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 La gueule du loup | Carron et Heiki


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MessageSujet: La gueule du loup | Carron et Heiki   Ven 20 Juil - 21:53

La gueule du loup
You know I say that I am better now. I only say that 'cause you're not around, not around

La route était calme. A chaque virage, il laissait son corps raser le sol. Il les prenait un peu serrés, ça l’apaisait. Il avait fait le vide dans sa tête. Ça avait pris trois heures de route, mais ça valait le coup. Le vent courrait sur sa peau. Il avait été trop préoccupé pour mettre sa veste de cuir et les mailles de son pull bleu nuit laissaient le vent courir contre sa peau nue. Ça aussi, comme les virages et l’impression vertigineuse que la route ne s’arrêtait pas l’apaisait. Il avait des yeux pour le ciel menaçant et les macareux qui le narguaient avec leur liberté. Il sourit. C’était beaucoup pour lui, ce sourire. Il ramena son regard sur la route, et regarda les voitures passer sans en penser quoi que ce soit. Son ventre lui faisait un mal de chien. Le soleil était haut. C’était l’heure de manger mais il n’avait pas l’intention de contenter son estomac difficile. C'était un soupire cette fois en comprenant que les nuages au dessus de la capitale annonçaient le mauvais temps. C’était un peu comme lui en ce moment, tout triste, à pleurer pour rien. Mais lui, il ne le montrait pas.

Casque sur le buffet mais chaussures toujours aux pieds, il ouvrit son frigo sans faim. Fit courir son regard entre la viande, les légumes et les yaourts et se contenta d’un verre de lait. Il passa une main sur son ventre pour le supplier d’accepter ce tout petit met et couru dans la salle de bain où l’eau chaude qui coulait sur son corps lui arracha un soupire. Il ne pleurait pas pour une fois. La dernière fois, la fatigue et l’eau chaude avaient fait tomber ses barrières. Il lava ses cheveux sans vraiment trop d’entrain et fit la même chose avec son corps. Ses gestes étaient mécaniques. Il enjamba la marche et se cacha sous une grande serviette verte. Il frotta son corps et quand par mégarde il s’aperçut dans le miroir, il resta figé deux secondes. Il ressemblait donc à ça. Il caressa son visage de sa main droite et plongea son regard triste dans celui du reflet. Il souffla, épuisé, et attrapa la bouteille de mousse à raser. Il avait trop repoussé le jour du rasage. Il s’attela à la coupe des poils gênants et jura en se coupant la mâchoire. « Putain ! » Sa main rencontra le bord du lavabo et une douleur intense le fit ramener sa main contre son torse. Il se sentait idiot.

Vêtements simples : jean noir, pull gris. Il referma son dressing et enfila ses vêtements en manquant de perdre l’équilibre au moment d’enfiler la première jambe dans le bas. Puis pouf. Il laissa tomber ses fesses dans le lit. Le matelas se creusa sous le poids. Il jeta un coup d’œil à son téléphone : pas de nouvelles d'Heiki. Il regrettait ses messages et ses petits smileys souriants, mais là, au moins, pas de raison s’en vouloir. Alors ses pensées allèrent vers Hippolyte et il s’allongea en position fœtale sur le matelas qu’ils avaient l’habitude de partager à deux. Cette fois, aucune larme. Il avait trop pleuré, il était fatigué. Il attrapa le coussin sur laquelle son amant avait l’habitude de se reposer et le serra contre sa poitrine. Il souffla plus fort que normal et inspira l’air pour essayer de rester calme. Pour souffler. Sa main gauche attrapa le téléphone qui était resté dans son dos et il fit défiler les textos qu’il avait échangés avec Heiki cette nuit. Il sourit devant les absurdités qu’il lisait. Mais ça lui faisait du bien. Dans les jours sombres qu’il avait traversés, Heiki avait été son rayon de soleil.

Il s’allongea sur le dos, le coussin sur la poitrine et regarda le plafond. Iseul venait de rentrer dans la chambre mais il l’ignora. Il n’était pas d’humeur câlin. Il pouvait le rejoindre. C’est ce qu’il se disait. Ils ne feraient rien de mal. Ils discuteraient comme de vieux amis. Il ne s’inquiéterait pas comme avec Jung, Bérénice, Fenrir ou Sirry du mouron que Heiki pourrait se faire pour lui. Il ne comptait plus pour lui. Quoi que. Il repoussa avec vigueur la culpabilité qui le menaçait et se leva avec plus de force qu’il en avait l’habitude. Il jeta un regard vers la fenêtre où le ciel gris avait laissé place à un soleil tout jaune entouré de nuages tout mignons. Il sourit. Encore. Au passage, il attrapa une veste, versa des croquettes à Iseul, et arrivé tout en bas des escaliers, près du parterre de fleur, il grimpa à califourchon sur sa moto. Il se sentit léger en entendant le moteur vrombir. Et c’était reparti pour faire de la route, mais contrairement à ce matin, il n’avait pas besoin de trois heures pour arriver à destination.

En ville, Carron ignora volontairement les couples qui se tenaient la main et qui le ramenaient à Hippolyte. Il regarda ses baskets montantes tout le long de la marche, si bien qu’il finit par remarquer les éraflures devant dues à l’usure. Il soupira intérieurement, il les adorait ces baskets. Puis il poussa la porte du gymnase. Grand moment de doute. Il regarda derrière lui, entendit à nouveau les paroles de Fenrir, les il va te faire mal, c’est un manipulateur, les je t’aime d’Hippolyte. Il se tient le front. Ce n’était pas trop tard pour faire demi-tour. Il se souvenait des murs d’escalades, il y était venu avec le coach. Il avança vers la grande porte du gymnase sans plus un regard en arrière et la poussa à l’aide de ses deux mains. Il était là Heiki, avec un client. Carron lui jeta un regard, un de ces regards qui veut dire j’ai besoin de toi et il se rangea contre le mur. Il ne voulait pas déranger, et pourtant il le voulait maintenant.


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MessageSujet: Re: La gueule du loup | Carron et Heiki   Ven 20 Juil - 23:55
La gueule du loup
Carron & Heiki

   
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 »
Une heure que le gros crétin tentait de passer le cap des trois mètres, et voila qu’Heiki sentait sa patience légendaire s’élimer plus fort de minute en minute. C’était là le genre de client dont il avait horreur. Ceux qui se croyaient toujours au-dessus de tous, avec des capacités physiques moindre et une confiance trop enflée. Alors ils en venaient à se penser infaillibles, à ne pas écouter les conseils et à rester coincé à deux mètres au-dessus du sol en chouinant sans savoir s’ils voulaient laisser tomber leur cul d’abruti dans le vide ou essayer de monter deux centimètres de plus, pour la gloire. Et Heiki là-dedans, essayait de garder son calme devant la panique naissante du mec à qui il ne viendrait pas en aide. Fallait écouter plutôt que de jouer les grosses têtes ! Heiki en était une lui-même, de grosse tête. Mais au moins il connaissait ses limites… Et l’autre en bout de corde avait beau payer un tarif étourdissant, le métisse ne s’empêcha pas de lui lâcher lentement, sans prendre garde à la résonance du lieu.

Allez… soit on se lâche pour redescendre comme une pucelle, soit on prend ses balls pour continuer. Mais l’un des deux hein, et pas après une réflexion existentielle de trois quarts d’heure si possible…

Excédé, il savait que faire preuve de si peu de professionnalisme était souvent synonyme d’un client en moins à ses effectifs. Et s’était rare, qu’il se laisse aller au point d’adopter une attitude telle. Mais maintenant qu’il avait le luxe de laisser venir les clients à lui plutôt que de devoir se battre pour les décrocher, Heiki n’avait plus la volonté de supporter ceux qui comme lui, ne venait que pour lui faire perdre son temps. S’il ne voulait pas progresser, s’il en faisait à sa tête, lui aussi… et la tête d’Heiki serait probablement toujours plus dur. Alors il tira plusieurs fois sur la corde pour le faire réagir, un cri de goret s’éleva, pour faire sursauter deux belles gymnastes qui se tournèrent un instant. Il décocha un sourire, un de ceux qui pouvait faire câner sur le coup. Et les deux cruches gloussèrent en s’éloignant comme des adolescentes, avant qu’il ne retrouve la solitude de ce duo inintéressant au possible. Jusqu’à un bruit de porte qui résonna dans l’enceinte du gymnase, et un instinct le poussa à tourner la tête pour regarder qui s’en venait. Le genre de curiosité inné, qui cette fois le laissa avec un battement de cœur raté en apercevant un visage défait qu’il connaissait bien, mais qu’il ne se doutait pas de revoir avant longtemps. Carron. Malgré les textos échangés ces derniers temps avec une certaine frénésie, il y avait toujours encore chez l’Américain une réticente, une distance. Qu’il brisait maintenant sans qu’Heiki n’ait pu s’y attendre le moins du monde. Visiblement surprit, le coach amorça l’ébauche d’un sourire ravi avant que celui-ci ne s’estompe lentement devant l’expression presque suppliante de Carron qui restait éloigné, mais dans l’attente. Et il eut l’air contrarié, Heiki, à observer l’homme un peu plus loin, à décrypter toute la détresse sur les traits de son visage et la position de ses épaules abattues. Durant quelques secondes, il laissa l’inquiétude peindre ses traits, avant de se tourner vers le gros con toujours suspendu pas si haut du sol, et tétanisé pour si peu. Il n’avait plus le temps de rester là, à attendre… parce que vraisemblablement Carron avait besoin d’aide, il l’attendait pour quelque chose d’important. Peut-être même grave, s’il était venu en personne. Et que malgré cette inquiétude presque sincère qu’il avait témoignée, Heiki ne pouvait que laisser un sourire odieux se former loin du regard de l’Américain qui attendait dans son dos.

Je vais lâcher la corde ! Je vais le faire … je lâche la corde et je m’en vais fissa en te laissant sur ta prise trop frêle pour être tenue longtemps si tu ne sautes pas maintenant ! Je vais te retenir dans la descente, mais je n’ai pas toute la journée !

Il fallut bien encore quelques minutes pour déloger l’imbécile de son perchoir, attendre qu’il ne se pose pour retirer l’équipement dans une ambiance électrique et quelques mots un peu hauts. Mais l’empressement d’Heiki était visible, si bien qu’il abandonna très vite le client dans un geste qui l’envoyait presque se faire voir, pour venir vers Carron en ôtant ses gants, mais toujours équipé de son baudrier. Et plus il approchait, plus il était facile de voir toute la consternation et la détresse de l’homme devant lui. Depuis quand avait-il ces cernes creusés ? Et bien des choses passait dans son esprit. De la tendresse qu’il allait lui témoigner, de tout ce que Carron pourrait lui annoncer, des attentes potentielles de ce dernier… jusqu’à l’idée même de l’intérêt que cela mettrait à sa cause à lui. De la défaillance impressionnante qu’il démontrait, son ex, à venir le voir maintenant avec ce visage-là. Après des jours à converser jusqu’au bout de la nuit à travers une multitude de texto. Ce n’était en rien négligeable, ce fait là. Mais il fallait encore attendre d’en savoir plus pour agir en conséquence. Si bien qu’il ne fit que laisser sincèrement son inquiétude mûrir à nouveau au creux de son regard, pour venir se poser contre le mur, aux côtés de Carron. Non sans un léger silence, le temps de s’appuyer avec les mains dans le dos. Regarder un peu le sol, puis tourner ses yeux clairs vers lui.

