Revenir en haut Aller en bas



 

Partagez|

set me free | Jamesy

Aller en bas
AuteurMessage
En ligne
Administrateur
avatar

is in Reykjavik, Iceland
come and chill out with us
http://walk-on-ice.forumactif.com/t89-james-morkson-little-lion-

Pseudo : gavroche
Messages : 346
depuis le : 30/03/2018
Avatar : Jamie Campbell Bower
Points : 1330
A Reykjavik depuis : toujours
Âge du perso : 25 ans
Emploi/études : réalisateur en animation

MessageSujet: set me free | Jamesy 23.06.18 18:59

Tout s’était enchaîné beaucoup trop vite, et pourtant, il n’arrivait à penser à rien de particulier. Des bribes d’information, seulement, alors qu’il signait les papiers de décharge en essayant de stabiliser le stylo sur sa main tremblante. Engill, la révélation, la fuite chez un ami, puis ailleurs, et encore ailleurs, le noir, le vide, le plafond blanc, les larmes de Bérénice, les excuses, les mots du médecin, la prise en charge du centre de désintox, la douleur, les supplications, le déni, les masques pour dire que c’est bon, c’est fini, tout va mieux, laissez le rentrer chez lui. L’appel pour que sa mère joue de sa magie, les arguments vaseux, le fait qu’elle ne se faisait pas d’illusion mais s’en fichait bien plus qu’autre chose, la femme qui était venue lui dire d’y aller. Et ces papiers idiots qu’il remplit à la va vite, sans lire, parce que ça n’a aucune importance, parce qu’il faut aller vite, parce que pendant quelques secondes il a les idées claires, parce qu’il sent la panique revenir, parce qu’il ne peut pas craquer tant qu’il n’est pas sorti du bâtiment.

L’air frais sur son visage lui permet de respirer quelques secondes de plus, juste assez pour se retourner et sourire, de ce masque idiot qui dupait presque tout le monde, juste assez pour saluer la secrétaire d’un signe de la main jovial, juste assez pour presser le pas et s’éloigner, encore, encore, encore, jusqu’à chez lui. Non. Il n’arriverait jamais chez lui. Jusqu’à cette ruelle sombre, alors. Ses pas divergent, pour l’emmener à son but, pour qu’il puisse s’appuyer contre le mur. Sa respiration redevient erratique, les larmes viennent lui brûler les yeux, des sueurs froides viennent couler dans son dos. Il fait froid. Et pourtant non. Mais il a si froid. Quelques minutes, quelques heures passent, au bout desquelles il finit recroquevillé sur lui-même, tremblant, caché des yeux de tous.

Personne n’est au courant de sa sortie. Ils l’auraient empêché, il le sait. Ils auraient eu raison. Mais il ne veut pas. Il ne veut pas vivre avec cette peur. Il lui faut des médicaments, pour l’apaiser, pour l’appâter, la happer dans le vide, la noyer sous l’euphorie, avec les souvenirs. Ceux qui viennent défiler sous ses paupières comme s’ils se déroulaient devant lui, la limite entre la réalité et l’illusion disparaissant sous les coups de marteaux qui résonnent dans sa poitrine. La porte qui se ferme, les heures assis sur l’escalier, à attendre quelque chose qui ne viendra jamais, le froid, le silence, les larmes, les cris, les regards qui se détournent, la peur des autres, la peur dans leurs yeux, la peur quand ils le regardaient, la peur, partout, envahissante, enivrante. Sans le poison, il ferait probablement mieux d’être mort. Complètement inutile, pitoyable, replié par terre comme un chien battu, à lutter contre lui-même, contre ses souvenirs refoulés, contre ses pensées qui l’insultent, contre son cœur qui veut arrêter de battre pour se libérer enfin de ce qu’il lui fait subir. C’est idiot, la vie.

Une nouvelle éclaircie, c’est tout ce qui lui fallait. Pour se relever difficilement et regarder autour de lui. Pour se repérer, et par conséquent repérer quelle route prendre pour avoir son dû. Un petit soupir de soulagement s’échappe de ses lèvres, et il laisse ses pas le guider. Il est probablement tranquille pour une heure au moins. Assez pour arriver. Assez pour ne pas trop penser. Pas assez pour arrêter de trembler.

Ses iris parcourent de haut en bas l’immeuble qu’il a fini par si bien connaître, et il se dit qu’il aurait peut être dû prévenir. Mais Aleks devait s’étonner de ne pas avoir eu de ses nouvelles depuis tout ce temps. Combien de temps ? Sa main va fouiller ses poches, et il récupère le portable qui vient juste de lui être rendu, ignorant les centaines de notifications pour regarder la date. Combien de temps ? Deux semaines et demie. Un petit rire fatigué lui échappe. C’est si long, deux semaines et demie comme ça. Depuis l’accident. Il vérifie son reflet, pour pouvoir prétendre que tout est normal, remettant ses cheveux dans un ordre plus ou moins logique, essuyant les traces de larme de ses joues, se tapotant le visage dans l’espoir d’y remettre des couleurs, clignant des paupières dans l’espoir d’effacer de ses pupilles le rouge des sanglots et le noir des cernes. Mais c’est peine perdue. Il a l’air malade, brisé, et épuisé. Nouveau soupir. De toute façon, Aleks aurait remarqué. Aleks aurait su. C’est sans importance.

Ca ne l’empêche pas d’essayer de sourire avant de tambouriner à la porte comme un demeuré, mais le masque de joie ne tient pas bien longtemps, et quand ses yeux rencontrent ceux du dealer, il a déjà presqu’entièrement disparu. Alors c’est à ça qu’il ressemble, sans le voile de la drogue ? Etrange. Moins coloré. Moins net, presque. Et pourtant tellement plus. « Salut ! » Sa voix n’est plus qu’une parodie éreintée de sa jovialité habituelle, et un minuscule rire dépité la suit pour signaler qu’il le sait lui-même, qu’il s’en rend compte. Il est si faible que même lui se sait pitoyable. « J’ai besoin de coke. » Plus que jamais, d’ailleurs. Le plus vite possible. Ses yeux sont déjà en train de regarder par-dessus l’épaule du blond, à la recherche de la poudre si nécessaire, à la recherche de sa libération. Ce qui arrêtera les tremblements, les souvenirs, la panique qui lui vrille les côtes depuis si longtemps. Ce qui lui permettra d’engourdir la peur, d’engourdir la haine de soi, d’engourdir la voix nasillarde dans son crâne qui ne cesse de lui répéter ce qu’il ne veut pas entendre, d’engourdir la réalité, le monde, et tout ce qui en fait partie. « C’est important. S’il te plaît. » S’il demande poliment, c’est probablement une question de vie ou de mort. L’illusion ou la mort.
(c) AMIANTE

_________________
icarus is flying too close to the sun
is this how it feels to take a fall? icarus is flying towards an early grave. ▬ never regret thy fall, O icarus of the fearless flight, for the greatest tragedy of them all is never to feel the burning light. - OW
Revenir en haut Aller en bas
MEMBRE Soren/Aleksy
avatar

is in Reykjavik, Iceland
come and chill out with us
http://walk-on-ice.forumactif.com/t346-aleksy-just-say-yes

Pseudo : Froggy'
Messages : 228
depuis le : 13/05/2018
Avatar : Lucky Blue Smith
Points : 747
A Reykjavik depuis : Moins de six mois
Âge du perso : 23 ans
Emploi/études : Dealer, escroc, menteur

MessageSujet: Re: set me free | Jamesy 24.06.18 9:38



Set me free
James ξ Aleksy

Frustration.

C’est bien la seule constante de ma vie, la seule mauvaise habitude. Celle que j’aimerais chasser par ta présence, par l’arrogance de ta voix, par nos échanges de plus en plus brûlant, de plus en plus sensible. Celle que j’aimerais taire au creux de mon estomac, celle que j’aimerais ramener au silence, tant la colère cynique qui m’emprunt depuis quelques jours est violente. Viscéral. Entêtante. Mon regard se fixe, rageur, sur le plafond du salon, la musique qui m'entours imprègnant chacun de mes sens en alerte. Pour ne pas me laisser perdu au milieu de mes pensées sadiques. Pour ne pas perdre pied dans ce sentiment désagréable de manque qui me parcourt les veines. Je déteste ça. Et aussi stupide que cela soit, je ne pensais même pas qu’un jour, je pourrais être accro à autre chose qu’à ce que je vends. Qu’un jour, je pourrais être accro à quelqu’un. À ce sourire sauvage sur ton visage. À ces limites inexistantes. À ces échanges bouillonnants d’une vie sale et dangereuse, mais vivante et merveilleuse. Pas une nouvelle. Pas un seul sms reçu à quatre heures du matin pour me dire que ça y est, tu t’es trouvé un nouveau jouet à briser, une nouvelle occupation bien agaçante que j’aurais envie de t’arracher des mains sans la moindre considération pour ton bon vouloir. Pendant deux semaines et demi. Deux putains de semaines et quelques jours de trop. T’es vraiment un salopard, James. Un putain de salopard arrogant qui n’a pas intérêt à se repointer chez moi sans une bonne excuse.

La rage qui me parcourt le corps s'insinue lentement dans mon esprit. Elle me pousse à écraser ma clope dans le creux de mon poignet, dans l’un des seuls endroits capable de m’apaiser, de taire un peu de cette colère sournoise qui se joue de moi depuis trop longtemps. Frustré de t’être aussi réceptif, aussi drogué, je me relève d’un geste lorsqu’un tambourinement violent vient s’abattre sur ma porte d’entrée. Les muscles tendues, j’attends. J’attends le “police” qui viendra peut-être me forcer à quitter la chaleur invitante du salon pour laisser les chiens entrer dans ma demeure. Ils peuvent bien y faire ce qu’ils veulent, maintenant, je n’ai plus rien, ici. Tout est en bas, bien planqué dans les compteurs électriques, dans les faux-plafonds de la cage d’escalier, dans les caves ouvertes de mes voisins. Putain. Heiki va me payer très cher cette mise à l’épreuve. La voix forte et puissante d’un agent de police idiot ne vient pas, et c’est avec une pointe de soulagement que je me dirige enfin vers le battant. Je l’ouvre à la volée, la mine clairement peu avenante. C’est pourtant la surprise qui vient se frayer une place sous ce masque, qui vient même le chasser sans aucune considération pour mon bon vouloir, lorsque mon regard te percute, lorsque j’observe avec un étonnement non feint ton air éteint, fade, idiot. Le faux sourire stressé que tu me lances, je le comprends rapidement. Je le comprends encore plus en entendant ta voix coincée tenter de me mettre sur la mauvaise route. Sur le mauvais chemin.

Tu es en manque. Et la seule question qui me vienne à l’esprit, c’est cette volonté de savoir si tu l’es de ma came ou de moi. Tu m’offres rapidement la réponse, trop pressé par le temps, trop pressé par cette sensation désagréable qui doit te parcourir les sens. Tout est trop réel, lorsqu’on est clean, hein ? Je sais. Je le vie tous les jours, James. Pour un peu, j’en aurais presque pitié de toi, si tu ne t’étais pas volatilisé comme un connard pendant deux semaines et demi. Le silence s’installe lentement entre nous, alors que mon regard bleuté te transperce. Patient, je finis par m’écarter du battant, la mine trop sérieuse pour la cause. « Entre. » De toute manière, tu ne trouveras rien ici. Rien qui puisse couvrir le bruit assourdissant de la réalité. « Où est-ce que tu étais passé, putain ? » Ma voix siffle ce juron directement sorti de ma langue natal avec colère, mais c’est bientôt l’envie de te retrouver qui me prend le corps. L’envie de te voir aussi fébrile que tu ne l’es à l’instant. Aussi sensible. À croire que tu es au bord des larmes. Lentement, je me dirige vers le canapé du salon pour agripper mon paquet de cigarette, pour en sortir une et l’allumer d’un même geste. « Si tu veux ta came, tu sais comment ça se passe, James. » Mes iris céruléens transpercent les tiens, à la recherche de la moindre fêlure, à la recherche de cette âme brisée que je découvre d’un oeil intéressé. Crois moi, Slut. Je vais faire durer le plaisir. Je ne vais pas te laisser t’en sortir à si bon compte. Je t’ai bien trop attendu.



