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 Hurt somebody ft. Maddy


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MessageSujet: Hurt somebody ft. Maddy   01.10.18 16:44
Hurt somebody




Tout allait bien dans sa vie. Rien n’était parfait c’était certain… rien ne le serait jamais totalement mais Fanny ne pouvait pas dire que ça allait mal. Elle avait retrouvé sa famille, sa ville, sa vie d’antan en partie. Ses amis étaient heureux de la retrouver en meilleur forme, égale à elle-même avant qu’elle ne perde pied, mieux encore qu’avant d’ailleurs… ça faisait réellement du bien, de rentrer à la maison. Petit à petit depuis son retour de Thaïlande, la blonde reprenait ses anciennes habitudes ou les meilleures du moins, en laissant au passé les fraques et les douleurs. En fait, il y avait vraiment longtemps qu’elle n’avait pas ressenti la crainte de revoir Maddy mais depuis qu’elle était revenue à Reykjavik forcément, ça lui trottait dans la tête. A force de se focaliser sur elle en Thaïlande, Fanny avait cicatrisé de ses blessures. C’était encore en phase de guérison, la route était longue après les abus, la chute libre, les coups… parler lui avait fait du bien. Slau avait été une oreille plus qu’attentive et depuis, c’était plus facile d’assumer ce qui s’était passé entre son ex et elle. Mais à force d’y repenser, de s’ouvrir à la réalité et de se repasser en boucle et plus objectivement les évènements qui étaient survenus avant son départ, Fanny sentait autre chose fleurir en elle : la culpabilité.

Ce matin-là en prenant le petit déjeuné chez ses parents après un réveil tardif, Fanny avait beurré sa tartine avec le regard dans le vide. C’était évident maintenant, qu’elle n’était pas entièrement la victime de cette histoire de cœur qui avait mal tourné. Il lui avait fallut du temps pour se rendre compte du comportement qu’elle avait eu, de la patience de Maddy, de son amour aussi alors qu’elle perdait pied en même temps qu’elle dans une relation toxique. Pleine d’amour, de projet, d’une réelle passion. Mais toxique… malgré tout. Et finalement n’était-ce pas Fanny la source du problème ? Si elle ne pardonnait pas à Maddy d’avoir levé la main sur elle ce jour-là… Fanny ne pouvait pas non plus la laisser porter toute la responsabilité du déclin de leur relation et de sa fuite d’Islande. Et désormais qu’elle se rendait compte de tout cela en y voyant bien plus clair, la blonde se torturait un peu l’esprit. Partir sans dire au revoir, ne pas donner de nouvelles… ça avait été sans doute terriblement difficile pour Maddy. Alors une pensée en suivant une autre, Fanny avait pris son courage et sa détermination en main, s’était rapidement vêtue d’un long pull informe et d’un jean, avant vérifié ses horaires de réception d’appel et avait embrassé les joues de ses deux parents avant de partir. Une fois bottines noires aux pieds et son chapeau en feutre sur la tête, il n’y avait plus qu’à s’enrouler dans un châle en laine coloré pour contrer le vent de ce début d’automne Islandais. Et la route jusqu’à chez Maddy s’était faite par automatisme… Etrangement, Fanny se doutait qu’elle vivait toujours là-bas avec son frère. Si ce n’était pas le cas, alors elle aviserait.

Finalement une fois devant sa porte, l’angoisse semblait très peu forte. Bien moins qu’elle ne l’imaginait. Fanny fut quand même prise de l’envie de prévenir Aslaug de sa présence chez Maddy mais se ravisa… angoisser sa sœur ? Inutile. Surtout pas maintenant qu’elle allait mieux elle aussi, qu’elles allaient mieux dans leur vie. Il y eut une pensée tendre pour Timo, pour ses frères, pour tout ces gens qu’elle aimait. Puis pour Maddy aussi justement… qui avait le droit à une explication, à des nouvelles… ou à un aurevoir dans les règles si elles n’arrivaient pas à s’entendre une fois encore. Avec tout ce qu’elles avaient partagé ensemble, deux ans d’une vie à deux et ces moments d’amour véritable, Fanny lui devait vraiment ça. Alors elle sonna, une seule fois avant de glisser les mains dans ses poches. Avec un peu de chance, c’était elle qui ouvrirait. Si c’était Einir… Fanny ne préférait pas y penser… là aussi, elle improviserait. Mais encore fallait il que l’un des deux ne lui ouvre cette foutue porte avant qu’elle ne change d’avis et ne retourne immédiatement se cacher chez ses parents pour y trouver du réconfort…




