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 The Chosen One | Bérénice&James


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MessageSujet: The Chosen One | Bérénice&James   27.09.18 9:45


The Chosen One
Bérénice ξ James ξ Aleksy

J’ai un mauvais pressentiment.

Une impression dégueulasse que je ne devrais pas être là. Que j’aurais dû faire demi-tour et m’ôter cette volontée de te voir de la tête. Une idée que je parviens à toucher du doigt sans réussir à la définir. C’est sûrement stupide. Les relents d’un cauchemar, d’un mauvais souvenirs venu me hanter pendant la nuit, peut-être. Mes lèvres pleines échappent un soupir lourd de sens, lorsque je tente de chasser ce sentiment sournois qui commence à se gratter une place au creux de mon ventre. Si mon instinct me fait rarement défaut, je le sais un peu trop défaillant ces derniers jours pour y prêter attention. Comme toujours, après avoir croisé la route de Mikhaël. Après avoir subi, après avoir enduré, après avoir oublié comment vivre, comment manger, comment dormir. Le temps m’a aidé à effacer les traces les plus visibles, mais les autres, la peur, le doute, la solitude, sont toujours là. Elles reviennent me faucher avec une force déroutante, alors que mes pas me guident jusqu’à chez lui, alors que la boule agaçante au fond de ma gorge ne fait que grossir, alors que je commence presque à me demander si rebrousser chemin ne serait pas une meilleure idée. Peut-être que tu n’es pas tout seul, aujourd’hui. Peut-être as-tu ramené un amant, une maîtresse, un ami qui piquerait férocement ma jalousie dévorante. Elle n’a jamais été aussi forte que maintenant. Elle n’a jamais été aussi dévastatrice qu’après avoir essuyé les reproches et les avertissements de mon père.

« C’est dangereux. ». « Tu t’es fait avoir. ». « Il aura ta perte. ».

Comme si je ne le savais pas déjà. Le nez froncé dans une mimique agacée, je secoue mollement la tête pour me sortir ses paroles de l’esprits. Je laisse ma main rabattre un peu plus ma capuche sur le haut de mon crâne, échappant un grognement sourd lorsqu’un pic de douleur me traverse la cage thoracique. Si mon corps s’est globalement bien remis de cet échange cruel, certaine plaie sont plus difficile à refermer que d’autres. Mon poing s’abat violemment sur la porte d’entrée, m’attendant une nouvelle fois à croiser ce pauvre Roger trop bavard que j’ai déjà rencontré. Et pourtant, lorsque le battant s’ouvre, c’est un soupir amère qui s’échappe de mes lèvres. Parce que j’aurais clairement préféré retrouver ce vieillard qui ne sait pas s’arrêter de parler. Parce qu’au final, mes doutes semblaient fondés. Parce que ce n’est pas ni James, ni son majordome qui se dresse devant moi, mais une jeune femme que j'aperçois pour la première fois. Et elle n’a pas l’allure d’une femme de ménage. Une maîtresse, sûrement. Génial. La journée commence bien. « James. Où il est ? » C’est froid, presque agressif. Pas de bonjour, pas de présentation. C’est déjà un miracle si je me retiens de la pousser brutalement de l’entrée pour partir à ta recherche sans un mot.

« Il va te trahir, un jour. ».

Et peut-être bien aujourd’hui.




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MessageSujet: Re: The Chosen One | Bérénice&James   01.10.18 22:32
Elle l'aimait. Et cela n'arrangeait rien. Elle l'aimait, et allait le fuir. Elle ne serait jamais à lui.


Cette journée avait déjà mal commencée, de toute façon. Pour une fois que Bérénice avait un jour de repos, un jour ou rien ni personne n'avait le pouvoir de la déranger, rien n'allait. Elle s'était réveillée dans un grognement après avoir entendu milles portes claquer peu avant l'aube. James qui rentre, sûrement. Seul ou accompagné, qui sait ? Heureusement qu'il n'avait pas eu l'idée de venir la voir, sinon cette journée serait consacrée à comment cacher un corps dans un pays ou la terre est gelée. Elle n'était pas assez renseignée sur les tueurs en série ou les meurtres pour savoir ce genre de choses. Accompagné alors, probablement. Incapable de retrouver le sommeil après cet ouragan, elle avait décidé de prendre de l'avance sur la préparation de ses cours et de relire Les Hauts de Hurlevent, encore une fois. Juste pour la centième fois, environ. Mais le livre d'abord introuvable se retrouvait être le matelas de Vicken, et ce chat étant tellement beau et adorable, elle ne l'aurait déranger dans son sommeil pour rien au monde. Lui n'en aurait pas fait autant, mais le monde était fait d'injustices après tout. Ce n'est qu'un au revoir, Heathcliff, mon amour... Par dépit, elle attrape ensuite Les Justes, seulement pour découvrir avec effarement que la couverture du livre avait servi de grattoir pour Brona. Décidément, cette journée serait sous le signe du meurtre. Et des chats qui abusent de leur mignonnitude. Abandon. Retour au lit.

Elle aurait du le savoir, que c'était une mauvaise idée de ressortir de ce doux et chaud cocon. Elle aurait du y rester jusqu'au lendemain, jusqu'au retour de la routine, des obligations. Mais quand ses yeux s'étaient rouvert au milieu de l'après-midi, elle s'était retrouvée avec deux envies : l'une, plutôt pressante et malheureusement naturelle, l'autre, de muffins au Nutella. Et puisqu'il lui semblait toujours encore étrange d'avoir des domestiques pour exaucer ses vœux, elle s'était tant bien que mal trainée dans la cuisine après avoir pris une douche bien chaude. Par un quelconque miracles, les placards contenaient tous les ingrédients et le matériel nécessaire, et c'est ainsi qu'une demi-heure plus tard une douzaine de petites merdes placées dans des caissettes en papier gonflaient dans le four. Elle avait même fini par faire la vaisselle, se souvenant au dernier ustensile de l'existence d'un lave vaisselle à trois pas d'elle. Une journée de merde, vraiment. Elle avait ensuite à peine eu le temps de s'installer sur le canapé et de lancer une playlist de Pachelbel, se demandant si l'odeur flottante dans la maison aurait le pouvoir de réveiller son meilleur ami, que quelqu'un avait frapper à la porte. Ou plutôt dans la porte, à la violence du bruit. Son cœur arrête de battre quelques secondes, happé par le souvenirs d'un autre poing s'abattant contre une porte. Celui d'Ezra, à Paris. Ce bruit qui lui avait fait petit à petit détester tous les autres bruits un peu plus forts, ce bruit qui lui avait fait redouter d'être dans un espace clos de peur de l'entendre. Ce bruit auquel elle ne pouvait jamais résister très longtemps, quand elle se précipitait pour ouvrir, craignant autre chose si elle ne le faisait pas, craignant pire.

Et puisque les mauvaises habitudes ne partent jamais vraiment, son cœur s'était arrêté en même temps que sa respiration s'était bloquée. Avant de se souvenir qu'elle était en sécurité, qu'elle n'était plus à Paris, qu'elle était chez elle. Que même si Ezra avait eu la folie de venir la chercher ici au bout du monde, dans son refuge, il ne pourrait pas la trouver dans cette villa ou rien ne laissait présager sa présence. Rien d'autres que les chats qui se faufilent entre vos pieds, les piles de livres bancales, les éclats de rires qui résonnent entre les murs. En sécurité. Alors elle se dirige vers la porte, baisse le volume de la musique au passage, s'étonnant quand même de la violence d'un geste aussi anodin. Sûrement quelqu'un que James avait mis en colère, un jour. Surement quelqu'un qui s'était senti blessé, trahi, par une promesse qu'il a fait. Par l'illusion d'un lendemain, de fidélité, d'intérêt. Elle s'attendait surement à tout, mais pas à ce regard froid, non, glaçant qui l'accueille. Pas à ce visage à moitié caché par une capuche, pas à cette gueule d'ange. Quelque chose d'étrange, entre la douceur des traits du visage et la dureté de l'expression. Quelque chose de saisissant, d'inextricable. Il ne semble pas s'être trompé de porte en tout cas, puisqu'il demande le maitre des lieux. Puisqu'il l'exige, presque, sans aucune once de gentillesse ou même de civilité. Comme s'il lui appartenait. Peut être instinctivement, peut être simplement par jalousie envers cette personne qui se sent assez importante pour venir ainsi et demander James, elle décide de ne pas l'aimer. Elle décide de ne pas tomber dans son jeu. Un cinglant "Euh, dtc ?" s'échappe d'entre ses lèvres trop rapidement pour qu'elle ne puisse le retenir. Une réponse bête pour une question bête. "Bonjour à vous aussi monsieur." Elle s'efface ensuite légèrement derrière la porte pour laisser l'inconnu entrer. Elle avait la certitude qu'il serait rentré de toute façon, avec ou sans son consentement. Avec ou sans son approbation. Si elle savait qui il était et ce qu'il représentait, peut être qu'elle aurait refermé cette foutue porte. Peut être qu'elle aurait été un peu plus forte et qu'elle aurait lutté contre lui. Mais pour l'instant, il n'était rien d'autre qu'une gueule d'ange déterminé à voir James, et puisque c'était sa maison, elle ne pouvait pas vraiment s'y opposer. Pas vraiment. "Il est sûrement encore entrain de dormir, vous connaissez le chemin ou je vous montre ? J'étais justement entrain de nous préparer des muffins en attendant son réveil, ça a été une nuit pour le moins compliquée..." Est-ce qu'elle avait délibérément choisi ces mots pour blesser comme elle était régulièrement blessée ? Elle ne le savait pas, et s'en fichait un peu, après tout. Cette homme ne lui inspirait rien d'autre que le soulagement, une fois qu'il sera reparti.

