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 the curse of loneliness | Aleks


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MessageSujet: the curse of loneliness | Aleks   25.07.18 23:28
Ses yeux se rouvrent sur le corps à ses côtés, bien trop tôt, bien trop naturellement, et il observe le visage presque trop délicat pour un être si infâme pendant ce qui semble être des minutes et pourrait pourtant bien s’avérer être des heures. Il ne bouge pas d’un pouce, forçant son corps déjà douloureux à rester immobile, bien trop conscient de la légèreté de son sommeil. Il respire à peine. Aujourd’hui. C’est aujourd’hui. Aujourd’hui, il se vengera de ce qu’il lui a fait, il ne sait même plus il y a combien de temps. Des jours. Des semaines, sûrement. Même s’il a apprécié. Même si ça a défini une nouvelle étape de leur relation. De sa vie. Il le fera payer pour sa torture, et pour l’avoir fait stupidement tomber amoureux de lui. Il lui fera payer d’être qui il est.

Il a tout prévu, cette fois. Cerveau qui ne fonctionne qu’à de rares moments, que pour des choses qui paraissent au reste du monde totalement inutiles, mais qui dans ces moments fonctionne mieux que beaucoup d’autres. Peut être pas que celui d’Aleks. Mais ils ont toujours un avantage sur l’autre. Ils sont imprévisibles. Contrairement au reste du monde, ils ne se voient jamais venir. Alors quand enfin il se décide à bouger, c’est pour lui voler un baiser avant qu’il ne se réveille totalement, c’est pour passer une main sur son corps comme un appel à plus uniquement pour rire contre ses lèvres et se relever.

Ca dure des heures, ce petit jeu. Ce jeu idiot qui réussit à le frustrer lui-même plus d’une fois, son propre esprit ne se calmant qu’en se souvenant du but bien plus important qu’une simple partie de jambes en l’air, alors que sa main s’enfouit dans sa poche pour caresser les liens, ces menottes jurées incassables, celles qui coutent si cher et qui n’auraient pas pu tomber mieux. Des heures, et des heures. Non, Aleks, je ne compte pas sortir d’ici, aujourd’hui. J’ai plutôt envie de picoler avec toi. De toute façon il pleut, tu vois bien. Et puis le dimanche, y’a jamais grand monde dehors. Roh ça va, oui j’ai pas spécialement envie de te partager aujourd’hui, c’est tout. Je l’ai jamais caché. Ferme la et prend un verre.

L’avantage d’exagérer constamment au naturel, c’est qu’il oubliait lui-même qu’il avait un but autre. Parce qu’il avait vraiment envie de passer cette journée avec lui. Ou celle de demain, plutôt. Cette journée servirait à le faire sien. Le but n’a pas d’importance, les faits en ont. Et pour une fois dans sa vie, il fait preuve de la plus grande des patiences pour ne pas se faire repérer, jusqu’à ce qu’ils soient tous deux engourdis, jusqu’à ce que la luxure qui flotte constamment entre eux commence à se faire trop présente, jusqu’à ce qu’il se sache déjà suffisamment frustré pour ne pas avoir à mentir pour être crédible. Jusqu’à pouvoir l’embrasser et passer ses mains dans ses cheveux et les laisser se perdre dans les méandres de la passion. Juste assez pour qu’ils se retrouvent contre ce mur, celui qu’il avait choisi quand il avait encore les idées claires. Pour qu’il lutte pour penser à la frustration d’Aleks et pas la sienne. A le distraire du monde autour de lui grâce au plaisir.

Le clic familier retentira trop faiblement pour être entendu sous le souffle court, au début. C’est quand il serrera et que le métal touchera les poignets du blond qu’un sourire frustré et satisfait à la fois viendra flotter sur ses lèvres. C’est là qu’il se retiendra de l’embrasser pour ne pas se faire dévorer les lèvres si tôt dans la partie. C’est là qu’il vérifiera le plus vite possible que les poignets sont solidement attachés au radiateur avant de quitter la pièce pour ne revenir que quand il sera certain de voir un nouveau visage. Parce qu’une fois, une seule, il a vu cet éclair de doute, ce frisson dans ses yeux trop glacials, quand l’idée d’être prisonnier avait été évoquée. Et qu’il parie tout dessus. Absolument tout pour se venger de tout.
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MessageSujet: Re: the curse of loneliness | Aleks   29.07.18 15:48


The Curse Of Loneliness
James ξ Aleksy

Ces journées passées avec toi compte bien plus à mes yeux que je ne veux bien te le montrer.