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MessageSujet: Re: Hurt somebody ft. Maddy   01.10.18 18:06
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La maison semblait immense sans Einir, sans ses meubles, sans ses dessins aux murs et sans sa bonne humeur. Plus de câlins le matin, plus de films à regarder lovés l’un contre l’autre sous un plaid. Les mains sur les hanches, Maddy regardait le jeune couple auquel elle venait de vendre l’armoire et le lit d’Einir s’en aller. Elle ne prit même pas la peine de s’allumer une cigarette et rentra à l’intérieur dès que leur voiture disparut de son champs de vision. Elle avait l’impression que l’écho était différent depuis qu’il était parti. La température aussi, un poil plus froide que d’ordinaire. Elle était chagrinée. Pas immensément triste bien sûr, une partie d’elle se réjouissait de l’avenir qui était promis à son frère, mais tout de même. Elle n’avait jamais vécu seule et c’était lui l’homme de la maison, pas elle. Il fallait qu’elle appelle les assurances, les compagnies d’énergie, qu’elle mette tout à son nom. Qu’elle se lance dans la recherche d’un appartement aussi, qu’elle déménage. C’était éreintant rien que d’y penser. Mais elle se forçait à voir le bon côté des choses, elle pourrait inviter n’importe qui à la maison, elle pensait même à Elisabeth avec qui elle pourrait peut-être partager quelques nuits en souvenir de leur relation. Elle allait pouvoir consacrer une pièce entière à ses dessins et plus seulement un petit coin du salon et bien sûr elle se réjouissait, mais elle avait peur. Elle avait appelé Drake dès qu’elle avait su. Parce que quand elle était seule, il y avait toujours Drake pour lui tenir compagnie et lui provoquer un rire franc. Il avait même été excité par la nouvelle, il allait pouvoir venir chez elle plus souvent, ils allaient pouvoir boire ensemble sans avoir peur qu’Einir joue aux papas ours et c’était cool de pouvoir passer plus de temps avec son meilleur ami. Mais quand même.

Elle se dirigea dans la cuisine où elle vérifia la cuisson du carrot cake qu’elle avait préparé en amont. C’était devenu son gâteau préféré depuis Jill. Elle connaissait la recette par cœur et l’odeur du gâteau qui embaumait la maison avait quelque chose de réconfortant. Il lui manquait encore quelques minutes de cuisson à ce gâteau et pour patienter, elle fit couler le café, s’assit sur la table en bois et zyeuta son téléphone. Elle vérifia ses mails, pesta intérieurement en lisant les nouvelles d’Europe, ces meurtres, ces crises économiques, ces manifestations et se lotit d’un sourire attendri devant la photo instagram d’un chaton tout mignon. Son attention n’en fut détournée qu’en entendant la sonnette retentir entre les murs. Sa première pensée alla vers le couple qui avait peut-être oublié quelque chose et elle leva ses fesses et posa le téléphone à côté de la machine à café. D’un pas léger, elle se dirigea vers la porte et celle-ci découvrit un tout autre visage que celui du couple. Elle la reconnut instantanément et ses lèvres qui s’apprêtaient à questionner les acheteurs restèrent suspendues en l’air. Depuis combien de temps ne l’avait elle pas vue ? Il lui sembla qu’elle avait changé, qu’elle était encore plus belle que dans ses souvenirs mais elle fut incapable de dire en quoi. Tous les souvenirs lui revinrent en tête, d’un seul coup, à la fois profondément étouffants et porteurs d’un tel sentiment de légèreté qu’elle s’en sentit toute secouée, Maddy. Elle avança d’un tout petit pas pour réduire la distance entre elle et son ex et la prit brutalement dans ses bras. Les mots ne lui venaient pas et pourtant elle avait tellement de choses à lui dire. Elle en avait des questions sans réponses et des milliers d’excuses à lui faire, mais Maddy restait sans voix. C’était tellement bouleversant de la sentir la, entre ses bras, presque surréaliste après tout ce qu’il s’était passé. Elle aurait presque pu en pleurer mais les larmes ne coulaient pas. Elle ferma ses mains sur son dos et souffla d’une longue expiration. Enfin, elle osa murmurer son prénom. « Fanny… » Si on lui avait dit qu’elle allait venir, elle aurait dit que non et aurait changé de sujet de conversation pour ne pas ressasser.

Elle la tint longtemps dans le creux de ses bras, Maddy. Elle savait qu’elle allait mieux pour avoir regardé son compte instagram des milliers de fois, mais de l’avoir là, devant elle, c’était une toute autre chose. Elle se détacha finalement d’elle et la contempla d’un regard mouillé de larmes. Ses yeux étaient toujours clairs, ses lèvres toujours aussi roses et ses cheveux, il lui semblait qu’ils avaient bien poussé depuis la dernière fois. Elle porta une main sur sa joue, mais à mi chemin, la rapporta à sa propre cuisse. Est-ce que pouvait toujours la toucher comme autrefois ? La sentir comme avant et l’embrasser comme avant ? Maddy passa nerveusement sa langue sur ses lèvres et un peu tremblotante, aussi bien à cause des sentiments que le froid extérieur, elle lui demanda « Tu veux entrer ? » Elle se décala un peu pour permettre à son ex d’entrer et ferma ses bras sur sa poitrine en tirant le kimono blanc qu’elle portait sur son dis. Ravalant sa fierté et ses larmes, elle lui adressa un petit sourire. Est-ce qu’elle allait bien vouloir entrer ? En vérité, elle ne savait pas pourquoi elle était là et c’était déstabilisant mais pour rien au monde elle ne l’aurait fait partir. Elle avait tellement attendu ce moment qu’elle avait finit par croire qu’il n’arriverait jamais.




