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 Dear Father | Jamesy


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MessageSujet: Dear Father | Jamesy   12.09.18 11:25


Dear Father
James ξ Aleksy

« Je veux son nom. »

Ce sont ses premières paroles. Ses premiers mots chargés de reproche et de jugement. Après tant de temps à espérer le revoir, après tant de jours passés dans la solitude crasse d’une vie trop lointaine, je ne peux que baisser les yeux, soumis à ce sentiment coupable qui enlace ma poitrine. La déception silencieuse dans le ton de sa voix me crève le coeur, et pourtant, je suis bien incapable de lui répondre. Bien incapable de lui avouer toute l’étendu de mon erreur. Mes iris céruléens fondent sur le sol, alors que mes lèvres restent closes, alors que je rabaisse lentement la manche de ma chemise, alors que je tente de masquer cette marque d’amour cruelle gravée sur mon poignet. Ton prénom écrit en lettre de feu dans ma chaire. Il n’a pas fallu longtemps pour qu’il comprenne. Il n’a pas fallu longtemps pour qu’il se mette en colère. Une colère froide, lancinante, effroyable. Une promesse de souffrance et de douleur brute. Je laisse mon dos s’échouer contre le mur de brique, bien trop conscient de ce qui m’attends. L’odeur âcre qui émane de la ruelle me ferait presque plisser le nez de dégoût, mais je suis bien trop obnubilé par ce besoin de protection qui me dévore la poitrine pour y prêter attention. Ce besoin de secret. Cette envie suicidaire de ne jamais le laisser savoir toute l’importance que tu as prise dans ma vie. De ne jamais le laisser t’approcher.

« Luka... »

Un soupire lourd de sens s’échappe de ses lèvres. Un murmure, une tentative presque désespéré pour me faire cracher le morceau. Pour me faire comprendre toute l’inquiétude qui se loge dans sa poitrine. Sa grande main effleure mon épaule, glissant jusqu’à mon cou pour soulever mon menton avec une autorité cynique. La glace rencontre le givre, la douceur déchire l’obstination. Un simple regard, une simple plongée dans son regard bleuté me suffit pour comprendre ce que je risque en gardant le silence. Ce que je risque en te protégeant. Il serait si simple de lui donner ce qu’il veut. De lui dire que je t’aime, que ce nom gravé sur ma peau est une preuve de ton amour pour moi, que tu t’appelles James Mörkson et que tu es peut-être aussi fou que lui. Mais te trahir de la sorte reviendrait à tirer un trait sur notre histoire, à devoir contempler de loin les cendres de nos unions charnelles. Ce serait comme te tuer de mes propres mains. Et j’en suis incapable.

« Papa, je t’en pris… Ne fais pas ça. »

Mes iris céruléens glissent sur son visage buriné par le temps et l’expérience d’une vie trop remplie. De ses cheveux d’ébènes à sa peau trop pâle, de son nez aquilin à la pureté de son regard glaciale. Rien ne nous rapproche, lui et moi. Rien ne pourrait faire croire à un quelconque lien entre nous. Et pourtant, il est bien là, ruisselant dans mes veines, dans mon corps, jusque dans mon âme construit et déconstruit par ses soins. Je le supplie en silence, lui implore de laisser tomber l’affaire, de nous laisser le temps et l’opportunité de nous retrouver. De simplement profiter de la présence de l’autre. De simplement renouer cet esprit familiale qui fait de nous ce que nous sommes. Il relâche un nouveau soupire qui meurt contre ses lèvres fines et passe une main volage dans ses cheveux grisonnants. Je sens le regret d’une décision trop lourde à porter dans le moindre de ses gestes, dans le moindre de ses regards tendres posés sur moi. Il a prit sa décision. L’éclat obstiné que je peux lire dans ses yeux me le confirme encore plus sûrement que l’absence de ses mots. Puis il tourne les talons et m’adresse un signe de la main, m’invitant à le suivre au travers des entrailles sinueuses de la ville.

M’invitant à le suivre en enfer.
Et je l’y suis, sans un seul regard en arrière, sans même pouvoir te prévenir de la longue absence qui se pointe à l’horizon.
Parce que les flammes me paraissent moins dure à supporter que la morsure de la mort.
Parce que la brûlure de l’abîme me paraît plus légère que la solitude cruelle d’une vie trop morne.
Parce que si ce n’est pas moi, ce sera toi.

[...]



[OUI Y'A DU HIDE, ME FRAPPEZ PAS, C'EST UNE SCENE DE TORTURE, C'EST CACA]

[...]

Je ne me souvenais pas qu’il y avait autant de marche pour grimper jusqu’à chez moi…

Mon corps s’échoue lamentablement contre la rambarde de sécurité, alors que je replace mollement la capuche sur le haut de mon crâne, alors que je peste sans volonté aucune à travers le silence de la cage d’escalier, alors que je me relève difficilement pour reprendre mon ascension. Mes pas m’y ont guidé comme un automate. Comme mue par une force dont je ne me pensais pas capable. J’ai l’impression d’avoir marché pendant des heures, et pour être tout à fait honnête, c’est peut-être bien le cas. Ma notion du temps, je l’ai perdu au fond de cette petite pièce exiguë au mur sale et dangereux, et je sais qu’il me faudra plusieurs jours pour la récupérer. L’esprit ailleurs, perdu dans toute cette brume qui m’enlace le crâne, perdu dans cette douleur lancinante qui me lacère les tripes à chaque mouvement. J’inspire. J’expire. Je grogne. Et pourtant, je continue d’avancer. Comme si ma santé mentale ne tenait plus qu’à cela. Qu’à rentrer chez moi. Qu’à attraper mon téléphone pour te prévenir. Pour te dire que je suis désolé, que je vais bien, que je reviendrais d’ici quatre ou cinq jours. Le temps de me remettre, au moins un peu, de cette dernière entrevue avec mon père. Le temps, surtout, de réapprendre à dormir, de réapprendre à manger, de réapprendre à vivre.

Ma main se pose lourdement sur la poignée de ma porte, et le simple plaisir de me savoir si proche du calme apaisant de mon appartement me semble presque insupportable. Et c’est dans un dernier effort que je pousse le battant, que je m'effondre presque de l’autre côté, ne me maintenant debout que par miracle. Je percute un mur, puis referme l’entrée d’un coup de pied qui m’arrache un grognement douloureux. J’aurais sûrement dû faire ça plus en douceur, mais peu importe vraiment. Mon corps est déjà bien trop meurtri. Un peu plus, un peu moins, je ne vois même plus la différence. Avec une lenteur épouvantable, je laisse mon regard glisser sur ce qui devrait être le salon bien rangé que j’ai laissé, pour ne tomber que sur un fouilli informe et désordonné. Pour ne tomber que sur un bordel monstre, mes affaires retournées à même le sol. Un haut le coeur me prend la gorge, alors que je sens les maigres forces qu’il me restait commencer à m’abandonner. Et c’est à cet instant précis qu’enfin, mes iris céruléens rencontrent les tiens. Sans vraiment comprendre. Perdu. Brouillé par un voile de douleur et d’incompréhension totale.

« James..? »

Mes jambes me lâchent, mon corps percute la porte d’entrée encore dans mon dos, mes yeux papillonnent sans réussir à se fixer réellement sur toi. Sans réussir à réellement te voir. Parce que tu ne peux pas être réel, si ?

_________________

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