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 En attendant que j'aille mieux | Carron et Sirry


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MessageSujet: En attendant que j'aille mieux | Carron et Sirry   Dim 22 Juil - 23:09

en attendant que j'aille mieux
carron & sirry

Je pousse un profond soupir et je me force à me lever. Il me faut un moment pour atteindre la porte du réfrigérateur, chaque pas sur mes jambes raides et douloureuses me demande un effort. Fichue grippe. Et comme si ma déprime passagère ne suffisait pas à amoindrir ma faim, la grippe me la coupe totalement. Je me force à réfléchir aux plats que je peux faire avec ce qui traîne dans le réfrigérateur : carottes, oignons, poivrons, coulis de tomates, blancs de dinde, mais au mieux ça ne me fait pas envie, au pire, ça me donne la nausée. Je referme la porte sans me rendre compte de ma force et je m’effondre tête la première sur mon canapé. C’est doux et chaud mais ferme en même temps. Mon canapé, je t’adore, je ne te l’ai jamais dit ? Alors, je te le dis maintenant. Je souris béa. On est bien là, non ? Puis je me tourne sur le dos, et je regarde le plafond et mon sourire repart aussitôt qu’il est venu. Je soupire à nouveau. Je suis triste. Profondément triste. Mes journées sont longues sans ma moitié et je repousse la faute sur moi. Je refais le monde avec des si et je m’isole alors que je sais que c’est la dernière des choses à faire. Mais je suis comme ça. Je n’arrive pas à en parler et à dire ce que j’ai sur le cœur. Il n’y a qu’avec Heiki et ça aussi, je sais que je ne devrais pas.

En fermant les yeux, je pense à Sirry. Je laisse ma tête tomber sur le côté et je me sens coupable de l’avoir repoussée ces derniers jours. Je sais que je ne devrais pas, que ce n’est pas de ma faute, que j’avais besoin de temps, mais j’ai de la peine pour ma meilleure amie. Elle qui a toujours été si douce avec moi, je n’avais pas le droit de la traiter comme ça. Je me sens vide. Et lourd. Je laisse ma main tomber sur le côté et alors que je ne me sentais pas plus triste que ce matin ou qu’hier, je pleure. Je pleure en gémissant et en rabattant mes jambes contre ma poitrine. J’ai mal à la tête ; au début c’est assez léger, mais ça empire de seconde en seconde, prenant une telle ampleur que je finis par m’étouffer. Ma gorge se bloque et je sens que je vais entrer en hyperventilation. J’essaie désespérément de respirer pour remplir mes poumons vides et rigides. Puis un sanglot rauque m’échappe, suivi d’un autre, et encore un autre. J’ai l’impression de me briser de l’intérieur, de voler en éclats. J’essaie de m’arrêter, de me contrôler, mais je continue de sangloter. Je pleure pour Hippolyte et pour notre futur, pour tout ce qu’il a enduré et que je n’ai pas vu. Je pleure parce que je ne peux m’arrêter et parce que ça me fait du bien. Et finalement, je me blottis contre un coussin. Je pleure jusqu’à ce que ma souffrance s’amenuise. Je ne me rends pas compte que je m’endors.

Il est cinq heures passées quand je me réveille, la gorge qui brûle et les yeux rouges. J’ai la marque du coussin sur ma jouer mais je ne le sais pas. Iseul est blotti contre moi et je le caresse tendrement. Le soleil dehors est en train de se coucher et baigne mon salon d’une lumière tamisée. Mon ventre est douloureux, il réclame son dû. Moi, je grimace et je m’appuie sur mon coude pour lever la tête et tourner mon regard vers le réfrigérateur. Je me relaisse tomber. Je me tourne sur le côté pour attraper mon portable, ce qui fait râler Iseul et je serre les dents en sentant ses griffes s’enfoncer sur mes cuisses quand il saute sur la table basse. Saloperie. Je clique sur son nom, celui de Sirry, et je relis nos derniers messages échangés. Elle m’en a envoyé plus que je ne l’ai fait. Je ne suis pas un digne ami. Moi qui ai pris peu d’initiatives ces derniers jours, je décide de me lever et d’aller la rejoindre, mais avant, je passe par le fleuriste. Je sais à quel point elle aime les fleurs ; elle a toujours un beau bouquet sur la table de sa cuisine. Je m’habille chaudement, d’une veste kaki, un pull bleu, et d’un modeste jean noir qui traîne sur la commode depuis trois jours. Une fois que j’ai vérifié que mon chat avait de quoi boire et manger pour la nuit, je sors. Le vent frais d’Islande m’arrache des frissons par centaines et j’enfonce mon menton dans mon cou. Je choisis des pivoines roses chez le fleuriste. Je ne sais pas quelle signification elles peuvent avoir, mais je les trouve jolies et ça me suffit. Je souris au vendeur et je pars affronter une nouvelle fois le froid frigorifique. Ah, ce que je regrette mon Tenessee ! Je secoue la tête et je regarde mes pieds en avançant vers chez elle. Je n’ai pas envie de voir tous ces couples qui se tiennent la main et s’embrassent.