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MessageSujet: Re: Hurt somebody ft. Maddy   07.10.18 12:33
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C’était un mélange plutôt étrange qui venait ronger le ventre de Fanny pendant qu’elle attendait, aux aguets du moindre son provenant de la maison. Elle avait très envie de fuir… et en même temps tellement besoin de rester. Ça lui faisait peur, et pourtant il y avait aussi une sorte d’impatience. Il était possible que cela tourne mal… entre elles, cela avait toujours été complexe. Trop fort, l’intensité de toute cette relation avait aussi sans doute été la raison de son déclin progressif jusqu’à la violence. Qu’elle ait été verbale, psychologique ou physique, il y avait eu de la violence entre elles. Beaucoup, autant que de l’amour et de la passion. Alors Fanny se sentait déjà fébrile en entendant les bruits de pas faire craquer le plancher derrière la porte. Elle recula d’un pas, par reflexe. La crainte était toujours là, exactement la même qui l’avait animé après avoir reçu ces coups qui l’avait conduite à s’envoler loin de l’Islande sur un coup de tête. Mais tout le reste… est ce que ce n’était pas plus fort ? L’envie de lui parler, de lui expliquer aussi. Parce qu’elles avaient toutes les deux vécuent quelque chose de fort et durable, une relation qui les avaient toutes deux poussées à bout mais qui avait été ponctué par de la tendresse et des projets concrets. Ça avait compté, Maddy avait compté… elle méritait au moins de tout savoir.

Fanny avait retenu sa respiration au moment de voir la porte s’ouvrir sur le visage d’une beauté très rare de Maddy. C’était comme revenir un an en arrière, sans plus de différence. Elle n’avait aucunement changé… le visage blanc encadré de cheveux bruns, les tatouages qu’elle devinait, et ce regard déjà si soutenu qu’elle portait sur la blonde. Il y avait là de quoi lui faire rater un battement de cœur, qui s’emballait d’ailleurs autant par appréhension que par la force des souvenirs communs. Des bons souvenirs. Mais Fanny resta muette le temps d’observer sa réaction, presque sur ses gardes en vérité. Se rendre compte qu’elle n’avait pas tellement peur d’elle, mais surtout qu’elle ne voulait pas lui faire du mal encore une fois ne préservait aucunement la blonde de son anxiété trop tangible. Et elle sursauta presque, quand Maddy fondit dans ses bras pour l’y serrer, caresser son dos avec un bonheur communicatif de la voir. Presque du soulagement… Fanny pourtant avait gardé son geste suspendu, et elle tapota simplement son dos d’une main sans tellement trouver quoi dire. Combien de fois pourtant avait-elle imaginé l’instant ? Répété les mots à dire, les phrases les plus concises ? Les explications à entamer ? C’était si difficile au final, de savoir comment agir avec Maddy. Parce que Fanny était trop fautive pour être à l’aise. Pourtant un léger sourire s’était étiré sur le visage de la jeune femme qui avait soupiré d’un certain soulagement. Il n’y avait aucune animosité dans l’attitude de son ex, et c’était là un apaisement énorme. Alors Fanny inspira un peu, osa croiser son regard et surtout, entrer quand on l’y invita.

Merci.

C’était tout ce qu’elle avait réussit à dire, le temps de reprendre ses marques. Puis elle avait franchi le seuil en retirant son chapeau, avec le reflexe encore étonnant de vouloir le poser sur un meuble de l’entrée qui pourtant avait disparu. Le chapeau encore dans sa main, l’Islandaise observa alors l’espace trop vide qui l’entourait. Fanny revoyait facilement le salon dans son entièreté, pour y avoir passer des heures, des jours parfois autrefois… il n’y avait pas si longtemps que cela. Mais maintenant, elle avait l’impression que tout avait changé, que c’était vide… L’air étonné, elle scruta encore quelques secondes en se remémorant trop bien l’installation d’avant, puis avança dans la pièce en demandant.

Vous avez décidé de relooker la maison ?

C’était assez rassurant au final de se trouver là. Il n’y avait rien à craindre, rien d’hostile et au contraire avec cette douce odeur sucrée qui flottait dans l’air, retrouver cette maison familière faisait aussi du bien. Il manquait des éléments, certes. Mais c’était toujours « chez Maddy ». Ça portait son odeur, sa douceur, un mélange de peinture et d’un parfum un brin délicat qui n’était propre qu’à elle.

Einar est ici ?





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MessageSujet: Re: Hurt somebody ft. Maddy   10.10.18 22:59
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Il y a-t-il une distance assez lointaine pour oublier quelqu’un ? Thaïlande ou non, Fanny n’avait jamais quitté Maddy. Il suffisait qu’une femme dans la rue lui ressemble pour que Maddy la voie, il suffisait que sa main griffonne sur une feuille de papier pour la faire apparaître, qu’elle ferme les yeux pour voir les siens. Il lui restait quelques souvenirs de Fanny. Des pulls qu’elle avait oubliés dans son départ précipité, des photos qu’elle n’avait jamais eu le cœur à jeter et une plante énorme au fond du salon dont la survie relevait plutôt du miracle que d’un entretien régulier. Tout le reste, elle l’avait jeté. La brosse à dents qu’elle avait laissée, les sous vêtements qui étaient restés à la maison, les post its avec son écriture… Maddy n’avait jamais eu le cœur à garder ces choses là. Ce départ là l’avait laissée bien trop mal et tous les souvenirs, tout était une torture qui jour après jour l’avait rongée pareil à un acide. Elle lui avait indéniablement manquée… Tous les jours un peu moins mais… Elle lui avait manquée. Alors l’avoir là contre elle… C’était comme voir un fantôme mais ce fantôme là était fait de chair et d’os. Maddy sentit un frisson doux quand Fanny posa une main contre son dos. Tous les sentiments et toutes les sensations qu’elle était parvenu à enterrer dans un coin de son cœur remontaient brutalement. Toutes ces scènes vécues et éprouvées la chargeaient comme on le dirait d’un navire. L’illustratrice croisa faiblement ses bras sur sa poitrine et demanda à la blonde d’entrer. Sa voix était moins assurée qu’elle l’aurait voulue mais le merci qu’elle eut en réponse lui mit du baume au cœur.

