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Murphy's Law | Elìde

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MessageSujet: Murphy's Law | Elìde 23.06.18 18:45


Murphy's Law
Elì & Verde

« S'il existe au moins deux façons de faire quelque chose et qu'au moins l'une de ces façons peut entraîner une catastrophe, il se trouvera forcément quelqu'un quelque part pour emprunter cette voie. »
Il y a des jours, comme celui ci, où tout va mal.

Quoi que l’on fasse, quoi que l’on essai de faire, les choses n’avancent que de pire en pire. Comment ma tante disait, déjà ? Ah oui. C’est la loie de Murphy. Tout ce qui est susceptible de mal tourner, tournera mal. C’est un peu le résumé de ma vie entière, j’ai l’impression. Mon regard se perd avec horreur sur le carnage ambiant. La peinture qui s’étale devant mes yeux, sur le parquet vitrifié de ma chambre, m’arrache un crie bien trop aiguë pour être masculin. Mais pourquoi ? Juste. Pourquoi ? Pourquoi ce chat est venu se frotter à mon pot de peinture ? Pourquoi j’ai essayé de le rattraper alors que je savais, au fond de moi, que cela n'arrangerait rien ? Pourquoi a-t-il fallu que ma main glisse et ouvre l'opercule dans le même geste ? Pourquoi est-ce que je prends toujours la pire décision possible ? Pris d’une panique soudaine, j’essaie de rattraper le contenue de mon pot à la va vite, agrippant le premier bout de tissu qui me passe sous la main. Un juron me traverse la gorge lorsque je m'aperçois qu’il s’agit de mon précieux t-shirt, l’un des seuls que j’apprécie dans le maigre contenu de ma garde robe, le seul qui n’est ni trop grand, ni trop petit. Il est foutu, maintenant. Totalement et absolument foutu par cette grande tache de vert émeraude qui s’imbibe de plus en plus dans le tissu. Mon regard paniqué s’ancre rapidement sur le petit radio réveil qui m’indique un retard de plus en plus grand, de plus en plus difficile à camoufler, alors que je tente maladroitement de rattraper mes bêtises tant bien que mal. Peine perdu. Même Pistache ne semble pas disposée à m’aider, puisqu’elle est désormais joyeusement en train de marcher dans la peinture pour laisser ses pattes colorer le reste du parquet.

C’est génial. Vraiment génial.

Ma tante va me tuer. Elle va m’arracher le crâne, me hurler dessus pendant des heures et… Non. J’inspire, j’expire. J’essai d’apaiser cet élan de stress viscérale qui gonfle dans ma poitrine. Non, ma tante a l’habitude. Ce n’est pas la première fois qu’elle se voit obligée de faire prendre une douche d’infortune à notre chat. Ce n’est pas la première fois qu’elle me voit paniquer stupidement pour un pot de peinture renversé maladroitement sur le tapis, sur le parquet, sur la tapisserie, même. Alors ma voix coincée se met à crier son nom, l’appelant à l’aide, espérant qu’elle ne m’en veuille pas trop pour être aussi stupide, aussi maladroit qu’un enfant de quatre ans dans un magasin de porcelaine. Et lorsqu’elle arrive enfin, lorsqu’elle éclate d’un rire bruyant en voyant l’état pitoyable dans lequel je me trouve, je laisse cette cascade d’amusement laver lentement mon angoisse. Un sourire idiot se dessine sur mes lèvres, à la fois heureux et soulagé. C’est à se demander comment je parviens à pondre des toiles aussi net et précise, alors que je ne suis pas foutu de garder mon matériel intact. Il nous faut bien une bonne heure pour nettoyer le désastre, pour prendre une douche à une Pistache récalcitrante, pour me laisser le soin de me préparer en vitesse, sans même prêter attention à mon allure débraillée. Parce que j’ai déjà beaucoup trop de retard. Parce que je n’aime pas ça. Et parce que l’impatience de te revoir se mue désormais en une frustration lancinante. Mes pas me guident rapidement vers l’extérieur, inconscient de toutes ces taches de couleurs qui me parsèment les mains, inconscient de les voir également clairsemer mes joues d'une large trace d'un vert émeraude.

Et c’est presque rouge de honte, le souffle coupé d’avoir trop couru, de m’être trop pressé pour te rejoindre que je grimpe les marches qui m’emmènent jusqu’à chez toi, que je frappe lourdement contre ta porte, que je te lance un regard pitoyable d’excuse lorsque tu m’ouvres enfin le battant. « Pardon pour le retard, j’ai dû... » Ma voix est trop éraillée, trop coincée dans ma gorge pour être compréhensible. J’inspire, j’expire. J’essai de reprendre une respiration plus apaisée, plus crédible alors qu’une chaleur gênée me dévore lentement les joues. « J’ai dû rattraper une catastrophe. » Moi-même en l'occurrence. Et un pot de peinture étalé maladroitement sur le parquet de ma chambre.

