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 En attendant que j'aille mieux | Carron et Sirry


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MessageSujet: En attendant que j'aille mieux | Carron et Sirry   22.07.18 23:09

en attendant que j'aille mieux
carron & sirry

Je pousse un profond soupir et je me force à me lever. Il me faut un moment pour atteindre la porte du réfrigérateur, chaque pas sur mes jambes raides et douloureuses me demande un effort. Fichue grippe. Et comme si ma déprime passagère ne suffisait pas à amoindrir ma faim, la grippe me la coupe totalement. Je me force à réfléchir aux plats que je peux faire avec ce qui traîne dans le réfrigérateur : carottes, oignons, poivrons, coulis de tomates, blancs de dinde, mais au mieux ça ne me fait pas envie, au pire, ça me donne la nausée. Je referme la porte sans me rendre compte de ma force et je m’effondre tête la première sur mon canapé. C’est doux et chaud mais ferme en même temps. Mon canapé, je t’adore, je ne te l’ai jamais dit ? Alors, je te le dis maintenant. Je souris béa. On est bien là, non ? Puis je me tourne sur le dos, et je regarde le plafond et mon sourire repart aussitôt qu’il est venu. Je soupire à nouveau. Je suis triste. Profondément triste. Mes journées sont longues sans ma moitié et je repousse la faute sur moi. Je refais le monde avec des si et je m’isole alors que je sais que c’est la dernière des choses à faire. Mais je suis comme ça. Je n’arrive pas à en parler et à dire ce que j’ai sur le cœur. Il n’y a qu’avec Heiki et ça aussi, je sais que je ne devrais pas.

En fermant les yeux, je pense à Sirry. Je laisse ma tête tomber sur le côté et je me sens coupable de l’avoir repoussée ces derniers jours. Je sais que je ne devrais pas, que ce n’est pas de ma faute, que j’avais besoin de temps, mais j’ai de la peine pour ma meilleure amie. Elle qui a toujours été si douce avec moi, je n’avais pas le droit de la traiter comme ça. Je me sens vide. Et lourd. Je laisse ma main tomber sur le côté et alors que je ne me sentais pas plus triste que ce matin ou qu’hier, je pleure. Je pleure en gémissant et en rabattant mes jambes contre ma poitrine. J’ai mal à la tête ; au début c’est assez léger, mais ça empire de seconde en seconde, prenant une telle ampleur que je finis par m’étouffer. Ma gorge se bloque et je sens que je vais entrer en hyperventilation. J’essaie désespérément de respirer pour remplir mes poumons vides et rigides. Puis un sanglot rauque m’échappe, suivi d’un autre, et encore un autre. J’ai l’impression de me briser de l’intérieur, de voler en éclats. J’essaie de m’arrêter, de me contrôler, mais je continue de sangloter. Je pleure pour Hippolyte et pour notre futur, pour tout ce qu’il a enduré et que je n’ai pas vu. Je pleure parce que je ne peux m’arrêter et parce que ça me fait du bien. Et finalement, je me blottis contre un coussin. Je pleure jusqu’à ce que ma souffrance s’amenuise. Je ne me rends pas compte que je m’endors.

Il est cinq heures passées quand je me réveille, la gorge qui brûle et les yeux rouges. J’ai la marque du coussin sur ma jouer mais je ne le sais pas. Iseul est blotti contre moi et je le caresse tendrement. Le soleil dehors est en train de se coucher et baigne mon salon d’une lumière tamisée. Mon ventre est douloureux, il réclame son dû. Moi, je grimace et je m’appuie sur mon coude pour lever la tête et tourner mon regard vers le réfrigérateur. Je me relaisse tomber. Je me tourne sur le côté pour attraper mon portable, ce qui fait râler Iseul et je serre les dents en sentant ses griffes s’enfoncer sur mes cuisses quand il saute sur la table basse. Saloperie. Je clique sur son nom, celui de Sirry, et je relis nos derniers messages échangés. Elle m’en a envoyé plus que je ne l’ai fait. Je ne suis pas un digne ami. Moi qui ai pris peu d’initiatives ces derniers jours, je décide de me lever et d’aller la rejoindre, mais avant, je passe par le fleuriste. Je sais à quel point elle aime les fleurs ; elle a toujours un beau bouquet sur la table de sa cuisine. Je m’habille chaudement, d’une veste kaki, un pull bleu, et d’un modeste jean noir qui traîne sur la commode depuis trois jours. Une fois que j’ai vérifié que mon chat avait de quoi boire et manger pour la nuit, je sors. Le vent frais d’Islande m’arrache des frissons par centaines et j’enfonce mon menton dans mon cou. Je choisis des pivoines roses chez le fleuriste. Je ne sais pas quelle signification elles peuvent avoir, mais je les trouve jolies et ça me suffit. Je souris au vendeur et je pars affronter une nouvelle fois le froid frigorifique. Ah, ce que je regrette mon Tenessee ! Je secoue la tête et je regarde mes pieds en avançant vers chez elle. Je n’ai pas envie de voir tous ces couples qui se tiennent la main et s’embrassent.

Il est près de six heures quand je suis devant sa porte. J’espère qu’elle ne m’en veut pas d'avoir été distant. Je me fais la promesse de tout lui dire. Tout sauf Heiki. Lui, c’est ma limite. Je ne peux pas et je sais déjà ce qu’elle va me dire. Je lui dirai pour Hippolyte, pour la faim qui me quitte un peu plus tous les jours, pour la grippe qui me terrasse et pour ma culpabilité. Je soupire. Je ne sais pas si j’y arriverai, mais j’aimerais tellement le lui dire… Je sors de ma poche mon mouchoir usagé et je le colle à mon nez rougi. Je souffle, je le remets en boule et puis j’essuie mon nez d’un revers de la main et je toque trois grands coups. Sirry je suis désolé d’avoir été distant. Je me concentre et j’essaie d’esquisser un sourire pour qu’elle ne me découvre pas dans l’état que je suis et pour qu’elle ne voie pas mes yeux rougis. Et puis sinon, tant pis, j’ai l’excuse de la grippe.
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MessageSujet: Re: En attendant que j'aille mieux | Carron et Sirry   25.07.18 0:32


En attendant que j'aille mieux
Sirrý & Carron
Ça fait quelques jours, déjà. Qu'il t'a repoussé, sans que tu ne comprennes vraiment la raison. Du moins, pas entièrement. Tu sais qu'il y a eu ce souci, avec son petit ami. Avec Hippolyte. Cette tentative de suicide, dont tu n'as pas tout les détails, mais assez pour y avoir vu toute cette douleur dans le regard de ton meilleur ami. Tu avais été le voir le jour-même. Quelques jours par la suite. Mais malgré ça, il t'avait repoussé, t'avait gardé à distance. Lui qui est toujours là pour discuter, toujours là pour rire et s'amuser avec toi, que vous profitiez de la vie à deux, il semblait se refermer désormais à vue d'oeil. Alors tu lui as tendue la main, comme tu le fais toujours. Tu lui as écris, plusieurs fois. D'abord en tentant de parler de tout, de rien. De faire comme s'il n'y avait pas eu toute cette situation à l'hôpital et chercher à lui changer les idées. Sauf que ses réponses étaient courtes, peu fréquentes. C'est là que plus ça allait, plus ça venait t'inquiéter au final. Alors tu as fini par lui dire que s'il y avait quoi que ce soit, qu'il n'avait qu'à venir. Tu lui as dis, encore une fois, que ta porte lui était toujours ouverte. Chose que tu lui disais chaque fois que tu voyais qu'il semblait s'isoler, d'ailleurs. Cependant, ça semblait plus fort que tout, cette fois. Il te repoussait, alors tu lui laissais la distance qu'il avait de besoin. Il savait, de toute façon, que tu avais toujours une oreille attentive à lui porter s'il avait besoin. Il pouvait t'appeler au beau milieu de la nuit que tu allais lui répondre, que tu te rendrais chez lui, si le besoin était. Ça avait toujours été ainsi entre vous deux, après tout. Toujours là, l'un pour l'autre. Depuis le centre, ça avait toujours été ça, même une fois sortie, libérés. C'était ton âme soeur, l'ange que t'avait envoyé ta soeur à défaut de pouvoir être là. Et tu comptais le garder précieusement dans ta vie. Alors de savoir qu'il n'allait pas bien au point de te garder loin? Ça te faisait mal, encore plus de ne pas pouvoir l'aider réellement. Mais tu devais lui donner sa distance.

Un jeans, un simple teeshirt crème, tu étais chez toi en train de te préparer à manger. Chose qui semblait te prendre une éternité alors que pourtant, c'était assez simple. Poitrine de poulet, des légumes, du riz. Sauf que toi et les tâches multiples en même temps, c'est pas ça. Tu n'avais pas vraiment envie de mettre le feu à ton appartement. Alors tu prenais ton temps. Tu avais le temps, de toute façon. Rien de prévu ce soir si ce n'était de manger tranquillement en regardant un peu la télévision, lovée avec tes deux petites bêtes. Vraiment, quelque chose de simple après une bonne journée de travail. Tu adorais faire des arrangements floraux, mais ça pouvait se faire assez long. Et tu ne comptes même plus le nombre de fois que tu t'es piquée aujourd'hui sur les roses à organiser pour les bouquets. Tu étais en train de faire bouillir ton eau pour tes légumes lorsque tu entendis soudainement trois grands coups à ta porte. Tu regardas l'heure, fronçant un peu les sourcils. Tu n'attendais personne, pourtant. C'est un peu de là que l'inquiétude venait, d'ailleurs.