Malgré la fatigue que ton caractère agace crée en moi. Malgré les répliques acides que je te lance sans cesse. Malgré tout, et surtout malgré moi, je ne peux empêcher ce sentiment de contentement de pointer au creux de mon coeur. Comme si j’étais à ma place, ici, à tes côtés. Comme si tu étais à la tienne, tout contre moi. Les sentiments qui se sont gratté une place entre nous, ces dernières semaines, n’ont fait que grossir cette addiction qui coule lentement dans mes veines. C’est stupide, n’est-ce pas ? De t’être devenu accro aussi lourdement. De ne plus pouvoir me passer de ta chaleur, de ta voix agaçante, de ton sourire mauvais. La conscience endormi par ta simple présence, par cette journée aussi frustrante que plaisante, je ne parviens même plus à laisser mon instinct de survie en éveil. Je ne parviens même plus à garder un tant soit peu de bon sens, alors que ton corps cherche à nouveau le mien en me plaquant contre le mur, alors qu’un soupire de contentement s’échappe de ma gorge, alors que ta main glisse dans mes cheveux blonds pour m’emporter dans un baiser dévorant. Et si j’ai bien senti que quelque chose clochait, en début de journée, je dois avouer que ma méfiance c’est endormie bien trop rapidement devant la luxure de nos échanges, devant la frustration que ces arrêts répétés ont pu créer en moi. Un petit jeu efficace, sournois, qui me balance dans un état envieux avant même que je ne puisse dresser des barrières de sécurité. Bien trop efficace, lorsqu’un clic familier traverse nos soupirs sans que je n’y prête une grande attention, lorsque le contact froid du métal me fait lourdement sursauter, lorsque mon regard dévie rapidement vers mes poignets, pris en cage avec le radiateur en fonte, contre le mur.

« Mais... » Ma voix se brise dans le silence dérangeant qui s’est installé, alors que mes iris céruléens se reposent dans les tiens, incrédule. Un instant de flottement, d’incompréhension totale qui te permets de vérifier rapidement le fermoir de tes menottes. Le sourire satisfait que tu affiches ne me rassure absolument pas, et je commence déjà à sentir une bouffée d’angoisse me prendre le corps. « James..? » C’est pitoyable. Ce n’est qu’une tentative pour t’amadouer qui n’est même pas crédible à mes yeux, tant la peur me dévore de l’intérieur. Une pléthore de juron, parfois craché dans ma langue natale, s’échappe de ma gorge alors que je bataille déjà pour me libérer de l’emprise, alors que tu te retournes sans un mot pour sortir de mon modeste studio, alors que je reste quelques secondes interdit devant le silence dérangeant qui s’est installé après ton départ. Ma respiration se bloque un instant dans ma poitrine, avant de redémarrer en accéléré. Lentement, je sens la panique se glisser dans mes veines. Mon regard se pose sur les bracelets qui me maintiennent coincé contre le mur. Je tente désespérément de tirer dessus, meurtrissant ma chair sans vraiment y prêter attention. Peu importe la douleur que tout cela entraîne, peu importe les marques que je pourrais à nouveau porter, il faut que je me libère. Maintenant. Pendant que la fureur me tient encore compagnie. Pendant que la hargne chasse mes pensées dégueulasses. Pendant que mes souvenirs me laissent tranquils, bien trop enfoui pour s’éveiller tout de suite.

Un crie rageur s’échappe de ma gorge. Plus j’essai de me libérer de cette emprise, et plus je sens le métal s’ancrer dans ma peau. Plus je sens la douleur me rappeler des images que je veux oublier. Que je veux enterrer au fond d’un jardin pour ne plus les voir. Le souffle court, je lance un regard perdu sur la pièce qui m’entours. Je cherche de quoi m’occuper l’esprit, je cherche de quoi me libérer de cet enfer, je cherche tout et son contraire. Et rien ne vient. Rien d’autre que le silence oppressant, à peine troublé par le sanglot qui m’échappe et que je ne parviens même pas à contrôler. La panique se glisse avec une telle force au creux de ma poitrine que je me laisse glisser contre le mur, les genoux recroquevillés contre mon torse en quête d’un peu de chaleur. Le temps s'égraine avec une lenteur dégueulasse. C’est ce que je constate lorsque mes iris céruléens glissent rapidement sur l’horloge de couleur rouge, situé près de la cuisine ouverte. J’inspire. J’expire. J’essai de chasser ces souvenirs oppressants en pensant à toi. En pensant à tout ce que je pourrais te faire pour me venger d’un coup aussi traître. Mais ça ne marche pas bien longtemps. Une demi-heure, à peine, avant que la voix de mon père ne résonne à nouveau dans mon crâne, avant que la douleur qui me lance au niveau des poignets ne me rappelle d’autres douleurs, d’autres blessures oubliées par le temps, avant que le silence oppressant ne soit troublé par ma voix brisée et mes sanglots à peine contenue.