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MessageSujet: Re: Murphy's Law | Elìde 28.06.18 10:19




MURPHY'S LAW

« Quand tu auras besoin d'aide, je serais là. Quand tu aurais besoin d'un toit, je serais là. Quand tu auras besoin d'un ami, je serais là. Quand tu auras besoin de quelque chose, je serais là. Toujours. »


La vie est faite de choix.
Cela ne l’avait jamais dérangé de passer la moitié de sa nuit à lire des documents à la place de dormir. Cela ne l’avait jamais dérangé de dormir moins de 5h par nuit. Par contre, ça avait toujours dérangé son entourage, inquiet pour sa santé à chaque fois que le jeune homme rentrait dans sa phase d’insomnie, comme à ce moment. Vous devez le comprendre, il vient de devenir avocat. Il a peu à se soucier du fait de dormir : Tout ce qu’il veux, c’est lire ces documents et les comprendre. Il a tant de dossier à lire, tant à prendre en considération, avec Aodhan qui lui donne beaucoup de travail aussi. Tant de choses à faire, dans des journées si courtes. Tant de choses à donner, à compléter, à écrire. Il n’a pas de temps à perdre à dormir. Non, Elì n’était décidément pas du genre à prendre beaucoup de temps pour soi. Pourtant, ce n’était pas par plaisir, mais pas pur ambitieux et détermination de vouloir toujours plus. Car l’échec n’était pas une solution. Car le simple fait d’abandonner était synonyme d’échec pour lui et que l’échec, ça craignait. Ça lui faisait horriblement peur. Alors il travaillait dur pour ne jamais tomber. Pour ne jamais se sentir en situation d’échec. Sa détermination allait un jour lui pourrir sa vie, mais pour le moment, il brillait. Il voulait devenir l’un des meilleurs avocats, et il devait commencer maintenant. Et si ce n’était pas des messages envoyés à 4h du matin à une des seuls personnes qui pouvait le résonner, il serait sans doute en train de travailler encore ce matin, à la place de se reposer. Mais depuis qu’il connaissait Verde, ce dernier avait une emprise, faute de mot, sur lui puissante. Une emprise, un contrôle pour venir apaiser ses craintes et lui dire de prendre du temps pour dormir. Et avec son aide, avec ces messages, il finissait par s’endormir. Peut-être qu’au fond, Verde était magique. Cela expliquerait beaucoup de choses.

Alors ce matin-là, quand il avait ouvert les yeux, il avait encore une fois rit en voyant ces messages échangés avec le jeune homme. Verde pouvait le faire rire même en se levant. Il alla s’habiller, puis partit nourrir son chaton, Malyka, avant qu’elle ne vienne d’elle-même quémander de l’attention. Son regard parcourra son appartement, souriant en venant glisser sa main sous Malyka pour la prendre contre lui. Cela faisait désormais quelques années que le jeune homme habitait seul en appartement et au fond, la solitude ne l’avait jamais dérangé. Même que Elì avait cherché la solitude, durant ses études en droit, préférant étudier dans son coin que à plusieurs pour limiter les distractions. Il était plutôt un garçon introverti, n’ayant pas besoin d’une tonne d’amis pour se sentir bien. Il avait juste besoin de se sentir… Vous savez, unique. Qu’il apportait quelque chose de bien dans la relation, quelque chose que la personne ne ressentait qu’en sa présence. Or, avec Athena, par exemple, il s’était vite sentit complètement à côté dans tout, comparé à Finn qui semblait si parfait à ses yeux. Et il ne pouvait pas vivre comme ça. Comme une deuxième choix. Ses lèvres vinrent se poser sur le museau de son chaton, la reposant pour qu’elle aille manger, alors qu’il se préparait son déjeuner. Oh Athena… Leur amour était loin désormais, mais jamais il n’avait pu avancer. Son cœur était resté accroché à elle depuis tout son temps. Son âme était destinée à n’aimer qu’une personne à la fois, tellement fort que cela pouvait le détruire… Comme Athena l’avait détruit, à un moment. La jalousie embarquait  en repensant à Finn, et il tira la langue en grognant. Ce même dégout venait quand il voyait Verde aussi proche d’un certain Julian. Peut-être qu’il avait réellement un problème avec ces amitiés et c’est pour ça qu’il avait peur d’amis… Sa jalousie était vraiment grande lorsque cela concernait les gens qu’il aimait. La possessivité, aussi, rentrait en compte. Oui, il était excessif, vous pouvez le dire.

Son mouvement fut trop rapide, et le bruit sonore que fut sa tasse sur le sol fit sursauté son chaton qui s’enfuit en courant. La tasse, en mille morceaux désormais, jonchait sur le sol, alors que Elì fixait le tout, blasé. Sa maladresse le tuerait un jour. Il secoua la tête, puis en ramassant le tout, il se coupa même par inadvertance un doigt. Il jura, puis alla tout jeter à la poubelle avant de se soigner le doigt, l’entourant bien comme il le fallait d’un pansement, avant d’aller retrouver Malyka pour la rassurer. Il retourna dans la cuisine et finit de manger avec Malyka sur ses cuisses. Ce ne fut que plus tard dans la journée, en voyant l’heure que le jeune homme remarqua que, le temps passait et que Verde n’arrivait toujours pas.