Tu essuies tes mains contre un chiffon, baissant tes feux pour éviter le moindre souci. Distraitement, ton regard se pose sur ton portable sur ton comptoir en chemin vers la porte. Pour voir un signe de notification que tu n'aurais pas entendu, un appel manqué, quelque chose. Rien, le néant. Puis tu débarres et ouvre ta porte, tombant sur son regard. Ses yeux rougis, son sourire. Puis finalement les fleurs. Tes lèvres s'étirent dans un doux sourire, tentant de repousser un peu ton inquiétude de le voir là, sans s'annoncer, à ta porte. « Amado? Qu'est-ce que tu fais là?» Tu t'écartes aussitôt de la porte d'entrée, histoire de le laisser entrer, une façon indirecte d'accepter sa présence. Comme tu le fais toujours et bien entendu, tu l'accepterais toujours. Peu importe l'heure. « Viens, entre! » Ta voix se fait douce, réconfortante aussi, venant l'enlacer aussitôt qu'il est à l'intérieur, aussitôt que tu as pris le bouquet de ses mains pour le libérer. Tu ne sais pas s'il est encore malade, le pauvre. Mais c'est loin de t'arrêter de le serrer dans tes bras, te doutant à quelque part qu'il devait bien en avoir besoin dans toutes cette situation. Surtout parce qu'il est venu sans s'annoncer, qu'il a apporté des fleurs comme pour s'excuser et qu'il a cet air sur son visage que tu as pourtant déjà vu, même si c'est très léger dans son regard. Parce qu'il ne va pas bien, ton ami. Tu le sais bien trop. Tu ne sais simplement pas à quelle étendue sont rendu les dégâts. Qui peuvent se faire graves, dans vos cas, de plus.
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MessageSujet: Re: En attendant que j'aille mieux | Carron et Sirry   02.08.18 19:23

en attendant que j'aille mieux
carron & sirry

Une partie de moi voudrait qu’elle n’ouvre pas la porte. Pas que je ne l’aime pas ou que je ne veux pas la voir, mais Sirry, elle lit en moi comme dans un livre ouvert. J’ai peur qu’elle voit mes vices, qu’elle voit à quel point je suis triste. J’ai pas envie de lui faire du mal, ni envie de l’inquiéter. C’est pour ça que je m’isole quand je ne vais pas bien; j'ai peur de blesser ceux que j’aime. Elle en particulier qui a surmonté bien des épreuves. Je voudrais tellement qu’elle soit heureuse et qu’elle n’ait pas à s’inquiéter pour moi. Mais je suis là, prêt à tout lui dire ou presque. Je sais qu’elle voudrait que je lui dise ce que j’ai sur le cœur et j’ai besoin de le lui dire.

« Honey bear ! » Je l’enlace presque aussitôt que je la vois. Je lui donne des surnoms américains depuis aussi longtemps que je m’en souvienne, de la même façon qu’elle m’attribue des surnoms dans sa langue maternelle. J’adore qu’elle vienne d’aussi loin et que nous nous donnons des noms affectifs dans nos deux langues respectives. Je l’enlace un peu plus fort que j’en ai l’habitude, un peu plus longtemps aussi et je souffle parce que je suis soulagé d’être ici avec elle. Je ferme les yeux et je pense à tout ce qui me pèse depuis des semaines : Hippolyte, Heiki et ma dispute avec Fenrir. Je me sens seul sans elle.

Avant que je ne me remette à pleurer, je recule tout doucement et je plonge mes yeux dans les siens. Je ne me suis pas beaucoup reculé, je suis encore tout près d’elle. Je pose alors une main sur sa joue et je la caresse du bout du pouce. Elle est belle ma meilleure amie. J’esquisse un faible sourire. « Je ne t’embrasse pas, j’ai la grippe. » Mon sourire s’agrandit un peu plus. Elle a une aura, quelque chose en elle qui m’apaise quand je ne vais pas bien. Je lâche sa joue et de mon autre main je lui tends le bouquet de pivoines que je lui ai pris sur le chemin. « Je voulais m’excuser pour… » J’essaie de trouver mes mots, mon regard se perd un peu et je lui souffle « Tu sais... D’avoir été distant. » Je me sens d’humeur câline. J’ai envie de la prendre une nouvelle fois dans mes bras. Je n’ai même pas besoin de parler pour qu’elle sache que ça ne va pas, mais je me retiens et je la laisse courir à sa cuisine pour s’occuper de mon cadeau.

« Je ne te dérange pas ? ». Je m’appuie contre le mur pour enlever mes chaussures et ma veste que je laisse dans l’entrée. Je connais son intérieur par cœur pour y avoir passé des heures, à rire, à pleurer et à parler de tout et de rien. Mon nez est bouché, mais je peux sentir la bonne odeur qui se dégage de la cuisine. Je me doute qu’elle va me dire que je ne la dérange pas, mais même si c’était le cas, je sais qu’elle me dirait de rester. Après avoir éternué deux fois, je la rejoins dans la cuisine et je ne peux pas m’empêcher de ressentir un peu d’anxiété en voyant les casseroles fumantes. Je lui lâche sans trop y réfléchir « On peut manger ensemble ? » Si j’y réfléchissais trop, je sais que je ne le lui aurais pas dit mais s’il y a bien une personne qui peut comprendre ce que ça fait d’avoir peur de manger, c’est elle. « J’y arrive plus bien… » Je baisse la tête. Je me sens honteux d’être retombé si vite dans mes vieux démons. J’ai besoin de son aide si je veux m’en sortir. Je tends la main vers elle pour qu’elle croise nos doigts. J’ai besoin de toi honey.
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MessageSujet: Re: En attendant que j'aille mieux | Carron et Sirry   06.08.18 2:23


En attendant que j'aille mieux
Sirrý & Carron
Il se tient là, devant toi. Carron. Les yeux un peu rougit, cette allure qui envoie clairement des signes d'alerte malgré qu'il tentait de tout dissimuler. Ton meilleur ami, avec des fleurs - des pivoines roses, plus précisément. Quelque chose cloche et tu le sais bien. Il ne t'a jamais vraiment repoussée de la sorte, aussi, il faut dire. Déjà là, c'était un grand signe. Mais tu t'es dis que tu lui laisserais du temps, parce que c'est ce qu'il semblait avoir de besoin de toute façon. Prendre un peu de distance, s'éloigner, réfléchir de son côté. Prendre le temps de guérir. On a beau avoir besoin des autres, parfois du temps seul c'est ce qu'il y a de mieux. Sauf que là, il était devant toi. Tu mets pourtant les doutes de côté, tu l'enlaces dans tes bras, grand sourire à l'entente de ce surnom si habituel de sa part. Vous avez toujours été ainsi depuis votre rencontre, après tout. Utiliser des surnoms typiques de vos origines. Puis ses bras son autour de toi et il te serre, plus fortement que tu en as l'habitude. Plus longtemps, aussi. Sauf que tu ne dis rien, pas encore. Tu sais qu'il sait pouvoir te faire confiance. S'il y avait quoi que ce soit, il te le dirait de lui-même. Tu te faisais patiente, pour l'instant. Tu lui laissais le temps de mettre les choses en place, de trouver le temps de te le dire. Il le ferait, après tout. Vous le faites toujours l'un à l'autre, peu importe le temps nécessaire.

Sa main est à ta joue, caressant celle-ci de son pouce. Un petit rire te quitte lorsqu'il t'avoue avoir la grippe. « Encore malade? Tu prends soin de toi, j'espère? » Parce que c'est plus fort que toi, tu te dois de lui demander. Et prendre soin de soi, c'est au sens de repos, de se nourrir, de prendre les médicaments appropriés, boire de l'eau, prendre des vitamines. Bref, tout le nécessaire pour se remettre sur pied. Tu as toujours été une vraie mère à ce sujet, sans doute parce que la tienne faisait de même avec toi pour s'assurer que tu sois en forme rapidement. Tu prends les pivoines tendues, l'écoutant formuler son excuse, lui laissant temps de trouver les mots. Tu secoues un peu la tête. « Ne t'excuse pas pour ça, tu sais bien que je ne suis pas fâchée contre toi. Je me suis dis que tu en avais sans doute besoin. En autant que tu finisses par m'expliquer ce qui se passe, tu le sais bien. » Parce que tu as horreur de ne pas savoir ce qui se passe, de ne pas comprendre pourquoi les gens proches de toi ne vont pas bien. Qu'on tente de te le cacher. Lui bien plus que les autres, d'ailleurs. Tu te dépêches d'aller porter tes pivoines, marchant rapidement de la pointe des pieds pour les mettre dans un vase et les positionner à ton centre de table.