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MessageSujet: Re: The Chosen One | Bérénice&James   02.10.18 0:38
Son œil s’ouvre lentement à cause des bruits trop violents contre la porte, qui semblent résonner dans toute la maison, et il gémit de dépit en enfonçant son visage dans son coussin, comme s’il pouvait encore voler quelques heures de sommeil malgré le vacarme. Et pendant quelques secondes, il se surprend à y croire alors que le bruit s’arrête enfin, sans se dire que quelqu’un a simplement ouvert, sans se dire que sa paix momentanée n’est qu’une illusion qui ne tardera pas à être brisée en milles morceaux. Mais ses narines captent doucement l’odeur de nutella qui emplit la villa, et un soupir de contentement s’échappe de ses lèvres alors que sa main part à la recherche du possible corps à ses côtés. Banco. Ca explique pourquoi il est là plutôt qu’avec elle, ou chez lui plutôt que chez Aleks. Magnifique.

« Deboooout, il faut partir maintenant. » C’est un grommellement fatigué, encore embourbé de sommeil, alors que son propre corps s’étire et qu’il ne se traîne hors du lit pour enfiler les premiers vêtements qui lui tombent sous la main. Descendre, manger du nutella avec Bérénice, discuter, squatter ses bras pour finir sa nuit devant un film. Le plan paraît parfait. Jusqu’à ce qu’une voix qu’il connaît trop bien ne chatouille ses oreilles quand il ouvre la porte de sa chambre. Jusqu’à ce qu’il ne réalise que le diable est venu frapper à la porte, et que sa respiration ne se bloque un peu en entendant la voix de sa meilleure amie lui répondre. Ca, ça pue.

Demi-tour, pour aller se jeter de l’eau sur le visage dans la salle de bain, pour prendre sa ligne matinale, pour tirer le corps des draps le plus doucement possible et lui chuchoter un « Tu vas devoir partir par la fenêtre, bon courage. » amusé, pour vérifier sur son portable que cette visite était véritablement improvisée. Puis pour se résigner à la rencontre et descendre enfin les escaliers. Il n’entend que les derniers mots de la brune, mais il sait aussitôt qu’il ne s’est pas présenté dans les meilleures conditions. Que le ton de sa voix n’est pas celui qu’elle utilise face à un inconnu qu’elle pourrait apprécier. Il fallait s’en douter, en même temps. Il s’arrête presque en bas des escaliers, pour les observer quelques secondes dans leur échange, avant qu’un sourire amusé ne naisse sur ses lèvres. Aujourd’hui, alors. Aujourd’hui, ses deux univers se rencontrent. Même si ça explose, c’était inévitable.

« On parle de moi ? » C’est arrogant, mais c’est ce qu’il est, après tout. Ses pas le mènent jusqu’à sa meilleure amie, et il pose un baiser sur sa joue en murmurant un « Je voulais pas te réveiller, déso déso. » presque sincère avant d’aller en poser un autre au coin des lèvres du russe. Et déjà, ses yeux dévient vers la cuisine, et se mettent à fixer la machine à café et à chercher l’origine de l’odeur. « Il se passe quelque ch… Je reviens. » Pas le temps de discuter. Un, deux, trois mouvements, et le café coule alors qu’il fouille les placards pour trouver un médicament qui pourrait venir à bout du mal de crâne qui a décide de l’assommer. Parce qu’avec ces deux là dans la même pièce, il ne peut pas se payer le luxe d’avoir la gueule de bois. Trouvé. Il enfonce son visage dans sa tasse, inspire un grand coup, et relève les yeux vers eux en souriant un peu plus. Ils sont beaux, tous les deux, comme ça. « Ben alors, pourquoi vous faites cette tête ? Aleks, tu restes déjeuner ? Béré il est où le Nutella ? Et mens pas, je sens que ça depuis une heure au moins. J’ai faim, je vais mourir, pitié. »
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MessageSujet: Re: The Chosen One | Bérénice&James   09.10.18 13:00


The Chosen One
Bérénice ξ James ξ Aleksy

« Abandonne le, avant qu’il ne le fasse pour toi. »

J’aurais dû l’écouter. C’est ce que me hurle cette boule dégueulasse dans le creux de ma gorge. Un mauvais présage, une impression d’être au bord du gouffre sans vraiment savoir pourquoi, comment, et qui m’y poussera. Lui, probablement. Ou elle. Elle qui me regarde de haut. Elle qui est toujours là après une matinée bien entamée. Elle qui me répond d’une voix cinglante, n’attirant chez moi qu’un air vaguement étonné, mais surtout méfiant. « Pardon ? » C’est mauvais, coincé entre ma langue et ma machoir serrée. C’est presque craché tant elle ne m’inspire rien de plus qu’une haine profonde et viscérale. Mes iris céruléens la jaugent rapidement, imaginant déjà avec quel facilité je pourrais imposer ma présence pour la foutre à la porte, si l’idée de me laisser dehors lui traversait l’esprit. Pourtant, elle s’écarte, elle obtempère enfin, n’attirant qu’un rapide soupir excédé entre mes lèvres pleines. Inutile de s’énerver. James est sûrement toujours en train de dormir et bientôt, il se lèvera pour la virer avec perte et fracas. C’est ce que j’espère sincèrement en tout cas, alors que mes pas me guident à l’intérieur de cette maison que je ne fréquente que rarement, alors que la voix de cette jeune ingénue résonne à nouveau dans mon dos et me crispe furieusement les nerfs. Si ce n’est pas James qui le vire, ce sera probablement moi. Je retire mollement la capuche sur le haut de mon crâne, puis me retourne enfin pour lui faire face. Tu veux vraiment jouer à ça ? Tu cherches vraiment à gratter le peu de patience qu’il me reste ? Crois moi, petite, je ne suis pas certain que tu en apprécies le résultat, si je venais à craquer. Tu finiras par perdre l’arrogance dans le creux de ta voix.

« J’imagine, oui... » C’est froid. Presque glaciale, alors que mes paupières se plissent dans un regard mauvais, alors que mon nez se fronce dans une mimique emplit d’une colère et d’une jalousie sournoise. J’imagine même trop bien tout ce qui a pu se passer cette nuit. Et si j’en crève déjà, le pire est encore à venir. Parce qu’elle est toujours là. Parce qu’elle s’évertuait même à lui préparer un petit déjeuner complet, visiblement. Parce que ça, ça c’est une première et c’est bien loin de me plaire. C’est encore pire lorsqu’enfin James se décide de débarquer, pour enfoncer le couteau dans la plaie et le retourner à l’envie. J’observe ses lèvres se poser doucement sur la joue de la jeune femme, ne créant qu’une vague de colère furieuse au creux de mon ventre. L’envie d’agripper son col pour l’éloigner d’elle se fait violente dans mon esprit, mais je parviens à grande peine à le retenir. Au moins encore un peu. Pas devant cette garce aux allures de mégère, en tout cas. Mes lèvres s’ourlent dans un sourire glaçant, hypocrite, alors que mes iris céruléens se bloquent sur son amante. « Béré, hein ? Et qu’est-ce que tu fous encore là, toi, dis moi ? » Et pourquoi tu ne la vire pas comme toutes les autres ? Pourquoi reste-t-elle dans ta maison, alors qu’elle est déjà passé dans la chaleur de tes draps ?




