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 In need of attention | Beiki


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MessageSujet: In need of attention | Beiki   20.08.18 19:58

Bethany & Heiki


C'était compliqué depuis un bon moment déjà, avec le métisse. Tu as eu le temps de faire des gaffes, plus d'une fois. Pourtant, tu joues bien, tout comme tu manipules avec aise. En temps normal, du moins. Là, c'était complètement différent. Tu changeais de techniques pour t'adapter à la personne en face de toi, comme toujours, sauf que les sacrifices étaient bien plus grands. Faut que tu te l'avoues, Bethany, tu as du mal à retomber sur tes pattes correctement cette fois-ci. Parce que c'est la première fois que tu t'affrontes à un manipulateur d'un calibre aussi grand que le tiens. Certes, il y avait James, mais vous trouviez toujours moyen de contourner et de passer par-dessus ce malaise constant entre vous deux. Avec Heiki, tu sais qu'il avait des projets bien autres que simplement t'empêcher de voir la vérité. Sa façon de faire t'amenait à modifier ton plan d'attaque, tes stratégies, et ainsi laisser fuiter des informations un peu plus véridiques à ton sujet. Une part de vérité pour de nombreuses parts de mensonges. C'était ça, jusque là, ta stratégie. Afin qu'il parvienne à te faire un peu plus confiance, qu'il se laisse davantage aller entre tes bras pour mieux resserrer l'emprise et lentement l'étouffer avant qu'il ne s'en rend compte. Sauf que de laisser sortir des parcelles de toi, comme ça, pour le jeu, c'était bien plus difficile à faire avec un coeur qui n'est pas stable. Avec des émotions qui sont prises à l'intérieur depuis des années déjà. Tu n'as jamais eu à confronter ces aspects avec autant de force. Tu as laissé voir une sensibilité. Devant la pire personne pour le faire, de plus. Mais au final, tu te retrouves avec un quelconque avantage. Te démontrer plus sensible, c'était devenu une façon de le perdre. Toujours dans le but de lui faire voir que tu ne t'ouvres qu'à lui, chose qui n'est pas loin de la vérité. Et ça semblait fonctionner, peu à peu. Parce que tu lui as donné beaucoup le temps du trekking, quelques jours après également avant de te dissiper, de te volatiliser. Tu lui avais causé un manque qui semblait se virer dans une sorte de jalousie. Il avait suffit de le voir agir par rapport à Svan, ce gars que t'as fait du flirt volontairement sous les yeux du beau coach. Parce que tu ne pouvais pas mieux tomber que quelqu'un de son cercle d'amis, bien que ce n'était que des gars avec qui il allait faire du sport. Ça avait amené des réactions bien plus poussées, malgré la douleur qui venait avec tout ça. Mais tu devais t'en détacher, chaque fois. Pour ne pas tomber dans son jeu, voire même le tien, et de finir par t'attacher définitivement à sa présence.

Ça faisait d'ailleurs un moment que tu ne l'avais pas contacté. Après cette soirée au restaurant beaucoup trop dispendieux, résultat d'un gage à la perte d'un défi. Tu ne lui avais pas parlé depuis, si ce n'était que deux ou trois messages pour lui laisser savoir que tu étais occupée. Puis vint le jeudi suivant, celui où vous deviez vous rejoindre comme à chaque semaine. Tu avais passé tellement de temps à te retenir de le voir, à te l'empêcher, à te faire comprendre que ce n'était qu'une réaction due à tout ce jeu entre vous deux, qu'au final le manque s'est fait encore plus prononcé... sans que tu ne puisses avoir le contrôle. Tu avais hâte de pouvoir le voir, pouvoir le sentir contre toi, aller y chercher ce réconfort qu'il t'apporte. Mais non. Tu t'es cassée la gueule. Tu as passé du temps à l'hôpital parce que tu es tombée de la douche en plein ébat avec ce grand islandais. Tu t'es pourtant forcée au jeudi suivant. Tu es passée par-dessus la douleur de ta contusion musculaire à la cuisse afin de te reprendre du jeudi soir que tu avais manqué. Tu as attendu. Longtemps. Trop longtemps. Aucun signe de sa part, si ce n'était qu'un sms tard en soirée, bien du temps après que tu sois rentrée chez toi. Sauf que le sms, il était loin de te plaire, à te laisser savoir que comme il n'était pas ta priorité la semaine précédente, il avait trouvé mieux à faire ce soir-là. Si seulement il savait que ta priorité, elle avait été mise à te rendre aux urgences. Sauf que tu n'avais rien dis, tu avais simplement encaissé son message, tu lui avais offert une réponse courte pour ensuite passer à autre chose. Pour passer par-dessus ce pincement au coeur qui devenait bien trop familier, surtout.

C'est au final quelques jours après ça, le samedi soir, que tu avais fini par lui écrire de nouveau. Pour remettre tes pions en place, pour gagner du terrain face à ce que tu avais perdu par faute d'avoir fait l'idiote dans une douche. Tu es vêtue simplement, teeshirt gris trop grand et un boxer sur les fesses. L'habitude, en somme. Assise sur ton divan, en train de chercher de quoi regarder à la télévision, tu finis par prendre ton téléphone et pianoter dessus une fois l'application Snapchat ouverte.

"Je ne dirais pas non à de la soupe. Ou peu importe ce que tu accepterais de me faire à manger. Ça te dis, darling? "

Et tu envoies le message à la conversation du sportif. Tu avais beau te convaincre que ce n'était que pour le jeu, que pour le manipuler un peu plus et tisser ta toile, tu savais très bien qu'il n'y avait pas que ça. Tu avais besoin de ses bras, de sa chaleur, de son réconfort qu'il t'apporte sans arrêt. Tu avais beau chercher à résister, c'était devenu douloureux. Le manque commençait à peser de plus en plus. Tu avais pris habitude à le voir fréquemment et là, ça faisait un vide. C'était encore pire maintenant que tu te devais de ne pas bouger, de ne pas travailler, alors que ça ne faisait qu'un peu plus d'une semaine, pourtant. Un peu plus d'une semaine que tu endurais cette douleur malgré les médicaments, à rester seule chez toi. À hésiter de le contacter, encore plus depuis qu'il t'avait laissé ce Snap clair et précis sur ce qu'il pensait de la situation. Il suffisait de lire entre les lignes pour le comprendre que ton absence le soir que tu as été admise à l'hôpital, mêlé à tout le reste, c'était loin de lui plaire. Ton regard déviait souvent sur ton téléphone, d'ailleurs. Il n'avait rien dit. Pas même répondu à ton message malgré qu'il l'avait vu. Tu regardais la télévision bien trop distraitement, voyant le temps s'écouler au fur et à mesure. Toujours rien, aucune réponse. Il ne viendra pas. C'est la seule chose que tu parviens à te dire. Il ne viendra pas, parce qu'il t'en veut, parce que tu as encore merdé. Ta cuisse te tiraille davantage alors que tu sens ton corps qui se tend sous toutes tes pensées négatives. Tu es portée à vouloir masser la douleur, pour la faire partir, mais tu te rappelles bien trop des paroles du médecin. Le massage, c'est interdit. Pas même palper, rien. Le moins que tu y touches, le mieux que c'était. Tu devais même faire attention à la température de l'eau de ta douche, afin de ne pas trop faire dilater les vaisseaux sanguins. Que du froid. Dans une ville comme Reykjavik? Pourtant, tu respectais les consignes. Tu gardes ta jambe surélevée contre ta table basse, tu prenais soin de garder un bandage en tout temps et limiter le plus possible toute activité physique. En même temps, vu le mal que tu avais rien que de marcher ça ne te donnait pas envie. Au moins, tu te voyais bien moins courbaturée que les premiers jours suivant la chute et tes ecchymoses et égratignures ici et là sur ton corps se faisaient moins apparent. Il n'y avait que ce bleu moche contre ta cuisse, au final, beaucoup trop gros à ton goût.

Ta sonnette retentit. Ça ne pouvait tout de même pas être lui, n'est-ce pas? Tu appuis pourtant sur le bouton qui ouvre la porte, sans prendre le temps de savoir qui se trouve derrière. Pour t'éviter les faux espoirs, à quelque part. Puis, de toute façon, tu es bien loin de te soucier de qui s'introduit dans le bloc d'appartements. Alors tu marches difficilement jusqu'à la sonnette et laisse l'inconnu entrer. Tu attends cependant tout près de la porte, autant par manque d'envie de refaire le chemin de nouveau si l'on venait à cogner, tout comme par espoir. Par espoir que ce soit lui qui arrive et non simplement quelqu'un qui a sonné quelques numéros afin d'intégrer le bâtiment. Ton coeur s'emballe ne serais-ce qu'un peu lorsque tu entends des coups retentir à ta porte. Tu débarres, tu ouvres, tes lèvres s'apprêtant à s'étirer dans un sourire, mais la vision de son visage te fait arrêter tout de suite. Parce que ses jolis traits sont heurtés, de sa pommette à sa tempe, dans un ecchymose assez prononcé. Ton coeur se serre sans que tu ne puisses le contrôle et tu te bouges aussitôt de la porte pour le laisser entrer, serrant les dents quand tu fais un pas de travers douloureux. « Qu'est-ce qui t'est arrivé? C'est ta blondinette qui s'est vengée de savoir qu'à la base, elle n'était qu'un pari? » Et tu tentes un sourire, pourtant doux, afin de lui laisser savoir que ce n'était qu'une plaisanterie, qu'une moquerie habituelle de ta part. Même si d'un seul coup, ta blessure était bien plus secondaire que ce que tu venais de découvrir sur lui.

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MessageSujet: Re: In need of attention | Beiki   21.08.18 21:44

Bethany & Heiki


Devant le reflet du miroir, Heiki observait en silence le léger gonflement de sa pommette, et cette couleur violette qui s'amusait à passer au bleu en remontant sur sa tempe et son sourcil. Pour le coup, il n'avait pas raté sa cible ni dosé sa force, Drake. La perte de contrôle avait été totale. Cela avait même effleuré le métisse à certains instants, qu'il allait se retrouver véritablement passé à tabac tant il avait fait face à un type totalement en chute libre émotionnellement. Peut-être même qu'il avait eu peur, Heiki. En prenant conscience de la colère qui animait le copain d'Ese, et de ce contrôle qu'il perdait à la vitesse de l'éclair. Les gens imprévisibles et violents se faisaient toujours plus dangereux que les autres, même les plus sinistres. Mais là, maintenant ... il se demandait surtout comment expliquer ça au travail en préservant sa réputation auprès de ses clients. Il serait possible de dissimuler ça sous quelques crèmes couvrantes, mais pas immédiatement, c'était encore trop douloureux. D'ailleurs, il grimaça en touchant à peine le dessous de son œil, pour finir par appliquer une lotion non sans serrer les dents. Ça fichait la merde, cette histoire. Non seulement parce qu'avec toute la sincérité du monde, il ne voulait pas troubler le couple de son cousin adoré, mais aussi parce que se présenter ainsi devant Carron... ça pouvait mal passer suivant si Drake lui avait parlé de l'altercation, ou pas. Tout dépendrait de ça, de ce détail qui devenait la clé de la réaction qu'allait travailler Heiki avec stratégie. Avec tout ça, il avait même manqué le dernier jeudi. Mais de toute manière, y serait-il allé ? Très peu sûr... Lilith l'avait nettement planté la semaine d'avant, elle lui avait à peine parlé aussi durant ce laps de temps. Peut-être qu'elle décrochait du jeu... ou qu’elle creusait encore. Et si Heiki le prenait relativement bien, c'était surtout parce que son attention s'était focalisée ailleurs entre temps. Sur l'Américain précisément, qui avait fait diversion sans le savoir et exorcisé un peu le mal qui avait rongé Heiki aux derniers jours passés en commun avec la brune.

Alors quand il consulta son snap pour y lire un message, il hésita. Vraiment. Il fallait dire qu'elle jouait trop bien, Lilith. Si bien qu'il s'en était trouvé à dérailler un peu plus chaque jour depuis l'incident du stade. C'était d'ailleurs étonnant de repenser à ça, à la manière dont il avait réagi. Comme enfermé dans une cage, l'esprit et le regard munit d’œillères pour ne voir qu'elle. Jusqu'à souffrir de jalousie et de ce manque insupportable qu'il n'avait compris qu'en rompant le contact. A prendre du recul sur les choses, il pouvait voir maintenant les ficelles qu'elle lui avait imposé pour le rendre faible, et imposer sa marque. C'était presque clair, désormais que la situation avait été réfléchit. Lilith avait réussi son coup sans tellement le faire sentir et Heiki n'en nourrissait que plus de rancœur à son égard. Il la haïssait puissamment d'avoir été jusqu'à là, de l'avoir réduit à l'état de manque, presque hystérique au bar le soir où elle n'avait pas pris la peine de venir, sans même un message. Il avait presque senti quelque chose se rompre en lui à l'idée qu'elle soit avec quelqu'un, qu'elle en ait préféré un ou une autre à sa présence. Au-delà du jeu, elle avait été au-delà du jeu... et il s’était presque laissé duper lui-même. Finalement, détourner son regard d'elle pour Carron, nourrir des appétits pour une autre cible lui avait permis de se reprendre. Lilith, elle restait dans le fond de ses pensées comme cette joueuse aux griffes acérées qui l'avait presque précipité dans la défaite. Alors que maintenant l'Anglaise revenait à la charge, il était prêt. Nettement moins amoché par ses assauts invisibles, l'esprit vif et les pensées clairs, un sourire étira ses lèvres en relisant le message. Bien sûr que si qu'il allait y aller. Lilith réclamait son attention, elle ouvrait la porte à un jeu qui allait devenir bien moins ludique. A présent c'était une question d'amour propre, et de fierté. Cette fille, il devait vraiment la réduire en cendre pour l'état dans lequel elle était parvenue à le mettre...

Alors il n'avait pas été long à sauter dans un jean et un pull, surplombé d'un sweat épais. Les soirs se rafraichissaient déjà drastiquement sur la capitale, mais hors de question d'abandonner déjà le vélo en cette saison. Et puisqu'il n'avait pas le temps de cuisiner, Heiki avait pioché dans ses réserves au congélateur. Pas de soupe pour Lilith, mais une merveille de gratin de poisson, potiron et noisettes. Rien que ça. A mesure qu'il approchait du domicile de l'Anglaise, il fut nécessaire de revoir ses pensées. Pour sûr, Heiki était plus lucide après cette absence, après cette séparation trop longue mais nécessaire. Il ne pouvait cependant pas se cacher qu'elle lui avait diablement manqué. Là encore, c'était un problème... le sentiment de manque, d'être abîmé par cet éloignement était toujours là, au creux de son ventre. A la même place que la joie de la voir, le besoin de prendre de ses nouvelles. L'envie de sa peau, sa chaleur. C'était encore là malgré tout. L'avantage, c'était que dès lors qu'il avait pris conscience de son échec devant le jeu subtil de Lilith, il s'était armé plus fortement, son mental avait pris le dessus. Il n'y avait maintenant plus qu'un seul objectif pour lui : se servir de ce qu'elle lui avait insufflé et qu'il gardait en lui, pour retourner ça en sa faveur. Il n'aurait plus de mal à se jouer de ses propres émois, pour creuser ceux de l'Anglais jusqu'à l’échec et mat. Ayant montré trop de défaillance jusqu'à maintenant, trop de failles, la brune était fichue... Cuba sortait désormais ses armes lourdes.

Une fois son vélo attaché en bas de l'immeuble, Heiki ne fut pas long à trottiner jusqu'à la porte et à sonner en attendant qu'elle ouvre. Ce qu'elle fit en le laissant patienter un peu... très bien. Cela lui laissait le temps de juger de ses émotions. Il y avait de l'impatience, mais pas tant. S'il était fébrile ? Oui. Mais pour se dire ensuite qu'il s'agissait de son côté prédateur, trop en hâte à l'idée de travailler sa proie. Ainsi, il grimpa les étages deux marches à la fois, pour finir devant la porte de Lilith comme s'il connaissait déjà le chemin sur le bout des doigts. Quand elle ouvrit, c'est son regard qui lui rappela l’ecchymose sur son visage. Avec tout ça il l'avait presque oublié... Ça, et le fait se sentir cette foutue chaleur dans sa poitrine au simple fait de la voir. Son odeur qui marquait son appartement martela un peu son manque pour le perdre l'espace d'un instant dans les yeux clairs qui le scrutaient lui. Voilà qu'il devait à nouveau se battre pour rester lucide et contrôler ses émotions. Elle les avait plantés profondément, ses crocs. Mais le venin ne pouvait plus le faire autant souffrir qu'avant son absence et le lapin du précédent jeudi qui l'avait fait bien trop perdre le contrôle. Un sourire tranquille sur le visage, il émit un léger rire.

Ça aurait pu, si cette charmante créature n'avait pas finalement voulut donner une chance à son mari … Pour me ramener à ma place de distraction agréable.

Un bref instant, il eut l'air attristé par le fait que cette Astrée l'ait largué, surtout après cette "passion" qu'il avait mimé devant Lilith. La réalité, c'était qu'il s'était lassé d'elle vite après que Lilith ne se soit fait absente.

Je n'avais pas de soupe, j'ai pris plus consistant alors j'espère que tu as faim !


Jusqu'à maintenant, il avait pris garde à ne pas la regarder dans son ensemble dès qu'il avait deviné sa tenue. T-shirt + boxer. A force, le métisse en avait l'habitude, mais l'effet était toujours aussi fort que la première fois qu'il l'avait vu ainsi. D'un seul geste, il leva le bras pour mettre en valeur le plat emballé dans un sac et entra dans l'appartement pour saluer Litchi de loin. Mais ignorer ses miaulements au moment où ses yeux trouvèrent enfin le courage d'effleurer la silhouette féminine pour découvrir un bandage. Et la peau bleue qui pouvait se laisser entrevoir par endroit. Immédiatement, son cœur rata un battement et un regard vif accrocha celui de Lilith. Il en avait suspendu sa marche, comme son sourire en oubliant ses résolutions et les évidences qui l'avaient mené ici avec plus d’aplomb que d'impatience. La victoire s'éloignait, sa nécessité aussi. Au profit d'une inquiétude grandissante qui ne pouvait que marquer ses traits.

Qu'est-ce que tu t'es fait ?


Pas moyen de plaisanter comme elle... Ils étaient beaux, amochés ainsi. Il tilta cependant pour essayer de retrouver un semblant de sourire et lâcha avec appréhension tout de même.

Ô seigneur, dis-moi que ce n'est pas encore un tatouage...