Tu débarques évidemment quand je suis le moins disposé à te montrer mes talents de coach ! Tu as vu le boulet ? Juré, ils ne sont pas tous comme ça. Je n’ai pas menti quand je te disais que j’étais un peu standing quand même, maintenant !

Il lui adressa un léger sourire, contrit malgré le fait qu’il essayait d’éveiller quelque chose dans le regard de Carron. Qu’il semblait aussi un peu étourdi par sa présence qu’il n’attendait réellement pas. Et il y avait tellement de vrai dans tout ce qu’il donnait à Carron à l’instant. L’angoisse de le voir ainsi, de ne pas encore savoir… de pouvoir s’attendre à tout et n’importe quoi devant la profondeur de cette expression qu’il accrochait sur son visage d’ordinaire si lumineux, Carron. Après tout, dans chacune des tromperies d’Heiki, il y avait toujours beaucoup de vérité. Lui qui la déformait plutôt que de mentir, n’avait pas beaucoup d’efforts à fournir pour laisser la sincérité de l’instant lui faire garder son sourire pourtant encore si peu étendu, éteint. Et qui ne s’étira pas une seconde, quand il reprit presque sans attendre :

Qu’est-ce qu’il se passe ?
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MessageSujet: Re: La gueule du loup | Carron et Heiki   Dim 22 Juil - 15:36

La gueule du loup
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Il avait ce regard de ceux qui sont perdus, qui ne savent pas où ils en sont. De ceux qui ont besoin d’aide. Quand il entra dans le gymnase, Heiki se tourna instinctivement vers lui. Il sourit avant que, en voyant sa mine abattue, ses traits se peignent d’une toute autre expression.. L’Américain lui rendit son sourire mais ses yeux ne s’en firent pas l’echo car la tristesse était venue s’y loger. Il baissa la tête timidement. Il s’en voulait de venir à l’improviste avec les épaules si basses et le cœur si lourd, mais plus qu’une envie, c’était un besoin. Il se logea donc là, contre un mur, silencieux comme une tombe et regarda le coach encourager le client qui était debout sur le mur d’escalade, tout tremblant. Enfin encourager… En entendant les gémissements paniqué du presque sportif, il préféra se couper du monde.

Il se repassait en boucle depuis des jours le moment où tout avat basculé. Il n’avait rien à voir avec le geste malheureux de son compagnon. Au contraire, s’il y avait quelqu’un qui avait empêché qu’il n’aille jusqu’au bout, c’était lui avec ses sourires en coin et ses paroles réconfortantes. Et pourtant. Carron se lançait la faute. Il refaisait le monde avec des si : si j’avais été plus présent, si je lui avais proposé de venir vivre à la maison, si je l’avais poussé à voir un psychologue. Il entendait encore ses sanglots quand il l’avait retrouvé là, au beau milieu des cachets, la peau pâle, le corps allongé sur le carrelage, seul au monde. Il s’était arrêté de vivre depuis ce jour là. Il n'arrivait pas à en parler et on avait beau lui tenir la main, lui dire qu’il allait s’en remettre, il se sentait profondément triste. Il souriait aux autres pour ne pas qu’on s’inquiète. Il se montrait avec un visage impassible, où personne ne pouvait y lire la panique. Il était parfaitement lisse. Rien n’accrochait le regard, pas de sourire, de tic, de grimace. Des cernes témoins de la fatigue peut être, une certaine absence, un très léger flottement, mais à peine perceptible. Qui pourrait imaginer l'ampleur de son effroi ? Il était seul, absolument seul, avec la conscience que personne ne pouvait rien pour lui. Ou peut-être qu’il pourrait.

Il releva doucement la tête en entendant les deux hommes se séparer. Trop fatigué pour y prêter attention, il ne réagit pas à l’agressivité passive des propos engagés par Heiki. Il préféra se noyer dans la tendresse de son visage, puis regarder à nouveau ses baskets quand il vint s’adosser au mur à côté de lui. Conscient qu’il plaisantait pour lui redonner le sourire, il puisa dans ses forces pour le regarder et il sourit, mais le mouvement de ses lèvres fut à peine perceptible. Pourtant, plongé dans son regard, il se sentait mieux. Allez savoir pourquoi, peut-être à cause des années de vie commune avec le coach, il se sentit moins seul. Le cœur un peu moins lourd. Il baissa la tête. Il voulait se soulager du poids qu’il portait, mais les mots ne voulaient pas sortir. Il n’arrivait pas à lui dire des mots aussi simples que mon petit ami a essayé de se suicider, il est à l’hôpital. Alors doucement, dans une profonde détresse, il se détacha du mur et il lui tendit les bras. Toutes ses barrières tombèrent une à une et ses yeux témoignèrent de sa souffrance dans un torrent de larmes. Il baissait la tête, lui qui était à mille lieues de ce qu’il devrait faire, se reposer sur ses amis, parler, resté entouré. Il montrait une deuxième fois à Heiki ses faiblesses et il se jetait tout droit dans la gueule du loup. Mais qu'est ce que ça faisait du bien. La tête nichée contre sa clavicule et les yeux clos, il se laissa aller en se sentant protégé. Quelle ironie.



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MessageSujet: Re: La gueule du loup | Carron et Heiki   Lun 23 Juil - 11:36
La gueule du loup
Carron & Heiki

 
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»
Pour quelqu’un qui avait l’habitude d’un certain contrôle sur les gens et les évènements, la présence de Carron à l’instant T ne pouvait que présager de quelque chose de peu commun. L’esprit d’Heiki n’avait pas cessé de turbiner alors qu’il cherchait à se débarrasser du client, jusqu’à arriver à se poser enfin contre le mur aux côtés de son ex. Ou de l’ombre de son ex… Qu’est ce qui pouvait l’avoir frappé bien plus fort que sa rencontre avec Heiki, d’ailleurs. Parce qu’il était profondément affecté, l’Américain. Il y avait un vide flagrant au creux de son regard, malgré un éclat de détresse, une tentative de sourire qui n’en était pas un… peut être juste un mirage qu’il se faisait lui-même pour ne pas offrir simplement se visage décharné. Alors, en l’observant ainsi, le métisse laissait les mécanismes de ses pensées imaginer ce qu’il pouvait avoir subit pour se trouver dans un état pareil et surtout… pour venir le voir, lui. Qui était sans doute la toute dernière personne à venir consulter, à qui demander de l’aide considérant leur passif. Mais il y avait aussi tant de bon moment, des complicités fragrantes, une entente… des sentiments. Toutes ces choses n’avaient pas été feintes avant longtemps. Si c’était à cela que Carron s’accrochait aujourd’hui, Heiki répondrait en conséquence. Mais pour le moment, il restait simplement silencieux et attentif, pour ne pas forcer le jeune homme à se livrer. Etre juste présent, Heiki pouvait l’être, si c’était ce qu’il désirait. Après tout… le jeu s’était engagé dès que le regard du coach s’était posé sur lui à la compétition de vélo en ville. Encore plus depuis le premier SMS qu’avait osé Carron… c’était lui, qui avait relancé les dés. Et qui réitérait aujourd’hui quitte à creuser sa propre tombe.

Et puis, au-delà de cette envie qu’avait Heiki de jeter l’opprobre sur son ex, il y avait aussi ce pincement au cœur devant une frimousse aussi blessée. Il était là, mais comme quelqu’un d’absent, dans une autre sphère à la bulle difficilement crevable. Carron ne gravitait alors pas tellement dans le même univers que lui… Et puis soudain, il tendit ses bras. L’espace de quelques secondes, la surprise d’Heiki fut telle qu’il n’osa pas bouger d’un centimètre. Jusqu’à voir les larmes perler, déferler sur ses joues. D’observer sa détresse éclater si fort qu’il n’eut d’autre réflexe que de l’attraper au vol, de le prendre contre lui avec une tendresse véritable. Qu’il vienne se blottir, Carron. Qu’il vienne poser son cœur là, qu’il s’épanche. Heiki serait présent, c’était certain… même s’il ne l’avait pas été à l’époque de leur séparation et bien avant même. Cette fois, la manipulation se plaçait légèrement en retrait… pas si lointaine que cela, mais tout de même éloigné de son champ de vision principale.

Ça va aller, Carron. Je suis là.

C’était tout ce qu’il avait dit, alors que ses mains passaient lentement dans le dos de son ex dans un geste doux et réconfortant. Qu’il venait le serrer tendrement avec toujours ce pincement au cœur en l’écoutant pleurer. Mais bon sang, qu’avait-il pu lui arriver ? La curiosité l’emportait aussi sur la patience, dans un mélange de culpabilité à vouloir cuisiner l’Américain… pour continuer d’étendre sa toile. Et cette envie pourtant sincère de rester là pour lui, à le consoler de quelques gestes qui ne le soulageraient sans doute pas beaucoup. Mais qui lui démontreraient qu’il était bien présent pour lui, Heiki. Qu’il pouvait être son pilier s’il le souhaitait. Et que peu importait ce que Carron demanderait de lui, il l’exécuterait sans peine. Après un long moment à le garder contre lui, Heiki s’écarta un peu, très légèrement. Juste assez pour venir prendre son visage entre ses mains et pouvoir confronter délicatement leurs regards. L’inquiétude marquait maintenant les traits du coach, mais il gardait un sourire chaleureux sur le visage malgré un regard lui-même un peu brillant, affecté de ces larmes qu’il essuyait des deux pouces sur les joues de son ex.

Est-ce que tu as des ennuis ? Tu es en danger ?

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MessageSujet: Re: La gueule du loup | Carron et Heiki   Mer 25 Juil - 13:47

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Heiki ouvrit ses bras et Carron y plongea comme un aimant s’accroche au frigo. Les bras du coach se refermèrent autour de son corps secoué de spasmes et Carron se laissa aller. Ses mains tremblaient, son visage était mouillé de larmes. D’habitude il s’interdisait de hoqueter, s’imposait de pleurer en silence, mais il se permit pour une toute petite fois, de se laisser complètement aller. Son cœur ne se désséra pas sur le champ. Ça fit presque même encore plus mal de s’avouer autant vaincu. Mais à force de larmes et de gémissements, éventuellement, son cœur pesait moins lourd. Il profita de l’accolade pour serrer Heiki contre lui. Son odeur et sa peau le lancèrent des années en arrière. C’était peut-être un monstre, mais il se sentait mieux. C’était même presque rassurant d’être avec lui, de savoir comment il marchait, de pertinemment savoir que ça finirait mal avec juste l’espoir qu’Heiki ne l’aime vraiment. Carron pensait à Hippolyte sans aucune culpabilité. La voix rassurante du coach immisça en lui l’espoir qu’il tienne à lui, qu’il s’occupe de lui, qu’il l’aime. Qu’il soit aussi doux que leurs premeirs baisers, aussi agréables que leurs premières caresses. Qu’il puisse fermer les yeux et lui tenir la main.

