinemment, les ayant apprit durant ces cours en Droit : Apprendre à reconnaitre les signes d’une surdose de travail, il les avait apprit par cœur, pour s’en protéger avait-il dit en souriant. Jamais il n’aura cru arriver à un tel point. Oh bien-sûr, il se savait fragile à une fatigue de travail, il se savait depuis toujours fragile à ça, mais de là à vivre sur le café? De là à dormir à peine quelques heures par nuit? De là à ce que ces propres clients remarque son malaise? Il n’aurait jamais cru arriver à ça. Il n’aurait jamais cru que la douleur ne devienne temps. Il n’aurait jamais cru se sentir aussi… désemparé. C’était le mot, désemparé. Il se sentait si faible, ces temps-si, se sentant inutile. Encore pire, il sentait qu’il n’était pas assez, pas assez dans son métier, pas assez comme personne. Qu’il y avait toujours place à plus, à une meilleure approche. Il doutait de lui, doutait de sa façon d’agir. Non, il n’avait jamais été assez. Pour lui, pour Athena, pour tous. Son regard se pose sur Aodhan quand celui-ci lui fait la reproche, même si c’est dit avec indifférence et froideur, il a apprit avec l’ancien détenu à comprendre son langage, à lire en lui. Un sourire triste se glisse sur ses lèvres. « Tu as raison Aodhan. », souffla l’avocat en délaissant finalement son café, ne le prenant pas, venant s’assoir à sa place en soupirant. Parce que Aodhan a raison. Il en prend trop.

Il écoute ses explications sans l’interrompre, fronçant simplement les sourcils parfois en hochant la tête, sortant rapidement son calepin pour prendre des notes. Les tremblements cessent ainsi pendant un moment, alors que son cerveau se remet en action, comme s’il était content d’avoir à nouveau sa dose de drogue : son travail. Son cerveau se remet à fonctionner, rapidement, trop rapidement, mais Elì n’y prête aucune attention. Sa main note, il hoche la tête. Il fixe un moment Aodhan, soufflant un « Abus sur son fils? ». Ce n’est pas par envie qu’il pose cette question, bien au contraire, mais pour avoir les bons mots, pour savoir exactement comment défendre son client. « Et j’imagine que cet enfant… Enfin ce jeune homme ne voudra pas te défendre si tu dois passer devant le juge? » Elì soupire lentement, hochant la tête à ses paroles. Il écoute, il analyse, tout à la fois. Parce que au fond, Elì, c’est un génie. Un génie dans son domaine. Et que son cerveau se doit de travailler, car il en a besoin. Comme une drogue. Son cerveau doit toujours être en marche, par besoin. « Donc tu as voulu protéger ce jeune homme de son père… », souffla Elì. « Ils ont la preuve qui leur manquait… », souffla Elì en serrant un peu les dents. Il ferme les yeux un moment, réfléchissant à tout vitesse. « Ils voudront te rapatrier… » murmure-t-il plus pour lui-même. Tellement prit dans sa réflexion, il entend à peine les prochains dires de l’ex-détenu.

« Aodhan… », souffla l’avocat, surpris, rouvrant les yeux. Il s’inquiète pour lui? Il ne le demandera pas, bien-sûr, car Aodhan ne l’acceptera jamais qu’il se soucie de quelqu’un, surtout son avocat, mais Elì ne peut s’empêcher de sourire un peu. « Je suis désolé. J’ai eu des… complications avec mon ex petite-amie. Des doutes. Rien qui ne va interférer notre situation, je te le promets. Je ne laisserais pas mes problèmes personnelles et mes doutes m’empêché de faire bien mon travail pour te protégé. Tu te rappel, la première fois qu’on s’est vu? Je… J’avais une haine pour toi. Et je voulais te revoir en prison. » Elì souffla lentement, secouant la tête. « Désormais, ce n’est plus du tout le cas. Je veux vraiment essayer de te faire éviter la prison. Tu as le droit de penser ce que tu veux, Aodhan. Tu as le droit de penser que je mens, mais je sais… Je sais que la prison, ce n’est pas pour toi. Et je sais qu’on peut te protéger autrement. Je sais qu’on peut t’aider à t’en sortir. Alors tu ne retourneras pas derrière ces barreaux qui n’ont fait qu’aggraver la situation. » Il passe sa main dan ses cheveux, fermant les yeux pour réfléchir à la situation. « Au moins, tu as fais ça pour une bonne action, ça ne peut que jouer à  notre avantage… »

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MessageSujet: Re: I made a huge mistake | Eli   28.11.18 22:23

Burnout. C’est sûrement le burnout, qui lui pend au nez. Ca arrivait à tout le monde, même au meilleur, dès qu’on mettait la cause, le but, au dessus de sa propre santé. De son propre bien être. Il l’a vu trop souvent pour ne pas le reconnaître, maintenant. Et quelque part, cette nouvelle inquiétude le pousse à parler plus librement, parce que son esprit est déjà ailleurs. Parce que c’est tellement plus simple, de s’en faire pour le futur des autres plutôt que pour le sien. Dans le pire des cas, tout ce qui l’attend est la prison. Ce n’est pas si mal, la prison, à bien y penser. C’est probablement là qu’il est censé être, de toute façon. Alors il acquiesce, doucement, confirmant les suppositions de l’avocat, suivant des yeux le stylo qui bouge trop vite sur la feuille. Abus, oui. Probablement bien pire que ce qu’ils peuvent imaginer, d’ailleurs. « Ca m’étonnerai beaucoup, oui. Et de toute façon, je ne veux pas. C’est un petit con. » Un véritable petit con, de la pire espèce. A bien y penser, il n’aurait certainement jamais dû lui sauver la peau. Saloperie de compassion.