Inquiet facilement, le jeune avocat pouvait faire le tour de son appartement une dizaine de fois lorsque ses pensées catastrophes arrivaient, comme en ce moment en voyant le temps filé et aucun message de son ami. Des pensées comme « il a eu un accident » ou encore « il doit s’être fait encore une fois agresser par des gars » surgissaient de tout part. Ouais, le jeune homme pouvait vite paniquer pour un rien. Suffissait de quelques minutes de retard pour faire en sorte que Elì fasse le tour de son appartement en se demandant quoi faire. Aller chez lui? Oui, mais s’il arrivait pendant ce temps? Et s’il avait eu un accident? C’était en jurant que le jeune homme sursauta quand il entendit cogner à sa porte. Se tournant vivement vers celle-ci, il alla ouvrir la porte rapidement pour voir Verde devant lui. Ce fut, en premier lieu, un soupir de soulagement qui traversa tout son corps, alors qu’il passait sa main dans ses cheveux pour les replacer. « Tu es là, Verde, j’étais inquiet! » Mais en reposant ses iris sur le jeune espagnol, il ne peut empêcher un fou-rire de le prendre brusquement en voyant l’état dans lequel était son ami. Cela lui prit brusquement, alors qu’il s’accrochait à la porte pour rire, laissant passer Verde en refermant la porte derrière lui. « La peinture t’a attaqué, Verde? Tu es magnifique! », dit-il avec une sincérité douce, ainsi qu’un rire  tout heureux. Autant il pouvait être aucunement expressif lorsqu’il adossait son rôle d’avocat, autant avec ces amis, Elì l’était énormément. Il était doué pour cacher ces secrets ou les émotions dont il ne voulait pas que ces amis se doutent qu’il vive. Oui, comme tout bon avocat, il était doué pour cacher des choses, pour porter un masque neutre et pour se taire, observateur. Mais avec Verde, il n’avait aucune raison de l’être. Elì était doué pour cacher ses secrets et c’est pour ça que peu savait pour la vie qu’avait mené Elì : Même dans ces amis, peu être au courant de ce qu’il avait vécu. Parler de lui, n’était point son fort. Mais en présence de Verde, tous ces masques tombés pour n’être que lui. Aucun secret. Aucun masque. Juste eux d’eux. Et un Elì riant en voyant l’état de son ami. « Une catastrophe? Juste ça, Verde? Qu’est-ce que la peinture à bien pu te faire pour que tu te retrouves dans un état aussi… Beau! », dit le jeune avocat, le regard brillant, voyant déjà Malyka venir se frotter contre les jambes de son ami en ronronnant de joie.

Il finit par arrêter de rire, venant passer sa main sur son visage en souriant, avant de venir glisser sa main dans le dos de Verde, tendrement. Il l’amena avec lui dans la salle de bain, lui faisant signe de s’assoir sur le bord du bain. Il chercha dans son armoire, sortit une serviette, puis il la mouilla. « Ferme les yeux, Verde. », dit Elì en souriant, avant de glisser la serviette sur le visage de son ami pour commencer à nettoyer les traces de peintures, ses mouvements se faisant rapidement doux. Affectueux et tactile, Elì avait toujours été du genre à toucher ces amis pour s’assurer qu’ils allaient bien, ou, comme présentement, de nettoyer leur visage sans gêne. De tout façon, être gêner, ce n’était décidément pas une chose que Elì connaissait. Déjà à 15 ans, lorsque James ou Bertel l’intimidait à l’école, à la place de passer son chemin, il se retournait vers eux pour leur répondre. Gêné? Le risque? Ce n’était aucunement des mots que le jeune avocat connaissait. C’était par contre des mots que Verde connaissait très bien, surtout la gêne, vu son visage rougit lorsque Elì avait ouvert la porte. Car oui, depuis qu’il était avocat, le jeune homme remarquait tout : Chaque expression, chaque émotion, chaque mensonge, ou vérité même… Il était observateur, trop même selon certains de ces amis, car cela pouvait faire en sorte que, lorsque Elì voyait ces amis, il se mettait à les observer un peu trop (presque jusqu’à les analyser) comme il le faisait avec ces clients. Vous voyez un peu le malaise que cela pouvait engendrer, mh? Observateur, oui, mais trop, c’est comme pas assez. Du coup, oui il avait bien vu la gêne dans le visage de son ami, même s’il essayait de moins être observateur en présence de ces amis pour ne pas les gêner, ou du moins, de ne pas relevé ce qu’il observer (car oui, ça lui échappait parfois… Le malaise était créé).

Bref, j’en étais où? Oh oui! Elì était en train de nettoyer le visage de son ami, donc, et la serviette, avant blanche, était désormais parsemée de tâches de peinture. Il finit de nettoyer le visage de son ami, souriant, et passa la serviette sous l’eau pour la nettoyer, pour ensuite pouvoir passer aux bras de son ami, se mettant à genoux devant lui pour que ce soit mieux accessible. « Alors, Verde, comment ça c’est produit tout ça? Qu’est-ce qui est arrivé? », dit-il d’un ton plus doux que tout à l’heure. Il encourageait ainsi son ami à prendre la parole, car il savait combien cela pouvait être difficile à l’espagnol de parler. Pourtant, en texto, il pouvait vous écrire des romans sans aucun problème, mais dès qu’il se trouvait face à face, Verde avait plus de difficulté et le jeune avocat essayait de le dégêner, au moins avec lui, pour faciliter leurs conversations. Il faut dire que Elì avait une confiance en lui accrue, alors que son compatriote n’avait pas vraiment cette même confiance. Or, là aussi, c’était une chose que Elì voulait essayer d’agrandir chez son ami.