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MessageSujet: Re: The Chosen One | Bérénice&James   14.10.18 21:36
On me dit que tu vas bien et que tu as refait ta vie
Qu’il n’est pas du tout comme moi, qu’il ne te fera jamais souffrir
Mais moi je ne vais pas bien, moi je n’ai pas refait ma vie
Je me retrouve juste comme un con dans une mauvaise comédie romantique
A écouter nos chansons, regarder nos vieux films
Jusqu’à connaitre par cœurs les premières lettres qu’on s’est écrites
Mais comme l’amour est trop fort, il ne veut pas qu’on se défile
Et je te retrouve devant ma porte avec tes deux petites valises



Qui était-il ? Qui était-il pour venir ainsi un après-midi et bousculer leurs habitudes ? Quel lien l’unissait à James, qu’avaient-ils vécu, ensemble ? Même son imagination était incapable d’aller aussi loin, d’imaginer un millième de la vérité. D’imaginer qu’elle n’était sûrement pas la seule, à continuer de cacher des choses à l’autre. Toujours en pensant faire la meilleure chose, pour lui, pour elle, pour eux. Visiblement elle n’arrivait pas à mettre le doigt sur son identité, mais lui non plus. Ils étaient deux cons ayant désespérément besoin de James pour éclairer la situation. Pour l’empêcher de dégénérer, aussi. Même si c’était surement peine perdue, de compter sur James pour quelque chose et d’espérer qu’il pourrait être utile. De penser que cette rencontre ne pourrait pas que mal se finir. Ils étaient deux cons qui avaient besoin de James bien plus qu’ils ne le laissaient penser, plus qu'ils ne l'admettaient. Que sa présence et son rire était une drogue qui s’était déjà accrochée beaucoup trop profondément dans chacune de leurs cellules. Qu’ils n’étaient pas prêts à partager ce rire. En oubliant surement qu’il s’agissait d’un être humain. En oubliant qu’il ne leurs appartenait pas. Pas a elle en tout cas. Que cela n’arriverait jamais. Qu’elle le regrettait amèrement à chaque fois qu’il n’était pas dans son champ de vision. L’idée qu’il puisse l’avoir, lui, est insupportable.

Comme s’il avait senti le roussi, la présence de James se fait soudain ressentir, derrière eux. Et c’est l’occasion rêvée pour Bérénice qui se retourne vers lui, l’interroge d’un regard inquisiteur mi-désespéré, mi-furieux. C’est l’occasion rêvée pour détourner sa vision du visage trop parfait, trop lisse, sans défauts. Ce visage qu’elle voudrait détester mais dont elle n’arrive pas à s’arracher. Ce visage sous lequel ses mots avaient réussi à se graver, qui s’était montré encore plus glacial et en colère ensuite. Il imagine, oui. Il imagine surement ce qu’elle a voulu lui faire imaginer, ce qu’elle-même ne s’autorise plus à rêver. Il imagine et il doit crever de jalousie et de rage. Elle le ferait. Elle le fait déjà, un peu. Parce que cette gueule d'ange devait bien tenir à James, pour que des mots aussi futiles suffisent à le renfrogner un peu plus. Il doit être quelqu'un d'important et cela la tue un peu, tant elle a peur de le perdre à nouveau, tant elle a peur d'être remplacée. Elle le mériterait, mais cela ne changeait rien. La seule différence entre les deux réside seulement dans le fait que Bérénice reste maitresse de ses émotions, pour l'instant. Elle se contente de sourire à son meilleur ami tandis qu'elle sent la brulure de ses lèvres sa joue. Brulure vite refroidie par le traitement plus privé accordé à lui, alors que l'image de son identité devient un peu moins floue. Alors qu'elle se précise, que les bribes de souvenirs se cherchent et se recollent pour former des phrases. Pour se souvenir de l'évocation presque fugace de quelqu'un qui avait réussi à rester plus longtemps que les autres, parce qu'il était drôle. Lui, drôle ?

Aussi vite qu'il est apparu James à disparu vers la cuisine, les laissant encore une fois comme des cons dans l'entrée, à se juger, à se toiser. Il ne semble pas encore saisir qu'il est l'archiduc François-Ferdinand d'Autriche, qu'il va déclencher une guerre mondiale sans le savoir. Il poursuit sa vie comme s'il n'y avait pas deux personnes totalement étrangères l'une à l'autre qui se faisaient face en se demandant ce que l'autre foutait ici. Son sourire n'inspire rien de bon, ses mots non plus. Déjeuner avec cet espèce de croque-mort ? Non merci, plutôt mourir de faim. Elle n'a pas le temps de lui répondre que le dénommé Aleks lui lance son venin à nouveau. Aleks, Aleksy... Ce prénom aussi, elle l'a déjà entendu une nuit au détour d'une conversation. Mais là, impossible de le replacer. Quittant le sourire béat de son meilleur ami pour la face de pierre, elle lui répond, cinglante à son tour. "Et toi Aleks, qu'est-ce que tu fous là, dis moi ?"

Elle n'attend pas sa réponse avant de se diriger vers la cuisine tout en disant à James "Le Nutella est dans ton cul mon amour, tend pas de perche comme ça, je déteste me répéter." Elle se poste aux côtés du blond et se fiche bien de savoir si la version délavée avait  suivi, derrière elle. Il avait l'air de se sentir chez lui ici, il devait connaitre les lieux. Sa main vient tout naturellement se loger dans ses cheveux, les démêlants distraitement, y dépose un baiser. "Tu vas mourir si tu ne bouges pas de devant le four, ça va cramer la dedans." Pour illustrer ses propos, elle attrape les maniques sur le plan de travail et pose une main sur la hanche à son meilleur ami pour le dégager. En chantonnant la marche nuptiale, elle s'affaire à sortir la grille du four, dépose joliment les petites merdes sur une assiette avant de s'asseoir sur le plan de travail a leurs côtés en priant pour qu'ils refroidissent rapidement. Après tout, elle devait passer l'après-midi à s'empiffrer si Aleks n'était pas arrivé comme un bouton au milieu du visage, sans qu'on l'attende ou le désir. Alors qu'elle observe les deux hommes, son instinct lui dit de fuir cette maison, de tout abandonner au profit de la chaleur de Luna, des silences d'Aodhan ou même de l'ambiance familière de la bibliothèque. Mais sa raison la pousse à rester, persuadée que quelque chose d'important l'attendait, quelque chose qu'elle ne pouvait pas fuir, cette fois. Sa raison la pousse à balancer distraitement ses jambes tout en claquant ses mains, à sourire d'un air narquois. "Alors, c'est quoi le programme de cette après-midi ?" Au même moment une idée lui vient. Une idée qui lui coutera sûrement sa tête un jour ou l'autre, mais qui en valait la peine. Une idée qui la fera surement pas plus aimée de l'inconnu, mais il n'avait pas l'air d'en avoir l'envie, de toute façon. Au premier regard, sans se connaitre, sur des hypothèses et de conclusions hasardeuses, ils avaient décidés de se détester. Mutuellement. S'armant de self-control afin de ne pas jurer et foirer son idée, elle s'exclame "Attrape !" tout en saisissant un muffin encore brulant avant de le lancer vers Aleks. Le début de la guerre, peut être. Quand les choses ne sont encore qu'enfantines. Quand on pense encore en finir avant l'hiver, avant les fêtes de Noël.

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MessageSujet: Re: The Chosen One | Bérénice&James   28.10.18 22:25
Ils se demandent mutuellement ce qu’ils font là avec une rage sans pareille, et il a envie de leur répondre qu’ils viennent pour le plaisir de sa compagnie, mais hésite à mettre de l’eau sur le feu d’entrée. Certes, il n’avait parlé ni à l’un ni à l’autre de l’autre, mais tout de même, il avait de bonnes raisons. Bérénice aurait certainement eu peur pour lui, et aurait été voir Aleks. Aleks aurait certainement été jaloux de Bérénice, et aurait été la voir. Dans tous les scénarios, l’un des deux finissait mal en point, et c’est plus qu’il ne pouvait le supporter. Alors sa bouche se contente de s’ouvrir et de se refermer alors que son regard passe de l’un à l’autre, alors qu’il décide que la tasse de café est son seul soutien dans cet échange, et qu’il vaut mieux profiter du spectacle tant qu’il dure. Parce que quelque part, cette antipathie sent la jalousie, et que la jalousie, c’est une preuve d’amour qui l’aide à mieux vivre, aussi égoïste que cela soit.

Un sourire béat s’étire sur ses lèvres alors que les doigts familiers se perdent dans ses cheveux, et il vient inspirer l’odeur des cheveux bruns en oubliant momentanément l’éléphant dans la pièce, la tension dans l’air, et les explications qu’il va devoir finir par donner. Juste quelques secondes avant la guerre, il veut profiter de la tendresse de Bérénice, et du bien être que quelques caresses dans ses cheveux peuvent faire naître en lui. Juste quelques secondes, avant de rire doucement à ses paroles, avant de ne s’écarter qu’en murmurant un « Justement. » qu’ils ne comprendront tous les deux que trop bien. Qu’ils brûlent, s’il le faut. Il ne bougera pas d’un pouce, et il en rira certainement, après. Mais l’observer jouer à la pâtissière en chantonnant est bien plus amusant, et il s’assoit sur le comptoir en l’admirant à l’œuvre et en tapotant simplement la place à ses côtés en souriant à Aleks pour qu’il le rejoigne. Mais même lui a conscience qu’avec la colère affichée sur son visage, c’est un souhait naïf.