« Deux. » Je compte. Parce que je n’ai plus que ça pour rester sain d’esprit. Parce que la solitude est encore plus cruelle que les coups. Parce que mon père m’a toujours demandé de le faire, lorsqu’il m’emmenait dans cette pièce sombre à l’allure inquiétante. Mes paupières se ferment lourdement, laissant les souvenirs remonter avec une force inquiétante. Je me revois encore, assis sur cette chaise, à tenter de me libérer de la noyade, à tenter de survivre sous la douleur, à tenter de ne pas craquer devant le feu et la pluie. Devant la solitude et le timbre rassurant de mon père. Je me revois encore, trop jeune pour être pleinement conscient de mes actes, faire subir le même sort à d’autres personnes, leur demander de compter, leur parler d’une voix trop douce, contempler leur regard broyé par une folie et un abandon naissant. Leur plonger la tête sous l’eau. Leur brûler la peau. Je me revois encore, perdu au beau milieu de ce bordel où j’ai vu le jour, regarder ma mère se faire battre par un client trop pressant, la voir m’ignorer le lendemain matin, l’entendre m’insulter de tout les noms dans mon dos. Lorsqu’elle croyait que je ne l’entendais pas. Lorsqu’elle s’enfermait avec les autres putes du quartier pour cracher sa haine à mon égard. Je revois beaucoup trop de chose. Beaucoup de chose que j’aimerais oublier, que j’aimerais effacer de ma mémoire. Et lorsque je rouvre mes yeux baignés de larme et de douleur, je ne peux retenir le geignement plaintif qui traverse ma gorge. Deux heures. Il ne s’est passé que deux heures.

Je tire nerveusement sur les menottes, tentant désespérément de m’en défaire dans un crie teinté de rage et d’amertume. « Quatre. » Mon front se pose machinalement sur mes poignets, le corps désormais tremblant. Je ne parviens même plus à retenir les sanglots qui s’échappent de mes lèvres, tant l’angoisse revient me faucher au beau milieu de cette pièce sans vie. Et si tu ne revenais pas me chercher ? Et si tu m’abandonnais ici ? Et si c’était ta façon de me dire que tu ne veux plus de moi dans ta vie ? Tu ne serais pas le premier à me laisser au bord de ta route. Tu ne serais pas le premier à comprendre avec un cran de retard que je ne te mérite pas. Il y en a eu tellement… Tellement qui m’ont tourné le dos sans aucune considération pour mon bon vouloir. Tellement qui ont finit par me trahir, alors que je leur avais accordé une confiance magnanime. Et pourtant, tu es le seul que j’aime. Le seul dont le départ pourrait me faire aussi mal. Mes yeux se cachent dans le creux de mon coude, dans un geste presque honteux. Je tente maladroitement de faire mourir mes pleurs contre ma peau, mordant ma chair à vif pour tenter de rebalancer un peu de douleur dans cet instant dégueulasse. Quitte à repenser à mon père. Quitte à repenser à ma mère. Quitte à repenser à toutes les horreurs que j’ai pu commettre. Tout, mais pas ça. Pas cette peur lancinante qui me dévore la poitrine. Alors je laisse mes crocs marquer mes bras jusqu’au sang, je laisse mes griffes se planter dans mes poignets déjà meurtri par le fer qui ne fait que se resserrer à vu d’oeil. « Dix-huit. » Et je me remets à compter. À compter les marques, la douleur et l’horreur. Le temps que tu reviennes. Le temps que tu te décides enfin à me rejoindre dans cette folie. Mon regard se pose rapidement sur l’horloge, espérant y trouver une rédemption, espérant y trouver une solution qui ne vient pas.

Cinq heures.
J’abandonne.

Les larmes reviennent, et avec elles, la peur et l’angoisse. Le corps tremblant, je me recroqueville encore un peu plus sur moi même, je laisse le supplice de ton absence me traverser le corps. J’ai envie de crever. De tout rayer maintenant, d’oublier jusqu’à ma propre existence. Mais surtout, j’ai envie de revoir ce sourire sur tes lèvres pleines. J’ai envie de retrouver ta voix agaçante qui m’énerve sans cesse. J’ai envie de profiter à nouveau de ta chaleur, sans barrière, sans artifice stupide qui pourraient m’en empêcher. Parce que si tu ne reviens pas, James, je ne vois même plus d’utilité à rester en vie. Je ne vois même pas pourquoi je continuerais à me battre. Cet état de faiblesse sidérant qui me prend, je ne parviens même plus à garder une certaine emprise dessus. À faire semblant qu’il n’existe pas, alors que les sanglots éclatent de plus en plus fort, alors que je ne parviens même plus à compter à travers le silence, alors que je sens encore le goût du sang dans ma bouche, comme un souvenir irréel des blessures que je me suis infligé pour tenir le choc. Le visage caché contre mes poignets, je tire mollement dessus pour tenter une nouvelle fois de me libérer. Je n’y crois même plus, en vérité, mais mon corps agit par instinct. Reviens vers moi, James. Reviens me chercher. Reviens me libérer de cette étreinte mortelle qui m’enlace la poitrine. Reviens me dire que tu m’aimes.