Malyka, n’ayant pas eu l’attention qu’elle voulait, revient se mêler à eux avec joie, venant se blottir contre les jambes de Verde, son pelage roux se frottant contre le jeune homme. L’avocat éclata de rire en relevant son regard malicieux vers son ami. « Comme je te l’avais dis, Malyka c’est beaucoup ennuyé de toi! Et elle n’est pas la seule, si je peux me le permettre! », rajouta l’islandais en laissant échapper un sourire, finissant de nettoyer les bras de son compatriote. Il revient une nouvelle fois nettoyer la serviette, passant sa main dans les cheveux de Verde pour les replacer correctement. « Voilà, tu es propre, maintenant! » Oh Verde : S’il y avait bien quelqu’un qui faisait rire à chaque fois le jeune avocat, c’était bien lui. Sa timidité, sa naïveté, son hésitation, sa douceur, son innocent… Tout était à l’opposé de Elì, et c’est ce qui rendait leur amitié si forte. Il était son petit prince, et il était son chevalier. Toujours là l’un pour l’autre, quoiqu’il se passait dans leurs vies. Et il espérait que rien ne change.
Que rien ne les changes. Car après tout, en ce moment précis, rien ne pouvait rendre le jeune homme plus heureux. Même le souvenir d’Athena avait désormais chassé son esprit, pour un court moment, mais un moment quand même. Car Verde était là. Et c’était tout ce qu’il importait.


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MessageSujet: Re: Murphy's Law | Elìde 01.07.18 18:31


Murphy's Law
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« S'il existe au moins deux façons de faire quelque chose et qu'au moins l'une de ces façons peut entraîner une catastrophe, il se trouvera forcément quelqu'un quelque part pour emprunter cette voie. »
La culpabilité se gratte une place viscérale au creux de mon être.

Crois moi, Elì, je n’avais aucune intention de t’inquiéter. Je n’avais aucune intention de te laisser dans le doute, dans la peur d’un accident quelconque et dans l’angoisse d’une annulation tardive de notre rencontre. Je n’avais aucune intention de troubler cette agréable couleur pourpre dans le ton de ta voix, à la fois bien trop clair et bien trop ennivrante pour mes iris fascinées. Le rouge qui me dévore les joues n’en est que plus important encore lorsque ta voix soulagée résonne à l’intérieur de mon crâne, bien trop vite remplacée par le rire franc qui s’échappe de ta gorge. Je rentre un instant ma tête entre mes épaules, bien trop gêné pour la cause. Ton amusement n’est en rien moqueur, mais il me berce quand même dans un malaise grandissant, ignorant encore toutes ces tâches de verts qui me parcourt la peau. « Désolé. J’aurais dû prévenir. » Oui. J’aurais dû t’envoyer un message, te faire comprendre toute l’urgence de cette catastrophe ambulante qu’est ma vie en règle général. Et je regrette amèrement de ne pas l’avoir fait, alors que tu m’invites gentiment à entrer, alors que ton rire se mue lentement en sincérité doucereuse, alors que je te regarde avec de grand yeux, surpris par tes mots et par cette question qui vise un peu trop juste. « Hein ? Mais... » Comment est-ce que tu l’as deviné ? Comment est-ce que tu as pu le savoir ? Rapidement, mon regard se porte enfin sur ma tenue débraillée, sur les traces de ce combat stupide que j’ai mené - et perdu - contre mon pot de peinture. Un éclair de compréhension traverse mon visage, alors qu’une moue gênée s’installe sur mes lèvres fines. « Ho. »

Jackpot.

Moi qui voulait me presser pour venir te voir, j’en suis venu à apparaître dans un état pitoyable devant ton regard amusé. Un état que tu commentes avec une franchise déroutante, la chaleur de mes joues se répandant stupidement jusqu’à mes oreilles. Ces compliments que tu m’offres, le plus naturellement du monde, je ne sais pas si j’arriverais à m’y faire un jour. Bouffé par le malaise, je sursaute brusquement en sentant ta main se poser dans mon dos. Une main qui me guide pourtant tendrement jusqu’à la salle de bain, ignorant le ronronnement déjà intense de Malyka dans mes pattes. Je m’exécute sans même ouvrir la bouche, bien trop mortifié par cette mésaventure. Bon sang, mais quel idiot ! Pourquoi est-ce que je n’ai pas simplement prit le temps de me regarder dans un miroir avant de quitter ma chambre ? Pourquoi est-ce que je suis obligé de paraître aussi ridicule devant toi ? S’il y a bien une personne dans cette ville devant qui je ne veux pas me sentir mal à l’aise, c’est bien toi. Toi et ton esprit chevaleresque qui m’a déjà sorti de bien pire situation. Toi et la douceur de ce pourpre qui vient joyeusement danser devant mes yeux. Je m’assoie mollement sur le rebord de la baignoire, lorgnant avec une certaine gêne tes mains qui s’activent pour tremper le bout d’une serviette. « Mais… Elì, elle va être irrécupérable ! » Mon avertissement ne semble même pas t’atteindre, alors que tu me demandes doucement de fermer les yeux, alors que je t’obéis un peu trop fortement, fronçant le nez dans la manoeuvre, alors que je sens cette chaleur qui me prend au visage se répandre encore un peu plus, encore un peu trop.