Maddy ferma doucement la porte pour se défaire du vent qui la glaçait et resta en retrait le temps de l’observer. Elle voyait la tigresse indomptable et jalouse que Fanny avait été, celle qui ne savait pas courber l’échine ou regarder par terre quand on la prenait de haut, celle qui marchait le nez en l’air. Mais Fanny semblait différente. C’est peut être ça qui lui avait semblé de changé quand elle avait ouvert la porte, pas ses cheveux longs ou le teint halé de sa peau mais plutôt cette impression de sérénité qui se dégageait d’elle. Elle percevait toujours quelque chose de nerveux mais… On aurait dit qu’elle avait le deuil de leur relation. A cette pensée, l’illustratrice eut un pincement au cœur. « Donne le moi... » Elle attrapa d’un geste délicat son chapeau qu’elle avait l’habitude de poser sur la commode (vendue) et l’accrocha au porte manteau. Maddy chercha timidement son regard. Rien ne semblait plus l’habiter de leur relation. Aucune colère. Pas de douleur. Pas de trace sur le visage. Elle avait survécu. C’était un soulagement et à la fois un passage à tabac. « Einir est parti. » C’était dit comme un secret. Maddy avança vers la cuisine et l’incita à la suivre dans un regard tendre. « Il était exposant dans une convention aux Pays Bas et on lui a proposé une place dans un gros salon à Varsovie, en Pologne. C’est tout récent. » Elle baissa légèrement la tête et ajouta « Je vais louer la maison. » En un an il s’en était passé des choses et Maddy avait envie de tout lui raconter mais dès qu’elle y pensait, son palpitant s’emballait et sa gorge devenait sèche. Machinalement, elle se tourna vers le café qu’elle avait fait couler et le posa à côté de la machine pour en faire un deuxième. Elle osait à peine la regarder. La culpabilité qui lui avait pesée tous ces mois appuyait à nouveau contre sa poitrine. C’était tout un mélange de sentiments à la fois agréables et épuisants. Elle donna à Fanny le café chaud et garda le premier entre les paumes de ses mains et il lui fallut une grande inspiration pour finalement lui dire « T’as pas changé… T’es toujours belle. » Un sourire mélancolique étira doucement ses lèvres.


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MessageSujet: Re: Hurt somebody ft. Maddy   19.10.18 21:02
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C’était vraiment étrange de retourner dans cette maison où Fanny avait eut tellement de souvenirs, après y avoir laissé tant de choses. Matérielles bien surs, mais sentimentales surtout. A peine y avait elle remit les pieds que les réminiscences des bons comme des mauvais moments revenaient. Comme une vague, qui lentement faisait remonter le tout, les émotions, les souffles. Dans ces murs résonnaient les éclats de rire mais aussi de voix, les disputes et les poings contre la peinture. La colère, la joie, le désir… C’était un mélange de trop de choses divergentes que Fanny retrouvait là. Tout ce qu’elle avait fuit aussi, lui revenait là. Et c’était ça qui faisait le plus mal finalement. D’être heureuse de retrouver tout cela, mais d’avoir peur aussi, en sachant très bien qu’elle avait été celle capable de pousser Maddy aux vices. Au final, qu’est ce qui pouvait tant l’effrayer ? C’était évident que Maddy n’était pas une personne violente… si Fanny avait longtemps porté l’angoisse des coups qu’elle avait reçu, il fallait aussi être objective, ce qu’elle n’arrivait pas toujours à faire. Mais ce qu’elle essayait justement de travailler depuis la Thaïlande. Et après son retour en Islande, les souvenirs affluant avaient été la source de bien des réflexions qu’elle avait soigneusement évité tout ce temps. La vérité, c’était qu’elle était bel et bien fautive de la violence de Maddy. Objectivement.

Alors peut être que c’était la personne d’avant, la Fanny d’autrefois qui lui faisait peur de retrouver en arpentant de nouveau le planché de cette maison-là. La créature difforme, l’ignoble jalouse, la peste. Une fille détestable qu’elle n’avait jamais été, qu’elle luttait pour assumer sans y parvenir. Et justement, il fallait qu’elle l’affronte, cette Fanny là maintenant qu’elle se présentait devant Maddy après un an de silence et d’absence. Après cette fuite, la rupture implicite et pourtant évite qui lui avait cependant permis de se recentrer sur elle et de changer, de se retrouver comme elle était avant cette relation trop passionnelle pour être bénéfique. Fanny adressa donc un sourire léger à Maddy en lui donnant son chapeau, puis en retirant son châle bariolé pour le mettre elle-même sur le porte-manteau. Et puis, il y eut la réponse qu’elle aurait sans doute dû deviner… A voir l’absence de toutes les traces qu’Einir pouvait laisser chez eux. Des détails parfois, des odeurs souvent puisqu’elle y était particulièrement sensible, Fanny. Il laissait un vide supérieur à ceux des meubles sans doute pour Maddy qui n’avait jamais su vivre sans lui. Fanny la suivit alors sans rechigner, en l’écoutant tout en se surprenant d’ailleurs… d’être si calme et attentive. C’était plus naturel qu’elle l’avait envisagé, et c’était rassurant de déjà en prendre conscience. Au final, devant l’accueil et la douceur de Maddy les tensions s’envolaient déjà. Elles n’avaient peut-être plus qu’à se retrouver et à parler, aussi simplement que ça.