Les larmes s’amenuisèrent d’elles-même. L’Américain renifla un peu et laissa son ex reculer et prendre son visage dans ses mains. Il en eut presque des frissons quand leur regard se croisèrent. Rien à voir avec la peur et la haine qu’il avait ressenties quand il l’avait regardé à la compétition de vélo. Il avait presque envie de s’adonner à lui, de lui laisser prendre les reines, juste parce que c’était plus simple. Parce qu’il n’avait plus envie de prendre décision, d’être maître de lui. Il avait presque envie de le faire, de lui donner les reines parce qu’alors il pourrait jeter la culpabilité sur lui et arrêter d’en porter le poids. Carron fit non de la tête. Mais c’était là une toute autre culpabilité. Celle de faire souffrir Heiki. Parce qu’il lui avait dit qu’il l’aimait encore, non ? Qu’il regrettait. Et si tout au fond de lui il n’y croyait pas, il avait quand même pas envie de lui parler d’Hippolyte. Complètement perdu, il baissa les yeux. Il hésita. Parce qu’il devait lui faire assez de peine comme ça, il ne voulait pas en rajouter. Pourtant, il avait besoin de le lui dire. Les yeux rivés au sol, après de longues secondes de silence, il lui avoua donc à mi mots. « Il a essayé de se suicider. » Nouveau silence. «  Mon copain… Il est à l’hôpital depuis six jours… » Il renifla puis porta sa main à son œil gauche. Il l’essuya du bout des doigts pour faire partir les larmes et la main toujours là, il replongea son regard dans le sien. Il avait tellement envie d’être consolé, que Heiki lui dise qu’il était là et que ça allait passer. Doucement, tout doucement, il fit glisser sa main sur celle du coach toujours coincée sur sa joue et il le supplia du regard de l’aider. Pourquoi revenait il vers lui ? Malgré toutes les mises en garde de Jung, de Fenrir, de lui-même ? Alors qu’il savait pertinemment comment ça allait finir, qu’en se confiant à Heiki il allait encore se faire bouffer et regretter ? Alors que c’était si agréable.

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MessageSujet: Re: La gueule du loup | Carron et Heiki   Ven 27 Juil - 14:27
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»
La détresse était évidente, et l’abandon encore plus. Il y avait quelque chose qui dans l’étreinte qu’Heiki offrait à Carron, le plongeait dans une dimension étrange. C’était presque trop facile, en fait. Carron venait de revenir vers lui avec un évident malheur qui le brisait, il réclamait de l’aide en silence, il s’épanchait contre son épaule. A lui. Et les sanglots secouèrent autant Heiki que l’Américain qui les produisaient. Ça lui faisait mal à l’âme, de le voir ainsi pleurer. Et pourtant ce n’était pas la première fois qu’il voyait des larmes rouler le long de ses joues, qu’il pouvait observer Carron se fissurer ainsi. Mais cette fois, ce n’était pas quelque chose que le métisse avait maitriser, qu’il avait anticipé pour l’avoir précipité dans ce malheur lui-même. Il n’en était pas l’auteur. Peut être que c’était ça alors… la perte de contrôle, l’ignorance et la surprise, qui rendait le coach sensible à cet état dans lequel se trouvait son ex ? L’idée lui effleura l’esprit, avant qu’une inquiétude plus vive le ne force à prendre son visage entre ses mains pour l’inciter à parler. Où au moins à lui dire s’il avait des problèmes… histoire de jauger la gravité de la situation. C’était ça qui l’inquiétait le plus, que Carron se soit mit dans une situation périlleuse. Pourtant malgré cette sincérité qu’il démontrait Heiki, derrière toute la franchise de cette émotion qui le saisissait à la gorge en observant le visage désarmé devant lui… malgré tout ça, il restait encore l’ombre qui lui glissait à l’oreille que c’était là une aubaine véritable. Que l’Américain était toute faille dehors, et qu’il suffisait de s’y introduire pour le manipuler à nouveau comme un pantin innocent.

Puis vint les explications difficiles de Carron, qui firent presque sursauter Heiki dont le regard brillant s’agrandit un peu de désarrois. Pour le coup… le jeune homme avait bien parlé de son copain mais pas d’un état sensible à quel niveau que se soit. C’était une surprise aussi pour lui, qui ne connaissait pourtant Hippolyte qu’à travers les quelques rares mots de Carron à se propos. Mais il s’en foutait… de ce mec-là. Il s’est foutait plus encore qu’il était faible au point de vouloir se donner la mort. Un battant ne le ferait jamais. C’était probablement une loque, un moins que rien … un parasite. Pour ne pas dire : une grosse merde. Mais ce jugement austère, Heiki n’en témoigna pas encore et le garda pour lui. Ce qu’il y avait d’important à l’instant, c’était Carron, qui lui était présent et continuait de lui demander de l’aide par le regard. Quelque chose pinça le cœur du sportif devant cette vision, cette main contre la sienne qui réclamait tant sa présence. Une larme perla devant ce spectacle, au coin de l’œil gauche du métisse qui se contenta de l’ignorer pour lâcher d’un air un peu plus sévère qu’il ne l’avait anticipé :

Et depuis six jours… tu gardes ça pour toi ?

Il était sans doute plus fort qu’il ne se l’imaginait, Carron. Du moins l’était-il devenu. Surtout qu’à en croire cette relâche emplie de sanglots, il n’avait peut être pas encore exprimer autant de chagrin depuis l’acte. Alors Heiki soupira. C’était une première depuis bien longtemps, il ignorait quoi faire, quoi dire … Lui qui pourtant avait toujours une carte à jouer ou un coup d’avance, se retrouvait désarçonné devant l’ex qu’il avait autrefois brisé. Alors il se contenta simplement d’être nature, de laisser son instinct et ses émotions parler à la place de son cerveau. Loin des stratégies ou des mauvaises pensées, il adressa un sourire délicat à Carron.

Tu es tellement fort… Tu le seras sans doute pour lui. A sa place… Mais ne te fais pas de mal en retenant tout ça comme ça. On croirait que tu vas imploser.

Son regard à lui, implorait Carron de se laisser aller à sa peine, de ne pas se retenir. Il n’y avait aucune raison à cela… Même si c’était avec lui, avec Heiki. Aussi le coach se permit un baiser tendre, déposé sur le front du jeune homme qu’il reprenait doucement dans ses bras pour le bercer avec une dévotion flagrante. Pour sur il ne le lâcherait pas. Pour de multiples raisons, aussi bien mauvaises que bienveillantes qui se mélangeaient sans qu’Heiki ne puisse déterminer lesquelles prenaient le dessus présentement.

Je reste avec toi, d’accord ? Je ne te lâche pas, Carron. Je suis là.

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MessageSujet: Re: La gueule du loup | Carron et Heiki   Ven 3 Aoû - 0:21

La gueule du loup
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L’Américain sentit son cœur se serrer en voyant une larme rouler sur les joues du métisse. Il avait peur de sa réaction. Peur qu’il rejette la faute sur lui, qu’il le fasse sentir encore moins bien, qu’il ait des propos véhéments. C’était plus fort que lui, cette anxiété qu’il avait quand il était face à lui, ce paradoxe de sentiments et de vents contraires qui le faisaient désirer et stresser à la fois. Il soupira d’un soulagement tellement profond quand Heiki lui répondit, qu’un gémissement étranglé passa la barrière de ses lèvres. Il y avait un semblant de vérité dans sa voix, un quelque chose qui le toucha et qui le fit sentir en sécurité. C’est tout ce qu’il demandait. Il avait une main toujours dans la sienne, l’autre sur son visage. Il l’écouta, le cœur étranglé. Il avait la respiration coupée, forte. On l’entendait se répandre dans le gymnase, de longues inspirations et de longues inspirations étranglées et irrégulières qui s’y répandaient en vagues successives. Il hocha machinalement la tête en l’écoutant parler et serra sa main sans aucune force.

Puis Heiki s’approcha de lui avec une tendresse véritable et Carron le laissa baiser son front avant de se lover une nouvelle fois contre son torse. Les mots qu’ils disaient étaient comme des pansements et il ferma les yeux pour se laisser panser. Il essaya de parler à plusieurs reprises, mais les mots ne voulaient pas venir. La voix tremblante, il lui confia finalement « Merci…je vou.. je voulais pas te peiner avec ça, je sais que... que je devrais pas, mais je voulais… T’es la seule personne à qui… » Carron le serra plus fort et s’ennivra de son odeur. Il n’arrivait pas à finir sa phrase, et à mettre des mots sur ses plaies car les mots les rendaient réelles. Il était trop fatigué, bien trop las pour parler et penser. Au lieu de ça, il laissa son corps parler, se coller contre lui, son visage se loger dans le creux de sa clavicule et sa respiration se caler sur la sienne. Chaque fois que ses bras glissaient, il les faisait remonter et les serrait à nouveau. Le temps était arrêté dans ce gymnase qu’il ne connaissait pas. Presque intemporel. Les yeux fermés, une narine bouchée à force de pleurer, il ne sentait plus que son odeur et le toucher de sa peau contre la sienne. Il se concentra sur les battements dans son cou, ceux de son cœur et après un temps incomensurable, il se calma. Il aurait presque pu s’endormir contre lui et son aura agréable.

Carron se recula finalement et caressa les bras et les poignets de Heiki de longues secondes. Il finit par serrer à nouveau ses mains et il se concentra pour chercher les mots. Sa respiration était plus calme, sa voix enrouée « Tu ne m’en veux pas ? » Il regardait au sol, parfois ses yeux, mais son regard le terrifiait autant qu’il le calmait. « Je ne savais pas à qui en parler, vers qui me tourner… J’avais envie de toi, de te sentir de… et je te dérange en plein travail, en plein avec un client, je… je supporte plus le silence de mon appartement. » Tout se mélangeait dans son cœur. Inalassablement, il repensait à Heiki, à sa présence rassurante, aux rires et aux caresses, mais il pensait aussi à ce qu’il lui avait dit sur la fin, qu’il était faible et que c’était difficile de vivre avec lui. Il mettait en parallèle son histoire avec le coach et son histoire avec le thérapeute. Il culpabilisait pour mille et une chose dont il n’était pas responsable. Une question lui brûlait les lèvres. «  Tu penses que c’est de ma faute ? » Il leva la tête et l’idée qu’il lui réponse oui le remplissait d’une peur intense. Il avait peur d’être un poids pour les autres, d’être un moins que rien comme on avait déjà du le penser de lui. Il avait une boule colonisatrice dans le ventre, une chose ronde, nichée dans ces intestins qui le paralysait. Il n’y avait plus aucune force dans ses mains qu’il ne tenait presque plus. Son visage s’était arrêté de bougé, figé dans le temps. Il attendait qu’on lui dise non et qu’on s’occupe de lui comme on s’occuperait d’un garçon qui pleure.