Il est près de six heures quand je suis devant sa porte. J’espère qu’elle ne m’en veut pas d'avoir été distant. Je me fais la promesse de tout lui dire. Tout sauf Heiki. Lui, c’est ma limite. Je ne peux pas et je sais déjà ce qu’elle va me dire. Je lui dirai pour Hippolyte, pour la faim qui me quitte un peu plus tous les jours, pour la grippe qui me terrasse et pour ma culpabilité. Je soupire. Je ne sais pas si j’y arriverai, mais j’aimerais tellement le lui dire… Je sors de ma poche mon mouchoir usagé et je le colle à mon nez rougi. Je souffle, je le remets en boule et puis j’essuie mon nez d’un revers de la main et je toque trois grands coups. Sirry je suis désolé d’avoir été distant. Je me concentre et j’essaie d’esquisser un sourire pour qu’elle ne me découvre pas dans l’état que je suis et pour qu’elle ne voie pas mes yeux rougis. Et puis sinon, tant pis, j’ai l’excuse de la grippe.
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MessageSujet: Re: En attendant que j'aille mieux | Carron et Sirry   Mer 25 Juil - 0:32


En attendant que j'aille mieux
Sirrý & Carron
Ça fait quelques jours, déjà. Qu'il t'a repoussé, sans que tu ne comprennes vraiment la raison. Du moins, pas entièrement. Tu sais qu'il y a eu ce souci, avec son petit ami. Avec Hippolyte. Cette tentative de suicide, dont tu n'as pas tout les détails, mais assez pour y avoir vu toute cette douleur dans le regard de ton meilleur ami. Tu avais été le voir le jour-même. Quelques jours par la suite. Mais malgré ça, il t'avait repoussé, t'avait gardé à distance. Lui qui est toujours là pour discuter, toujours là pour rire et s'amuser avec toi, que vous profitiez de la vie à deux, il semblait se refermer désormais à vue d'oeil. Alors tu lui as tendue la main, comme tu le fais toujours. Tu lui as écris, plusieurs fois. D'abord en tentant de parler de tout, de rien. De faire comme s'il n'y avait pas eu toute cette situation à l'hôpital et chercher à lui changer les idées. Sauf que ses réponses étaient courtes, peu fréquentes. C'est là que plus ça allait, plus ça venait t'inquiéter au final. Alors tu as fini par lui dire que s'il y avait quoi que ce soit, qu'il n'avait qu'à venir. Tu lui as dis, encore une fois, que ta porte lui était toujours ouverte. Chose que tu lui disais chaque fois que tu voyais qu'il semblait s'isoler, d'ailleurs. Cependant, ça semblait plus fort que tout, cette fois. Il te repoussait, alors tu lui laissais la distance qu'il avait de besoin. Il savait, de toute façon, que tu avais toujours une oreille attentive à lui porter s'il avait besoin. Il pouvait t'appeler au beau milieu de la nuit que tu allais lui répondre, que tu te rendrais chez lui, si le besoin était. Ça avait toujours été ainsi entre vous deux, après tout. Toujours là, l'un pour l'autre. Depuis le centre, ça avait toujours été ça, même une fois sortie, libérés. C'était ton âme soeur, l'ange que t'avait envoyé ta soeur à défaut de pouvoir être là. Et tu comptais le garder précieusement dans ta vie. Alors de savoir qu'il n'allait pas bien au point de te garder loin? Ça te faisait mal, encore plus de ne pas pouvoir l'aider réellement. Mais tu devais lui donner sa distance.