La question de Bérénice tombe comme un don du ciel, et il se met à réfléchir à toute allure en finissant son café d’une traite et en allumant une cigarette pour regarder autour de lui. « Hmmmm. On pourrait aller à la fête foraine, il paraît qu’elle est sympa, cette année. Ou au cinéma, y’a le film que tu voulais voir, Béré. Sinon on peut rester ici, bouffer du nutella, et jouer à un nouveau jeu que j’ai chopé où il faut –accrochez vous bien – vaincre une armée de lutins des neiges pour reconquérir le cœur d’un arbre. Je pense que tu vas particulièrement aimer, Aleks. C’est conseillé pour les enfants de 10 ans, mais eh, y’a pas d’âge pour la romance avec un arbre. » Perdu dans ses paroles, il ne voit pas le muffin voler, et se fait cruellement interrompre par la surprise de son amant. Il lui faut trois bonnes minutes pour comprendre ce qu’il vient de se passer, et quand c’est le cas, un petit rire s’échappe de sa gorge aussitôt. « Mais … Mais Béré putain … » Son côté immature trouve toujours le moyen de faire grandir son amour pour elle. Même si aujourd’hui, il aurait bien voulu qu’il ne trouve une autre victime pour se laisser voir.

Levant les yeux au ciel, il secoue ses jambes dans le vide pour se relever et se placer doucement entre les deux, prenant d’une main celle brûlée du russe, et de l’autre celle qui avait lancé le feu. «  Je suppose que des présentations aideront. Aleks, je te présente Bérénice, ma meilleure amie et colocataire, et la propriétaire de ces MAUDITS CHATS CASSE TOI SAC A PUCES. » Ses yeux se braquent sur la boule de poil minuscule qui pensait être discrète en s’approchant des gâteaux, et il laisse planer un silence pendant lequel il l’imagine dans le four, le temps qu’il disparaisse de son champs de vision. Inspirer, expirer. « Hum. Et Bérénice, je te présente Aleks, mon … dealer ? plan cul ? Euh … Mon « c’est compliqué » à moi. » Il devait bien y avoir un moment où se dire je t’aime sans être plus clair que cela allait leur porter préjudice, après tout. Il grimace un peu, et hausse les épaules en guise d’excuse au blond. De toute façon, il n’aurait pas fait mieux que lui. Ou si ? Mieux vaut dire ça que d’assumer qu’ils sont en couple alors que ce n’est peut être pas ce que pense le russe, après tout. « Voilà, serrez vous la main. » Même s’il ne leur laisse pas le choix, tirant sur les mains prisonnières pour les mettre l’une dans l’autre. Ce n’est que le début d’une guerre sans fin, même lui en est conscient. Mais il y a encore un infime espoir pour que les choses puissent s’arranger d’elles mêmes, aussi simplement. Minuscule espoir. Ridicule espoir.
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MessageSujet: Re: The Chosen One | Bérénice&James   14.11.18 12:09
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Plus les minutes s’égrainent, et plus l’envie de partir se fait féroce dans mon esprit. Plus je me dis que ce serait sûrement une bien meilleure idée de quitter la scène maintenant, avant qu’il ne soit trop tard. Avant que cette sale impression dans le creux de ma gorge ne soit vérifié. Avant que cette situation bâtarde ne me saute à la gueule. Et pourtant je reste là, planté dans la cuisine comme un piquet trop enfoncé dans le sol pour bouger. Peut-être que ma curiosité malsaine a prit le dessus. Peut-être que ma haine, ma haine pour elle, se fait trop forte pour les laisser seuls dans la même pièce plus de quelques secondes. C’est encore  pire lorsqu’elle me répond, lorsque je grogne de mécontentement mais que je ne réponds pas. Parce que ce que je veux lui cracher à la figure n’a rien de poli et de courtois, et que quelque chose me dit que James n’en apprécierait pas la tournure. Alors je me contente d’observer, je me contente de sentir ma mâchoire se serrer brutalement dans un claquement sinistre. Mon amour. Je rêve. Mes ongles s’enfoncent dans la paume de mes mains, tentant tant bien que mal de freiner cette envie de plus en plus forte de délimiter l’espace qui me sépare d’elle, cette envie de plaquer son visage contre ce four si brûlant, cette envie de lui faire regretter ses paroles, ses gestes, cette main qui se perd dans les cheveux de James, ce doux soupire de contentement qui lui échappe.

Putain.

Je n’écoute même pas les élucubrations de mon amant, bien trop concentré à tenter de calmer le feu qui commence à brûler ma cage thoracique. Mes iris céruléens suivent le moindre de ses mouvements, la moindre de ses hésitations, alors qu’elle s’occupe de ce qu’il y a dans le four, alors que je prie presque quelques secondes pour qu’elle mette simplement sa tête dedans, alors que j’ignore royalement les mots de James au profit d’une rage sans nom. Parce que c’est probablement d’elle dont je dois me méfier. Parce que tout dans leur échange me semble trop naturel, trop profond, trop tendre. Trop amoureux. Et que je déteste pas ça. Parce que ça devrait être à moi. Parce que je sens au plus profond de moi que je n’ai pas le droit de la toucher, que James ne me le pardonnerait sûrement pas, même si j’en crève d’envie. Parce qu’elle n’a rien à faire là, ni elle, ni ses muffins. L’éclat dans son regard m’échappe sur le moment, mais je le comprends avec un cran de retard, lorsqu’elle s’exclame et que mon corps réagit au quart de tour, par pure réflexe humain. J’attrape le muffin encore chaud, brûlant mes doigts dans la manoeuvre, crachant un juron dans ma langue maternelle sans plus aucune retenue. Salope. Je crois que c’est salope, le mot qui m’a échappé en même temps que le gâteau qui s’échoue lamentablement sur le sol. Peu importe. Le rire de mon amant ne fait que grossir encore un peu plus l’énervement brutal qui menace encore d’éclater. Je ne sais même plus comment je parviens encore à la maîtriser, à ce stade. À me contenir de la frapper elle.

Une colère qui se reporte lentement sur James, alors qu’il se décide enfin à faire des présentations correcte, alors qu’il prend ma main blessée dans la manoeuvre, alors que ses explications sont bien loin de m’apaiser. « C’est compliqué ? Vraiment ? » C’est craché avec une hargne sans nom. C’est mauvais, surtout, alors que mon nez se fronce d’une colère de plus en plus sourde, alors que mes iris céruléens se braquent sur lui, plutôt que sur elle. Parce que pour moi, il n’y a rien de compliqué dans ce que nous vivons. Parce que pour moi, il n’est pas réduit à un simple plan cul ou à un simple client. Putain, que j’aimerais bien. J’aimerais vraiment que ce soit le cas, que je puisse me contenter de ça, que je ne le prenne pas aussi mal d’être vaguement présenté comme quelque chose que l’on peut jeter sans réflexion aucune. Alors qu’elle, elle sonne précieuse. Elle sonne importante. « Va te faire voir. » Ce n’est plus pour lui, cette fois, mais pour elle, alors que je dégage brutalement ma main de la sienne en lui lançant un regard assassin. Qu’elle crève. Et lui avec.



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MessageSujet: Re: The Chosen One | Bérénice&James   15.11.18 19:48
He thought her beautiful, believed her impeccably wise; dreamed of her, wrote poems to her, which, ignoring the subject, she corrected in red ink.


Elle avait peut être exagérer. Très certainement même. Mais c’était devenu plus fort qu’elle. Il était une menace . Il se dressait là, face à elle, avec cet air suffisant et supérieur et sa rage a peine dissimulée. Il était une menace pour tout ce qu’elle avait retrouvé en revenant en Islande. James, leur complicité, leur amitié si singulière, si souvent à la limite du raisonnable. Mais aussi à sa sécurité, à ce qui était devenu son foyer, la place ou elle rentrait tous les soirs avec joie. Parce qu’il y serait, bien sur. Cet homme, il remettait tout en question. Et elle n’était pas encore prête pour ça. Elle n’était pas encore prête à dire au revoir à James, ignorant alors que cela arrivera beaucoup plus tôt que prévu. Que c’était elle qui en sera à l’origine. Elle n’était même pas prête à partager son attention et son affection. Mais quelque chose lui disait que peu importe le nombre de muffins brulants lancés, le nombre de piques acerbes prononcé n’y changera plus rien. Cet homme, il creusait déjà les prémices d’une tranchée.

Personne ne prêtait d’attention aux mots de James. La question de Bérénice avait été simple politesse de toute façon. Elle n’avait pas une seule seconde envisagé de passer son après-midi avec eux. Elle n’avait pas une seule seconde envisage de sympathiser avec lui. En dix minutes d’existence, elle aurait pu le tuer trente-cinq fois déjà. Approximativement. Le juron qui lui est surement adressé lui fait relever un sourcil. Il n’avait vraiment rien de mieux que ça ? Et rien de mieux que le russe, la langue de ses aïeux, celle que son père s’était efforcé de lui apprendre à travers des lettres, des appels téléphoniques, des rares visites. La langue dont elle n’avait presque rien retenu, si ce n’est les jurons. C’était souvent le plus facile à apprendre dans une langue, les chiffres directement suivi des insultes. Et elle est presque étonnée de cette réaction relativement calme. Si les regards pouvaient tuer, elle serait déjà raide au sol, mais il ne bouge pas, n’esquisse pas le moindre geste. Il devait vraiment aimer James pour ne pas oser l’approcher. Elle sourit alors doucement, innocemment, tandis que son esprit est encore entrain de déterminé si elle est satisfaite par la tournure des événements, ou encore plus effrayée.