_________________

THE DEVIL'S REJECTS
ANAPHORE
Revenir en haut Aller en bas
En ligne
Administrateur
avatar

is in Reykjavik, Iceland
come and chill out with us
http://walk-on-ice.forumactif.com/t89-james-morkson-little-lion-

Pseudo : gavroche
Messages : 346
depuis le : 30/03/2018
Avatar : Jamie Campbell Bower
Points : 1330
A Reykjavik depuis : toujours
Âge du perso : 25 ans
Emploi/études : réalisateur en animation

MessageSujet: Re: set me free | Jamesy 24.06.18 19:05

Quand ses yeux rencontrent les iris clairs, il comprend vite qu’il n’a pas forcément attrapé Aleks dans un bon jour. Son âme soupire presque de désespoir quand il mesure ce que ça veut dire. Il ne risque pas de le laisser avoir ce qu’il veut sans se battre pour. Et il n’est pas en état de se battre. Il n’est qu’en état de s’écrouler à tout moment, sans raison, et de ne plus jamais se relever. Alors ses yeux se ferment quelques secondes, alors qu’il essaie de trouver au fond de lui la force de soutenir cet échange, de tenir tête à l’albinos, de tout faire pour avoir ce qu’il veut, mais en vain. Tout ce qui l’habite est l’engourdissement des sens créé par la panique. Tout ce qui l’habite est la peur et le dégoût de soi. Il est si mal parti qu’il aurait trouvé la situation risible s’il avait été spectateur. Mais être acteur dans sa propre torture, c’est loin d’être aussi amusant que d’habitude, aujourd’hui.

Il ne dit rien, et le silence est une torture pour chacun de ses mouvements. L’hyperactivité l’empêche de devenir une statue, et pourtant, chaque froissement semble réveiller dans son corps une douleur intense, si forte qu’elle en devient physique. Il ne veut plus jamais ouvrir les yeux. De toute manière, la lumière lui brûle les paupières. Il sent le regard d’acier sur lui, et il déglutit de nouveau, en essayant de remettre un masque, n’importe lequel, sans succès. Désespéré à l’idée qu’il le voit comme ça, mais n’arrivant pas à penser à quelqu’un d’autre chez qui courir. Personne d’autre n’a ce qu’il veut. Et même si ça lui fera mal, le manque de la présence glaciale qui lui fait face était présent, lui aussi. Minime par rapport au manque des illusions. Mais présent. « Allez … » C’est un murmure de désespoir, un murmure qui laisse entendre son cœur se briser, son monde s’écrouler. Il est pathétique, et ça n’a presque plus aucune importance.

Il ne se fait pas prier pour passer le pas de la porte, ses yeux se rouvrant uniquement pour que son regard frénétique puisse repartir à la recherche de quelque chose, quoique ce soit. Le plus vite possible, parce que la panique est en train de revenir bien plus vite que prévu, que déjà, la limite entre la réalité et les souvenirs commence à se brouiller. Un sursaut fait bouger son corps alors que le russe agresse ses oreilles, bien trop nerveux, trop fébrile pour la cause. Et un sourire dépité, douloureux, vient étirer ses lèvres avant toute réponse. Où est-ce qu’il était passé ? Entre quatre murs, blancs, puis gris. Proche de la mort mais bien trop vivant. « Tu veux pas savoir. » Et puis tu t’en fiches probablement. Sa colère le dépasse, de toute façon. Il est revenu. S’il a un trou dans son budget habituel à cause de son absence, il sera vite comblé par le manque qui lui dévore les entrailles. Faites que ça s’arrête, par pitié.

Il peine à entendre les derniers mots d’Aleks au milieu des voix qui l’insultent dans son crâne, et quand enfin il les enregistre, quand enfin il comprend ce qu’il attend, ce qui lui a manqué, il reste muet, abasourdi, presque. Il avait oublié de penser à ça. Il avait oublié de penser, de toute façon. Ou alors il avait juste trop pensé. Il déglutit, un peu, de nouveau, pour ravaler ces maudites larmes qui menacent de couler à tout moment, dans l’espoir vain d’atténuer les tremblements. Deux semaines et demie. Pourquoi est ce que son corps ne réagissait pas automatiquement aux mots du dealer, alors ? C’était une éternité, pour lui, normalement. Ca ne devrait pas être si difficile. Ou si ?

Ses pas le mènent jusqu’au regard glacé, son corps se laisse tomber assis à ses côtés, sa main vient se poser sur la taille qu’il a senti dans ses rêves, dans ses délires, ses lèvres se posent sur celles qui l’invitent tant en temps normal, et il embrasse, et il mord. Puis il se met à grincer des dents, à ressentir le vide grandir, sa respiration se couper un peu. C’est inutile. Son corps est à bout. Il ne le laissera pas faire. Il ravale un gémissement de désespoir en fermant les yeux de nouveau, alors que des visages dont il se souvient à peine se superposent à celui d’Aleks. « Je … peux pas. » La réalisation est rude. Inutile. Il est complètement inutile. Un soupir franchit ses lèvres, et il laisse tomber son visage dans ses mains en essayant de secouer la tête pour en faire sortir tous les murmures, toutes les images. Pour la faire redevenir comme avant.

Mais c’est impossible. Pas sans ça. Il ne peut plus vivre sans ça. Combien de temps sans voir la réalité en face ? Cinq ans depuis sa dernière désintox. Plus de dix ans depuis sa première fuite. Il ne voulait pas se souvenir du vrai monde. « Donne m’en … Donne m’en avant, ok ? Comme ça je pourrais. Sûrement. » Ses pensées volent à toute vitesse, cherchant la moindre indication qu’il pourrait s’en sortir, qu’il pourrait lui donner ce qu’il veut. Ses yeux parcourent le corps à ses côtés alors qu’il se redresse, alors que ses mains tremblent, que ses dents claquent un peu. Il fait si froid qu’aucune partie de son corps ne pourrait être habile. « Ou fais-le, toi. Moi je peux pas mais toi tu peux. J’en ai rien à foutre, Aleks … » Son ton se fait désespéré, et il enfonce ses ongles dans la peau de son propre cou pour se prouver qu’il est encore capable de ressentir la douleur physique au milieu de toute cette douleur mentale. « J’en ai rien à foutre … » Aucune option ne lui semble une mauvaise pour obtenir ce qu’il veut. Son corps se replie déjà sur lui-même alors qu’il lutte contre la panique. Totalement à la merci de celui qu’il sait aussi sadique que lui. Plongeant dans la gueule du loup volontairement. « Fais quelque chose … » Aide-moi. Prend ce que tu veux et donne moi ce que je veux. Soigne-moi. Tue-moi, sinon. Tout sera mieux que ça, de toute façon.
(c) AMIANTE

_________________
icarus is flying too close to the sun
is this how it feels to take a fall? icarus is flying towards an early grave. ▬ never regret thy fall, O icarus of the fearless flight, for the greatest tragedy of them all is never to feel the burning light. - OW
Revenir en haut Aller en bas
MEMBRE Soren/Aleksy
avatar

is in Reykjavik, Iceland
come and chill out with us
http://walk-on-ice.forumactif.com/t346-aleksy-just-say-yes

Pseudo : Froggy'
Messages : 228
depuis le : 13/05/2018
Avatar : Lucky Blue Smith
Points : 747
A Reykjavik depuis : Moins de six mois
Âge du perso : 23 ans
Emploi/études : Dealer, escroc, menteur

MessageSujet: Re: set me free | Jamesy 24.06.18 21:28



Set me free
James ξ Aleksy

Tu es pitoyable.

Cette mine basse, ces gestes bien trop nerveux, ce desespoire presque brutal que je peux lire dans le ton de ta voix, tout cela n'attise qu'une curiosité malsaine au creux de mon ventre. Toi qui est toujours si sûr de toi, si arrogant, te voir dans un tel état de fébrilité me rend légèrement extatique pour la cause. Même si je n’oublie pas la colère qui me lacère les tripes. Même si je n’oublie pas ce manque viscérale qui m'a dévoré la poitrine. Même si je n’oublie rien, jamais, parce que ce serait trop facile, parce qu’il est hors de question que tu t’en tires à si bon compte, parce que c’est toi, et parce que tu profiterais de cette situation sans aucun remord si tu étais à ma place. Mon regard ne cesse de te chercher lorsque tu entres en trombe dans mon appartement, en quête de la plus petite pilule, du plus petit sachet de poudre. Tu ne trouveras rien ici, James. Rien d’autre que la propreté éclatante des lieux qui contraste avec le bordel habituel. Si encore tu es en état de t’en rendre compte, bien sûr. Ce dont je commence à douter en observant d’un oeil curieux le sursaut qui te prend le corps. Sauvage. Effrayé. Comme un animal en fuite. Comme un animal blessé. Pris d’une panique sournoise, d’un instinct de survie qui se réveille enfin après avoir été trop longtemps endormi sous l’effet cynique de la cocaïne. Ta survie, elle ne tient plus qu’à un fil. Qu’à un peu de poudre. Elle ne tient plus qu’à moi. Mauvaise pioche.

Ta voix éraillée ne me surprend même plus, tant la situation me paraît déjà irréel, tant cette ambiance stressante qui s’installe entre nous se glisse dans mes veines avec un plaisir cruel. Tu m’as fait attendre, James. Tu m’as fait regretté de t’avoir accordé une quelconque importance. Et aussi horrible que cela soit pour moi, tu m’as aussi manqué. Cette présence étouffante, je veux la revoir. Je veux à nouveau pouvoir jongler avec cette fièvre contagieuse qui nous prend lorsque nous sommes prêt l’un de l’autre. Alors je sais parfaitement comment tout cela finira. Je sais parfaitement que je finirais par accéder à ta requête, à ta demande, sans même une hésitation, sans même un seul putain de remord. Juste avec ce plaisir pervers de te voir à nouveau sombrer dans tes illusions, dans ton monde imaginaire où j’ai toute ma place, où je peux évoluer sans masque agaçant greffé sur le visage, sans craindre de t’effrayer. Mais pas avant un certain moment. Pas avant de voir ce que je veux voir. Pas avant d’entendre ce que je veux entendre. « Détrompe toi. Je veux savoir. » Ne serait-ce que pour connaître le nom de ceux qui t’ont emmené loin de moi, même si je commence doucement à me douter de la vérité. Désintox. Ou sevrage forcé par tes proches. Peu importe, c’est du pareil au même.  

Mes iris céruléens s’accrochent au tien lorsqu’enfin tu te décides à approcher, lorsqu’enfin tu t’avachis sur le canapé, à mes côtés, lorsqu’enfin tes lèvres se posent mollement sur les miennes. Je comprends avec un amusement cynique ce que tes mots chevrotant me transmettent. Tu ne peux pas. Le manque de coke. J’aurais dû y penser. Ma bouche s’étire dans un sourire sadique, alors que ta voix reprend, stressé et bouffi par l’angoisse. « Ça ne marche pas comme ça. » Et tu le sais. Tu le sais mieux que personne, mais j’imagine qu’aujourd’hui, ton esprit n’est pas assez concentré pour le réaliser. L’éclat d’amusement malsain qui parcourt mon regard est bien réel, féroce, alors que j’agrippe tes gestes d’un oeil attentif, alors que tes mots reprennent, plus déterminé et plus soumis que jamais. Un frisson sournois me prend le corps sous cette invitation brutale que tu me lances le plus naturellement du monde, mais il est hors de question que je cède à cette facilité. Ta main se perd un instant sur ta gorge, la marquant de tes griffes sous mon attention la plus totale. Et à aucun moment, aucune minute, je ne songe à t’arrêter, à couvrir tes mains des miennes, à te donner ce que tu attends de moi. Pas une seule putain de seconde. Encore moins lorsque cet appel à l’aide loge un éclat de plaisir pur au fond de mes iris givrés. « Pourquoi ? » Pourquoi je ferais une telle chose, alors que tu m’as lâchement abandonné sans donner la moindre nouvelle ? Pourquoi je t’aiderais alors que tu es aussi misérable, aussi pitoyable devant mes yeux ? « Donne moi une seule bonne raison d’accéder à ta requête, James. Une seule. »


_________________

THE DEVIL'S REJECTS
ANAPHORE
Revenir en haut Aller en bas
En ligne
Administrateur
avatar

is in Reykjavik, Iceland
come and chill out with us
http://walk-on-ice.forumactif.com/t89-james-morkson-little-lion-

Pseudo : gavroche
Messages : 346
depuis le : 30/03/2018
Avatar : Jamie Campbell Bower
Points : 1330
A Reykjavik depuis : toujours
Âge du perso : 25 ans
Emploi/études : réalisateur en animation

MessageSujet: Re: set me free | Jamesy 24.06.18 22:39

Le désespoir, toujours, encore, entre ses côtes. Il le sent s’amuser de ça. Il le sent apprécier la situation, apprécier sa position de force. Il le déteste presqu’autant qu’il le comprend. Si pitoyable. Si inutile. L’illusion a volé, et la réalité est bien là. Juste un gosse perdu et effrayé. Mais ce n’est pas de lui dont il a peur. Là encore, dans cette ambiance oppressante, alors qu’il joue avec son manque, alors qu’il s’amuse de la torture qu’il se fait encourir lui-même, il trouve un certain réconfort. Parce qu’il n’a aucune compassion. Parce qu’il joue avec lui. Parce que c’est un monstre, lui aussi. Et dans son cerveau tordu, le manque de sécurité, le manque d’humanité qui plane dans la pièce comme dans les yeux glacés le rassurent. Pas assez pour ne pas voir le monde, mais assez pour ne pas fuir.