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MessageSujet: Re: the curse of loneliness | Aleks   29.07.18 18:33
Si il avait su. Avec des si, on refait le monde. Et pourtant. Si il avait su, il n’aurait rien changé. Pas un détail. Pas une seconde. Pas la lente frustration, pas le baiser, pas les menottes. Il avait souri, en voyant sa confusion. Retenu un rire, en entendant son nom s’échapper des lèvres déjà tordues par l’angoisse. C’était un jeu, un jeu d’enfant, un jeu cruel, un jeu qui lui apporterait absolument tout ce qu’il voulait. Alors pas le départ du studio, non plus. Pas l’abandon qu’il avait senti entrer dans la pièce, comme un vieil ami qu’on n’apprécie jamais vraiment, alors qu’il la quittait. Alors qu’il laissait dans son ventre une boule de plaisir sadique, un amusement disproportionné. Alors qu’il laissait celui qu’il aimait seul avec ses démons pour mieux le retrouver plus tard, pour mieux le faire sien, pour mieux le laisser se détruire et pouvoir se permettre de recoller les morceaux comme il le souhaite. Avec comme ciment sa présence. Pour qu’il ne puisse plus jamais s’en passer. S’il avait su que c’était déjà le cas, ça n’aurait peut être pas été nécessaire. Mais ça ne l’aurait pas empêché de le faire.

Pas une minute, pas une seconde ne se passe sans qu’il ne pense à Aleks, seul dans cette pièce glaciale, qui doit se ronger les sangs. La soirée se passe sans lui. Lui, il reste avec ses verres, avec sa poudre, les yeux dans le vide, un sourire aux lèvres, des images plein la tête. Ca ne leur fait rien. Ils sont habitués. C’est mieux que quand il retient une panique ou une autre. Ils l’interrogent, même. Ils plaisantent. Eh ben James, t’es amoureux ou quoi ? Il rit avec eux, à l’idée. Il rit d’eux, surtout. Bande d’imbéciles. Tout ça n’a aucune importance. Bien moins que ce qui doit se passer dans le studio dont il connaît déjà tous les recoins. Bien moins que ce qui doit se passer dans ce cœur qui importe tant. Il voudrait être une petite souris ou un coup de vent pour avoir le loisir d’admirer chaque seconde de la torture, dévoré par son imagination trop débordante, par l’anticipation de ce qu’il finira enfin par contempler. S’il avait su, il l’aurait peut être même fait plus tôt.

Il y a des avantages conséquents à ne pas ressentir de culpabilité. Il s’en rend compte alors que ses pas s’approchent de la porte, ce qui semble être une éternité plus tard, alors qu’il voit le soleil se lever par la fenêtre du couloir. Parce qu’il est bien conscient que n’importe qui n’aurait pas fait ça. Que quand on aime, on ne détruit pas. Mais lui, il détruit ce qu’il aime pour lui faire payer cet amour. Il détruit ce qu’il trouve trop parfait pour pouvoir prétendre le mériter un peu. Mais par-dessus tout, il le détruit pour pouvoir le voir, le voir vraiment, le voir dans toute sa fragilité. Il ne pensait pas si bien le détruire, en soit. Il tombe des nues, en rouvrant la porte, quand son regard se pose sur lui, quand il réalise l’ampleur de la torture auquel il l’a soumis. Quand il comprend enfin qu’il a été plus cruel qu’il ne pourrait jamais l’être.

Et son cœur bat plus vite rien qu’à l’idée, ses mains tremblent à la vision, ses pupilles se dilatent. Pas de panique. De plaisir. Un pas, deux pas, trois pas. Discrets. Le plus possible. Après tout, il n’a pas l’air de l’entendre. L’idée lui envoie un rire dans le gosier, qu’il ravale avant de le laisser exploser, pour ne pas briser la beauté du tableau, pour ne pas briser le calme de la pièce, pour continuer à en ressentir toute la panique qui s’est infiltrée dans la tapisserie, dans le sol, dans le radiateur. Cette panique qui lui donne envie d’embrasser les lèvres qu’il ne voit plus, de caresser le visage qu’il ne peut pas toucher.