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Dale suave, que me duela
Mi vida entera, te prometo que a partir de hoy . Voy alejarme y no escribirte como un perdedor. Al fin y al cabo ya no hay nada que contarte. Yo ya di mi parte, y aún así no ya volverás. Y aunque sea difícil ya no verte más. Será por mi bien no saber dónde estás. Yo para tus juegos ya no estoy. De tus brazos yo me voy …
   
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MessageSujet: Re: In need of attention | Beiki   22.08.18 18:29

Bethany & Heiki


Tu aurais pu lui écrire de nombreuses fois, depuis que tu avais quitté son appartement ce soir-là. Sauf que la vérité était qu'autant était-ce de la manipulation que tu avais également besoin de temps. Du temps pour l'oublier, pour mettre sa tendresse de côté et calmer ton coeur qui criait à son manque. Tu avais cherché à l'oublier, après ce trekking. Après cette engueulade matinale lorsque tu avais appris qu'il avait pris grand soin de contacter ton employeur pour te faire prendre congé histoire que tu te reposes. Ça t'avait énervée qu'il se mêle de ta vie de la sorte, qu'il décide pour toi que tu n'ailles pas travailler. Certes, il n'avait pas trop. Tu étais crevée, épuisée, morte de fatigue. Mais toujours est-il que c'était un pas de trop dans ta vie personnelle et que la chose passait difficilement alors que pourtant, c'était un geste qui se voulait d'une bonne pensée. Le geste qu'un ami viendrait faire, tu présumes. Tu ne sais pas si le tout était lié à des fins de manipulation, tu ne serais pas surprise, mais toujours est-il que c'était le pas de trop. Tu t'étais retrouvée incapable de te calmer jusqu'à t'enfermer dans ta chambre. Pour ensuite entendre un claquement de porte signifiant qu'il venait de partir. Ton coeur s'était effondré et tu n'avais pas pu t'empêcher de lui envoyer un message pour chercher à le ramener. C'était ta première bêtise, ça. Celle involontaire. L'autre s'était retrouvée au stade, avec tes charmes sur Svan. Celle un peu plus volontaire, aux réactions bien plus fortes de sa part que ce que tu t'attendais. C'était une preuve, ça. Une preuve que tout ce que tu avais travaillé depuis le début du trekking commençait à faire son effet. Tu avais développé tes tactiques afin de démontrer cette sensibilité, afin de le perdre en lui faisant voir que tu n'étais peut-être pas qu'une garde au final. Et il avait commencé à s'accrocher à ça. À ta douceur, à cette vulnérabilité que tu lui avais démontré. Le rendre important, le lui faire croire. C'était ça, ton but. Puis tu as voulu l'oublier complètement, le mettre hors de ta vie. Parce que c'était sans doute mieux ainsi après tout. Mais tu as faiblis peu de temps après t'avoir refait tes barrières. Revoir ton ex, ça t'a affecté et c'est là que tu as constaté qu'au final, tu avais besoin de lui. C'était sans doute le résultat de la manipulation du coach sur ton esprit, mais le besoin était tout de même là, puissant. Les choses ont déraper, pour le meilleur comme le pire. Autant dans la tendresse, l'abandon totale entre ses bras comme celui de ta pauvre carcasse au bar alors que tu étais déjà bien ivre et que tu l'observais quitter l'endroit au bras d'Astrée. Astrée. La blonde aux jambes sans fin et aux yeux bleus perçants. Tu avais jeté le métisse dans ses bras pour votre défi. Une femme mariée. Au final, c'était un mariage qui battait de l'aile et elle t'avait volé l'attention du cubain au moment où tu avais besoin de lui. Si tu étais jalouse? Loin de là. Mais la douleur liée à l'abandon, le caprice de ne pas avoir ce que tu veux, ça, c'était présent.

En un peu plus d'une semaine, tu avais passé ton temps à combattre ce manque. À te forcer à passer par-dessus, à couper les ficelles qu'il avait soigneusement placé de ses mains agiles contre ton corps pour mieux te tirer dans sa toile. Alors chaque fois que tes doigts commençaient à pianoter une réponse, tu l'effaçais par défaut. Tu ne pouvais pas abandonner. Tout d'abord, c'était l'excuse d'être trop occupée, ici et là. Histoire de faire comme si tu tenais à lui donner des nouvelles. Puis vint le silence radio, encore une fois. Tu rebâtissais tes murs pour les solidifier, rapidement. Mais de te retrouver à ne pas travailler, à passer ton temps seul alors que tu t'étais habituée à sa présence, ça s'est mis à peser. Remettre le jeu en fonction, combler ce manque. Tout était clair dans ton esprit fatigué -parce que forcément, la douleur t'empêchait de bien te reposer-, jusqu'à le voir là, avec la teinte mauve et bleutée sur son visage. Un petit rire quitte tes lèvres lorsqu'il t'explique que la blonde avait décidée de redonner chance à son mari. Réalité? Mensonge? Peu importe. « Et c'est son mari qui a découvert l'affaire et qui t'a frappé? » Tes lèvres s'étirent pourtant dans un léger sourire amusé, bien que tu sois loin d'être dans un réel état pareil. C'était une réponse face à son air attristé, un ajout à ta phrase qui banalisait un peu ce crush qu'il semblait tant avoir pour cette inconnue, comme si elle n'était qu'une conquête parmi tant d'autres. Parce que c'était le cas, n'est-ce pas? Ça devait être le cas. Il fallait que ce le soit.

Ton regard s'amène sur le sac qu'il soulève. Ce n'était pas de la soupe, mais c'était cuisiné par lui. Par défaut, ça ne pouvait que te plaire. Parce qu'il cuisine bien, beaucoup trop. Ta nourriture est fade, sans goût contrairement à ce qu'il fait. En même temps, tu es trop peu une bonne cuisinière pour arriver à faire une telle chose. Mais maintenant que tu avais goûté ses plats, tout ce que tu te cuisinais ou achetais, c'était loin d'égaler sa nourriture. Ça te manquait, ça aussi. Pouvoir, tu mangerais de ses petits plats chaque jour. Sauf que tu avais épuisé ta réserve des quelques plats qu'il t'avait laissé à ta porte et il était hors de question que tu le fasses incruster dans ta vie au point de te cuisiner de la nourriture sans arrêt. « Je meurs de faim, oui. Tu as amené quoi, alors? » C'est tout ce que tu étais parvenue à demander après le spasme de douleur à ta cuisse lorsque tu t'étais reculée trop vivement pour le faire entrer. Saleté de cuisse. Pourquoi tu avais décidé de reproduire une scène de film pornographique, déjà? Chose complètement ridicule. Tu refermes la porte lorsqu'il entre dans l'appartement, contenant ton sourire en l'entendant saluer Litchi. La relation semblait s'améliorer entre les deux, tu crois. Tu sais qu'il l'insultera sans doute toujours, à la trouver sale et tout le reste, mais tu sais qu'à quelque part il l'aime bien. En même temps, c'est un amour, la petite boule de poils. Elle fait si peu de mal à qui que ce soit, bien qu'elle soit complètement jalouse de cette proximité que tu as entretenue à nombreuses occasions avec l'homme dans ton appartement. Tu allais tendre les mains afin de récupérer la nourriture et amener la chose jusqu'en cuisine, mais tu n'as pas même le temps de débuter ton geste que tu croises un regard vif de sa part. Pour y croiser de l'inquiétude qui se démontrait de plus en plus dans ses iris. Encore une fois, ton esprit balançait. Manigance, réalité? Franchement, il s'inquiétait de ta cuisse alors qu'il avait une grosse ecchymose sur le visage? Certes, son bleu partirait sans doute plus rapidement que le tien. Et ça ne nécessiterait pas de réadaptation. Il n'avait pas à y mettre de la glace à toutes les heures. Il n'avait pas à y mettre un bandage, ça ne l'avait pas amené aux urgences. Mais reste qu'il était blessé, lui aussi, merde! Tu roules pourtant des yeux dans un petit sourire amusé lorsque tu l'entends faire mention du tatouage.

« Si seulement. Un tatouage ne m'aurait pas amenée à manquer notre jeudi de défis, chéri. » Comme ça, d'un seul coup, tu lui remettais au visage ton absence et ce lapin posé involontairement. Histoire de le faire culpabiliser, peut-être, de t'en vouloir pour avoir manqué parce que tu étais aux urgences. Même si tu avais simplement pu lui laisser un message pour lui dire le lendemain. Non, tu ignorais ce détail afin de lui ramener ça en pleine tronche, tout comme lui laisser savoir que le jeudi qu'il a décidé de ne pas se ramener? En te disant qu'il n'était pas prioritaire pour toi la semaine précédente, donc il se vengeait? Tu lui laissais savoir que ce jeudi-là, tu t'es ramenée de force malgré ton état actuel. Tu délaisses tout de même un petit rire, prenant finalement le sac de nourriture d'entre ses mains, non sans laisser effleurer "accidentellement" la main tenant la poignée. Tu te diriges vers la cuisine, le pas boitant malgré toi, tentant au mieux de marcher comme si de rien était. À passer par-dessus le mal, par-dessus la blessure. Tu voulais simplement voir ce que le plat contenait! Alors tu te rendis finalement jusqu'à ta petite cuisine, posant le sac sur le comptoir, prenant davantage ton appui sur ta bonne jambe pour compenser le mal et tu le défais afin d'en explorer le contenu, tout en expliquant un peu mieux la raison de ta blessure. Du moins, celle que tu voulais lui donner. Hors de question qu'il sache la vérité. Tout comme qui que ce soit, en vrai. Même le médecin n'a pas été mis au courant de la cause de votre chute. « Je me suis dépêchée pour me rendre à un lieu, j'étais sur le point d'être en retard. Bref, c'est pas important. Sauf que je me suis cassée la gueule dans les escaliers extérieurs et ma cuisse a heurtée une roche qui traînait là, comme par hasard. Rien que pour m'emmerder. J'arrivais plus à marcher sur ma jambe, quelqu'un m'a aidé pour m'amener à l'hôpital. Résultat; contusion du muscle de la cuisse et incapacité à bosser pour quelques temps encore. » Tu lâches un soupire, ton découragement bien audible dans ton récit. C'était un peu ridicule, comme scène. Ce n'était pas tant loin de l'absurdité de la réalité, en même temps. Ton esprit tentait de rester vif face à la présence du sportif dans ton appartement, mais il y avait une chose qui ne changeait pas : ta capacité de mentir et d'inventer des mises en situation crédibles. Qu'il rigole s'il le désire, de ta mésaventure. Tu aurais sans doute fait la même chose s'il venait vers toi avec une explication pareil. L'important, c'était qu'il ne sache pas la vérité honteuse qui se cachait derrière.

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MessageSujet: Re: In need of attention | Beiki   26.08.18 14:37

Bethany & Heiki


Ce foutu silence radio dont elle était experte avait finalement possédé des vertus importantes. L'état d'Heiki s'était nettement dégradé lors du jeudi où elle avait disparu dans la nature. Ça, ça avait été la goutte d'eau. Parce qu'elle s'était beaucoup trop jouée de lui après ces quelques jours suivants le trek. Et surtout parce qu'il avait pris conscience, le métisse... Il avait pris conscience avec amertume de toute cette influence dont elle l'avait infecté tandis qu'encore une fois, il l'avait sous-estimé. A chaque fois il s'était promit de garder ses défaites en mémoire, de ne pas oublier la détermination farouche de Lilith lors des pires moments du trek, signe d'un mental puissant. Mais son arrogance à lui l'avait toujours amené à se penser plus fort, plus malin, plus imposant qu'elle. Quelle erreur. Sauf que cette fois, il en avait pris bien trop conscience et avec le recul, Heiki voyait clair. Certes, il y avait toujours cet émoi particulier qui le prenait quand quelque chose concernait Lilith... une sensation plutôt étrange et inattendue qui restait accrochée dans son ventre. Elle restait dans son esprit aussi, inlassablement. Pourtant, il s'était blindé. Le sportif avait lâché prise une fois... il ne le ferait pas deux. Parce que justement, ce moment de faiblesse devenait un atout immense contre elle, et qu'avec sa vision nette des choses il y avait beaucoup à prendre pour se lancer dans une guerre froide beaucoup plus pernicieuse. Désormais, il ne ploierait plus. Heiki allait lui faire croire à tout ce qu'il avait démontré lors de leur dernier tête à tête. L'affection grandissante et sincère, le désir, la tendresse... et l’intérêt aussi. Parce qu'il avait toujours démontré cela pour elle, qu'il l'appréciait et voulait en savoir plus pour établir une véritable relation. Une multitude de petites choses, bien trop discrètes pour être remarqués par le commun des mortels, mais pas à Lilith à qui peu de chose échappait. Et plus s'était discret, plus cela ressemblait à la fuite de quelques émotions laissé là par mégarde, et plus elle pourrait y croire. Son inconscient ferait le travail. Et lui en attendant, n'avait qu'à jouer avec l'air de ne plus posséder tant d'atout majeur que cela en main.

Les mains glissées dans les poches, Heiki la laissa évoquer le mari d'Astrée, et laissa une petite mine grise le frapper quelques instants. Cette fille avait été une ficelle parmi d'autres, mais cela avait blessé Lilith. D'une manière assez étonnante d'ailleurs... Une chose qui avait précipité le métisse à sa perte quelque part, mais qui avait sans doute laissé des traces non négligeables chez son adversaire.

Non, non... Le mari n'a rien découvert. Alors j'attends, peut-être qu'elle reviendra... Ça, c'est plutôt l’œuvre d'un de tes compatriotes, d'ailleurs.

Pour l'instant, il ne précisait rien de plus concernant Astrée comme sa blessure au visage. Au contraire, le métisse mourrait d'envie de lui dire que son ex était de retour dans sa vie, pour que l'information ne creuse un peu ce drôle de symptôme qu'il avait bien découvert chez elle. Avec Lilith, il n'était pas question de jalousie comme il en avait lui-même fait preuve. Il avait souvent confondu cela avec autre chose. C'était l'abandon qui lui faisait peur, il en était certain désormais. Elle l'avait pourtant démontré, ça et une incrédulité assez forte concernant l'affection qu'il pouvait lui porter. Alors ça se rejoignait, ça se couplait. Et la nouvelle manigance qu'il mettait en place envers Carron deviendrait aussi un nouveau venin contre l'esprit de Lilith. Ça, comme le fait qu'il ait laissé planer son désir de voir Astrée revenir vers lui, tandis qu'il n'était pas homme à attendre une femme. Qu'il lui vouait encore bien trop d'affection et de pensées, visiblement. Il resta pensif l'espace de quelques secondes, avant que Lilith ne capte à nouveau son attention en prenant le sac qu'il trimballait depuis chez lui. Mais à la question de l'Anglaise à ce sujet, il n'avait rien répondu. Simplement parce qu'il avait remarqué avant cela le bandage contre sa cuisse et que la vision avait fauché ses paroles en même temps que ses manigances. Tout cela s'était suspendu une minute, le temps de sentir sa détermination se froisser au profit d’une inquiétude véritable. Evidemment que ce n’était pas un tatouage, il n’était pas stupide au point de croire une telle chose mais… devant cette vision, et l’anxiété qui sans doute venait de fuiter de par son regard, il fallait bien faire mine de craindre quelque chose de sommaire ? Le jeu, toujours le jeu… et puis à cette occasion, il lançait encore une pique concernant ce qu’il aimait le moins chez elle. La suite en revanche, le força à la suivre pendant qu’elle venait poser le sac dans la cuisine, le visage un peu plus fermé et les sourcils froncés. Un simple contact de sa main d’ailleurs, et voilà qu’il sentait sa main picoter pour en avoir davantage. Après ces nombreux jours, le manque semblait toujours se manifester de diverses manières. Fort heureusement cette fois, Lilith venait de lui donner une diversion suffisante pour ne pas focaliser dessus.

Sans un mot, il l’avait laissé parler tout en tournant et retournant l’information dans sa tête : elle avait manqué le jeudi pour cette blessure. La rancœur ne put que le reprendre. Parce que certes, la lésion n’était pas feinte et qu’à en observer le boitillement et les petites grimaces de douleur, c’était du sérieux. Mais Lilith ne faisait rien sans avoir une idée derrière la tête… peut être que ça l’avait arrangé, finalement. De poser ce lapin, et d’avoir attendu ensuite tout ce temps pour lui agiter tout le nez, attisant ainsi son attention et sa culpabilité pour la soirée qu’il avait lui-même raté. Encore une fois, une pointe de colère se glissa dans le reste de ses émotions. Est-ce qu’il se pouvait qu’elle soit plus forte que lui ? Non impossible. Parce qu’à mesure qu’il avançait dans l’eau trouble, Heiki allait vers le clair. La brume se dissipait et il pouvait nettement percevoir des contours. Alors il se contenta de la fixer, tout en regardant sa cuisse, puis ses deux yeux verts perçants. Son cœur n’avait pas pu s’empêcher de faire une embardé à l’imaginer à terre et en douleur. Mais par la suite, les choses retombèrent, les émotions aussi. Et même si le sportif ne se moqua pas un instant, il laissa son naturel prendre le dessus pour que tout semble si vrai. Aucunement factice. Et il poka le front de la brune qui s’intéressait à la nourriture apportée.

Espèce de sale petite imbécile !

Sans attendre, il éloigna le sac d’elle en le faisant glisser sur le comptoir. Et d’un geste vif et sûr de lui, Heiki manipula le corps blessé de l’Anglaise pour le soulever de terre et la porter contre lui, un bras sous les genoux. Princesse Lilith n’eut pas l’occasion de gronder, parce que le métisse ne lui laissait de toute manière aucunement le choix !

Ce n’était pas plus simple de me dire directement ce qu’il se passait ? J’aurais pu venir t’aider… Mais ce n’est pas possible d’être idiote, comme si « Anglaise » ça ne suffisait pas ! T’es réellement insupportable…

Il chassait la culpabilité naissante, qu’elle cherchait si bien à faire naitre… Puis le reste aussi, l’inquiétude, l’affection et l’envie de la réconforter. Bien que pour cette dernière émotion, il était nécessaire au contraire de la développer. Heiki allait prendre soin de Lilith… C’était le but de la manœuvre. L’air toujours un peu contrarié malgré tout, le sportif transporta la brune jusqu’au canapé comme si elle ne pesait qu’un rien, pour l’y déposer en fronçant les sourcils encore plus fort. Puis il la menaça du doigt sans attendre pour qu’elle ne bouge pas de là.

Heurter une roche… J’hallucine. C’est presque vexant que tu ne m’aies pas appelé. Hostia Lilith, je me suis fait du souci. Tu t’en rends compte ou pas ?

L’histoire servit comme excuse n’ayant pas vraiment d’intérêt, inutile de revenir dessus. Ce genre de chute pouvait bien arriver à tout le monde après tout, même si dans le cas de Lilith, le sportif pouvait bien douter de la vérité servie. Désormais boudeur mais attentif, il observa la cuisse pour se permit de saisir la cheville avec délicatesse pour déposer le pied sur la table basse, sur un petit coussin qu’il avait rapidement placé là. Puis il lâcha un soupire sec avant de repartir vers la cuisine pour s’occuper du plat qu’il lança en décongélation dans le micro-onde. En quelques instants, le métisse s’activait déjà dans la cuisine, à ranger un peu, à passer un coup d’éponge pour nettoyer ici et là. Non sans jeter de petits coups d’œil à Lilith pour s’assurer qu’elle ne bougeait pas de sa place. Il avait un air un peu contrarié toujours, qu’il peignait si bien sur son visage. Parce qu’il l’était aussi… il restait maintenant silencieux en rejetant autant que possible les effets des paroles venimeuses sur son esprit encore fragile. Puis il s’en alla fureter dans le congélateur pour y trouver une poche de glace qu’il enveloppa dans un torchon vraisemblablement propre pour retourner vers le salon. Une fois assit à côté d’elle, Heiki sembla s’adoucir un peu en lui tendant la glace. Il resta encore silencieux, le temps de se permettre un geste trop spontané pour être retenu, alors qu’il lui passait une main dans les cheveux. Aussi bien pour les rejeter en arrière que pour lui offrir quelques caresses qu’elle avait toujours semblé apprécier plus que de raison.

C’est très douloureux ?

Ce genre de blessure, un sportif ne pouvait que connaitre. C’était généralement très tolérable, comme douleur… mais la savoir sur Lilith n’était pas acceptable. Putain de sorcière. Qu’est-ce qu’elle était en train de faire de lui ?