La serviette glisse avec une tendresse étouffante sur ma peau, effaçant lentement les traces de cette bataille de peinture, manquant encore de me faire sursauter sous la voluptée du geste. Un instant, je me demande si tu es toujours aussi affectueux avec tes amis, ou si je suis le seul à avoir droit à cet attention. Si je suis le seul à voir ce côté tactile qui me fait peur, autant qu’il me ravi. Parce que j’ai beau sentir mon corps se contracter inconsciemment sous les attentions, je ne peux empêcher cette boule de bien-être de gonfler au creux de ma poitrine. Ce n’est qu’en entendant à nouveau l’eau couler que je décide d’ouvrir un oeil, prudent, le nez toujours froncé dans une mimique qui doit sûrement être un peu stupide. Mes paupières s’ouvrent en grand lorsque je t’observe avec étonnement te mettre à genoux devant moi, attrapant mon bras pour lui faire subir le même traitement. L’espace de quelques secondes, j’ai eu l’image d’un chevalier servant devant une princesse en détresse. Et quel détresse ! Attaqué par un stupide pot de peinture ! Je rentre instinctivement ma tête entre mes épaules lorsque le pourpre reprend le dessus sur le silence confortable. J’essai tant bien que mal de parler, de laisser mes mots s’écouler entre nous, mais ma timidité chronique se chicane déjà le ton de ma voix. « Heu… C’est le chat de ma tante. » C’est bien, Verde. Mais il va falloir être plus précis. Il va falloir lui faire comprendre à quel point tu es malchanceux, à quel point tu peux être idiot, parfois. « Je crois qu’il a essayé de faire un câlin à un pot de peinture et je... » J’inspire. J’expire. Ma main libre vient naïvement gratter l’arrière de mon oreille dans une mimique gênée. « J’ai essayé de le rattraper. » Tu vois, Verde, tu peux le faire. Tu peux réussir à lui parler, malgré ce malaise évident qui te transperce le coeur, malgré ce pourpre qui danse d’une manière invitante devant tes prunelles bien trop fascinée pour la cause. « Et je l’ai ouvert dans la manoeuvre. »

Malyka profite de l’instant pour me sauter sur les jambes, alors que mes lèvres s'étirent soudainement dans un sourire ravie. Sentir cette boule de poil vibrer tout contre moi, ronronnant sourdement à mes oreilles, apaise un peu mes sens en alerte. Un apaisement de courte durée, lorsque ta voix reprend d’un ton amusé et sincère, lorsque je baisse légèrement les yeux pour ne plus croiser ton regards, lorsque ma voix te répond dans un murmure. « Moi aussi je me suis ennuyé, sans vous. » Ma main vient caresser le pelage doucereux du chaton, alors que je te remercie dans un demi-sourire, alors que je me souviens de cet échange nocturne que nous avions entamé la veille. Mon regard inquiet se pose dans le tien. « Mais dis moi, tu as réussi à dormir au moins avant que j’arrive ? »


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MessageSujet: Re: Murphy's Law | Elìde 10.07.18 6:31




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« Quand tu auras besoin d'aide, je serais là. Quand tu aurais besoin d'un toit, je serais là. Quand tu auras besoin d'un ami, je serais là. Quand tu auras besoin de quelque chose, je serais là. Toujours. »


Le rire se répand dans sa gorge, venant éloigné les dernières traces d’inquiétude sur son visage, alors que celui-ci brille de joie, sincère et tendre. Elì a déjà oublié la panique qui la prit quelques minutes plus tôt en croyant que son ami avait eu un accident. Que son ami n’allait pas venir, que son ami était blessé, en danger. Son inquiétude avait été remplacée par des rires tendres, par la douceur de le voir devant lui. Elì avait toujours été inquiet pour ces amis facilement : Un rien pouvait l’inquiéter, et ce depuis enfant. Il se rappel encore de cette fameuse fois où, voyant que son père ne rentrait pas, il s’était mit à craindre le pire. Il était seul à la maison, ce jour-là, car ces parents étaient séparés depuis quelques temps. Son père travaillait donc plus pour s’assurer de pouvoir s’occuper de son fils, qui à l’époque, avait une certaine haine envers sa mère. Et il avait cru que son père était mort. Il s’était même dit que c’était sa faute, sur le coup, car il travaillait plus pour lui. Pour le faire vivre. Il avait cru à un accident horrible jusqu’à ce que la porte ne s’ouvre sur son père. Il avait sauté de joie, allant le rejoindre en souriant. Son univers était composé des quelques personnes, comme Verde, qui le faisait sentir unique.

Comme dit plus haut, il n’avait pas besoin de grand monde, Elì. C’était un homme aimant le solitude et qui était introverti. Mais les quelques personnes qu’il avait, ceux qui le faisait sentir spécial, unique… Ils s’accrochaient à eux avec force. Et ne les lâchait plus jamais. Elì s’était accroché à Verde avec le temps. Il l’aimait, énormément, et c’est ce qui avait éveillé la peur en lui. Mais le voir, tâché de peinture, l’avait fait tellement rire. Chassant ses sombres pensées, son regard s’était posé sur Verde, et à ce moment précis, le seul mot qui retentit dans sa tête fut « magnifique ». Verde était magnifique. « Tu aurais dû, mais je ne t’en veux pas. Je veux dire, c’est pas la fin du monde, et tu as arrivé! C’est tout ce qui importe, Verde! » Le jeune avocat ne peut empêcher son rire en voyant son ami rougir de plus en plus, portant sa main à ses lèvres pour essayer de cacher son rire, le regard brillant. Oh Verde. Il a toujours été plus timide et réservé que lui. Bien moins confiant, aussi, ce qui rend le tout adorable. Mais ce qui rend le tout aussi inquiet : Inquiet que Verde se laisse trop souvent marcher sur les pieds. « Ne t’inquiète pas, tu es adorable comme ça, Verde, tu n’as pas à avoir honte. Je suis content que tu ailles été si pressé de me voir que tu n’as pas prit le temps de te nettoyer! »

