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 The Chosen One | Bérénice&James


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MessageSujet: The Chosen One | Bérénice&James   27.09.18 9:45


The Chosen One
Bérénice ξ James ξ Aleksy

J’ai un mauvais pressentiment.

Une impression dégueulasse que je ne devrais pas être là. Que j’aurais dû faire demi-tour et m’ôter cette volontée de te voir de la tête. Une idée que je parviens à toucher du doigt sans réussir à la définir. C’est sûrement stupide. Les relents d’un cauchemar, d’un mauvais souvenirs venu me hanter pendant la nuit, peut-être. Mes lèvres pleines échappent un soupir lourd de sens, lorsque je tente de chasser ce sentiment sournois qui commence à se gratter une place au creux de mon ventre. Si mon instinct me fait rarement défaut, je le sais un peu trop défaillant ces derniers jours pour y prêter attention. Comme toujours, après avoir croisé la route de Mikhaël. Après avoir subi, après avoir enduré, après avoir oublié comment vivre, comment manger, comment dormir. Le temps m’a aidé à effacer les traces les plus visibles, mais les autres, la peur, le doute, la solitude, sont toujours là. Elles reviennent me faucher avec une force déroutante, alors que mes pas me guident jusqu’à chez lui, alors que la boule agaçante au fond de ma gorge ne fait que grossir, alors que je commence presque à me demander si rebrousser chemin ne serait pas une meilleure idée. Peut-être que tu n’es pas tout seul, aujourd’hui. Peut-être as-tu ramené un amant, une maîtresse, un ami qui piquerait férocement ma jalousie dévorante. Elle n’a jamais été aussi forte que maintenant. Elle n’a jamais été aussi dévastatrice qu’après avoir essuyé les reproches et les avertissements de mon père.

« C’est dangereux. ». « Tu t’es fait avoir. ». « Il aura ta perte. ».

Comme si je ne le savais pas déjà. Le nez froncé dans une mimique agacée, je secoue mollement la tête pour me sortir ses paroles de l’esprits. Je laisse ma main rabattre un peu plus ma capuche sur le haut de mon crâne, échappant un grognement sourd lorsqu’un pic de douleur me traverse la cage thoracique. Si mon corps s’est globalement bien remis de cet échange cruel, certaine plaie sont plus difficile à refermer que d’autres. Mon poing s’abat violemment sur la porte d’entrée, m’attendant une nouvelle fois à croiser ce pauvre Roger trop bavard que j’ai déjà rencontré. Et pourtant, lorsque le battant s’ouvre, c’est un soupir amère qui s’échappe de mes lèvres. Parce que j’aurais clairement préféré retrouver ce vieillard qui ne sait pas s’arrêter de parler. Parce qu’au final, mes doutes semblaient fondés. Parce que ce n’est pas ni James, ni son majordome qui se dresse devant moi, mais une jeune femme que j'aperçois pour la première fois. Et elle n’a pas l’allure d’une femme de ménage. Une maîtresse, sûrement. Génial. La journée commence bien. « James. Où il est ? » C’est froid, presque agressif. Pas de bonjour, pas de présentation. C’est déjà un miracle si je me retiens de la pousser brutalement de l’entrée pour partir à ta recherche sans un mot.

« Il va te trahir, un jour. ».

Et peut-être bien aujourd’hui.




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MessageSujet: Re: The Chosen One | Bérénice&James   01.10.18 22:32
Elle l'aimait. Et cela n'arrangeait rien. Elle l'aimait, et allait le fuir. Elle ne serait jamais à lui.


Cette journée avait déjà mal commencée, de toute façon. Pour une fois que Bérénice avait un jour de repos, un jour ou rien ni personne n'avait le pouvoir de la déranger, rien n'allait. Elle s'était réveillée dans un grognement après avoir entendu milles portes claquer peu avant l'aube. James qui rentre, sûrement. Seul ou accompagné, qui sait ? Heureusement qu'il n'avait pas eu l'idée de venir la voir, sinon cette journée serait consacrée à comment cacher un corps dans un pays ou la terre est gelée. Elle n'était pas assez renseignée sur les tueurs en série ou les meurtres pour savoir ce genre de choses. Accompagné alors, probablement. Incapable de retrouver le sommeil après cet ouragan, elle avait décidé de prendre de l'avance sur la préparation de ses cours et de relire Les Hauts de Hurlevent, encore une fois. Juste pour la centième fois, environ. Mais le livre d'abord introuvable se retrouvait être le matelas de Vicken, et ce chat étant tellement beau et adorable, elle ne l'aurait déranger dans son sommeil pour rien au monde. Lui n'en aurait pas fait autant, mais le monde était fait d'injustices après tout. Ce n'est qu'un au revoir, Heathcliff, mon amour... Par dépit, elle attrape ensuite Les Justes, seulement pour découvrir avec effarement que la couverture du livre avait servi de grattoir pour Brona. Décidément, cette journée serait sous le signe du meurtre. Et des chats qui abusent de leur mignonnitude. Abandon. Retour au lit.