L’autre résume, et un sourire dépité vient naître sur ses lèvres. Oui, décidément, ça ne sent pas bon. Il grimace même un peu, sa gorge se serre légèrement, quand le fil de sa pensée le mène au rapatriement, quand il réalise à son tour ce qui l’attend, et assez vite, probablement. « Mh. Pas vraiment comme ça que je comptais rentrer chez moi, je t’avoue. » Si jamais il comptait rentrer un jour. Parce qu’avec le temps et la multiplication des dangers là bas, son pays avait commencé à devenir un doux rêve, quelque chose qui lui manquait mais qu’il ne reverrait jamais. Un exilé éternel. C’était affreusement triste, mais bien moins triste que d’y revenir pour ne voir sa terre qu’à travers des barreaux. Probablement. Heureusement, ou malheureusement, le sujet change, et toute son attention se porte sur les mots qui sortent de la bouche d’Eli.

« C’était pas la … » Question. Il savait qu’il ne laisserait pas ses problèmes l’empêcher de bien faire son travail. Il savait que rien ne l’en empêcherait. C’était justement le problème. Que ce soit si important pour lui, quand les problèmes d’à côté étaient effacés juste pour régler une simple affaire sans importance. C’était exactement ça, qui clochait. Mais il a repris la parole, et Aodhan ne peut que lever les yeux au ciel en l’écoutant bien trop attentivement pour n’en avoir réellement rien à faire. Et quand il a terminé, un léger sourire amusé flotte sur ses lèvres à lui, alors qu’il soupire en se laissant retomber un peu dans le fauteuil, en observant chaque mimique de l’avocat. Il pourrait lui dire qu’il avait eu raison de le détester, puisque leur premier rencontre s’était soldée par son poing sur sa joue. Il pourrait lui dire que ce n’était pas lui qu’il fallait protéger, mais le monde entier qu’il fallait protéger de lui. Il aurait pu lui dire de laisser tomber, et simplement partir.

Mais quelque part, les évènements de ces derniers jours avaient dû le changer, un peu. Entre la perte de contrôle avec Bérénice, le cœur qui s’écrase contre le sol malgré le parachute, l’angoisse de sa conscience qui le torturait pour qu’il sorte Aleks de là, et la colère qui semblait apaisée par le tumulte des autres émotions, il avait l’impression de voir plus clair. De s’inquiéter plus facilement. Peut être qu’il était juste vulnérable. Probablement. « Ca change rien au fait que pour le faire, il fallait que j’aie ce contact. Pause. Arrête de réfléchir à ça. On a le temps, de toute façon. Ils peuvent pas me rapatrier demain. Je t’ai mis la pression pour rien, autant pour moi. Respire. » C’est bas, c’est doux, c’est affreusement calme. Il ne reconnaît presque pas sa propre voix.

« Qu’est ce qu’il s’est passé, avec elle ? Change-moi les idées, veux-tu ? Les enfants battus et la menace de rapatriement, ça m’a assez cassé le moral comme ça. Raconte-moi. Ca aide, de parler, il paraît. C’est sûrement un des trucs auxquels tu crois, non ? » C’était plus ou moins vrai, quelque part. La violence sur enfant comme la prison n’emmenaient certainement pas beaucoup de souvenirs et d’images heureuses dans son esprit. Il avait bien besoin d’une distraction. Et avec sa peine de cœur récente, il lui semblait pouvoir comprendre ce genre de douleur pour la première fois. Et peut être aussi, un peu, parce qu’il lui semblait qu’Eli allait s’écrouler d’une seconde à l’autre, et qu’il ne pourrait rien faire pour le rattraper s’il n’essayait pas maintenant. Peut être.
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Elì Karelsson
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MessageSujet: Re: I made a huge mistake | Eli   22.12.18 7:28