La suite la déroute totalement. Parce qu’elle se retrouve tirée en face du blond délavé. Parce qu’il est l’heure des présentations officielle, apparemment. Brona arrive à peine à attirer l’attention de tout le monde pendant quelques secondes. Quelques secondes qui ne suffisent pas pour se préparer a ce qui lui tombe dessus. A la réalisation que deux personnes n’en faisaient qu’une, que l’homme qui avait réussi à rester plus longtemps que les autres et le dealer, Aleksy, étaient une seule personne. Un seul connard. C’est à peine si elle sent la main qui est forcée de serrer la sienne. C’est à peine si elle arrive à se concentrer sur ce qui l’entour tant tout se brouille. Son dealer. Son plan cul. Deux informations de trop. Et tandis qu’Aleksy détourne sa colère vers James, visiblement moins satisfait par la manière dont il a été présenté que Bérénice, cette dernière ne peux pas le quitter des yeux. Elle trouve a peine la force d’inspirer et d’expirer sans l’étrangler sur place. Elle aussi s’efforce d’être calme face à lui, elle aussi s’efforce d’être civilisée. Pour James. Mais tout devient secondaire quand enfin, un peu de rage lui est destiné. Quand enfin il lui donne la bonne raison pour exploser. Elle ne se souvient pas avoir un jour éprouvé autant de haine pour quelqu’un. Elle enfonce ses mains dans les poches de son jean, les ongles plantés dans la paume. Rester. Calme. Pour James. Rester calme alors que son instinct lui demande de lui sauter à la gorge et de le faire taire, de le faire disparaitre. ""Moi je dois aller me faire voir ? Mais j’irai, volontiers, quand t’arrêteras d’essayer de tuer mon meilleur ami. Quand t’arrêteras de détruire tout ce qui m’importe. J’irai ou tu veux, quand je saurais que ce petit con va bien. Mais tu m’excuseras, je n’ai pas l’impression que c’est le cas, avec toi." Elle avait insisté sur les derniers mots. Et elle se sentait horriblement mal. Parce qu’elle était injuste. Parce qu’elle non plus n’était pas toujours une bonne influence pour James, parce qu’elle l’avait abandonné. Mais l’image du blond allongé sur un lit d’hôpital après son overdose, une énième, ne la quittait plus. Il aurait pu mourir, à cause de lui. Le parfait bouc émissaire pour tout ce qui n’allait pas dans la vie de celui qu’elle aimait beaucoup trop, celui qu’elle ne pouvait pas se convaincre de voir tel qu’il était. Le parfait bouc émissaire pour la colère accumulée pendant toutes ces années, pour milles choses dont il n’était pas responsable. Elle voudrait qu’il disparaisse à tout jamais. Elle voudrait qu’il ne soit qu’un horrible cauchemar et que quand elle se réveillera, ce sera dans les bras d’un James apaisé, un James qui la met sur un piédestal. Injuste, et égoïste.

""Je sais pas à quoi tu t’attendais en venant ici. Je ne sais même pas ce que t’attend maintenant. Mais merci d’avance d’avoir niqué ce qui devrait être une journée de repos. Tu dois être fier de toi." Elle était en colère. Contre lui et contre le monde. Contre cette amitié qui n’avait d’amitié que le nom et qui était tellement plus, qui était indescriptible, et qui surtout était plus souvent une malédiction. Elle l’aimait, beaucoup trop. Elle voulait beaucoup trop le protéger et le choyer. Mais cela ne suffisait pas. Se tournant vers James, elle lui lance un acerbe ""Parfois je me demande pourquoi tu m’as demandé d’habiter ici." Parce que clairement elle était de trop, aujourd’hui plus que jamais. Peut être avait-il simplement eu pitié d’elle, ce soir là. Peut être que ce fond d’humanité et de gentillesse qu’elle avait toujours vu au fond de lui ne pouvait pas laisser sa meilleure amie brisée seule dans un appartement. Une voix plus sombre, plus sadique, lui dit que c’était pour l’avoir à portée de main quand il aura besoin d’elle, que ce n’était qu’à lui qu’il avait pensé en émettant la proposition. Et cette voix se fait de plus en plus insistante dans l’esprit de Bérénice, tant elle se sent prise au piège entre les deux hommes. Tant elle aimerait que tout cela ne soit qu’une blague. Parfois, elle aimerait ne jamais l’avoir rencontré. Parfois, elle aimerait ne jamais être rentrée de Paris.

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MessageSujet: Re: The Chosen One | Bérénice&James   28.11.18 0:23
Il grimace quand la haine d’Aleks se retourne contre lui, et sa bouche s’ouvre et se referme avant qu’il ne hausse les épaules comme si les choses n’avaient aucune importance. Même si quelque part, ça en a. Même si quelque part, il avait presque envie de simplement décréter que c’était son petit ami, et voilà, tout est dit. Mais c’est tellement trop simple, tellement trop rapide, pas assez eux. Alors ce n’était peut être pas la meilleure réponse, mais ça lui semblait la plus réaliste. Oubliant de calculer tout ce qu’elle veut dire. Oubliant de prendre en compte les sentiments d’Aleks, la prise de conscience de Bérénice. « Roh mais le prend pas comme ça, tu veux que je dise quoi, aussi ? Mon petit chéri ? Pitié. » C’est un soupir dépité, amusé, arrogant. Ce n’est vraiment pas le moment pour se comporter de cette manière, et pourtant, il ne trouve rien de mieux face à la situation qu’être autant soi-même qu’il peut l’être. Quitte à l’énerver un peu plus. Mieux vaut lui que Bérénice.

Et pourtant, elle ne semble pas de cet avis, et le mutisme prend possession de James alors que son regard se pose sur elle, alors qu’il admire sa rage, alors que ses paroles lui passent au dessus de la tête tout en le touchant en plein cœur, alors qu’il se dit qu’elle n’a pas saisi l’essentiel de sa présentation, alors qu’il sait que c’est de sa faute, alors qu’il n’arrive pas à ouvrir la bouche tout de suite, trop occupé à la trouver affreusement belle, en lionne protectrice. « Bérénice … » Les mots meurent dans la suite de ses paroles, et faute de mieux, son corps vient instinctivement prendre place entre elle et lui, pour l’empêcher d’attaquer physiquement, ou empêcher l’autre, il ne sait plus vraiment. Qui est ce qu’il est censé protéger, au juste ? Comment est-il censé choisir ? Pourquoi est ce qu’ils ne peuvent pas simplement l’écouter, et comprendre qu’ils sont importants les deux ? Qu’est ce qu’il est censé faire ?

Mais les mots agressifs se retournent contre lui, et il sent sa gorge se serrer en relevant les yeux dans le regard sombre, dans ceux de celle qui, il lui semble, a toujours été là. « Mais je … » Plus rien n’a de sens. Tout a escaladé trop vite, trop subitement, trop fort, aussi. Et il se sent comme un enfant à qui on demande de faire un choix pour la première fois de sa vie, perdu, anéanti d’avance sous le poids de la pression et l’incompréhension de la haine de l’autre. Aleks et Bérénice le détestent, en cet instant précis, et il n’arrive pas à comprendre pourquoi. Alors il déglutit, il soupire, il se passe une main fatiguée sur le visage, il se dit qu’il aurait probablement dû rester au lit, et il secoue enfin la tête. « Je t’ai demandé d’habiter ici parce que je t’aime, et tu le sais très bien. Je veux pas avoir à me passer de toi. Mais tu te trompes, sur lui. C’est moi qui lui ai demandé cette dose, ce jour là, et il pensait pas que c’était pour moi seul. C’est moi le responsable. Pas lui. » Et au fond, elle le sait sûrement. Et alors que son regard se plante de nouveau dans le sien, il se dit qu’elle l’a toujours su, de toute façon. Qu’elle refuse juste de le voir, et qu’elle a besoin d’un coupable. D’un autre coupable.