Woh ! C’est une sacrée opportunité ! Tu le féliciteras pour moi.

Un réflexe, de lui dire ça bien qu’elle pinçait déjà ses lèvres. Einir ne devait pas être spécialement ravi de la manière dont ça s’était terminé avec Maddy, qui avait sans doute souffert… beaucoup trop pour que ce soit tolérable alors… Peut être que c’était mieux qu’il n’apprenne pas son retour. Une fois dans la cuisine, Fanny s’imprégna de nouveau de l’odeur de gâteau comme de tout ce qui pouvait avoir changé. Des quelques ustensiles à une décoration qui avait changé de place, quelques nouveautés. Mais rien n’avait vraiment bougé, c’était toujours la même maison, les mêmes souvenirs. Et les émotions qui allaient avec. Le compliment qui vint ensuite la laissa bouche bée quelques secondes. Ça la faucha un peu, au cœur et à l’âme. Son ventre se contracta ensuite sous la multitude de fois où la voix de Maddy lui avait dit les mêmes mots. Qu’elle était belle. Ça ne lui faisait pas autant de bien qu’avant, ça ne la faisait presque plus rougir, qu’à peine… avec un peu de gêne. Elle eut un regard, un sourire un peu désolé de ne pas pouvoir répondre à ça. Puisqu’elle n’était pas venue là pour elle, mais pour Maddy. Fanny fixa un instant le café fumant dans la tasse qu’on venait de lui servir, puis trouva-t-elle aussi le courage de trouver le regard si étourdissant de son ex.

Et je suis contente de savoir que tu vas bien.

C’était sans doute pire que vexant, ou impoli d’ignorer cette douceur que venait de lui offrir Maddy après tout ce temps, mais Fanny ne pouvait pas accepter le compliment ou la tendresse qu’elle lui donnait. Elle ne méritait pas une telle chose. Voila que la culpabilité revenait déjà. Fanny pensa alors à Slau, qui se serait si inquiétée de la savoir là. Mais sa grande sœur ne comprendrait sans doute jamais, que la victime de l’histoire n’était pas celle qui avait porté les bleus au visage. Après un léger silence et un soupire très bref, Fanny entama la conversation avec le plus de naturel possible. Elles avaient bien des choses à se raconter sans doute, légères et amusantes. Mais avant cela il fallait que Fanny lui dise tout. Mais pas encore prête à le faire, la voix assez tremblante pour trahir son émoi, elle partit sur un tout autre sujet en se passant une main nerveuse dans les cheveux.

Comment tu t’en sors sans ton frère, ça va ? Il doit beaucoup te manquer… et je me demande, pourquoi tu n’es pas partie avec lui ?



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MessageSujet: Re: Hurt somebody ft. Maddy   26.10.18 10:44
Hurt somebody




Maddy la regardait. A la voir là, elle pouvait presque sentir sa chaleur contre elle, son souffle chaud contre sa peau, son haleine contre son visage. Fanny avait été un ras de marré. De ceux dont on pense qu’ils n’arrivent qu’aux autres et qui nous réveillent la nuit en sueur. De ceux qui, après vous avoir emporté, vous laisse cette question : Pourquoi ? Après qu'elle s'en ait allée, Maddy avait traversé une période de pleurs incessants, de chaudes larmes et de sentiment d’abandon. Un peu d’elle était entré en elle et ne l’avait jamais quittée. C’était la tristesse du premier jour d’école (dsl Marc Levy), de la solitude qui nous mine, qui sabotent nos nuits et qui nous pourrit la journée. Elle finit par baisser les yeux ; c’était trop dur. Pourtant Maddy avait essayé de continuer à vivre, mais son absence était douloureuse. Tout s’écroulait. C’est moche d’attendre un signe de quelqu’un qui ne veut pas vous en donner. « Ok. » Pas un mot supplémentaire n’avait consenti à sortir de sa bouche. Pourtant Maddy ne l’avait dit sans animosité dans la voix. Elle s’était même noté mentalement de féliciter Einir. Mais sa gorge était nouée, son cœur perçait sa poitrine et les mots ne venaient pas. La chaleur de la tasse qu’elle tenait entre ses mains la réconfortait tout comme l’odeur familière de café lui mettait du baume au cœur. Au moins elle était entre ces murs réconfortant de son chez elle. Il n’y avait rien qui faisait peur hormis la frimousse blonde qui la regardait de ses yeux désolés. Il n’y avait pas eu que du négatif. La passion dévorante qui les avait liées avait eu quelque chose d’enivrant. Il y avait des jours ou Maddy s’était sentie plus légère qu’un nuage, des jours où la passion l’avait poussée au-delà du septième ciel, des sourires qu’elle n’avait pas feints et une flamme dans le cœur qui n’avait jamais cessé de brûler. C’était tous ces vents contraires qui se heurtaient dans l’illustratrice et la laissaient sans voix.