Never EnoughAodhan & ElìJe n'ai jamais été assez. Jamais assez pour toi, pour eux, pour moi. Je n'ai jamais été assez pour combler ce vide que tu ressentais, et je ne serais jamais assez. J'ai beau retenir mon souffle, j'ai beau essayer de faire mon possible, je le sens, je le sais: Je ne suis pas assez. J'ai peur. J'ai peur que tu finisses par en avoir marre. Par m'oublier.
Parce que c’est toujours plus simple écouter que de parler, et ça, Elì en sait un rayon sur ce domaine. Lui-même a toujours préféré écouter et conseiller les autres que de parler de ces propres problèmes. Autant Elì est du genre à croire en cette croyance qui veux que « Parler libère le cœur », autant il en est peu capable dû à plusieurs problèmes vécus durant son enfance et son adolescence. Parler de ce qu’il vit, de lui-même, ça n’a jamais été chose évidente pour le jeune homme. S’il est devenu avocat, c’est parce que Elì savait que c’est ce qu’il était le plus apte à accomplir. La justice, la protection des autres, ce sont des choses qui lui ont toujours tenu à cœur. Et les gens sont trop centrés sur leur problème lorsqu’ils consultent un avocat pour se faire aux idées noirs qui peuvent traverser le jeune homme. Elì ne pense pas que la prison soit la meilleure pour Aodhan, ni pour plusieurs personnes qui se retrouvent derrière les barreaux. Peu de gens sont en prison, car ils devraient l’être, et trop de gens sont libérés alors qu’ils devraient y rester. Non, la justice ne fonctionne que très peu et Elì le sait : Alors s’il peut être un de ces avocats qui ne prend pas ces clients pour des numéros, des simples chiffres d’argent, alors peut-être qu’il arrivera à changer un peu ce monde. Il sait que les avocats jugent leur niveau d’efficacité sur le nombre de billet dépenser, mais la femme qui se fait battre n’aurait pas le droit au même service que cet homme qui paye bien un avocat pour mentir? C’est absurde. Eli, il veut bien faire les choses, et Aodhan ne fait pas exception. Un rire doux écahppe les lèvres de l’avocat. « Même les petits cons ne méritent pas de se faire frapper, Aodhan, et c’est pour ça que tu as voulu le protéger. », dit lentement Elì en fixant le plafond un moment, soupirant. Un petit con…

Embrasser un homme dans un bar, alors que l’alcool a atteint son maximum, ça aussi, c’est con non? Découvrir sa bisexualité derrière plusieurs verres d’alcool, à embrasser un albinos sans se soucier du reste, ça pue l’idiotie. Ce n’est pas lui, et pourtant, il l’a fait. Ce n’est pas lui non plus de rester patois devant une scène tel que son meilleur ami qui l’embrasse et dont il ne sait réagir. Verde l’a embrassé. Verde, jaloux de Athena, dans une colère sombre, l’a embrassé. Et lui, il n’a pas su réagir. Il n’a pas su réagir, hormis resté patois devant la colère de Verde, devant son geste spontané. Parce que en ce moment, Elì est si perdu. Rien ne fait de sens, entre ces deux oreilles. Rien ne fait de sens… Il se sent si perdu. « J’imagine… Je ne veux pas non plus que tu rentres chez toi ainsi, Aodhan, et nous ferons tout pour que cela n’arrive pas. » souffla Elì avec douceur. C’était pas la question. Il le savait. Mais c’était tout ce que Elì avait su répondre. Tout ce qu’il était capable de dire. Car parler de lui-même, ce n’était pas lui.

Pause. Le cerveau d’Eli ne connait pas ça, alors le jeune avocat fronce les sourcils lentement, surpris, quand l’ex criminel lui demande de mettre pause aux multiples pensés qui lui traverse l’esprit. Il secoue la tête un peu. Il sait que Athena, Esekiel, Fenrir et Verde, pour ne mentionner qu’eux, sont inquiets de sa santé, mais il n’aurait jamais cru que Aodhan se soucie assez de lui pour se questionner sur ce qu’il vit. Alors il hausse les sourcils à sa question, prit au dépourvu. « Tu sais bien que je ne suis jamais capable de mettre pause. », souffla le jeune avocat en fermant un moment les yeux. « Et cela reste que je dos réfléchir tout de suite à un moyen de te protéger, Aodhan. J’ai besoin de temps, et avec eux, je ne sais jamais du temps que je dispose réellement. » Le jeune homme secoua lentement la tête. « Parler, oui. Ça aide. Mais je suis devenu avocat justement pour éviter ce genre de questions. », dit Eli avec amusement, détournant le regard en serrant les poings contre lui.

« Ce n’est rien de très dramatique, des histoires d’enfants. Nous ne sortons plus ensemble depuis des années, mais cela ne m’a jamais empêché de continuer de l’aimer, malgré que son cœur appartienne à un autre homme. Et j’ai appris récemment qu’elle… Qu’elle avait couché avec un homme qui m’a intimidé durant toute mon adolescence. Je l’ai mal pris. Une simple histoire, tu vois? Rien de très choquant… », souffla Eli en fixant ailleurs. « J’ai voulu… Peut-être que je lui en veux car elle sait avancer, alors que moi, je tourne en rond depuis des années. Peut-être que j’aimerais être capable aussi… de faire parfois des choix pour moi-même, et non pour faire plaisir aux autres, tu vois? »


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Aodhan O'Flahertie
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MessageSujet: Re: I made a huge mistake | Eli   29.12.18 23:51

Penser à autre chose. Arrêter, une seconde, d’accepter d’être le centre de l’attention, alors que c’était tant à l’encontre de sa nature. Parce qu’il n’avait jamais aimé ça, de toute façon. Il n’avait jamais eu à affronter ça avant les premiers procès, puis les avocats, le jury, les juges, la justice en général. Il aurait sûrement pu être discret, s’il n’avait pas été aussi en colère, pourtant. Parce qu’il n’aimait pas parler de lui, parce qu’il n’aimait pas les discussions trop sérieuses sur ses sentiments, parce que l’idée de commander n’avait jamais eu de charme à ses yeux, parce que c’était tellement plus simple, de disparaître derrière une idée, derrière un livre, et de ne pas avoir à parler à qui que ce soit, de quoique ce soit. Pouvoir garder son jardin privé, et peu importe s’il pourrit de l’intérieur sous prétexte qu’on ne le partage pas. Peu importe, tant qu’on n’est pas celui sur qui le monde entier semble se retourner. La paix. Et la paix, en ce moment, comme souvent, c’est de détourner la conversation sur l’autre. Parce que si lui ne va pas bien, l’autre non plus. Et c’est toujours bien plus simple de s’inquiéter pour les autres que pour soi-même.