Un jeans, un simple teeshirt crème, tu étais chez toi en train de te préparer à manger. Chose qui semblait te prendre une éternité alors que pourtant, c'était assez simple. Poitrine de poulet, des légumes, du riz. Sauf que toi et les tâches multiples en même temps, c'est pas ça. Tu n'avais pas vraiment envie de mettre le feu à ton appartement. Alors tu prenais ton temps. Tu avais le temps, de toute façon. Rien de prévu ce soir si ce n'était de manger tranquillement en regardant un peu la télévision, lovée avec tes deux petites bêtes. Vraiment, quelque chose de simple après une bonne journée de travail. Tu adorais faire des arrangements floraux, mais ça pouvait se faire assez long. Et tu ne comptes même plus le nombre de fois que tu t'es piquée aujourd'hui sur les roses à organiser pour les bouquets. Tu étais en train de faire bouillir ton eau pour tes légumes lorsque tu entendis soudainement trois grands coups à ta porte. Tu regardas l'heure, fronçant un peu les sourcils. Tu n'attendais personne, pourtant. C'est un peu de là que l'inquiétude venait, d'ailleurs.

Tu essuies tes mains contre un chiffon, baissant tes feux pour éviter le moindre souci. Distraitement, ton regard se pose sur ton portable sur ton comptoir en chemin vers la porte. Pour voir un signe de notification que tu n'aurais pas entendu, un appel manqué, quelque chose. Rien, le néant. Puis tu débarres et ouvre ta porte, tombant sur son regard. Ses yeux rougis, son sourire. Puis finalement les fleurs. Tes lèvres s'étirent dans un doux sourire, tentant de repousser un peu ton inquiétude de le voir là, sans s'annoncer, à ta porte. « Amado? Qu'est-ce que tu fais là?» Tu t'écartes aussitôt de la porte d'entrée, histoire de le laisser entrer, une façon indirecte d'accepter sa présence. Comme tu le fais toujours et bien entendu, tu l'accepterais toujours. Peu importe l'heure. « Viens, entre! » Ta voix se fait douce, réconfortante aussi, venant l'enlacer aussitôt qu'il est à l'intérieur, aussitôt que tu as pris le bouquet de ses mains pour le libérer. Tu ne sais pas s'il est encore malade, le pauvre. Mais c'est loin de t'arrêter de le serrer dans tes bras, te doutant à quelque part qu'il devait bien en avoir besoin dans toutes cette situation. Surtout parce qu'il est venu sans s'annoncer, qu'il a apporté des fleurs comme pour s'excuser et qu'il a cet air sur son visage que tu as pourtant déjà vu, même si c'est très léger dans son regard. Parce qu'il ne va pas bien, ton ami. Tu le sais bien trop. Tu ne sais simplement pas à quelle étendue sont rendu les dégâts. Qui peuvent se faire graves, dans vos cas, de plus.
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MessageSujet: Re: En attendant que j'aille mieux | Carron et Sirry   Jeu 2 Aoû - 19:23

en attendant que j'aille mieux
carron & sirry

Une partie de moi voudrait qu’elle n’ouvre pas la porte. Pas que je ne l’aime pas ou que je ne veux pas la voir, mais Sirry, elle lit en moi comme dans un livre ouvert. J’ai peur qu’elle voit mes vices, qu’elle voit à quel point je suis triste. J’ai pas envie de lui faire du mal, ni envie de l’inquiéter. C’est pour ça que je m’isole quand je ne vais pas bien; j'ai peur de blesser ceux que j’aime. Elle en particulier qui a surmonté bien des épreuves. Je voudrais tellement qu’elle soit heureuse et qu’elle n’ait pas à s’inquiéter pour moi. Mais je suis là, prêt à tout lui dire ou presque. Je sais qu’elle voudrait que je lui dise ce que j’ai sur le cœur et j’ai besoin de le lui dire.

« Honey bear ! » Je l’enlace presque aussitôt que je la vois. Je lui donne des surnoms américains depuis aussi longtemps que je m’en souvienne, de la même façon qu’elle m’attribue des surnoms dans sa langue maternelle. J’adore qu’elle vienne d’aussi loin et que nous nous donnons des noms affectifs dans nos deux langues respectives. Je l’enlace un peu plus fort que j’en ai l’habitude, un peu plus longtemps aussi et je souffle parce que je suis soulagé d’être ici avec elle. Je ferme les yeux et je pense à tout ce qui me pèse depuis des semaines : Hippolyte, Heiki et ma dispute avec Fenrir. Je me sens seul sans elle.