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MessageSujet: Re: In need of attention | Beiki   26.08.18 17:52

Bethany & Heiki


Le silence. Cela faisait désormais très longtemps que tu étais passée maitre dans l'art. T'éloigner, ne pas donner de nouvelles pendant une durée spécifique. Tu le faisais généralement parce que tu en avais marre des autres, parce que tu n'avais plus envie de parler à la dites personne, tout en évitant de poser un geste qui t'amènera à l'éloigner. Garder la personne à distance de bras, afin que tu puisses la ramener à toi lorsque tu avais besoin d'elle. C'était facile. Il suffisait de ne pas donner de nouvelles en disant que tu étais trop occupée. C'était commun, après tout. Le poids de la vie sur les épaules qui nous rend incapable de donner des nouvelles, de donner signe de vie, si ce n'est qu'à de rares occasions. La plupart des gens dans ta vie étaient là parce qu'ils avaient une utilité, après tout. Des contacts pour sortir le soir, pour te réconforter lorsque tu avais besoin de relâcher un peu de pression. Sauf qu'avec Heiki, c'était différent. C'était autant pour des fins de manipulation que pour te recentrer, remettre tes barrières, combattre ce manque qu'il avait créé. Panser la plaie qu'il avait laissé ouverte, bien que ce dernier soir passé ensemble avait réussi à y faire quelques points de suture. En temps normal, tu aurais attendue d'être pleinement guérie, que la plaie se soit complètement refermée avant de reprendre contact. Mais la solitude se faisait pesante sur tes épaules fines. Le manque. De lui, de contact, d'affection. De chaleur humaine, un peu. D'une présence dans ton appartement, toi qui avait commencé à t'y habituer depuis un moment. Puis, tu sais bien qu'avec lui, tu ne peux pas te baser que sur le châtiment du silence. Il finirait par partir, par en avoir marre. Le jeu viendrait s'éteindre tout seul. Non, tu ne pouvais pas le garder à distance de bras pour une trop longue durée. Tu devais nourrir cette addiction que tu avais vu se développer, de plus. Tu avais eu le temps de réfléchir, longuement. Les stratégies avaient pu se remettre en place, tes idées aussi. Le jeu reprenait après s'être affaibli, après tout. Tu te devais d'avoir l'esprit clair, vif.

Un rire quitte tes lèvres à l'entente de ses paroles. Rien de moqueur, cette fois. Ce n'était qu'en réponse à son commentaire sur ton compatriote. Tu n'étais pas la seule anglaise à bien frapper, visiblement. La vision t'arrachait le coeur, mais il venait t'empêcher de trop te laisser avoir par ce sentiment à force de parler de cette blondasse. Le voir partir ainsi, la femme au bras, alors que tu avais besoin de lui sans doute plus que jamais à ce moment-là, c'était sans doute la blessure qui était encore la plus difficile à faire guérir. C'était celle-là, qui restait encore un peu ouverte, cachant au creux tout les compliments et les gestes d'attention de la part du métisse qui te causait chaque fois cette panique. La vision, de le voir ainsi tout fébrile, à regarder la porte de sortie sans arrêt. Et cette question où il t'avait à peine regardé "Tu m'en voudrais si je te laissais?" Ça te hantais presque encore. Ton coeur était déjà douloureux et il te demandait de pouvoir te laisser derrière, complètement ivre dans le Pub. C'était votre soirée, il te manquait, tu avais besoin de lui. Et il partait avec la femme mariée. Faut l'avouer, tu étais presque déçue de l'entendre te dire que ce n'était pas de la cause du mari, ce coup de poing. Comme ça, ça aurait été définitif, il ne l'aurait pas vue de nouveau. Et il n'y aurait pas eu ce risque de te faire abandonner encore une fois, un soir où sa présence se faisait nécessaire. Tu ne savais peut-être pas que cette Astrée n'était qu'un pantin dans le scénario du sportif, mais tu étais bien consciente d'une chose cependant. Le jeu était présent, comme toujours. Ta réaction face à la situation ne pouvait qu'être le résultat de ses manigances qui s'incrustent dans ton esprit. Tu devais sortir de là, te sauver de ce manque qui pesait sur ta poitrine chaque fois qu'une porte fermée venait à vous séparer pour quelques jours.

Mais peu importe de ces manigances, de cette manipulation. Tu avais besoin d'une présence, de le voir. Il te manquait, c'était inévitable. Alors tes doigts avaient pianotés le message. Combler ce manque, prendre conscience que ce n'est que le fruit de son travail expert, ramener le jeu. Ta stratégie ne pouvait qu'être solide, tu ne pouvais que te retrouver en avantage sur ce coup-là. Parce que même si l'un des buts venait à échouer, tu avais au moins le reste qui se comblait. Tu ne pensais qu'à toi, comme toujours, égoïste que tu es. Combler l'absence de ton appartement, ce vide, ce silence. Aller chercher de sa chaleur, de son réconfort. Et si ce n'était qu'un signe de faiblesse? Tant pis. Ce signe viendrait jouer en ta faveur par la suite. Ça avait été si efficace ces dernières semaines, après tout. Démontrer une sensibilité pour le faire s'accrocher, pour mieux lui causer ce manque par la suite. Ce n'était qu'une réponse à ce qu'il te faisait subir, à quelque part. Tu t'adaptais, peu à peu, à son mécanisme. Tu prenais tes marques, tu avais terminé une partie de ta phase d'exploration le temps du trekking. Tu étais prête à jouer. Enfin, presque. Parce que tu voyais son anxiété qui se montrait à ses iris et tu ne pouvais t'empêcher de te demander si c'était du vrai, du faux. Était-il réellement inquiet de te voir blessée? En même temps, tu te retrouvais dans le même état, le coeur un peu chaviré de le voir ainsi avec ces teintes froides sur le côté de son visage parfait. Tes doigts frôlent la main en prenant le sac et tu te diriges vers la cuisine, malgré la difficulté présente. Tu es quelqu'un qui marche pourtant vite en temps normal.Qui sait généralement où elle va et qui ne ralentit pas pour autant. Alors de devoir marcher avec autant de lenteur? C'était frustrant. Et vu ta patience légendaire, ce n'était qu'encore pire de devoir mettre le double du temps pour te rendre à une destination.

Il ne t'avait même pas répondu, à ta question. Sur ce que le plat contenait, si ce n'était pas de la soupe. Et tu avais faim, c'était le cas de le dire. Faim de sa nourriture, faim tout court. Avoir mal, ça épuise semblerait-il. Alors l'envie de te faire un repas complet et consistant, c'était bien loin de tes priorités. Donc oui, tu étais toute curieuse de savoir ce que le plat contenait, posant le sac sur le comptoir pour le défaire et en vérifier le contenu. Sauf que tu n'as pas trop le temps de mettre ton geste à terme que tu te reçois un coup de bout de doigt contre le front dans une tentative échouée de t'en défaire, t'amenant à froncer les sourcils sous l'insulte. Puis, tout se passe rapidement. Ses bras qui se brûlent à ton corps, comme chaque fois, pour te soulever vivement de terre et te porter en princesse. Ne sait-il toujours pas que tu n'en es pas une? À croire qu'il l'oublie, parfois. Tu as à peine le temps de lâcher un « Mais- ! » dans le geste, qu'il se remet à parler. Une main cherchant à te repousser un peu de lui, afin de contredire cette portée soudaine, tu parles en même temps que lui malgré tout. « Je suis encore capable de marcher, dépose-moi ! » De l'agacement clair dans ta voix, ce n'était qu'une réaction habituelle de ta part face aux attentions qu'il te porte. Pourtant, les paroles s'incrustent dans ton esprit. Lui dire ce qu'il se passait, qu'il aurait pu venir t'aider. Tu ne dis pourtant rien, pas maintenant, pas tout de suite. Tu te contentas plutôt de soupirer, toujours avec ce petit énervement dont il a l'habitude de voir, le laissant te transporter jusque sur le divan. Après tout, il ne te laissait pas le choix. Tu pourrais te débattre, mais ce serait ridicule et contrairement à ses dires, tu n'es pas idiote. Te débattre, tu tomberais au sol et te ferait davantage mal. Ce qui est loin d'être productif et utile dans ta position actuelle à moins de vouloir rager encore longtemps à ne rien faire devant ta télévision. Alors tu restes sage, tu le laisses te transporter, non sans lui faire un peu la gueule. À quelque part, c'était dangereux. Parce que quiconque aurait tout simplement pu te dire de lâcher ça, d'aller t'assoir et te reposer. Sauf qu'Heiki, lui, il sait. Il sait que tu es têtue, Bethany. Il sait que tu ne l'aurais pas écouté, que tu ne serais pas allée t'assoir comme une personne docile. Il sait que pour que tu le fasses, il fallait que ce soit fait de force et son doigt accusateur, qui te menace presque de ne pas bouger en est bel et bien la preuve. Il te connait, ça devient dangereux.

Tu le laisses pourtant observer la blessure, mettre ta cheville sur ta table basse. « Je croyais pouvoir me démerder seule, tu sais bien que je ne demande pas de l'aide aux autres. Je n'en ai pas l'habitude. » Tu soupires, ta voix prise entre de la douceur et de l'agacement. Le vert de tes prunelles se met alors à suivre le corps qui se met en mouvement après ce soupire sec. Le plat se dirige aussitôt vers le micro-onde et il se met à nettoyer, à ranger ta cuisine. Elle n'était pas trop bordélique, heureusement, mais ça se voyait facilement qu'il y avait des choses délaissées parce que tu ne te sentais pas au top de ta forme. Le ménage était sommaire, rien que pour dire que tu n'avais pas de choses sales qui traine. « Ce n'était pas pour t'inquiéter. » Tu lances finalement, sans le regarder cette fois. Non, ton attention était davantage tournée vers tes doigts qui cherchaient de quoi s'occuper, la mâchoire un peu serrée. Tu semblais presque retenir une quelconque honte, sur ce coup-ci. « J'ai pensé t'écrire, par contre. J'ai simplement pas osé. En partie pour ne pas t'inquiéter du fait que je m'étais blessée, justement. » Pour ne pas avoir de son attention, pour ne pas te faire prendre en pitié. Était-ce possible de mentir de la sorte tout en disant la vérité? Parce que les deux réalités venaient se confronter dans un choc fracassant, sur ce coup-là. Tu avais réellement pensé à lui écrire, plusieurs fois, mais tu t'étais empêchée. Tu n'as pas osé. Tu ne voulais pas succomber à ce manque, tu voulais lui en créer davantage. Tu ne voulais pas l'inquiéter avec ta blessure, qu'il te croit faible face à la douleur. Plusieurs choses se mélangeaient rien que par ces paroles, ces petites phrases-là.

Ton regard revient vers lui uniquement lorsqu'il reprend place à tes côtés, te tendant la glace enveloppée dans le tissu. Tu prends la fraîcheur entre tes doigts, ton regard s'amenant par automatisme vers l'horloge sous ta télévision. Ce n'était pas encore l'heure de te mettre de la glace, ça ne faisait pas assez longtemps. Tes doigts se resserrent qu'à peine lorsqu'il vient glisser ses doigts dans ta chevelure courte. L'un de tes deux points faibles. Il le sait, ça aussi. Pour ramener tes cheveux en arrière, pour y apporter quelques caresses. Parce qu'il te voit souvent dégager les mèches qui retombent à ton visage, tes doigts s'y amenant par réflexe chaque fois. Parce qu'il ressent ta tête qui se presse qu'un peu, comme en ce moment, à chaque fois qu'il t'offre des caresses. Tes paupières se ferment, une fraction de seconde à peine. Le temps d'apprécier. Le contact. Après plusieurs jours coincée seule dans ton appartement, ça te faisait horriblement de bien. Il devait s'en douter, ça aussi. « C'est mieux que les jours précédents, mais c'est encore présent. Ça n'aide pas d'avoir toujours du mal à ajuster le bandage, cependant. » Ça aussi, c'était une vérité. Parce que parfois, tes douleurs se retrouvaient causées par la bande de tissu extensible qui se voyait trop serrée ou pas assez. C'était désagréable de devoir le réajuster chaque fois, avec une pression constante. Ça semblait si simple quand le médecin t'expliquait comment faire, pourtant. Mais peu importe, au final. Ton attention se voyait à nouveau détournée vers lui, vers ce bleu. Et tu approches la poche de glace enrobée de son visage afin de l'apposer dans un geste qui se veut délicat contre l'ecchymose située au visage du coach. Geste qui est, bien entendu, bien moins doux que ce que tu le voudrais par manque de pratique dans ce type de gestes, mais l'intention était là. « Ce n'est pas encore l'heure, pour mettre ma glace. » Ta voix cependant, elle, est bien plus tendre cette fois alors que tu lui expliques brièvement la raison de ton geste. Tu prends une respiration silencieuse, un léger sourire se dressant à tes lèvres alors que ton regard s'ancrait au sien. Ce n'était que de la manipulation, tout ça, n'est-ce pas? Tu ne savais simplement pas si c'était davantage de toi... ou de lui.

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MessageSujet: Re: In need of attention | Beiki   30.08.18 21:45

Bethany & Heiki


Il y avait vraiment de quoi s’y perdre, de quoi déraisonner dans toutes cette charge émotionnelle qu’impliquait la blessure de l’Anglaise. Son absence, sa révélation concernant le « lapin » et le fait surtout, qu’au moment où il cédait à la rage, elle devait sans doute souffrir à l’hôpital. A peine arrivé chez elle, et déjà Heiki cédait sous le poids de toutes ces pensées qui n’allaient pas dans le sens qu’il voulait, celui de sa résolution et de cette stratégie maligne qu’il voulait reprendre en main le plus vite possible. Imposer son joug était d’une importance capitale. Il le savait, le métis… et c’était avec cette mentalité là qu’il avait sonné à la porte de Lilith quelques instants plus tôt seulement. Pourtant il n’avait pas fallu grand-chose pour qu’il perde à nouveau pied, que sa ligne d’horizon ne s’amenuise et qu’il soit à nouveau impossible pour lui de fixer ses objectifs du regard. Pour le coup, c’était intolérable. Aussi se fixa-t-il très rapidement sur la réalité qu’il pouvait percevoir. Ça, c’était simple : Lilith était une manipulatrice de géni. Au trekking, elle avait fait preuve d’une force et d’une détermination sans pareil, d’un mental exceptionnel. Là était la preuve sans conteste qu’il ne pouvait en aucun cas… aucun cas lui faire confiance. Qu’il soit dans le doute face à une faille, devant son air blessé ou une lueur semblant sincère dans son regard… qu’il hésite à voir dans son attitude une quête de chaleur et de tendresse… Finalement tout cela importait peu. Elle mettait ses instincts en berne, elle trompait sa vigilance et il semblait que ses capacités d’observation se trouvaient aisément renversés par ses talents. Alors il ne pouvait pas lui faire confiance. Et il ne pouvait pas se faire confiance à lui non plus la concernant.

A présent conscient de cette vérité absolue qu’il mettrait à profit, il n’en restait pourtant pas moins affecté par son état à elle. Mais il ravalait tout cela. Il ne pouvait, ni ne devait ressasser. Peut importait ce qui était arrivé, la dernière nuit passé ensemble avant de subir son absence de plein fouet. En fait… il fallait voir son objectif au loin, en discerner les contours et s’y tenir. Il n’y avait que cela qui lui permettrait de garder la tête hors de l’eau sans que Lilith ne puisse l’y enfoncer encore et encore jusqu’à lui faire perdre le souffle et la raison. Sinon, elle gagnerait encore. Il n’y avait qu’à voir comme elle avait glissé le fait de sa présence à l’hôpital le jeudi de son absence pour comprendre. C’était parfait ! Pour le faire culpabiliser, pour le faire enrager et ensuite retomber sec dans une sensation de faute de l’avoir abandonné au suivant. Tout ça, c’était forcément calculé. La blessure était réellement, mais elle s’en était servi. Il en ferait de même. Alors il n’avait pas cédé en la portant jusqu’au canapé pour ensuite s’occuper du repas qu’elle avait réclamé. Comme un con, elle avait claqué des doigts et il avait accouru. Il se sentait rabaissé devant cette vérité qui éclatait aussi d’un coup. Lilith… elle était douée. Mais il y voyait de plus en plus clair et saurait comme elle, retomber sur ses pattes. Peut être même mieux encore puisqu’il avait réellement frôlé le désastre. Il l’avait ensuite écouté avec ce foutu pincement au cœur, à la voir un peu dépassée par son mal, par la situation aussi et son besoin d’aide.

Ouais… bah prends là l’habitude. Arrête de te croire toute seule.

C’était la seule chose qu’il avait murmuré entre ses dents lorsqu’elle avait avoué ne pas demander l’aide des autres. Le jeu reprenait, c’était certain. Avec toute la sincérité qu’il savait mettre au service de la victoire. Cette fois il risquait très gros, il se blesserait sans doute sur la lame de la défaite Anglaise. Mais peu importait son état à lui, tant qu’il pouvait vaincre. Il était alors revenu vers elle avec infiniment plus de douceur, pour enfin s’enquérir de son état. Objectivement, c’était toujours très difficile de passer outre le cocktail d’émotions contraire qui collait à ses basques comme une ombre trop lourde à porter. Se servir de tout cela ne devrait pas être difficile, si ? Il caressa longuement les cheveux, conscient de cette petite tête brune qui cherchait délicatement à en avoir plus, son regard plongé dans le vert profond du sien. Heiki encaissait toutes ses paroles, la tendresse qu’il décelait et cette aide silencieusement réclamée dans une seule expression trop facilement visible. Pourtant le sportif gardait le silence en l’écoutant, sans plus rien ajouter le temps de bien l’observer, de comprendre… Puis elle leva la poche de glace en manquant de douceur contre sa joue. Heiki grimaça en écartant vivement sa pommette de la poche froide…

De la délicatesse, bon sang !

C’était encore trop récent, trop douloureux pour contenir une réaction aussi vive. Et pourtant après un bref soupire, le métis leva une main pour la poser contre celle de Lilith, et y donner une pression légère pour déposer plus doucement la poche contre son visage amoché. Et il la laissa là, le temps que le gel n’amenuise sa douleur en la figeant un peu. Ça soulageait la pommette enflée et l’hématome étendu. Et son cœur aussi… d’avoir été si longtemps à penser à elle en se prenant des messages si distants. Il la haïssait… de plus en plus, la colère et la haine s’installait contre son cœur pourtant restait toujours autant bercé par l’affection qu’elle lui inspirait depuis peu. Il était aigre. A force de forcer ses sentiments, elle réveillait aussi une malveillance peu commune… Lilith. Bien qu’elle restait encore bien cachée au fond de lui, bientôt elle risquait de prendre le contrôle des opérations. En attendant, Heiki ne bougeait pas. Il profitait juste de la proximité et de ce faible contact, son regard allant de celui de Lilith, à la cuisse toute bleue. Puis il décolla la poche après un moment pour simplement venir s’agenouiller. A défaut de savoir vraiment quoi dire (comme souvent avec elle…), il savait au moins quoi faire des suites du commentaire de l’Anglaise. Soigneusement, l’homme dénoua le bandage de la cuisse pour en découvrir la peau teintée. C’était un sportif, il avait l’habitude de ce genre de blessure, de faire des bandages… lui-même en avait déjà eu l’utilité et le besoin. Alors tout en refaisant le pansement autour de la cuisse, non sans une précaution extrême pour ne pas lui faire mal, il reprit enfin la parole. Sans un regard, parce qu’il semblait trop attentif à ce qu’il faisait. Soi-disant.

On va faire un marché. La prochaine fois que tu as un souci, tu m’envoies au moins un message. Je veux que tu m’envoies un message…

C’était pas un marché en fait, c’était une exigence. Et son air un peu plus sérieux le signifiait bien… Petit à petit, Heiki reprenait confiance en lui, celle qu’elle avait cahoté à force de jeu et de sentiments. Sa raison revenait souligner l’évidence de la manœuvre qu’il devait enclencher : être lui, juste lui. Comme au trek, comme n’importe quand. Et laisser un peu aller le reste, le naturel et la spontanéité. C’était ça, qui la perdrait. Alors le plus simplement du monde, le métis embrassa très doucement le bandage une fois celui-ci noué convenablement, une main caressant un peu le dessous de la cuisse douloureuse. Puis il se redressa pour s’appuyer contre le dossier juste derrière Lilith, s’approchant ainsi d’elle et de son visage pour y planter son regard.

Ce n’est pas négociable. Plus jamais un coup pareil si tu as des ennuis.