« Et c’est mon petit-ami. Sûrement. C’est gentil de vouloir me protéger, mais je pense pas que ce soit moi qui sois en danger, dans cette histoire. Je te signale que tu viens de lui brûler la main. Ceci dit, Aleks, arrête d’insulter Bérénice, maintenant. On respecte les gens quand on est sous leur toit. » C’est déjà plus léger, alors que son regard se dévie sur le visage du russe, alors qu’au fond, il essaie de rendre la situation plus posée dans l’espoir qu’elle le devienne. C’est comme se forcer à sourire jusqu’à se croire heureux. Idiot, mais mieux que rien.
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MessageSujet: Re: The Chosen One | Bérénice&James   29.11.18 11:47
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Calme. Je dois rester calme. Au moins pour quelques minutes. Au moins pour quelques secondes, malgré la douleur qui me lacère la main, malgré l’envie d’écraser sa gorge entre mes griffes, malgré le besoin presque vital de quitter cette maison et de ne plus jamais y mettre les pieds. Parce qu’il est hors de question de lui laisser le sentiment d’avoir gagné la partie. Pas à cette garce sans nom qui semble déjà me détester sans même m’avoir laisser le temps de lui donner une bonne raison de le faire. Ma langue claque avec agacement lorsqu’il me répond dans un soupir dépité, lorsqu’il touche du doigt le problème, sans vraiment s’en rendre compte. Bien sûre que non. Bien sûre que non, je ne veux pas de ça entre nous. Et pourtant, devant elle, j’aurais grandement apprécié obtenir ce petit plus. J’aurais grandement apprécié de voir son visage se défaire, comprendre, regretter. Mais je garde cette remontrance pour plus tard, pour le moment où nous serons seuls et où les explications ne tarderont pas à venir. Et en attendant, c’est elle que je regarde, c’est sa rage qui explose, c’est l’incompréhension qui se peint quelques secondes dans le creux de mes yeux. Le tuer ? Quand ? A quel moment dans ma vie ai-je été assez stupide pour vouloir réellement le tuer ? Pour vouloir réellement me tuer dans la manoeuvre ? Est-ce qu’elle est folle ou tout simplement aveugle ? Probablement les deux. Parce que ce n’est pas lui qui a le plus à perdre dans cette histoire. Parce que ce n’est pas lui qui en ressort toujours blessé, déchiré, détruit encore un peu plus à chaque seconde. Parce que de nous deux, c’est probablement moi qui suit le plus en danger. Et c’est aussi pour ça que je l’aime. Dissonance.

Le regard froid, imperturbable, je laisse les explications s’écouler, alors que la compréhension se fait enfin claire dans mon esprit. L’overdose. Elle parlait de l’overdose. Elle est donc naïve. Et stupide, par dessus le marché. « Oh alors c’est ça... » Ce n’est plus qu’un murmure presque trop amusé pour la cause. J’ai beau vouloir lui arracher la gorge, il est peut-être plus intéressant de la laisser s’énerver à ma place. Il est peut-être plus logique de la laisser fauter. Alors j’ignore le je t’aime qui me crève le coeur, j’ignore le besoin visiblement viscérale de mon amant à la garder près de lui, j’ignore ma haine et ma rage pour me contenter d'apposer un sourire arrogant sur mes lèvres pleines. « Et tu penses que si je ne lui aurais pas donné cette dose, il serait rentré bien gentiment ici pour faire une partie de scrabble ? Quel naïveté, c’est presque touchant. » C’est ridicule, surtout. Parce qu’il aurait trouvé quelqu’un d’autre. Parce qu’il m’a menti, ce soir là, et qu’il a eut tout le loisir de comprendre ma colère en revenant la queue entre les jambes après sa cure. Parce que ce n’est pas une erreur que je referais deux fois, même si je dois l’attacher pour ça, même si je dois le maintenir de force pour qu’il ne replonge pas aussi loin, la prochaine fois. « Alors tu apprendras que non, je n’ai aucune envie de le tuer. Mets moi ça sur le dos si ça peut soulager ta conscience, j’en ai rien à foutre, mais ne va pas croire que je tiens moin à lui que toi. » C’est plus brutale, cette fois, moins amusé. Bien moins provoquant, aussi. Beaucoup trop honnête, surtout.

Et lorsqu’il se retourne enfin vers moi pour m’accuser sur un ton plus léger, je me contente de hausser un sourcil faussement étonné à sa demande. Parce qu’il m’a défendu, au moins. Même si cette garce n’a toujours rien à faire ici. Parce que le calme est sûrement la meilleure tactique à avoir dans cette situation. Même si je crève d’envie de lui arracher le coeur pour le garder précieusement contre moi. Parce que la roue tourne, et que je ne suis pas encore assez idiot pour penser qu’elle ne tournera pas pour nous. Il l’aime. Il l’a dit lui-même. Et même s’il me défend, même s’il prend ne serait-ce que très légerement mon partie contre cette lionne, je ne peux pas ignorer la dose d’affection qui brille dans son regard lorsqu’il la porte sur elle. « Tu m’as déjà vu respecter quelqu’un à qui tu tiens, James ? Sérieusement ? » C’est presque plus détendu. Presque trop provoquant, tant c’est vrai, malheureusement. En dehors de Sören, je n’ai jamais fait l’effort d’en arriver là. Et je ne le ferais probablement jamais. Encore moins pour elle.


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MessageSujet: Re: The Chosen One | Bérénice&James   11.12.18 22:49
When it feels like nothing else matters will you put your arms around me ?
And does your love prefer the others? And does your love just make you feel again ?
Does my love prefer the others ? Does my love just make me feel good ?



Elle était tout sauf naïve. Même pas aveugle. Elle était pleinement consciente maintenant de qui elle avait en face d’elle et de ce qu’il avait fait. Elle était pleinement consciente que cet homme, avec sa jalousie débordante et sa fureur d’aimer n’aurait jamais intentionnellement mis la vie de James. Il devait être encore plus en colère qu’elle. Il devait se sentir encore plus coupable qu’elle, même si elle serait surement la dernière à qui il l’avouerait. Elle était presque certaine que perdre James l’anéantirait tout autant qu’elle, que la moitié de son âme serait alors arrachée, irrémédiablement. Cela devrait les rapprocher, d’avoir tant envie de garder sa tête hors de l’eau. Mais ça les sépare, les repousses littéralement. Parce que tout les oppose, mis à part lui.

Elle se sent stupide. Comme si elle était entrain de faire une scène pour si peu. Un caprice. Mais il était si simple de lui en vouloir pour tout ce qui ne va pas. Il est si simple de lui en vouloir pour leurs erreurs à tous les trois. Et les mots de James ne suffisent pas à apaiser son cœur, même s’ils sonnent vrais. Le masque n’a pas eu le temps de se former, pas aujourd’hui, pas avec eux. Il était juste James face à un choix impossible à faire. Alors elle voudrait faire mieux, elle voudrait recommencer à zéro, accueillir Aleksy puis s’effacer. Mais il est surement trop tard, puisqu’elle vient de lui bruler la main comme son meilleur ami vient de lui reprocher. Il était à peine chaud, ce muffin. Ils exagéraient. Un sourire amusé a à peine le temps de se glisser sur ses lèvres qu’il ne s’efface de nouveau. Parce qu’Aleksy semble déterminé à réduire tous les efforts de paix de James à néant, et qu’elle ne peut pas ignorer les remarques acerbes. Un rapide coup d’œil vers James suffit à lui faire répondre posément « Je suis peut être naïve, mais toi tu es stupide d’avoir cru que ce serait pas pour lui seul. Ou peut être que tu ne le connais pas assez bien. » Parce que personne ne connaissait le vrai visage de James Mörkson, ils en avaient à peine aperçu des reflets, parfois. Et elle savait aussi à quel point James pouvait être persuasif quand il s’y mettait. A quel point tout était facile, pour lui. « Et non, ça ne soulage pas ma conscience, même si j’aurais aimé. » Autant être honnête, s’ils étaient voués à se détester. Elle n’avait rien à lui caché. Et tout doucement, elle commençait aussi à croire qu’il ne tenait pas moins à lui qu’elle, et cela l’effrayait. Parce qu’il semblait capable de tout faire pour James. Sa dévotion semblait sans limite.

Cela lui importe peu, qu’il ne compte pas lui montrer un quelconque respect. Cela ne le rendait que plus ridicule. Avec un haussement d’épaule, c’est James qu’elle regarde quand elle dit« Laisse tomber. » Parce qu’elle venait de remarquer quelque chose de beaucoup plus intéressant, qui l’amusait presque malgré elle. Contournant légèrement James, elle vient se saisir du poignet au blond délavé afin de découvrir la marque crue et éternelle sur le poignet. Avec un sourire moqueur, elle l’approche du nez à son meilleur ami, presque comme un trophée, ignorant royalement l’avis du propriétaire à ce bras. « Si il est en danger parce que je lui ai légèrement brulé la main, je lui conseille de fuir immédiatement et de ne plus jamais t’adresser la parole. Il devrait changer de pays, pour être sur. » Une invitation à peine cachée à quitter cette maison et ne plus jamais y remettre les pieds. Une invitation qui restera au mieux sans réponse, sinon refusée. Aussi rapidement que ses doigts se sont saisis du bras elle le relâche. Elle est presque satisfaite, ou du moins, autant qu’elle peut espérer l’être. Parce qu’elle ne sera jamais satisfaite tant que ce connard sera dans leur vie, mais de savoir que James était la plus grande faiblesse d’une personne qui voulait se donner un air intouchable lui apportait une étrange satisfaction. Retournant s’asseoir sur le plan de travail, elle caresse Brona qui était venue s’y réfugier après l’agression tout en attrapant une de ses créations dans laquelle elle mord à pleine dents. « Vous devriez les gouter, ils sont délicieux. Et garantit sans arsenic, puisque je ne savais pas encore qu’on aurait droit à ta charmante compagnie, Aleksy. » Elle accentue à peine son prénom, tente de paraitre un hôte dévoué et accueillant, en sachant pertinemment qu’elle ne bernait personne. Et que sa colère ne s’était sûrement pas affaiblie.