Elle aurait du le savoir, que c'était une mauvaise idée de ressortir de ce doux et chaud cocon. Elle aurait du y rester jusqu'au lendemain, jusqu'au retour de la routine, des obligations. Mais quand ses yeux s'étaient rouvert au milieu de l'après-midi, elle s'était retrouvée avec deux envies : l'une, plutôt pressante et malheureusement naturelle, l'autre, de muffins au Nutella. Et puisqu'il lui semblait toujours encore étrange d'avoir des domestiques pour exaucer ses vœux, elle s'était tant bien que mal trainée dans la cuisine après avoir pris une douche bien chaude. Par un quelconque miracles, les placards contenaient tous les ingrédients et le matériel nécessaire, et c'est ainsi qu'une demi-heure plus tard une douzaine de petites merdes placées dans des caissettes en papier gonflaient dans le four. Elle avait même fini par faire la vaisselle, se souvenant au dernier ustensile de l'existence d'un lave vaisselle à trois pas d'elle. Une journée de merde, vraiment. Elle avait ensuite à peine eu le temps de s'installer sur le canapé et de lancer une playlist de Pachelbel, se demandant si l'odeur flottante dans la maison aurait le pouvoir de réveiller son meilleur ami, que quelqu'un avait frapper à la porte. Ou plutôt dans la porte, à la violence du bruit. Son cœur arrête de battre quelques secondes, happé par le souvenirs d'un autre poing s'abattant contre une porte. Celui d'Ezra, à Paris. Ce bruit qui lui avait fait petit à petit détester tous les autres bruits un peu plus forts, ce bruit qui lui avait fait redouter d'être dans un espace clos de peur de l'entendre. Ce bruit auquel elle ne pouvait jamais résister très longtemps, quand elle se précipitait pour ouvrir, craignant autre chose si elle ne le faisait pas, craignant pire.

Et puisque les mauvaises habitudes ne partent jamais vraiment, son cœur s'était arrêté en même temps que sa respiration s'était bloquée. Avant de se souvenir qu'elle était en sécurité, qu'elle n'était plus à Paris, qu'elle était chez elle. Que même si Ezra avait eu la folie de venir la chercher ici au bout du monde, dans son refuge, il ne pourrait pas la trouver dans cette villa ou rien ne laissait présager sa présence. Rien d'autres que les chats qui se faufilent entre vos pieds, les piles de livres bancales, les éclats de rires qui résonnent entre les murs. En sécurité. Alors elle se dirige vers la porte, baisse le volume de la musique au passage, s'étonnant quand même de la violence d'un geste aussi anodin. Sûrement quelqu'un que James avait mis en colère, un jour. Surement quelqu'un qui s'était senti blessé, trahi, par une promesse qu'il a fait. Par l'illusion d'un lendemain, de fidélité, d'intérêt. Elle s'attendait surement à tout, mais pas à ce regard froid, non, glaçant qui l'accueille. Pas à ce visage à moitié caché par une capuche, pas à cette gueule d'ange. Quelque chose d'étrange, entre la douceur des traits du visage et la dureté de l'expression. Quelque chose de saisissant, d'inextricable. Il ne semble pas s'être trompé de porte en tout cas, puisqu'il demande le maitre des lieux. Puisqu'il l'exige, presque, sans aucune once de gentillesse ou même de civilité. Comme s'il lui appartenait. Peut être instinctivement, peut être simplement par jalousie envers cette personne qui se sent assez importante pour venir ainsi et demander James, elle décide de ne pas l'aimer. Elle décide de ne pas tomber dans son jeu. Un cinglant "Euh, dtc ?" s'échappe d'entre ses lèvres trop rapidement pour qu'elle ne puisse le retenir. Une réponse bête pour une question bête. "Bonjour à vous aussi monsieur." Elle s'efface ensuite légèrement derrière la porte pour laisser l'inconnu entrer. Elle avait la certitude qu'il serait rentré de toute façon, avec ou sans son consentement. Avec ou sans son approbation. Si elle savait qui il était et ce qu'il représentait, peut être qu'elle aurait refermé cette foutue porte. Peut être qu'elle aurait été un peu plus forte et qu'elle aurait lutté contre lui. Mais pour l'instant, il n'était rien d'autre qu'une gueule d'ange déterminé à voir James, et puisque c'était sa maison, elle ne pouvait pas vraiment s'y opposer. Pas vraiment. "Il est sûrement encore entrain de dormir, vous connaissez le chemin ou je vous montre ? J'étais justement entrain de nous préparer des muffins en attendant son réveil, ça a été une nuit pour le moins compliquée..." Est-ce qu'elle avait délibérément choisi ces mots pour blesser comme elle était régulièrement blessée ? Elle ne le savait pas, et s'en fichait un peu, après tout. Cette homme ne lui inspirait rien d'autre que le soulagement, une fois qu'il sera reparti.