Une seconde, il lorgna sur les lèvres pulpeuses. Encore quelque chose qui lui manquait intensément… Mais pour cette fois, Heiki s’en détacha pour retourner dans la cuisine et dresser une assiette pour elle.


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MessageSujet: Re: In need of attention | Beiki   30.08.18 23:10

Bethany & Heiki


Tu devais passer au-dessus de tout ça. Ce n'est pas toi, de te laisser avoir aussi bêtement, Bethany. Ne fait pas l'idiote, ne te laisse pas avoir par des beaux yeux, de belles paroles. Peu importe à quel point elles viennent te chercher jusqu'à l'âme. Il te connait, tu en as trop démontré. Certaines choses volontairement, d'autre non. Tu sais que les plus difficiles à gérer, à tourner dans tout les sens pour les mettre à ton avantage, c'est celles-là. Celles que tu as fais voir sans que tu ne puisses le contrôler. Des failles, réelles malgré toi. Mais tu apprends vite, heureusement. Tu t'adaptes. C'était difficile, l'un de tes plus gros défis jusqu'à présent. Celui qui teste ta patience, tes capacités. Le plus grand jeu que tu auras eu à te mêler. Tu sais que tu prendras cher, très cher. Parce que vous n'étiez qu'au début de cette danse diabolique, qu'au début de votre grande partie d'échec, et tu te retrouvais dans un sale état de la sorte. Blessée, à chercher à remonter tes barrières, à ne pas le laisser atteindre ton coeur. À ne pas le laisser faire fondre cette glace qui le recouvre, surtout. Sa tendresse, son affection, se faisait toujours aussi poignante, mais tu t'y habituais lentement. Tu ne pouvais pas la prédire, mais tu savais qu'elle était là, qu'elle y resterait. Alors tu t'es fais une raison, tu essaies de ne pas laisser une telle chose te prendre au ventre et t'en faire vouloir plus.

Sauf qu'il te manque, le métisse. Il t'a tellement manqué. Son contact, la dites tendresse. Tu sais que ce n'est qu'à cause de ses manipulations. Il te connaît trop, parce que tout comme toi il sait observer. Tu te dois de te remettre à jouer, Bethany. Les stratégies se mettent peu à peu en place. Tu finirais par le faire tomber. Tu le voyais déjà si chancelant. Que ce soit au stade ou ce dernier soir chez lui. Ça avait beau t'affecter, venir tirer ta corde sensible pour combler ce manque d'affection, d'attention, tu savais qu'il avait perdu pied. C'est la distance qui t'a permise de voir une telle chose. Il a perdu pied et tu sais qu'il ne fera que revenir en force par la suite. Parce que tu ferais la même chose, alors tu te dois d'être vigilante. Mais là, pour le moment, il te manquait. Tu étais tout simplement heureuse de le voir là, chez toi. C'était une victoire supplémentaire, de savoir qu'il est venu chez toi malgré tout, malgré ce lapin posé accidentellement. C'était également la preuve d'un esprit fort, de combattant. Tu voulais qu'il prenne soin de toi, qu'il t'empêche de te retrouver avec cette solitude pesante dans ton appartement. Tu voulais tout ça, mais malgré tout, tu te doutais bien qu'il était là pour resserrer son emprise sur toi. Il avait flanché, mais pas seulement par rapport à tes manipulations. Il avait surtout décidé de plier le genou pour mettre en marche son propre jeu. Peu importe ce que le jeu était. Tu sais que ça fera mal, tu le sais beaucoup trop. Sauf que ce n'était pas une guerre où tu en ressortirais sans blessure cette fois. Et la preuve résidait dans sa réponse. T'habituer, cesser de te croire seule. Était-il conscient que tu l'étais toujours? Tu ne veux pas t'attacher, tu préfères rester seule malgré la solitude. C'est moins douloureux, tu te retrouves bien moins déçue également. Tu as toujours grandi de la sorte, à quelque part. Avec des parents trop peu présents. Tu as rapidement apprise à prendre soin de toi, à te débrouiller lorsque ta mère travaillait, que ton père s'était barré et que tu te retrouvais seule à la maison. Ça ne veut pas pour autant dire que tu es habile dans tout comme une bonne future épouse. Pour preuve, tu n'étais pas une bonne cuisinière. C'était toujours relativement fade, trop cuit, trop simple. Mais ça te nourris, c'est ce qui compte. Puis, désormais, il y a les restaurants. Alors avec tout ça, avec toute cette habitude de prendre soin que de toi, c'était difficile de laisser quelqu'un d'autre le faire à ta place. Un soupire franchit la barrière de tes lèvres. « En quoi c'est mal? Je te l'ai dis, j'ai pas voulu t'inquiéter. » Puis de toute façon, qu'allais-tu faire lorsqu'il partira? Si tu te mets à t'appuyer sur lui, à lui faire confiance, à lui demander de son aide, qu'allais-tu faire lorsqu'il fera comme les autres et s'en ira? Non, c'était préférable de rester avec toi-même, peu importe à quel point tu lui ferais croire que tu as besoin de lui. Profiter sans réellement le faire, au final. Prendre un peu de sa tendresse à défaut de sincèrement t'y attacher.

Tu l'as ressentie, ta main. Celle qui s'est déposée contre la blessure à son visage. Elle s'était faite lourde, bien plus que tu ne l'aurais voulu. Tu n'as toujours été que douée dans la tendresse charnelle, plus intime, après tout. Lorsqu'il était temps de prendre soin de quelqu'un, il y avait des lacunes bien trop présente. Comme là, maintenant. Tu as apposé le sac, trop lourdement, puis il s'est exclamé en s'écartant d'un geste vif. Tu étais bien loin de la douceur de ses caresses dans ta chevelure faites quelques secondes à peine avant. « Mais arrête de te plaindre! » Tu lui réponds, ta langue se claquant légèrement au palais. À défaut d'admettre que tu ne savais pas être aussi douce, aussi bien le blâmer d'être "fragile" face à la douleur qu'il n'encaisse pas et tes intentions qui se voulaient délicates. Sauf qu'au final, il t'aide. Il t'aide à rendre ton geste avec la pression appropriée, de sa main contre la tienne. Main dont la peau est toujours aussi agréable au toucher, d'ailleurs. Le genre de chose que tu n'es pas parvenue à oublier, tout comme de pouvoir les tenir entrelacées à tes doigts ce soir-là, lorsque le jeu s'est arrêté et que la tendresse avait prise le dessus. Tout aurait été plus simple s'il n'y avait pas tout le reste. Tout ce besoin du jeu, toute cette réalisation que ton coeur qui battait la chamade ce soir-là? Que ce n'était qu'à cause de cette intimité nouvelle, qu'à cause de toutes les émotions que les manigances du sportif avaient faussées. Pourtant, tout comme ce soir-là, ton regard se perd au sien. Peut-être pas aussi profondément, mais il s'y perd encore un instant jusqu'à en perdre le contact. Parce qu'il revient vers ta cuisse et il s'occupe de ton bandage avec une agilité que tu n'as pas. Tes iris l'observaient, dans son geste tout comme les expressions de son visage, avant de finir par simplement en regarder les traits agréables à l'oeil. Tu étais pourtant bien au courant de tout ce qui se trouvait derrière ces traits. Derrière, c'était un coeur de manipulateur, comme le tien. Mais la beauté des gens, c'était quelque chose dont tu ne parvenais pas à résister. C'est sans doute la seule personne à qui tu ne l'admettrais jamais totalement, pas aussi facilement qu'aux autres du moins, sauf ce soir-là. L'insulte moqueuse était bien plus facile à dire que la vérité, dans son cas. La raison? Tu ne veux pas la savoir.

Le vert de tes yeux se lève vers le plafond un bref instant lorsque tu l'écoutes, tandis que tu soupires presque silencieusement. Un bref instant avant que tu ne reviennes vers lui. « T'es chiant, avec tes demandes. » C'est pourtant sorti sans reproche, toujours avec cette tendresse que tu sembles avoir adoptée avec lui. Parce que c'était plus fort que toi, surtout. Sauf que c'était à ton avantage. S'il pouvait croire qu'il t'amenait à t'adoucir, à te rendre plus faible par ses gestes? Ce n'était que tant mieux. Tant que tu ne flanchais pas réellement, tout irait bien. Il y avait pourtant cet air sérieux qui se dressait, sur ce visage d'ange. Signe qu'il ne rigolait pas, qu'il comptait vraiment à ce que tu le contactes. Ses lèvres s'apposent à ta cuisse sensible, ses doigts caressant lentement le dessous de celle-ci. Par un geste aussi simple, tu te retrouvais à devoir te ressaisir, te convaincre de ne pas abandonner, de ne pas te laisser faire par une telle chose. De ne pas te mettre à vraiment t'attacher à son aide, à ce qu'il prenne soin de toi. Ça ne pouvait pas devenir quelque chose de nécessaire.

« Je ferai. » Tu le lui murmures presque, ton regard fixé au sien pour le voir dériver vers tes lèvres. Tu espères, à quelque part, qu'il les prenne. Parce que ça faisait trop longtemps, ça aiderait à combler ce manque, cette solitude qui s'est faite si désagréable ces derniers jours. Le besoin de contact, de cette attention qu'il s'est mis à t'offrir dont tu crois être accro à quelque part. Celle qui est juste assez pour ne pas que tu paniques, pour ne pas qu'elle soit trop, pour ne pas te sentir étouffée. Tu t'humectes les lèvres brièvement, dans un geste d'apparence inconsciente, tandis que ses prunelles les fixent encore. Pour la tentation, pour combler le besoin, pour le faire craquer. Pour l'inciter à prendre ce qu'il désire, ce qui te manque. Sauf qu'il résiste et s'écarte pour reprendre logis dans la cuisine. Tu contiens un soupire. La ligne était si fine, si tranchante, entre le besoin de résister toi-même et de simplement réclamer ses bras, son contact. Parce qu'il y a quelque chose de réconfortant au creux de ceux-ci, mais tu sais que ce n'est qu'une fausse impression. Que ce n'est qu'une façon de plus de resserrer ses griffes contre toi. « Tu as l'habitude de faire des bandages de la sorte? » Tu demandes finalement, ton regard se ramenant vers le tissu qui est bien mieux posé. Tout de suite, tu en ressens la différence. Il n'y a rien qui tire, rien qui se serre. C'est un étau confortable qui empêche la douleur de se propager dans le reste de la cuisse. Déjà, ça, c'est un soulagement. Tout comme au trekking, tu as horreur de prendre conscience qu'il est nécessaire à quelque part, qu'il devient important pour t'aider dans ce que tu ne sais pas faire. Tu déglutis légèrement, te mordillant distraitement la lèvre, comme pour tenter d'éviter la prochaine question de quitter tes lèvres. Sauf que c'est plus fort que toi. « Tu crois... Tu crois que je pourrais rester chez toi, un moment? Le temps que le plus désagréable ne passe. Toi qui insiste autant que je te demande de l'aide... » C'est presque honteux à lâcher ça, à le lui demander. Ce n'est pas pour rien que tu ne le regardes pas tout de suite. Quelques secondes à peine, le temps de ramasser visiblement ton courage qui s'était étendu au sol et oser un regard vers Heiki. À quelque part, c'était une demande qui signifiait bien plus qu'admettre avoir besoin d'aide. Parce qu'il te manquait, parce que tu voulais pouvoir rattraper cette absence involontaire. Sauf que surtout, c'était une façon de te rapprocher encore une fois et de redéposer ta marque, tes griffes, sur son coeur. Tu avais du temps à rattraper, autant pour gagner du terrain pour le jeu que pour réellement reprendre ce temps perdu avec lui. C'était risqué, comme demande. Mais tu te le rappelais sans cesse: ce n'était pas un jeu où tu en sortirais sans quelques blessures profondes également.

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MessageSujet: Re: In need of attention | Beiki   31.08.18 18:10

Bethany & Heiki


En quoi c’était mal ? La réponse, il ne l’avait pas vraiment. C’était mal parce qu’il perdait le contrôle, et que ça avait entamé ses humeurs et ses forces. Parce qu’aussi, au-delà du jeu, c’était dérangeant de savoir qu’elle s’était retrouvée toute seule. Et là était le problème. A défaut de deviner la stratégie et les manigances de Lilith qu’il était impossible de bien cerner, Heiki avait pleinement conscience de leurs effets sur lui. Des objectifs, aussi. Et il savait que le moindre sentiment était la conséquence d’une action de l’Anglaise, qu’elle attisait sans peine, sans abattre de carte majeure ou se faire griller. Ça, c’était plus fort que ce à quoi il ne s’était jamais frotté, plus fort que ce qu’il avait anticipé aussi. Mais désormais, il ne la sous-estimait plus. Au contraire, il préférait la croire plus forte afin de redoubler de prudence et de ruse. Alors il n’avait rien répondu de plus qu’un évident lancer de regard au ciel, pour passer à autre chose le plus vite possible. Et surtout tenté de retrouver une stabilité plus lourde, puisqu’il était encore trop chancelant.

Et il y parvenait peu à peu Heiki, à force de se ressasser les choses, ces évidences qui lui rendaient son assurance et sa combativité, qui relayaient Lilith au rang de manipulatrice plus talentueuse que lui. Le truc, c’était qu’elle avait plus de failles que lui. C’était quelque chose qu’il avait pu déceler facilement lors du trekking. Lui, c’était un mec plutôt stable, presque trop banal à cet égard-là. Son seul secret, c’était son côté joueur, manipulateur et parfois diablement malveillant selon la victime. Mais il n’avait pas de blessure, rien à cacher. Elle, c’était une toute autre histoire. Et déjà bien des aspects de sa personnalité réelle c’étaient dessinés depuis les quelques jours passés ensemble. Mine de rien, Heiki lui avait arraché quelques plumes et gardait précieusement en mémoire tous les instants où elle avait cédé. Ou elle s’était ouverte, volontairement ou pas. Quand elle avait craqué, avant l’orage. Cette panique par deux fois visible et qui toujours concernait l’intérêt réel qu’il pouvait lui porter. Il y avait une multitude de petites choses qui lui laissait croire qu’il avait en main des armes déroutantes, et que maintenant il suffisait de trouver le meilleur moyen de s’en servir contre elle. Alors oui, petit à petit, son esprit devenait plus clair. Heiki s’éloignait du brouillard qu’elle avait créé, il sortait de la zone périlleuse et trop sentimentalement à fleur de peau qu’avait fait exploser l’absence de Lilith après cette nuit trop intime et intense. Il reprenait le contrôle.

Il l’avait alors laissé dire : il était chiant. Et pourtant sa demande n’en restait pas moins un ordre. C’était là en revanche, une exigence sincère. Parce qu’au-delà du jeu et c’était un paradoxe, il ne voulait pas la savoir seule et souffreteuse quelque part. Ça lui crevait le cœur, de l’imaginer ainsi… désemparée dans une chambre d’hôpital aussi vide que froide. Mais soit, il prendrait ce qu’elle lui imposait, tout ces sentiments trop forts de toute manière pour être totalement résorbé. Il les mettrait en avant, pour en faire une artillerie. C’était elle alors, qui viendrait créer sa propre destruction. Voila qui était parfait. L’envie de l’embrasser n’en fut pas moins forte pourtant, tandis qu’elle humectait ses lèvres avec l’air de s’attendre à ce qu’il le fasse, provocante et délicieuse. Qu’il se penche pour y apposer cette brûlure affolante qu’ils avaient désormais l’habitude de partager. Mais il n’en fit rien malgré un instant d’hésitation, de suspension, avant de partir dans la cuisine s’occuper du repas de sa majesté l’Anglaise. Et quand elle assura qu’elle le ferait, que désormais elle l’appellerait en cas de souci, Heiki laissa un petit sourire satisfait s’épanouir sur son visage. Quelque chose de doux, d’heureux… mais qui dissimulait en effet la colère grondante qui continuait de se rependre comme une trainée de poudre. Puis il vaqua à ses occupations, non sans lui répondre ensuite d’un air plutôt distrait, après un haussement d’épaules.

Je suis sportif, j’ai été en compétition. Autant dire qu’elles ne sont pas rares, les occasions de se faire des bandages de la sorte. Il faut bien apprendre à les faire. Ça te fait du bien ?

Bien sûr, que ça devait la soulager. Il n’avait même pas besoin de lui poser la question pour le savoir. Mais lui faire admettre restait le meilleur moyen de gagner des points. Adroitement, il découpa une belle part du gratin maintenant chaud pour en dresser une assiette. Puis il fureta dans la cuisine à la cherche de tout ce dont il avait besoin. Un plateau d’abord, sur lequel il posa l’assiette, les couverts, un verre d’eau. Tout pour qu’elle puisse enfin prendre un repas vraiment correct et sans aucun effort à fournir. C’était primordial. Autant parce qu’il aimait qu’elle puisse s’appuyer sur lui, que parce que c’était nécessaire qu’elle le fasse. Et il allait prendre le plateau pour le lui apporter quand elle lui fit cette demande. Qui le laissa muet au moins quelques secondes, le temps qu’elle n’ose aussi chercher son regard. Là… son cœur fit une embardée. La demande était étonnante et inattendue. Et Heiki aurait vraiment aimé croire qu’elle la lui soumettait par goût de sa présence, parce qu’elle avait besoin de lui… de sa chaleur et de son attention. Parce qu’elle l’appréciait. Putain de manipulatrice… Il en eut un saut de cœur ensuite, juste après l’embardée. Elle était rude avec lui, Lilith. Alors il le serait aussi. L’espace d’un instant, Heiki resta silencieux, à poser ses mains contre le plan de travail d’un air songeur.

Lilith… il faut que je te dise quelque chose.

A dire vrai, c’était l’occasion idéale pour décocher sa prochaine flèche : Carron. En effet, il avait pensé des dizaines de fois à la manière dont il pourrait tourner ça à son avantage, enfoncer ce couteau dans la chair trop tendre parfois de Lilith pour lui faire mal, la faire flancher. Mais alors que c’était pour lui un élément qui pourrait juste la fragiliser, Lilith lui donnait maintenant l’occasion d’en faire bien plus. S’il était adroit, il pourrait la faire souffrir, creuser le manque, la laisser imaginer que parce qu’il était avec Carron il allait la mettre de côté. Et en même lui offrir quelque chose de plus fort encore, en totale contradiction avec le reste. Alors il prit une longue inspiration en fuyant son regard, pour venir distraitement placer un couvert plus droit sur le plateau. Son cerveau ignorait son cœur battant. L’idée de lui faire mal le blessait aussi, mais c’était une sensation à laquelle il devait s’habituer, qu’il devait ignorer maintenant… Il se lança alors, en remontant son regard sur elle pour enfin oser braver ses yeux.

Ça ne m’arrange pas vraiment, en fait. Je me suis remis avec mon ex… l’Américain. C’est quelque chose qui s’est fait assez vite entre nous deux. En fait je ne m’y attendais pas tellement. Il est dans une sale période mais je crois qu’on peu dire qu’on s’aime encore, vraiment. Que je peux l’aimer encore. Rien à voir avec Astrée, c’est fort avec lui. La preuve, ça n’a pas plus à tout le monde.

Avec un léger rire pourtant presque timide sous la confidence, Heiki porta une main à son hématome comme pour faire comprendre à Lilith que Carron en était à l’origine. Enfin que sa relation avec lui l’était, du moins. Puis son regard devint un peu plus affecté, presque triste alors qu’il enchainait.

Mais il est encore avec son copain. Le temps de pouvoir lui expliquer les choses. Disons que la situation est un peu… particulière. Alors mon appartement, c’est un peu le seul endroit où l’on peu se retrouver, tu comprends ?