Avant que je ne me remette à pleurer, je recule tout doucement et je plonge mes yeux dans les siens. Je ne me suis pas beaucoup reculé, je suis encore tout près d’elle. Je pose alors une main sur sa joue et je la caresse du bout du pouce. Elle est belle ma meilleure amie. J’esquisse un faible sourire. « Je ne t’embrasse pas, j’ai la grippe. » Mon sourire s’agrandit un peu plus. Elle a une aura, quelque chose en elle qui m’apaise quand je ne vais pas bien. Je lâche sa joue et de mon autre main je lui tends le bouquet de pivoines que je lui ai pris sur le chemin. « Je voulais m’excuser pour… » J’essaie de trouver mes mots, mon regard se perd un peu et je lui souffle « Tu sais... D’avoir été distant. » Je me sens d’humeur câline. J’ai envie de la prendre une nouvelle fois dans mes bras. Je n’ai même pas besoin de parler pour qu’elle sache que ça ne va pas, mais je me retiens et je la laisse courir à sa cuisine pour s’occuper de mon cadeau.

« Je ne te dérange pas ? ». Je m’appuie contre le mur pour enlever mes chaussures et ma veste que je laisse dans l’entrée. Je connais son intérieur par cœur pour y avoir passé des heures, à rire, à pleurer et à parler de tout et de rien. Mon nez est bouché, mais je peux sentir la bonne odeur qui se dégage de la cuisine. Je me doute qu’elle va me dire que je ne la dérange pas, mais même si c’était le cas, je sais qu’elle me dirait de rester. Après avoir éternué deux fois, je la rejoins dans la cuisine et je ne peux pas m’empêcher de ressentir un peu d’anxiété en voyant les casseroles fumantes. Je lui lâche sans trop y réfléchir « On peut manger ensemble ? » Si j’y réfléchissais trop, je sais que je ne le lui aurais pas dit mais s’il y a bien une personne qui peut comprendre ce que ça fait d’avoir peur de manger, c’est elle. « J’y arrive plus bien… » Je baisse la tête. Je me sens honteux d’être retombé si vite dans mes vieux démons. J’ai besoin de son aide si je veux m’en sortir. Je tends la main vers elle pour qu’elle croise nos doigts. J’ai besoin de toi honey.
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MessageSujet: Re: En attendant que j'aille mieux | Carron et Sirry   Lun 6 Aoû - 2:23


En attendant que j'aille mieux
Sirrý & Carron
Il se tient là, devant toi. Carron. Les yeux un peu rougit, cette allure qui envoie clairement des signes d'alerte malgré qu'il tentait de tout dissimuler. Ton meilleur ami, avec des fleurs - des pivoines roses, plus précisément. Quelque chose cloche et tu le sais bien. Il ne t'a jamais vraiment repoussée de la sorte, aussi, il faut dire. Déjà là, c'était un grand signe. Mais tu t'es dis que tu lui laisserais du temps, parce que c'est ce qu'il semblait avoir de besoin de toute façon. Prendre un peu de distance, s'éloigner, réfléchir de son côté. Prendre le temps de guérir. On a beau avoir besoin des autres, parfois du temps seul c'est ce qu'il y a de mieux. Sauf que là, il était devant toi. Tu mets pourtant les doutes de côté, tu l'enlaces dans tes bras, grand sourire à l'entente de ce surnom si habituel de sa part. Vous avez toujours été ainsi depuis votre rencontre, après tout. Utiliser des surnoms typiques de vos origines. Puis ses bras son autour de toi et il te serre, plus fortement que tu en as l'habitude. Plus longtemps, aussi. Sauf que tu ne dis rien, pas encore. Tu sais qu'il sait pouvoir te faire confiance. S'il y avait quoi que ce soit, il te le dirait de lui-même. Tu te faisais patiente, pour l'instant. Tu lui laissais le temps de mettre les choses en place, de trouver le temps de te le dire. Il le ferait, après tout. Vous le faites toujours l'un à l'autre, peu importe le temps nécessaire.