Doucement, ses mains viennent déverrouiller le métal, libérant enfin les poignets, alors qu’il fait tout son possible pour ne pas frôler sa peau, pour ne pas faire de bruit, pour ne pas être brusque dans ses mouvements. Pour laisser la mort dans la pièce où elle a enfin trouvé sa place. Et il s’assoit aux côtés de l’homme désormais recroquevillé, en tailleur, doucement. Sans parler. Sans le toucher. Il le regarde, simplement, avec une curiosité enfantine dans les yeux et un sourire trop innocent sur les lèvres. Il ne bouge pas, Aleks. On dirait un pantin disloqué. Ca le rend beau. Parce qu’il est faible. Parce qu’il est pathétique. Parce qu’il est fragile. Parce qu’il est cassable. Parce qu’il paraît trop humain.

Il se passe quelques secondes, ou quelques minutes, peut être, avant qu’enfin il ne vienne attraper ses poignets du bout de ses longs doigts, avant qu’il ne tire dessus doucement, tout doucement, trop tendrement. Pour découvrir son visage. Pour le forcer à lui montrer son âme. Et son cœur accélère encore, prêt à lui exploser la cage thoracique, alors qu’il avale de ses yeux les larmes, les traits figés par la peur, les marques laissées sur sa propre peau. Qu’il est beau. On dirait presque un cadavre. « Ca va aller … » Sa voix est presque trop silencieuse, comme craignant de briser ce silence qui paraît si inconnu, si plaisant, si sécurisant, et qui l’est pourtant si peu. Sa main vient caresser la joue blanche pour en essuyer les larmes, alors que son sourire se fait plus tendre, alors qu’il fond doucement devant ce qui semble être une vision parfaite. « Ca va aller, Luka. C’est fini. » Mais ça ne fait que commencer. Comme son plaisir.

C’est grisant, vraiment. Parce qu’à le voir comme ça, son souffle s’accélère, ses pensées se font déjà plus confuses, son corps se réchauffe. Parce qu’à le sentir contre lui, le trouble habituel reprend ses droits sur son esprit. Mais pas tout à fait. Parce qu’il a les pleins pouvoirs, cette fois. Parce qu’il a le sentiment qu’il pourrait sacrer ou briser son âme en quelques gestes, en quelques mots. Que la main qu’il vient poser sur sa nuque est là dans l’une ou l’autre de ces intentions, mais qu’il ne sait pas encore laquelle. Que peut être, cette fois, au moins cette fois, ça pourrait être affreusement plaisant d’être un monstre. « Je suis là. » Le corps est ramené contre lui, doucement, puis enlacé tendrement. Comme dans l’intention de le protéger du reste. Il se surprend à vouloir qu’il se sente mieux, quelque part, sous son désir de vouloir qu’il soit démuni de tout sauf lui. C’est minime, vraiment. Probablement juste une conséquence de l’amour. Une chance que sa vision des choses soit tordue, alors.

« Je bouge plus. » La soirée a été utile pour stocker dans son organisme tout ce qui pourrait lui manquer. Il a forcé son corps à bouger jusque là pour qu’il ne lui intime pas l’ordre de bouger quand il se doit d’être immobile. Aucune contrainte physique ne l’empêchera d’arriver à ses fins, il se l’est promis. Et il est loin d’avoir des contraintes morales. « Je suis là. » Il répète la même chose, comme un mantra, la même idée. Parce que si on répète suffisamment quelque chose, elle finit par s’associer au reste dans notre esprit. Parce que comme ça, il veut qu’Aleks associe inconsciemment sa présence à son état de faiblesse et au soulagement de la libération. S’il avait su.  

Et quand il est vraiment contre lui, quand il passe un bras autour de sa taille pour le garder là, quand il utilise la main encore sur la nuque pour pousser le visage habituellement si froid dans son propre cou, pour le bercer doucement, mécaniquement, comme pour le consoler. Certainement un peu pour le consoler. « A quoi tu penses ? » C’est sans doute trop tôt. Probablement. Mais la question peut flotter entre eux aussi longtemps qu’il le faut pour qu’il ne la réitère. Pour l’instant, il le garde contre lui. Pour l’instant, il le berce et se laisse bercer par la mélodie de sa respiration haletante. Pour l’instant, il savoure la force de sa vengeance et le sadisme de son amour pour lui.
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MessageSujet: Re: the curse of loneliness | Aleks   05.08.18 16:27