« Overdose. Désintox. Ma mère. » Il le savait, de toute façon. Il n’y avait qu’une bonne raison. La fatigue perd lentement contre la panique, et il ne sait plus comment se gérer. Il ne sait plus comment vivre. Alors à quoi bon mentir, à quoi bon fuir la vérité, quand de toute façon elle vous frappe en plein visage, quand de toute façon la personne qu’Aleks a sous les yeux n’est que lui dans ses pires jours, dans son entièreté, dans la réalité qu’il méprise tant. Alors il essaie d’utiliser les armes habituelles, et croit mourir quand il échoue. Qui est-il censé être, s’il ne peut plus baiser ? S’il ne peut plus mentir ? S’il ne peut plus fuir ? S’il ne peut plus mettre de masque ? Qui est censé exister, sans tous les médicaments ? Pas quelqu’un qu’il appréciera. Pas quelqu’un qu’Aleks voudra embrasser. Pas quelqu’un que lui-même veut voir vivre.

La voix moqueuse s’élève, et il soupire de plus belle. Il le sait, oui. Ca aurait été trop simple. Ca n’aurait eu que des avantages pour lui. Ca lui procurerait moins de plaisir que sa souffrance. « Mais putain … » Au bord des larmes. Il lutte encore, une dernière fois, la respiration haletante. La crise de panique revient. Non. Pourquoi ? Pas maintenant. Pas déjà. Pas si facilement. Arrête de jouer, Aleks. En dernier rempart, la colère vient essayer de lutter. Ce n’est pas juste. Il a fait tout ce qu’il voulait jusque là. Il lui en doit une. Ce n’est pas juste. Il n’a rien fait de mal. Ca ne devrait pas être différent des autres fois. Ce n’est pas de sa faute si ça ne marche pas. Ca ne lui changerait rien de lui donner la marchandise avant. Ce n’est pas juste. Ce n’est pas le moment de jouer. Pas alors que les voix lui mitraillent le crâne pour l’insulter de monstre. Monstre. Oui, c’est peut être ça la solution.

Ses ongles trop courts s’enfoncent dans sa peau, et il finit par aller charcuter d’une main l’autre, celle qui est brûlée, celle qui n’est plus à ça près. Garder son calme, même sous les assénements moqueurs de la voix. Même face au fait qu’il prenne ça pour un jeu. Quelque part dans son cerveau, le pourquoi résonne en chœur avec la voix de sa mère qui l’envoie de l’hôpital au centre de désintox alors qu’il fait semblant de dormir. Pourquoi ? Pourquoi est ce qu’il ferait ça, hein ? Pourquoi est ce que qui que ce soit lui rendrait service, après tout ? Il louche sur sa main brûlée en se posant la question, et ses dents se remettent à grincer. Pourquoi est ce qu’ils auraient besoin d’une raison ? Qui lui donne le droit de ne pas accéder à sa requête, justement ? C’est un monstre, lui aussi. Un monstre.

La colère lui sert d’adrénaline, repousse la panique encore un peu, juste quelques secondes, juste assez pour le laisser grimper à califourchon sur ses jambes, juste assez pour le laisser poser ses mains sur sa gorge, juste assez pour serrer. Pas assez pour lui donner la force nécessaire pour vraiment l’étrangler, juste pour lui couper sa respiration quelques longues secondes. Pourquoi ? Pourquoi est ce qu’il demande ? Il pourrait prendre. Il doit bien y en avoir quelque part. S’il est mort, il ne pourra pas l’en empêcher. « T’as fini de jouer, oui ? J’en ai besoin, bordel. J’en ai marre de voir ça. Je veux pas les entendre. Je veux pas me souvenir. Je veux pas. On baisera quand j’irai mieux, et seulement quand j’irai mieux. Je te sers à rien comme ça, de toute façon, et tu le sais aussi bien que moi. » Il a envie de le tuer. Pendant ces quelques secondes, il devient le réceptacle de tous ceux qui sont responsables de sa situation. Il devient le réceptacle du monstre en lui, plus qu’autre chose. Celui qui a tout déclenché.

Mais une larme coule sur sa joue en chassant l’envie de meurtre qui s’y était bien installée, et il relâche la pression sans prendre la peine de bouger. Ses mains tremblent trop pour serrer encore. Ce monstre c’est lui. Et puis il l’aime bien, ce monstre. Ou peut être pas. Mais, et si Aleks partait, lui aussi ? La peur, de nouveau. Et s’il partait, à cause de ça ? Sûrement pas. Il est monstrueux, non ? « Je te sers à rien comme ça. C’est ça … ma raison. » Un sanglot étouffé. Un de plus. Sa main vient agripper le haut du dealer, comme s’il s’accrochait à une bouée de secours, alors que l’abyme le reprend aussi vite qu’elle l’avait laissé sortir. « Je ferai ce que tu veux … Tu le sais … » Bien sûr qu’il le sait. Mais ça doit être si amusant, d’être à sa place. « J’ai peur … » La main remonte jusqu’à la gorge pour se poser là, mollement. Ce n’est plus une menace. C’est une recherche de contact humain. Les larmes coulent, la panique gagne. Mais il ne sanglote pas. Il ne hoquette pas. Pas encore. Ce n’est pas le fond de l’abyme. Il le sait. Mais un coup de vent l’y pousserait. Un coup de vent et il est perdu. Et c’est Aleks. Alors il l’est certainement.
(c) AMIANTE

_________________
icarus is flying too close to the sun
is this how it feels to take a fall? icarus is flying towards an early grave. ▬ never regret thy fall, O icarus of the fearless flight, for the greatest tragedy of them all is never to feel the burning light. - OW
Revenir en haut Aller en bas
MEMBRE Soren/Aleksy
avatar

is in Reykjavik, Iceland
come and chill out with us
http://walk-on-ice.forumactif.com/t346-aleksy-just-say-yes

Pseudo : Froggy'
Messages : 228
depuis le : 13/05/2018
Avatar : Lucky Blue Smith
Points : 747
A Reykjavik depuis : Moins de six mois
Âge du perso : 23 ans
Emploi/études : Dealer, escroc, menteur

MessageSujet: Re: set me free | Jamesy 24.06.18 23:32



Set me free
James ξ Aleksy

Overdose.

Mon nez se fronce d’agacement, balancé entre la colère et la frustration. La colère de t’avoir perdu pour si peu. La frustration d’être surement un peu responsable de cet état de fait. Responsable, mais pas coupable. Mon regard percute le tien avec une insistance qui m’échappe. Une cure de désintox, enfermé entre quatre mur blanc, enfermé autour d’un personnel cynique, enfermé parmis une foule de camé tous plus pitoyable les uns que les autres. Il y a de quoi devenir fou. Ou plutôt, il y a de quoi perdre ce grain de folie qui fait de toi la seule personne de cette ville à pouvoir voir à travers mon masque. Je ne prends même plus soin de te cacher l’ironie débordante de mes propos, ni l’amusement cruel qui me prend le corps devant un tel spectacle. Tu me connais. Tu savais à quoi t’attendre en venant me voir. Tu savais que tu n’en sortirais pas entier, pas complet. Que tout travail mérite salaire, que toute trahison mérite vengeance. Ta faute. Ton problème. Pas le mien. La compassion n’a jamais fait partie intégrante de ma personnalité, et c’est encore plus flagrant lorsque je t’observe d’un oeil arrogant perdre lentement pied dans l’abîme. Tu grattes nerveusement ta main brûlée, celle qui me fascine le plus depuis notre rencontre, celle qui attise souvent ma curiosité et mon envie. Cette réalité qui t’enlace, James, j’en ai peur autant que toi. Je la regrette autant que toi. La seule différence entre nous, c’est la méthode avec laquelle nous nous berçons d’illusion. La méthode avec laquelle nous parvenons à l’oublier, à la taire, l’espace d’un instant, d’une seconde, d’une minute.

Les muscles de mon corps se tendent par instinct lorsque tu finis par te jeter sur moi, la colère comme seul moyen de survivre. Comme seul moyen de combattre mon caractère sadique et arrogant. Comme seul moyen de relâcher la pression qui doit faire battre ton coeur un peu plus vite, un peu plus fort. Tes mains viennent enlacer ma gorge avec une force qui me coupe le souffle, avec une haine viscérale au fond de tes pupilles qui m’arrache un frisson invitant. Réaction instinctive, mes doigts s’enroulent autour de tes poignets, prêt à les dégager dès que la pression sera trop forte, dès que tu perdras un peu trop la carte, dès que tu ne seras plus sous contrôle. Tes mots crachés au visage bourdonne au creux de mes oreilles. Mais tes mains, elles tremblent. Elles relâchent lentement leur prise. Elles s’échappent, laissant mon souffle lourd reprendre le pas sur le silence, laissant mon regard insolent se planter dans le tien. Ta voix reprend le dessus, chevrotante, pitoyable, le visage baigné de larme et de doute. De peur et de folie. Merde. C’en est presque beau, tu sais ? De te voir aussi fébrile. Aussi perdu. Aussi abandonné sous mes yeux curieux. Sous ces mots qui s’échappent de tes lèvres dans un flot de supplice invitant. L’éclat de plaisir pur qui me traverse me ferait presque grogner de frustration, tant il se révèle sournois pour mon self-contrôle. Sournois pour mon impatience.

Tes sanglots, tes larmes, je les savoure avec un peu trop d’envie, un peu trop de luxure pour être tout à fait honnête. Mes mains relâchent lentement tes poignets pour se loger contre ton cou, pour te forcer à ne plus quitter mon regard un seul instant. Parce que ce trouble que je peux lire dans le tien me rend extatique. Il me fait miroiter un abîme cruel, cynique, une noirceur que j’ai envie de découvrir encore et encore. Que j’ai envie de parcourir, de savourer avec un sadisme même plus dissimulé. « Te souvenir de quoi, James ? » Un simple murmure, invitant, tentant, patient. Trop patient, alors que tes doigts se reposent sur ma gorge, alors qu’au fond de moi, je te sais trop proche de la panique pour vouloir à nouveau m’égorger. Trop proche de cet état bouillonnant et ravageur pour penser à autre chose. Et si l’envie te prenait quand même, je serais sûrement assez rapide pour pouvoir reprendre le contrôle. « Dis moi ce que tu cherches tant que ça à fuir. » Mon pouce retrace ta pommette pour chasser ces larmes qui y coulent, bien trop fasciné, bien trop épris de cette allure pitoyable qui t’emprunt. « Dis moi, et peut-être que j’accèderais à ta requête. » Peut-être.




_________________

THE DEVIL'S REJECTS
ANAPHORE
Revenir en haut Aller en bas
En ligne
Administrateur
avatar

is in Reykjavik, Iceland
come and chill out with us
http://walk-on-ice.forumactif.com/t89-james-morkson-little-lion-

Pseudo : gavroche
Messages : 346
depuis le : 30/03/2018
Avatar : Jamie Campbell Bower
Points : 1330
A Reykjavik depuis : toujours
Âge du perso : 25 ans
Emploi/études : réalisateur en animation

MessageSujet: Re: set me free | Jamesy 25.06.18 0:18

Le frisson lui échappe, mais il ne prend pas le temps de l’enregistrer. C’est presque normal, chez eux. Même maintenant, même dans cet état, il sait que lui aussi aurait frissonné, à sa place. Que leur jeu dangereux comptait constamment. Mais ce n’est pas ce qui importe. Ce qui importe, aujourd’hui, c’est le résultat, pas le moyen. Ce qui importe, c’est retrouver le goût de la vie. Et quand les doigts s’enroulent sur ses poignets, il sait qu’Aleks a le pouvoir de l’en empêcher. Qu’en temps normal, il était déjà plus fort, plus habile que lui, mais que dans cet état, il ne pourra même pas lutter. Et quelque part, il espère qu’il le fasse. Et qu’il l’étrangle à sa place, dans la foulée. Jusqu’à ce que toute forme de réalité disparaisse.

Le regard qu’il croise n’a rien de rassurant, rien de réconfortant, rien d’apaisant. C’est celui d’un enfant qui joue à écraser des fourmis. C’est celui qu’il a quand quelqu’un est brisé. Il aurait probablement dû aller voir Bérénice, si c’était du réconfort, qu’il cherchait. Il aurait probablement dû aller voir n’importe qui d’autre. Mais c’est d’Aleks, dont il a besoin. D’Aleks et de l’envie qui émane de lui alors même qu’il se brise un peu plus, alors même que la vie le pousse un peu plus vers le bas. Oui, lui aussi, c’est un monstre. Ses yeux fuyants sont faits prisonniers par les pupilles du dealer, et sa respiration anarchique est la dernière indication de vie qu’il lui reste, tant son visage est engourdi par les larmes, tant son esprit est presque apaisé par l’amusement qu’il peut lire dans les iris glacés. Tout n’est qu’un jeu épuisant.