Sa main est à ta joue, caressant celle-ci de son pouce. Un petit rire te quitte lorsqu'il t'avoue avoir la grippe. « Encore malade? Tu prends soin de toi, j'espère? » Parce que c'est plus fort que toi, tu te dois de lui demander. Et prendre soin de soi, c'est au sens de repos, de se nourrir, de prendre les médicaments appropriés, boire de l'eau, prendre des vitamines. Bref, tout le nécessaire pour se remettre sur pied. Tu as toujours été une vraie mère à ce sujet, sans doute parce que la tienne faisait de même avec toi pour s'assurer que tu sois en forme rapidement. Tu prends les pivoines tendues, l'écoutant formuler son excuse, lui laissant temps de trouver les mots. Tu secoues un peu la tête. « Ne t'excuse pas pour ça, tu sais bien que je ne suis pas fâchée contre toi. Je me suis dis que tu en avais sans doute besoin. En autant que tu finisses par m'expliquer ce qui se passe, tu le sais bien. » Parce que tu as horreur de ne pas savoir ce qui se passe, de ne pas comprendre pourquoi les gens proches de toi ne vont pas bien. Qu'on tente de te le cacher. Lui bien plus que les autres, d'ailleurs. Tu te dépêches d'aller porter tes pivoines, marchant rapidement de la pointe des pieds pour les mettre dans un vase et les positionner à ton centre de table.

« Bien sûr que non, tu sais bien. » S'il y avait bien quelqu'un qui ne dérangeait jamais de par sa présence, c'était bien lui. Tu avais tout autant besoin de lui qu'il avait besoin de toi, aussi. Même une journée débordée ou où tu te retrouves trop fatiguée, tu l'accepterais dans ta demeure. Il pourrait venir au beau milieu de la nuit que tu l'accueillerais bras ouverts, que tu resterais debout à discuter avec lui au lieu de prendre ton sommeil réparateur. Il était bien trop important pour que tu le laisses de côté, maintenant plus que jamais en vue de tout ce qui se passait dans ta vie. Tu retournes dans la cuisine une fois les pivoines mises en place afin de mettre tes poitrines de poulet marinées dans une poêle que tu as fais chauffer, le riz prêt dans une casserole à côté sur un rond fermé. Il ne manquait plus que les légumes une fois l'eau en ébullition. Puis, tu entends la question. Si vous pouvez manger ensemble. Tu allais répondre, tu allais lui dire qu'il n'y avait aucun souci à une telle chose parce que franchement, il est toujours le bienvenu. Mais la suite des choses te fend le coeur aussitôt. Il n'y arrive plus aussi bien. Il est peu à peu en déclin. Tu ne prends même pas conscience que tu t'es arrêtée dans tes gestes jusqu'à ce qu'il tende sa main vers toi pour que tu l'atteignes, que tu laisses les doigts s'entre-mêler. Le regard qui revient vers lui n'a aucun reproche, si ce n'est qu'un peu de douleur et de la tristesse. Parce que tu sais mieux que quiconque à quel point ce n'est pas une chose facile, que c'est si rapide de retomber là-dedans. Tes lèvres s'étirent un peu, un sourire tout aussi attristé que ton regard. « On va te faire manger, d'accord? Ça va aller. » Ta main se resserre un peu à la sienne et tu t'approches de nouveau, ta main libre se glissant autour de son cou afin de l'enlacer encore un peu. Puis tu poses un baiser à son épaule, le relâchant doucement afin de retourner à tes fourneaux. « C'est quand la dernière fois que tu as mangé un vrai repas? » Une question qui pourrait sans doute être mal perçue venant de d'autres, comme un reproche. Alors que venant de toi, ce n'est qu'une information, qu'un sujet comme un autre. Qu'un renseignement que tu demandes, comme si tu demandais l'heure. Une façon de dédramatiser la conversation, tout comme te renseigner sur à quel point l'état pouvait se faire grave. Sur à quel point il avait besoin de manger, tout comme la portion à lui servir. Ça te faisait mal, horriblement, de savoir qu'il avait retombé dans tout ça. De n'avoir pu rien faire, de l'avoir laissé prendre du temps seul. Tu te dis que tu n'aurais sans doute pas dû, que tu aurais été censée le forcer à s'ouvrir à toi. Sauf que tu ne le lui laisses pas savoir, ça. Tu te concentres davantage sur la solution. Parce que tout ce qui était important, là, maintenant, c'était lui et son état. Pas toi. 
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MessageSujet: Re: En attendant que j'aille mieux | Carron et Sirry   Mar 7 Aoû - 17:45