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MessageSujet: Re: La gueule du loup | Carron et Heiki   Sam 4 Aoû - 11:48
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Pour le coup, Heiki se sentait bancale. Pas à son aise dans cette situation décalée, déséquilibrée à laquelle il ne s’attendait pas. Sur ses évènements desquels il était impossible de prendre le contrôle. Et au milieu de tout ça, il y avait Carron, son cœur lourd et ses larmes, cette respiration qui se ponctuait de sanglots. Le tout résonnant dans le gymnase donnait à la scène une dimension vraiment intense, qui le broyait un peu, lui. Lui qui pourtant avait un mental d’acier, des émotions nettement dessinées qui ne prenaient que très rarement le pas sur sa volonté. Mais c’était un moment particulier, qui venait de le faucher de son quotidien précis pour le propulser loin de son terrain de jeu. Enfin, pas si loin que ça, mais disons, en dehors de sa zone de confort. Et pourtant, jamais encore le destin ne lui avait donné un coup de pouce comme celui-ci… Sur un plateau d’argent, Carron attendait. Mais Heiki pour l’heure ne profitait pas encore de l’occasion, perturbé par l’annonce et la situation du jeune homme dans ses bras, qui se lovait pour prendre du réconfort et le plus de tendresse possible. Contre le corps d’un type qui l’avait détruit quelques années auparavant… c’était d’une ironie sans nom, c’était jubilatoire. C’était incroyablement jouissif. Et pourtant… ça faisait mal. Juste un peu, juste assez pour éviter au métisse de tisser immédiatement sa toile qui pourtant s’étendait d’elle-même autour de l’Américain qui venait de se coller dessus de lui-même.  Non, Heiki faisait preuve de compassion, pour cette créature qu’il avait réduite à néant et qui maintenant semblait avoir besoin de lui. C’était ça, qui était désarmant.

Qu’Heiki soit la seule personne vers qui Carron puisse se tourner confirmait la tristesse de sa situation, la dépendance qu’il avait encore envers son ex, l’influence qu’il recommençait à subir après simplement une brève rencontre et des textos échangés. Comme quoi, Carron était véritablement son chef d’œuvre de manipulation. Et pourtant il restait là, Heiki. Il restait ferme sur ses deux jambes, à bercer Carron dans ses bras le temps qu’il fallait pour qu’il se calme un peu. Il faisait au mieux pour lui transmettre sa chaleur et sa tendresse, par quelques caresses contre sa nuque ou son dos. Des gestes simples, qui n’imposait rien d’autre que le confort d’un peu de consolation, d’une présence réconfortante juste là pour lui. Le sportif le laissa ensuite parler, chercher ses mots péniblement, sa respiration ensuite. Sans jamais le lâcher du regard, l’eau de ses yeux encore présente contre le clair de ses prunelles et même si Carron lui, semblait avoir grande peine à assumer cette connexion. Un sourire rassurant se formait petit à petit contre le visage d’Heiki. Pour ça, il était toujours fort. A transmettre, montrer ce qu’il désirait. Là, c’était le calme et l’empathie. La chaleur et la sympathie. Même si les aveux de Carron lui faisaient l’effet d’une proie qui se donne elle-même sans aucune résistance… il y avait la un brin de frustration à ne pas pouvoir la guetter et la chasser. Mais c’était aussi tellement doucereux de constater que les marques imposées contre l’esprit de Carron résonnaient encore malgré les années.

Ecoute moi bien, Carron.

Il avait beau être partagé entre cette état de chagrin empathique véritable et de frénésie prédatrice, la jouer fine restait indispensable. Et en réalité, il était facile et naturel pour lui de ne pas mentir pour cette fois. D’être parfaitement lui-même, objectif et tout à fait sincère pendant il relevait le menton du jeune homme pour lui offrir un sourire plus franc.

Evidemment que non, ce n’est pas de ta faute. J’imagine que tu dois te repasser certains événements des centaines de fois en tête pour comprendre, en t’inventant des responsabilités… Mais c’est faux. Tu ne peux pas te considérer coupable pour quelque chose qui se passe dans sa tête à lui. Ne pense même pas à ça, pas une seconde… c’est compris ? Ce geste, il l’a dirigé contre lui. Pas contre toi.

C’était des suppositions tout ça, pour lui qui ne connaissait pas Hippolyte ni le désespoir (ou la faiblesse… surtout la faiblesse) de vouloir se donner la mort. Mais c’était ce que Carron avait besoin d’entendre, de comprendre. Pour s’en trouver soulagé. Et aussi… pour voir plus encore en Heiki cette personne, ce pilier qui allait le soutenir et le sauver. Il soupira ensuite, l’âme lourde à sa manière. Il lâcha Carron et sembla rester à une certaine réflexion quelques instants. Puis il revint vers l’Américain après avoir rapidement retiré le baudrier qu’il jeta sur son épaule.

Bon… on va rompre un peu le silence de ton appartement, et tout le reste. Ça te dit qu’on y aille ensemble ? Je pourrais te préparer quelque chose à manger, ça ne te ferait pas de mal de te remplumer un peu. Faut que tu te change un peu les idées aussi… On mange, on se regarde un film où si tu préfères, je te laisse me mettre ma pâtée au Twister, si tu as encore la boite !

Alors ça, si ça ne lui rappelait pas le bon vieux temps et les interminables fou-rires à deux… Mais Heiki n’avait pas évoqué cela dans le but de le raccrocher à lui. Enfin, un peu dans le fond. Cependant c’était surtout une manière de lui rappeler qu’il pouvait rire, qu’il pouvait s’amuser. Et que la joie pouvait revenir un peu malgré le poids sur son cœur torturé.


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MessageSujet: Re: La gueule du loup | Carron et Heiki   Sam 4 Aoû - 17:18

La gueule du loup
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Il prenait un risque en se confiant à Heiki. Une partie de lui tremblait à l’idée qu’il profite de ce moment de faiblesse pour en faire à nouveau sa proie, mais son sourire rassurant et ses yeux larmoyants calmèrent l’Américain. Renaissait en lui la flamme qui avait brûlée pour le coach et l’espoir qu’il prenne soin de lui comme il l’avait fait des années auparavant. Il se plongea corps et âme dans son regarda compatissant et l’écouta, les yeux et les joues encore mouillés de larmes. Il avait l’impression qu’il le connaissait par cœur, que Heiki lisait en lui comme dans un livre ouvert parce qu’il avait raison sur toute la ligne : Carron s’en voulait et se reprochait tout un tas de choses dont il n’avait jamais été responsable. L’entendre dire qu’il n’y était pour rien, c’était comme lui enlever le poids de la culpabilité. Ça faisait un bien fou. Carron hocha la tête. Il n’avait toujours pas lâché les mains d’Heiki et les caressait avec une pointe de nostalgie.

Le coach aussi semblait secoué par la nostalgie, le regard ailleurs et un soupire au bord des lèvres. Si les remords qu’il avait confiés à Carron la dernière fois étaient vrais, Heiki devait avoir mal. Encore une chose pour laquelle l’Américain se sentait coupable. Pourtant, il n’avait ni la force, ni l’envie de partir et au fond de lui, si Heiki souffrait, il se disait qu’il méritait au moins ça. Le silence n’était ni pesant ni gênant. Carron le regardait, trituré par ses pensées et laissa le coach s’éloigner pour retirer son baudrier et le mettre sur son épaule. Puis il l’écouta à nouveau et ses sens se mirent en alerte. Laisser Heiki rentrer chez lui était probablement la moins bonnes des idées. Dans l’état de grande détresse qu’il était, il savait qu’il aurait du mal à dire non à une caresse ou à un câlin. Le regard de Carron se perdit à l’horizon et malgré lui, un faible sourire orna ses lèvres quand le coach évoqua les parties de Twister. Tout se mélangeait dans sa tête, de ce repas à deux, et Dieu sait que manger ne lui ferait pas de mal, aux souvenirs des parties de Twister qui se finissaient au lit. Mais après tout, rien n’obligeait Carron à rester avec Heiki toute la nuit. « Oui. »

Carron se retourna, un peu perdu, et tâta ses poches pour vérifier qu’il avait toujours ses clefs de maison et de moto. Il se retourna aussi pour vérifier qu’il n’y avait personne et demanda timidement au coach en désignant du menton le mur d’escalade puis le baudrier « Tu ranges le matériel ? » Le temps qu’ils soient prêt, Carron céda un peu à la panique en pensant à ce qu’ils allaient faire une fois chez lui. Il essuya ses yeux d’un revers de la main et dès qu’Heiki fut à nouveau à sa hauteur, il lui sortit le premier mensonge qu’il lui vint en tête, peut être un peu trop précis pour être crédible « Je sors ce soir par contre. Jeeee.. vais au cinema avec Fenrir, un copain. On va voir Mission Impossible. Séance de 21h30. » Un sourire coupable habilla son visage et Carron se retourna, les mains dans les poches et marcha en direction de la sortie. Hors de question qu’il voie la culpabilité sur son visage. L’air frais de dehors lui arracha des frissons. Il enfonça son menton dans son cou et demanda à son ex « T’es venu comment ? » Il sortit de sa poche les clefs de sa moto et les mit en évidence. Le connaissant, Heiki était venu ou en vélo, ou en voiture. L’option voiture lui plaisait plus, rien que pour ne pas avoir à sentir Heiki contre son dos, mais Carron n’était pas à l’aise à l’idée de laisser sa moto sur un parking toute la nuit. En grimaçant il ajouta « Elle est sur un parking payant. Celui de la mairie. »



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MessageSujet: Re: La gueule du loup | Carron et Heiki   Sam 4 Aoû - 22:08
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Et voilà, il venait de dire oui. Oui, malgré la crainte qui semblait l’avoir saisi, le doute et le questionnement qu’il s’était sans doute aussi imposé à la proposition d’Heiki. Et pourtant, malgré tous ce qui pouvait potentiellement mal tourner, malgré la distance qu’il s’était échiné à mettre quand même dans leur échange par texto, Carron venait de céder à l’étape la plus cruciale. Il laissait le loup entrer chez lui par la grande porte. Là même où il devait avoir vécu bien des choses avec cet homme qui était son copain actuel. Si seulement le coach avait été en mesure de sourire à l’instant, alors l’expression aurait été pernicieuse et cruelle. Il gardait pourtant cette même mine affectée, parce que quelque part il l’était réellement. L’attitude et la détresse de Carron le figeait dans une espèce de tristesse sous-jacente dont il n’arrivait pas tellement à déterminer la source. Sans doute que c’était de l’avoir aimé, lui. Carron avait été le seul d’ailleurs. Le métisse pouvait être condamné pour bien des choses le concernant, il l’avait aimé fut une époque. Avec l’espoir de vivre confortablement, de cette même passion qu’au début, avec cette force qui l’avait étreinte en apprenant à le connaitre. Les bons moments sans doute, laissaient Heiki incapable de ne pas avoir de cœur face à lui. Alors le sportif avait simplement haussé les épaules en guise de réponse concernant le matos. Ils étaient dans un gymnase, d’autres viendraient l’utiliser. Pour cette fois, il ferait une entorse à sa bonne conduite habituelle.