Sa voix résonne entre celles des autres, bien trop claire, bien trop suave, bien trop vicieuse. « Non … » Se souvenir de quoi, au juste ? De la porte fermée qu’il refuse d’ouvrir. De celle dont son esprit ne cesse de faire miroiter la serrure. C’est une supplication, une dernière, une désespérée. Parce qu’il a déjà perdu, de toute façon. Parce que les mains qui tiennent son visage, elles sont tendres, elles sont réelles. Même si le jeu est cruel. Même si la voix n’est pas humaine. Il est resté. Le pouce qui vient chasser les larmes uniquement pour s’y retrouver noyé, flot incessant, lui offre un frisson agréable le long de sa colonne vertébrale. La moindre marque d’affection, même avec les pires intentions, semble être un cadeau du ciel. Quelque part, dans son cerveau, il se demande presque s’il devrait le remercier.

« Pourquoi ça t’intéresserait ? T’as pas … autre chose à foutre ? » Que de jouer avec lui, certainement pas. Que de déterrer le vilain petit secret, jamais. S’il avait été à sa place, il se serait battu bec et ongle pour savoir ce qui était capable de le mettre dans cet état. Ce qui était capable de le briser. Ou plutôt, ce qui l’avait brisé il y a bien longtemps, et qu’il avait décidé de nier. Parce que lui aussi. Parce que tous les monstres ont leurs propres monstres. La panique l’a pris, c’est trop tard. Pourtant, un petit rire douloureux lui échappe. Il pourrait tout lui dire, à cette voix doucereuse, à ces iris curieux. Il pourrait tout avouer, la moindre faiblesse, la moindre horreur. Pour lui, ce ne sera probablement rien. Et il aurait tant en retour. Mais les mots, ça rend tout trop vrai.

« Je sais pas, Aleks. Je sais plus. La … la solitude, je crois. Ou moi-même. » C’est confus, comme dans son cerveau. Qu’est ce qu’il veut tant oublier ? Le départ. Puis les départs. Et la peur dans les regards, toujours. Oublier que c’est de sa faute. Oublier qu’il n’est qu’un gosse qui a oublié de grandir, peut être. Oublier que rien n’a de sens dans ce foutu monde. Oublier qu’il ne mérite pas d’être là, peut être. « Pars pas. » Toujours, encore confus. Murmure. Est-ce qu’il parle à Aleks ? Oui. Etrange. C’est dans la peur du départ qu’on se rend compte qu’on tient aux gens. Ou lui, en tout cas. « Tout le monde part. A cause de moi. Je crois que c’est à cause de moi ? Oui. Oui à cause de moi. Parce que je suis un monstre, un peu. Comme toi. Toi aussi t’es un monstre. C’est pour ça que tu souris. C’est pas grave tu sais ? J’aime bien les monstres. » Ca n’a plus de sens, plus vraiment. Ses pensées se battent entre elles, entre les souvenirs et le présent, entre le désespoir et la panique. L’abyme, c’est un peu chez lui. « J’aime pas attendre de revoir les gens. Après on les revoit pas. A part quand ils parlent à d’autres personnes de nous. A part quand ils nous regardent pas. A part quand ils nous ignorent. Parce qu’ils ont peur. C’est stupide, non ? Peut être pas. »

Une fois encore. La porte qui se ferme, l’attente d’un retour qui ne viendra jamais. Le schéma de l’abandon qui se répète, encore et encore. Cette voix étrangère qui ne résonne que pour dire au reste du monde de l’envoyer en désintox, en prison, du pareil au même. Qui retentit au bout du fil pour le laisser sortir uniquement s’il est capable de remettre son masque. Un petit rire, de nouveau. Il a l’air fou. Il l’est peut être. Ca fait peut être partie de sa folie. Plus probablement de sa panique. « Tu trouves ça con, hein ? Pour toi ça l’est sûrement. » Rien de plus qu’un problème d’enfant. Il ne sait même pas s’il comprend à travers les sanglots, à travers le manque de suite logique. « Alors pars pas. Pas sans dire au revoir, au moins. Parce que je veux pas me souvenir des gens qui partent. Parce que je peux pas, je crois. Plus maintenant. » Parce que tout le monde part et qu’il ne mérite pas qu’ils restent. Même pas un autre monstre ? Probablement pas. Le petit sourire fatigué au milieu de la crise de panique, alors qu’il se rapproche de lui, alors qu’il met son visage dans son cou. Il fait froid. Il fait vide, dedans. Il a eu ce qu’il voulait. Il est probablement déçu. Donne moi ce que je veux, maintenant.
(c) AMIANTE

_________________
icarus is flying too close to the sun
is this how it feels to take a fall? icarus is flying towards an early grave. ▬ never regret thy fall, O icarus of the fearless flight, for the greatest tragedy of them all is never to feel the burning light. - OW
Revenir en haut Aller en bas
MEMBRE Soren/Aleksy
avatar

is in Reykjavik, Iceland
come and chill out with us
http://walk-on-ice.forumactif.com/t346-aleksy-just-say-yes

Pseudo : Froggy'
Messages : 228
depuis le : 13/05/2018
Avatar : Lucky Blue Smith
Points : 747
A Reykjavik depuis : Moins de six mois
Âge du perso : 23 ans
Emploi/études : Dealer, escroc, menteur

MessageSujet: Re: set me free | Jamesy 25.06.18 9:42



Set me free
James ξ Aleksy

La solitude.

C’est peut-être bien la seule peur que je peux comprendre. La seule que je partage. La seule qui m’enlace dans un carcan de douceur déchirant mes sens en éveil. Mon regard se pose sur toi, fasciné par ce que je découvre sur ce visage baigné de larme. Fasciné par cette allure pitoyable qui t’emprunt et qui cherche désespérément à se raccrocher à quelque chose, à ne pas totalement sombrer, à ne pas totalement être oublié. Fasciné par cette voix chevrotante et confuse qui s’échappe de tes lèvres, par ces mots qui n’ont peut-être aucun sens pour le reste du monde, mais qui en ont pour moi. Qui en ont pour nos âmes brisés par la peur. Ils trouvent un écho particulier au creux de mon ventre, comme une fêlure que l’on partage, comme une cassure que tu ne verras pas de sitôt, mais qui est bien réelle, qui est bien présente malgré tout mes efforts pour la combler. Alors non, James. Je n’ai pas autre chose à foutre. Je n’ai pas envie de te laisser t’échapper de mes griffes sans le moindre incident, sans le moindre glissement de terrain pour te voir couler dans l’abîme. Mon pouce caresse ta joue avec une tendresse presque étouffante, contraste brûlant avec ce sourire cruel qui me prend les lèvres, avec ce plaisir cynique qui se loge au fond de mes pupilles. Et cette supplication qui s’échappe de ta bouche, cette demande directe et chaotique, elle ne fait que grossir encore un peu plus cette envie de te voir au fond du trou, de te pousser encore un peu du haut de cette falaise pour te voir craquer encore et encore. Pour te voir tremblant entre mes bras, le visage déformé par la peur, déformé par le dégoût de toi-même, déformé par tout ce que tu as pu vivre et oublier jusque là.

Si je trouve ça con ? Non. Je trouve ça réelle, comme angoisse. Tangible. Comme quelque chose que je ne connais que trop bien. Je trouve ça beau. Magnifique, même. D’observer cette âme brisée se casser un peu plus, dévoilant à ma curiosité malsaine tout ce que j’ai envie de voir, tout ce que j’ai besoin d’entendre. Je trouve ça entêtant. Grisant. Cet éclat de folie qui brille au fond de tes yeux. Ce rire stupide qui se coince dans ta gorge. Cette panique viscérale qui dévore tes sens. Si je regrette ces deux semaines passées loin de toi, le jeu en vaut désormais la chandelle. Le prix à payer ne me paraît plus aussi lourd. « Détrompe toi. » Ma main sur ta nuque presse tes nerfs avec une possessivité oppressante, alors que l’autre se creuse une place autour de ta taille. Je ressers ce corps tremblant qui est le tien contre moi, savourant avec un peu trop de plaisir ces larmes qui coulent désormais contre ma nuque. « Je ne pars pas, James. Jamais. » C’est une promesse. Une de celle que je tiendrais. Une de celle qui n’est pas un mensonge stupide balancé à la va-vite pour combler un vide agaçant. « Même si tu te lasses de moi, même si tu finis par vouloir me tuer, je resterais graver dans ton crâne et dans ton corps jusqu’à la fin de tes jours. » Ou jusqu’à la fin des miens. Peu importe vraiment, puisque j’ai déjà cette impression malsaine de ne plus pouvoir me passer de toi. Puisque j’ai déjà la sensation contagieuse d’être accro, drogué par ces échanges charnelles autant que par ces larmes qui parcourent ton visage.

La respiration lourde de sens, je laisse glisser ma main dans ton dos, l’autre se logeant sur ta nuque pour presser ta peau avec une convoitise farouche. « Et pourquoi penses-tu qu’ils partent, ces fantômes, James ? » Parce que tu es un monstre ? Seulement pour ça ? Parce que tu n’as aucune limite, parce que toi aussi, tu es bercé dans cette folie invitante qui nous lie ? J’ai toujours plus ou moins su que la normalité ne faisait pas partie de toi. Que quelque chose clochait. Que tu n’avais rien de banal. Mais je veux une explication, maintenant. Je veux savoir. Je veux pouvoir me noyer dans cette folie qui émane de toi et qui m’attire de plus en plus. « Pourquoi as-tu l’impression d’être un monstre ? » Ne t’inquiètes pas, James. Ta rédemption est proche. Ton pardon aussi. Laisse moi encore savourer cette étreinte cruelle, laisse moi encore profiter de cet échange doucereux, laisse moi encore frissonner sous le contact de tes larmes sur ma nuque et bientôt, très bientôt, tu auras ce que tu es venu chercher. Parce qu’entre toi et moi, les monstres n’ont plus à se cacher.



_________________

THE DEVIL'S REJECTS
ANAPHORE
Revenir en haut Aller en bas
En ligne
Administrateur
avatar

is in Reykjavik, Iceland
come and chill out with us
http://walk-on-ice.forumactif.com/t89-james-morkson-little-lion-

Pseudo : gavroche
Messages : 346
depuis le : 30/03/2018
Avatar : Jamie Campbell Bower
Points : 1330
A Reykjavik depuis : toujours
Âge du perso : 25 ans
Emploi/études : réalisateur en animation

MessageSujet: Re: set me free | Jamesy 25.06.18 18:58

Inconsciemment, son cerveau enregistre déjà chaque détail de ce sourire mauvais, de l’éclat d’amusement dans ces pupilles, de la beauté monstrueuse du manque de cœur qui lui fait face. Il devrait probablement le trouver horrible. Il devrait probablement le frapper et partir loin, loin de sa présence étouffante, loin de son jeu cruel, loin de ses iris insondables. Partir et trouver un autre dealer qui traîne, qui lui donnera ce qu’il veut contre l’argent qui est dans sa poche, qui se fichera complètement de ses états d’âmes pitoyables et de ses pleurs d’enfant. Mais il n’a aucune envie de le faire. Parce que ce visage magnifique, il veut en profiter, même au milieu de l’angoisse, même au milieu du dégoût de soi. Parce que si quelqu’un doit s’amuser à le briser un peu plus, il veut que ce soit lui. Il veut lui offrir ça, presque. Probablement. Certainement.

Ca l’intéresse. Et c’est horrible, que ce soit le cas. Mais ça lui fait du bien. La main qui l’emprisonne dans sa nuque, celle qui le bloque sur sa taille. La présence envahissante, l’odeur qui devient tout ce qu’il est capable de sentir, la chaleur brûlante, les mots cruels. Tout ça semble creuser un peu plus en lui cette dépendance qui s’était déjà trop formée, alors que son corps se recroqueville encore contre lui, alors qu’il essaie de se fondre totalement dans sa silhouette. Les larmes trempent déjà son haut, et sa respiration saccadée fouette le cou trop blanc. Il se sent prisonnier, et ça le détruit autant que ça le répare. Il ne part jamais. Le petit rire, de nouveau. C’est sûrement un mensonge, puisque ça en est toujours un, mais c’est le mensonge dont il a besoin.