Une fois dans la salle de bain, le jeune avocat se mit à nettoyer le visage de Verde, le regard brillant, ses gestes toujours se faisant avec beaucoup de douceur. Car Verde était comme un animal effrayé : Il fallait prendre son temps pour l’apprivoiser. Et Elì avait tout le temps du monde pour le calmer, pour le rassurer, pour l’aimer. Après tout, cela faisait partit de son rôle d’ami, non? La première fois qu’il l’avait rencontré, le jeune avocat avait voulu défendre le jeune homme du danger, qui était ici présents trois hommes qui avaient voulu s’en prendre à plus petit que soit. Bien entendu, Elì avait toujours cette maladresse de s’attirer les ennuies : Le bon côté des choses, c’est que Verde s’en était sortit sans grand chose. Lui, par contre, avait eu de beaux bleus. Mais rien qui ne paraissait encore aujourd’hui. Et si s’était à refaire, il n’hésiterait pas. Pour Verde, il était prêt à se prendre des coups. Inconscient? Masochiste? Dans ce cas-ci, je ne peux que vous dire… que vous avez raison. Mais son amitié avec Verde lui était précieuse, assez pour vouloir le protéger… d’un peu tout. Verde n’avait pas encore cette force que Elì avait développer avec le temps : S’étant toujours fait intimidé, Elì avait finit par avoir une tête forte, et désormais, répondre aux commentaires désobligeants sur sa personne n’était plus un problème. Il arrivait même à trouver ça amusant et à provoquer l’autre personne en retour, comme il avait souvent fait durant son adolescence avec James en lui envoyant des piques sans réfléchir aux conséquences. C’est fou combien en tant qu’avocat, Elì réfléchissait beaucoup, mais dans sa vie privée, c’était autre chose. Bref, le jeune bambi ne s’était pas encore développer cette force d’esprit comme Elì, ce qui faisait en sorte qu’il pouvait se faire taper sur les pieds très souvent sans rien dire. Le jeune avocat était là pour éviter que ça arrive trop souvent. « Tu penses vraiment que perdre une serviette va me déranger? Je suis avocat, je peux m’en racheté plein! », dit-il, un brin amusé et provocateur, le sourire aux lèvres. Le jeune homme aimait bien s’amusé, sans vouloir être méchant pour autant, c’était simplement la manière dont il avait apprit à s’exprimer. Il avait une personnalité forte, et son côté malicieux allait avec. Sur le coup, Elì ne veux qu’une seule chose : que Verde apprenne à se sentir à l’aise à ses côtés. Il n’est pas là pour le juger. Il ne lui ferait jamais ça.

« Parfois, je me dis que je suis vraiment maladroit. Puis après, j’écoute tes histoires et je me dis que, comparer à toi… » Il éclata de rire brusquement, toujours avec cette même douceur dans le rire, le regard brillant. Ses mains vinrent se porté aux joues de Verde par la suite, après l’avoir bien nettoyer le visage et les bras, venant ainsi le regarder dans les yeux. « N’ai pas honte, mh? Tu veux que je te raconte un truc? », dit-il en riant, se redressant pour nettoyer la serviette. « Ce matin, j’ai échappé ma tasse de café, car j’étais trop heureux en pensant à toi et j’ai eu un mouvement un peu trop… rapide, si tu vois ce que je veux dire! Et oups la tasse! », dit-il en éclatant de rire. « Je crois que nous sommes tout deux irréparables là-dessus mon cher! », dit Elì en hochant gravement la tête. « J’espère que c’est pas une maladie trop grave. », dit-il avec un sérieux déconcertant, avant de sourire brusquement, retrouvant son rire.

Malyka vient se joindre au groupe en retrouvant une de ces places préférés : Les cuisses de Verde. Elle ronronne désormais de bonheur sous les caresses de leur ami respectif. Un sourire attendrit se glisse sur les lèvres de l’avocat, qui finit de nettoyer la serviette, l’accrochant avec les autres. « Oh? », il se tourna vers lui, avant de sourire un peu. « Oui, j’ai pu un peu dormir, merci! J’avoue que le dossier que j’ai en ce moment me prend beaucoup de temps, donc je pense moins à dormir. Et puis, il y a ce client régulier qui me demande beaucoup de temps, aussi. » Aodhan quoi. Aodhan qui fait sonner son téléphone vers 4h du matin, car il a frappé quelqu’un au milieu de sa soirée. Aodhan qui fait sonner son téléphone tout le temps. « Mais j’ai pu dormir un peu, grace à toi! », dit-il en souriant, se redressant lentement en se rappelant aussi leur discussion de la veille. Il ouvrit un tiroir et sortit des bandages de celui-ci, avant de le donner à son ami, souriant. « Tien! Pour tes prochaines œuvres d’art! Essaye de ne pas trop te faire du mal, mh? » Il laissa tomber les bandages dans les mains de Verde, avant de glisser sa main dans ses cheveux, les ébouriffant. « Vient, allons au salon! », dit-il en partant vers le salon. Il fit signe à Verde d’aller s’assoir, allant chercher du jus et des chips dans la cuisine, avant de revenir vers lui, posant le tout sur la table.