Laisse-moi juste une seconde.

Moins d’une minute après, Heiki revenait des vestiaires avec son sac de sport et un sweat épais par-dessus son t-shirt. Délesté du matériel d’escalade, il pouvait maintenant librement quitter le gymnase. Mais l’accueil de Carron le fit sourire un peu, après un bref instant de surprise. Un cinéma. Vraiment ? Ça sentait l’excuse à plein nez, l’heure limite afin de ne pas laisser Heiki empiéter trop sur son temps et son territoire. Mais ça, c’était une règle que Carron instaurait par méfiance, et que le sportif s’arrangerait pour qu’il la contourne de lui-même le moment venu. Et au-delà de l’évocation de Fenrir, dont la présence auprès de lui en temps que coaché aurait pu être révélée, Heiki préféra garder cette carte dans sa manche. Hors de question de jouer ses atouts maintenant … Le moment idéal viendrait. Bientôt.

Oh, c’est parfait ça ! Promis je m’évapore avant ça. Tant que tu manges bien et que tu es ensuite entre de bonnes mains, ça me va.

Lui au moins, était bien plus crédible dans son rôle, contrairement aux ridicules -mais mignonnes, faut avouer- hésitations de Carron. Il allait répondre que bien sûr, il était venu en vélo quand Carron indiqua la présence de sa moto sur un parking non loin de là. Comme s’il savait encore, malgré le temps, que cette habitude là n’avait pas été perdue. Un sourire s’étira un peu chez Heiki. Finalement, elle lui avait manqué cette moto, les virées et les kilomètres sur l’asphalte faisaient partis de ses meilleurs souvenirs. Il marcha en silence un moment, laissant l’air frais le revigorer tandis que ses muscles se refroidissaient aussi après toute cette tension. La situation était délicate, inédite aussi… Aussi avait-il l’impression de marcher sur des œufs. D’une part parce qu’il n’arrivait pas à relancer sa stratégie en place, que parce qu’il voulait bien faire. Vraiment. Il voulait parler de ce qui arrivait à Carron, lui poser des questions, lui permettre de vider son sac… mais, et si l’Américain était venu pour tout autre chose ? Chercher du réconfort d’accord, c’était ça qu’il voulait mais, peut être pas ressasser inlassablement des circonstances qu’il avait dût déjà répéter trop de fois. Alors le sportif lâcha l’affaire avec ses réflexions, pour laisser libre court à son naturel et à une bonne humeur qu’il se forçait de retrouver pour en offrir le plus possible à son ex. Il se tourna alors vers lui avec un regard plus chaleureux, luisant d’une complicité facile à retrouver avec les gens qu’on a beaucoup connu… malgré sa réserve précautionneuse qu’il gardait encore.

Tu aimes toujours les empanadas ? J’ai bien envie de faire ceux que tu dévorais toujours… si ça te fait plaisir. Avec la crème de paprika.

Déjà ils arrivaient à la moto, qu’Heiki observait non sans une certaine nostalgie. Vraisemblablement, ça lui faisait plaisir de passer du temps avec Carron et de retrouver un peu quelques petites choses qui lui rappelaient les bons moments à deux. Et ce, malgré les circonstances qui le laissait encore un peu incertain de ses paroles comme de ses actes. Ce qui dans le cas du métisse… était un fait plutôt très rare.

Elle m’a manqué mine de rien, cette bestiole-là. Tu as un deuxième casque ?



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MessageSujet: Re: La gueule du loup | Carron et Heiki   Dim 5 Aoû - 1:13

La gueule du loup
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Tant que tu es entre de bonnes mains. Les mains dans les poches, Carron soupira un faible sourire au coin des lèvres. Il ne savait pas s’il le pensait, mais ça faisait du bien de l’entendre. En réalité, il ne voyait pas beaucoup Fenrir, ni qui que ce soit. Carron s’était isolé malgré lui, incapable de mettre des mots sur sa peine et anxieux à l’idée de blesser les autres avec ses états d’âme. Mais l’idée qu'Heiki ne veuille pas le laisser seul lui mettait du baume au cœur. L’air dehors était drôlement froid et Carron rentra son menton dans son cou tandis que les poils sur ses bras se hérisaient. Il avait pourtant toujours sa grosse veste de moto mais malgré les années de résidence en Islande, le Nashvillois ne s’était jamais fait à la météo du pays des glaces. Il mit en évidence ses clefs de moto et indiqua à Heiki où elle était garée. Il était impressionné de savoir qu’il se déplaçait toujours autant en vélo. Carron avait eu beau montrer de meilleures performances au cyclisme, bien que parfois égales aux siennes, il n’était pas remonté sur un vélo depuis des années. Il avait aussi ralentit le sport et perdu une partie de sa masse musculaire. Physiquement, il n’était plus le même Carron que Heiki avait rencontré, ni même celui qu’il avait quitté. Plutôt un entre deux, ni maigre ni gros, ni trop musclé, ni fin comme une épingle.

Carron regarda discrètement Heiki lui emboîter le pas et serra les dents devant le sweat gris qu’il portait et qui se déformait sous les bourrasques de vent. Il lui demanda, une grimace sur les lèvres « T’as pas froid ? » Sûrement que non, Carron avait toujours été le plus frileux des deux. Mais à part cette question pleine d’empathie, Carron n’osait pas dire un mot de plus. L’avoir à côté de lui lui faisait un drôle d’effet. Il n’avait plus l’impression d’être le Carron triste, mais le Carron d’avant, amoureux et fier de marcher à côté de son homme. Pourtant, tellement de choses avaient changées depuis l’époque. Il avait vu son vrai visage. Les mains dans les poches, l’Américain profita de la marche pour l'observer discrètement du coin de l’œil. Lui n’avait pas tellement changé. Il était toujours le bel homme qu’il avait toujours été, les même fossettes quand il souriait et la même barbe de trois jours. Mais tandis qu’il marchait et se passait le film de leurs années à deux, l’image d’Hippolyte allongé dans sa salle de bains au milieu des cachets l’arracha à ses souvenirs. Le faible sourire qui s’était frayé un chemin sur son visage disparut et laissa place à la même mine triste qu’il abordait depuis des jours. Et plutôt que de regarder Heiki ou la route devant lui, comme à l’aller, Carron fixa son regard sur ses chaussures. Il répondit à la question du coach d’un hochement de tête timide et d’un « Mh. » à peine audible. Mais prenant sur lui, pour ne pas qu’il se sente mal à l’aise, il ajouta « Je crois que j’ai tout ce qu’il faut. Même les épices. » Il esquissa un sourire nostalgique. Référence aux premiers jours de cohabitation, lorsque Heiki avait fait découvrir à l’Américain mille et une saveurs. Il avait pris l’habitude de cuisiner avec des épices depuis, lui qui, avant, se contentait uniquement du sel et du poivre.

Au fil des pas, ils rejoignirent le parking et Carron s’empressa de payer sa note. Il pouvait déceler sur les lèvres de son ex compagnon un sourire nostalgique à la vue de la Harley Davidson. Il esquissa un mini sourire à sa remarque et il lui tendit un casque avant de lui dire, en grimaçant un peu « Pas de deuxième blouson en revanche. » En faisant glisser le casque sur sa tête, il se tourna vers sa moto. Ce n’était pas tout à fait la même qu’à l’époque, il avait investit dans un modèle au dessus mais les courbures et les couleurs de la bécane étaient les mêmes. « C’est vrai qu’on en a fait des balades dessus. » Le visage triste, il se tourna vers Heiki et vérifia avec ses mains qu’il avait bien fermé son casque. Ses doigts effleurèrent la peau du métisse et Carron eut une seconde d’absence. Il aurait juré que s’il le revoyait un jour, le toucher le dégoûterait, pourtant, il ne ressentait rien à l’instant, pas de désir ni de dégoût. « Parfait. » Il esquissa un nouveau sourire pour le rassurer, mais un sourire triste, et grimpa sur le deux roues. « Tu te souviens comment on fait ? » Heiki n’avait pas grand-chose à faire, à part se tenir à lui et laisser son corps baloter dans les virages.

La route fut courte. Peut-être quinze ou vingt minutes. Malgré lui, alors que pourtant Carron essayait de s’accrocher à l’image d’Hippolyte, les souvenirs l’assaillaient. Ceux des longues balades avec le métisse en bord de mer, sur la route des volcans et quelques rares fois aux Etats-Unis. Mais il se faisait force. Il était hors de question de ressentir de la nostalgie pour le même homme qui l’avait brisé en mille morceaux et conduit tout droit sur un lit d'hôpital. Mais c’était plus fort que lui que de se dire que l'accolade était agréable. Arrivé bientôt sur le parking de l’immeuble où il vivait, Carron ralentit au fur et à mesure la vitesse de la moto jusqu’à l'arrêt complet. Il vivait dans un tout autre quartier que celui où ils avaient vécu tous les deux. C’était volontaire. Les maisons, les immeubles, là bas, tout le ramenait vers lui. Debout sur le sol, il tendit la main à Heiki pour qu’il lui donne son casque et le rangea délicatement dans le petit coffre. Il prenait soin de sa moto comme il aurait pris soin d’une vraie personne. « C’est là. » Il lui adressa un nouveau sourire timide et ouvrit la marche. Il préféra les escaliers à l’ascenceur, lui qui n’avait jamais eu trop confiance dans ces trucs là et une fois devant sa porte, il chercha les clefs dans sa poche et ouvrit délicatement la porte. « C’est un peu moins coloré que chez nous. » Il tiqua. Chez nous. Ça faisait bizarre.