Ses mots résonnent dans sa boîte crânienne comme dans son cœur, et il sourit un peu, doucement, au milieu du reste. Et sans qu’il ne puisse le réaliser, la main brûlée posée dans le cou remonte vers la mâchoire pour lui faire tourner le visage, pour laisser à ses lèvres le loisir de happer leurs jumelles dans un baiser désespéré, dans une énième recherche de contact, puisque c’est le seul qu’il comprend, qu’ils comprennent, dans un merci muet, dans un accord tacite à ses mots. « Tant mieux. » Oui. Tant mieux. Qu’il grave son nom en lettres de sang et en traumatismes si ça lui chante, qu’il l’aime ou qu’il le torture, mais qu’il reste. Qu’il fasse partie de lui. Qu’il lui laisse lui appartenir autant qu’il veut qu’il lui appartienne. Que même quand plus personne ne le voudra, il ne puisse plus s’échapper. Prisonnier et bourreau à la fois.

Sa possessivité le fait sourire, de nouveau, mais un nouvel hoquet de cœur le prend, et malgré la question, malgré la recherche d’information, malgré Aleks qui profite encore de sa faiblesse pour tout savoir, pour se prélasser dans son manque de masque, il n’arrive pas à répondre tout de suite. Il sait qu’il le fera. Parce que ça n’a plus d’importance, maintenant. Parce que ce n’est pas quelque chose dont il a honte. Probablement pas, en tout cas. De toute façon, ça fait bien longtemps qu’il ne sait plus qui il est. Mais la panique exige son moment de gloire, alors pendant quelques minutes encore, il se contente de sangloter contre le cou du dealer, il se contente de venir chercher un baiser dans le seul espoir de lui voler son oxygène, il se contente de laisser sa main se poser sur le cou dans une autre tentative d’étranglement qui échoue lamentablement face à son manque de force, sans raison. Erratique, absurde, fou, confus. Quelques minutes de torture de son propre esprit pendant lequel le contact étouffant de l’albinos est la seule chose qui semble réelle, mais pas trop. La dépendance, une fois de plus, gagne du chemin.

Puis le léger soupir, le retour au monde, le désespoir en rouvrant les yeux de constater qu’on est toujours vivant, mais pas encore assez. Le souvenir des paroles, des réponses. La déglutition pour retrouver la parole. « Ils partent parce qu’ils ont peur. Tu sais très bien pourquoi. » C’est presque tendre, et ça l’étonne. Mais son cerveau est cassé, de toute façon. Ses sentiments si confus que le ton de sa voix n’arrive pas à identifier l’émotion qui le parcoure. Et lui non plus. « Je crois que c’est le mot psychopathie qui leur fait peur. Mais c’est pas une impression, c’est vrai. Et puis c’est rigolo. » Pourquoi est ce que sa voix fait sonner ça comme des mots d’amour ? C’est étrange. Il se redresse, à peine. Pour le regarder à travers les restes de larmes. Pour enregistrer le plus possible son expression malsaine. « Mais toi t’as pas peur. Ca se voit. » Son pouce vient caresser les contours des yeux glacés, trop près, bien trop près. Quelques secondes, il se demande s’il ne pourrait pas en garder un. Il se dit qu’il lui en doit bien un. « C’est peut être pour ça. » Que je suis rassuré alors que tu empires les choses. Alors que c’est à cause de toi que je suis au fond de ce gouffre, et que je ne suis pas sûr de pouvoir me relever, cette fois. C’est peut être pour ça que je ne te laisserai jamais partir, même si je dois prendre ces yeux pour t'avoir toujours près de moi.
(c) AMIANTE

_________________
icarus is flying too close to the sun
is this how it feels to take a fall? icarus is flying towards an early grave. ▬ never regret thy fall, O icarus of the fearless flight, for the greatest tragedy of them all is never to feel the burning light. - OW
Revenir en haut Aller en bas
MEMBRE Soren/Aleksy
avatar

is in Reykjavik, Iceland
come and chill out with us
http://walk-on-ice.forumactif.com/t346-aleksy-just-say-yes

Pseudo : Froggy'
Messages : 228
depuis le : 13/05/2018
Avatar : Lucky Blue Smith
Points : 747
A Reykjavik depuis : Moins de six mois
Âge du perso : 23 ans
Emploi/études : Dealer, escroc, menteur

MessageSujet: Re: set me free | Jamesy 25.06.18 23:24



Set me free
James ξ Aleksy

Je t’ai perdu.

Je le sens dans le moindre geste, le moindre souffle, le moindre mot. Je le sens dans cette folie extatique qui s’est creusé une place bien invitante au fond de tes pupilles. L’amusement a depuis longtemps laissé sa place à une fascination morbide. Le regard plongé dans le tien, j’agrippe les notes d’une chimère, d’un rêve transformé en cauchemar, d’une réalité qui se fait trop grande, trop oppressante pour toi. Et c’est désormais mon coeur qui mène une danse cruelle, désordonnée, irrégulière et sauvage. Il tambourine avec une telle force au creux de ma poitrine que j’en viens à me demander si tu ne m’aurais pas tout simplement tué, tout à l’heure. Si tout cela est bien réel. Si ce visage baigné de larme, déformé par l'horreur d’une situation immorale, est bien la cause de cette dépendance qui coule lentement dans mes veines. Ou si elle est toute autre. Si elle ne s’était pas déjà installée par la force des choses, au fur et à mesure de nos échanges, au fur et à mesure de nos corps-à-corps brutales. Tu pourrais partir. Tu pourrais trouver quelqu’un d’autre. Tu pourrais t’échapper de mes griffes, si seulement tu le voulais, si seulement tu le demandais. Mais tu ne le fais pas. Tu restes cadenassé à l’intérieur de mes bras, comme une poupée de chiffon déchirée par la vie. J’ai cette impression malsaine d’être un gosse arrachant une à une les pattes d’une araignée pour la regarder souffrir encore un peu plus, encore un peu trop. Hypnotisé par ce rire coincé qui s’échappe de ta gorge, je sens mes mains presser ta nuque avec une tendresse qui m’étouffe. Presque pour te rassurer. Pour te faire comprendre la véracité de mes propos. Pour te prouver que je serais mort avant de te laisser sur le côté de ma route. Que tu es définitivement mien, ce soir et à jamais.

La respiration bien trop lourde, je laisse ta main parcourir ma mâchoire. Tes lèvres se posent sur les miennes avec le goût du désespoir, le goût de l’envie, le goût d’un merci que je n’entends que trop bien malgré le silence assourdissant. Mes doigts remontent jusqu’à tes cheveux, agrippant avec une force instinctive quelques mèches pour ne pas perdre pied, pour ne pas me perdre totalement dans cet échange débordant de détresse. Le plaisir que je retire de tout ça en est presque indécent. Te voir perdre pied dans la folie est une tentation bien trop grande, bien trop plaisante pour que je te laisse t’échapper, pour que je n’en profite pas un maximum, jusqu’à la prochaine fois. Parce qu’il y en aura d’autre, n’est-ce pas ? Des overdoses. Des séjours en désintox. Des retours fébriles et aussi intenses que celui-ci. Si la frustration de ne pas te voir sera épouvantable, je sais désormais que le jeu en vaut la chandelle. Que le plaisir que j’en retire est encore plus fort que tout le reste. La panique revient de plus belle, encore et toujours. Elle te pousse à chercher une nouvelle fois la violence de tes gestes, la douceur de mes lèvres contre les tiennes, la chaleur de mes bras étouffant tes sens bien trop éveillé.

Et tu finis par revenir, quelques instants seulement. Quelques minutes avant que la peur ne revienne se gratter une place bien invitante au creux de ton être, sans aucun doute. Ma main dans ton dos a depuis longtemps glissé sous ton haut pour caresser du pouce le creux de tes reins, pour déchirer ta chair avec une dévotion lourde de sens. Ta voix reprend le dessus sur le silence, bordée d'une tendresse qui m’échappe, d'une chaleur qui fait grimper une boule de plaisir dans ma gorge. Mes lèvres s’étirent, conquises par ce timbre, par ces paroles qui me transmettent tout ce que je veux savoir, tout ce que j’ai besoin d’entendre. Psychopathie. Ça ne fait que te rendre encore plus spéciale à mes yeux. Encore plus intriguant. Encore plus magnifique. Je laisse mes lèvres s’étirer dans une mimique clairement amusée, alors qu’un rire chaud s’échappe de ma gorge. « C’est… rigolo ? » Peut-être bien. Sûrement. Mon regard se perd à nouveau dans le tien, fasciné par tout ce que je découvre. Fasciné, et bien trop dépendant. Assez pour laisser tes doigts s’approcher un peu trop près de mes iris céruléens, comme une tentation obscure, comme une envie fugace qui te traverse. « C’est pour ça que quoi, James ? » Je veux savoir. Je veux entendre. Je veux profiter encore un peu plus de cet échange malsain avant de céder, avant de te donner ce que tu souhaites. Parce qu’au fond, je sais que je serais incapable de te le refuser. Que je suis bien trop soumis à ce plaisir viscérale qui me dévore de l’intérieur pour avoir la force de te tenir tête trop longtemps.


_________________

THE DEVIL'S REJECTS
ANAPHORE
Revenir en haut Aller en bas
En ligne
Administrateur
avatar

is in Reykjavik, Iceland
come and chill out with us
http://walk-on-ice.forumactif.com/t89-james-morkson-little-lion-

Pseudo : gavroche
Messages : 346
depuis le : 30/03/2018
Avatar : Jamie Campbell Bower
Points : 1330
A Reykjavik depuis : toujours
Âge du perso : 25 ans
Emploi/études : réalisateur en animation

MessageSujet: Re: set me free | Jamesy 26.06.18 2:21

Il serre ses cheveux presqu’autant qu’il serre son cœur, et ça lui paraît absurde. Comment avait-il fait pour s’attacher aussi vite ? Comment se faisait-il que lui ait fait tout ce chemin en quelques sourires froids, en quelques mots autoritaires ? Pourquoi est ce que ce qui aurait dû n’être rien plus qu’un nouveau passe-temps, un nouveau jouet amusant, était en train de devenir si important peu à peu ? Alors qu’il lui prend son oxygène autant que possible, alors que quelques secondes à peine et pourtant une éternité auparavant, il souhaitait sa mort plus que n’importe quoi au monde. Il était juste venu chercher de la coke. Ce n’était pas sur cette drogue là qu’il comptait tomber.

Mais en cet instant précis, les bras qui l’entourent et les lèvres qu’il retient prisonnières dans les siennes semblent être les seules choses qui le maintiennent en vie au milieu des souvenirs et de la douleur physique et mentale. Pourtant il sait qu’il va falloir qu’elle s’arrête. Il sait qu’il va falloir qu’il lui donne ce qu’il veut, avant qu’il ne perde le contrôle de nouveau, avant qu’il n’essaie d’exploser son propre crâne contre le mur le plus proche. Il n’a toujours pas peur de mourir. Il est toujours attiré par l’idée. Il l’a probablement toujours été. Mais jouer avec la mort a toujours été plus attirant que de l’embrasser directement. Et quelque part, maintenant, il voudrait que sa mort, ce soit Aleks. Que ce soit les ongles qu’il plante dans son dos et qu’il sent à peine au milieu du reste, qu’ils puissent insérer un véritable poison dans sa colonne vertébrale. En quelques secondes, c’est fini. Ca ne semble pas être une si mauvaise manière de finir. Mais ce serait plus amusant de le vivre.

Et son sourire se fait miroir de l’autre, même s’il ne sait pas ce qu’il vient faire là, comme un automatisme, un réflexe purement physique que même la peur ne peut pas lui faire perdre. Qui pousse son cerveau à imiter l’autre quand le sentiment n’est pas reconnu. Ca il est probablement né avec. Et quand l’autre rit, il rit aussi, puis réalise son mimétisme, et rit plus naturellement, plus doucement, avec plus de sanglots dans la gorge. Tiens. « Bien entendu. » Oui, c’est rigolo. Non ? Si. A son avis en tout cas. Et c’est le seul qui compte. Quoique. Peut être pas. Peut être plus. Peut être que ça n’a jamais été le cas. Qui sait ?