The Curse Of Loneliness
James ξ Aleksy

Lorsque la porte s’ouvre enfin, comme la promesse d’une liberté trop longtemps attendu, je ne parviens même pas à bouger. À ordonner à mon corps de se relever. De paraître fier. Arrogant. De mettre toute cette douleur au placard, pour ne laisser que le masque sur mon visage. Alors je laisse mes joues parsemées de larme se cacher dans le creux de mes bras, je laisse le silence oppressant me tuer lentement. Secondes après secondes. Minutes après minutes. Je n’ai même plus la notion du temps, à ce stade. Tout ce à quoi je me raccroche, c’est le bruit de tes pas qui martèle doucement le plancher. À travers ma folie, j’en viens même à les compter un par un. À espérer que tu les écourtes pour me prendre dans tes bras. À espérer que tu les presses pour me retrouver. Je reconnaîtrais ce son entre mille, James. Même lorsqu’il est discret, même lorsque tes gestes se font d’une douceur assassine pour ouvrir mes entraves. Un sanglot se brise contre ma peau, alors que je sens cette vague de soulagement me faucher au beau milieu de l’angoisse et de la peur. Parce que tu es revenu. Parce que tu ne m’as pas abandonné. Parce que tu m’aimes au moins assez pour ça. Mon corps se recroqueville instinctivement sur lui-même, cherchant une protection que je sais futile. Ce n’est qu’au moment où tes mains viennent agripper mes poignets meurtries que je laisse un nouveau hoquet de douleur éclater dans ma gorge. Que je laisse la terreur et l’angoisse se battre au fond de mes iris céruléens.

Ta voix trop douce me berce encore un peu plus dans cet état dérangeant qui me lacère le coeur. Lentement, je sens ma tête pousser un peu plus le creux de ta main, comme pour y chercher plus de réconfort. Plus de tendresse. Comme pour me prouver que ta présence est bien réelle. Qu’elle n’est pas le fantasme d’un délire stupide au milieu de la folie. Ton nom m’échappe dans un soupir meurtri, alors que le mien, celui là, m’arrache un frisson dégueulasse. Parce que cette situation, je l’ai déjà vécu. Cette tendresse soudaine après des heures de tortures. Ce regard fasciné qui se pose sur mes yeux embués de larmes. Ce timbre rassurant qui apaise mes craintes, mes peurs, mes doutes. Je crève d’envie de te prendre dans mes bras, de me perdre dans une étreinte douloureuse, mais mon corps ne parvient même plus à réagir autrement que par la soumission. Il ne parvient même plus à prendre l’initiative. Les joues humides, je laisse un gémissement pitoyable se former dans ma gorge lorsque ta main touche ma nuque, lorsque tu me rapproches enfin de ta chaleur, lorsque je m’y loge dans un sanglot dévasté par ces heures de solitude. Mes bras s’enroulent machinalement autour de ton cou, comme une tentative désespéré de me raccrocher à quelque chose de tangible, comme une volonté cynique de me fondre dans cette présence dévorante qui me brise encore un peu plus. Encore un peu trop.

Les souvenirs ne s’efface pas pour autant, et c’est bien ce qui m’inquiète le plus, alors que tes mots s’échouent au creux de mes oreilles sans que je ne parvienne à en comprendre le sens, alors que mon visage se perd dans ton cou, alors que mes larmes marquent ton haut. Cette tendresse, cette douceur, elle me tue à petit feu. J’ai l’impression d’être retourné dans cette pièce effroyable, sous le regard affectueux de mon père. J’ai l’impression d’être retourné dans l’enfer de la torture, sans espoir de libération, sans autre chose pour tenir le choc que le timbre de ta voix. Et quelque part, ta présence se lie à une chose plus profonde dans mon esprit. Elle se lie à la douleur. À la peur. À l’attente. Elle se lie définitivement à mon âme, pour signer une défaite assumée. Pour signer une dépendance qui se fera de plus en plus féroce, de plus en plus dangereuse. Pour signer ma perte, ma soumission et ma folie. Les quelques barrières qu’il me restait à tes côtés s’étiolent sous le contact brûlant de ta peau contre la mienne, alors que mes bras se resserrent instinctivement autour de toi lorsque tu me poses cette question assassine. Lorsque je comprends que c’est à mon tour de parler. De m’ouvrir. D’avouer. Le sanglot qui me prend la gorge m’empêche un instant de te répondre. Je tente misérablement de me fondre dans le creux de tes bras, laissant un silence dérangeant s’installer entre nous. Mon corps tremble contre le tien, ma voix brisée s’échoue contre ta peau, mon coeur à vif tambourine dans ma poitrine. C’est pitoyable. Et pourtant, je ne pourrais pas me sentir plus en sécurité qu’à cet instant. Plus aimé, plus rassuré qu’en sentant ton bras autour de ma taille, qu’en sentant ton odeur m’entourer, qu’en écoutant ta respiration tranquille.