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MessageSujet: Re: La gueule du loup | Carron et Heiki   Mar 7 Aoû - 11:04
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Une fois encore, Carron préférait rediriger la conversation vers Heiki. Comme si finalement, braquer son attention ailleurs le soulageait. C’était peut-être le cas, mais le sportif restait alors incapable de savoir totalement comment agir devant toute cette douleur qui frappait encore le visage de son ex. Il se sentait un peu perdu aussi, Heiki. Dans l’hésitation, dans le doute. A ne plus savoir à quelles branches se raccrocher et vers quoi il voulait tendre. Bien évidemment il y avait toujours son instinct de joueur, mais objectivement… voulait-il juste de ça ? A force d’observer Carron, le métisse doutait, et plus il doutait plus ses réactions se faisaient finalement spontanées et sincères. Mais pour le coup il ne répondit que par un hochement de tête négatif. Non, il n’avait pas tellement froid. Il aurait certainement froid plus tard, sur la moto, à rester inactif mais d’ordinaire en pédalant Heiki ne pouvait pas se plaindre de ça. Il était vrai que depuis toujours, son sang chaud lui donnait une plus grande tolérance. C’était ce que sa mère lui disait toujours, par quelques gestes de ses mains pour parler sans sa voix. D’ailleurs, elle qui ignorait le véritable passé tumultueux entre son fils et Carron, aurait été ravie de les savoir retrouvés. A cette pensée, il y eut un léger sourire nostalgique, une pensée pour ce qu’ils avaient été avant. Puis Heiki acquiesça lorsque son ex évoqua les longues balades dont il gardait aussi le souvenir, avant de le laisser vérifier le casque. Non sans profiter d’un contact visuel, de ces yeux foncés qui lui donnaient toujours autant ce regard profond. Encore plus en ces circonstances.

Ça devrait aller oui, normalement c’est comme le vélo. Ça ne s’oublie pas !

Un clin d’œil à une de leur conversation par sms, voilà ce qu’il venait de faire. Carron n’avait pas hésité à lui lancer en pleine poire, qu’il avait cessé le vélo depuis eux. Depuis Heiki, il avait laissé tomber et c’était bien dommage. Parce que même si à l’époque, le métisse en avait presque été malade et que cela avait aussi alimenté la lassitude qui commençait à poindre concernant leur relation, Carron avait toujours été le meilleur des deux. Tranquillement, il avait passé les bras autour du corps du motard. Sans jamais en profiter, ce qu’il fallait pour s’accrocher convenablement, avec la pression juste nécessaire pour qu’il n’oublie jamais sa présence dans son dos cependant. Et il se laissa porter sans rien faire de plus, profitant aussi de l’escapade en moto et ses sensations que cela pouvait procurer. Par reflexes ou manque d’habitude, il resserrait un peu sa prise au moment des virages. Et c’était drôle, qu’un simple tour en moto puisse raviver des émotions d’antan. Lui rappeler à quel point il avait aimé ça, avec Carron. Que le bruit de ce moteur, l’odeur de l’essence se soient mêlés aux souvenirs de ce bonheur tranquille qu’ils avaient partagé les premiers temps. Ça lui remontait là, prêt du cœur… alors qu’il se souvenait de l’espoir qu’il avait eu, de la certitude même que Carron était différent des autres. Qu’il était amoureux, Heiki. Et que juste ça, changerait la face de son monde, modifierait son centre de gravité. Que tout le reste, les relations rapides ou les manipulations… que tout cela était derrière lui et n’aurait plus aucune importance maintenant qu’il l’avait trouvé lui, l’Américain. Il y avait cru à tout cela, pour finalement sentir se faner cette belle intention, ce beau sentiment. Petit à petit, l’ennuie avait prit place à cause de la routine peut être, de la trop grande bonté de Carron … entre autres. Et Heiki se souvenait aussi à présent, de l’instant précis où il avait pris conscience que non, que Carron serait comme les autres finalement. Juste un portrait sur son tableau de chasse. Le plus important de tous, le plus intense, mais un portrait quand même. La question à se poser, c’était de savoir : et maintenant ? Les choses avaient-elles changés ? Est-ce que Carron, ou lui, avaient changés ? Sans doute pas assez, mais étonnement Heiki avait bien envie d’y croire un peu.

Une fois arrivée à destination, le métisse n’attendit pas même d’avoir ôté son casque pour observer les alentours. Il était curieux de savoir où son ex vivait maintenant, très loin de l’endroit où ils avaient autrefois élu domicile. Une fois le casque retiré et confié à Carron, il se contenta de suivre ce dernier dans les marches jusqu’à chez lui. Et le sportif tiqua aussi à la phrase qui suivit. Au « chez nous ». Il l’évoquait avec une certaine facilité teintée de nostalgie… mais aucun commentaire ne fut fait dessus, puisque le métisse préféra entrer sans attendre pour satisfaire sa curiosité.

C’est vrai que c’est assez différent.

Il n’y avait pas de jugement, de bien ou de mal pointé dans la phrase. C ‘était juste la constatation de l’homme qui sans perdre son sourire, marchait dans l’appartement pour le découvrir, retrouver un peu les influences de Carron, quelques éléments qui se trouvaient justement chez eux il y avait quelques années : Ici un cadre, là-bas un bibelot, plus loin un plaid qui lui semblait familier. Mais Heiki se trouvait bien là chez quelqu’un d’autre … Ce n’était pas tout à fait Carron, sans pour autant être si différent.

J’aime bien, on sent quand même ta patte. Tu as toujours eu un truc pour rendre les endroits agréables avec un rien.

Puis il ne perdit pas de temps, et posa son sac de sport dans un coin de l’entrée pour ensuite ôter son sweat. Il n’avait pas eu très chaud durant le trajet mais ici, il faisait très bon. Et puis, il avait du travail. Aussi frappa t’il dans ses mains comme pour annoncer que maintenant, c’était l’heure de se mettre aux fourneaux.

Bien ! Ce n’est pas le tout mais j’ai un homme à nourrir. Tu as intérêt à avoir de l’appétit parce que je vais t’en faire une montagne ! De quoi te faire faire une sieste au cinéma et rater la moitié du film pour cause de digestion… c’est mon but !

Il ignorait maintenant toute la tristesse qui avait pu frapper Carron au gymnase, comme si finalement rien ne s’était passé. Non pas par déni, ou méchanceté cette fois… juste pour passer à autre chose, éviter qu’il ne ressasse et qu’il puisse passer un bon moment en cette compagnie qu’il était venu chercher par désespoir. Il était rare que les actions d’Heiki soient comme à ce moment, totalement gratuites. C’était le cas dès lors, peut être pas pour longtemps, peut être juste pour un instant très courts. Pourtant il était sincère avec son large sourire, ses yeux pétillants presque malicieux et sa démarche assurée qui le menait vers la cuisine.

Bon alors, on a quoi là-dedans ? Oh, le bazar ! Mais qu’est ce que c’est que ce truc…

Voila qu’il fouillait dans les placards avec énergie pour sortir au fur et à mesure, les ustensiles ou ingrédients qu’il trouvait de-ci de-là. Il désigna pourtant une assiette solitaire et aux motifs moches avec une grimace interrogative, le regard tourné vers Carron avant de reprendre son exploration en faisant des commentaires sur les choses insolites qu’il pouvait trouver. Puis il passa au frigo, et resta silencieux devant, avant de lâcher :

Mouais. Dis-donc tu ne te laisses pas un peu aller ? J’ai vu les petits biscuits dans le placard, les spéculos ! Et là c’est quoi ces crèmes chocolat chimique ?

Mais loin d’être un commentaire désobligeant, Heiki laissa son sourire s’étirer pour le prouver et se tourner vers Carron à nouveau pour lui jeter un regard en haussant très vite les sourcils. Il n’était pas dans ses habitudes de faire des entorses à son alimentation PAR-FAITE, mais pour le coup… il y avait des circonstances atténuantes.

Vivement le dessert !



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MessageSujet: Re: La gueule du loup | Carron et Heiki   Mar 7 Aoû - 19:53

La gueule du loup
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Le regard profond que lança Heiki à Carron confirma que la flamme ne s‘était jamais complètement consumée. Carron resta près de lui quelques secondes et aborda un léger sourire à l’allusion au vélo. Il aurait voulu être capable de remonter sur un VTT et profiter des paysages tout en sentant la chaleur dans ses cuisses et son cœur battre à mille à l’heure. Il ne pratiquait presque plus de sport mais il avait gardé l’habitude de courir quelques matins et quelques soirs par ci et là. Seul moyen pour lui de parvenir à un sentiment de plénitude. Différent du VTT, mais tout autant addictif. Il répéta les derniers mots du coach, le regard perdu entre ici et ailleurs « Ça ne s’oublie pas. » Il monta ensuite sur la moto et se concentra sur la route pour ne pas trop prêter attention à l’accolade du coach. La moto avait en quelques sortes remplacé le VTT. C’était différent, mais lorsque l’Américain se sentait ailleurs, il grimpait sur le bolide et profitait du vent contre son visage pour se recentrer. Le trajet était agréable, plus même ce qu’il aurait voulu et le sentiment de culpabilité lui mitrailla les intestins. Pourtant, il resta concentré sur la route et les amena tous les deux à bon port.

Il se surprit lui-même à faire la comparaison entre son chez lui et le chez nous. Il posa le casque de moto sur le buffet, se déchaussa et retira sa veste tout en observant son ex découvrir l’appartement. Heiki avaient des airs inoffensifs sous sa curiosité et ses compliments. Carron s’adossa quelques secondes à la porte et il le détailla du regard. Derrière le sourire qu’il redoutait et la voix qui mitraille, il se souvenait de sa peau douce, de ses baisers virevoltants et de sa délicatesse. Derrière le souvenir du monstre, il y avait ce Heiki, doux et attentionné. La complicité de leur regard, les souvenirs des voyages en amoureux et des longs émois sous la couette conjugués aux je t’aime et aux baisers. Carron était méfiant mais avec la curiosité et l’espoir que dans ses mots il y avait une part de vérité, une partie de ses défenses avait déjà été battue. Heiki retira son sweat et la question de s’avoir si ses abdos étaient toujours aussi durs et sa peau si douce lui tortura l’esprit. Il baissa la tête, fit glisser sa main droite de son front à l’arrière de ses cheveux et se donna une claque mentale pour rester focus.