Pourtant cette même flamme qui n’avait cessé de brûler reprenait de l’ampleur devant cet adorable minois. Le cœur de Maddy tambourinait dans sa poitrine et si le silence la pesait un peu, un léger sourire se dessina sur ses lèvres et elle la complimenta d’une voix douce. Elle ne voulait pas la mettre mal à l’aise, elle était trop paralysée pour penser à mal. C’était là la même douceur qu’elle avait eue pour elle ces deux années, dénuée de tous regrets. Comment de toute façon, pouvait-elle encore se montrer agressive avec elle ? Fanny la couva, à ce compliment, d’un regard désolé. Les douze derniers mois avaient gommé l’intimité qu’elles partageaient. Il semblait logique qu’elle ne réponde pas à ces mots. Le silence qui s’en suivit n’avait plus rien de pesant. La rancune, les mots durs et la violence n’avaient plus le même poids aujourd’hui. Ce n’était pas facile, mais moins dur qu’il n’y paraissait. Alors à sa phrase, Maddy la couva d’un sourire léger. Elle allait bien. Bien mieux que les premiers mois sans elle. Le temps avait fait son effet. L’illustratrice n’avait sans doute jamais tout à fait guérit de cette histoire mais les cicatrices faisaient moins mal. Jill y était probablement pour quelque chose. Son histoire avec l’Anglaise n’avait pas duré aussi longtemps qu’elle l’aurait souhaité mais elle avait été salvatrice. La peine qu’elle avait laissée en s’en allant pour le nord de l’Islande n’était en rien comparable avec celle que lui avait laissée Fanny. Jill avait su, à sa façon, panser ses plaies et elle ne gardait de cette histoire que des bonnes choses. Ce sourire donc, qu’elle affichait avait un quelque chose de sincère. Elle porta doucement sa tasse à ses lèvres, le cachant ainsi, sans trop y penser, et avala une gorgée du liquide encore chaud. Bien sûr, elle pourrait aller mieux, sortir, voir du monde, rire aux éclats, mais elle s’en privait. Maddy se sentait seule et le départ d’Einir avait accentué ce sentiment. Et cette tristesse, mêlée aux souvenirs de Fanny lui laissait une faible lueur dans le regard.

C’est Fanny qui rompit une nouvelle fois le silence. Le tremblement de sa voix trahissait la vague d’émotions qui la prenait à la gorge et la tatouée la trouva bien plus belle encore. Elle prit une longue inspiration et lui répondit en soufflant « Il me manque. Je te mentirais si je te disais que c’était facile… » Pensive, Maddy regarda un peu dans le vide, puis elle se redressa et posa sa tasse sur la table. Elle prit aussi une chaise qu’elle positionna près du coin où Fanny était assise et une fois qu’elle fut assise à son tour, la tasse entre ses mains, elle ajouta avec un sourire « Qu’est ce que j’irai faire à Varsovie, moi ? J’ai tout ici… » En vérité, Maddy y avait songé. Elle n’avait pas tout ici. En dehors de la maison, de son métier et de ses parents, elle n’avait pas d’attache sentimentale à l’Islande. Jill était partie, sa relation avec Drake s’était dégradée… Même son café préféré avait fermé. Mais tout quitter et tout reprendre à zéro ? Certainement pas. C’était terrifiant et elle n’était pas prête à se lancer dans un tel changement. Alors Maddy préféra changer le sujet de la conversation. « Et toi, la Thaïlande ? C’était comment ? » Et elle baissa encore les yeux. Si elle était partie, c’était de sa faute et à cette pensée, la culpabilité lui coupa le souffle. Le sourire qu’elle arborait se dissipa brusquement et laissa place à une grimace douloureuse. Elle lâcha ces mots difficiles à dire d’un seul souffle « Je suis désolée. » Puis Maddy soupira, il lui sembla que l’air dans la salle était soudain devenu irrespirable. Elle leva la tête, chercha quelque chose pour accrocher son regard et se perdit sur les bruques du mur en face. La culpabilité était aussi forte qu’elle l’avait été le premier jour. Dansait de ses gros pas dans son ventre, descendait dans son tube digestif pour y faire des pirouettes, lui secouait l’intestin et lui donnait envie de vomir. « Si tu savais comme je m’en veux. » La tête penchée en avant, ses cheveux lui cachaient le visage. Son souffle s’était emballé et sa poitrine était devenue douloureuse. « J’ai jamais voulu te faire ça. » Une main dans ses cheveux pour remettre une mèche en place et la voix étranglée, les yeux tristes dans les siens, elle ajouta « T'as eu raison de partir, Fanny. »




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MessageSujet: Re: Hurt somebody ft. Maddy   27.10.18 19:07
Hurt somebody