« Bien sûr que non, tu sais bien. » S'il y avait bien quelqu'un qui ne dérangeait jamais de par sa présence, c'était bien lui. Tu avais tout autant besoin de lui qu'il avait besoin de toi, aussi. Même une journée débordée ou où tu te retrouves trop fatiguée, tu l'accepterais dans ta demeure. Il pourrait venir au beau milieu de la nuit que tu l'accueillerais bras ouverts, que tu resterais debout à discuter avec lui au lieu de prendre ton sommeil réparateur. Il était bien trop important pour que tu le laisses de côté, maintenant plus que jamais en vue de tout ce qui se passait dans ta vie. Tu retournes dans la cuisine une fois les pivoines mises en place afin de mettre tes poitrines de poulet marinées dans une poêle que tu as fais chauffer, le riz prêt dans une casserole à côté sur un rond fermé. Il ne manquait plus que les légumes une fois l'eau en ébullition. Puis, tu entends la question. Si vous pouvez manger ensemble. Tu allais répondre, tu allais lui dire qu'il n'y avait aucun souci à une telle chose parce que franchement, il est toujours le bienvenu. Mais la suite des choses te fend le coeur aussitôt. Il n'y arrive plus aussi bien. Il est peu à peu en déclin. Tu ne prends même pas conscience que tu t'es arrêtée dans tes gestes jusqu'à ce qu'il tende sa main vers toi pour que tu l'atteignes, que tu laisses les doigts s'entre-mêler. Le regard qui revient vers lui n'a aucun reproche, si ce n'est qu'un peu de douleur et de la tristesse. Parce que tu sais mieux que quiconque à quel point ce n'est pas une chose facile, que c'est si rapide de retomber là-dedans. Tes lèvres s'étirent un peu, un sourire tout aussi attristé que ton regard. « On va te faire manger, d'accord? Ça va aller. » Ta main se resserre un peu à la sienne et tu t'approches de nouveau, ta main libre se glissant autour de son cou afin de l'enlacer encore un peu. Puis tu poses un baiser à son épaule, le relâchant doucement afin de retourner à tes fourneaux. « C'est quand la dernière fois que tu as mangé un vrai repas? » Une question qui pourrait sans doute être mal perçue venant de d'autres, comme un reproche. Alors que venant de toi, ce n'est qu'une information, qu'un sujet comme un autre. Qu'un renseignement que tu demandes, comme si tu demandais l'heure. Une façon de dédramatiser la conversation, tout comme te renseigner sur à quel point l'état pouvait se faire grave. Sur à quel point il avait besoin de manger, tout comme la portion à lui servir. Ça te faisait mal, horriblement, de savoir qu'il avait retombé dans tout ça. De n'avoir pu rien faire, de l'avoir laissé prendre du temps seul. Tu te dis que tu n'aurais sans doute pas dû, que tu aurais été censée le forcer à s'ouvrir à toi. Sauf que tu ne le lui laisses pas savoir, ça. Tu te concentres davantage sur la solution. Parce que tout ce qui était important, là, maintenant, c'était lui et son état. Pas toi. 
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MessageSujet: Re: En attendant que j'aille mieux | Carron et Sirry   07.08.18 17:45

en attendant que j'aille mieux
carron & sirry

« Encore malade? Tu prends soin de toi, j'espère? » Je hoche la tête. Je ne suis pas dans une bonne période, mais j’ai été voir le médecin pour la vilaine grippe qui me colle au lit depuis des jours. Je prends mes antibiotiques, je bois beaucoup d’eau. Il n’y a que l’alimentation que le médecin m’a recommandée que je ne suis pas. Sirry prend mes fleurs, le sourire au coin des lèvres et elle m’excuse de l’avoir mise de côté. J’ai de la chance d’avoir une amie si compréhensive. Je lui souris un peu. Mon regard est un peu triste quand je la vois se tourner vers sa cuisine avec les fleurs. Je n’arrive pas à faire semblant. Je profite de cet instant pour retirer mes chaussures et ma veste et je la rejoins, sourire timide au coin des lèvres. Adossé au mur, je prends plaisir à la regarder tourner dans sa cuisine. Elle dispose les fleurs que je lui ai offertes dans un vase. Le rose va bien à sa cuisine. Puis elle s’occupe des poitrines de poulet sur le feu et de l’eau qui boue. A mi-mots, comme un aveu de culpabilité, je lui demande si je peux me joindre à elle pour le dîner. Elle n’a pas besoin de plus pour comprendre que je suis retombé dans mes vieux démons, que rien que de regarder la nourriture qui cuit, j’ai l’estomac en vrac. Je lui tend la main, à deux doigts de craquer, mais quand elle la prend et entrelace nos doigts, moi qui pensais que ça allait me faire sentir plus fort, je sens les larmes me monter. Je me sens coupable. Nous avions tellement parlé de rechute au centre, de toutes les chose à faire pour éviter de retomber dans l’anorexie que j’ai l’impression que si je ne mange plus, je suis le seul fautif. L’idée d’inquiéter Sirry, de lui faire du mal, me fait encore plus mal. Je sais qu’en lui disant ça, j’active de mauvais souvenirs. Je lève un peu la tête et lit aisément la peine dans son regard. Je sais qu’elle surmonterait n’importe qu’elle épreuve, mais je me sens nul de la mettre à l’épreuve. Je hoche la tête énergiquement quand elle me dit que ça va aller avec le sourire. Je sais qu’elle a raison et rien que pour elle, je n’ai pas envie de me laisser abattre.

A sa question, je baisse la tête et je réfléchis pour essayer de me remémorer mon vrai dernier repas. « Le weekend dernier, avant qu’il ait essayé de se tuer. On a mangé vietnamien. » Je me souviens que nous avions commandé et mangé en parlant de nous, sur la table de sa grande cuisine. « On parlait d'emménager ensemble. » Je rapproche ma main de mon torse et j’ai le regard dans le vide. Si j’avais su qu’aujourd’hui nous en serions là, j’aurais essayé de le raccrocher à la vie. Je ne me doutais pas que derrière ses sourires et ses baisers, Hippolyte se battait contre ses démons. J’en veux à son père et à sa sœur de lui avoir fait autant de mal, mais par-dessus tout, je m’en veux de ne rien avoir vu venir. Les indices étaient pourtant là : ses pleurs, les crises d’angoisses, les questions sur le futur, mais je crois que j’étais trop optimiste pour imaginer qu’il allait faire une tentative de suicide. Je me décolle finalement du mur et je m’assois une chaise de la table en touchant pensif aux pivoines. « Je sais que c’est pas de ma faute, mais j’arrive pas à ne pas m’en vouloir. J’aurais du me douter qu’il allait faire quelque chose. Quand je l’ai rencontré… » Je suis assailli par les souvenirs du chalet. Je me souviens de la première fois que je l’ai vu, de nos balades dans la forêt et de la complicité silencieuse que nous avons partagée. « Ça se voyait que ça n’allait pas. Il a pleuré toutes les nuits au chalet, puis le dernier jour, tu te rappelles ? Il a cassé un verre et il s’est griffé jusqu’au sang. Il arrêtait pas de pleurer. Et moi, moi j’ai été assez stupide pour croire que ça allait passer. » Je ne peux plus retenir mes larmes. Je me tais quelques secondes pour réfléchir et pour reprendre mon souffle. J’ai besoin de me concentrer pour ne pas que ma voix tremble et que Sirry puisse me comprendre. « Et moi je sais pas si je peux l’aider. » Je craque. Un gémissement passe la barrière de mes lèvres et j’enfonce inconsciemment mes ongles dans la paume de mes mains. « Je sais pas si j’ai la force pour l’aider à surmonter ça, j’ai même pas… » Ma voix se remet à trembler et j’ai tellement honte que je replis mes mains contre mon visage, les coudes appuyés sur la table. « Je sais même pas si j’ai encore tourné la page pour Heiki et il faut que je fasse ça. » J’essaie de reprendre mon souffle, mais ma respiration est saccadée. Ma voix monte dans les aigus sans que je ne puisse la maîtriser. « Je sais pas si je peux nous aider tous les deux. »
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MessageSujet: Re: En attendant que j'aille mieux | Carron et Sirry   21.08.18 1:32


En attendant que j'aille mieux
Sirrý & Carron
Il a ce visage triste qui rend la vision douloureuse. Il y a quelque chose, tu le sais. C'est plus fort que cette histoire avec Hippolyte, tu es certaine. Tu ne sais pas dire quoi, exactement. C'est plus profond, plus caché. Ce n'est pas le fait qu'il est malade. Tu exagères sans doute, comme toujours. Tu vois sans doute plus de mal qu'il y en a réellement, mais il t'inquiète. Parce qu'il est arrivé chez toi comme ça, sans s'annoncer, te déclarant avoir du mal à manger désormais. Qu'il n'y arrive plus aussi bien. C'est ça qui te fait le plus mal, dans tout ça. Pas l'éloignement qu'il a fait, pas de le voir ainsi avec l'air accablé. De savoir qu'il va mal au point de ne pas être apte à manger correctement. C'est si facile, les chutes. Ils en parlaient sans arrêt, ils donnaient des conseils pour nous éviter de s'y remettre dedans à pieds joints. Sauf qu'il y a des choses dans la vie qui sont bien plus faciles à dire qu'à faire. Et ça, franchement, c'était l'une de ces choses-là. Tu en as eu, des rechutes. Pas des grosses, cependant. Quelques jours à peine, comme lorsque cela faisait un mois de plus qu'elle n'était plus là, lorsque la pensée se faisait trop lourde et que tu n'arrivais pas à écrire. Ou juste un coup de déprime, comme ça, sorti de nul part. Ce sont des choses qui arrivent et tu ne lui en voulais pas pour ça. L'important, là, maintenant, c'était de l'aider à se relever. Peu importe le temps que ça lui prendrait. Alors tu commences par la base. Savoir quand est la dernière fois qu'il a pris un vrai repas. Parce que de cesser de manger sur une longue durée, l'estomac rapetisse, la nourriture se digère difficilement, le mal de coeur arrive vite parce que les aliments deviennent comme des corps étrangers.