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MessageSujet: Re: The Chosen One | Bérénice&James   29.12.18 12:13
FT. Bérénice & James


Elle m’agace.

Elle me ferait presque hurler de rage, tant sa simple présence me met hors de moi. Et pourtant, je reste calme, je temporise, le temps que les choses se tassent, le temps que je trouve un moyen efficace pour la chasser de sa vie sans me mettre en danger. Parce qu’il est hors de question que je le perde pour ses beaux yeux. Il est hors de question de le mettre en colère simplement parce que je n’ai pas réussi à maîtriser la mienne. C’est donc dans un état d’esprit faussement serein que je sers la machoir, que je me retiens de répondre à cette garce qui ne fait qu’enfoncer encore un peu plus le couteau dans la plaie toujours ouverte. Bien sûre que non, je ne suis pas stupide. Bien sûre que non, je n’ai pas cru un seul instant que cette came n’était pas pour lui seul. J’espérais juste qu’il aurait un cran de bon sens et qu’il étalerait les doses. J’espérais juste qu’il ne soit pas assez idiot pour risquer une overdose. Je n’étais pas stupide, non. J’étais naïf. Une chose à laquelle on ne me reprendra plus. Mais ma hargne commence à se faire plus viscérale lorsqu’elle se redresse pour contourner mon amant, lorsqu’elle s’approche de moi et que tout ce que mon corps arrive à faire, c’est opérer un faible mouvement de recul. Ce n’est pas de la peur, bien plus une certaine appréhension. Je ne veux pas perdre mon calme. Je refuse de perdre mon calme. Pourtant, c’est tout ce que j’arrive à faire lorsque je sens ses doigts entourer mon poignet, lorsqu’une boule de colère se forme dans le creux de ma gorge, lorsqu’une vague violente me lacère les tripes.

Ne. Me. Touche. Pas.

Peine perdu, elle a à peine le temps de s'asseoir sur le plan de travail et de me narguer une dernière fois que déjà, ma main a prit en cage sa gorge pour l’étouffer, pour lui faire comprendre les limites à ne pas dépasser, pour lui faire mal et lui rappeler où est sa place, surtout. Plus loin. Très loin de lui et de sa vie. Mes ongles s’enfoncent dans la chaire tendre de sa nuque, alors que je la tire vers moi sans aucune douceur pour la faire quitter son perchoir. Peu importe si elle parvient à rester stable sur ses deux pieds, elle ne s’étouffera qu’un peu plus encore entre mes mains. « De quel droit est-ce que tu me touches, exactement ? »



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MessageSujet: Re: The Chosen One | Bérénice&James   30.12.18 23:45
Les mots d’amour d’Aleks à peine cachés contre ceux de Bérénice dit trop naturellement, et lui au milieu, qui ne sait pas quoi faire d’autre qu’écouter. Avec cette lueur d’espoir qu’il a trouvé la bonne chose à dire, qu’il a peut être sauvé les meubles, qu’ils ont l’air plus calmes, plus posés, même si leur animosité reste la même. Parce qu’il a dit qu’il tenait à lui, et qu’elle a dit qu’elle se sentait coupable, et que tout ça, ça doit bien vouloir dire « je t’aime », un petit peu. Et peu importe si eux ne peuvent pas s’apprécier. Parce que leur jalousie, c’est aussi une preuve d’amour. C’est dommage, parce qu’il aurait tout donné pour ne pas avoir à choisir entre les deux pour chaque après midi à venir, mais ce n’est pas grave. Pas tant qu’ils ne s’entretuent pas. Parce que lui a besoin d’eux. L’égoïsme, de nouveau, alors qu’un sourire vient naître sur ses lèvres quand il lève les yeux au ciel, quand l’amusement se fait entendre dans la voix du russe, dans l’éclat des yeux de Bérénice, qui a visiblement compris quelque chose qu’il n’a pas eu le temps de voir. « Je peux toujours rêver, « chéri ». » C’est amusé, ça aussi. Trop facilement persuadé que tout peut rentrer dans l’ordre simplement parce qu’il le veut. Qu’avec un sourire et quelques paroles sans masque, tout peut s’arranger. Mais tout empire pourtant affreusement vite.

Quand elle prend le poignet pour le tirer vers lui, qu’il louche sur la marque, et que sa réflexion moqueuse flotte dans la pièce, il ne tilte pas immédiatement. Le choc des émotions de bon matin était sûrement trop fort pour qu’il ne se souvienne de la difficulté d’Aleks à supporter les contacts trop imposés, trop imprévus. Il rit même doucement, en posant son regard sur elle, en lui faisant un clin d’œil qui en dit long, presque trop fier de lui pour la cause. Parce que oui, c’était définitivement lui, le vrai problème, dans ce couple, de toute façon. C’était définitivement lui qui causait la perte de l’autre, un peu plus à chaque fois. Une overdose involontaire n’était rien à côté de la torture qu’il lui faisait subir, en en étant presque trop conscient. Et ça ne faisait pourtant que commencer.

Et tout se passe bien trop vite pour qu’il n’ait véritablement le temps de comprendre ce qui a fait naître cette colère chez Aleks. Il se fige totalement, alors qu’il voit la main sur la gorge, les pieds qui touchent le sol, le visage de Bérénice emprisonné dans un étau de fer. Quelques secondes, à peine, avant qu’il ne réussisse à retrouver le contrôle de ses jambes, avant qu’une vague de colère glaciale le parcoure de la tête aux pieds, et que ses doigts agrippent les cheveux du blond, l’autre main se posant sur sa gorge en miroir de celle qui est sur elle. C’est sûrement ce qui équivaut le plus à un instinct de survie, alors que tout ce à quoi il arrive à penser, c’est à elle, c’est au danger dans lequel il l’a mise, c’est à la peur qu’elle risque de ressentir dans ce lieu qu’il lui avait vendu comme un havre de sécurité. C’est à cette image vague d’un monde où il aurait serré trop longtemps, trop fort. Et il le pousse en arrière de toutes ses forces pour qu’il se détache avant de ne le relâcher que pour envoyer son poing sur sa joue. Peu importe qu’il n’ait pas beaucoup de force, ou qu’il ne sache pas se battre, à ce stade. C’est la colère et l’adrénaline qui lui permettent de bouger.

« Qu’est ce que tu fous ? » C’est froid, glacé, craché comme une insulte alors que ses yeux ne parviennent pas à le quitter, alors qu’il sent son corps trembler légèrement, peut être à cause de la peur de la perdre qui ne part jamais vraiment, qui ne fait qu’être remuée, peut être à cause de la peur de le perdre lui, à cause de ça. Parce que ce n’est pas pardonnable. Pas ça. Pas elle. « Si tu la touches une seule fois de plus, Aleks, je veux plus jamais te voir. Tu pourras aller crever dans le premier caniveau. C’est clair ? » C’est froid, encore. Assuré, aussi. Ca devrait probablement trembler, étant donné le capharnaüm d’émotions contradictoires qu’il ressent, et pourtant, c’est stable. C’est presque comme cette fois avec Sören, mais en moins agréable encore. Parce que ça ne le calme pas. Parce que si quoique ce soit d’autre cloche, il ne sait pas vraiment ce qu’il serait capable de faire pour Bérénice. Tout, probablement.
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MessageSujet: Re: The Chosen One | Bérénice&James   01.01.19 22:01
Aussi ne saura-t-il jamais comme je l'aime, et cela non parce qu'il est beau mais parce qu'il est plus moi-même que je ne le suis.


Elle n’avait certainement jamais rien voulu de tout ça. Il semblait qu’elle faisait toujours les mauvais choix et qu’elle incitait les autres à en faire de même. Comme si elle ne pouvait jamais passer une journée, juste vingt-quatre heures heureuse. Sans que le monde ne s’écroule. Jamais elle n’aurait voulu se dresser entre James et son bonheur, jamais elle n’aurait voulu l'empêcher d’éprouver quelque chose de semblable à de l’amour. Même si cela lui brisait le cœur à chaque fois qu’elle y pensait, même si cela lui donnait affreusement envie de pleurer s’il en venait à aimer quelqu’un plus qu’il ne l’aime elle, s’il en venait à la délaisser pour un autre. Parce que plus elle passait de temps avec lui, plus elle retrouvait ses habitudes, celles de Paris et des nouvelles, celles qu’elle avait rapidement mises sous clés et oubliées pour ne pas ployer sous la culpabilité. Même si elle n’avait jamais vraiment oublié, même si chaque nuit passée seule avant qu’elle ne le retrouve lui rappelait cruellement qu’il lui manquait, qu’elle avait besoin de lui sûrement autant qu’il avait besoin d’elle. De tout son cœur, elle aurait voulu qu’il soit heureux sans qu’elle n’ait à s’opposer. Mais peut être que sa survie lui importait plus que son bonheur. Peut être qu’elle s’en fichait bien de son bonheur à lui, tant qu’elle continuait à l’avoir proche d’elle. Tant qu’ils continuaient à être ces deux amants maudits ignorants joyeusement le sort qui s’acharne sur eux.