C’était vraiment drôle de se retrouver là après tout ce temps prit pour elle, la distance instaurée, le silence… et le recule qui avait été prit depuis leur séparation. En vérité les premiers mois, Fanny s’était uniquement focalisée sur elle, sur ses ressentit et ses certitudes. Maddy l’avait frappé. Elle était fautive, la brune. C’était elle qui avait poussé Fanny à fuir sous ses coups et à ne plus jamais lui parler, à ne plus revenir vers elle. A ne plus l’aimer aussi. Mais après les premières étapes de sa reconstruction c’était amené la réalité. Son regard s’était posé sur le vrai, sur l’ensemble du problème et pas seulement sur sa petite personne blessée et terrifiée. Leur relation n’avait jamais été simple. Ça avait été trop fort, trop vite. L’intensité de leur amour et de cette passion brûlante en avait dévasté, des couches de derme et des volontés. A fleur de peau, les deux n’avaient fait qu’encaisser et encaisser. Le bien comme le mal. Mais le mal surtout, vers la fin. Et oui, Fanny s’en tenait responsable désormais. Et si jamais depuis son départ d’Islande son regard ne s’était tourné vers Maddy, elle estimait qu’il n’était pas juste de la laisser dans l’attente ou dans le doute. Dans la torture qu’elle devait se faire depuis lors à se croire fautive. Parce que Maddy, c’était une fille bien. Fanny l’avait connu sous ses meilleurs jours et avec des qualités immenses. Capable d’aimer tellement fort, de tout partager dans un seul éclat de rire. Fanny se souvenait maintenant de tout ce qui avait fait d’elle une amoureuse transit. Des mots doux, des attentions, de sa douceur. Des matinées sous la couette à sécher les cours pour rester avec sa brune. A redessiner les contours des tatouages de son corps, à couvrir la peau blanche de quelques attentions brûlantes. Des weekends, et des sorties, de tout ce qu’elles avaient partagé. Quand ça allait bien, quand tout était encore idyllique… Fanny avait été heureuse. Mais elle n’avait alors pas eu la maturité de le voir. Et maintenant qu’elle le voyait, la blonde avait l’impression qu’elles n’étaient pas faites pour s’aimer si fort. Ou peut être pas comme ça…

Mais Fanny ne pouvait que sourire devant l’expression de Maddy tout en resserrant ses mains contre sa tasse. Il y avait une émotion toute particulière à se trouver en sa présence maintenant et après avoir autant anticiper. Fanny avait craint la réaction de son ex alors qu’en réalité … c’était une évidence qu’elle serait simplement heureuse de la revoir. Qu’elle allait être triste, mais sourire. Être elle-même enfin. Et pas la boule de nerfs que Fanny avait fait d’elle après deux ans de relation. La culpabilité au ventre, elle souriait pourtant en osant à peine boire le café encore trop chaud. Fanny souffla alors dessus en haussant les épaules et l’écouta parler de Varsovie, plus aucunement sur ses gardes ou avide de distance tandis que Maddy venait s’installer à la table également.

J’ai du mal à t’imaginer sans Einir. C’est assez dingue qu’il s’en soit allé si loin !

Mais elle ne parlait pas sur un ton de reproche, au contraire Fanny semblait heureuse pour lui. Vraiment. Malgré que l’entente ne fût pas toujours au beau fixe et dépendait surtout de sa relation avec Maddy, la blonde avait su grandement apprécier ce garçon. Une gorgée de café plus tard, et elle s’en allait poser une infinité de question sur Varsovie. Puis répondre enfin concernant la Thaïlande, sans trop savoir quoi lui répondre puisqu’elle n’y avait pas vécu pour faire vraiment du tourisme. Mais son ex ne lui en laissa pas l’occasion, parce qu’elle… et bien elle avait eu le courage d’amorcer la conversation que Fanny était venue tenir ici. Immédiatement, Fanny baissa les yeux. C’était difficile d’entendre cette triste amertume dans la voix de Maddy, encore plus en réalisant qu’elle la portait contre elle et non contre la blonde devant ses yeux. Il était vraiment temps que la vérité sorte. Se serait peut-être plus facile que lorsqu’elle avait tout raconté à Slau… parce qu’elle avait moins mal désormais et qu’elle y voyait plus clair. Mais se serait pénible. Oui… ça le serait, mais il fallait y passer. Fanny avait bien trop de respect pour Maddy, pour tenir sa langue. Cependant elle baissa le nez le temps de l’entendre, le cœur battant et les yeux déjà humides. Mais elle rejeta cette sensation, qui encore une fois la réduisait au silence. La culpabilité était bien là mais devait pas l’empêcher de parler ou de s’ouvrir à la personne qui d’elles deux, avait sans doute le plus besoin de tout savoir. Alors quand le courage lui empoigna le ventre, Fanny s’empressa de plonger dans le regard que redressait Maddy vers elle, pour poser une main sur la sienne et la serrer. Son regard était peut-être brillant, mais il était déterminé cette fois.

J’ai eu raison oui… c’est vrai Maddy j’ai eu raison de m’en aller. Mais c’était la meilleure chose à faire pour te sauver aussi.

Même si elle n’osait pas bouger, se transmettait dans son regard l’envie de lui démontrer à quel point sa confiance en elle était toujours là. Maddy méritait sa confiance, aujourd’hui plus que jamais. Au final, qui aurait été capable de laisser partir quelqu’un comme ça, par amour ? Sans jamais la relancer, parce qu’elle devait avoir deviné les besoins de Fanny… aussi. Les coups, les cris finalement… ce n’était rien, à côté de l’inclination et de l’égare qu’elle lui avait voué. Aussi, la blonde se permit de glisser ses doigts dans sa paume pour créer un contact réconfortant.  La forcer à écouter, aussi. Parce que ce qu’elle allait dire était pénible… difficile à prononcer. Mais qu’elle devait l’entendre.

Tu n’es pas fautive. En aucun cas… tu peux me croire, j’ai eu l’occasion d’y repenser des centaines de fois. Et je sais que c’était un geste désespéré plus que quelque chose dicté par la méchanceté ou la haine. S’il y a bien quelqu’un qui serait incapable de faire du mal délibérément, c’est toi. Et j’ai conscience d’avoir élimé ta patience, de l’avoir consumé. Je t’ai usé. Pardonne-moi.