Le weekend dernier. Cela faisait déjà un moment, donc. Tu acquiesces un peu la tête, un petit sourire aux lèvres lorsqu'il te parle du fait qu'ils ont mangés vietnamien. Tu détournes la tête afin de le regarder. « Oh, vous allez déménager ensemble? Vous comptiez partir en appartement ou en maison? » Tu lui parles comme si Hippolye n'était pas malade, qu'il n'y avait aucun problème. Tu tentes tout simplement d'apporter une note positive à la pensée, détourner le souvenir pour ne pas le rendre malheureux. Ton sourire se fait rassurant, comme toujours, tentant d'apaiser une plaie invisible. Les blessures du coeur sont les plus dures à réparer, tu le sais. Toi-même tu en es victime depuis des années, peu importe les pansements que tu as apposés. Tu délaisses tes fourneaux lorsque tu le vois ainsi, pensif, assis sur une chaise à ta table. Ça te fend le coeur de le voir ainsi et tu te rapproches aussitôt, pour prendre place sur la chaise à ses côtés. Tes doigts se glissent contre son bras, caressant lentement, te faisant toute attentive sur la moindre chose qu'il te dit, qu'il t'explique. Tu le laisses parler, le laisse prendre son temps. Parce que pour lui, tu as tout le temps du monde. Tu le laisses se livrer, se libérer finalement un peu plus. Il s'est sans doute refermé pendant ce temps, depuis l'hospitalisation de son petit ami. Alors tu ne vas pas l'empêcher, tu l'écoutes, comme tu le fais chaque fois avec lui. Ta main se passe de son bras à ses cheveux lorsqu'il semble de plus en plus anxieux, que la douleur semble toujours un peu plus vive pour lui. Ton regard est triste, incapable de le cacher, incapable de te faire plus forte que lui. Les larmes viennent à tes yeux et ça te prend tout pour ne pas te mettre à pleurer en retour. « Tu n'as pas été stupide, Amado. Tu n'es pas coupable de ça. Certes, il n'allait pas bien, mais je ne sais pas si c'est quelque chose qui aurait pu se prévenir. Je crois que ça n'aurait que fait gagner du temps pour quelque chose d'inévitable. Mais tu n'es pas responsable de ça. C'était plus fort que lui, tout comme ça a été plus fort que nous lorsqu'on a été au centre. » Ta voix se fait le plus doux possible lorsque tu lui parles, caressant lentement ses cheveux, cherchant toujours à retenir tes larmes. Tu détestais cette sensibilité dans les moments pareils. Tu sais que ça ne va pas aider à la situation, qu'il risque de se sentir mal de te voir dans un état de la sorte alors que c'est lui qui est en douleur. Tu ne veux pas le faire culpabiliser, alors tu te retiens, au mieux que ton corps en est capable.

Tu soupires un peu, venant cherchant ses mains de son visage pour les serrer aux tiennes avec tendresse, pour chercher son regard. « Pour l'instant, ce que tu dois faire c'est de commencer par t'aider toi, d'accord? Ne te met pas la charge de son état sur tes épaules. Une chose à la fois. » Tu relèves ses mains afin de poser un baiser au-dessus de celles-ci. Quelque chose de léger, de délicat. « Parce que tu ne peux pas l'aider si tu ne vas pas bien toi-même. Faut que tu prennes soin de toi, pour prendre soin de lui. Rien que par ça, tu vas lui apporter beaucoup d'aide. » Tes mains caressent le dessus de ses mains, cherchant à garder son regard dans le tien. « Et pour ce qui est d'Heiki... Tu finiras par tourner la page, j'en suis certaine. Tu ne peux pas continuer de le laisser t'affecter sans même qu'il soit là. » Tu n'avais aucune idée qu'il l'avait de nouveau vu, le métisse. Tu n'en savais rien. Tout ce que tu sais, c'est qu'il avait fait du mal à Carron et pour cette raison seule, tu ne l'appréciais pas et ça te fâchais de savoir que ton tendre ami se laissait encore affecter par une telle chose. Pourtant, tu savais que ce n'était pas évident, comme tout le reste. Encore plus dans une situation comme la sienne où tout devient difficile.  Mais tu espérais pouvoir l'aider, l'amener vers le droit chemin, par tes conseils. Il suffisait parfois d'une voix pour nous conseiller, pour nous guider, afin de prendre les bonnes décisions. Pas toujours, certes. Parfois on s'en éloignais bien plus qu'il ne fallait, parce que le mal était trop fort et l'aveuglement se faisait présent. Sauf que tu espérais qu'il tourne la page, qu'il puisse au moins fermer l'une de ces plaies à jamais. Le revers de ton index se glisse contre sa joue, pour essuyer un peu ses larmes. Il ne méritait pas de continuer à se faire du mal ainsi pour quelqu'un qui, selon ce que tu sais, n'en avais rien à faire de son état en retour. Il suffisait de voir comment il avait été délaissé au centre. Rien que ça, c'était une raison suffisante pour toi de continuer à chercher de l'aider et le supporter pour qu'il puisse un jour tourner la page. Même si là, présentement, le problème était complètement ailleurs et bien plus important qu'une histoire de coeur du passé.
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MessageSujet: Re: En attendant que j'aille mieux | Carron et Sirry   24.08.18 12:46

en attendant que j'aille mieux
carron & sirry

 J’ai l’impression de ne rien avoir pu controler ces dernières semaines. Je baisse à nouveau la tête. Je suis tiraillé entre ce que je veux et ce que je devrais faire. Je n’arrête pas de me blâmer. Je voudrais pouvoir surmonter la pente pour nous deux, mais j’ai l’impression que mon corps me lâche. Je n’arrive plus à me regarder dans la glace sans sentir les larmes me venir. Je me sens perdu. Je ne me suis jamais senti autant perdu. J’ai l’impression d’être hors de moi, de me regarder faire et agir sans n'avoir aucune influence sur mes faits et gestes. J’aimerais aimer davantage Hippolyte, mais je suis forcé de constater que plus les jours passent et moins je me sens accroché à lui. Je voudrais me battre, trouver le réconfort dont j’ai besoin dans les bras de Sirry, mais je le cherche dans les bras d’Heiki. J’ai beau me donner des coups de fouets, me sommer d’arrêter et de passer à autre chose, je ne m’entends pas. Je continue de courir vers l’impasse. J’ai l’impression de marcher sur un fil. Je regarde Sirry avec douceur. Je sais que je l’ai elle.

Je la vois acquiescer quand je lui parle de mon dernier repas avec Hippolyte et je souris un peu en l’entendant me poser tout un tas de questions. « On avait encore rien prévu, on en parlait juste. » Je souris à nouveau. Je crois que je l’aime aussi beaucoup pour ça : elle m’aide à voir le bon côté des choses et à enterrer ce qui ne va pas. « En appartement je crois. A deux on a pas besoin d’une maison et avec nos salaires, je ne crois pas qu’on puisse s’en payer une. » Je me rappelle pourtant que nous avions évoqué Sam et Iseul qui auraient profité d’un grand espace mais nous nous étions rabattus sur un appartement. J’ai toujours préféré les appartements, je trouve que c’est plus intime. Un nouveau silence s’abat entre nous. Je n’entends plus que les poitrines de poulet qui frémissent dans la poêle. Je préférerais sourire et lui parler de choses positives, mais j’ai besoin de m’ouvrir et de lui dire ce que je porte sur mes épaules. J’essaie de tirer un peu de force au fond de moi et je m’assois sur une chaise près de la table. Au début ma voix tremble. J’ai du mal à lui dire que je n’ai pas la force pour Hippolyte et pour moi. Je me sens profondément coupable. Je sens les larmes me monter aux yeux et ma voix part dans les aigus sans que je ne puisse avoir de contrôle dessus. Une chose de plus qui m’échappe. Sirry prend le temps de m’écouter et caresse tendrement mon bras. Ça m’apaise un peu, mais pas complètement. J’ai mal. Je finis par lever la tête timidement. Son regard est triste et ses yeux sont humides. Je ressens un pincement au cœur à la voir comme ça. Je m’en veux. Je penche doucement la tête en avant et l’appuie contre ses caresses. Ça me fait du bien de l’entendre me dire que je n’y suis pour rien. Je sais qu’elle a raison et que je n’aurais fait que repousser l’inévitable. J'aurais du lui en parler plus tôt.

Elle tire finalement mes mains de mon visage et je lève la tête pour affronter son regard. Je me sens à nu et je suis mal à l’aise mais son regard tendre me rassure. J’acquiesce silencieusement quand elle me demande de prendre soin de moi avant de prendre soin des autres. C’est ce que je suis venu faire en venant me confier à elle. Je crois que je suis sur le bon chemin. Je la laisse baiser mes mains. Elle est très douce, elle arrive petit à petit à calmer mes larmes. Elle me dit que je ne peux pas me laisser atteindre par Heiki et se penche en avant pour essuyer mes larmes « Je sais… » J’aimerais lui dire que je le revois, mais je n’y arrive pas. J'essaie de me concentrer pour le lui dire, mais non, c'est plus fort que moi. Je le garde pour moi. Je prends finalement sa main qui est sur ma joue et je la dépose sur la table en la serrant tendrement. Je réfléchis ensuite en baissant les yeux et je lui demande à mi mots. « Comment je vais faire pour Hippo hon' ? J’ai envie de prendre de la distance, mais je ne peux pas le laisser seul dans son lit d’hôpital… » Je me mets à caresser inconsciemment mon bras pour me rassurer. Je suis pensif. « J’ai peur d’empirer son état… » Finalement en souriant davantage, je lui dis, en regardant la gazinière. « N'oublie pas ton poulet. »

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MessageSujet: Re: En attendant que j'aille mieux | Carron et Sirry   27.08.18 2:00


En attendant que j'aille mieux
Sirrý & Carron
Ça fait mal. De voir la personne qui est chère à tes yeux, en train de souffrir. C'était un poids qui se faisait sur tes épaules, sur ta poitrine. Comme si peu à peu, on cherchais à t'empêcher de bien respirer. Comme si l'on cherchait à te noyer lentement. Pouvoir prendre sa peine, sa douleur, tu le ferais pourtant sans hésiter. À risque de te noyer davantage dans cette marre d'émotions, à risque de succomber sous le poids de la charge. Tu n'aimais pas le voir comme ça, les yeux rougis, le regard triste. Tu voulais l'entendre de sa voix pleine de joie, le sourire aux lèvres, les pupilles étincelantes de bonheur. Comme lorsque vous êtes sortis du centre. Comme lorsqu'il te parlait d'Hippolyte. Comme lorsqu'il te parlait de la moindre chose qui le rendait heureux, à dire vrai. Mais là, vous étiez bien loin du compte et il tombait lentement dans une rechute. C'était quelque chose de banal, pour les autres. De dire qu'ils n'ont pas mangé, qu'ils ont décidé de sauter un repas pour une fois. Parce qu'ils étaient déprimés, parce qu'ils ne se sentaient pas bien. C'en était une toute autre dans votre situation. C'était risqué. Tu ne voulais pas devoir le ramener au centre. C'était ton ange, ton âme soeur. Devoir l'amener jusqu'au centre, tu sais qu'une partie de toi viendrait se briser rien qu'à devoir l'amener, à le voir traverser les portes. Tu veux qu'il puisse encore décider de te kidnapper pour une promenade sur sa moto. Tu veux qu'il vienne te chercher pour un pique-nique surprise. Tu voulais tout ça encore et bien plus. Tu voulais le remonter de cette pente pour l'empêcher de glisser dans cette descente aux enfers qui pouvait l'entendre s'il ne faisait pas attention.

Tu tentes de rendre les choses moins dramatiques, moins lourdes, tandis qu'il te parle du fait qu'il comptait peut-être déménager avec son petit ami. Ça te rendais heureuse, à quelque part. De voir que les choses semblaient sérieuses entre eux deux. Parce qu'il méritait uniquement le bonheur, Carron. Il ne méritait que ça, après tout ce qui lui était arrivé. Et lorsqu'il te répondait, lorsqu'il te disait qu'ils ne faisaient que parler, qu'il aurait préféré un appartement, tu pensais à ta soeur. Tu lui disais, dans ta tête, de faire en sorte qu'Hippolyte guérisse rapidement pour qu'ils puissent mener à terme leur projet, pour qu'ils puissent vivre dans ce bonheur qu'ils méritent tout les deux. Tu n'as aucune idée, de tout le reste. Tu ne sais pas ce qu'il se passe, en dehors de ça. Qu'il revoit Heiki, par-dessus tout. Tu n'en as pas conscience. Heureusement, à quelque part. Tu lui souris, lorsqu'il te répond. Un sourire qui se veut doux et réconfortant. « Ce serais génial, un appartement. Mais il en faudrait un grand, vu Iseul et le chien d'Hippo' ! » Tu ris un peu, toujours dans le but de dédramatiser la situation un peu. Non pas pour la banaliser, mais pour tenter d'apaiser un peu cette souffrance qui se dégageait de lui. Sauf que c'est inutile, il craque, il se met à pleurer. Et tu te sens mal, si mal. Douloureuse et impuissante de ne pas pouvoir être celle qui pleure à sa place, de ne pas pouvoir porter son fardeau. C'est plus fort que toi, les larmes montent à tes yeux. C'est toujours ainsi. Si quelqu'un que tu apprécies se met à pleurer, ton corps veut en faire de même. Et tu en apprécies, des gens, c'est pour dire. Mais tu tentes de contenir tes larmes à tes yeux, pour ne pas le faire culpabiliser. Tu sais que c'est peine perdue dès qu'il croise ton regard et qu'il baisse la tête pour s'appuyer à tes caresses. Tu continues, pourtant, de tenter à le réconforter.

Tes lèvres s'apportent à ses mains tandis que tu mentionnes Heiki. Il ne peut pas se laisser atteindre par cet homme. Il lui a fait bien trop de mal par le passé et dans ta connaissance actuel, il ne fait même plus parti de sa vie. Il ne devait pas laisser les blessures remonter, s'ouvrir de nouveau, ton petit ange. Il ne pouvait pas. Le revoir, ça pouvait l'amener à une rechute ou pire encore. Tu ne voulais pas devoir recoller les morceaux. Tu voulais le voir sourire, heureux. Ça te rassure, lorsque tu l'entends te dire qu'il sait. Il y a quelque chose qui accroche, mais trop peu pour que tu n'y portes attention. Tu le laisses prendre ta main, la serrer. Ton coeur se serre lorsque tu l'entends te poser cette question. S'éloigner pour prendre soin de soi ou rester au chevet de la personne qu'il aime. Ce n'était pas une chose facile, loin de là. Tu l'observes un instant, sans trop de réponse. « Je ne sais pas... » Tu commences, presque dans un murmure. « Je ne pense pas que tu viendrais empirer son état, Carron. » Ta voix se fait douce, puis il te fait prendre conscience de ton poulet sur le feu. Décidément, tu ne sais pas faire deux choses en même temps. Ce n'est rien de nouveau, tu le sais pourtant. Tu lâches un petit « Mierda. Merci, j'oubliais. » pour ensuite te défaire doucement de sa prise et retourner t'occuper de la viande dans la poêle, après avoir passé le revers de tes mains contre tes paupières. Tu réfléchis un peu, entre temps. Parce que tu te devais de lui donner une réponse plus concrète, lui donner de quoi mieux se guider. Parce que tu sais qu'il est perdu, ton meilleur ami. Tu te devais de le guider vers le bon chemin. Sans savoir qu'il s'en était déjà longuement éloigné depuis un moment. « Tu crois que peut-être... Peut-être que vous pourriez trouver moyen de vous guérir ensemble? De vous apporter une aide mutuelle? » Tu ne sais même pas si c'est un bon conseil, à dire vrai. À l'immédiat, tu n'es sûr de rien. Parce que tu sais que de prendre la distance serait la meilleure chose à faire pour lui. Sauf que tu sais qu'il ne peut pas non plus délaisser Hippolyte seul à l'hôpital. Ça viendrait à l'inquiéter, de ne pas voir son petit ami à ses côtés, sans doute.
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MessageSujet: Re: En attendant que j'aille mieux | Carron et Sirry   01.09.18 20:59

en attendant que j'aille mieux
carron & sirry

Je renifle en tenant sa main, mais mon nez n’arrête pas de couler. J’ai l’impression que tout mon visage est gonflé et je sens que je vais bientôt avoir un terrible mal de tête à force de pleurer. Je finis par ramener mes mains à mon visage et me le masse dans l’espoir de faire passer la douleur… en vain. Je jette un regard timide à Sirry et me lève pour prendre un mouchoir. Je me rassois ensuite immédiatement et je sens mes muscles se crisper dans l’angoisse de sa réponse. J’ai pris conscience que je ne peux pas venir en aide à Hippolyte et prendre soin de moi à la fois. Ça me tue, je voudrais faire les deux. Le vide qu’il a laissé en me quittant pour l’hôpital ce jour là se remplit tous les jours d’une douleur mordante et d’une grande angoisse. Je me sens tous les jours plus à l’étroit entre ces deux sentiments. J’apporte le mouchoir à mon nez, me mouche et respire à nouveau l’air par mon nez. Ça fait du bien. Je plie le mouchoir et le range dans ma poche. Je me sens un peu mieux mais la douleur dans ma tête est toujours présente. Je baisse les yeux quand elle m’avoue qu’elle ne sait pas et les garde au sol quand elle ajoute que je ne peux empirer son état. Empirer, je ne sais pas, mais je sais qu’en prenant de la distance, il n’arrivera pas à se relever. Je tiens à lui. C’est le plus difficile, si je ne l’aimais pas, j’aurais pris de la distance et je ne me serais pas posé de questions. Mais comment faire pour abandonner quelqu’un qu’on aime ?

Je lève le menton et je lis de la peine dans les yeux de Sirry. Je sais à quoi elle pense : à la rechute et fatalement à nous et à sa sœur. Je voudrais lui épargner cette peine. Elle jure en espagnol et essuie ses yeux d’un revers de la main puis court aux fourneaux pour éviter que la viande ne brûle. Je ne l’entends plus parler et je fais comme elle : je réfléchis à une solution pour me sortir de cette situation. Je me suis laissé couler quand Heiki m’a abandonné et je ne veux pas refaire la même chose, j’ai l’intention de me battre. Je me dis que je pourrais en parler à Hippolyte avant de prendre une décision, ou à la rigueur décider et lui parler pour ne pas qu’il croit que c’est de sa faute et qu’il laisse sa maladie prendre le dessus. Sirry revient et j’écoute attentivement ses questions. Mon nez coule toujours et je ressors le mouchoir de ma poche pour me moucher une deuxième fois. Le regard perdu, je le replie et le range une nouvelle. « Mh… » J’y ai réfléchi des centaines de fois et ce serait le mieux qu’il puisse nous arriver mais… Je ne sais pas si j’ai la force de faire ça. « Je sais pas… » Je porte une main à mon torse et ferme le poing pour me donner un peu de force. Je n’ai pas envie de re craquer. « Ça a cassé quelque chose entre nous. Je n’arrive plus à voir notre futur comme je le voyais, je… Je sais même plus si j’ai envie de vivre avec lui, ça me rend tellement anxieux qu’il soit dépressif, ça me bouffe, je… » Merde, les larmes me reviennent. Je pose ma main sur mon œil et essaie de les retenir comme je peux. « C’est plus la même chose. Je voudrais me sentir plus amoureux, mais… » Je la regarde, les yeux humides et je fais non de la tête. Je vois bien que ma peine l’attriste et je me lève pour lui tendre les bras. « Te retiens pas Sirry… Je suis désolé. » Je me sens d'autant plus coupable que je ne lui dis pas toute la vérité. Mon coeur se serre. La vérité c'est que je pense plus à Heiki que je ne pense à Hippolyte.

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MessageSujet: Re: En attendant que j'aille mieux | Carron et Sirry   03.09.18 16:09


En attendant que j'aille mieux
Sirrý & Carron
Pour une rare fois dans ta vie, tu ne sais pas lui apporter le bon conseil. Tu ne sais pas comment l'aider, quelle solution lui proposer pour qu'il aille mieux, pour qu'Hippolyte se sente mieux en même temps. Parce qu'il ne pouvait pas le délaisser, tu le sais. Ça avait été difficile pour toi aussi, avec ta soeur. De la voir dépérir à vue d'oeil sans pouvoir faire quoi que ce soit. Sans pouvoir l'aider, sans savoir comment la guérir. Tu ne pouvais que rester à son chevet et attendre. Attendre dans l'espoir que ça aille mieux. Au final, la maladie en avait fait d'elle une victime, avait mis fin à son combat. Au moins, jusqu'à présent, Hippolyte était en vie. C'est tout ce qui comptait, au final, n'est-ce pas? C'était difficile, mais il était en vie. Il avait survécu cette étape et partirait normalement vers la voix de la guérison. Mais il fallait être capable d'être fort, il fallait aller bien soi-même pour parvenir à le soutenir, à l'aider à se redresser correctement. Chose que tu le vois bien maintenant, ton meilleur ami n'est pas apte. Tu ne peux pourtant pas prendre sa peine et sa douleur sur tes épaules. Tu ne peux pas lui transmettre de ta force. Tu sais que c'est quelque chose qui doit venir de lui davantage que de toi. C'est loin de te plaire, mais tu n'as pas le choix. Alors tu tentes d'être un soutien, un appui. Comme tu le fais toujours. Même si les mots de manquent sur les conseils à donner. Même si c'est une impasse. La seule chose que tu peux faire à l'immédiat, c'est de l'aider à se nourrir. Et heureusement qu'il est là, sans quoi tu l'aurais nourris avec du poulet calciné. Chose bien loin d'être nutritive. Toi et ton incapacité de faire deux choses en même temps.

Tu es devant tes fourneaux et tu réfléchis. Tu cherches à lui fournir une solution, à lui donner une réponse qui a meilleur sens autre que "Je ne sais pas". Ce n'était pas une réponse acceptable de ta part. Pas pour lui. Il méritait que tu te creuses davantage la tête pour trouver quelque chose. Il devait que tu le fasses, surtout. Parce qu'il était perdu, il ne semblait pas apte à prendre des décisions. Tu le comprends. Être dans le même état, tu serais sans doute autant incapable de le faire. Délaisser quelqu'un que l'on aime parce que nous n'avons pas la force, ce n'est pas une chose facile à faire, ni à assumer. Tu finis pourtant par faire une suggestion, sans savoir si c'en est une bonne ou non. Tu n'es même pas sûr de toi-même, tu ne veux pourtant pas faire de faute. Tu ne veux pas suggérer quelque chose qui l'amènerait à avoir davantage de problèmes par la suite ou qui viendrait lui faire du mal inconsciemment. C'est la dernière chose que tu veux, vraiment. Cependant, tu te tentes tout de même. Pour essayer de trouver une solution, pour l'aider.

Pourtant, il avoue. Il avoue que c'est difficile, que ça a sans doute brisé quelque chose entre son petit ami et lui. Ton regard s'attriste devant le poulet dans la poêle. Tu ressens encore une fois les larmes qui montent à tes yeux en l'entendant, en entendant sa voix qui se brise toujours un peu plus. Ça te fait mal de l'entendre dire une telle chose. Tu les avais toujours vu un peu comme ce couple parfait, ce couple fait pour durer et vivre ensemble jusqu'à la fin de leurs jours. Tu aimais le voir heureux, ton meilleur ami. Ils se rendaient heureux mutuellement. Sauf qu'il y a une impasse. Sauf que la route semble s'écrouler sous les pieds de ton ange. Tu fermes le rond une fois le poulet cuit et dégage la poêle de l'élément chaud, te retournant vers lui afin de constater les dégâts. Les larmes cherchent à reprendre d'assaut dans son regard si triste, qui te serre le coeur. Tu as presque l'impression qu'il va exploser, tellement la pression est forte. Tu fais tout pour ne pas pleurer. Tu essaies de ne pas le faire, mais ça semble impossible à contrôler. « Mais tu n'y arrives pas, c'est ça? » Ta voix est brisée déjà, les larmes se mettent à rouler sur tes joues avant même qu'il ne te dise de ne pas te retenir. Tu as horreur de ça. Tu n'aimes pas cette sensibilité. Tu n'aimes pas pleurer devant quelqu'un parce que tu vois ses larmes, parce que ça te fait mal. Tu détestes ça. Tu es censée être là pour le supporter, non pas qu'il apaise tes larmes. Pourtant, tu viens tout de même vers lui et tu le serres dans tes bras, tu niches ta tête dans son cou. Tu le serres fort, ton amado.

« Je veux tellement que les choses se replacent, entre vous deux... » Tu lui réponds finalement, la voix étouffée par ta tête au creux de son cou. « Je n'aime pas savoir que t'as mal... Qu'il a mal. » Tu restes pourtant là un moment, à chercher à faire cesser tes larmes, à faire taire cette émotion ridicule qui semble prendre le dessus au lieu de l'aider lui. Tu repenses à ses paroles, tu te les rejoues en tête comme pour trouver où l'aider, où le conseiller. Mais tu bloques. Tu bloques sur une seule partie de ce qu'il t'a dit. Il n'arrive plus à voir son futur avec lui comme il le voyait avant. Tu inspires, lentement, redressant la tête et retires un bras d'autour de sa nuque afin d'essuyer tes yeux larmoyants. « Quand tu dis que... Tu n'arrives plus à voir votre futur comme avant... Est-ce que... Est-ce que c'est parce que tu comptes le laisser? » Tu sais que ce n'est sans doute pas la meilleure question à poser, vu son état actuel. Mais tu te dois de savoir. Tu veux savoir à quel point la relation s'est brisée avec son petit ami. Tu veux savoir ce qui a cassé. Tu veux savoir si la tentative d'Hippolyte en est la seule cause ou s'il y a autre chose qui se cache derrière.
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MessageSujet: Re: En attendant que j'aille mieux | Carron et Sirry   03.09.18 20:53

en attendant que j'aille mieux
carron & sirry

Tu sens ton cœur se serrer quand Sirry se retourne, les larmes au bord des yeux. Tu devines sans peine à quel point elle lutte pour ne pas pleurer devant toi, tu sais qu’elle voudrait être forte pour toi, mais tu lui causes tellement de peine en te montrant si désemparé, tu sais que c’est plus fort qu’elle. Tu ne lui en veux pas au contraire, comment pourrais tu lui en vouloir ? Tu ne prends même pas la peine de répondre à sa question, ton premier réflexe est de te lever pour qu’elle puisse se lover contre toi. T’es comme ça avec elle, t’as du mal à te faire passer en premier. Tes mains montent naturellement dans ses cheveux et tu fermes les yeux pour essayer de retenir tes larmes, mais quand elle pleure comme ça, que tu sens son corps trembler contre le tien, c’est dur. Sans compter la peine que tu éprouves vis-à-vis d’Hippolyte et d’Heiki, c’est trop pour toi. Tout le flot de sentiments t’étouffe, t’as besoin d’air, qu’elle te guide. Tu sais que c’est beaucoup pour elle aussi, mais il n’y a qu’elle qui puisse t’aider et il n’y qu’à elle que tu veuilles bien te confier. Parce que Sirry, tu la connais sur le bout des doigts, tu lui ferais confiance les yeux fermés et qu’à sa place, tu ferais pareil. Tu te battrais corps et âme pour qu’elle regagne le sourire et que ça te tuerait de la savoir triste. Vous aviez surmonté tellement d’épreuves tous les deux, c’était comme un compagnon d’armes. Tu lui confierais ta vie si tu devais, sans remords, sans angoisse.

« Je sais… » Sa voix tremble tellement que ça t’arrache davantage de larmes. Tu voudrais être heureux, juste pour qu’elle arrête de pleurer, mais c’est tellement compliqué. Tu portes tellement de culpabilité, ça t’étouffe et il y a Heiki, le fait qu’il t’attire, que tu aies l’impression d’être un aimant, que tu ne puisses pas te défaire dans son aura, ça fait monter tellement de souvenirs douloureux, tellement d’angoisses. Tu souffles le prénom de Sirry pour essayer de la calmer, mais ta voix déborde d’angoisse. Et t’ouvres les yeux, juste un peu, et la vue de la nourriture devant toi te donne presque la nausée. T’as les intestins qui se serrent, la peur de vomir qui monte, tes mains qui se crispent contre ses cheveux. Sirry te pose une question, sa voix tremble, sa respiration est coupée par les sanglots qu’elle tente d’étouffer et bordel, tu serres ta mâchoire tellement fort. Elle te connait trop, c’est presque effarant. Tu desserres l’emprise autour de son corps et tu penses à ce scénario que tu as fait mille fois dans ta tête : toi qui quittes Hippolyte. Et c’est horrible, tu vois son sourire se défaire, le profond désespoir dans ses yeux et les spasmes qui le secouent. Tu ressens toute la culpabilité décuplée par mille, ça te met à plat. Tu n’arrives même pas à répondre à la question de Sirry. Ton regard reste creux et tu es immobile. Les larmes continuent de perler sur son visage et tu admets à mi voix après de longues secondes de silence « Je sais pas… » Ton visage se cache entre tes deux mains et glissent jusque dans tes cheveux, essuyant au passage tes larmes. Tu réfléchis et tu te casses la tête mais tu n'y vois pas de solution. Tu hoches finalement la tête, ton visage entre tes deux coudes et tes mains derrière ton crâne. T’y penses, et c’est pire parce qu’Heiki aura tout le contrôle qu’il veut sur toi sans Hippo. Tu sais qu’il arrivera à te faire croire à une vie à deux et qu’il te suffira d’un rien pour t’investir dans votre relation. Mais ça, tu peux pas le dire à Sirry, t’y arrives pas, c’est plus fort que toi. Chaque fois que tu ouvres la bouches, que tu voudrais lui confier ce qu’il t’arrive, les mots restent coincés dans ta gorge. Alors tu changes de sujet.

Ta voix est toujours faible, tes yeux mouillés, et tu la regardes avec tendresse. Heureusement que tu as Sirry. Dieu merci elle est là. « Je mets la table ? » Un faible sourire se peint sur tes lèvres et tu n’attends pas sa réponse pour te diriger vers ses placards et sortir les assiettes, les verres et les couverts. Ton attitude est fuyante, comme elle l’a toujours été quand tu perds pied. C’est comme ça qu’elle t’a connu Sirry d’ailleurs, les premiers jours au centre. Tu parlais à personne, tu restais dans ton coin et tes réponses étaient laconiques. Heureusement, il y avait eu les groupes de paroles et les infirmiers t’avaient pousser à t’ouvrir. Puis heureusement, c’était Sirry. T’avais jamais connu une douceur pareille et des yeux aussi réconfortants que les siens. « Sirry ? » T’avais perdu l’habitude de prononcer son prénom d'ailleurs depuis ce temps, tu l’appelais toujours par des surnoms, rarement par son prénom. Tu plonges tes yeux dans son regard. Tu viens tout juste de poster les assiettes sur la table, toujours empilées, tu sais pas trop quoi faire de tes mains. T’es perdu, t’es au milieu de l’océan, tu te noies. « Je t’aime. »

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MessageSujet: Re: En attendant que j'aille mieux | Carron et Sirry   30.09.18 4:16


En attendant que j'aille mieux
Sirrý & Carron
Ça fait mal, de voir quelqu'un que l'on aime en train de souffrir ainsi. D'être en douleur et de ne pas savoir réellement comment l'aider, comment apaiser sa peine, alléger sa souffrance. C'est au-dessus de toi, cette situation-là. Tu as toujours été présente pour lui, toujours capable de trouver les bons mots, les bons conseils. Sauf que tu bloques, ce soir. Tu ne sais pas si c'est parce que ça te fait trop mal de le voir ainsi ou si c'est simplement parce que c'est une situation sans solution. Ou qu'il y en a une, mais que forcément l'un des deux hommes se verra blessé si ce n'est pas les deux tout court, alors vous faites comme si elle n'existait pas. Pourtant, tu continues de te battre, de te retenir au mieux que tu le peux pour ne pas éclater dans de lourds sanglots contre lui, lorsqu'il te prend dans ses bras et amène sa main dans tes cheveux. Tu te dois d'être forte pour lui, comme chaque fois qu'il se passe quelque chose. Comme il le fait chaque fois avec toi. Sauf que tu sais qu'en te montrant faible, en devenant trop sensible, il cherchera à se faire plus fort que toi alors qu'il souffre déjà tellement. Ce n'est pas ce que tu veux, pas du tout. Pas alors que c'est lui qui a besoin de ton aide. Pourtant, tu te retrouves là, dans ses bras, et c'est lui qui cherche à te réconforter. Tu sais que tu lui fais du mal à être ainsi, que tu n'aides pas la cause, mais tu ne parviens pas à faire autrement.

Au final, tu poses la question. Tu lui demandes, au mieux que tu peux, si cela veut dire qu'il va quitter Hippolyte. Parce qu'ils semblaient si idéaux ensemble, le couple parfait, prêt à tout surmonter. Pourtant, là maintenant, tu ne sais pas, tu ne sais plus. Quelque chose s'est brisé, il te l'a dit. Tu ne sais pourtant pas le lourd secret qu'il porte concernant Heiki. Tu ne sais pas qu'ils se sont revus, qu'il se sent toujours autant attiré par lui. Tu ne sais pas, surtout, qu'il est encore là pour causer du tord à ton ange qui pleure devant toi en te regardant, figé par ta question. Pourtant, il est le mieux placé malheureusement pour savoir s'il doit mettre fin à cette relation. Tu ne peux rien dire, rien faire. C'est sa décision, peu importe ce qui en est, peu importe que tu sois d'accord ou contre. Le silence se fait alors étouffant, tu sais qu'il n'a pas la réponse. Pas vraiment. Pas sans y réfléchir ne serais-ce qu'un peu et tu te doutes à quel point la chose doit être un vrai casse-tête. Au final, il ne sait pas. Pour ensuite hoche la tête au creux de ses coudes. Ton coeur lâche un peu. Ce couple parfait était en train de s'éteindre. Tu le regardes tristement, sans savoir quoi répondre à une telle chose. Au final, c'est lui qui prend parole, c'est lui qui change de sujet. C'est sans doute mieux ainsi, afin de prendre un peu de distance sur la douleur qu'apportait la question. Tu hoches un peu la tête à sa question pour retourner à ta nourriture, pour l'empêcher de brûler et terminer finalement le repas. Toi-même tu as l'estomac noué à l'immédiat. Mais vous vous deviez de manger, de ne pas sauter de repas. Surtout pas lui. Tu relèves la tête vers lui lorsque tu entends ton prénom. Tu avais presque perdu l'habitude de l'entendre le prononcer à force que ce soit des surnoms. Pourtant, tu souris à ses paroles. Tu as essuyé tes larmes entre temps et tu tentes de les garder au creux de tes yeux, surtout, de les ravaler. Tu reconnais son attitude fuyante, comme au centre et tu ne peux pas t'empêcher de te demander s'il n'y a pas autre chose qui s'y mêle. Pour l'instant, tu t'approches afin de poser un baiser à sa joue. « Je t'aime aussi, Carron. »

Tu t'occupes ensuite de dresser les assiettes, d'y mettre la nourriture, afin que vous puissiez passer à table. Tu as prévu le coup, tu as fais une petite assiette pour Carron, histoire qu'il ne ressente pas de pression face à la vue d'une grosse portion. Tu ne veux pas qu'il rejette sa nourriture, non plus, alors tu ne comptes pas le presser, pas du tout. Vous êtes là, ensemble, pour prendre votre temps et tu resteras des heures à la table s'il le faut pour qu'il parvienne au moins à avaler une ou deux bouchées, qu'il en prenne la force de le faire. Tu ne sers pas de liquide, non plus, à titre préventif. Tu le ferais seulement si tu le voyais manger. Hors de question qu'il ne se remplisse l'estomac d'eau afin d'utiliser ça comme excuse qu'il n'a pas faim. Encore moins que ça crée une facilité s'il vient à vouloir aller rejeter son repas. Vous avez été au centre ensemble, tu en as entendu, des choses et tu ne veux pas que ce soit le cas pour Carron. Tu veux simplement son bien, tu veux qu'il mange. Tu entâmes déjà lentement ton repas, d'ailleurs, avant de finalement poser la question qui te brûle les lèvres parmi la lourdeur de tout ce silence qui pèse désormais dans ton appartement. « Carron? Est-ce qu'il y a autre chose, que tu ne m'as pas dis? » Parce que tu en as l'impression, encore plus avec son attitude fuyante, avec ce silence qui a suivi son hochement de tête. C'est ton instinct qui te le crie, qu'il ne te dit pas tout. Encore fallait-il qu'il soit prêt à te l'avouer. Pourtant, il te dit toujours tout, ton amado, n'est-ce pas? ...N'est-ce pas?
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MessageSujet: Re: En attendant que j'aille mieux | Carron et Sirry   01.10.18 15:10

en attendant que j'aille mieux
carron & sirry

Comment en es-tu arrivé là ? Il y a six mois, tu sortais avec cette fille, Joanne, un amour. Tu n’étais pas amoureux d’elle comme tu avais pu l’être d’Heiki, mais vous formiez un parfait petit couple heureux. T’avis plein de questions dans la tête, est-ce qu’aimer normalement c’était ça, est-ce que vous alliez vivre toute votre vie ensemble, est-ce que tu allais être heureux et tourner enfin la page sur cet ex qui t’avait tant bouleversé. Aujourd’hui tu es devant Sirry. Tes yeux sont humides, tu n’arrêtes pas de pleurer, tu contiens difficilement tes tremblements et tu retombes dans les bras d’Heiki en laissant derrière toi deux cœurs brisés : Joanne et Hippolyte. Pourtant t’as jamais été un monstre sans cœur, au contraire, il y a difficilement d’hommes plus doux et plus attentionné que toi, mais tout est devenu si glissant. Tu ne sais pas où cette pente te mène et tu as l’impression de n’avoir aucun contrôle. Tu es terrifié, bouffé d’une culpabilité et d’une angoisse énormes. Tu voudrais revenir en arrière, être avec Joanne et même si tu l’aimais pas autant qu’elle t’aimait, t’étais bien. Tu menais ta vie sans te poser trop de questions, tu voyais Sirry tous les jours et tu avais un appétit d’ogre. Alors comment ? Il y avait eu le sourire d’Hippolyte, déjà, qui déjà avait provoqué ta chute. Ses yeux remplis d’amour, sa tendresse, ses bras, ses je t’aime qui t’avaient mis tellement de baume au cœur. T’avais cru que c'était bon, que t’avais enfin trouvé quelqu’un qui t’aimerait autant que tu l’aimerais et tu tirais un trait sur tout, même sur Joanne et si tu t’en voulais, ça allait parce que tu savais qu’elle retrouverait quelqu’un qui la méritait plus que tu ne l’as méritais. Et puis t’étais heureux alors plus rien d’autre comptait. Mais il y a eu aussi la dépression d’Hippolyte qui s’est nichée entre vous et qui vous a éloigné tous les jours un peu plus. Peut être que c’était précipité de déjà imaginer ta vie avec avec lui. Et ce nuage noir entre vous, cette atmosphère oppressante et cette tentative de suicide, ça t’a pas tué, parce que t’es toujours là, mais ça t’as mis un sacré coup. Et ce putain de karma qui remis Heiki sur ta route. Comme si t’avais été maudit comme si ton destin ça avait toujours été de croiser sa route et de souffrir de ses mains. Si seulement t’arrivais à expliquer ça à Sirry. A lui dire à quel point t’es terrifié, à quel point tout ça te bouffe de l’intérieur sans lui faire mal. Mais t’y arrives pas et t’arriveras jamais, Sirry, elle s'inquiétera toujours pour toi, c’est dans sa nature. Elle t’aime, c’est aussi simple que ça. T’arriveras jamais à lui dire que tu souffres sans lui faire mal.

Alors tu changes de sujet de conversation, tu sors la vaisselle alors que rien que l’odeur de la viande qui cuit te tord le ventre et te remplit d’une toute autre angoisse. Tu voudrais ne pas manger, rester cloître chez toi mais tu fais l’effort immense de laisser ta meilleure amie te nourrir. Personne d’autre ne pourrait mieux comprendre ta peur qu’elle. En fait tu fuis. Tu fuis le sujet d’Hippolyte et d’Heiki comme tu as l’habitude de fuir quand tu es en peine. Tu préfères te concentrer sur ton manque d’appétit, sur le symptôme plutôt que sur la cause et Sirry elle est pas bête, elle comprend qu’il y a quelque chose et que tu lui caches un partie de la vérité. Elle finit de mettre la table comme tu es dans tes pensées et te sers une petite portion. Pas d’eau ni aucun autre liquide et tu sais pourquoi, tu ne t’en plains pas même si t’u as soif et que tu préférerais cent fois boire dix litres d’eau que d’avaler un morceau de viande. Tu sais que c’est pour ton bien. Alors tu t’assois en regardant cette nourriture fumante qui te nargues. Ça te fait mal au ventre mais en la voyant manger, tu fais le gigantesque effort de prendre des légumes sur ta fourchette et de les mettre dans ta bouche. Ton regard est vide. T’es fatigué autant physiquement que moralement. Tu te forces tous les jours à rire, à sourire, comme là tu te forces à mastiquer les légumes. Et Sirry te poses cette question en t’appelant par ton prénom, signe qu’elle est vraiment inquiète, sinon elle t'appellerait par tout plein d’autres mots espagnols, pas ça. Evidemment qu’il y a autre chose. Il y a Heiki. Mais comment lui dire ? Tes lèvres se pincent, tu cherches quelque chose à dire mais ta gorge est nouée. T’as d’ailleurs beaucoup de mal à avaler ce que tu te forces à manger. Ton téléphone sonne au même moment, affichant en grand le prénom par ton ex. Rompant le silence qui s’était installé entre vous avec ce vibrement indécent. Tu n’essaies mêmes pas de cacher l’écran, elle a vu son prénom, c’est sur. Sauvé par le gong qu’on dit… Tué par le gong en l’occurrence. Tu finis par poser ta main sur ton téléphone et rejeter l’appel. Tu deviens interdit. Tu te construis un bunker tout tout au fond de toi et tu t’y réfugies. Tu ne veux plus parler à personne. Qu’on te laisse mourir ici.

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MessageSujet: Re: En attendant que j'aille mieux | Carron et Sirry   Aujourd'hui à 0:57


En attendant que j'aille mieux
Sirrý & Carron
Tu ne sais pas quand les choses sont devenues si compliquées. Tu croyais que ce serait si simple, une fois sortie du centre. Que les choses viendraient se faciliter, que le plus dur était derrière toi, derrière vous. Jamais tu n'aurais pensé ressentir autant d'émotion dans l'air. Pesant, poignant. Tant de douleur, tant de souffrance et de non-dit. Tant de souffrance de la part de l'Américain que tu ne parviens pas à faire cesser, à alléger. Et ça te déçoit de toi, ça. De ne pas trouver les mots, de ne pas savoir comment venir l'aider. Sauf que tu ne sais pas, qu'il ne te dit pas tout. Tu ne sais pas que si tu n'y parviens pas, c'est parce qu'il y a un élément du casse-tête qui se fait manquant. Tu ne peux que le présumer, alors qu'il y a toutes ces larmes et ces silences. Mais ça viendrait plus tard, tout ça. Ça passait en second plan. L'important, à l'immédiat, c'était qu'il mange, qu'il parvienne à avaler quelque chose, n'importe quoi. Parce que tu ne voulais pas être celle qui l'amène au centre, cette fois. Tu ne voulais pas avoir à être celle qui se doit de forcer la main pour le condamner à cette même souffrance que vous avez subit là-bas, le temps de la guérison. Tu ne veux pas qu'il y soit sans toi, surtout.

Tu le laisses fuir. Fuir les questions, fuir le sujet, rester dans ses pensées, pour le temps venu. Tu le laisses faire pour un instant, du moins. Ça viendrait plus tard. Il devait reprendre des forces, il devait se redonner de l'énergie. Pour tout affronter, pour agir... Pour vivre. Tu sais qu'il viendra se confier, le moment venu. Tu l'espères. Pourtant, la question quitte tes lèvres d'elle-même. Une dernière tentative de comprendre ce qui en est. Une dernière opportunité pour qu'il puisse admettre, qu'il puisse te dire ce qui se passe réellement, ce qu'est l'élément manquant au casse-tête. Tu la vois, sa réponse. Ou plutôt, l'absence de réponse. Ce silence qui plonge la pièce, qui ne fait que te confirmer qu'il y a autre chose. Tu ressens ton coeur se serrer, ton estomac se nouer puis... Vient la vibration. Une vibration du téléphone contre la table qui vient casser le silence lourd de sous-entendu et comme ça, subitement, la réponse apparaît sous tes yeux. Parce que là, sur le portable, s'affiche en grand "Heiki". Cinq lettres de malheur. Un prénom qui ne faisait qu'apporter de la douleur et de la souffrance.Un prénom maudit que tu aurais préféré ne jamais avoir à revoir, relire, entendre de nouveau. Qu'importe. Tes sourcils se froncent tandis qu'il rejette l'appel, ton coeur tombant si creux dans ta poitrine, le regard définitivement blessé. « C'est ça, l'autre chose, Carron? » Tu tentes fortement de ne pas juger, de ne pas sembler déçue, de ne pas avoir l'air un peu en colère, surtout. Tu soupires un peu, quittant son regard pour l'amener vers ton assiette. « Tu as repris contact avec lui..? » C'est comme une défaite, un coup fatal. Tu pinces légèrement les lèvres, sans savoir quoi dire de plus. Tout, mais pas ça. Tout, mais pas lui. C'est tout ce que tu parviens à te dire. Tu aurais préféré n'importe quel autre problème que cet enfoiré de métis. Tu ne le connais même pas, pourtant. Tu ne l'as jamais vu, mais tu sais tout ce qu'il a fait. Tout le mal qu'il a causé. Et avec ça, rien que ça, c'est suffisant. Tu ne voulais pas avoir à l'amener au centre d'anorexie. Tu ne voulais pas qu'il souffre de nouveau de cette dépression par la faute de ce sportif. Tu ne voulais pas qu'il s'approche de ton meilleur ami, ton ange, et le détruire de nouveau alors qu'il avait finalement réussi à se reconstruire.
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