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MessageSujet: Re: The Chosen One | Bérénice&James   02.10.18 0:38
Son œil s’ouvre lentement à cause des bruits trop violents contre la porte, qui semblent résonner dans toute la maison, et il gémit de dépit en enfonçant son visage dans son coussin, comme s’il pouvait encore voler quelques heures de sommeil malgré le vacarme. Et pendant quelques secondes, il se surprend à y croire alors que le bruit s’arrête enfin, sans se dire que quelqu’un a simplement ouvert, sans se dire que sa paix momentanée n’est qu’une illusion qui ne tardera pas à être brisée en milles morceaux. Mais ses narines captent doucement l’odeur de nutella qui emplit la villa, et un soupir de contentement s’échappe de ses lèvres alors que sa main part à la recherche du possible corps à ses côtés. Banco. Ca explique pourquoi il est là plutôt qu’avec elle, ou chez lui plutôt que chez Aleks. Magnifique.

« Deboooout, il faut partir maintenant. » C’est un grommellement fatigué, encore embourbé de sommeil, alors que son propre corps s’étire et qu’il ne se traîne hors du lit pour enfiler les premiers vêtements qui lui tombent sous la main. Descendre, manger du nutella avec Bérénice, discuter, squatter ses bras pour finir sa nuit devant un film. Le plan paraît parfait. Jusqu’à ce qu’une voix qu’il connaît trop bien ne chatouille ses oreilles quand il ouvre la porte de sa chambre. Jusqu’à ce qu’il ne réalise que le diable est venu frapper à la porte, et que sa respiration ne se bloque un peu en entendant la voix de sa meilleure amie lui répondre. Ca, ça pue.

Demi-tour, pour aller se jeter de l’eau sur le visage dans la salle de bain, pour prendre sa ligne matinale, pour tirer le corps des draps le plus doucement possible et lui chuchoter un « Tu vas devoir partir par la fenêtre, bon courage. » amusé, pour vérifier sur son portable que cette visite était véritablement improvisée. Puis pour se résigner à la rencontre et descendre enfin les escaliers. Il n’entend que les derniers mots de la brune, mais il sait aussitôt qu’il ne s’est pas présenté dans les meilleures conditions. Que le ton de sa voix n’est pas celui qu’elle utilise face à un inconnu qu’elle pourrait apprécier. Il fallait s’en douter, en même temps. Il s’arrête presque en bas des escaliers, pour les observer quelques secondes dans leur échange, avant qu’un sourire amusé ne naisse sur ses lèvres. Aujourd’hui, alors. Aujourd’hui, ses deux univers se rencontrent. Même si ça explose, c’était inévitable.

« On parle de moi ? » C’est arrogant, mais c’est ce qu’il est, après tout. Ses pas le mènent jusqu’à sa meilleure amie, et il pose un baiser sur sa joue en murmurant un « Je voulais pas te réveiller, déso déso. » presque sincère avant d’aller en poser un autre au coin des lèvres du russe. Et déjà, ses yeux dévient vers la cuisine, et se mettent à fixer la machine à café et à chercher l’origine de l’odeur. « Il se passe quelque ch… Je reviens. » Pas le temps de discuter. Un, deux, trois mouvements, et le café coule alors qu’il fouille les placards pour trouver un médicament qui pourrait venir à bout du mal de crâne qui a décide de l’assommer. Parce qu’avec ces deux là dans la même pièce, il ne peut pas se payer le luxe d’avoir la gueule de bois. Trouvé. Il enfonce son visage dans sa tasse, inspire un grand coup, et relève les yeux vers eux en souriant un peu plus. Ils sont beaux, tous les deux, comme ça. « Ben alors, pourquoi vous faites cette tête ? Aleks, tu restes déjeuner ? Béré il est où le Nutella ? Et mens pas, je sens que ça depuis une heure au moins. J’ai faim, je vais mourir, pitié. »
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MessageSujet: Re: The Chosen One | Bérénice&James   09.10.18 13:00


The Chosen One
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« Abandonne le, avant qu’il ne le fasse pour toi. »

J’aurais dû l’écouter. C’est ce que me hurle cette boule dégueulasse dans le creux de ma gorge. Un mauvais présage, une impression d’être au bord du gouffre sans vraiment savoir pourquoi, comment, et qui m’y poussera. Lui, probablement. Ou elle. Elle qui me regarde de haut. Elle qui est toujours là après une matinée bien entamée. Elle qui me répond d’une voix cinglante, n’attirant chez moi qu’un air vaguement étonné, mais surtout méfiant. « Pardon ? » C’est mauvais, coincé entre ma langue et ma machoir serrée. C’est presque craché tant elle ne m’inspire rien de plus qu’une haine profonde et viscérale. Mes iris céruléens la jaugent rapidement, imaginant déjà avec quel facilité je pourrais imposer ma présence pour la foutre à la porte, si l’idée de me laisser dehors lui traversait l’esprit. Pourtant, elle s’écarte, elle obtempère enfin, n’attirant qu’un rapide soupir excédé entre mes lèvres pleines. Inutile de s’énerver. James est sûrement toujours en train de dormir et bientôt, il se lèvera pour la virer avec perte et fracas. C’est ce que j’espère sincèrement en tout cas, alors que mes pas me guident à l’intérieur de cette maison que je ne fréquente que rarement, alors que la voix de cette jeune ingénue résonne à nouveau dans mon dos et me crispe furieusement les nerfs. Si ce n’est pas James qui le vire, ce sera probablement moi. Je retire mollement la capuche sur le haut de mon crâne, puis me retourne enfin pour lui faire face. Tu veux vraiment jouer à ça ? Tu cherches vraiment à gratter le peu de patience qu’il me reste ? Crois moi, petite, je ne suis pas certain que tu en apprécies le résultat, si je venais à craquer. Tu finiras par perdre l’arrogance dans le creux de ta voix.