Et leurs regards se toisent, une nouvelle fois, et sa main se détache de lui pour aller gratter son propre cou, gratter son autre main, essayant de déchirer la peau de tout ce que ses ongles réussissent à toucher, essayant inconsciemment de le libérer de cette enveloppe corporelle qui le fait visiblement bien trop souffrir. Sans qu’il ne le réalise vraiment, trop happé par la conversation, par les iris glacés, par le sourire d’ange maudit. Par la fascination qu’il peut lire sur le visage de l’autre et qui lui semble à la fois si absurde et si compréhensible. Alors il se mutile et se détruit pour pouvoir garder le fil, pour ne rien louper, pour éloigner l’angoisse jusqu’à ce que son bourreau le libère, pour se sentir en vie et ne pas commencer à penser que tout ça n’est qu’une illusion de plus due au manque, qu’il est encore à l’hôpital, ou en désintox, et qu’à son réveil, Aleks et son sadisme auront disparu. « Pour ça que je t’aime, enfin. » C’est naturel, candide, innocent. C’est loin de vouloir dire ce que c’est censé vouloir dire. Mais c’est les seuls mots qui font sens, dans son crâne. « Je suis sûr que tu comprends ce que je veux dire. » Parce que je ne peux pas l’expliquer mieux. Et parce qu’il le comprend, aussi. Probablement. C’est peut être pour ça. Il y a encore tant à découvrir chez Aleks. Tant à savourer, comme il est en train de le savourer lui. C’est de l’amour, dans un sens, l’amour de s’entre-détruire, non ?

Une grimace traverse son expression, et il louche sur la main brûlée, celle qu’il a décidé de frotter en dernier, celle dont il a apparemment mis la peau à vif, la peau se craquelant à vue d’œil pour laisser passer le sang, et il fronce le nez. A cette allure, il risquait d’endommager bien pire. Une fois de plus, son regard est happé par la pression qu’exerce sur lui celui d’Aleks, et au milieu de la panique, un autre instinct germe. Pas un instinct de survie. Un instinct de fuite. Et quand ses lèvres viennent lui prendre un nouveau baiser, il laisse sa main en bon état se poser sur l’entrejambe du pantalon de l’albinos, il laisse son corps se rapprocher, il laisse son cerveau manipulateur déduire tout seul ce qui ferait craquer son bourreau sans prendre le temps de l’enregistrer, sans chasser l’angoisse pour autant. « Aide … Aide-moi. Ou tue-moi. C'est du pareil au même. T’as gagné, de toute façon. T’es pas content ? » Encore, ce ton tendre. Aucun de ses gestes ne colle à ses mots. Mais ça n’a plus d’importance. Il sourit un peu, de ce sourire perdu, de ces yeux plein de larmes, puant l’épuisement psychologique. « Maintenant tu sais. Ca servirait plus à rien que je mente, si ? » Le sourire sur ses lèvres aurait pu être mimétique tant il ressemble à celui d’Aleks, mais c’est le sien. Au milieu des larmes et des hoquets, contre les lèvres du dealer, son regard planté dans le sien, le contact se faisant plus pressant, plus insistant, c’est le monstre sans masque en un sourire qu’il laisse libre. Parce qu’à quoi bon. « Allez. » C’est suppliant et autoritaire, tendre et froid, calme et mort de peur, bourreau et victime. Le jeu continuera quand le monde sera redevenu un endroit où il veut être. Ou du moins il l’espère.
(c) AMIANTE

_________________
icarus is flying too close to the sun
is this how it feels to take a fall? icarus is flying towards an early grave. ▬ never regret thy fall, O icarus of the fearless flight, for the greatest tragedy of them all is never to feel the burning light. - OW
Revenir en haut Aller en bas
MEMBRE Soren/Aleksy
avatar

is in Reykjavik, Iceland
come and chill out with us
http://walk-on-ice.forumactif.com/t346-aleksy-just-say-yes

Pseudo : Froggy'
Messages : 228
depuis le : 13/05/2018
Avatar : Lucky Blue Smith
Points : 747
A Reykjavik depuis : Moins de six mois
Âge du perso : 23 ans
Emploi/études : Dealer, escroc, menteur

MessageSujet: Re: set me free | Jamesy 26.06.18 9:35



Set me free
James ξ Aleksy

Dépendance.

Fasciné par tout ce que j’entrevois, par ce silence dérangeant qui nous entours, j’observe avec une attention toute particulière chacun de tes gestes, chacune de tes mimiques épuisées, chacun de tes souffles erratiques qui viennent s’échouer contre ma peau. Et cette dépendance, cette tendresse étouffante qui me dévore de l’intérieur, je ne l’ai jamais ressenti avec autant de force, avec autant d’intensité que maintenant. Sous ton regard bordé par la folie, j’ai l’impression d’être quelqu’un. D’être accepté. D’être bien trop attaché à cette danse cruel que nous avons entamé. Mais n’était-ce déjà pas le cas avant ? N’étais-je pas déjà captivé par ton arrogance et par ton caractère sans limite ? Ce mimétisme naturel qui te reprend n’est plus qu’un faible écho déchiré par le manque. Déchiré par la vie. Déchiré par mes propres actions à ton égard. La boule de plaisir qui s’est creusé une place dans mon ventre ne fait que grossir, entretenu par le son de ta voix coincé entre deux sanglots. Entretenu par tes gestes désespérés, par cette main qui vient gratter ta gorge, par ces ongles qui viennent déchiqueter la peau de ta main brûlée. Et tes paroles si candides, si pur, si sombre, me font resserrer instinctivement mon étreinte autour de toi. Enfin. Comme si c’était une évidence. Comme si c’était naturelle. Ça ne l’est pas, pour moi. Parce que ça n’a rien à voir avec les je t’aime balancés sans sentiments, sans réflexion aucune pour obtenir ce que je souhaite. Parce que c’est différent, cette fois. Parce que mon coeur semble se serrer dans ma poitrine, battant avec une irrégularité dégueulasse. Je comprends bien plus ces mots sorties de ta bouche que ceux du reste du monde. Je les comprends assez pour en ressentir un écho déchirant mes sens en éveil. L’amour de détruire l’autre. Un amour malsain et intense. Un amour qui ravage totalement ma prudence et ma retenue naturelle.

Devant toi, j’ai l’impression de n’être plus qu’une boule d’émotion à vif, entremêlant l’envie de te voir aussi misérable et le besoin de te retrouver entier. De me complaire dans cette foule de sentiment contradictoire qui m’enlace. Le bonheur, le plaisir, la douleur, la peur aussi, un peu. La peur de te voir me tourner le dos. C’en est presque cruel de me dire ça, James. Parce que ça ne fait que grossir encore un peu plus cette dépendance qui coule dans mes veines. Parce que je sais aujourd’hui, alors que je me perds un instant dans la beauté de ton regard, que je ne pourrais plus me passer de ta chaleur et du plaisir viscérale de te détruire lentement. Parce que je sais aujourd’hui, alors que ces mots résonnent encore avec une vivacité qui m’échappe dans mon crâne, que si tu venais à partir, si tu venais à m’abandonner comme le reste du monde, je te tuerais sûrement de mes propres mains. Je t'emmènerais avec moi dans l’abîme et je peux te jurer que tu n’en ressortiras plus jamais. « Je comprends. » Ce n’est plus qu’un murmure fugace, pour ne pas briser cet instant qui me semble presque irréel. Presque rêveur. J’ai l’impression d’avoir trouvé une place dans ce monde. À tes côtés. À te regarder lentement chuter avec moi dans l’obscurité lancinante qui nous enlace.

Mon regard suit rapidement le tien jusqu’à ta main déchirée par la crainte. Le sourire qui se loge une place sur mes lèvres pleines en est presque trop tendre pour venir de moi. Presque trop fasciné par ce sang qui s’échappe de ta peau pour pouvoir prétendre être encore sain d’esprit. Mes iris céruléens se font happer par les tiens, ta bouche se referme sur la mienne, quémandeuse d’une attention toute particulière que je suis bien prêt à lui offrir, tes doigts se logent entre mes cuisses pour m’arracher un frisson de plaisir malsain, un gémissement étouffé d’envie. Mais c’est ton sourire qui achève lentement mes convictions. Ton regard épuisé. Tes yeux pleins de larme qui me lorgne avec une intensité étouffante. C’est eux qui me bercent dans cette défaite assumée, dans cette volonté de craquer enfin et de te donner ce que tu souhaites. C’est eux qui font pencher la balance vers toi. Merde. Un grognement appréciateur s’échappe de ma gorge. La situation est bien trop agréable, bien trop plaisante. T’entendre me supplier de la sorte ne m’aide clairement pas à garder le contrôle sur mes émotions, sur mes envies dévastatrices. J’inspire. J’expire. Je laisse mon regard parcourir une dernière fois ton visage, imprégnant au fond de mes pupilles cet air d’animal détruit qui s’y est logé une place. « Reste là. Je vais t’en chercher. Je n’en ai pas pour longtemps. » Soumission. Acceptation. Enfin. Je cède avec bien trop de facilité. À tel point que je me demande qui a vraiment perdu cette partie, aujourd’hui. Qui en est vraiment victime. Ma main vient agripper doucement la tienne, pour déposer un baiser sur ta blessure, pour goûter le sang qui y coule avec bien trop de plaisir. À contre coeur, mon corps se détache, ne lâchant ton regard qu’au dernier instant. Ta chaleur commence déjà à me manquer, et je me sens pressé le pas à l’extérieur de mon modeste studio pour ouvrir le premier compteur électrique que je croise. Mes doigts emprisonnent trois petits sachets de cocaïne, trois petites doses qui seront sûrement suffisante pour te ramener entier auprès de moi. Pour continuer ce petit jeu lorsque tu auras enfin quitté la réalité de l’instant. Une tout de suite. Deux, peut-être. Si tu quémandes. La troisième, plus tard. Lorsque le manque recommencera à creuser sa place. Lorsque nos coeurs bien trop stupide auront fini de battre à l’unisson.

Mes jambes me ramènent vers toi, vers l’intérieur de ce studio, vers l’enfer que tu me promets à travers tes yeux. Trop pressé de te retrouver, trop pressé de contempler une nouvelle fois ce visage baigné de larme et bordé de panique. Trop dépendant. Trop accro. Trop de tout. Ou pas assez. Je ne sais même plus vraiment. En silence, alors que je me replace sur le canapé à tes côtés, je te tends la première dose dans un sourire cruel. Retourne avec moi dans l’abîme, James. Reviens moi entier, et rejoue moi cette mélodie agaçante que tu as entamé avec ces deux simples mots. Avec ce je t’aime meurtrier.



_________________

THE DEVIL'S REJECTS
ANAPHORE
Revenir en haut Aller en bas
En ligne
Administrateur
avatar

is in Reykjavik, Iceland
come and chill out with us
http://walk-on-ice.forumactif.com/t89-james-morkson-little-lion-

Pseudo : gavroche
Messages : 346
depuis le : 30/03/2018
Avatar : Jamie Campbell Bower
Points : 1330
A Reykjavik depuis : toujours
Âge du perso : 25 ans
Emploi/études : réalisateur en animation

MessageSujet: Re: set me free | Jamesy 26.06.18 16:43

Il est loin d’avoir peur. Loin d’avoir peur de lui. Quelque part, le regard glacé lui murmure que tout ce pathétisme ne fait que le rendre plus intéressant à ses yeux. Qu’il ne se sent pas menacé. Qu’il ne se sent pas pris au piège. Qu’il n’est pas prêt de partir. Ou de le laisser partir. Et quand la pression sur sa taille se fait plus forte après qu’il ait dit ces mots qui ont tant de sens et pourtant si peu, il rit un peu, doucement, presque comme un enfant. Oui, il l’aime. A sa façon. Comme on aime un jouet trop longtemps attendu. Comme on aime la drogue qui nous détruit. Et ses réactions lui murmurent qu’il est loin d’être indifférent à ce fait. Tant mieux. C’est bien plus amusant quand les jeux se jouent à deux. Même si la case finale est toujours la mort.

Ses doigts pianotent sur la mâchoire de son compagnon d’infortune, tremblants, avant d’aller déchirer sa propre peau, avant de lui rappeler qu’il est dévoré par le manque, parce que quelques secondes, dans ces yeux bleus sans fond, il s’avise de l’oublier, il s’avise de se dire qu’il n’a besoin de rien d’autre que ces baisers, que ces caresses, que ces mots doux, que cette compréhension mutuelle, que cette acceptation tacite, que cette dépendance malsaine. Son corps est loin d’être d’accord avec lui, et son instinct de fuite reprend le dessus sur ses divagations sentimentales, mais jamais sans oublier qui est sous ses baisers, qui ses doigts vont caresser pour obtenir son dû. Non, ce n’est pas comme d’habitude. C’est loin d’être simplement de la manipulation facile. C’est le monstre qui joue et l’autre monstre qui laisse jouer. C’est une demande sans masque.

Le gémissement, le regard, le grognement. Ses hanches font un mouvement provocateur alors qu’il ne détourne pas les yeux, alors qu’il continue de sourire, alors qu’il admire l’admission de défaite dans son regard. Il a perdu. Quelque part au fond de lui, quelque chose ressemblant à de la fierté met une pichenette à la haine de soi qui l’étouffe encore. Ce n’est pas grand-chose, et pourtant c’est tout, alors qu’il l’admire quand il essaie de se contrôler, alors qu’il imite le bruit de ses inspirations dans une moquerie à peine dissimulée, dans un sourire mauvais. Craque, Aleks. Craque et laisse-le revenir te hanter. Et quand il parle, quand il obtempère, le sourire ne fait qu’augmenter, et il ne se fait pas prier pour se décaler, pour le libérer d’entre ses cuisses, trop impatient de recommencer à vivre, de recommencer à mourir à petits feux.