Autrement dit, difficile d’expliquer la présence d’une fille chez lui à son copain. Surtout après l’avoir trompé lors de sa précédente relation avec lui, ce que Lilith savait pertinemment, ils en avaient parlé durant le trekking. Mais en glissant un sourire désolé sur son visage, Heiki prit enfin le plateau pour se diriger vers le canapé, l’air absorbé par une grande réflexion. Il prit soin de tout poser sur la table basse, pour s’installer à côté de Lilith et lui donner l’assiette directement.

Attention, c’est chaud.

Puis il prit le verre d’eau dans ses mains, pour l’avoir à porté si elle avait soif. En posant son dos contre le dossier du canapé, Heiki lâcha un nouveau soupire. Cette fois son regard peinait à rester dans le sien, et il semblait vraiment tourmenté par les choses. Par les révélations, par le refus implicite qu’il avait formulé plus tôt concernant la demande de Lilith. Il ne pouvait pas lui dire non, ça le bouffait… vraiment. Mais tout cela, tout ce qu’il démontrait avec tant de sincérité signerait la perte de Lilith en temps voulu. Avec cette certitude en tête, il était alors plus facile de jouer, en encaissant les émotions qu’elle forçait si agilement chez lui. Puis il reprit en penchant la tête vers elle, pour tendre une main dont les doigts caressèrent si légèrement cette mâchoire que possédait la brune. Et qu’il aimait décidément beaucoup.

Je peux bien trouver une solution, cependant. Faut que j’y réfléchisse, à la manière de tourner les choses. Je n’ai pas envie de foirer avec Carron. Et en même temps… impossible de te laisser toute seule ici. J’ai envie de faire ça pour toi Lilith. Vraiment. Considère que c’est d’accord… alors. Laisse-moi simplement le temps de m’organiser.



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MessageSujet: Re: In need of attention | Beiki   01.09.18 19:45

Bethany & Heiki


C'était étrange, d'avoir cette sensation de faiblesse. D'avoir la tête qui maintient son focus vers le jeu, vers les manigances alors que le coeur semble vouloir s'attacher, s'accrocher à quelque chose de fictif. Parce que c'était le cas, avec Heiki, n'est-ce pas? Ce n'était que le résultat de toutes ses stratégies à lui, que du faux. Son attention n'était pas réelle, pas entièrement. Et pourtant, ça devenait lentement une addiction. Tu sais que ce n'est qu'un gros mélange, un gros bordel, de toute la situation. Un mélange de ton besoin d'attention, d'être entourée de bras réconfortants, tout comme les vilaines répercussions de sa toile à laquelle tu semblais résister à te coller. Tu es égoïste, Bethany. Tu veux prendre toute cette douceur qu'il t'offre sans arrêt et la garder pour toi, que toi. Ne pas la partager, en être une exclusivité. Pouvoir prendre tout ce positif qu'il te donne, ne pas le partager comme s'il n'était qu'à toi, mais sans te sentir étouffer, sans te retrouver à devoir lui offrir cette exclusivité en retour. Parce que tu prends trop et tu ne laisses rien en retour. Tu es comme ça, tu l'as toujours été. Tu étais celle qui faisait une crise lorsque l'on t'empêchait de voler le jouet à la petite école. Parce que tu avais posé tes yeux dessus et que tu le voulais, mais on ne te laissais pas l'avoir. Tu étais celle qui venait critiquer le professeur parce qu'il ne te donnait pas raison sur l'un de tes textes, l'une de tes fautes. Tu n'acceptes pas que l'on te dise non, alors tu voulais pouvoir tout prendre ce qu'il t'offrait sans avoir à réellement t'attacher. Et pourtant, tu sais que tout est faux, tu sais que tu ne dois pas lui faire confiance, mais c'est plus fort que toi. Tu en veux davantage, tu veux profiter de sa douceur encore un moment. Était-ce possible de prendre autant sans se faire prendre au jeu? La ligne était si mince entre les deux, si fragile.

Il était là, près de toi, près de tes lèvres. Tu aurais simplement pu te pencher et les prendre de toi-même, succomber. Mais non. Tu n'en fis rien. Au lieu, tu te fis tentatrice, humectant brièvement tes lèvres dans l'attente... qui continua ainsi. Qui ne se mit pas à terme si ce n'est par l'écartement du métisse pour partir vers la cuisine. Ça te manquait, ses lèvres. Elles étaient douces, elles embrassaient bien. Elles apposaient des marques dont tu n'avais pas de honte, que ce soit celles visibles comme lorsqu'il s'était amusé à en faire une au creux de ta cuisse la première fois, l'autre près de ton cou lors de cette nuit bien trop intime et complice pour se faire réelle. Tu aimais les embrasser, ses lèvres. Çaa te donnait une impression d'être légère, ça faisait taire les manipulations et les pensées négatives, la peur aussi. Ça faisait suspendre le temps, à quelque part. Ça donnait du répit pour reprendre des forces. Sauf qu'il te refuse ce petit bonheur, ce petit instant de tendresse, pour partir dans la cuisine. Et tu écoutes à quelque part distraitement sa réponse face au bandage. Bien sûr qu'il savait faire, ce n'était que la chose logique. D'une certaine façon, ce n'était que pour occuper le silence de la pièce. Celui dont tu avais été envahie depuis quelques jours déjà. Tu acquiesces un peu de la tête en l'entendant. « Ça aide. Tu me montreras? » Une question qui venait faire d'une pierre deux coups. Parce que si d'un côté ce n'était qu'une façon de le valoriser, de lui amener cette importance dont tu lui as fais preuve à de nombreuses reprises, aussi factice soit-elle -même si tu en viens parfois à le douter-, c'était également une façon indirecte d'être autonome sur le sujet. Parce que tu te dois d'apprendre à le faire de toi-même, pour de nombreuses raisons. Parce que s'il vient à partir, tu devras le faire de toi-même. Parce que s'il vient à apporter son attention ailleurs et te met de côté, tu te retrouveras seule pour le faire. Parce que si tu cherches à te détacher de lui, tu ne pouvais pas compter sur ses talents de façon constante. Qu'une façon de plus de créer cette indépendance dont tu sais faire preuve de façon courante.

Puis, la question traverse tes lèvres. Une question à double tranchant encore une fois. Autant que c'était pour te rapprocher de lui et imposer ta présence, reprendre cette proximité qui avait été si favorable au jeu, mais c'était aussi... parce que tu avais bel et bien besoin de lui à quelque part. Besoin de sa présence, de son aide. Faire le ménage, la cuisine, t'occuper de ton appartement toute seule, c'était faisable pourtant. Jusqu'à une certaine limite. Ça t'épuisait, d'avoir mal. Alors tu finissais par avoir la flemme de faire certaines choses, comme sortir faire les courses pour t'acheter de quoi te faire à manger. Encore fallait-il que tu le fasses. Tu avais tenté, au départ, de profiter de ce temps à domicile pour faire un bon coup de ménage. Au final, ça n'avait eu rien de positif. Tu avais retrouvé un condom utilisé caché sous un meuble sous la rage d'une conquête et tu t'étais retrouvée dégoûtée de la découverte, le coeur au bord des lèvres, mais également complètement vidée d'énergie avant de pouvoir mener le ménage à terme. Ajouter à ça le tiraillement de la cuisse et voilà que ça t'avait complètement démotivée. Rien que de faire la lessive, les premiers jours, c'était compliqué. Alors oui, sans doute qu'à quelque part, tu avais besoin de son aide. Ce n'était que positif comme idée, après tout. Puis, il était d'agréable compagnie, malgré tout le reste. C'était sans doute la personne dont tu étais le plus proche récemment... ou tout court. Et ça te faisait passer du temps avec lui, ça te faisait voler un peu de cette exclusivité convoitée. Sauf que la question t'offre une réaction particulière, tandis qu'il appose ses mains au plan de travail. Il avait quelque chose à te dire. C'était ça, la fameuse phrase que les gens qui ont un coeur ne veulent pas entendre? Un peu comme les "Il faut que je te parle". Tu ressentais une quelconque anxiété, une quelconque panique se creuser dans ton ventre. Tu ne savais même pas pourquoi, tu ne savais même pas vers quoi il irait. Il ne pouvait pas t'avouer qu'il en avait marre de toi et qu'il décidait de partir, n'est-ce pas? Il était quand même venu jusque chez toi pour te faire à manger, rien que pour toi d'ailleurs considérant l'assiette unique, que ce soit manipulation ou non. Alors pourquoi ça te stressais autant, ce qu'il s'apprêtait à te dire?

Ton coeur te lâche dès la première phrase. Ça ne l'arrange pas. Un autre non, un autre refus après celui du baiser. Après qu'il ait décidé de ne pas se ramener le jeudi précédent. Pourquoi était-il là, chez toi, dans ce cas? Lui qui venait de te faire un sermon pour que tu lui demandes de l'aide, pour que tu te réfères sur lui. Tu écoutes presque distraitement le reste de son explication, n'en retenant que l'essentiel. Il est de retour avec son ex. Ce même ex qu'il a pourtant brisé, avec qui il a fait foirer les choses. Tu délaisses pourtant un bref rire tout bas, qui voudrait sonner amusé, mais qui est loin de l'être, sous sa confidence, sous l'aveu de la raison de l'ecchymose contre son visage. Pourtant, malgré tout, tu ne dis rien, tu ne fais que le regarder, sans quitter son regard, cherchant à ignorer cet organe rythmique qui se serre douloureusement dans ta poitrine. Parce que tu sais bien trop où les choses s'en vont, maintenant. Dans la même direction que tout couple typique. Ça essaie de ne pas se laisser avoir par la routine, ça tente de continuer à avoir son cercle d'amis. Sauf que les choses se placent d'elles-même et ça devient de plus en plus difficile de les séparer ou de simplement les voir. Tu sais, dès l'explication, que tu as perdu la moindre exclusivité qu'il t'a offert ces derniers temps. Parce que forcément, tu ne pourras pas passer autant de temps libre avec lui comme vous le faisiez déjà. Il allait les consacrer à son petit ami, déjà que c'est difficile de pouvoir le voir en secret, semblerait-il. Tu le ressens, ton regard qui laisse fuiter un peu de tristesse, un peu de douleur. Tu ne sais pas, sur le coup, si c'est une chose volontaire ou non, tandis que tu déglutis dans ta gorge qui s'est resserrée. Tu baisses un peu les yeux, fuyant un moment son regard, ne faisant qu'acquiescer silencieusement à sa question. Bien sûr que tu comprends. Tu comprends que ça paraîtrait mal, ce genre de colocation, même temporaire. Et pourtant, une partie de toi veut se battre pour garder ta place, garder ta proximité. Pour ne pas te faire abandonner. Tu sais que ce n'est que le résultat de ses manipulations, mais malgré ça, c'était la seule personne envers qui tu avais un peu plus confiance. La seule personne que tu pouvais considérer un peu plus importante au point de le voir aussi souvent, au point de laisser le jeu se mettre de côté. Au point de vouloir encore et toujours plus de son contact. Il t'aide à combattre cette solitude dont tu avais commencé à prendre conscience, rien que pour te repousser dedans comme si de rien était.

Tes doigts prennent distraitement l'assiette donnée, sans le regarder toujours, ramenant le vert de tes iris contre l'assiette pour piquer un morceau de ta fourchette, l'amenant à tes lèvres après avoir testé la température au bord de celles-ci et soufflé un peu. Et voilà que l'appétit qui se faisait pourtant si grand se perdait encore un peu. Il avait ce don inhumain de te couper l'appétit devant des plats aussi délicieux, cet homme. Bordel de manipulation, encore et toujours. Tu t'attaques pourtant à ton plat, lentement, délaissant un « Tu ne manges pas, toi? » entre deux bouchées. Au final, tu remontes tes iris vers lui uniquement lorsque tu le vois s'approcher un peu plus.  Normalement, tu aurais tout fait pour ne pas te laisser avoir, ne pas démontrer que la chose venait t'affecter ne serais-ce qu'un peu. Mais il s'était accroché à cette sensibilité, n'est-ce pas? Alors aussi bien continuer sur cette lancée. Peu importe à quel point c'était vrai. Tu te retiens même de te laisser emporter par tes émotions, par tes réactions habituelles qui viendraient t'amener à repousser cette main contre ta mâchoire, mais tu te retiens. Tu le laisses faire, l'écoutant avec un peu plus d'attention. Et tu ne veux pas savoir, à ce moment-là, si c'est réel ou non. Tu ne fais que t'appuyer sur le refus qui a été changé pour te l'accorder. Et sans doute que le coach est inconscient des répercussions de son geste. Parce que c'est une ouverte supplémentaire, une façon de plus pour gagner du terrain sur lui. Parce que de changer d'idée ainsi, que ce soit pour te tirer dans sa toile ou non, c'était une lueur d'espoir. Un espoir que cette distance n'avait pas tout foutu en l'air les marques apposées sur le coeur d'Heiki. Et ça ne faisait que te pousser à te battre bec et ongles pour reprendre ta place. Ça remettait les pièces en position et ça te donnait place à de nouvelles stratégies. Alors tes lèvres s'étirent avec un peu plus de tendresse, ton regard qui s'était refroidit quelques instants plus tôt venant s'attendrir par le fait-même. Tu te penches un peu afin de poser un baiser à son épaule, cette sorte de merci silencieux, cette marque d'affection dont il avait pris l'habitude. Tu profites du geste pour poser une main contre sa cuisse. Main qui se veut légère, davantage comme appui pour ne pas forcer ta cuisse blessée. « Je peux m'organiser pour être chez moi quand il est là. Puis, c'est pas comme si j'emménage. Il n'y aura rien à moi ici, pas de trace. Il ne saura pas. » Parce que tu sais être discrète lorsqu'il le faut. Tu saurais l'être davantage pour lui. Du moins, le temps de choisir tes prochains coups à donner.

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MessageSujet: Re: In need of attention | Beiki   09.09.18 17:56

Bethany & Heiki


La bombe qu’il venait de lâcher était délibérément complexe. Elle était faite d’aveux qui lui faisaient visiblement mal et d’un ambitieux retournement de veste à son issu. En quelques phrases, Heiki venait de démolir les défenses de Lilith, il le savait. Il jouait délibérément avec le sentiment d’insécurité qu’il pouvait parfois lui insuffler, et avec cette faille béante que représentait sa peur flagrante de l’abandon qu’à plusieurs reprises déjà, il avait été capable d’observer. Chaque mot n’avait pas été pesé. Il n’avait pas soigneusement cherché ses phrases, il avait surtout laissé la spontanéité faire le travail. Avec Lilith, il était toujours compliqué de savoir comment s’y prendre, parce que discerner le vrai du faux était encore impossible avec cette Anglaise bien trop douée en manipulation. Heiki le savait, il en prenait conscience, de la force et de la logique qu’elle possédait. De toute la ressource et sa détermination qui semblait n’avoir de limite que celles que lui imposait Heiki. Elle en avait, des blessures Lilith. Des limites aussi, plus qu’elle ne l’avait laissé paraitre jusque là et pourtant, il y en avait eu qu’il avait observé durant le trek : sa fuite. C’était là, la plus grande faiblesse qu’elle lui avait montrée. Partir sur un coup de tête dans la nature, pour le fuir… Une belle connerie, qui avait mené ses pas à se perdre sous une pluie glaciale et torrentielle. Finalement, c’était à cette instant précis qu’elle avait signé sa plus grande erreur. Heiki, désormais qu’il reprenait le dessus sur ses propres défaites et arrogances, pouvait maintenant exploiter tout ce qu’il avait saisit dans les moments fugaces du trek et de sa suite. Et qu’elle se soit abandonnée volontairement ou non, sa détresse de l’instant présent, à mesure qu’il lui parlait de Carron et lui refusait une aide qu’elle réclamait ainsi… tout cela ne pouvait pas être que faux. C’était trop brut, trop spontané. La tristesse de son regard, cette expression blessée… la crainte aussi. Plus éphémère que le reste, que tout ce qu’elle lui avait montré jusqu’à maintenant, mais c’était là. Il l’avait vu. Et alors qu’il avait simplement hoché la tête par la négative pour lui indiquer qu’il ne mangerait pas, Heiki avait continué sans relâche à la marteler pour la blesser ouvertement.

Il n’y avait plus alors qu’à la regarder réagir. Continuer de voler en battant de l’aile et en faisant mine d’aller bien. De manger avec appétit alors que vraisemblablement ce n’était pas le cas. A force de jouer contre elle comme de passer du temps en sa compagnie, les habitudes commençaient à se décliner. Les tics aussi, et Lilith n’avait pas la lueur gourmande qui toujours rendait l’éclat à son regard vert irrésistible quand elle dégustait quelque chose qui lui plaisait. A croire qu’il commençait un peu à la connaitre, malgré les masques et les reflets de mensonges, les jets de fumés pour tromper l’ennemis. Le vrai venait toujours quelque part, se mêler aux mystifications pour se frayer un chemin jusqu’à la surface. Il continuait alors à caresser la mâchoire, pour laisser son doigt effleurer ensuite la peau de son cou, son épaule, son bras tâchés de toutes ces couleurs. Et pendant que Lilith venait retrouver cette habitude à lui embrasser l’épaule, Heiki laissa le geste s’estomper pour venir se caler dans le canapé. Sur le côté néanmoins, pour pouvoir poser sa tête sur un bras qui reposait sur le dossier, et observer Lilith sans détour. Avec un léger soupire de réflexion alors qu’il restait pensif par rapport à ce qu’elle venait encore de proposer.

C’est jouable.

Il semblait encore retissant, bien que l’idée de la laisser tomber à l’instant où elle en avait besoin commençait à vraiment le travailler. Et pas seulement en apparence. Ça lui faisait mal quelque part, de la voir souffrante et vulnérable et en la sachant toute seule face à cela. Surtout avec les failles apparente, celles-là même qu’il explorait si cruellement. Le paradoxe était là… il voulait exploiter, et dans le même temps soulager tout cela. La vérité, c’était qu’il était totalement paumé devant la brune qui jouait un jeu bien trop parfait. Elle composait avec lui sans qu’il ne s’en rende compte. Mais maintenant qu’il voyait cela, c’était bien plus facile pour le métis de négocier à son tour, d’enter dans la danse pour que ses pions puissent se placer à l’insu de Lilith. Elle gagnait du terrain sur lui, c’était certain. Pourtant Heiki savait qu’en acceptant ces défaites, qu’en gardant contre son cœur tout ce qu’elle lui inspirait d’une manière si habile en croyant être plus maline que lui, il pourrait la perdre d’avantage et l’encorder pour l’étouffer sans qu’elle ne s’aperçoive de rien.

D’accord, on va faire comme ça alors. Je fais confiance à ta discrétion.

La confiance. C’était une chose sur laquelle il semblait compter vis-à-vis d’elle ces derniers temps. Il l’évoquait souvent, ça créait un lien différent du reste, ça les rendait plus intimes. Surtout depuis cette fameuse dernière nuit, et avec tout ce qu’il avait subit dès lorsqu’elle avait disparu de sa vie. Parce que même si Carron pouvait facilement le distraire, Heiki était réellement satisfait à l’idée de pouvoir passer du temps avec elle… Comme toujours, c’était dans sa sincérité que résidait l’essence même de son problème, mais aussi la certitude qu’il allait l’écraser, à terme. D’un geste qui semblait banal, il dégagea une mèche de cheveux de ses yeux, avant de venir embrasser sa tempe. Puis il se leva pour faire comme chez lui… et ranger encore un peu ce foutoir d’appartement. Ce n’était pas comme si c’était compliqué d’y mettre de l’ordre ! Ouvrir un peu une fenêtre, ramasser les affaires qui trainaient. Petit à petit, Heiki apprenait l’appartement de Lilith pour y faire un peu sa vie. Il shoota même dans une balle du chat pour regarder la boule de poils surgir d’un endroit improbable pour lui cavaler après. Ça lui arracha un éclat de rire, mais aussi un léger gémissement de douleur tandis qu’il portait une main à ses côtes douloureuse. Quand bien même, Heiki se fit vaillant, le temps de lancer une lessive de linge et de revenir dans le salon pour taper quelques coussins à la fenêtre et rapporter la vaisselle dans la cuisine, non sans glisser une main le long des épaules de Lilith pendant qu’il passait à proximité.