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« Encore malade? Tu prends soin de toi, j'espère? » Je hoche la tête. Je ne suis pas dans une bonne période, mais j’ai été voir le médecin pour la vilaine grippe qui me colle au lit depuis des jours. Je prends mes antibiotiques, je bois beaucoup d’eau. Il n’y a que l’alimentation que le médecin m’a recommandée que je ne suis pas. Sirry prend mes fleurs, le sourire au coin des lèvres et elle m’excuse de l’avoir mise de côté. J’ai de la chance d’avoir une amie si compréhensive. Je lui souris un peu. Mon regard est un peu triste quand je la vois se tourner vers sa cuisine avec les fleurs. Je n’arrive pas à faire semblant. Je profite de cet instant pour retirer mes chaussures et ma veste et je la rejoins, sourire timide au coin des lèvres. Adossé au mur, je prends plaisir à la regarder tourner dans sa cuisine. Elle dispose les fleurs que je lui ai offertes dans un vase. Le rose va bien à sa cuisine. Puis elle s’occupe des poitrines de poulet sur le feu et de l’eau qui boue. A mi-mots, comme un aveu de culpabilité, je lui demande si je peux me joindre à elle pour le dîner. Elle n’a pas besoin de plus pour comprendre que je suis retombé dans mes vieux démons, que rien que de regarder la nourriture qui cuit, j’ai l’estomac en vrac. Je lui tend la main, à deux doigts de craquer, mais quand elle la prend et entrelace nos doigts, moi qui pensais que ça allait me faire sentir plus fort, je sens les larmes me monter. Je me sens coupable. Nous avions tellement parlé de rechute au centre, de toutes les chose à faire pour éviter de retomber dans l’anorexie que j’ai l’impression que si je ne mange plus, je suis le seul fautif. L’idée d’inquiéter Sirry, de lui faire du mal, me fait encore plus mal. Je sais qu’en lui disant ça, j’active de mauvais souvenirs. Je lève un peu la tête et lit aisément la peine dans son regard. Je sais qu’elle surmonterait n’importe qu’elle épreuve, mais je me sens nul de la mettre à l’épreuve. Je hoche la tête énergiquement quand elle me dit que ça va aller avec le sourire. Je sais qu’elle a raison et rien que pour elle, je n’ai pas envie de me laisser abattre.

A sa question, je baisse la tête et je réfléchis pour essayer de me remémorer mon vrai dernier repas. « Le weekend dernier, avant qu’il ait essayé de se tuer. On a mangé vietnamien. » Je me souviens que nous avions commandé et mangé en parlant de nous, sur la table de sa grande cuisine. « On parlait d'emménager ensemble. » Je rapproche ma main de mon torse et j’ai le regard dans le vide. Si j’avais su qu’aujourd’hui nous en serions là, j’aurais essayé de le raccrocher à la vie. Je ne me doutais pas que derrière ses sourires et ses baisers, Hippolyte se battait contre ses démons. J’en veux à son père et à sa sœur de lui avoir fait autant de mal, mais par-dessus tout, je m’en veux de ne rien avoir vu venir. Les indices étaient pourtant là : ses pleurs, les crises d’angoisses, les questions sur le futur, mais je crois que j’étais trop optimiste pour imaginer qu’il allait faire une tentative de suicide. Je me décolle finalement du mur et je m’assois une chaise de la table en touchant pensif aux pivoines. « Je sais que c’est pas de ma faute, mais j’arrive pas à ne pas m’en vouloir. J’aurais du me douter qu’il allait faire quelque chose. Quand je l’ai rencontré… » Je suis assailli par les souvenirs du chalet. Je me souviens de la première fois que je l’ai vu, de nos balades dans la forêt et de la complicité silencieuse que nous avons partagée. « Ça se voyait que ça n’allait pas. Il a pleuré toutes les nuits au chalet, puis le dernier jour, tu te rappelles ? Il a cassé un verre et il s’est griffé jusqu’au sang. Il arrêtait pas de pleurer. Et moi, moi j’ai été assez stupide pour croire que ça allait passer. » Je ne peux plus retenir mes larmes. Je me tais quelques secondes pour réfléchir et pour reprendre mon souffle. J’ai besoin de me concentrer pour ne pas que ma voix tremble et que Sirry puisse me comprendre. « Et moi je sais pas si je peux l’aider. » Je craque. Un gémissement passe la barrière de mes lèvres et j’enfonce inconsciemment mes ongles dans la paume de mes mains. « Je sais pas si j’ai la force pour l’aider à surmonter ça, j’ai même pas… » Ma voix se remet à trembler et j’ai tellement honte que je replis mes mains contre mon visage, les coudes appuyés sur la table. « Je sais même pas si j’ai encore tourné la page pour Heiki et il faut que je fasse ça. » J’essaie de reprendre mon souffle, mais ma respiration est saccadée. Ma voix monte dans les aigus sans que je ne puisse la maîtriser. « Je sais pas si je peux nous aider tous les deux. »
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