« Je te permets pas. » Carron mima une mine offusquée et s’approcha du coach qui fouillait les placards de la cuisine. Debout à côté de lui, il mit aussi les bras dans les éléments muraux et remis en place tout ce qu’Heiki avait dérangé. « C’est rangé nan mais oh. » C’était déconcertant à quel point il arrivait avec lui à passer de la tristesse à l’excitation. Une excitation limitée, mais une excitation quand même. « Mais ! » Il se permit de lui donner une petite tape sur le poignet, puis suivit son regard quand il grimaça. Il avait les yeux rivés sur l’assiette qui traînait dans l’égouttoir à vaisselle. Elle était pas belle, il pouvait lui accorder ça. Mais cette assiette avait beaucoup de valeur à ses yeux, même si Sirry ne voulait pas le comprendre. Il l’avait volée au centre. C’était con, mais il avait insisté pour voler l’assiette en souvenir de tout ce qu’il avait traversé avec l’espagnole. En souvenir aussi de ces jours qui avaient marqué le début de leur amitié. Alors elle était certainement disgracieuse, mais il y tenait beaucoup. Il tourna à nouveau son regard vers le brun, et fronça les yeux, prêt à défendre coûte que coûte ce souvenir. « C’est une assiette spéciale. »

Carron s’assit sur son plan de travail et observa le coach fouiller dans son réfrigérateur. La plupart des yaourts et fromages étaient là depuis une semaine. Il n’avait rien touché depuis l’hospitalisation d’Hippolyte. Tout ce qui avait passé la date de péremption, Carron avait pris soin de le jeter, si bien que le réfrigérateur était presque vide. Il ne réagit pas ou presque à la remarque de l’invité sur les crèmes au chocolat. Elles ne lui faisaient pas envie à lui non plus et s’il n’avait pas eu autant peur qu’Heiki dépasse sur l’horaire qu’il avait fixée, il lui aurait peut être proposer de faire un dessert ensemble. Tandis qu'il sortait ce dont il avait besoin pour préparer le dîner, Carron sortit le téléphone de sa poche pour vérifier qu’on ne l’avait pas appelé. Il mit l’appareil en silencieux de peur qu’on le contacte et qu’on découvre le poteau rose, puis le posa à côté de lui. « Tu veux que je t’aide ? Que j’épluche les légumes, quelque chose ? » Il leva les yeux vers Heiki et désigna, en se penchant en avant, le tiroir près de ses jambes. « Planche à découper, casseroles, faits tout et poêles. »


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MessageSujet: Re: La gueule du loup | Carron et Heiki   Mer 8 Aoû - 21:32
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L'ambiance semblait se détente un peu, s'amener petit à petit à quelque chose de plus léger tandis qu'Heiki taquinait gentiment Carron et l'organisation de sa cuisine. C'était agréable, de le voir un peu plus ouvert, la mine moins accablée et même, reprendre un peu de couleurs. Et dire que c'était grâce au coach... l'ironie du sort était relativement puissante sur ce coup là ! Quand bien même, Heiki n'avait pas encore l'intention de jouer. Qu'il s'agisse d'un sentiment sincère ou bien d'un parfait réflexe stratégique, il ne voulait que voir le sourire de Carron renaitre à travers les affres des événements qui l'avaient frappé. D'ailleurs... l’Américain forçait un peu le respect, dans le fond. A encaisser autant et à rester debout. Pour quelqu'un qu'il avait toujours considéré comme fragile, il y avait de quoi être étonné. Au contraire la vulnérabilité de son ex, Heiki la trouvait à présent attirante, plus qu'au premier jour de leur relation. Son regard sur lui changeait à mesure qu'il prenait conscience de ce fait. Il n'avait pas mentit précédemment, Carron était un force de la nature, qui ne se brisait pas contre le vent. Qui ne s'était pas brisé contre lui, qui survivrait devant l'épreuve d'Hippolyte. Avec cela en plus à sa réflexion, le métisse ne savait vraiment plus s'il sentait l'attraction revenir par sincérité, ou par goût de la destruction... En attendant, son regard qui s'était un peu trop attardé sur Carron dévia quand il parla de la pièce de vaisselle un peu particulière.

Une assiette spéciale... Tu sais, je suis sûr que tu pourrais inventer une autre sorte de régime avec un truc pareil, et devenir carrément riche. "Mangez deux fois moins avec l'assiette kitch ! Vous n'aurez pas envie de finir votre plat, si c'est pour voir les motifs que cache la nourriture ! Succès garanti".

Il avait prit une voix nasillarde pour imiter le ton des publicités les plus ridicules, mais avait offert un sourire presque tendre à son ex. Il se moquait, mais pas méchamment, au contraire il y avait une douceur à peine dissimulé dans toute cela. Quelque chose qui laissait monter une pression différente de celle bien trop éprouvée du gymnase. Une atmosphère pesante, mais très agréablement. Comme un flirt. Et Heiki était paumé dans tout cela, il venait de renoncer à son contrôle de la situation mais pas à son attention dessus. Ne pas perdre de vu son esprit d'analyse devenait de plus en plus vital. Pendant un instant, il resta focalisé sur Carron avec ce sourire trop rêveur, puis cligna des yeux et s'en alla faire un rapide inventaire du congélateur pour en sortir de la viande, encore une fois comme s'il était chez lui. Pour cela, son assurance ne semblait pas entamée alors que pourtant, le métisse se sentait un peu déstabilisé. Son équilibre était précaire et c'était bien rare qu'il ne se sente ainsi. Il s'activait un peu quand Carron s'installa sur le plan de travail pour lui indiquer où trouver certaines choses. C'était un truc sacré pour lui, la cuisine. Presque autant sans doute que le sport. Chez lui chaque chose avait une place précise, et encore plus depuis qu'il vivait seul, son côté conforme avait prit le dessus. Un peu psychorigide sur le rangement... donc. Mais il retrouvait là certaines logiques de Carron dans sa manière de ranger. C'était drôle d'ailleurs, comme par instinct Heiki pouvait soupçonner que telle chose serait plus ou moins dans tel secteur, et qu'il ne s'était pas trompé en furetant ainsi.

Tu peux sans doute faire revenir les tomates et les oignons. Tu te souviens comment on fait, Commis ? Parce qu'attention, on ne rigole pas avec les Empanadas et si elles sont ratés, je tape un scandale.

Puis il s'avança jusqu'au tiroir désigné, pour l'ouvrir, et appuyé son bras contre le plan de travail pour le observer le contenu. Par ce geste et la proximité engagée, le bras d'Heiki frôlait l'air de rien la cuisse de Carron. Rien de très prononcé, et pourtant, c'était déjà un contact. Aussi léger que lorsque l’américain avait vérifié son casque. Il en avait presque un frisson, tandis que son regard remontait le long du corps assis sur le plan de travail jusqu'à trouver les yeux brun.

Sauf si tu préfères battre la pâte ? Ou juste regarder.

Carron pouvait bien faire ce qu'il voulait, après tout Heiki était venu ici dans l'intention de s'occuper de lui, de lui tenir compagnie pour lui changer les idées. C'était vraisemblablement déjà le cas, l'attitude de son ex n'était plus celle qui l'avait forcé à tomber dans les bras du métisse. Mais on ne pouvait pas dire qu'Heiki restait insensible à sa présence, à ses petits sourires, à tous ces souvenirs que faisaient remonter son odeur et sa proximité. Et l'impression d'une quelconque réciprocité intensifia son regard l'espace d'un instant.

Ou n'importe quoi d'autre en fait...

Qu'il se trompe ou non, ce n'était pas si risqué que ça. Il pouvait parler de n'importe quoi, d'un bain pour se tranquilliser, d'un film pour s'aérer, d'une sieste, d'un footing... Que Carron profite un peu, qu'il s'appuie sur lui était le but. En revanche ce qui était certain, c'était que peut importait la nature de la demande, Heiki accepterait quoi qu'il en soit.

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MessageSujet: Re: La gueule du loup | Carron et Heiki   Dim 12 Aoû - 18:57

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La voix nasillarde du coach arracha un léger sourire à Carron qui, le regard partagé entre l’assiette et son ex, reconnut que ses blagues lui avaient manquées. « T’es con. » Son sourire s’agrandit en pensant au temps où il aurait prit le torchon pour s’en prendre à lui. Mais la déprime des jours derniers l’avait assommé. Il se sentit vulnérable dans le regard doux du coach et baissa les yeux pour venir s’asseoir sur son comptoir. C’était dur de faire semblant d’être insensible. Les années de mensonges et de je t’aime avaient tissé entre eux un lien fort. En le regardant depuis sa place, Carron ne pouvait pas empêcher les souvenirs de l’ennivrer et comme chaque fois qu’il pensait à ses bras, le visage d’Hippolyte se dessinait dans ses pensées. Il fallait qu’il se fasse force pour ne pas se laisser avoir par les sourires et le regard doux d’Heiki. Mais c’était dur, de le voir chez lui, sortir les ingrédients et les ustensiles pour faire plaisir à l’Américain. Et l’espace d’une seconde, il crut que son cœur aller s’arrêtait de battre. Des frissons montèrent depuis sa cuisse jusqu’au sommet de son crâne. Puis les sueurs froides. Penché en avant, Heiki fouillait dans un tiroir. Le contact entre son bras et la cuisse de Carron était minime, mais assez pour lui en faire vouloir davantage, pour sentir sa main monter comme d’antan jusqu’à sa cuisse, creuser une chaleur profonde dans son bas ventre, et remonter le long de son ventre jusqu’à sa joue. L’Américain la sentait presque et pencha inconsciemment la tête sur le côté dans l’espoir de rendre le rêve réel. De le sentir contre lui. Il baissa les yeux, juste un tout petit peu pour le voir, et croisa son regard chocolat. Il s’y engouffra. Le souvenir de la chaleur dans son bras ventre était bien réel. Ses muscles se contractèrent en anticipant la suite et l’Américain s’immobilisa sous le contact infime mais brûlant. Jusqu’à ce sa voix le ramena à la réalité. « Non, je m’occupe des oignons et des tomates. » Carron se pencha sur le côté pour les attraper, appuyant sans le calculer sa cuisse contre le bras d’Heiki, puis se leva, prit une planche à découper et un couteau et s’assit de l’autre côté du bar.

Carron attaqua les oignons en premier. Il en enleva la peau et y planta son couteau comme un pro. Avec une maman chef de cuisine, il avait appris tout jeune enfant à manier les couteaux. Plus loin que sa planche à découper, il voyait le four qu’il avait récupéré après leur séparation. Il en avait vu défiler des plats, des spécialités locales, au repas typiques cubains, asiatiques et ukrainiens. Ça lui avait manqué après l’anorexie. Les plats qu’ils cuisinaient ensemble. Et juste à côté du four, il y avait Heiki, de dos dont le pantalon mettait en valeur la courbure des fesses. Mais Carron fut incapable d’en profiter tant ses yeux se mirent à larmoyer en coupant les oignons. Il geignit et frotta ses yeux avec son bras en évitant méticuleusement d’y mettre ses doigts. « Tu te souviens quand Þórólfur était venu, qu’on avait coupé tellement d’oignons, qu’on avait pleuré toute la soirée ? » Carron retira son bras de ses yeux et regarda son ex. « Je crois que ça recommence. » Heureusement, les oignon était presque finit et après trois coups de couteau supplémentaires, Carron poussa le tout dans une assiette et la poussa loin de lui. Il n'en restait plus qu'un. Il se leva ensuite vers l’évier pour se laver les mains et fila vers une des grandes fenêtres de la cuisine à grandes enjambées. Le vent qui souffla sur ses yeux en l’ouvrant le fit soupirer de soulagement. Il porta ses mains à ceux ci et les massa en pensant à la présence du coach. Peu de choses avaient changées depuis qu’il l’avait revu à la compétition de vélo et pourtant il avait presque envie de le sentir contre lui. Il s’excusa à mi-voix « Ça brûle, désolé. » Il était passé des insultes il y a quelques semaines, à ce désolé pour lequel il ne pouvait rien. Il soupira. Le sentiment de vulnérabilité revenait à grande vitesse. « J'arrive. »