Est-ce que ça te plait alors, ce plat ? Je n’ai même pas pensé à demander…




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MessageSujet: Re: In need of attention | Beiki   13.09.18 22:33

Bethany & Heiki


Tu as cet avantage d'apprendre rapidement, Bethany. Ta capacité d'adaptation s'est améliorée, avec les années. Celle de comprendre les autres encore plus. Si au départ c'était compliqué avec le métisse, de parvenir à voir au travers de ses jeux de fumée, de sa manipulation, tu commençais lentement à voir clair. Tu avais pris ton temps pour observer. Un peu comme un chat qui apprivoise un nouveau jouet, pour vulgariser la situation. Tâter le terrain, chercher à comprendre comment il fonctionne, parvenir à choisir les méthodes adaptées pour le marquer comme il faut et le faire tomber de son trône derrière l'échiquier. Tout en venait à ça, à le perdre. À lui faire prendre confiance envers quelqu'un qui ne le mérite pas, à lui faire croire que tu as besoin de lui, à voler son exclusivité rien que pour détruire ce qu'il cherche à construire à côté. À le briser pour en voir les failles, parce qu'il en affichait trop peu, sauf une. Tu ne parvenais pas encore à voir tout les effets de sa manipulation, ni comprendre ce qu'il cherchait réellement à faire, mais tu avais capter une essence particulière. Sa réaction face à ta sensibilité. Il n'y avait jamais que du faux, dans les réactions du sportif. Tu l'avais bien compris, ça, à force. Il semblait exagérer, à quelques moments près. Du moins, tu le présumes. Tu ne sais pas si c'est ce qu'il cherche à te faire croire, si c'est la vérité ou qu'au contraire, tu vois trouble. Mais pour l'instant, c'est ce sur quoi tu te bases. Que tout n'est pas mensonge. Qu'à quelque part, il s'inquiète réellement, que ça lui fait vraiment du mal de t'offrir ce refus. Que tu lui avais réellement manqué, ce soir-là où vous avez mis le jeu en suspend. Alors tu tisses, peu à peu. Des failles, tu en as montré des tonnes. Il a de nombreuses armes contre toi et tu sais qu'il pourrait facilement te faire tomber à cause de ça. Si tu n'en étais pas aussi consciente, du moins.

Mais sa faille, à lui, tu en prendrais soin. Tu viendrais la nourrir pour la faire plus importante encore. Parce qu'il avait plus grand coeur que toi, le coach, à quelque part. Parce qu'il avait été jusqu'à se sacrifier pour sauver son cousin. Parce qu'il n'était pas autant un monstre que ce que tu pouvais être. Il prenait en considération tes sentiments et il semblait s'attacher, peu importe la personne dressée devant toi à l'immédiat. Tu l'avais vu, l'effet de ce manque, ce soir-là. Ça t'avait affectée aussi, tu ne pouvais pas le nier. Sauf que le plus important résidait dans ce fait: tu lui avais manqué. Au point de mettre sa garde de côté l'instant d'une soirée. Là, devant tes yeux qui laissaient démontrer de la douleur, c'était un homme préparé. Un homme qui ne savait pas où il allait, tout comme toi, mais qui avait pris le temps de se préparer face à ce que tu pouvais lui apporter. Tout comme toi, il ne faisait que s'ajuster à ce qu'il encaissait, à la moindre situation qui se présente. L'information de Carron n'a pas été laissée là par hasard. Il a sauté sur l'occasion, sur ta vulnérabilité pour frapper encore plus fort et te pousser de nouveau dans les bras de la solitude. Oh, ça avait eu son effet. Le pincement au creux de ton coeur était bel et bien réel. La douleur qui pouvait se lire dans tes iris l'était aussi, démontrée qu'à demie volontairement. Parce que tu sais que tu es en train de t'attacher, que tu es en train de tomber peu à peu dans sa toile, malgré que tu cherches à tout prix à ne pas y rester collée. Parce que chaque fois qu'une parcelle de peau s'y accroche, tu fais tout pour t'en débattre, quitte à t'arracher de l'épiderme dans la tentative. N'était-il pas conscient qu'un animal blessé, qui n'avait plus rien à perdre, ne ferait qu'attaquer plus farouchement? Qu'il ne ferait que se défendre davantage pour ne pas se retrouver encore plus amoché? Mais que surtout, vu les douleurs déjà présentes, que son corps était disposé à en encaisser bien plus que quelqu'un n'ayant jamais rien subit? Tu sais que tu n'es plus aussi stable, sur ton trône, mais ça ne voulait pas dire que tu en étais prête à tomber. Au contraire, tu ne ferais que t'y accrocher plus fermement.

Tu n'avais pas faim, plus maintenant. Ça te nouait l'estomac, d'apprendre une telle chose. Pourtant, tu ne lui offrais pas même d'exclusivité toi-même. Ça ne t'empêchais pas de tisser des liens avec la jeune blonde que tu avais rencontrée au bar ou de fabriquer une nouvelle toile rien que pour ton ex. Mais tu sais, dans ton cas, que ce sont des choses éphémères. Des choses qui viendront se disperser, prendre fin, un beau jour. Sauf qu'Heiki? Il avait l'avantage d'être un monstre un peu moins sans coeur que toi. Tu l'avais appris, ça, au courant du trekking. Alors les possibilités pour lui d'avoir une relation qui tienne étaient là. Tu ne savais pas à quel point, à quel pourcentage, mais ça restait une possibilité. Il avait beau s'être tiré dans le pied quelques secondes avant, le temps de son explication, tu te doutes que ce n'est pas un mensonge, cette relation. Tu ne pouvais pas dire à quel point elle était exacte ou forte, mais elle était là. Et toi, tu gardais bien l'information d'Astrée en tête. Ça venait nourrir un peu de colère à son égard, à défaut de laisser l'information te vexer. Parce qu'il t'avait abandonné pour cette blonde aux jambes sans fin, ce soir-là au Pub. Il avait joué l'amoureux, l'homme qui subit le coup de foudre. L'homme qui semble déçu de devoir mettre fin à cette forte complicité à cause d'un mari. Alors que la réalité se posait devant toi: ce n'était qu'un mensonge. Parce qu'il te l'a dit. Ce n'était pas comme avec Astrée, ce qu'il vivait avec Carron. C'était fort, pour reprendre ses mots. Rien qu'avec ça, rien qu'avec ces mots, il venait de détruire toute cette image qu'il avait délaissé en ce qui concerne cette sorte de sentiment pour l'inconnue. Et toi, tu y as bêtement cru. Tu t'es laissée berner par ce faux sentiment par peur de l'abandon, par attachement. Ça n'allait pas passer inaperçu et tu comptais bien t'en rappeler, de ça. Pour tenter de ne pas te laisser avoir aussi facilement de nouveau. Parce qu'il cherche sur tes faiblesses autant que tu joues sur celle que tu as pu constater de ta part. Peu importe à quel point c'est de plus en plus douloureux de te décoller de certains fils de sa toile chaque fois qu'un bout de peau s'y accroche. C'est un jeu trop puissant, après tout. Douloureux, mais un jeu tout de même.

Alors tu sais déjà, lorsque tu piques dans ton assiette, qu'il a sans doute conscience que tu n'as plus réellement faim. Pourtant, il laisse ses doigts t'effleurer. Ta mâchoire, ton cou, coulant jusqu'à ton bras tatoué. Rien que pour abandonner et s'appuyer contre le dossier du divan. Sa voix retentit finalement, tandis que tes doigts viennent prendre possession du verre d'eau qu'il tenait à ta portée. Et c'est le même manège qu'avec le sac de nourriture, l'effleurement qui se veut accidentel. Tu gardes pourtant tes iris vers lui, prenant une gorgée d'eau. Tu savais que désormais, tu te devais d'être plus subtile encore dans tes gestes, dans tes manipulations à venir. Par prévention de ce qu'il pouvait prendre conscience. Tu sais qu'il te connait toujours un peu plus, après tout. Tu es également consciente qu'il est un observateur. Tu ne l'oublies pas, ça. Tu n'oublies pas à qui tu as affaire. Tu devais apprendre à peser ta sensibilité pour le faire tomber sans qu'il ne comprenne que tu joues contre lui. Et tu sais que tu devrais te faire toujours un peu plus vraie au fur et à mesure que les choses avancent. Dans le pire des cas, tu finirais par le faire fuir à force qu'il découvre des choses supplémentaires à ton sujet, sur comment tu es réellement. Ce n'était pas plus mal, comme résultat. Ce serais une victoire plus douloureuse, mais une réussite tout de même. Mais pour l'instant, l'important, c'était de gagner du terrain.

Sauf que peu importe tout ce jeu et tout ce besoin de manipulation. Le fait restait que tu étais sensible à ses paroles, à ses gestes. Peut-être par manque d'habitude que l'on prenne soin de toi. Peut-être parce que justement, il n'y avait pas que du faux dans ses manigances. C'était encore pire après tout ce temps passé seule, après toute cette douleur qui avait suivi la conversation dans la chambre d'hôpital avec James. Il t'avait manqué et ça, c'était réel. La chaleur de ses bras, son odeur, son réconfort. Encore et toujours. Tu t'étais habituée à lui et tu t'étais fais violence pour ne pas y revenir. Sauf que de le voir à ta porte d'entrée, excluant l'ecchymose, ça avait ébranlé ta situation et ton jeu. Tout comme lorsqu'il replace une mèche de tes cheveux de sa main que tu sais douce, tandis qu'il te parle de confiance et que tu fermes les yeux sous le baiser à ta tempe. Parce que ça creuse ton ventre face à ce besoin charnel qui fait peu à peu sa place dans ton corps, parce que tu veux ressentir ses bras autour de ton corps douloureux et délaissé. Tu es prise dans des émotions contraires, au final, et tu te dois de déceler le vrai dans ce qui n'est qu'une réaction face à ses manipulations bien exécutées. « Il ne saura pas qu'il y avait la moindre femme ici, tu peux compter sur moi. »

Tu le laisses se relever pour le voir entamer du ménage. Et pas qu'un peu. Au point de venir démarrer de la lessive, taper quelques coussins ainsi que... Ton esprit bloque. Ton cerveau cesse de l'observer faire en te frustrant toute seule de le voir nettoyer comme si c'était chez lui. Parce que son rire face au jeu avec Litchi devient un petit gémissement et une main contre ses côtes. Tu fronces un peu les sourcils, profitant qu'il passe tout près, de sa main qui se glisse contre tes épaules pour en prendre doucement possession et l'arrêter dans sa trajectoire. Tu ne prends même pas soin de répondre à sa question, d'ailleurs, alors que tu cherches son regard du tien. « Qu'est-ce que tu as? » Tes iris se baissent vers les côtes afin de mieux lui faire comprendre ta question, pour ensuite planter le vert de tes yeux de nouveau dans ses prunelles. Sauf que tu ne prends même pas soin d'attendre sa réponse que tu le tires un peu plus vers toi, ton dos se décollant du dossier afin de mieux accéder son corps et remonter un peu son haut. Assez pour dégager les côtes et en constater l'état. Tes gestes tentent de se faire doux, pour ne pas lui faire davantage mal toujours, mais tout en étant fermes pour ne pas le laisser se dérober. Tes sourcils cessent de se froncer à la vision, en constatant la peau également bleutée, tes doigts venant frôler la peau. Un geste si faible, comme si tu avais peur de le brise en pressant trop fortement. « Ça vient de la même personne? » Tu lâches en serrant un peu la mâchoire, ramenant un regard plein de questions vers lui. Ta voix s'était faite un peu plus sérieuse malgré la douceur qui y résidait. « C'est une raison de plus pour te réprimander de faire le ménage de mon appartement, ça. »

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MessageSujet: Re: In need of attention | Beiki   18.09.18 19:12

Bethany & Heiki


Le problème avec Lilith, c’était que ses stratégies de base et ses habitudes de jeu devenaient désuètes du même coup. Il semblait à Heiki que l’Anglaise n’avait pas encore abattu la moitié de ses cartes, qu’il était déjà un genou à terre à supporter le poids de ses méthodes et les conséquences de ses choix parfois trop hasardeux ou intuitifs. Le truc, c’était qu’il n’y avait pas de mauvaises méthodes. Il n’y avait pas d’erreur de stratégie ou de choix erronés. C’était là toute la difficulté de la chose. Il fallait être plus malin qu’elle et surtout peut être… apprendre à mentir et à tromper plus fort qu’il ne le faisait s’ordinaire. Ce n’était pas quelque chose qui lui faisait peur, au Cubain. Seulement il n’avait pas l’habitude de devoir se surpasser. Pas dans un jeu d’esprit du moins, pas dans une bataille au corps à corps contre une conscience vive et acérée comme celle de Lilith. Voila pourquoi il se trouvait en difficulté. Parce qu’il avait gardé ses bases à lui, ses coutumes et ses acquits comme s’il se trouvait devant n’importe qui. Mais l’Anglaise n’était pas n’importe qui, elle l’avait prouvé à de très nombreuses reprises. Et si pour Heiki, adopter une attitude simple et sincère en utilisant les bases d’une réalité brute était le meilleur moyen de perdre une créature pour jouer avec comme un félin avec une souris, il devait tout revoir. Tout, dans le moindre détail. Jusqu’à sa manière de la traiter elle, de l’anticiper… et de se braquer contre les sentiments qu’elle lui imposait habillement. Si elle était forte, il le serait davantage. Et cruel, infiniment plus encore. Quand bien même s’occupait-il de l’intérieur un peu désordonné de Lilith, parce que c’est aussi ce dont elle avait besoin. Et que le besoin créait le manque, et le manque… serait la pire arme qu’il aurait contre elle jusqu’à creuser plus fort. Pour sûr, elle faisait la même chose avec lui… Heiki n’avait plus de doute dessus. Le truc… c’était que sa faille à lui c’était elle. Parce qu’elle cherchait ça, maintenant aussi il le savait. Mais il n’en avait pas d’autre. Contrairement à elle qui semblait en posséder une immense, sur laquelle il se graverait lui, en plus du reste. Il suffirait alors de frapper, pour qu’elle se fissure douloureusement. Qu’il avait hâte de cela ! Du moment où il donnerait ce délicieux derrière coup. Pour la voir se briser en mille morceaux. En attendant, il ne pouvait qu’accepter sa requête dans un sourire, promettant ainsi qu’elle viendrait autant que possible chez lui le temps de sa convalescence.

Heiki n’avait même pas remarqué son geste envers sa côte douloureuse. Sous l’amusement qu’avait créée Litchi en surgissant de nulle part, il avait souffert juste assez pour que cela soit visible. Et pourtant il continuait de s’occuper de l’appartement, jusqu’à passer prêt d’elle encore sur le canapé, de céder à l’envie de la toucher un peu. Et c’est un peu étonné qu’il s’arrêtât en la sentant prendre sa main dans la sienne pour le retenir. Heiki se laissa bien volontiers faire, assez curieux aussi de la voir ainsi inquiète et sans encore percuter ce qu’il pouvait se passer dans sa tête brune ou d’où venait cet élan de tendresse et d’anxiété.  Elle cherchait son regard, et l’interrogeait avec, avant même de mettre des mots sur sa demande. Sans avoir le temps de répondre cependant, Heiki la sentit l’approcher d’elle, prendre son haut pour le remonter et voir de ses yeux sans aucune patience. Mais toute cette douceur força le métis à retenir un peu son souffle tandis qu’il anticipait qu’elle soit aussi peu délicate qu’avec sa pommette. Qu’elle lui fasse encore mal même sans le vouloir. Pourtant il observait ses gestes, chacun aussi délicat les uns que les autres alors qu’elle examinait l’ecchymose qui s’étendait presque jusque dans le dos.

Mais arrête, c’est rien…

Non, ce n’était pas rien. Il y avait aussi de quoi s’inquiéter et lui aussi surveillait ça. Ce petit con de Drake n’y avait pas été de main morte même si par la suite, Heiki avait été forcé de ployer le genou pour éviter que cette histoire ne fasse trop de tort à Esekiel. Ça, c’était sans doute ce qui l’avait le plus blessé dans l’histoire, bien plus que les poings et les paroles, de devoir faire un geste tandis qu’il avait la possibilité d’écraser l’Anglais. De le foutre à terre bien plus fort qu’il ne l’avait fait et de l’abattre froidement. Heiki aurait pu… il en avait eu la position et la force, les armes aussi. Il aurait pu aller jusqu’à faire rompre un couple, priver Drake de ce qu’il semblait avoir de plus précieux et jouer contre lui si fort qu’il aurait sans doute été expulsé par les services de l’ordre Islandais. Facilement, le métis aurait pu se rendre jusqu’à là en saisissant la justice, comme en révélant les choses à Zouzou. Mais il n’avait rien fait… hormis refuser de porter plainte, ne pas remuer la vase au fond de l’étang et même couvrir Drake pour éviter qu’Esekiel n’apprenne ce qu’il avait fait. Peut importait les raisons… peut importait les actes, comme toujours son cousin était passé avant le reste. Non sans blesser Heiki dans son amour propre. Seulement ça laissait des traces, des ondées de colère et d’humiliation qui pourtant, semblaient s’apaiser sous les gestes et les regards de cette Anglaise-là. Il fallait au moins une autre Britannique pour calmer les méfaits d’un de ses compatriotes… Il fallait au moins Lilith.

Même personne oui. Mais t’inquiète pas, je ne suis pas à l’agonie ! Et je ne risque pas encore de boiter comme un vieux pirate bourré, alors rien ne m’empêche de rendre ton espace un peu plus vivable. Regarde-moi ça … n’importe quoi.

Pendant qu’il parlait, Heiki désigna les alentours alors que… c’était pas tellement le bordel. Mais peut importait, il n’avait pas trop su quoi répondre sous la douceur étonnante qu’amenait Lilith par ses gestes. D’un geste alors, le métis replaça son haut pour couvrir son torse à découvert, puis s’arracha à sa prise pour continuer un instant son petit tour de ménage. Mais avant cela, il s’était permit de voler une bouchée de l’assiette de Lilith, qu’il lui tendit ensuite pour qu’elle reprenne son repas plus tranquillement. Après tout, il était là pour ça non ? La nourrir. Mais à peine avait-il rangé un peu de vaisselle qu’il revenait déjà vers l’Anglaise pour s’assoir contre elle et piquer dans son assiette.

Bon alors, c’est comment ?


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MessageSujet: Re: In need of attention | Beiki   22.09.18 17:11

Bethany & Heiki


Tu te devais de redoubler d'attention. Observer davantage, voir plus loin que ce que tu vois à l'immédiat. Il avait fait une faute, le métis. Une faute qui peut sembler banale pour qui que ce soit d'autre, pour n'importe qui sans doute, mais pas pour toi. Il avait banalisé la situation avec Astrée et bien que cela puisse sembler comme si ses sentiments envers l'Américain se faisaient trop puissants, tu avais pris conscience que c'était loin d'être le cas. Parce qu'il exagère, n'est-ce pas? Tu l'avais constaté, ça. Qu'il exagère ses paroles à défaut de mentir. Et toi, tu t'étais fais avoir. Tu t'étais laissée blesser par la peur de l'abandon lorsque tu l'as vu quitter avec Astrée. Tu t'étais laissée manipuler sans t'en rendre compte. Et tu ne peux pas blâmer le fait que tu étais complètement ivre, ce soir-là. Boire, tu en as l'habitude et la blessure, elle était restée par la suite jusqu'à lui avouer que tu avais besoin de lui, ce soir-là. Jusqu'à mettre le jeu sur pause pour vous retrouver un peu plus, pour vous soigner l'un à l'autre à coup de tendresse et douceur. Donc oui, au final, tu te devais de redoubler d'attention. Pour voir les signes avant de te laisser flancher, la prochaine fois. Il jouait avec le feu, le métis. Il se faisait fourbe, tu te ferais donc davantage vicieuse dans tes gestes. Tu allais le marquer, griffer son coeur afin d'y porter une marque qui ne disparaitrais pas, qui se ferait éternelle. Tu devais remettre ta tête au jeu. Tu devais le voir tomber, se casser comme de la porcelaine que tu laisserais tomber après l'avoir manipulée entre tes doigts trop peu délicats.