« J’imagine, oui... » C’est froid. Presque glaciale, alors que mes paupières se plissent dans un regard mauvais, alors que mon nez se fronce dans une mimique emplit d’une colère et d’une jalousie sournoise. J’imagine même trop bien tout ce qui a pu se passer cette nuit. Et si j’en crève déjà, le pire est encore à venir. Parce qu’elle est toujours là. Parce qu’elle s’évertuait même à lui préparer un petit déjeuner complet, visiblement. Parce que ça, ça c’est une première et c’est bien loin de me plaire. C’est encore pire lorsqu’enfin James se décide de débarquer, pour enfoncer le couteau dans la plaie et le retourner à l’envie. J’observe ses lèvres se poser doucement sur la joue de la jeune femme, ne créant qu’une vague de colère furieuse au creux de mon ventre. L’envie d’agripper son col pour l’éloigner d’elle se fait violente dans mon esprit, mais je parviens à grande peine à le retenir. Au moins encore un peu. Pas devant cette garce aux allures de mégère, en tout cas. Mes lèvres s’ourlent dans un sourire glaçant, hypocrite, alors que mes iris céruléens se bloquent sur son amante. « Béré, hein ? Et qu’est-ce que tu fous encore là, toi, dis moi ? » Et pourquoi tu ne la vire pas comme toutes les autres ? Pourquoi reste-t-elle dans ta maison, alors qu’elle est déjà passé dans la chaleur de tes draps ?




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MessageSujet: Re: The Chosen One | Bérénice&James   14.10.18 21:36
On me dit que tu vas bien et que tu as refait ta vie
Qu’il n’est pas du tout comme moi, qu’il ne te fera jamais souffrir
Mais moi je ne vais pas bien, moi je n’ai pas refait ma vie
Je me retrouve juste comme un con dans une mauvaise comédie romantique
A écouter nos chansons, regarder nos vieux films
Jusqu’à connaitre par cœurs les premières lettres qu’on s’est écrites
Mais comme l’amour est trop fort, il ne veut pas qu’on se défile
Et je te retrouve devant ma porte avec tes deux petites valises



Qui était-il ? Qui était-il pour venir ainsi un après-midi et bousculer leurs habitudes ? Quel lien l’unissait à James, qu’avaient-ils vécu, ensemble ? Même son imagination était incapable d’aller aussi loin, d’imaginer un millième de la vérité. D’imaginer qu’elle n’était sûrement pas la seule, à continuer de cacher des choses à l’autre. Toujours en pensant faire la meilleure chose, pour lui, pour elle, pour eux. Visiblement elle n’arrivait pas à mettre le doigt sur son identité, mais lui non plus. Ils étaient deux cons ayant désespérément besoin de James pour éclairer la situation. Pour l’empêcher de dégénérer, aussi. Même si c’était surement peine perdue, de compter sur James pour quelque chose et d’espérer qu’il pourrait être utile. De penser que cette rencontre ne pourrait pas que mal se finir. Ils étaient deux cons qui avaient besoin de James bien plus qu’ils ne le laissaient penser, plus qu'ils ne l'admettaient. Que sa présence et son rire était une drogue qui s’était déjà accrochée beaucoup trop profondément dans chacune de leurs cellules. Qu’ils n’étaient pas prêts à partager ce rire. En oubliant surement qu’il s’agissait d’un être humain. En oubliant qu’il ne leurs appartenait pas. Pas a elle en tout cas. Que cela n’arriverait jamais. Qu’elle le regrettait amèrement à chaque fois qu’il n’était pas dans son champ de vision. L’idée qu’il puisse l’avoir, lui, est insupportable.

Comme s’il avait senti le roussi, la présence de James se fait soudain ressentir, derrière eux. Et c’est l’occasion rêvée pour Bérénice qui se retourne vers lui, l’interroge d’un regard inquisiteur mi-désespéré, mi-furieux. C’est l’occasion rêvée pour détourner sa vision du visage trop parfait, trop lisse, sans défauts. Ce visage qu’elle voudrait détester mais dont elle n’arrive pas à s’arracher. Ce visage sous lequel ses mots avaient réussi à se graver, qui s’était montré encore plus glacial et en colère ensuite. Il imagine, oui. Il imagine surement ce qu’elle a voulu lui faire imaginer, ce qu’elle-même ne s’autorise plus à rêver. Il imagine et il doit crever de jalousie et de rage. Elle le ferait. Elle le fait déjà, un peu. Parce que cette gueule d'ange devait bien tenir à James, pour que des mots aussi futiles suffisent à le renfrogner un peu plus. Il doit être quelqu'un d'important et cela la tue un peu, tant elle a peur de le perdre à nouveau, tant elle a peur d'être remplacée. Elle le mériterait, mais cela ne changeait rien. La seule différence entre les deux réside seulement dans le fait que Bérénice reste maitresse de ses émotions, pour l'instant. Elle se contente de sourire à son meilleur ami tandis qu'elle sent la brulure de ses lèvres sa joue. Brulure vite refroidie par le traitement plus privé accordé à lui, alors que l'image de son identité devient un peu moins floue. Alors qu'elle se précise, que les bribes de souvenirs se cherchent et se recollent pour former des phrases. Pour se souvenir de l'évocation presque fugace de quelqu'un qui avait réussi à rester plus longtemps que les autres, parce qu'il était drôle. Lui, drôle ?