Le baiser sur sa main lui arrache un frisson qu’il sait invitant, qu’il sait déclenchant bien plus quand son corps n’est pas cet amas inutile de peau et d’os, et il rit un peu, de ce rire fatigué, fou, mais satisfait. Tout dans l’homme qui va l’aider est malsain, et il sait que n’importe qui aurait fui depuis bien longtemps. Mais pas lui. Lui le laisse le détruire, bientôt avec le sourire. Lui est bien plus intéressé par la possibilité de le détruire à son tour. « Merci. » C’est loin de sonner comme un merci, alors que l’albinos a déjà franchi le pas de la porte. C’est plus un « j’ai gagné ». C’est plus un « enfin ». C’est plus une provocation. Et il a l’impression qu’une infinité passé entre le moment où il sort et le moment où il revient, il a l’impression que le froid est revenu alors qu’il claque des dents de nouveau, alors qu’il se recroqueville de nouveau. Privé de la chaleur d’Aleks, privé de son oxygène à voler. Il meurt, une dernière fois.

Ses yeux ne se rouvrent que quand le canapé ne s’affaisse à ses côtés, et son regard rencontre le sourire cruel avant quoique ce soit d’autre. Perdu. Puis il le voit. Il voit la poudre, et plus rien n’a d’importance, pendant quelques secondes, alors que sa main vient arracher le sachet de celles du dealer, alors qu’il l’ouvre frénétiquement en se laissant glisser du canapé pour se mettre au niveau de la table basse, alors qu’il récupère la première surface plane possible et verse le sachet en une ligne tremblante. Tant qu’à revivre, autant faire ça correctement. Efficacement. Un billet fera l’affaire. Un, deux, trois, et enfin son souffle revient, ses yeux se ferment.

La panique dans son cœur est soudainement engourdie, rétrécit à vue d’œil, l’euphorie si familière et tentatrice venant se loger une petite place au lieu d’elle. Chacun de ses muscles semble se détendre peu à peu, et il est presque persuadé d’entendre les petites voix insultantes se transformer en berceuse. Même ses poumons semblent arrêter de brûler. Quand il sent la douleur étrange dans sa main, celle causée par ses propres ongles, il sait qu’il a réussi à engourdir toutes les douleurs internes. Tant de choses dans une si petite ligne. Alors enfin ses yeux se rouvrent, ses pupilles se dilatant à vue d’œil en se posant sur l’objet de son salut. Quelques millièmes de secondes où il a l’impression qu’il ne pourra jamais assez le remercier, avant que son nez ne se fronce, avant qu’une sensation désagréable ne se loge au creux de ses reins. La couleur n’est pas encore exacte. Les cheveux ne sont pas assez clairs, pas assez brillants. Ou trop, peut être. Il en manque encore. Juste un peu. Un tout petit peu. Plus. Le monde est redevenu non-réel, mais il est toujours terne.

C’est bien moins difficile, de se redresser. Bien moins compliqué, de revenir à califourchon sur lui pour poser ses mains sur son pantalon. Sur ses poches. A la recherche de la cerise sur le gâteau. Et ses lèvres viennent frôler leurs jumelles alors que le sourire sans masque revient se loger dessus, alors que sa fouille s’avère inutile sans qu’il ne s’en étonne, alors que ses hanches reviennent provoquer le corps de l’autre, que sa main blessée ne se repose sur sa mâchoire. « Encore. » C’est tendre. Un nouveau je t’aime, peut être. Une nouvelle demande. Une nouvelle supplication. Pas la dernière, parce qu’il y en aura d’autres. Des centaines, probablement. Parce qu’il n’en aura jamais assez. Parce qu’Aleks est une drogue, et qu’elle est en train de devenir sa favorite.
(c) AMIANTE

_________________
icarus is flying too close to the sun
is this how it feels to take a fall? icarus is flying towards an early grave. ▬ never regret thy fall, O icarus of the fearless flight, for the greatest tragedy of them all is never to feel the burning light. - OW
Revenir en haut Aller en bas
MEMBRE Soren/Aleksy
avatar

is in Reykjavik, Iceland
come and chill out with us
http://walk-on-ice.forumactif.com/t346-aleksy-just-say-yes

Pseudo : Froggy'
Messages : 228
depuis le : 13/05/2018
Avatar : Lucky Blue Smith
Points : 747
A Reykjavik depuis : Moins de six mois
Âge du perso : 23 ans
Emploi/études : Dealer, escroc, menteur

MessageSujet: Re: set me free | Jamesy 28.06.18 12:48



Set me free
James ξ Aleksy

Cet instant est presque irréel.


Presque parfait. La chaleur de ton corps tremblant me rend bien trop sensible, bien trop dépendant de ton regard posé sur moi. De ton sourire, de tes soupirs ravageurs, de tes larmes magnifiques. Mais le manque, lui, est toujours là. Il se glisse dans tes veines avec une telle force que tu ne parviens même plus à lui résister, à retenir cette main nerveuse qui gratte ta peau. Mon regard ne quitte le tien que pour plonger dans cette douleur que tu t’infliges, fasciné par ce simple geste destructeur. Et lorsqu’enfin je cède, lorsqu’enfin je me sens perdre lentement la carte devant tes gestes aventureux, tu pousses le vice à bouger tes hanches contre les miennes. Le frisson brûlant qui me prend est brutal et, l’espace d’un instant, le doute s'immisce dans mon esprit. L’espace de quelques secondes, avant que le plaisir n’y reprenne ses droits. Avant que l’envie de te retrouver entier ne vienne se gratter une nouvelle place au creux de mon être. À quel moment suis-je devenu aussi dépendant ? À quel moment suis-je devenu aussi soumis à ce regard intense qui me transperce ? À quel moment suis-je tombé amoureux de toi ? Peut-être bien avant cette nuit. Peut-être pas. Peu importe vraiment. Cette défaite n’en est même plus amère, tant le plaisir de te voir aussi pitoyable, aussi quémandeur, aussi offert à mon bon vouloir est viscérale. Tant je peine à garder le contrôle sur cette fascination morbide qui enlace chacun de mes sens. Tant le manque qui se crée lentement dans mes veines lorsque je m’éloigne de toi est cruel. Entêtant. Cynique. Le merci qui résonne dans mon dos m’arrache un rire léger, bien trop franc et honnête. J’ai perdu. Tu le sais. Je le sais. Et je m’en contrefou. C’est étrange, pourtant. J’ai toujours détesté perdre. Mais devant toi, devant ce sourire emprunt de folie qui se glisse sur tes lèvres, j’accepterais de perdre encore et encore si tu me récompenses de ta présence. Si tu acceptes de m’appartenir, autant que je t’appartiens.

La came que je te tends d’une main tyrannique, tu me l’arraches d’un geste sec. Mon sourire s’étire encore un peu plus sur mes lèvres pleines, alors que je contemple avec une pointe d’amusement tes gestes nerveux, ta tentative désespérée de retrouver le monde idéal que te promets cette petite poudre. Je me penche légèrement en avant pour glisser mes doigts sur ta nuque invitante, quand bien même tu es sûrement bien trop concentré pour la sentir, quand bien même tu t’en fiches probablement. Ce simple contact me donne l’impression d’être celui pour qui tu trembles autant. D’être celui dont tu ne pourras plus te passer. Parce que cette dépendance, la mienne, elle se fait vicieuse dans mon esprit. Entêtante. Possessive. Mon ongle racle ta peau, mon regard ne quitte pas une seconde cet air de soulagement qui se dessine sur ton visage, mes lèvres s’étirent dans un sourire presque charmé pour la cause. C’est dommage, tu sais ? De perdre ces larmes et cette angoisse qui te parcouraient, bien trop vite remplacé par une reconnaissance presque tacite. Une reconnaissance qui m’arrache un frisson sauvage, alors que tes yeux percutent les miens avec insistance.

Ton nez se fronce, et je n’ai même pas besoin de tes paroles pour comprendre le besoin qui te traverse. Tu en veux encore. Tu veux te plonger encore un peu plus dans le rêve, un peu moins dans la réalité. Tes gestes se font plus naturel, moins pressé lorsque tu grimpes à nouveau sur moi, lorsque ta main se loge rapidement au creux de mes cuisses, lorsque tes doigts fouillent les poches avant de mon jean sans trouver l’objet de ton désir, lorsque tes hanches reviennent agacer les miennes dans une danse invitante, charnelle, dans une promesse à laquelle je me sens trop prêt de céder. Tes lèvres frôlent les miennes, un élan de frustration me parcourt les veines. Putain. Mon bras s’enroule lourdement autour de ta taille pour rapprocher ton bassin sans aucune douceur, pour fondre ton corps dans le mien, alors que ma main libre se creuse une place dans ton cou griffé par l’angoisse. Ma bouche part s’y loger rapidement, pour embrasser chaque blessure, pour laisser mes dents en infliger des nouvelles. Les miennes. Ma marque sur toi. Non, je ne vais pas te donner cette deuxième dose sans un paiement valable. Parce que si tu gagnais tout, tout de suite, ce serait trop facile. Parce que le jeu ne doit pas se perdre dans cet échange à la tendresse étouffante. Parce qu’au fond, j’aime te voir ainsi, j’aime voir ce sourire sans façade que tu me lances, j’aime ce mot qui résonne comme un je t’aime meurtrier à mes oreilles. « Il va falloir être un peu plus convaincant, cette fois. » Même si j’ai déjà perdu. Même si tu le sais sûrement. Même si cette deuxième dose, je l’avais déjà prévu. Même si elle est coincée à l’intérieur de la poche arrière de mon jean, peut-être le seul que tu n’as pas fouillé dans la brume invitante qui t’enlace l’esprit.

_________________

THE DEVIL'S REJECTS
ANAPHORE
Revenir en haut Aller en bas
En ligne
Administrateur
avatar

is in Reykjavik, Iceland
come and chill out with us
http://walk-on-ice.forumactif.com/t89-james-morkson-little-lion-

Pseudo : gavroche
Messages : 346
depuis le : 30/03/2018
Avatar : Jamie Campbell Bower
Points : 1330
A Reykjavik depuis : toujours
Âge du perso : 25 ans
Emploi/études : réalisateur en animation

MessageSujet: Re: set me free | Jamesy 01.07.18 23:25

Son rire lui arrache un nouveau sourire presque heureux, presqu’humain. Parce qu’il est si franc, si étrange depuis les lèvres d’Aleks, si inhabituel. Si unique. Sa fierté grandit un peu, à peine, alors qu’il comprend qu’il réussit à amuser le dealer avec une perte de jeu, qu’il arrive à lui prendre le contrôle qu’il garde pourtant constamment de façon à ce que ça lui plaise. Peut être qu’enlever le masque est le meilleur choix qu’il pouvait faire. Peut être que c’est le début de quelque chose de merveilleusement horrible. Il l’espère, en tout cas, alors que dans son angoisse il dessine son visage, que dans sa solitude retrouvée il imagine sa présence.

Et il sent à peine la présence dans sa nuque, mais quelque part, dans son cerveau, elle se lie automatiquement aux sensations de la coke, à toutes ses choses dont sa survie dépend. Elle devient une partie du rituel qui permet de fuir la réalité, une nouvelle pierre à l’édifice des dépendances et des choses qu’il cherchera en marchant dans la rue, en ouvrant les yeux le matin, en se réveillant dans la nuit, en parlant avec des gens, en bougeant, en vivant, en respirant. La main glaciale dans sa nuque et sur sa gorge, le souffle chaud contre sa peau, contre ses lèvres. Le sadisme du regard qui le scrute et le dissèque comme s’il était une expérience bien trop intéressante pour la cause. Aleks, en général. Aleks qui lui déchire la peau, et qui le fait sourire.

Mais le manque est toujours là, et s’il se sait aussi accroc à l’albinos désespéré que vivant, il lui semble important de profiter de la baisse des masques, de pouvoir se laisser aller à être qui il est sans peur de fuite, de pouvoir agir sans le voile de menace du retour de l’angoisse que le manque procure encore, un peu, à peine. Presque rien. Ce n’est presque rien, qu’il lui faut. Et pourtant c’est presque tout. Et il n’y a qu’une personne qui peut lui donner ce qu’il désire, et bien plus encore. Alors il revient à la charge. Alors il joue avec lui comme il s’était joué de lui. Alors il laisse ses instincts monstrueux appâter le monstre.