Et tu compensais ton manque de délicatesse par des gestes qui se voulaient trop légers, presque craintifs, afin de ne pas reproduire l'épisode de la glace contre son visage. Il semblait confus, tandis que tu l'attirais contre toi, que tu le tirais vers toi pour en découvrir l'étendu de la blessure cachée et ignorée jusqu'à présent. C'était bien pire que celle au visage, ça. Ça s'étendait presque jusqu'à son dos, c'était prononcé. Ça ne pouvait qu'être douloureux. Tes dents se serrent un peu plus, ton jeu à nouveau ébranlé par cette découverte. Si tu le connaissais un peu moins, sans doute que tu te serais demandée pourquoi quelqu'un l'aurait amené dans un état pareil, aurait voulu lui faire du mal à ce point, à en laisser sa peau douce et parfaite tachée d'une couleur horriblement bleutée. Mais tu le connais, Heiki. Il te l'a dit, aussi. Que tout ça, ce ne sont que les répercussions de sa relation avec Carron. Parce qu'il n'est pas une bonne personne, parce que l'Américain est encore avec son ex, parce qu'il l'a déjà brisé une fois et pourtant, il revient à lui. Les emmerdes habituelles pour des personnes comme lui et toi, donc. « Ce n'est pas "rien", Heiki. Je croyais t'avoir déjà dis de ne pas me prendre pour une idiote. » Tu soupires un peu, osant t'approcher encore un peu afin de poser tes lèvres pulpeuses contre sa peau. Tu y apposes un baiser en sachant pourtant que tu n'as pas le droit, plus maintenant, tentant de te faire toujours aussi douce. Un baiser qui se veut comme ceux que font les mères normalement, pour "guérir" le mal. Ceux que tu as eu trop peu souvent de sa part, alors que pourtant, c'est devenu presque automatique entre le Cubain et toi. D'embrasser vos blessures comme si vos lèvres allaient parvenir à les soulager. Tu l'avais fais. Contre son poing lorsqu'il avait frappé l'inconnu, contre ses côtes lorsqu'il était tombé au stade. Et il l'avait fait en retour. Contre tes jointures abimées quand tu t'es perdue en pleine nature, contre ton corps tout entier pour te soigner des douleurs du coeur... Des gestes dans le but de se réconforter un peu, de prendre soin l'un de l'autre. Même si tu ne sais pas à quel point tu parviens à le faire lorsque tes lèvres touchent sa peau et cherchent à ne pas trop se presser à la peau alors que tu sens le geste un peu plus brut qu'il ne devrait l'être. Que tu voudrais qu'il soit, du moins.

Sauf qu'il change de sujet, te faisant ramener ton regard vers lui alors que ta main est venue se poser au creux de ses reins le temps du baiser. Il vient se plaindre du bordel de ton appartement. Et il désigne ton domicile comme s'il était en train de décrire le passage d'une tornade au sein des lieux. Tu soupires un peu plus lourdement, ta main quittant son corps dans un frôlement contre sa hanche tandis que ton dos revient contre le dossier. Tu sais que ce n'est pas si bordélique que ça. Et surtout, tu sais qu'il ne dit que ça pour détourner de la situation, du sujet... de tes gestes, sans doute. Parce que vous avez toujours été tactiles l'un à l'autre, facile à succomber. C'était toujours une façon de s'égarer un peu des manigances, tout comme parvenir à marquer l'autre encore plus afin de créer le manque, le besoin. Vos gestes vous amenaient toujours au lit et sans doute venait-il les fuir afin d'éviter une telle chose, afin de prouver qu'il voulait réellement ne pas faire un faux pas dans cette relation. Qu'il fasse, dans ce cas. Qu'il évite. Tu sais que tu as laissé tes traces, qu'il y a ce quelque chose d'irrésistible désormais qui fait en sorte qu'il veuille y revenir, peu importe à quel point il persiste à dire que tu n'es pas son genre. Vrai comme faux, toujours est-il qu'il flanchait. S'y mêlait ce regard contre tes lèvres, ce baiser à ta cuisse pour soulager un peu le mal, cette main contre tes épaules. Ce n'était que des traces de tout ce qui avait été apposé il y a de cela trop longtemps. Tu es consciente, de tout ça, et tu parviendrais à le faire abandonner son idée de fidélité. Après tout, tu n'as pas ce concept d'ancré, toi. Tu n'avais aucune honte à le faire commettre un acte contre sa relation. Tu allais reprendre ta place, tu n'allais pas laisser cette routine se place entre les deux hommes et risquer de te faire mettre de côté avant que tu n'aies terminé de jouer. Quitte à y briser le couple au passage, s'il le fallait. Ce ne serait qu'une preuve de l'ouragan Lilith et le sportif viendrait prendre conscience de l'ampleur des dégâts beaucoup trop tard. Parce que l'Américain était un pion dérangeant à votre jeu et il se devait d'être écarté.

« N'exagère tout de même pas. » Tu lui réponds en laissant une moue désapprobatrice sur tes traits, le laissant prendre bouchée du plat que tu avais à peine entamé encore. Ta prise vient fuir tes griffes afin de continuer à faire du ménage. Sauf que cette fois, tu le regardes faire plus attentivement, avec une inquiétude qu'à demi feinte au creux du vert de tes iris. Tu n'avais pas envie qu'il se blesse davantage. Comment allait-il prendre soin de toi et ta cuisse s'il ne savait plus bouger, après tout? Pourtant, il cesse assez rapidement afin de revenir vers toi et de nouveau voler une bouchée du plat. « Je croyais que tu ne mangeais pas, toi! » Tu lui lances alors, la bouche encore à moitié pleine, d'un timbre de voix qui se veut moqueur et amusé alors que tu tentes d'écarter l'assiette pour "l'empêcher" de prendre une bouchée, le geste échoué bien sûr. « C'est délicieux, tu le sais bien. » Tu lui souris, venant ensuite piquer une autre bouchée et cette fois, tu la lui tends. Et tu attends le moment précis, d'ailleurs. Celui où il aura la nourriture en bouche et qu'il ne pourra pas interrompre, qu'il ne pourra pas dire quoi que ce soit d'autre qui viendra t'empêcher de décocher ta prochaine flèche alors que ton regard semble hésiter un peu à te laisser parler, avouer la suite des choses. Parce que toi aussi, tu as des informations qui peuvent se voir utiles contre lui. « J'ai quelque chose à t'avouer, Heiki. » C'est donc avec toute l'hésitation possible que tu reprends parole. Avec cette pointe de culpabilité, mais également une douceur qui réside dans ton regard, comme si elle se voulait involontaire. Tu presses le silence dans quelques lourdes secondes. « J'ai quelqu'un aussi. » Et tu baisses brièvement le regard le temps de piquer dans ton assiette une toute petite quantité de nourriture. Comme si c'était davantage pour t'occuper et agir "normalement" que de réellement te nourrir. Tu amènes la fourchette à tes lèvres pour en prendre le contenu et tu plonges encore une fois le vert opaline dans les siens. Pour en observer toute sa réaction, la moindre fluctuation de regard, de tension dans ses traits. Parce que tu te souviens de cette jalousie démontrée au stade et tu étais horriblement curieuse de voir comment il allait jouer cette carte, la mêler à la situation de son couple. Parce que tu étais curieuse, désormais. Curieuse de voir si ce n'était qu'un geste de manipulation ce soir-là ou s'il y avait du vrai qui y résidait.

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MessageSujet: Re: In need of attention | Beiki   23.09.18 16:38

Bethany & Heiki


La prendre pour une idiote ? C’était pas tellement le cas. En vérité sous l’influence de cette phrase, Heiki se rendait compte de la manière dont il minimisait les choses. L’importance de son mal, de cette blessure qui marquait sa peau et s’étendait plus que de raison. Il ne voulait pas qu’elle s’inquiète. Et dans le même temps, c’était tellement bon de voir cet éclat sincère dans son regard, qui indiquait bien sa surprise et son anxiété. Pour sur il y avait du vrai là-dedans. Quoi qu’Heiki pouvait aussi en douter. Après tout, c’était toujours difficile d’être certain de ses intuitions avec cette fille-là. Mais son regard… son geste ensuite… c’était presque surréaliste de se dire que tout cela était faux. Qu’elle pouvait jouer aussi bien… Et pourtant, il devait se le dire, marteler son esprit avec cette certitude pour qu’il ne se fasse plus avoir par la suite. C’était difficile… mais c’était vital. Et il y parviendrait, jusqu’à son inconscient comprendrait bientôt. Et son jeu n’aurait alors plus aucune chance de laisser Lilith gagner. Elle avait de l’esprit, un fort mental. Mais il n’était rien comparé à celui du sportif, plus long à engager peut-être mais ensuite… indestructible. Il lui avait alors servit un froncement de sourcils quand Lilith lui avait dit de ne pas la prendre pour l’idiote qu’elle n’était pas. Mais sous le geste délicat, sous l’effleurement de ses lèvres qui le laissèrent avec un soupire tendu aussi bien à cause de la légère douleur que par la chaleur que cela diffusait en lui, Heiki se détendit. Ce genre de chose, c’était tellement habituel entre eux. C’était devenu une manière de se montrer une tendresse parfois factice, parfois totalement réelle. Mais aussi tout le reste, la manipulation, l’attachement, la tendresse… Tout cela se mêlait avec force et fracas et laissait un sentiment d’écho très complexe au creux de ses émotions à lui. Et l’avoir sans arrêt sous les yeux, dans la tête… c’était ça aussi qui l’empêchait de bien faire la part des choses. Fort heureusement encore une fois, la semaine passée à travailler Carron le laissait d’autant plus fort devant Lilith. Encore fallait-il qu’il se reprenne totalement. Ce qui n’était pas encore le cas. Une main dans les cheveux de la brune, le sportif la regardait faire en perdant un peu le sourire, rendu triste quelque part par ses mots, mais aussi par ce geste, sa main contre ses reins qui l’invitait à plus. Et dont il devait se priver pour Carron…

Du moins était-ce là ce qu’elle croirait fermement en le voyant. Présenté devant Lilith, son regard était pourtant clair et limpide, elle ne pouvait pas discerner le vrai du faux. Lui aussi … oh oui lui aussi savait bien jouer. Mais il s’en était défait finalement, pour retomber dans le ménage. Fuir un peu son regard sans assumer sa blessure et la raison de cette dernière. Quelque part, il se trouvait usé par l’omission et le jeu, par les masques… elle était forte et il se rompait sur elle. Peut être alors, que le métis aurait préféré tout simplement un moment aussi complice et calme, aussi doux et chaud que leur dernière entrevue chez lui. Le creux de ses draps, le creux d’elle… ça lui manquait vraiment. Les rires et les câlins, les caresses et même ses moqueries à elle. Sans forcément ressentir de manque encore physique à cause de cette colère qui le rongeait d’avoir été si longtemps sans nouvelles, c’était cette connexion qu’il souhaitait retrouver. Se l’interdire en revanche était une nécessité. Parce qu’il ne pouvait pas se perdre de lui-même, s’échouer contre le roc, et que tout cela était tellement faux… tellement factice qu’il se ressaisissait déjà. Ainsi il avait ri, Heiki, en l’entendant râler à sa réflexion quant à l’état de son appartement.

Et pauvre Litchi qui doit vivre là-dedans ! Remarque elle fout des poils partout. Et si je la collais dans un sac ? Avec un trou pour la tête, d’autres pour ses pattes, et hop ? Ça minimiserait… Ou alors un petit coup au mixeur ? Parait que c’est un fabuleux jus pour les plantes, du chat liquide !

A l’évocation de son nom, la boule de poil s’était pointée avec des yeux tout curieux. Comment ne pas craquer intérieurement ? Impossible en vérité… Mais il ne le montrait pas tellement. Il se pencha simplement pour lui gratter un peu la tête, une main encore sur ses côtés accompagnant une légère grimace et pourtant il avait persisté à caresser l’animal. Puis il était allé embêter l’Anglaise, se coller un peu sur le canapé, à la recherche inconsciente de sa chaleur et de son contact pour gouter son plat.

Mais je ne mange pas ! En revanche c’est possible de goûter ou pas ? Mais qu’elle est farouche celle-ci avec sa nourriture !

A nouveau, sa phrase avait été accompagné par un sourire et par provocation, il pinçait un morceau de poisson entre ses doigts pour le porter à sa bouche. Délicieux, oui c’était le mot ! Les saveurs étaient équilibrées. En revanche, c’était un peu plus fade que dans son souvenir, sans doute le fait d’avoir été congelé puis décongelé dans un micro-onde de petite gamme comme celui de Lilith... Il allait d’ailleurs en faire vertement la critique quand elle lui annonça avoir quelque chose à lui avouer. L’espace de quelques secondes, il plissa le regard. C’était le même genre de phrase qu’il avait employé avant de lui parler de Carron. Celles qui n’annonçaient jamais rien de bon. Mais si son cœur s’était emballé une seconde, Heiki avait rapidement trouvé le moyen de le calmer. Parce qu’à bien y réfléchir, c’était maintenant qu’elle devait frapper pour gagner du terrain ou récupérer celui qu’elle avait perdu avec l’annonce du couple que formait désormais Heiki avec son ex retrouvé. Alors il avait eu le temps de se préparer tout en l’observant avec curiosité mais aussi anticipation. Il fallait être fin… Et même si imaginer qu’elle avait réellement quelqu’un ranimait le sentiment de rage toujours tapis au fond de lui, il n’en montra rien. Pas même un simple petit éclat, pas le moindre indice pour cette fois. Il baissa simplement le regard, un peu silencieux, un peu chagriné. Avant de relever le nez vers elle et la regarder dans les yeux.

J’imagine que c’est une bonne chose ?

Il se donnait l’air un peu triste quand même, mais coupable aussi. Coupable d’être égoïste et de la vouloir pour lui et personne d’autre. Comme si finalement elle ne pouvait être que sa maîtresse à lui. Pour le moment il préférait imaginer qu’elle mentait… il encaisserait plus tard, une fois seul. Parce que pour l’instant le but était de garder la marge qu’il avait trouvé le moyen de prendre, même si son cœur se serrait et que le dépit dans ses yeux n’était pas totalement feint. Il inspira longuement, avant de regarder ailleurs, sans savoir exactement quoi fixer.

C’est dans l’ordre des choses, du moins. C’est pas comme s’il y avait vraiment quelque chose entre nous. Hein ?

Il haussa alors les épaules. Encore un peu par dépit, avant d’hésiter. Il semblait déjà mélancolique de l’époque où ils s’amusaient à deux dans les bars, contre quelques proies désignées. De ces instants au trek passés en tête à tête, seuls au milieu du monde à jouer, à se détester mais aussi se découvrir. Le lac Lilith lui manquait. Il semblait sincère, Heiki. Réellement touché et attaché, à réprimer sa jalousie qui le mordait déjà et qu’il tentait de cacher dans la lueur de son regard. Et sa voix s’était faite volontairement plus abrupte quand il avait demandé ensuite :

Tu es amoureuse ?

Que la réponse soit oui, et il s’étoufferait probablement dans sa rage. Sans qu’elle ne le constate, comme une agonie silencieuse et subtile que l’on ne remarque pas. Mais il se fermait déjà à cet éventualité… il se refusait de craquer. Le mental prenait le dessus sur le cœur qu’il ne sentait déjà plus. C’était terminé, les sentiments et les mièvreries, terminé le doute, les réflexions infructueuses. Heiki venait de comprendre qu’il avait trop pensé avec elle après avoir été trop arrogant. Maintenant, il allait agir. La frapper, encore et encore jusqu’à ce qu’elle hurle des suppliques. Et même là, il se pouvait que le métis n’arrête pas son geste amère et rancunier envers celle qui sans le savoir, l’avait déjà terriblement blessé. Il ferait pire. Cent fois pire… Et ça commençait vraiment maintenant.


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MessageSujet: Re: In need of attention | Beiki   06.10.18 15:17

Bethany & Heiki


Tu le maudis, souvent. De causer autant de tord, mais t'amener à vouloir le garder près de toi, à garder cette place à ses côtés. Tu refuses de croire que tu t'attaches réellement, pourtant. Peu importe les signes, peu importe à quel point ça te fait mal à la simple idée qu'il s'installe dans cette routine et te laisse de côté, t'enlève de sa vie. Parce que tu y as pris goût. Comme une lente obsession, une brève addiction de son contact. Contact qui est toujours privé, d'ailleurs. Parce qu'il a quelqu'un, désormais. Parce que si toi tu n'as pas de concept de fidélité, sans doute que lui il en a. Mais ça, tu sais bien trop que le jeu reviendrait au grand galop. Que tu viendrais le tenter à le faire flancher lorsque le besoin de sa chaleur se ferait trop présent. Pourtant, ce n'était que du faux. Que les résultats de manipulations bien placées à ton égard. Il s’immisçait dans ton esprit, le métis. Et tu avais bien du mal à le faire sortir comme il se doit. Parce qu'il s'accrochait et c'était tellement douloureux de le voir ainsi, avec ses ecchymoses contre son visage, contre ses côtes. Ça te donnait envie de le garder près de toi, de prendre soin de lui alors que c'est tellement contraire à ton attitude. Tellement contraire à toi, à l'égoïste qui ne s'attache pas, qui se fout des autres, qui ne pense qu'à elle afin de ne pas se blesser. Parce que de toute façon, les autres ne sont pas intéressés réellement, parce qu'ils partent, parce qu'ils abandonnent. Alors tu devais remonter tes barrières encore et toujours. Tu devais remettre ta tête au jeu et creuser. Creuser ta place, t'assurer de la garder le temps de terminer de jouer. Peu à peu, une stratégie se mettait en place. S'il était réellement amoureux, alors tu briserais ce couple. Tu lui enlèverais tout, tu reprendrais ta place en premier plan. Tout ça, rien que pour l'abandonner ensuite lorsqu'il serait complètement accroché en retour. Pour te venger des peurs d'abandon qu'il te cause sans arrêt, pour ces paniques causées face à l'attention qu'il semble déterminé à peser sur ta personne. Pour profiter pleinement de sa douceur et t'en débarrasser lorsque tu t'en serais lassée. Ça allait faire mal, tu le sais. Tu allais devoir sacrifier une partie de toi pour venir l'atteindre, lui faire voir autre chose que le jeu, que tes manipulations. Lui montrer ta tendresse, une sensibilité, ainsi que ce risque de te détacher au moindre faux pas. Mais le jeu en valait la peine, n'est-ce pas? Il devenait la personne la plus importante dans ta vie, mais ce n'était que pour vos manigances, non? Ça ne pouvait pas être réel. Alors, oui. Le jeu en valait la chandelle, quitte à te brûler avec la cire au même moment. Il te faisait flancher, te faisait crouler sous ses attentions et t'empêchait de garder un pied stable. Alors tu allais l'entraîner dans ta chute pour le pousser plus bas ensuite. Tu ne pouvais pas t'attacher réellement. Encore moins parce qu'il avait désormais quelqu'un et que les choses se compliquaient à vue d'oeil, que tu commençais à disparaître de son univers. Remonter tes barrières et le faire ployer avant que tu ne le fasses, avant qu'il ne t'atteint et que tu t'attaches vraiment...rien que pour résulter en un coeur qui se brise, qui explose.