Et c’est des sourcils froncés, qu’il rencontre, qui manquent presque de le faire rire. Parce qu’il comprend bien que c’est largement plus facile de se plonger dans une cause ou dans son travail que d’affronter de plein fouet ce qui ne va pas, il a longtemps marché de cette manière, après tout. Il aurait été aussi surpris qu’on lui demande de faire une pause qu’Eli ne l’était. « Peut être. Mais pour l’instant, pause. Au moins le temps que MOI je boive un café. De toute façon tous tes prochains rendez-vous ont dû rentrer puisque je suis entré en furie ici. » Une bonne raison pour lui faire cracher le morceau. Et c’est avec un sourire amusé, presque moqueur, presque provoquant, qu’il accueille sa prochaine réplique en se relevant pour aller batailler avec la machine à café. « Je suis devenu criminel exactement pour la même raison. Comme quoi, ça marche pas, apparemment. » Parce qu’il était tout sauf exempté d’éviter la moindre question. C’est le jeu, apparemment.

Puis il s’ouvre. Il parle. Il s’explique. Et lui l’écoute, par-dessus le bruit de la machine à café, avant de reprendre place en face de lui, en posant une des tasses devant lui, en murmurant un « C’est un déca. » avant de se rassoir, avant de le regarder finir son fil de pensée, en captant qu’il détourne son regard bien trop facilement. Alors il laisse planer quelques secondes de silence en réfléchissant, en soufflant dans sa tasse, comme si les rôles s’inversaient. Comme si d’un coup, c’était à lui de faire attention à ce que l’autre pouvait dire pour trouver une solution. Etrange, comme retournement de situation. Intéressant. Rassurant, un peu, de savoir qu’il pouvait lui confier quelque chose d’aussi important, visiblement. Ca le détend, un peu. Ca le calme un peu plus. Plus apte à s’ouvrir, déjà.

« Qu’est ce qui t’en empêche ? » Sa personnalité, sûrement. Ou la manière dont il a été élevé. Inné ou appris. La question est presque rhétorique, et il s’en rend compte en laissant peu de temps de silence avant sa prochaine phrase, en brassant l’air de sa main. Penser aux autres avant soi-même, c’est sûrement courant. C’est sûrement un symptôme de la plupart des sociétés. « C’est probablement à toi d’avancer, oui. Pourquoi vous vous êtes séparés ? Pourquoi tu l’aimes toujours ? » Etrange, aussi, de poser cette question quand il sait à quel point elle est difficile à répondre. Mais elle est essentielle, sûrement. Parce que cette fois, ça a l’air d’être une vieille histoire. Une gorgée de café, une petite, avant qu’il ne mette une main dans la poche de sa veste pour s’accrocher à son paquet de cigarettes.

« T’as pas pensé à prendre des vacances ? Il serait peut être temps. Le monde ne va pas s’écrouler parce que tu peux pas travailler pendant quelques jours. Ou un week-end, au moins. Personne t’en voudrait. » La vie continue, après tout. Et c’est sûrement de ça, dont il a besoin. Même si ses problèmes ne sont pas dramatiques, ce sont des problèmes. Les problèmes des autres sont toujours plus intéressants que les nôtres, eux aussi. « Peut être que c’est pour ça, que tu peux pas avancer. Parce que t’as pas pris le temps de faire ton deuil de votre lien. » Comme lui n’avait pas encore réussi à faire le deuil d’une relation qui n’avait même pas eu le temps d’exister. Comme lui refusait totalement d’y penser. L’ironie, encore.
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MessageSujet: Re: I made a huge mistake | Eli   11.01.19 9:31

Never EnoughAodhan & ElìJe n'ai jamais été assez. Jamais assez pour toi, pour eux, pour moi. Je n'ai jamais été assez pour combler ce vide que tu ressentais, et je ne serais jamais assez. J'ai beau retenir mon souffle, j'ai beau essayer de faire mon possible, je le sens, je le sais: Je ne suis pas assez. J'ai peur. J'ai peur que tu finisses par en avoir marre. Par m'oublier.
Le silence plane entre les deux protagonistes, alors que l’avocat porte le déca prépare avec soins par son « ami » (un frisson lui parcourt l’échine à ce mot. Aodhan, ami? Il ne sait pas vraiment s’il considère l’ex-criminel, du moins il veux l’espérer ex, comme étant son ami, mais une chose est sûr, il ne le considère plus comme un ennemi depuis bien longtemps maintenant). Il porte la tasse à ses lèvres, alors qu’il réfléchit aux paroles lancées par l’homme, bourré de sens, qui étonne l’avocat de ces dires. Parce que Aodhan n’est pas un mec idiot. Parce qu’Aodhan, bien que colérique, arrogant, borné et un poil agressif (un poil, vraiment…), n’est pas idiot, et n’est sans doute pas bourré d’insolites choses. Aodhan est intelligent, et il sait de quoi il parle. « Je ne sais pas… Ce qui m’en empêche, Aodhan. C’est juste un fait. Je ne suis pas fait pour être amoureux, peut-être. Nous nous sommes séparés, car elle en aimait un autre, et que j’en avais marre de passer toujours en deuxième face à lui. Et je l’aime toujours, car elle est la seule à avoir toujours cru en moi… Comparativement aux autres. » Et même comparativement à ces propres parents. Athena en crue en ses rêves, plus que lui-même à un certain moment, et il lui en est éternellement reconnaissant. Parce qu’elle a été là, quand personne d’autre ne l’était. Et parce qu’elle est elle, tout simplement.