Le jeune avocat s’assit à côté de l’artiste, souriant, laissant Malyka sur ses cuisses. Pendant un moment, le jeune homme ne fit qu’admirer les traits fins de Verde, admiratif encore une fois de la douceur que l’artiste dégagé : Peut-être que cela allait avec les artistes? Dégagé cette sorte de douceur… Ou peut-être était-ce simplement Verde. La douceur de Verde… Il glissa sa main dans ses cheveux, souriant joyeusement. « Alors dit moi tout! Tes cours, tu m’as dis que c’était épuisement moralement? Est-ce que tu aimes ça au moins? Tes professeurs, tes collègues…? Je veux dire, parle moi de tout! Je veux tout savoir, Verde! », dit-il en souriant, sa curiosité ressortant. Et surtout, son inquiétude : Il voulait savoir si Verde était heureux.
Car tous ses chemins revenaient toujours au même. Pendant longtemps, il avait cru que, quoiqu’il fasse, ses chemins allaient toujours revenir à son amour pour Athena. Et même si son cœur était toujours accroché au visage de la danseuse, à sa douceur, lentement, ses pas commençaient à se tourner vers une nouvelle page. Une nouvelle douceur.

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MessageSujet: Re: Murphy's Law | Elìde 12.07.18 11:37


Murphy's Law
Elì & Verde

« S'il existe au moins deux façons de faire quelque chose et qu'au moins l'une de ces façons peut entraîner une catastrophe, il se trouvera forcément quelqu'un quelque part pour emprunter cette voie. »
Ce sourire sur tes lèvres, je veux le voir, encore et encore.

C’est peut-être idiot, comme réflexion. Peut-être mal placé de ma part, mais je ne parviens pas à garder une certaine emprise sur ce sentiment de contentement léger qui s’installe dans ma poitrine. Comme si ta simple présence avait le don de calmer mes nerfs trop sensible. Comme si ton air tendre apaisait mes sens en éveil. Mon regard émeraude se perd un instant sur ton visage empreint d’amusement, alors que mes lèvres se pincent dans une mimique bien trop coupable pour la cause. Oui, j’aurais dû te prévenir. T’envoyer un sms, t’appeler en panique pour te prévenir de mon retard. Le “pardon” qui s’échappe doucement de mes lèvres est discret, mais bien réel, alors que mes joues recommencent doucement à chauffer sous tes yeux, alors que ton compliment me touche bien plus que je ne le montre, alors que cette vérité me saute au visage avec force. Parce que c’est vrai, après tout. J’étais si pressé de te voir, de pouvoir à nouveau te parler, que je n’ai même pas prit le temps de passer dans ma salle de bain. Que je n’ai même pas prit soin de vérifier mon allure. Bon sang, maintenant que j’y pense, j’ai traversé la moitié de la ville dans cet état pitoyable… La honte. Mes lèvres s’étirent lentement dans un sourire un peu gêné lorsque tu me taquines, lorsque tu me dis clairement ne pas avoir grand-chose à faire d’une maigre serviette, lorsque ton regard percute le mien avec une tendresse étouffante. « Oui, mais quand même... » J’ai beau me plaindre gentiment, je dois bien avouer être heureux de cette situation. Être heureux de me placer à nouveau à tes côtés. De me perdre dans la profondeur de ce pourpre lancinant qui s’échappe de toi. Peu importe vraiment si je le fais dans un état aussi ridicule. Peu importe si la gêne se gratte une place bien trop grande sur mon visage. Là, en cet instant, tout ce qui m’importe, c’est toi. Toi, et peut-être un peu Malyka qui se faufille sur mes cuisses pour ronronner de plus belle.

Mes yeux glissent naturellement vers elle, alors que je caresse distraitement son pelage. Je relève pourtant rapidement la tête, un air surpris marquant mes traits, faisant disparaître un instant ma timidité maladive pour la remplacer par une curiosité mal placée. « En pensant à moi ? » Je murmure, plus pour moi-même qu’autre chose. Non. Ce n’est sûrement pas ce que j’imagine. Ce n’est sûrement pas dans le sens où je l’ai compris. Pourquoi ça le serait ? Et pourquoi est-ce que je pense à ça maintenant, alors que mon coeur est déjà prisonnier d’une autre personne ? Un sentiment fugace de frustration se glisse rapidement dans mon ventre, m’obligeant à rabaisser les yeux vers la petite boule de poil entre mes pattes. Je suis vraiment idiot. À trop profiter de ta tendresse, de ta présence, j’en viens parfois à oublier que tu n’es qu’un ami. Que tu es déjà amoureux. Que je le suis sûrement aussi. Que tout ce qui nous lie l’un à l’autre, c’est cette relation chaleureuse et plaisante, cette envie de protection et cet instinct de chevalier servant qui fait de toi la personne attachante que tu es. Il n’y aura jamais rien d’autre que ça. Jamais d’espoir à contenter. Alors je soupire discrètement, ignorant le pincement douloureux qui se loge dans ma poitrine pour reporter enfin mon attention sur tes paroles. Mes lèvres s’étirent avec contentement lorsque tu me dis enfin avoir réussi à dormir, malgré le dossier compliqué dont tu as hérité. Il s’efface pourtant rapidement en entendant la suite, en constatant que malgré tout, tes heures de sommeils passeront toujours après tes clients.

« C’est pas une raison. » Cette mauvaise fois… Je suis le premier à réprimer mes heures de sommeil pour finir mes peintures, pour compléter mes projets et pourtant, je suis aussi le premier à te reprocher doucement ce trait de personnalité. Parce que l’inquiétude qui se gratte une place dans mon coeur est viscérale. Entêtante. Parce que je préférerais te savoir en bonne santé et heureux que stressé et fatigué. « Et puis, tu vas finir par faire des bêtises si tu ne dors pas assez. Alors il vaut mieux te reposer correctement, non ? Ton client attendra bien une petite nuit. » Ou deux. Ou trois. Peu importe vraiment. Mon regard curieux se perd sur ta carrure, alors que je penche un instant la tête sur le côté pour observer le moindre de tes faits et gestes. Ce n’est qu’au moment où les bandages s’échouent entre mes mains que je me rappelle de notre discussion de la veille. « Oh ! » Mes paupières papillonnent, alors que mes yeux glissent des bandes blanches à ton visage, puis de ton visage aux bandages. Bien trop surpris par cette attention, je sens mes joues chauffer lentement lorsque ta main se perd dans mes cheveux blonds, m’arrachant un frisson idiot parcourant ma peau. Je rentre presque instinctivement ma tête entre mes épaules, laissant une moue coupable se glisser sur mes lèvres fines. « Merci, j’avais complètement oublié d’en prendre... » Oups..?