Il se met à rire, le métis. Ça pause un peu de baume contre la plaie de ton coeur, celle causée par son absence. Le problème comme la solution. Toujours. Pourtant, il rit pour insulter davantage. Des taquineries simples, que tu sais fausses. Surtout parce qu'il l'apprécie, la boule de poils. Tu le sais, il ne fait que le renier, que faire croire. L'orgueil d'un homme face à la tendresse d'un chat. Parce que c'était difficile de la détester, Litchi. Si douce, joueuse, affectueuse. Il n'y avait bien que sa jalousie, au final, qui s'y mêlait. Il lui fallait bien un défaut, tout de même. Mais ça, c'était sans doute par son manque d'habitude d'avoir quelqu'un qui revient chez toi au lieu de disparaître une fois l'apogée atteinte, une fois son rôle accompli et refermer la porte derrière elle pour ramener la chatte avec toi dans ton lit pour la nuit. « Et il semblerait que de la chair de Cubain ce soit un bon complément dans l'alimentation des chats. Tu veux que l'on essaie, voir? » C'est un sourire qui en dit long qui accompagne cette phrase. Autant que ce soit moqueur, une plaisanterie pur parce que franchement, jamais tu ne ferais une telle chose peu importe les préjugés pouvant suivre ton physique, autant qu'il y avait ce sous-entendu très sérieux comme toujours: On ne fait pas de mal à Litchi. Jamais. Sauf que tu le laisses quitter vers le ménage et tu le vois bien. Tu le vois, qu'il se penche et qu'il tente de faire comme si de rien était, comme si c'était une caresse innocente envers la boule de poils qui venait de se ramener. Mais si il ne l'appréciait pas réellement, il n'aurait pas fait une telle chose malgré la douleur aux côtes. La main et la grimace en était la preuve. Il avait beau dire ce qu'il voulait, Heiki. Ça, c'était sans doute l'un de ses pires jeux d'acteur et tu espérais qu'il ne cherche pas réellement à le cacher, sans quoi tu serais vraiment déçue de le savoir aussi mauvais.

« Goûter, goûter... C'est toi qui a fait le plat, tu sais ce que ça goûte ! » Tu continues de reculer l'assiette pour tenter de lui éviter cette bouchée de poisson, bien que ce ne soit qu'un faux geste à peine dissimulé pour le taquiner, le laissant prendre la dite bouchée. Sauf que l'amusement retombe d'un coup lorsque tu décides de prendre de l'avant, lorsque tu sais que tu dois reprendre du terrain. Alors tu transmets l'information, tu lui parles que tu as quelqu'un. Chose qui n'est pas entièrement vrai, considérant que vous ne soyez pas officiellement ensemble. Du moins, pas que tu saches. C'est jamais vraiment clair, tout ça. Pourtant, tu observes ses réactions, la moindre fluctuation, la moindre chose pouvant te ramener à cet épisode au stade. Creuser ses réactions, tester son attachement, voir où il se situe. Au final, il n'y avait... Rien. Rien de la jalousie que tu as vu, pourtant. Ton coeur balançait entre deux options. Soit la jalousie était feinte, peu importe à quel point elle avait semblé vraie par la douleur des gestes, des paroles. Soit il la contenait parce qu'il savait très bien ce que tu cherchais à faire. Et sincèrement, tu balançais davantage sur la seconde option. Heiki est un homme réfléchit, intelligent. Tu n'avais aucune doute qu'il sache voir au travers de ça, tout comme tu savais voir au travers d'autres de ses manigances. Parfois trop tard, mais tu y parvenais également. « C'est ce que je me disais. On est qu'amis, puis... Ça devait bien arriver tôt ou tard. »

Et à cet air un peu nostalgique qui semble s'afficher sur son visage, tu savais à quoi il pensait. Tu t'en doutais bien. Faux comme vrai, il repensait aux bons moments. Au trekking, au lac Lilith, aux rires, aux moments de complicité. Tu le sais parce que toi aussi, ça ne te quitte pas. Toi aussi, ça te manque. Quand les choses étaient plus simples, quand il n'y avait pas une personne de plus dans l'équation. Quand ce n'était que vous deux contre la nature, personne d'autre. Puis la voix se fait un peu plus directe, un peu plus brusque et ça te sort de tes pensées en moins de deux, peu importe à quel point tu t'y étais plongée à peine une seconde. Tu sembles hésiter un peu à répondre, sans te douter à quel point tu le blesses. Tu te doutes bien, que tu l'affectes à quelque part, que tout n'est pas en vain. Tu ne savais simplement pas à quelle étendue c'était le cas. Parce qu'il dissimulait bien, le sportif. Trop bien. Quelques failles, comme cette jalousie, ces moments intimes qui semblent plus forts que vous à chaque instant, irrépressibles. Pourtant, tu ne parviens pas à voir à quel point il s'attache vraiment, aussi, et que ça lui cause douleur au point de le mettre en colère, de vouloir te détruire davantage. Sans doute parce que tu ne crois pas ça possible, qu'il s'attache réellement à toi. Remonter les barrières, chaque fois.

Tu acquiesces un peu de la tête à sa question, ton regard se ramenant à son plat. « Oui. C'est un peu particulier, cependant. Ce n'est pas... Ce n'est pas aussi officiel que Carron et toi. C'est encore assez récent, faut dire. Mais nous sommes proches, elle et moi. Je l'aime bien, vraiment. Et ça fait du bien. » Tu tentes d'expliquer, le regard fixé vers ton assiette dans laquelle tu joues davantage que tu ne manges le temps de l'aveu, le temps de lui laisser voir que tu n'es pas à l'aise à parler de ça. Chose qui n'était pas fausse, toi et les sentiments, parler ouvertement, ça a toujours fait deux. Alors tu lui laisses entendre toute ton hésitation, ton incertitude. Peu importe à quel point c'est faux. Sans doute tomberais-tu réellement amoureuse que tu aurais la même réaction, les même gestes. Le même besoin de fuir son regard afin de ne pas lui laisser voir ta faiblesse en plus de l'entendre. Tu le présumes, seulement, parce que tu ne tomberais pas amoureuse une seconde fois, n'est-ce pas? Tu avais rapidement compris, avec Eli', lorsque tu lui avais brisé le coeur. Tu n'étais pas faites pour les relations, encore moins pour être amoureuse.

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MessageSujet: Re: In need of attention | Beiki   15.10.18 12:04

Bethany & Heiki


C’était rare, qu’il encaisse mal. Qu’Heiki trouve quelque chose de trop difficile à digérer, que les paroles de Lilith n’inspirent chez lui que d’avantage d’hostilité. C’était pourtant le cas maintenant qu’il la voyait sous un jour tellement différent, qu’il comprenait ce qu’elle avait en tête. Cette fois, peut être unique d’ailleurs où le métis voyait clair dans le jeu de l’Anglaise. En ignorant pourtant pourquoi c’était si facile de comprendre ce qu’elle avait en tête, Heiki l’observait en gardant un air quasiment neutre malgré des fluctuations nostalgiques et un quelque chose d’un peu triste. En réalité il n’avait l’air que d’un homme qui se résigne à abandonner une relation qui lui plaisait tellement. Du moins, une partie de la relation qu’il entretenait avec Lilith. Parce qu’il venait de lui dire qu’il était avec Carron, amoureux et heureux, et que cela sous-entendait aussi fidèle. Il avait souhaité creuser, il lui avait mit une gifle qu’elle devait avoir ressenti jusqu’au fond d’elle-même étant donné les attentions, la chaleur et l’affection qu’il avait toujours témoignées envers elle depuis le trek. C’était dur… il se doutait parfaitement de ce qu’elle ressentait, de l’humiliation à la tristesse. Et pire que tout : la peur de l’échec, non ?  Parce que tout ceci n’avait rien de vrai, c’était du théâtre et du mensonge, des voilages tendus, des masques et des jeux de miroirs à n’en plus finir. Et pourtant Heiki savait en son fort intérieur qu’avec Carron, il avait marqué énormément de points. Sinon pourquoi avait-elle attendu un certain labs de temps avant d’avouer elle-même être entrée dans une relation amoureuse ? Si Lilith l’avait déclaré immédiatement, alors peut être qu’il aurait pu y croire, ne serait-ce qu’un peu. Les quelques minutes qui venaient de séparer les aveux respectifs prenaient un sens décisif pour le joueur qu’il était. Elle avait encaissé, elle s’était forcée à digérer, elle avait trouvé de quoi rétorquer. Et désormais qu’il venait de voir très clair dans ce jeu-là, il n’allait sans doute pas lâcher le morceau.

Parce que la suite des choses il la devinait très bien. Lilith parlerait sans doute très peu de cette fille qu’elle voyait, et avec sa présence chez lui le temps de sa guérison, il était fort certain qu’elle s’attèlerait à le faire revenir entre ses draps, à le faire craquer pour revenir contre son corps dans la culpabilité et la destruction du couple qu’il formait avec Carron. C’était sans doute ça, l’idée actuelle et la ligne conductrice. Après tout il aurait sans aucun doute fait la même chose. Il se serait immiscé tranquillement mais surement, d’abord dans l’esprit, ensuite dans le cœur. Puis il aurait creusé le manque petit à petit en s’éloignant de nouveau progressivement, en allant voire ailleurs ou en solidifiant son couple. En belle apparence.  La tactique était presque évidente… mais puisqu’il s’agissait de Lilith il faudrait rester terriblement prudent. Malgré la colère qui le rongeait désormais et la bestiale intention de la détruire. Qu’elle arrête de le blesser, qu’elle arrête de gagner. A l’idée même de perdre, Heiki sentait déjà la brûlure de la rage contre son cœur, l’infame certitude qu’il serait prêt à tout pour cette victoire-là. Quitte à avoir mal, infiniment. Quitte à lui-même sauter, pour l’entrainer avec lui dans sa chute. C’était déjà le cas après tout puisque cette fille-là était sans doute plus forte que lui… son arrogance l’avait trompé lui-même. Alors la victoire à n’importe quel prix… c’était là l’unique issue qu’il tolérait.

Alors tout en l’écoutant, le métis laissait la réalité lui faire prendre conscience de sa position et de la très très faible marge qu’il avait réussit à prendre sur elle. Le coup de Carron avait mis à mal le jeu de Lilith qui tentait alors de rétorquer avec son propre « couple ». En therme de stratégie, Heiki se sentait un peu déçu. Elle pouvait faire bien mieux qu’un coup d’épée dans l’eau comme celui-ci, il avait l’impression de voir un animal blessé donner des coups de crocs dans l’air pour se défendre d’une main qu’il ne savait mordre. Tant mieux, parce que c’était révélateur tout cela. Qu’il se sentait reprendre un dessus qu’il n’avait peut-être finalement jamais eut avec Lilith. Il prenait conscience de ses failles à lui, des siennes à elle, de tout l’engrenage. Si depuis trop longtemps Heiki avait été aveuglé par son arrogance et sa propre confiance en lui qui avait manqué de le faire perdre pied dans ce jeu soutenu, il avait suffi d’un rien pour qu’il comprenne et puisse voir clair. Cependant il ne se sentait pas fier… il se sentait davantage en danger, mais prêt à se battre désormais.

Tu me parleras d’elle ?

L’air de rien, sa main s’aventurait contre elle. D’abord contre sa cuisse, avant de rechercher un peu plus de contact et que la paume ne glisse dessus avec quelque chose d’affectueux, de terriblement prenant. Il avait besoin de ce contact, alors il le prenait. Malgré les aveux, l’éloignement physique auquel ils devaient se résigner. Par ce geste il ouvrait aussi un peu la porte pour ce qu’elle pourrait tenter plus tard… finalement, c’était lui qui menait le jeu cette fois, non ?

Pas maintenant… plus tard. Mais j’aimerais que tu m’en parle.

Un léger sourire s’était installé sur ses lèvres, tendre et avenant alors que dans ses yeux brillait quand même la lueur du regret. Un mélange savamment dosé qu’il espérait trop naturel pour qu’elle en doute. C’était dingue, ce qu’il devait faire comme effort pour jouer contre elle. L’espace d’un instant, il laissa le regard planer sur elle avant de fondre un peu plus dans le canapé pour pouvoir poser sa tête contre l’épaule de Lilith dans un geste beaucoup trop complice.

Finalement je suis content que tu viennes chez moi…

Parce qu’il n’allait pas la lâcher malgré tout, que ça lui faisait mal de l’imaginer dans les bras d’une fille… dans les bras de n’importe qui d’autre. La jalousie revenait, insidieuse et aussi farouche que lors de l’épisode du stade. Mais cette fois il se devait de jeter une couverture dessus pour l’ignorer, continuer à caresser doucement la peau de Lilith, soupirer un peu d’aise contre son épaule… et gagner du temps, toujours. Gagner la moindre minute sur elle, qui pourrait être décisive en fin de compte.



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MessageSujet: Re: In need of attention | Beiki   20.10.18 20:10

Bethany & Heiki


Bien entendu que tu sembles donner des coups portés dans le vide. Bien entendu que tu sais faire mieux que ça. C'est du vrai, c'est du faux. C'est de la manipulation, c'est une incapacité à réagir correctement. Parce que tu vois de loin les prises de tête, la routine et l'abandon. Tu vois déjà que tu deviendras en moins de deux une ombre, une fille à côté qui finira par être laissée derrière, qui disparaîtra et qu'il oubliera comme si tu n'avais jamais mis les pieds une seule fois dans son univers. Parce que c'est ce que tu es, toujours. Les personnes comme toi, ce sont celles que l'on oublie, qui ne sont que de passage, le temps d'une nuit ou deux. Le temps de prendre son pied, de s'amuser un bon coup, de rire haut et fort lors de quelques soirées alcoolisées, mais au final on se lasse. On passe à autre chose. On grandit, la vie adulte prend sa trajectoire. On se ramasse pris avec le boulot, avec le petit ami, les enfants. On ne peux pas se permettre d'avoir quelqu'un d'aussi instable comme toi dans sa vie, dans son entourage. Quelqu'un qui n'apporte que la luxure, le vice, la déchéance. Qui n'est là que pour le bon temps et qui ne comprend pas toujours le sens des priorités. Qui n'est que la maitresse, qu'une ombrage à sa relation. Il finira par te mettre de côté, c'est obligatoire. Parce qu'un beau jour, si cet Américain est le bon, il finira par se fidéliser. À ce moment-là, ta place ne serait plus.

Pourtant, le métis ne semblait pas conscient. Du risque, du danger. Croire que tout ça n'est qu'un coup dans le vide, qu'une tentative de t'accrocher à quelque chose, c'était bien mal te connaître. C'était vrai, pourtant. Tu cherchais à rendre, à attaquer, à faire mal, mais c'était bien plus loin que ça. Ce n'était qu'une apparence. C'est toujours qu'une apparence. Parce que tout est toujours en trame de fond, tout se tisse en arrière-plan. Tu sais quelles émotions se méritent d'être mises à nues, d'être laissées à découvert l'espace d'un instant. Démontrer cet attachement ne te serait que favorable, après tout. Il croirait à cette importance et s'il était ne serais-ce qu'un peu une meilleure personne que toi, avec le temps les choses viendraient prendre leur direction. Il viendrait comprendre que tu t'attaches et peut-être, par miracle, se verrait-il coupable de t'abandonner et se retrouverait dans l'incapacité de le faire le moment venu. Il s'en voudrait parce qu'il saurait que tu tiens à lui tout comme il semble tenir ne serais-ce qu'un peu à toi. Et dès lors, dès ce moment, tu pourrais reprendre ta place. Bien entendu, ça ne serait pas si simple. Ça ne serait pas le résultat d'un simple moment de faiblesse face à cet aveu qui se faisait horriblement poignant au creux du ventre. Non, il y aurait plus. Bien plus. Le temps d'encaisser les informations que rapidement tu te retrouverais en position de force, à te tailler une place dans son esprit, son coeur, afin de tester la solidité de ce couple qu'il formait désormais ainsi que la nécessité de ta place à ses côtés. Après tout, vous étiez tout deux dans un jeu l'un contre l'autre désormais. Les choses prenaient de l'ampleur, mais tu persistais. Tu allais te battre jusqu'au bout.

Mais chaque chose en son temps. Avant de crier victoire, encore fallait-il mener cette bataille jusqu'au bout et tout commençait par la simplicité, par le côté machiavélique que pouvait résider dans la subtilité des gestes. Comme cette main qui venait se tailler une place contre ta cuisse. Geste que tu sais bien loin d'être innocent. Geste que tu apprécies, pourtant, comme s'il venait te marque de son contact qui était longuement dû. C'était contradictoire. Trop pour que tu n'y croies réellement. Parce que quelques instants plus tôt, il se refusait un baiser, alors qu'ici et là il venait chercher ton contact. Une porte qu'il entrouvre ne serais-ce qu'un peu pour te permettre de présumer l'intérieur. Qui n'attend que le fait que tu oses la pousser et te laisser tomber dans le vide qui se trouve derrière, que tu te jettes dans la gueule du loup de toi-même. Tu n'en étais pas encore prête, pourtant. Pas avant de t'être armée d'abord.  Pas avant d'avoir cherché longuement à le faire flancher, le faire venir à toi. Donner toujours un peu plus de corde à prendre jusqu'à le faire s'y accrocher et te permettre de le tirer d'un coup vers toi. Parce que rendu à ce point, qu'importe qui fera le premier pas. Qu'importe qui le mène en autant qu'il n'y prenne part. Parce qu'ainsi, tu auras réussi à faire de toi son amante et tu auras repris un peu plus de terrain sur ton but.

« Bien sûr, quand tu veux. » Ta voix était un peu plus douce, presque nostalgique alors qu'il posait sa tête contre ton épaule, que tu laissais la tienne s'y appuyer en retour ne serais-ce qu'un peu. Tu l'as vue, la lueur de regret, mêlée à ce sourire. Ce côté qui semble dire qu'il est content pour toi alors qu'en même temps semble déçu de savoir que votre histoire allait prendre fin. Même si tu n'allais pas laisser les choses ainsi, bien entendu. Et ça semble si vrai, tout ça. Vrai, réaliste, peut-être trop, d'ailleurs. C'est sans doute pour ça que tu n'y crois que difficilement. Ton regard veut le croire, floué par tout ce qui émane de sa personne. Alors que pourtant, ta logique te fait dire de prendre un temps d'arrêt et de constater les risques de jet de fumée. Tu fermes pourtant les yeux, quelques secondes à peine, pas trop, pas même une minute. Tu prends un très court moment pour apprécier sa chaleur, son odeur, son contact et ses caresses. Qu'à peine que tu te redresses un peu, te bouge afin de le dégager doucement de ce petit moment de complicité. Le laisser là, c'était lui donner des armes. C'était sauter dans la gueule du loup dans cette intimité qui se faisait habituelle désormais chez vous, dans cette complicité, avant même d'avoir pris soin de mettre une armure. Tu n'allais pas te laisser avoir ainsi. « Tu m'aides à faire mon sac pour aller chez toi? » Le plus tôt tu pouvais aller chez lui, le mieux ce serait. Trop de distance, trop de temps passé loin de lui. Autant pour toi, que pour ce besoin de le graver directement au coeur de par ton omniprésence, de par le fait de devenir son centre d'attention. Alors le plus tôt que tu serais là, le plus rapidement que tu pourrais recommencer tes jeux. Et comme ça, d'un seul coup, tu devenais une colocataire temporaire. Comme ça, d'un seul coup, tu t'engouffrais un peu plus dans ce jeu qui prendrait rapidement une tournure différente. Parce que deux colocataires, ça ne couche pas ensemble, ça ne recherche pas sans arrêt le besoin de contact et de présence de l'autre personne. Une colocataire, c'est rarement mêlé au rôle d'amante. Et pourtant, comme ça, tout simplement, le jeu reprenait de plus belle, mais surtout de plus fort. Game on, darling.

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