À quoi je pense ? « À tout. » Je pense à la mort. Je pense à cette vie de débauche et d’orgueil que je me suis construit. Je pense à la haine, à la douleur, à l’horreur. Je pense à toi. À cette lueur invitante au milieu d’un chemin trop obscure. À la seule relation que j’ai vraiment choisi, que j’ai vraiment voulu. La seule que je ne regrette à aucun moment. Pas même maintenant. « Ne m’abandonne plus. » Ma voix se fait suppliante, dévastée par cette dose de tendresse qui s’échappe de tes gestes ; ma gorge se serre lourdement dans un gémissement plaintif ; mes larmes recommencent à couler, intarissables, éphémères, cruelles. «Lui aussi le faisait. Souvent. Trop. » Trop pour que je me souvienne de tout nos échanges, de toutes les séances qu’il m’a infligé. Mon esprit a comme cloisonné certaine partie de ma vie pour n’ouvrir la porte qu’à des instants comme celui ci. Pour revenir me hanter à travers la solitude d’une pièce froide, où la mort côtoie l’horreur du silence. « Je veux pas revivre ça, je veux pas... » Mes doigts agrippent machinalement un pan de ton haut pour t’empêcher de partir, pour te retenir tout contre moi, pour laisser toute la peine et la douleur traverser mes lèvres. « Dès que je ferme les yeux, je la revois. Cette pièce. Je veux pas y retourner. » Je ne peux pas revivre ça. Alors s’il te plait, James, ne me laisse plus seul. Ne laisse plus ces souvenirs me revenir en mémoire. Chasse les. Brûle les. Détruit les. Fait en ce que tu veux. Moi, je ne les veux plus.

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MessageSujet: Re: the curse of loneliness | Aleks   05.08.18 22:17
Tu fais moins le fier, maintenant, Aleks, pas vrai ? C’est tout ce qu’il arrive à se dire en entendant son sanglot. C’est tout ce à quoi il arrive à penser en le voyant se replier sur lui-même comme un enfant battu. Oui, toute la belle fierté s’est envolée, partie en fumée avec sa patience, avec sa force. Il est faible. A sa merci. Humain, si humain qu’il en aurait presque mal au cœur. A le voir là, à bout de forces, dévoré par la panique, replié dans un coin de lui-même, une plaie à vif qui bouge encore, là, enfin, il a l’impression qu’il a réussi à le tirer avec lui, qu’il l’a mis à sa hauteur, au ras du sol, là où personne n’est rien. Là, il est son égal. Il peut graver son nom dans son âme, en plus de sa peau. Il peut s’assurer que jamais l’idée de le quitter ne pourra lui effleurer l’esprit. Il peut le transformer en drogué. Parce que lui l’est déjà tellement. Parce qu’il y a une fêlure en lui qui est si profonde qu’elle semble l’appeler à la regarder. A l’admirer. A la caresser.

Et quand il pousse sur sa main pour obtenir plus de contact, l’esprit de James ouvre déjà le champagne, étonné que ça ait été si simple, se contentant quelques secondes de la satisfaction pure qui joue dans ses entrailles alors qu’il continue son petit jeu vicieux, alors que son envie de le réparer cohabite étrangement avec son plaisir d’être l’auteur de cette douleur. Et son nom dans sa bouche lui envoie un frisson agréable dans la colonne vertébrale, ne servant qu’à agrandir son sourire, qu’à accentuer ses caresses hypocrites et pourtant si sincères. Elle est loin, la colère qui l’habitait quand il a quitté la pièce. Remplacée par ce gémissement bien trop doux à ses oreilles, par ce sanglot qui sonne comme une mélodie d’amour.

Puis les bras se resserrent, et lui, il frissonne. Parce qu’il a besoin du contact, qu’il le sent dans sa façon de le tenir, dans son corps qui ne veut pas le laisser partir. Et il ne partira pas. Jamais. Et une petite voix lui murmure que maintenant, lui non plus ne pourra pas se le permettre. Parce que l’amour n’a aucune importance. Parce que ce n’est pas parce qu’on aime les gens qu’ils restent. C’est même pour ça qu’ils partent. Ou pour ça qu’on le remarque. Qui sait ? Pas lui. Lui ne réalise que la dépendance qu’il créée en lui, ne sent son égo naître que grâce à la souffrance qu’il a mis dans son âme, grâce à sa manipulation habile. S’il avait su. Mais il saura bientôt autre chose. Quelque chose qu’il n’avait pas prévu. Quelque chose qui change tout.