Vacances. Un mot étrange, qui fait froncer les sourcils à Elì pendant un moment, alors que ce dernier croise encore une fois le regard de son compagnon. Il secoue la tête, soupir, puis prend une gorgé de son déca. « Je ne peux prendre des vacances, surtout pas en ce moment. Et même quand j’essaie, mon cerveau continue à tourne à mille à l’heure, incapable de s’arrêter. J’ai besoin de faire quelque chose, sinon je ne me sens pas bien. Comme toi. », dit-il en croisant le regard d’Aodhan. « Nous avons besoin de bouger, pour ne pas… » Il soupire lentement, secouant la tête. « C’est plus fort que nous. » Il claque des doigts un peu, agacés, avant de rejeter la tête en arrière. Il regarde le plafond, et soupir. Il doit travailler. Toujours. Parce que dès qu’il arrête, il sent la panique monté en lui, comme une décharge : c’est plus fort que lui.

Une semaine est passée depuis les évènements précipités qui ont amené Aodhan dans son bureau. Une semaine a passé en revue, et en revue les différents documents concernant l’ex-criminel. Une semaine, sous l’anxiété, les cafés, et le peu de sommeil. Une semaine, sous l’angoisse d’avoir embrassé un inconnu dans un bar, sous l’effet d’avoir été embrassé par son meilleur ami, et ce sentiment horrible de vide qui le prend la nuit, l’empêchant de fermer l’œil plus que 3h. Vide. Il se sent vide. Ces mains cherchent, trouvent, des documents. Il cherche une solution, à un problème immense. Et son cerveau ne cesse de tourner. Quand il entend les pas d’Aodhan, et la porte s’ouvrir, le jeune avocat redresse la tête de son ordinateur. « Aodhan...! » Il laisse l’homme prendre place, avant de se pencher vers lui lentement. « Je crois avoir trouver une solution, mais je ne suis pas certain que tu vas l’apprécier. » Cherchant dans ces multiples papiers, il vient poser devant l’ex-criminel un rapport de santé mental. Santé mentale d’Aodhan, bien entendu. Cela explique en gros plusieurs choses, mais dont une chose qui intéresse énormément l’avocat. « Il est démontré que… Tu es disons… Plus fragile niveau émotions que la majorité des gens. Tu as des piques de colère et d’agressivité plus élevé que la moyenne ce qui t’amène donc à avoir des… agissements plus osés que les autres personnes. Les juges sont prêts souvent à radoucir le châtiment à une personne quand nous arrivons à démontrer que sa santé mentale est fragile. Nous pouvons sans doute arriver à faire la même chose avec toi. Cela serait vraiment à prendre Aodhan, cela pourrait beaucoup nous aidé dans notre cause à te défendre, et à trouver une meilleure porte de sortie. Je ne passerais pas à côté, si j’étais toi. » Croisant le regard d’Aodhan, il soupira lentement en se reculant sur son siège. Il laissa tombé son dos contre le dossier de la chaise, passant sa main dans ses cheveux. « Je sais que tu n’aimes pas ça, mais … Ça serait juste logique de plaider cette cause là, Aodhan. »

Le bruit de l’horloge dans le coin de la pièce ce fait entendre. Tic. Tac. Répétition. Elì soupir lentement. Chaque son, chaque sensation est décuplé depuis que son sommeil est agité. Chaque minute dure comme une heure. Et le vide ne pèse. Que de plus en plus. Il se sent si lourd. Quand est-ce que ça va arrêter? Quand est-ce que l’ennui prendra fin? Pourquoi ne peut-il jamais… se sentir comme assez? Pourquoi il sent toujours qu’il devrait faire plus? Un frisson désagréable lui parcourt l’échine, alors qu’il baisse la tête vers Aodhan à nouveau, croisant son regard. Il espère une seule chose : Ne t’énerve pas Aodhan. Pas Maintenant. Parce qu’il n’est pas certain d’avoir la force pour argumenter plus longtemps avec le criminel. Car il n’est plus certain d’avoir la force pour quoique ce soit, en ce moment. « S’il te plaît, Aodhan…»



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MessageSujet: Re: I made a huge mistake | Eli   20.01.19 23:43