Un petit hochement de tête signifia que son cœur se pinçait fort. Sa vision se troubla un peu, son souffle vint à tarir comme si elle venait de finir un marathon… et pourtant Fanny trouva la force de lancer d’une traite, pour ne pas manque de dire une chose importante.

Tout est ma faute. Moi non plus je n’ai jamais voulu te faire ça, tu sais …




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MessageSujet: Re: Hurt somebody ft. Maddy   31.10.18 19:23
Hurt somebody




Maddy hocha légèrement la tête en serrant la tasse de café. « C’est une belle opportunité aussi pour sa carrière. Il n’est pas parti le cœur léger, il s’inquiète pour moi, tu sais. C’est moi qui l’ait poussé à accepter ; je ne voulais pas qu’il se ferme des portes pour moi. » Elle porta une main à sa chevelure de jais et poussa une mèche derrière son oreille. Elle ajouta aussi de sa voix douce et d’un sourire chaleureux en pensant à son visage « Il m’a fait promettre de prendre soin de moi. » Elle leva ensuite doucement le menton pour plonger ses yeux dans ceux de son ex et ce faisant, dévoila son visage et le léger sourire qui tirait ses lèvres. L’absence d’Einir était anxiogène et perturbait ses nuits, mais Maddy était persuadée qu’elle avait fait le bon choix en poussant le tatoué à s’installer en Pologne. Puis Einir, n’était jamais loin et il suffisait de cinq heures d’avion pour qu’il rejoigne l’Islande. Le savoir heureux et sur le même continent allégait l’angoisse de la solitude et le poids de la séparation. Il arrivait le soir à Maddy de s’enrouler dans les plaids de son aîné et de se laisser bercer par la chaleur qui émanait encore de ceux-ci. Elle savait qu’elle s’y ferait, il suffisait d’un peu de temps.

L’amour qu’elle avait eu pour Fanny et qu’elle avait toujours aujourd’hui n’entretenait aucune rancune. Maddy ne se gonflait plus d’orgeuil et trouvait sa joie dans la quiétude qui se dégageait de la blonde. Elle lui adressa un sourire plein de tendresse, le cœur léger qu’aucun mot n’avait été dit plus haut que l’autre. Un doux sourire tirait ses lèvres et elle lui demanda comment la Thaïlande avait été. Cette question, c’était comme ouvrir les vannes. Jamais Maddy n’avait soupçonné que ces mots feraient remonter toute la peine et la culpabilité qui était toujours là, tarie au fond d’elle depuis des mois. Elle s’était tant accoutumée à vivre avec immense peine que Maddy ne la voyait plus. Elle ne se traduisait plus que par moments par une certaine absence, un très léger flottement mais à peine perceptible. Maddy ne s’en rendait pas compte. C’était comme si elle avait oublié qu’elle souffrait et qu’avec ses mots elle prenait soudainement conscience du trou béant que Fanny avait creusé dans son cœur. Alors son souffle devint saccadé petit à petit, ses joues se creusèrent et une pointe d'électricité lui traversa la poitrine. Maddy n’avait même pas la présence d’esprit de contenir les secousses qui la prenaient. Elle posa sa tasse sur la table en prenant soin de ne pas en renverser partout et entre deux souffles courts, elle s’excusa auprès de Fanny. Comme elle regrettait… Elle aurait voulu avoir les mots pour lui dire comme elle l’avait aimée et combien elle se blâmait pour le geste malheureux qu’elle avait eu. Un violent hoquet lui prit la gorge. Si elle pouvait revenir en arrière, rien de tout ça ne serait arrivé.

Maddy tremblait. Son nez gouttait et de ses yeux coulaient un paquet de larmes. Sa poitrine se soulevait à chaque hoquet, tremblotante. Sa bouche était entrouverte pour reprendre son souffle ; son nez était bouché par les pleurs incessants. Les yeux de Fanny lui transmettaient un peu d’amour et sa main la réconfortait, mais les sanglots n’avaient de cesse de soulever sa poitrine. Une tension tirait les muscles de son corps, ses doigts se crispaient sur les siens… Pour te sauver. L’illustratrice se répétait les mots dans la tête et cherchait dans le regard de Fanny une explication. C’était pas elle qu'il fallait sauver… C’est Fanny qu’il aurait fallu sauver d’elle et de la noirceur dans son cœur. Pour la suite, il avait fallu à Maddy se concentrer très fort pour calmer sa respiration et laissait les mots de Fanny courir à ses oreilles. Elle serra sa main plus fort et porta son autre main à sa poitrine pour essayer de se calmer. Plus les mots sortaient de ses lèvres, et plus les larmes affluaient sur le visage de l’illustratrice. Les mots avaient un tel pouvoir libérateur… Un long gémissement qu’elle ne sut retenir passa ses lèvres et elle fit monter son poing contre son visage pour cacher ses larmes. Puis vint la dernière phrase… qui libérait Maddy du poids qui lui pesait depuis des mois… Un nouveau sanglot, un nouveau gémissement et la tatouée avanca sa chaise pour poser son visage contre la poitrine de la blonde et y étouffer ses sanglots. Un vieux reflexe la poussait à retenir sa respiration pour se calmer mais dès que l’oxygène venait à lui manquer, elle prenait une grande inspiration et se remettait à haleter. Maddy berçait la cuisine de ses sanglots… « C’est pas de ta faute. » Il lui avait fallu une force surhumaine pour prononcer ces mots là... Mais jamais Fanny n'avait été fautive du coup qu'elle reçu au visage.




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