Aussi vite qu'il est apparu James à disparu vers la cuisine, les laissant encore une fois comme des cons dans l'entrée, à se juger, à se toiser. Il ne semble pas encore saisir qu'il est l'archiduc François-Ferdinand d'Autriche, qu'il va déclencher une guerre mondiale sans le savoir. Il poursuit sa vie comme s'il n'y avait pas deux personnes totalement étrangères l'une à l'autre qui se faisaient face en se demandant ce que l'autre foutait ici. Son sourire n'inspire rien de bon, ses mots non plus. Déjeuner avec cet espèce de croque-mort ? Non merci, plutôt mourir de faim. Elle n'a pas le temps de lui répondre que le dénommé Aleks lui lance son venin à nouveau. Aleks, Aleksy... Ce prénom aussi, elle l'a déjà entendu une nuit au détour d'une conversation. Mais là, impossible de le replacer. Quittant le sourire béat de son meilleur ami pour la face de pierre, elle lui répond, cinglante à son tour. "Et toi Aleks, qu'est-ce que tu fous là, dis moi ?"

Elle n'attend pas sa réponse avant de se diriger vers la cuisine tout en disant à James "Le Nutella est dans ton cul mon amour, tend pas de perche comme ça, je déteste me répéter." Elle se poste aux côtés du blond et se fiche bien de savoir si la version délavée avait  suivi, derrière elle. Il avait l'air de se sentir chez lui ici, il devait connaitre les lieux. Sa main vient tout naturellement se loger dans ses cheveux, les démêlants distraitement, y dépose un baiser. "Tu vas mourir si tu ne bouges pas de devant le four, ça va cramer la dedans." Pour illustrer ses propos, elle attrape les maniques sur le plan de travail et pose une main sur la hanche à son meilleur ami pour le dégager. En chantonnant la marche nuptiale, elle s'affaire à sortir la grille du four, dépose joliment les petites merdes sur une assiette avant de s'asseoir sur le plan de travail a leurs côtés en priant pour qu'ils refroidissent rapidement. Après tout, elle devait passer l'après-midi à s'empiffrer si Aleks n'était pas arrivé comme un bouton au milieu du visage, sans qu'on l'attende ou le désir. Alors qu'elle observe les deux hommes, son instinct lui dit de fuir cette maison, de tout abandonner au profit de la chaleur de Luna, des silences d'Aodhan ou même de l'ambiance familière de la bibliothèque. Mais sa raison la pousse à rester, persuadée que quelque chose d'important l'attendait, quelque chose qu'elle ne pouvait pas fuir, cette fois. Sa raison la pousse à balancer distraitement ses jambes tout en claquant ses mains, à sourire d'un air narquois. "Alors, c'est quoi le programme de cette après-midi ?" Au même moment une idée lui vient. Une idée qui lui coutera sûrement sa tête un jour ou l'autre, mais qui en valait la peine. Une idée qui la fera surement pas plus aimée de l'inconnu, mais il n'avait pas l'air d'en avoir l'envie, de toute façon. Au premier regard, sans se connaitre, sur des hypothèses et de conclusions hasardeuses, ils avaient décidés de se détester. Mutuellement. S'armant de self-control afin de ne pas jurer et foirer son idée, elle s'exclame "Attrape !" tout en saisissant un muffin encore brulant avant de le lancer vers Aleks. Le début de la guerre, peut être. Quand les choses ne sont encore qu'enfantines. Quand on pense encore en finir avant l'hiver, avant les fêtes de Noël.

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MessageSujet: Re: The Chosen One | Bérénice&James   28.10.18 22:25
Ils se demandent mutuellement ce qu’ils font là avec une rage sans pareille, et il a envie de leur répondre qu’ils viennent pour le plaisir de sa compagnie, mais hésite à mettre de l’eau sur le feu d’entrée. Certes, il n’avait parlé ni à l’un ni à l’autre de l’autre, mais tout de même, il avait de bonnes raisons. Bérénice aurait certainement eu peur pour lui, et aurait été voir Aleks. Aleks aurait certainement été jaloux de Bérénice, et aurait été la voir. Dans tous les scénarios, l’un des deux finissait mal en point, et c’est plus qu’il ne pouvait le supporter. Alors sa bouche se contente de s’ouvrir et de se refermer alors que son regard passe de l’un à l’autre, alors qu’il décide que la tasse de café est son seul soutien dans cet échange, et qu’il vaut mieux profiter du spectacle tant qu’il dure. Parce que quelque part, cette antipathie sent la jalousie, et que la jalousie, c’est une preuve d’amour qui l’aide à mieux vivre, aussi égoïste que cela soit.