Nos pas nous guident tout naturellement vers le salon, alors que je m’assoie mollement sur le canapé. Malyka profite de l’instant pour revenir se gratter une place sur mes genoux, posant ses pattes avant sur mon torse. Son museau humide se frotte amoureusement sur les contours de ma mâchoire, m’arrachant une exclamation attendri lorsque tu reviens enfin parmis nous. Le regard brillant d’affection, je la laisse se reposer en boule contre mon ventre, alors que je reporte mon attention sur toi. « Je lui ai vraiment manqué, on dirait. » Un rire idiot me prend la gorge. Ce chat est une telle dose de tendresse à l’état pure que je me sens fondre rien qu’en l’entendant ronronner contre ma peau sensible. Une moue conquise sur le visage, j’écoute avec une attention toute particulière tes questions. Si mes études me plaisent ? « Oui, bien sûre ! » Ma réponse est sortie avec une telle force, avec un tel naturel que je rentre légèrement ma tête entre mes épaules, surpris par ma propre impulsivité. La gêne reprend lentement ses droits sur mon visage, alors que je réfléchis quelques secondes à ce que je pourrais te répondre. Tout n’est pas rose, là bas, je ne le sais que trop bien. Entre les quelques étudiants qui m’ont prit comme tête de turc et cette volonté de plus en plus oppressante de vouloir gagner ma vie et apaiser un peu l’inquiétude de ma tante, je dois bien avouer que j’hésite parfois à tout arrêter. Et puis, il y a ça, aussi. « Enfin… Certain de mes professeurs n’arrêtent pas de me poser des questions, c’est un peu gênant. » Euphémisme. Le regard vissé sur Malyka, je laisse une moue gênée se peindre sur mon visage.

« À cause de… Tu sais, à cause des couleurs. » À cause de ma synesthésie. À cause du monde que je vois et que j’entends. C’est dingue, j’ai toujours du mal à mettre le bon mot là-dessus. Comme si le dire à voix haute, c’était avouer ma différence. Avouer ma folie. Et j’ai beau en avoir déjà vaguement discuté avec toi, ma timidité maladive sur le sujet reprend doucement ses droits entre nous. « Mais ils sont gentil avec moi, c’est déjà ça. » Gentil. Pas tous. Pas tout le temps. Mais c’est toujours ça de prit, et je me vois mal me plaindre de mon traitement. Ces études sont tout ce que j’ai. Tout ce qui me raccroche à la réalité et tout ce qui m’éloigne encore d'une liberté entêtante et cynique. J’aime ce que j’apprends là bas, j’aime ces heures passées à écouter mes professeurs me parler de toutes les techniques possibles pour créer un univers qui m’est propre. Et pourtant, oui, parfois, j’ai bien envie de tout quitter pour me construire une vie paisible, pour me lancer dans les arts sans autre chef que moi-même. Sans autre chef que mes envies. C’est stupide, hein ? Sûrement. « Mes collègues, je parle pas beaucoup avec eux, tu sais. » Enfin sauf à Engill. Mais nous ne sommes pas dans le même cursus. Nous passons juste tout nos temps de pauses ensemble, à discuter de tout et de rien, d’art et de création. Il est vraiment doué dans ce qu’il fait d’ailleurs et il a une vision du monde plutôt unique, ça me fascine un peu. Mes iris émeraudes glissent rapidement vers toi, hésitant.

« Mais il y en a certain qui... » Mes crocs viennent naïvement mordiller ma lèvre inférieur, vascillant entre le besoin de te parler de ce groupe de personne stupide qui m’a prit pour cible depuis quelques temps et l’envie de ne pas t’inquiéter plus que nécessaire. « Enfin, qui ne sont pas vraiment des plus agréables, quoi. » Hm hm. Tu pourrais aussi lui dire clairement que ces dernières semaines à leur côté ont été un véritable enfer, Verde. Tu pourrais lui avouer les insultes, les reproches, les devoirs qu’ils te forcent à faire à leur place, le peu d’argent qu’ils te volent sans aucune considération, les affaires dévastées que tu retrouves dans ton casier, l’humiliation quotidienne et la fatigue mentale que tout cela te procure. Tu pourrais lui avouer tout ça. Elì ne te jugera pas. Il ne le fera probablement jamais. Et pourtant, tu restes là, bien trop vague pour te faire comprendre, mais le regard assez soucieux pour qu’il devine une cause, une raison plus profonde à cet épuisement chronique qui te prend ces derniers temps. Parce qu’au fond, même si tu ne veux pas qu’il s’inquiète, tu veux qu’il se soucie encore un peu plus de toi. Tu veux qu’il te berce dans cette tendresse futile qui émane de lui, qu’il te réconforte, qu’il te pousse doucement à la confidence. Parce qu’au fond, tout ce que tu veux, c’est être avec lui.

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