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MessageSujet: Re: La gueule du loup | Carron et Heiki   Dim 12 Aoû - 22:26
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« I played with your heart. And I could treat you better. But I'm not that smart. You still mean everything to me, but I want to be free; I'll ruin, yeah I'll ruin you
»

Un simple contact et voila qu’une porte s’ouvrait. Il l’avait à peine senti, il l’avait à peine poussé mais déjà Heiki semblait sentir la défaillance de Carron. C’était très facile pour lui, de déterminer son émotion, l’évolution de ses pensées en captant juste quelques expressions. A vrai dire, c’était une discipline dans laquelle Heiki excellait déjà sans peine. Mais avec une personne qu’il avait tant connue, avec qui il avait vécu quelques années durant, cela devenait un exercice plus aisé encore. Et puis, Carron n’avait pas tant changé… enfin, dans le fond. Parce que sur la forme, si. L’Américain était loin d’être le même qu’autrefois. Il avait l’air plus fort, il s’était reconstruit autrement après leur rupture c’était une évidence qu’il avait aussi confirmé durant leurs échanges par texto. Mais son ex gardait cette part d’innocence, cette douceur et l’apparente faiblesse qu’il avait toujours pour Heiki. Ça aussi, c’était presque une évidence. Il y avait cette vulnérabilité aussi, qui s’accentuait sous le fracas du chagrin. Le jeune homme avait vraisemblablement besoin de compagnie et de réconfort. D’une personnalité forte aussi pour effacer un peu le mal qui le rongeait et lui montrer autre chose que le malheur qui devait petit à petit le démolir. Une épreuve qu’il traversait, et des besoins qui semblaient en désaccord avec sa propre morale. Voila ce que voyait le métisse à force de croiser le regard brun de son ex. Et il ne se lassait pas de jouer avec ce dernier, à y diffuser de l’affection, du réconfort ou un brin de désir. Et puis, Carron coupa court à l’instant en déclarant s’occuper des légumes, pour finir par aller le faire.

Mais pas de déception de la part de Heiki, au contraire. Lui qui avait vu passer quelque chose dans le regard de son ex savait dès lors qu’il ne s’agissait que de temps. Quelques regards, un contact ou deux, des mots bien placés… et il succomberait sans doute. Le sportif serait d’ailleurs étonné de l’inverse, alors que l’idée ne lui serait jamais venu avant cela. En vérité, il avait réellement accompagné Carron pour lui permettre de s’épancher un peu et le soulager alors qu’il était arrivé pour demander de l’aide. Mais après un regard comme celui-ci, quelques indices semés, Heiki savait qu’il voulait désormais plus que du réconfort. Les raisons importaient peu. Il ne forcerait pas… mais il ne dirait pas non une fois que Carron céderait. Quant à le pousser à le faire, c’était simple comme bonjour… presque trop simple au final alors qu’il l’écoutait à son tour se remémorer des choses de leur passé commun. Et d’ailleurs, un éclat de rire le secoua à l’évocation de l’oignon-party qui avait mal tourné ce soir-là.

La force des oignons bio ! Cette saloperie était restée dans l’air, ça nous avait reprit pendant le diner… Je me souviens juste du goût des larmes et plus du plat en question d’ailleurs.

Il y en avait des centaines, des souvenirs de la sorte. Après une vie commune si conséquente, des éclats de rire et des moments de tendresse forcément, Heiki n’avait pas besoin d’aller chercher très loin pour ramasser masse de bons moments partagés et les jeter à Carron. Pourtant il ne le fit pas, et se contenta de se retourner alors qu’il pétrissait rapidement la pâte, les mains pleines de farine. Faire la cuisine avec lui signifiait aussi beaucoup. Parce que pendant longtemps, ça avait été leur truc à eux. Ils avaient toujours aimé ça, cuisiner ensemble, se retrouver le soir venu autour des fourneaux pour se raconter leur journée respective tout en se mitonnant de bons petits plats. Un rituel qui avait cessé petit à petit quand la relation avait périclité, et qu’Heiki avait voulut le torturer justement… en ne se donnant plus la peine d’être présent à ces petits rendez-vous routiniers. Et le rire redoubla en voyant Carron s’enfuir vers la fenêtre avec des larmes loin d’être dût au chagrin cette fois ! Heiki ne le lâcha pas du regard, tandis qu’il déclarait subir la brûlure de ses yeux en prenant l’air pourtant. Le coach l’observait ainsi en souriant un peu, nostalgie dans le regard tout en finissant de pétrir la pâte et essuyer ses mains sur un chiffon ensuite.

Attends un peu…

Et voila qu’il cherchait un torchon propre, pour se contenter d’un sopalin qu’il imbiba d’eau tiède pour trotter vers Carron et ses yeux larmoyants. Sourire creusant ses fossettes, il l’observa en secouant la tête, visiblement amusé par la mésaventure de son ex.
Tu as oublié comment faire pour soulager ça ? Ta mère serait très déçue ! Tu sais que c’est elle qui m’a appris ce truc-là ?

Avec précaution, Heiki venait prendre le menton de Carron entre ses doigts pour poser le tissu humide sur ses yeux et nettoyer au mieux les résidus invisibles qui le laissait pleurer contre sa volonté. Sans jamais perdre son sourire comme son regard tendre, il restait doux pour ne pas imposer ses gestes. L’air de rien, il renouait le contact. Un contact qui avait sembler perdre un peu Carron quelques instants auparavant…

Là, ça va mieux ?

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MessageSujet: Re: La gueule du loup | Carron et Heiki   Hier à 1:30

La gueule du loup
You know I say that I am better now. I only say that 'cause you're not around, not around

Ses souvenirs de la vie commune avec le coach étaient teintés de regrets. Tous les souvenirs étaient une douleur douce amère. L’Américain se gratta nerveusement la main quelques secondes, avant de passer ses mains sous l’eau et de soulager la brûlure oculaire près de la fenêtre. Les larmes embrumaient sa vue, mais il apercevait toujours les contours de son corps. Il se sentait faiblir. A coup de yeux doux, de touchers et d’attentions, ses barrières tombaient les unes après les autres. Il aurait du appeler Fenrir pour s’excuser pour leur dispute, pour lui parler des textos qu’ils avaient échangés et pour qu’il supprime le contact de son téléphone. Ou il aurait du aller voir Bérénice, la prendre à moto et rire de ses cris affolés quand il prenait les virages. Ou il aurait du profité de la douceur des bras de Sirry et de son parfum féminin. Mais il était là, avec lui. Et derrière la crainte de faire une bêtise, de se lancer à nouveau corps et âme dans une histoire dont il connaissait l’issue, il y avait l’excitation de le recommencer et le doux sentiment de nostalgie.

Heiki le regardait depuis la cuisine, la main dans la pâte qui prenait déjà forme. Il y avait une pointe de nostalgie dans son regard, celle sûrement des premiers mois, des rendez vous cuisine, et des discussions au dessus des fourneaux. Il avait toujours gardé une partie de sa façon de cuisiner. A force de répéter les mêmes recettes, il avait gardé en mémoire les gestes et les ingrédients. Il cuisinait toujours cubain quelques soirs, et il utilisait toujours les épices que le coach lui avait fait connaître. Carron l’observa malgré les larmes mouiller une feuille de sopalin avec méfiance et curiosité, puis il le laissa s’approcher de lui sans un mot. La proximité de leur corps dressa les poils de sa peau et il retira les mains de son visage pour laisser Heiki faire, non sans faire attention à ses gestes. Il détestait qu’il prenne soin de lui car il avait l’impression plus encore d’être à sa merci. Mais la douleur était intense, et il le laissa poser le sopalin imbibé d’eau contre ses yeux en râlant. « Justement, on dirait elle. » En grognant, Carron posa ses mains sur les épaules du métisse et le poussa délicatement en arrière en lui lançant un regard d’enfant mécontent. Mais avant qu’il ne retourne aux feux, Carron se pencha en avant et prit le sopalin de ses mains pour le poser contre ses yeux. Il sentait la nécessite grimpante de le repousser et de limiter les contacts. Il y avait toujours Hippolyte.

L’Américain resta à la fenêtre le temps que la douleur à ses yeux se calme et retourna au bar pour s’occuper du reste de légumes. Il avait le contour des yeux tout rouge, et il pleurait encore un peu, mais il était à nouveau d’attaque pour cuisiner. Assez d’attaque en tout cas pour quelqu’un qui n’avait presque rien mangé en six jours. Il n’avait pas faim ni envie de manger, mais l’idée de partager un repas avec celui qu'il avait aimé, elle, lui faisait envie. Quand il eut finit de s’occuper des légumes, il rejoignit Heiki, fit préchauffer le four et poêla ce qu’il venait de couper avec le bon mélange d’épices. Il avait la recette en tête comme si c’était hier, les caresses et les sourires amoureux en moins. Il n’était pas très bavard, Carron, plongé dans les pensées douloureuses d’hier et d'aujourd’hui et anxieux à l’idée de ne pas pouvoir garder le repas. Par prévention, il remplit une cruche toute neuve d’eau et but quatre ou cinq verres. Plus facile de vomir quand on a beaucoup bu. Il sortit d’un tiroir un moule à chaussons qu’il n’avait pas utilisé depuis un bout de temps et le posa à côté de son ex. C’est ce moment que choisit Iseul pour pointer le bout de son nez dans le grand salon cuisine. « J’ai un colocataire. » Il sourit doucement au métisse et désigna le chat blanc, un sourire plus franc sur le bout des lèvres. Cette bête là, il lui faisait plus confiance qu’à n’importe qui d’autre.

Carron abandonna ensuite Heiki pour se diriger dans le salon. La fatigue commençait à l’attaquer et il dut se retenir de bailler pour ne pas montrer à Heiki qu’il ne prenait ni soin de lui, ni n’écoutait son corps. D’un buffet, il sortit noix de cajoux et des amandes, et les disposa sur la table basse. Il aurait en temps normal proposé une goutte d’alcool, mais en jetant un coup d’œil au chef cuisinier, il rejeta l’idée et se dirigea dans la cuisine pour prendre des tomates cerises et les ajouter à l’apéritif improvisé. A cause de la fatigue, il était un peu moins sur ses gardes et frôla les fesses du métisse. S’en suivit toute une nuée de frissons qui releva les poils sur ses bras et qui fit que Carron se mordit l’intérieur des lèvres. Par crainte de déraper, il se dépêcha de rejoindre son canapé en attendant qu’il finisse d’enfourner les empanadas et laissa sa tête tomber contre le dossier du canapé. A cause de la fatigue aussi, il pensait moins à Hippolyte et plus à Heiki. Il venait de croiser les bras et se caressait inconsciemment les bras. Le soleil dehors commençait à se coucher et tamisait l’appartement d’une couleur agréable. Manquait plus qu’un plaid et un câlin.


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