Il l’aime, parce qu’elle a été là quand personne ne l’était. Ca a du sens, et pourtant, ça sonne faux. Comme si ce n’était pas comme ça qu’il aurait dû penser. Parce qu’on aime pas quelqu’un pour ce qu’il nous apporte ou ne nous apporte pas. Parce qu’on aime quelqu’un pour ce qu’il est, sans qu’on ait rien à voir là dedans. Comme lui aimait Bérénice avant qu’elle ne lui soit utile à quoique ce soit, simplement parce qu’elle était elle, avec ses défauts et ses qualités, et aussi un peu parce qu’elle n’était pas pour lui. Mais qui est-il, pour parler d’amour, quand il ne l’a connu qu’une fois ? Quand malgré les années, personne n’a réussi à lui apprendre comment aimer, avant elle ? Lui, peut être, un peu. Mais ça avait été trop court, il avait la tête ailleurs. Parce qu’elle, au final, avait ouvert la voie pour qu’il puisse aimer quelqu’un d’autre, juste en refusant de l’aimer. Il ne parle pas, parce qu’il ne peut rien ajouter qui aurait du sens pour l’avocat. Parce que l’amour, peut être que ce n’est le domaine de personne. Peut être qu’il n’y a pas de bonne façon d’aimer. Peut être que ce n’est qu’une torture de plus.

Et un léger sourire plus triste tire ses lèvres à la suite, alors qu’il acquiesce, alors qu’il confirme ses propos. Travailler pour se sentir productif, utile, pour avoir l’impression de donner un but à son existence. Eli par son travail, Aodhan par sa cause et le combat d’un pays. C’est du pareil au même. Ce n’est que trouver un objectif pour ne pas tomber. Alors il murmure juste un « D’accord, mais plus de café. Pas de crise cardiaque, ce serait encore moins utile que des vacances. » qui sert de « fais attention à toi » dans des termes avec lesquels il est plus à l’aise, avant de se relever, avant de partir. Avant d’aller travailler et se perdre dans les affaires de l’IRA en faisant attention à ne prendre aucun risque supplémentaire, pour ne pas rajouter des problèmes au cas d’Eli. Et le temps passe.

Quand il reprend place à ce bureau, une semaine après, il sait que rien n’a changé. Qu’il est comme la fois d’avant, probablement même pire. Alors il se contente de soupirer doucement, et de relever les yeux à sa nouvelle, empêchant l’espoir de se gratter la moindre place entre ses côtes, se contentant de se préparer au pire en fronçant les sourcils, sans un mot. Il lui faut quelques secondes, pour réussir à décrypter les mots sous ses yeux, comme si malgré dix ans, l’alphabet restait un problème face auquel il lui fallait un temps d’adaptation, mais très vite, ses yeux parcourent les lignes plus vite que la moyenne des gens. Mais les mots auraient suffi pour faire serrer sa mâchoire, de toute façon. Fragile. Ses poings se serrent doucement, et il enfonce ses mains dans ses poches pour se forcer à garder son calme en posant un regard de plus en plus sévère sur l’avocat alors qu’il finit de parler. Alors qu’il se justifie. Alors que tout ce à quoi lui arrive à penser, c’est que sa santé mentale est légalement fragile, et que tout ce que ça veut dire, c’est que son père avait raison. Qu’il n’est tout simplement qu’une abomination.

Ses yeux se ferment quelques secondes alors qu’il prend une inspiration tremblante, laissant ses mains dans sa poche en les sentant trembler de plus en plus. Inspirer. Expirer. « Qu’on soit bien clairs. Je ne suis pas fragile mentalement. » Si, très certainement. Parce qu’entre ça et le stress post-traumatique, même lui ne peut pas ignorer que son cerveau déconne suffisamment pour le faire voir rouge, pour le faire halluciner, pour le torturer. Mais l’avouer, ce serait perdre un peu plus d’humanité, un peu plus d’honneur. Ce serait fuir ses responsabilités. « Et même si c’était le cas, je préfère passer ma vie en prison ou passer sur la chaise électrique que de plaider insanité. » Il se penche, un peu, pour soutenir le regard de l’avocat, en essayant de garder son calme, en le perdant sur la dernière syllabe. Alors il ferme les yeux, de nouveau, avant de se relever le plus rapidement possible pour éviter que les tremblements de son corps ne soient trop visibles alors qu’ils augmentent, alors que sa vision, doucement, devient de plus en plus rouge. « Maintenant, j’ai un petit pic un peu élevé, et vu ta tête de cadavre, te frapper ne serait sans doute pas très utile, alors je vais m’en aller. Mais oublie cette idée. Vraiment. » Et avec ça, la porte claque bien trop vite.

C’est encore une semaine plus tard, alors qu’il a ignoré en bloc toute l’histoire pour ne pas avoir à repenser à ça, que son téléphone sonne. Que l’ambassade d’Irlande lui fait comprendre en quelques mots trop soutenus que son temps s’écoule bien trop vite. Et après quelques heures à regarder ses chats tourner et virer sans se soucier de la moindre chose, il compose le numéro d’Eli, la boule au ventre, un scénario bien pire que la prison se déroulant sous ses yeux. Il ne peut pas retourner là bas. La guerre est encore dans sa tête. Il vaut mieux mourir ici. « Eli. Je … Non, parle pas, chut, ta gueule. Je veux juste savoir si t’as eu d’autres idées. Quelque chose qui tient mieux. C’est important cette fois, Eli. C’est très important. » S’il y avait bien une chose qu’il ne s’était pas souvent reprochée, c’était d’être égoïste. Loin d’être gentil ou altruiste, il n’avait pourtant jamais été du genre à ne pas prendre en compte les problèmes des autres, du genre à se penser plus important. Loin de là. Mais la panique, pendant quelques secondes, le transforme en quelqu’un d’autre. S’il avait attendu une heure de plus, il aurait sûrement appelé plus calmement. S’il avait parlé à quelqu’un d’autre avant, il aurait peut être pris du recul. S’il n’était pas encore en colère de la semaine d’avant, il ne lui aurait pas parlé aussi sèchement, et il lui aurait demandé si ça allait. Tout ça, il le comprendra bien trop vite.
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MessageSujet: Re: I made a huge mistake | Eli   21.01.19 10:08

Never EnoughAodhan & ElìJe n'ai jamais été assez. Jamais assez pour toi, pour eux, pour moi. Je n'ai jamais été assez pour combler ce vide que tu ressentais, et je ne serais jamais assez. J'ai beau retenir mon souffle, j'ai beau essayer de faire mon possible, je le sens, je le sais: Je ne suis pas assez. J'ai peur. J'ai peur que tu finisses par en avoir marre. Par m'oublier.
Par reflexe, l’avocat se recule en sentant la tension commencer à monter chez son interlocuteur. Par reflexe, ses bras quittent la table pour venir se rapprocher de lui, comme un bouclier. Car il connait les crises de Aodhan, il connait sa douleur, il connait sa façon de se défendre, de frapper. Alors il ramène ses bras contre lui, il se protège à sa façon, et il éloigne sa chaise jusqu’à ce que celle-ci frappe le mur derrière lui. Il ferme les yeux un peu, sentant la tension emprisonner sa cage thoracique. Il a de la difficulté à respirer. Il penche la tête sur le côté, puis baisse la tête, comme en signe de soumission, alors que c’est simple pour ne pas croiser le regard furieux d’Aodhan. D’habitude, il aurait tenu tête, il l’aurait défié de le frapper, mais là, il baisse la tête, il se cache. Car il souffre trop pour supporter un autre coup. Car il a trop mal pour dresser la tête fièrement. Car la douleur est telle, qu’elle lui compresse le cœur. Car rien ne va dans sa vie, ces derniers temps, et sentir la colère d’Aodhan ne ferra rien pour l’arranger. Il l’entend parler, mais les mots ne rentrent pas vraiment. Il se sent malade. Mais quand Aodhan se lève, Elì bouge rapidement, se levant à son tour. « Aodhan, attend! » Mais la porte claque, et avec lui, la colère de l’homme. Et Elì se laisse tombé au sol en frappant sa tête contre le mur derrière lui, sentant les larmes lui monté aux yeux. Car la pression est trop forte. Car il le sent : Il n’y arrivera pas. Il n’y arrivera pas. Il n’est pas assez. Ses mains glissent dans ses cheveux, les attrapent par la racine, et il tire jusqu’à sentir la douleur. Il a envie que cela cesse. Dans sa tête, ce sont des souvenirs douloureux qu’il lui revienne. Des mots, des paroles échangés. Que ce soit avec ces amis, ou avec sa famille, c’était toujours le même scénario. Il ne se sentait jamais à la hauteur de leurs attentes. Qu’est-ce qui cloche chez lui? Qu’est-ce qui ne fonctionne pas chez lui? Son père avait toujours dit qu’il devait avoir un chemin défini, qu’il devait savoir ce qu’il faisait, qu’il devait toujours être sur de lui : mais en ce moment, il n’y avait pas moins incertain que lui. Et s’il n’était pas fait pour être avocat? Et s’il n’était pas assez réfléchit, assez doué? Et si son mental était trop affaiblit pour supporter ça? En ce moment, il n’y avait pas plus perdu que lui et il ne savait pas comment l’annoncer à ses parents. Comment l’annoncer à son père. À celui qu’il a toujours voulu rendre fier. Il ressent ce sentiment d’abandon qu’il avait sentit pendant des années quand sa mère avait commencé à aimer un autre. Il le ressent à nouveau, le poignardant de tout bord, alors qu’il revoit ses mains tremblées devant lui. Ses bras lui brulent, sa gorge se serre, et tout son être lui cris d’arrêter de penser. Mais il ne peut pas : Car son cerveau ne cesse jamais de penser. Ne cesse jamais de vouloir le meilleur. Il rattrape ces démons, il les revoit, et il ne sent qu’encore plus l’emprise qu’ils ont sur lui.

Les jours défilent à une vitesse monstrueuse, qui échappe à Elì. Car tout lui échappe, ces derniers temps. Tout lui file entre les doigts. Tout dérape. Et si ce n’est que de Verde et de sa présence, il ne voit aucun positif dans cette semaine. Hier, il était aller voir ces parents et sa petite sœur pour passer un peu de temps avec eux, depuis le temps. Il était surtout aller rendre visite à son père, qu’il n’avait pas vu depuis des années. Mais arriver devant lui, il avait été incapable de parler, incapable de le regarder en face. Sa gorge s’était douloureusement serrer, alors qu’il était venu le voir pour lui parler de ces problèmes en ce moment, des ces idées flous. Parce que, arrivé devant lui, il s’était rappeler pourquoi il le fuyait ces derniers temps : Il était incapable d’avouer qu’il avait échoué. Échoué à le rendre heureux, Échoué à avancer. Il avait échoué. Et il était incapable de lui dire, de demander conseil, d’avouer combien il se détestait. Et même le regard inquiet de Layla, sa sœur, sa princesse, n’avait pas su délier sa voix. Car il était incapable d’avouer. Il était incapable d’avouer combien il avait peur du futur, peur de ce qui l’attendait demain, peur d’échouer, peur de devenir une honte, peur d’être soi-même, avec ces qualités et ces défauts.

Et il s’était laissé boire toute la nuit, dans l’espoir d’oublier. Il s’était laissé boire, encore et encore, dans l’espoir de tomber dans un coma réparateur, comme si c’était ainsi que ça fonctionnait. Et il s’était mit à écrire à Verde, à lui parler, et c’était la seule personne à qui il arrivait à se confesser, à dire les choses, même si s’était par écrit. Il était le seul à qui il avait avouer le tout, à qui il avait parler, tremblant. Il était le seul, au milieu de sa chambre si froide et silencieuse, à qui il avait osé écrire encore et encore toute sa peine. Et ils s’étaient avouer leur amour, leur attache, leur honte d’avoir tant essayer de refouler des sentiments aussi forts. Ils avaient parler et parler une partie de la nuit, avouant leur douleur d’être séparé. Ils n’avaient cessé de s’envoyer de l’amour, car Verde était le seul qui avait eu la chance d’entendre les dires d’Elì au complet. Et en se réveillant le lendemain matin, avec cette idée qu’il allait enfin pouvoir revoir Verde, il avait cru naïvement que son moral allait remonter d’un coup. Mais on ne guérit pas d’une « dépression » en quelques heures. On ne guérit pas d’une douleur aussi horrible en une nuit. Car un humain, ça ne guérit pas aussi vite d’une douleur aussi profonde. Pourtant, il l’aurait souhaité. Ce matin, en se levant, en venant serrer Malyka contre lui, il avait cru pouvoir tourner la page. Mais ce n’était pas encore finit. Ce n’était que le début.

Sortant dehors après avoir fermé les portes de chez lui, ses pas le conduisent en bas de son immeuble, où il glisse son téléphone dans sa poche. Il aurait dû le laisser chez lui. Il ne le sait pas encore, mais il aurait dû. Il aurait dû laisser ses problèmes en arrière de cette porte, avec ce foutu téléphone. Mais Elì prend la route habituelle pour se rendre au travail. Il prend la route habituelle pour aller travailler, malgré les dires, l’inquiétude d’Athena. Malgré Fenrir. Ils auraient du les écouter. Ils auraient dû arrêter avant d’aller trop loin. Avant que le travail n’empiète sur sa santé. Il aurait dû arrêter, avant d’être obligé de le faire. Parce que tous les signes d’un épuisement professionnel étaient là. Car chaque pas lui était douloureux. Car il n’était plus apte à travailler. Il aurait dû arrêter. Mais il marche, et il marche sans s’arrêter. Et il pense à ce soir, où il pourra aller se réfugier dans les bras de Verde. Et il pense à sa présence, à lui, à ses mots. Et le téléphone vibre. Dans un état normal, l’homme aurait attendu d’être à l’abri avant de répondre. Il aurait attendu. Mais le prénom Aodhan s’affiche, et l’avocat répond comme un automatique. Parce que c’est rendu un automatisme. « Aodhan? » Mais il ne peut pas dire plus, car la voix ferme de l’ex-criminel le fait taire. Car sa voix est sans appel, froide, voir en colère. « Attend, Aod-… » Mais il est incapable de dire quoique ce soit, car le ton de Aodhan le fige. Car sa question le prend au ventre. Important. Il le sait. Il le sait très bien. C’est important. Important. Alors son cerveau surchauffe, son corps tangue un peu. « Aodhan, je… Je trouve quand même que la solution la plus pratique serait… » Mais Aodhan ne veux rien entendre. Car il ne veut pas avouer la vérité. Car il ne veut pas utiliser ce recours-là. Elì cherche ces mots, il avance, il tente de comprendre ce que Aodhan veut. Ce qu’il cherche. Mais Elì s’avance, il veut atteindre son bureau. « Je ne suis pas encore au bureau, Aodhan, je… » Il traverse des rues, sans le savoir, et il aurait dû arrêté de marcher. Il aurait dû. Ne jamais faire deux choses à la fois. Mais il avance. « Je vais regarder dans mes papiers et… » Mais la phrase ne serra jamais finit. Parce que l’impact est fort. Elle le prend par surprise. Elle le jette au sol, brisant son téléphone au passage. Car la phrase ne serra jamais achevé. La douleur se repend dans son corps, et avec ça, cette sensation de brulure, d’envie de crier, de sensation que tout son corps vient de se briser. Et la douleur est tellement forte qu’elle le plonge dans un coma. Parce que la voiture l’a frappé en plein fouet. Parce que, devant le regard ébahit de plusieurs personnes, Elì vient de se faire frapper par une voiture.
La douleur physique est plus visible que la douleur psychologique.
Toujours.



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