Un sourire béat s’étire sur ses lèvres alors que les doigts familiers se perdent dans ses cheveux, et il vient inspirer l’odeur des cheveux bruns en oubliant momentanément l’éléphant dans la pièce, la tension dans l’air, et les explications qu’il va devoir finir par donner. Juste quelques secondes avant la guerre, il veut profiter de la tendresse de Bérénice, et du bien être que quelques caresses dans ses cheveux peuvent faire naître en lui. Juste quelques secondes, avant de rire doucement à ses paroles, avant de ne s’écarter qu’en murmurant un « Justement. » qu’ils ne comprendront tous les deux que trop bien. Qu’ils brûlent, s’il le faut. Il ne bougera pas d’un pouce, et il en rira certainement, après. Mais l’observer jouer à la pâtissière en chantonnant est bien plus amusant, et il s’assoit sur le comptoir en l’admirant à l’œuvre et en tapotant simplement la place à ses côtés en souriant à Aleks pour qu’il le rejoigne. Mais même lui a conscience qu’avec la colère affichée sur son visage, c’est un souhait naïf.

La question de Bérénice tombe comme un don du ciel, et il se met à réfléchir à toute allure en finissant son café d’une traite et en allumant une cigarette pour regarder autour de lui. « Hmmmm. On pourrait aller à la fête foraine, il paraît qu’elle est sympa, cette année. Ou au cinéma, y’a le film que tu voulais voir, Béré. Sinon on peut rester ici, bouffer du nutella, et jouer à un nouveau jeu que j’ai chopé où il faut –accrochez vous bien – vaincre une armée de lutins des neiges pour reconquérir le cœur d’un arbre. Je pense que tu vas particulièrement aimer, Aleks. C’est conseillé pour les enfants de 10 ans, mais eh, y’a pas d’âge pour la romance avec un arbre. » Perdu dans ses paroles, il ne voit pas le muffin voler, et se fait cruellement interrompre par la surprise de son amant. Il lui faut trois bonnes minutes pour comprendre ce qu’il vient de se passer, et quand c’est le cas, un petit rire s’échappe de sa gorge aussitôt. « Mais … Mais Béré putain … » Son côté immature trouve toujours le moyen de faire grandir son amour pour elle. Même si aujourd’hui, il aurait bien voulu qu’il ne trouve une autre victime pour se laisser voir.

Levant les yeux au ciel, il secoue ses jambes dans le vide pour se relever et se placer doucement entre les deux, prenant d’une main celle brûlée du russe, et de l’autre celle qui avait lancé le feu. «  Je suppose que des présentations aideront. Aleks, je te présente Bérénice, ma meilleure amie et colocataire, et la propriétaire de ces MAUDITS CHATS CASSE TOI SAC A PUCES. » Ses yeux se braquent sur la boule de poil minuscule qui pensait être discrète en s’approchant des gâteaux, et il laisse planer un silence pendant lequel il l’imagine dans le four, le temps qu’il disparaisse de son champs de vision. Inspirer, expirer. « Hum. Et Bérénice, je te présente Aleks, mon … dealer ? plan cul ? Euh … Mon « c’est compliqué » à moi. » Il devait bien y avoir un moment où se dire je t’aime sans être plus clair que cela allait leur porter préjudice, après tout. Il grimace un peu, et hausse les épaules en guise d’excuse au blond. De toute façon, il n’aurait pas fait mieux que lui. Ou si ? Mieux vaut dire ça que d’assumer qu’ils sont en couple alors que ce n’est peut être pas ce que pense le russe, après tout. « Voilà, serrez vous la main. » Même s’il ne leur laisse pas le choix, tirant sur les mains prisonnières pour les mettre l’une dans l’autre. Ce n’est que le début d’une guerre sans fin, même lui en est conscient. Mais il y a encore un infime espoir pour que les choses puissent s’arranger d’elles mêmes, aussi simplement. Minuscule espoir. Ridicule espoir.
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MessageSujet: Re: The Chosen One | Bérénice&James   14.11.18 12:09
FT. Bérénice & James


Plus les minutes s’égrainent, et plus l’envie de partir se fait féroce dans mon esprit. Plus je me dis que ce serait sûrement une bien meilleure idée de quitter la scène maintenant, avant qu’il ne soit trop tard. Avant que cette sale impression dans le creux de ma gorge ne soit vérifié. Avant que cette situation bâtarde ne me saute à la gueule. Et pourtant je reste là, planté dans la cuisine comme un piquet trop enfoncé dans le sol pour bouger. Peut-être que ma curiosité malsaine a prit le dessus. Peut-être que ma haine, ma haine pour elle, se fait trop forte pour les laisser seuls dans la même pièce plus de quelques secondes. C’est encore  pire lorsqu’elle me répond, lorsque je grogne de mécontentement mais que je ne réponds pas. Parce que ce que je veux lui cracher à la figure n’a rien de poli et de courtois, et que quelque chose me dit que James n’en apprécierait pas la tournure. Alors je me contente d’observer, je me contente de sentir ma mâchoire se serrer brutalement dans un claquement sinistre. Mon amour. Je rêve. Mes ongles s’enfoncent dans la paume de mes mains, tentant tant bien que mal de freiner cette envie de plus en plus forte de délimiter l’espace qui me sépare d’elle, cette envie de plaquer son visage contre ce four si brûlant, cette envie de lui faire regretter ses paroles, ses gestes, cette main qui se perd dans les cheveux de James, ce doux soupire de contentement qui lui échappe.

Putain.

Je n’écoute même pas les élucubrations de mon amant, bien trop concentré à tenter de calmer le feu qui commence à brûler ma cage thoracique. Mes iris céruléens suivent le moindre de ses mouvements, la moindre de ses hésitations, alors qu’elle s’occupe de ce qu’il y a dans le four, alors que je prie presque quelques secondes pour qu’elle mette simplement sa tête dedans, alors que j’ignore royalement les mots de James au profit d’une rage sans nom. Parce que c’est probablement d’elle dont je dois me méfier. Parce que tout dans leur échange me semble trop naturel, trop profond, trop tendre. Trop amoureux. Et que je déteste pas ça. Parce que ça devrait être à moi. Parce que je sens au plus profond de moi que je n’ai pas le droit de la toucher, que James ne me le pardonnerait sûrement pas, même si j’en crève d’envie. Parce qu’elle n’a rien à faire là, ni elle, ni ses muffins. L’éclat dans son regard m’échappe sur le moment, mais je le comprends avec un cran de retard, lorsqu’elle s’exclame et que mon corps réagit au quart de tour, par pure réflexe humain. J’attrape le muffin encore chaud, brûlant mes doigts dans la manoeuvre, crachant un juron dans ma langue maternelle sans plus aucune retenue. Salope. Je crois que c’est salope, le mot qui m’a échappé en même temps que le gâteau qui s’échoue lamentablement sur le sol. Peu importe. Le rire de mon amant ne fait que grossir encore un peu plus l’énervement brutal qui menace encore d’éclater. Je ne sais même plus comment je parviens encore à la maîtriser, à ce stade. À me contenir de la frapper elle.

Une colère qui se reporte lentement sur James, alors qu’il se décide enfin à faire des présentations correcte, alors qu’il prend ma main blessée dans la manoeuvre, alors que ses explications sont bien loin de m’apaiser. « C’est compliqué ? Vraiment ? » C’est craché avec une hargne sans nom. C’est mauvais, surtout, alors que mon nez se fronce d’une colère de plus en plus sourde, alors que mes iris céruléens se braquent sur lui, plutôt que sur elle. Parce que pour moi, il n’y a rien de compliqué dans ce que nous vivons. Parce que pour moi, il n’est pas réduit à un simple plan cul ou à un simple client. Putain, que j’aimerais bien. J’aimerais vraiment que ce soit le cas, que je puisse me contenter de ça, que je ne le prenne pas aussi mal d’être vaguement présenté comme quelque chose que l’on peut jeter sans réflexion aucune. Alors qu’elle, elle sonne précieuse. Elle sonne importante. « Va te faire voir. » Ce n’est plus pour lui, cette fois, mais pour elle, alors que je dégage brutalement ma main de la sienne en lui lançant un regard assassin. Qu’elle crève. Et lui avec.



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MessageSujet: Re: The Chosen One | Bérénice&James   15.11.18 19:48
He thought her beautiful, believed her impeccably wise; dreamed of her, wrote poems to her, which, ignoring the subject, she corrected in red ink.


Elle avait peut être exagérer. Très certainement même. Mais c’était devenu plus fort qu’elle. Il était une menace . Il se dressait là, face à elle, avec cet air suffisant et supérieur et sa rage a peine dissimulée. Il était une menace pour tout ce qu’elle avait retrouvé en revenant en Islande. James, leur complicité, leur amitié si singulière, si souvent à la limite du raisonnable. Mais aussi à sa sécurité, à ce qui était devenu son foyer, la place ou elle rentrait tous les soirs avec joie. Parce qu’il y serait, bien sur. Cet homme, il remettait tout en question. Et elle n’était pas encore prête pour ça. Elle n’était pas encore prête à dire au revoir à James, ignorant alors que cela arrivera beaucoup plus tôt que prévu. Que c’était elle qui en sera à l’origine. Elle n’était même pas prête à partager son attention et son affection. Mais quelque chose lui disait que peu importe le nombre de muffins brulants lancés, le nombre de piques acerbes prononcé n’y changera plus rien. Cet homme, il creusait déjà les prémices d’une tranchée.

Personne ne prêtait d’attention aux mots de James. La question de Bérénice avait été simple politesse de toute façon. Elle n’avait pas une seule seconde envisagé de passer son après-midi avec eux. Elle n’avait pas une seule seconde envisage de sympathiser avec lui. En dix minutes d’existence, elle aurait pu le tuer trente-cinq fois déjà. Approximativement. Le juron qui lui est surement adressé lui fait relever un sourcil. Il n’avait vraiment rien de mieux que ça ? Et rien de mieux que le russe, la langue de ses aïeux, celle que son père s’était efforcé de lui apprendre à travers des lettres, des appels téléphoniques, des rares visites. La langue dont elle n’avait presque rien retenu, si ce n’est les jurons. C’était souvent le plus facile à apprendre dans une langue, les chiffres directement suivi des insultes. Et elle est presque étonnée de cette réaction relativement calme. Si les regards pouvaient tuer, elle serait déjà raide au sol, mais il ne bouge pas, n’esquisse pas le moindre geste. Il devait vraiment aimer James pour ne pas oser l’approcher. Elle sourit alors doucement, innocemment, tandis que son esprit est encore entrain de déterminé si elle est satisfaite par la tournure des événements, ou encore plus effrayée.

La suite la déroute totalement. Parce qu’elle se retrouve tirée en face du blond délavé. Parce qu’il est l’heure des présentations officielle, apparemment. Brona arrive à peine à attirer l’attention de tout le monde pendant quelques secondes. Quelques secondes qui ne suffisent pas pour se préparer a ce qui lui tombe dessus. A la réalisation que deux personnes n’en faisaient qu’une, que l’homme qui avait réussi à rester plus longtemps que les autres et le dealer, Aleksy, étaient une seule personne. Un seul connard. C’est à peine si elle sent la main qui est forcée de serrer la sienne. C’est à peine si elle arrive à se concentrer sur ce qui l’entour tant tout se brouille. Son dealer. Son plan cul. Deux informations de trop. Et tandis qu’Aleksy détourne sa colère vers James, visiblement moins satisfait par la manière dont il a été présenté que Bérénice, cette dernière ne peux pas le quitter des yeux. Elle trouve a peine la force d’inspirer et d’expirer sans l’étrangler sur place. Elle aussi s’efforce d’être calme face à lui, elle aussi s’efforce d’être civilisée. Pour James. Mais tout devient secondaire quand enfin, un peu de rage lui est destiné. Quand enfin il lui donne la bonne raison pour exploser. Elle ne se souvient pas avoir un jour éprouvé autant de haine pour quelqu’un. Elle enfonce ses mains dans les poches de son jean, les ongles plantés dans la paume. Rester. Calme. Pour James. Rester calme alors que son instinct lui demande de lui sauter à la gorge et de le faire taire, de le faire disparaitre. ""Moi je dois aller me faire voir ? Mais j’irai, volontiers, quand t’arrêteras d’essayer de tuer mon meilleur ami. Quand t’arrêteras de détruire tout ce qui m’importe. J’irai ou tu veux, quand je saurais que ce petit con va bien. Mais tu m’excuseras, je n’ai pas l’impression que c’est le cas, avec toi." Elle avait insisté sur les derniers mots. Et elle se sentait horriblement mal. Parce qu’elle était injuste. Parce qu’elle non plus n’était pas toujours une bonne influence pour James, parce qu’elle l’avait abandonné. Mais l’image du blond allongé sur un lit d’hôpital après son overdose, une énième, ne la quittait plus. Il aurait pu mourir, à cause de lui. Le parfait bouc émissaire pour tout ce qui n’allait pas dans la vie de celui qu’elle aimait beaucoup trop, celui qu’elle ne pouvait pas se convaincre de voir tel qu’il était. Le parfait bouc émissaire pour la colère accumulée pendant toutes ces années, pour milles choses dont il n’était pas responsable. Elle voudrait qu’il disparaisse à tout jamais. Elle voudrait qu’il ne soit qu’un horrible cauchemar et que quand elle se réveillera, ce sera dans les bras d’un James apaisé, un James qui la met sur un piédestal. Injuste, et égoïste.

""Je sais pas à quoi tu t’attendais en venant ici. Je ne sais même pas ce que t’attend maintenant. Mais merci d’avance d’avoir niqué ce qui devrait être une journée de repos. Tu dois être fier de toi." Elle était en colère. Contre lui et contre le monde. Contre cette amitié qui n’avait d’amitié que le nom et qui était tellement plus, qui était indescriptible, et qui surtout était plus souvent une malédiction. Elle l’aimait, beaucoup trop. Elle voulait beaucoup trop le protéger et le choyer. Mais cela ne suffisait pas. Se tournant vers James, elle lui lance un acerbe ""Parfois je me demande pourquoi tu m’as demandé d’habiter ici." Parce que clairement elle était de trop, aujourd’hui plus que jamais. Peut être avait-il simplement eu pitié d’elle, ce soir là. Peut être que ce fond d’humanité et de gentillesse qu’elle avait toujours vu au fond de lui ne pouvait pas laisser sa meilleure amie brisée seule dans un appartement. Une voix plus sombre, plus sadique, lui dit que c’était pour l’avoir à portée de main quand il aura besoin d’elle, que ce n’était qu’à lui qu’il avait pensé en émettant la proposition. Et cette voix se fait de plus en plus insistante dans l’esprit de Bérénice, tant elle se sent prise au piège entre les deux hommes. Tant elle aimerait que tout cela ne soit qu’une blague. Parfois, elle aimerait ne jamais l’avoir rencontré. Parfois, elle aimerait ne jamais être rentrée de Paris.

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I told her
I was lost in this world and she smiled because she was too we were all lost somehow but we didn't care we had in each others chaos found each other.
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