A tout ? Il fronce le nez, son impatience revenant faire son bout de chemin, inassouvissable, toujours, mais il la ravale. Il ne peut pas la laisser gagner. C’est trop important. Puis les larmes reviennent, et les mots que sa propre âme a trop prononcés flottent entre eux alors qu’il raffermit sa prise sur la taille du russe, alors qu’il pose ses lèvres sur son crâne, alors qu’il murmure un « Jamais. » qui se perd déjà dans la masse de cheveux blonds. Non, il ne l’abandonnera jamais. Parce qu’il ne pensait jamais le trouver, et que maintenant il n’a plus aucun risque de le laisser partir. Même après ces larmes. Surtout après ces larmes.

Puis de nouveau, la voix, les mots, et l’incompréhension. Il se fige, il attend, il assimile les informations, essaie de leur donner un sens. Chaque nouvelle bribe a son importance, chaque nouvelle bribe l’aide à voir plus clair. L’aide à comprendre ce visage sous le masque qu’il a toujours essayé de disséquer, qu’il a toujours questionné, toujours plus frustré de ne recevoir que des répliques acides et des sourires qui n’en disent pas assez. Maintenant il sait. Il comprend, doucement. Lui ? Qui est lui ? Quelques secondes, une jalousie absurde s’installe dans ses veines, à l’idée qu’il y ait un autre lui, quelqu’un de pire, quelqu’un de mieux. Quelqu’un qui le réveille la nuit à sa place. « Lui ? » C’est acide, ça ne colle pas au personnage, ça brise la tendresse qu’il avait pris soin d’installer. Sa prise, déjà, se fait plus possessive.

« Quelle pièce ? » C’est déjà plus calme. Plus perdu. C’est déjà moins jaloux. Parce que quel rapport aurait un amant avec une pièce, si ce n’est lui ? Parce qu’il y a autre chose, dans ces mots, quelque chose de plus grave, quelque chose de plus enfoui. Quelque chose qui expliquerait enfin tout, quelque chose qui a fait de lui ce qu’il est, quelque chose qui l’a poussé à construire ce masque. Il lui a arraché sa vérité, à lui, il y a une éternité. C’est à son tour. Ses intentions premières perdent en importance quand le secret d’Aleks vient titiller son esprit, vient le tenter, le narguer. Il ne sait pas qui il est. Il ne sait pas ce qu’il a vécu. Il aime un visage sous un masque sans savoir pourquoi il pleure. Sa main vient se poser sur celle qui agrippe son haut, doucement, calmement, et le caresse du bout des doigts. Qui es-tu ?

« Calme-toi. Calme-toi. T’y retourneras jamais. Je te laisserai pas y retourner. Je recommencerai pas. Je voulais juste te voir. » C’est sincère, trop sincère. Il lui caresse les cheveux, doucement, jusqu’à pouvoir tirer un peu dessus, jusqu’à pouvoir relever son visage baigné de larmes et l’observer quelques secondes à peine avant de voler les lèvres tremblantes avec les siennes. Calme-toi, Aleks. Son cœur bat à tout rompre, comme un animal en cage, et il doit prendre sur lui pour briser le baiser, pour essuyer les joues une nouvelle fois, pour planter son regard dans le sien. Cette fois, il arrive à la voir. L’âme brisée derrière les yeux habituellement si vides de tout. Cette fois, il peut l’admirer. « Raconte-moi. Raconte-moi la pièce. Raconte-moi tout ça. Après je te laisserai avec ton secret. Après tu pourras respirer. Promis. Mais je veux savoir. J’ai besoin de savoir. » J’ai besoin de te connaître vraiment. De tout savoir, cette fois. Parce que je t’aime.

Sa voix se bloque un peu dans sa gorge, à ces pensées, et un soupir presque résigné s’échappe de ses lèvres avant qu’il ne vienne prendre les bras d’Aleks, avant de se relever, avant de le soutenir pour le laisser s’écraser sur ce canapé miteux, sans le lâcher, sans laisser sa peau quitter la sienne une seconde. Pour mieux le serrer contre lui. Pour mieux le sentir contre lui. Pour mieux écouter son cœur battre. Pour mieux le rassurer, aussi. « Je t’écoute. » Mais déjà il vole de nouveau ses lèvres, déjà il a besoin de sa dose de lui, déjà il lui coupe la parole. « Pardon. Je t’aime. » Il n’est plus qu’une boule d’émotions, d’anticipation, devant les mots qui doivent sortir de la gorge de l’albinos, ceux qu’il est prêt à arracher par force s’il le faut. Déjà son envie de le rendre dépendant est partie en fumée, remplacée par cette curiosité qui lui broie les entrailles, par ce besoin de faire véritablement partie de sa vie, de connaître ce secret que tout le monde ignore, de savoir ce qu’est la vérité d’Aleks. D’être le seul. Parce que peu importe l’amour, vraiment. Ce n’est rien de plus qu’un rêve d’idiots. C’est les blessures à vif qui son véritablement intimes.
(c) AMIANTE

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