A quel moment exactement les choses se sont mises à basculer irrémédiablement ? Tout était allé si vite. Une seconde, elle prenait précautionneusement ce poignet entre ses doigts pour en rire avec James, échangeant un regard entendu. Il n’avait même besoin de répondre pour qu’elle ne comprenne qu’il était conscient de l’attraction qu’il exerçait sur l’albâtre. Qu’il les menait tous les deux par bout du nez. Qu’il en éprouvait une bien plus grande satisfaction qu’il ne devrait. Que cette attraction était rarement bienfaisante, même honnêtement nocive. Combien leur vies auraient-été plus simples, sans James, moins douloureuse. Mais aussi moins exaltante. Morne. Une seconde ou presque tout semble oublié, ou enfin ils peuvent peut être repartir sur des bases saines. Une seconde, pendant laquelle elle avait baissé sa garde, pendant laquelle elle avait oublié le pouvoir d’une emprise sur quelqu’un que cela révulse. Elle aurait du savoir mieux, pourtant.

Sa phrase a à peine le temps de se finir et sa bouche commence à mastiquer le muffin que son cerveau ne lui signale que quelque chose cloche, sévèrement. Mais il est déjà trop tard. Elle réalise alors qu’il est déjà trop tard, alors que sa gorge se retrouve déjà prise dans un étau, que ses pieds se retrouvent arrachés de leur appui tandis que son corps est tiré vers les airs. A peine, la pointe de ses pieds n’arrive à toucher le sol pour se stabiliser un peu. A peine, elle arrive à respirer. A peine, elle arrive à se dire qu’elle devrait lutter, qu’un coup de genou bien placé devrait suffire. Mais elle était lasse, de lutter. Surtout pas ici, dans ce qui devrait être un havre de paix. Dans ce lieu qui devait effacer tout souvenir d’une autre nuit, et de milles autre avant elle. Rien de tout cela n’était censé arriver ici. La question reste sans réponse, pourquoi devrait-elle justifier un geste presque anodin ? Elle n’arriverait probablement pas à parler, de toute façon, le seul son capable de s’échapper d’entre ses lèvres doit être un gargouillement rauque et incompréhensible. Silence, tandis que ses mains tentent désespérément de se cramponner au plan de travail derrière elle en attendant la fin. Presque trop apaisée, presque trop heureuse si elle devait enfin venir. Elle avait hâte de voir à quoi ressemblait cette vieille amie qui la recherchait depuis si longtemps. Elle n’avait pas peur.

Mais encore une fois, elle ne vient pas. Parce qu’Aleksy n’avait pas encore compris que James était capable de tout pour Bérénice, même quand elle est en tord, même quand elle cherche les problèmes. Si elle fermait naïvement les yeux sur sa réelle identité, lui avait toujours fermé les yeux sur le mal qu’elle pouvait infliger, elle aussi. Qu’elle n’était aussi rien qu’un être humain rempli de défauts et de vices. Sa gorge se libère soudainement quand une furie se rue sur Aleksy. Si elle n’était pas prise au milieu de ce combat, elle le regarderait d’un œil mi-amusé, mi-réprobateur. Mais elle a juste le temps de jeter un dernier coup d’œil sur le visage beaucoup trop angélique, sur ce visage auquel un autre visage bien plus connu se substituait, un visage de son passé qu’elle semblait incapable d’effacer avant d’être prise par des hauts le cœur. Avant que ses pieds ne la trainent difficilement vers l’évier tout proche auquel elle peut tout juste se rattraper avant de vomir le peu qu’elle avait manger aujourd’hui, insuffisant, avant de finir avec de la bile. Ça a au moins le mérite de lui faire ignorer ce qui se déroule derrière elle. Elle ne veut pas regarder, ce qu’elle entend à travers les bourdonnements de son malaise lui suffisant amplement. Pardon James, je ne voulait rien de tout ça. Je voulais juste que tu sois heureux, et vivant. Longeant les bords de la cuisine d’une main pour trouver le coin le plus éloigné, palpant sa gorge endolorie, mais rien d’inconnu non plus, de l’autre, elle se laisse finalement glisser contre le mur le plus loin que le permet l’étroitesse des lieux. Ses yeux se ferment et elle essaye tant bien que mal de faire le vide sur ce qui se déroule autour d’elle. Peut être que si elle fermait les yeux assez longtemps, peut être que si elle espérait assez fort, elle se réveillerait dans son lit ce matin, avant que Brona ne lacère Les Justes. Avant tout ça. Peut être que la prochaine fois qu’elle ouvrira les yeux, ou n’ouvrira pas, elle sera morte. Elle sera avec sa mère, loin de tout. Loin des bourreaux, dans le repos des victimes.

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MessageSujet: Re: The Chosen One | Bérénice&James   12.01.19 14:22
FT. Bérénice & James


La colère a pris le pas sur tout le reste. Sur le calme, sur la raison, sur cette petite voix qui me hurlait pourtant de faire attention, de ne pas aller trop loin, de ne pas risquer de briser cette chose trop fragile qui me lie à cet idiot incapable. Et elle a tout emporté. Mes doigts s’enfoncent dans sa gorge avec une envie presque folle de la réduire à néant, de juste lui tordre le cou, là, maintenant, tant qu’il en est encore temps, tant que je ne suis pas encore pleinement conscient de l’erreur que je suis en train de commettre. Mais quelque chose m’en empêche. Quelque chose à laquelle je ne m’étais pas attendu, bien trop perdu dans les méandres de cette rage dégueulasse qui bat contre mes tempes. Mes cheveux se font tirer en arrière, et cette simple pression me pousse à lâcher presque instantanément ma prise. Comme un ordre silencieux, alors que sa main se glisse sur ma gorge pour me repousser sans aucune douceur, pour ne s’éloigner que quelques secondes à peines, juste le temps de mieux armer son poing et de l’écraser sur ma joue. Je ne cherche même pas à me débattre, à me défendre, à retourner écharper cette petite garce qui mérite bien plus qu’une maigre attaque sournoise. J’ai merdé. Et bien plus que tout cela, c’est la voix glaciale qui résonne dans le silence dérangeant qui me le rappelle encore plus douloureusement qu’une lame sur ma peau.

Mes poings se resserrent par automatisme, alors que je lance un rapide regard sur Bérénice, alors que je la vois tanguer jusqu’au lavabo, recracher tout ce qu’elle a pu avaler, alors que mon corp ne veut que finir le travail mais que mon coeur le lui interdit. Ne pas la toucher. Plus jamais. L’ordre est clair, et il se grave avec une force déroutante dans mon esprit. À quel moment est-ce que j’ai accepté de lui obéir sans même parvenir à m’écouter ? À quel moment est-ce que j’ai accepté de baisser les bras, de le laisser gouverner mon avis et ma vie sans même me battre ? Depuis le début, sûrement. Depuis le jour même où il est monté dans cet appartement bordélique qui est le mien pour empiéter sur mon monde. Pour le détruire et le regarder brûler, le sourire aux lèvres. Le nez froncé par la colère, je sens mon corps trembler de toute part, mais je ne saurais dire si c’est de colère, de frustration ou de remord. Sûrement un peu des trois. « Ça va. J’ai compris. » C’est presque perdu, presque mal assuré, mais c’est surtout blessé par les dernières minutes qui se sont écoulé. Parce qu’il l’a choisi elle. Parce que c’est elle qu’il a protégé. Parce que c’est elle qui le rend dans cet état de rage pure. Et je le trouverais probablement beau, comme ça, si ce n’était pas contre moi que sa colère était tourné.

L’ambiance est bien trop lourde, bien trop cruelle pour que je parvienne à calmer mes nerfs, et lorsque Bérénice s’avachit lourdement sur le sol, c’est le déclencheur qu’il me fallait pour enfin réussir à bouger. Pour enfin réussir à tourner les talons sans un mot de plus, les poings serrés, le coeur tambourinant contre mes tempes, le brouillard encerclant mon esprit. J’ai besoin de partir. J’ai besoin de sortir d’ici, de me tenir loin d’elle, mais étrangement, surtout loin de lui. Loin de sa colère et sa hargne. Loin de tout ce qu’il pourrait me balancer au visage. Loin de cette presque envie de meurtre qui s’est glissé dans nos regards respectifs. Parce que si je me sais capable de la tuer elle, j’ai enfin compris que lui serais probablement capable de me tuer moi. Et moi, je serais bien trop capable d’accepter la mort dans un soupir bienfaiteur.





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