Et quand son corps est rapproché brutalement, un frisson de plaisir parcoure sa colonne vertébrale, et il rit doucement. Ca marche, au moins. Il peut avoir ce qu’il veut, tout ce qu’il veut, absolument tout. Ses deux nouvelles drogues préférées. Et les lèvres dans son cou, les crocs sur ses blessures lui arrachent un petit soupir satisfait alors que sa main vient se loger sur la nuque de l’albinos, alors qu’il doit empêcher son corps de reprendre la danse pour ne pas jouer toutes ses cartes trop vite. Parce qu’il le connaît assez pour savoir qu’il ne craquera pas aussi facilement, même s’il craquera. Parce qu’il l’estime assez pour savoir ça.

« Mince alors. » C’est arrogant et moqueur, parce que c’était évident, parce qu’ils se comprennent déjà trop bien, parce que la main qu’il avait laissé sur le pantalon d’Aleks s’active déjà à détacher les boutons de son jean et que le sourire n’arrive plus à le quitter tant la situation lui semble idéale, parfaite. Quel meilleur moyen de retourner à sa propre réalité illusoire qu’en assouvissant un nouveau manque, qu’en appartenant à celui qu’il voulait, même dans ses délires ? Il ne sait pas à quel moment les choses ont dérapées, mais elles ont dérapé. Et il est accroc à sa possession autant qu’en le fait de le posséder. Et là, en cet instant précis, en le sentant si réactif, en le sachant si fébrile, en se souvenant du manque qu’il semble dégager depuis qu’il est entré dans la pièce, il lui appartient.

Alors les caresses ne tardent pas à se faire suaves, pressantes, douces et trop lentes à la fois. La main dans sa nuque s’accroche à une touffe de cheveux pour tirer son visage en arrière, sans se soucier des dents encore dans sa peau, pour pouvoir lui prendre un baiser, une dernière goutte de désespoir, une supplication qui n’a pas besoin de mots. Encore, et plus. Je peux payer maintenant. Je veux payer maintenant. « S’il vous plaît monsieur ? Ou on a dépassé ça, Aleks ? » C’est moqueur, de nouveau. Mais c’est tendre, aussi. Quand son prénom roule sur sa langue, il a l’impression de murmurer des mots d’amour, et des menaces. La folie ne semble pas vouloir les quitter, quitter leurs regards, quitter leurs gestes. Alors ses hanches reprennent leurs provocations alors que sa main libre passe de la nuque à la joue, pour que son pouce puisse de nouveau tracer les contours de son œil, de cet œil qu’il avait voulu faire sien. Et son sourire grandit un peu encore. Parce qu’il est sien, dans un sens.
(c) AMIANTE

_________________
icarus is flying too close to the sun
is this how it feels to take a fall? icarus is flying towards an early grave. ▬ never regret thy fall, O icarus of the fearless flight, for the greatest tragedy of them all is never to feel the burning light. - OW
Revenir en haut Aller en bas
MEMBRE Soren/Aleksy
avatar

is in Reykjavik, Iceland
come and chill out with us
http://walk-on-ice.forumactif.com/t346-aleksy-just-say-yes

Pseudo : Froggy'
Messages : 228
depuis le : 13/05/2018
Avatar : Lucky Blue Smith
Points : 747
A Reykjavik depuis : Moins de six mois
Âge du perso : 23 ans
Emploi/études : Dealer, escroc, menteur

MessageSujet: Re: set me free | Jamesy 02.07.18 17:47



Set me free
James ξ Aleksy

Ce sourire va me rendre dingue.

Sans masque. Sans barrière agaçante, alors que l’on sait tout les deux qu’une nouvelle dépendance c’est créé, qu’il sera bien plus difficile de s’en passer, que je perds lentement le contrôle de ma vie et que j’aime ça. Bien plus que tout le reste. Malgré cette arrogance lancinante dans ton regard. Malgré cette victoire offerte sur un plateau d’argent. Malgré tout, et surtout malgré toi. Une première défaite, sûrement pas la dernière. Une de celle qui fait glisser un sentiment de contentement au creux de mes veines. Ça, je peux avouer sans peine qu’il s’agit d’une première. Mes mains se font pressante sur ta peau, agaçantes et sournoises. Elles glissent lentement sous ton haut, sur cette gorge invitante qui appelle sans cesse mes crocs, qui me pousse toujours à vouloir la marquer comme mienne. À vouloir te marquer comme mien. Comme un jouet qui se façonne lentement sous mes doigts. Comme une poupée de chiffon que je ne laisserais à personne. Le frisson de plaisir qui te parcourt ne m’échappe pas, mes lèvres s’étirant dans un sourire satisfait. Tu es sûrement prêt à payer, maintenant. Tu en es sûrement capable. Tu en as sûrement envie, tout autant que moi. Même le son de ta voix, arrogant et joueur, me pousse à m’embarquer encore un peu plus loin dans cette folie malsaine qui nous dévore les sens.

Tes mains déboutonnent rapidement mon jean, tes caresses se font plus poussée, plus suave, plus agréable encore. Et j’en oublie presque leur raison, j’en oublie presque que ce que tu cherches, à l’instant, c’est ce petit sachet étroitement planqué dans la poche arrière de mon pantalon. Une torture lancinante, une douceur déchirant mon âme morceau par morceau. Mes ongles se perdent un instant sur ton dos, à la fois fier et égoïste d’y laisser de nouvelles traces, de pouvoir, après tout ce temps passé loin de toi, rappeler à ton corps à qui il appartient. Te rappeler constamment que le plaisir, l’enfer, le soulagement, c’est moi qui te l’offre, c’est moi qui en suis le maître. Même si j’ai perdu. Même si je sais déjà que cette deuxième dose, tu l’auras sans réflexion aucune. Tes doigts dans mes cheveux tirent mes crocs en arrière, m’arrachant un grognement à la fois frustré et ravie par ce baiser désespéré qui se glisse entre nos lèvres amoureuses. J’en veux plus. Plus que ces maigres caresses à la douceur étouffante. Plus que ces paroles provocantes, tendres et charmeuses à la fois. Des mots d’amours assassins, alors que mon prénom roule sur ta langue, alors que tes hanches reviennent agacer les miennes pour m’arracher un gémissement frustré, alors que ton pouce revient tracer le contour de cet iris céruléen qui ne regarde plus que toi. Qui ne veut plus que toi. Qui est de plus en plus fasciné par tout ce qu’il peut entrapercevoir. Qui est de plus en plus dépendant de ce sourire monstrueux qui se loge une place sur tes lèvres, puis sur les miennes.

« On ne dépassera jamais ça, Slut. » Même ce surnom me semble trop tendre, maintenant, alors qu’il s’échappe de ma gorge avec une cruauté sans limite. Alors qu’il résonne entre nous dans un murmure. Alors que je me rends compte de la dévotion qui s’en dégage, de ce caractère passionné et fiévreux qui l’emprunt. Ma main dans ton dos se glisse rapidement entre nous pour déboutonner ton jean, pour se glisser à l’intérieur et te retourner ces caresses étouffantes qui me brûle lentement les sens, pour permettre à mes lèvres quémandeuses de réclamer un nouveau baiser, même à travers tes potentiels soupirs, même à travers tes potentiels gémissements. Un baiser lent, chaud et bien trop emprunt de luxure, alors que mes ongles griffent lentement la peau de ta nuque, alors que ma langue part à la recherche de sa consoeur sans même attendre un accord, sans même attendre un consentement qui de toute manière, est toujours là. Tu es si réceptif, si offert à mon bon plaisir que s’en est indécent. Mes crocs mordillent lentement ta lèvre inférieur, glissant lourdement pour retrouver ta gorge, pour mordre avec plus de force la chair tendre qui s’y loge. Pour laisser des traces de mon passage, des marques que je pourrais regarder avec fierté et contentement, alors que mon bras en prise sur tes hanches te pousse sur le canapé, alors que mon corps épouse le tien avec une perfection obscène, alors que chacun de mes gestes ne semblent que te demander plus et trop à la fois.

_________________

THE DEVIL'S REJECTS
ANAPHORE
Revenir en haut Aller en bas
En ligne
Administrateur
avatar

is in Reykjavik, Iceland
come and chill out with us
http://walk-on-ice.forumactif.com/t89-james-morkson-little-lion-

Pseudo : gavroche
Messages : 346
depuis le : 30/03/2018
Avatar : Jamie Campbell Bower
Points : 1330
A Reykjavik depuis : toujours
Âge du perso : 25 ans
Emploi/études : réalisateur en animation

MessageSujet: Re: set me free | Jamesy 08.07.18 23:04


_________________
icarus is flying too close to the sun
is this how it feels to take a fall? icarus is flying towards an early grave. ▬ never regret thy fall, O icarus of the fearless flight, for the greatest tragedy of them all is never to feel the burning light. - OW
Revenir en haut Aller en bas
MEMBRE Soren/Aleksy
avatar

is in Reykjavik, Iceland
come and chill out with us
http://walk-on-ice.forumactif.com/t346-aleksy-just-say-yes

Pseudo : Froggy'
Messages : 228
depuis le : 13/05/2018
Avatar : Lucky Blue Smith
Points : 747
A Reykjavik depuis : Moins de six mois
Âge du perso : 23 ans
Emploi/études : Dealer, escroc, menteur

MessageSujet: Re: set me free | Jamesy 11.07.18 12:17


_________________

THE DEVIL'S REJECTS
ANAPHORE
Revenir en haut Aller en bas
En ligne
Administrateur
avatar

is in Reykjavik, Iceland
come and chill out with us
http://walk-on-ice.forumactif.com/t89-james-morkson-little-lion-

Pseudo : gavroche
Messages : 346
depuis le : 30/03/2018
Avatar : Jamie Campbell Bower
Points : 1330
A Reykjavik depuis : toujours
Âge du perso : 25 ans
Emploi/études : réalisateur en animation

MessageSujet: Re: set me free | Jamesy 14.07.18 19:46

(c) AMIANTE

_________________
icarus is flying too close to the sun
is this how it feels to take a fall? icarus is flying towards an early grave. ▬ never regret thy fall, O icarus of the fearless flight, for the greatest tragedy of them all is never to feel the burning light. - OW
Revenir en haut Aller en bas
MEMBRE Soren/Aleksy
avatar

is in Reykjavik, Iceland
come and chill out with us
http://walk-on-ice.forumactif.com/t346-aleksy-just-say-yes

Pseudo : Froggy'
Messages : 228
depuis le : 13/05/2018
Avatar : Lucky Blue Smith
Points : 747
A Reykjavik depuis : Moins de six mois
Âge du perso : 23 ans
Emploi/études : Dealer, escroc, menteur

MessageSujet: Re: set me free | Jamesy Hier à 23:26


_________________

THE DEVIL'S REJECTS
ANAPHORE
Revenir en haut Aller en bas
En ligne
Administrateur
avatar

is in Reykjavik, Iceland
come and chill out with us
http://walk-on-ice.forumactif.com/t89-james-morkson-little-lion-

Pseudo : gavroche
Messages : 346
depuis le : 30/03/2018
Avatar : Jamie Campbell Bower
Points : 1330
A Reykjavik depuis : toujours
Âge du perso : 25 ans
Emploi/études : réalisateur en animation

MessageSujet: Re: set me free | Jamesy Aujourd'hui à 1:11

(c) AMIANTE

_________________
icarus is flying too close to the sun
is this how it feels to take a fall? icarus is flying towards an early grave. ▬ never regret thy fall, O icarus of the fearless flight, for the greatest tragedy of them all is never to feel the burning light. - OW
Revenir en haut Aller en bas
MEMBRE Soren/Aleksy
avatar

is in Reykjavik, Iceland
come and chill out with us
http://walk-on-ice.forumactif.com/t346-aleksy-just-say-yes

Pseudo : Froggy'
Messages : 228
depuis le : 13/05/2018
Avatar : Lucky Blue Smith
Points : 747
A Reykjavik depuis : Moins de six mois
Âge du perso : 23 ans
Emploi/études : Dealer, escroc, menteur

MessageSujet: Re: set me free | Jamesy Aujourd'hui à 21:52


_________________

THE DEVIL'S REJECTS
ANAPHORE
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé
is in Reykjavik, Iceland
come and chill out with us


MessageSujet: Re: set me free | Jamesy

Revenir en haut Aller en bas
set me free | Jamesy
Revenir en haut
Page 1 sur 1
Sujets similaires
-
» Enfin.... : Passage en Free to Play « imminent » en Europe
» The Détroit Free Press : Couverture complète des Wings
» The Imperial Gift FREE L5R Cards!‏
» Clem Free, frère en service
» 10 eme hussard FREE !!!

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Walk on Ice ::  :: Residential Area :: Appartements-
Sauter vers: