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 Inspiration pornographique | PV James


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MessageSujet: Inspiration pornographique | PV James   17.06.18 2:36

Bethany & James


C'était une soirée bien banale, en prévision. Une soirée au bar, pour faire changement, chose que tu as tant l'habitude de faire que c'est presque rendu dans ta routine. Sauf que ce soir, il y avait lui. Ce grand blond que tu croises à l'occasion. Vous êtes presque pareil, tout les deux. Des mensonges pour jouer, comme deux grands enfants. C'est presque similaire qu'avec ton métisse des jeudis soirs. Mais il y a une différence, avec cet islandais. Parce que vous savez sans doute que si vous vous mettez à parler tout les deux, vous vous retrouverez à en dévoiler de trop. Parce qu'indirectement, vous savez tout deux pour quelle raison vous passez votre vie à mentir: pour cacher votre passé. Cacher vos douleurs, votre coeur qui a été amoché contre votre gré. La première fois, c'était passé inaperçu. Vous avez chacun cru l'un comme l'autre à vos mensonges rien que pour constater à la seconde fois la réalité. Et depuis, il y a ce malaise. Comparé à Heiki, vous ne jouez pas ensemble. Vous ne vous vous lancez pas des défis. Non, au lieu, vous faites des pieds et des mains pour vous faire croire une histoire débile que ni l'un ni l'autre ne croit. Chaque fois, vous vous tournez autour pour éviter ce malaise, pour éviter d'être repéré en train de mentir à une table plus loin. Alors vous trouvez moyen de ramener ça au lit. Chez toi, chez lui, peu importe. Parce qu'embrasser quelqu'un, flirter, faire grandir son plaisir, c'est ce que vous faites de mieux et c'est la meilleure façon d'éloigner l'un et l'autre de la réalité, de faire taire les questions qui pourraient se poser.

Sauf que ce soir, ce n'était pas pareil. Ce soir, c'était pourtant un début comme les autres. Il était là, tu ressentais ce malaise, vous vous êtes charmés avec des histoires qui ne font pas de sens en gardant vos masques bien hauts. Jusqu'à ce qu'il te ramène chez lui et c'est là que tout à dérapé. Dans le sens propre du terme, en plus. Pour une raison complètement ridicule, vous étiez rendus assis sur le lit avec quelques verres dans le nez, en train de regarder un film pornographique. Ça avait commencé bêtement. Il te parlait de ce nouveau porno chelou à regarder, te disant que c'était du grand art, que fallait absolument le voir. Le voir pour se marrer, bien entendu. Et si tu comptais le télécharger rendue chez toi et lui envoyer un sms de tes impressions, tu t'es plutôt retrouvée dans son lit en train de le regarder. Et vous avez rigolé. Beaucoup trop. Parce que c'était en effet du grand art. Le truc trop peu réaliste, exagéré comme pas possible. Puis soudainement, l'idée de génie. Est-ce réellement si irréaliste, ce film? Parce que ça semble pourtant si simple de les voir, les deux acteurs, en train de s'amuser avec abus dans la douche. Peut-être que vous êtes en train de manquer une occasion, en fait. Peut-être que vous devez élargir vos horizons et ajouter une corde à votre arc. Parce que si c'est possible, c'est un foutu bonus de fou pour tout les deux.

Bien entendu que ça a dérivé. Vous êtes des idiots, vous avez à peine eu besoin de vous séduire de quelques baisers et gestes de mains habiles pour que tu te retrouves dans sa douche. Pour que vous tentiez de reproduire cette scène. Non sans quelques fous rires de départ, bien sûr. Sauf qu'au final, après quelques complications temporaires, vous arriviez à vous amuser tout les deux. Vos gémissements se laissaient entendre dans la grande salle de bain de cette villa mystérieuse, vos respirations haletantes. Tout semblait fait pour être réalisable. Jusqu'à ce qu'il ne glisse ses doigts contre ta cuisse mouillée par l'eau chaude qui coulait sur vos corps dénudés, entrelacés. Jusqu'à ce qu'il décide de la remonter. D'abord un peu, puis beaucoup trop. Soudainement, tu avais l'impression que ta jambe venait de se coincer, que ton muscle s'est contracté douloureusement. Un peu comme cette sensation des plus horribles lorsque les orteils se crispent. Une main lui a agrippé l'épaule, l'autre contre le mur alors que le prochain gémissement représentait davantage le grand inconfort que le plaisir précédent. Parce que merde, tu es flexible, mais il y a de foutues limites. « Crampe! Arrête ! Ma jambe! » Que tu lui as sortie, en alerte. Puis le reste, ça s'est déroulé bien trop rapidement pour que tu ne comprennes réellement tout ce qui s'est passé. Tu as senti ton pied bouger parce que l'islandais semble avoir glissé et en moins de deux, après quelques débats dans vos gestes, vous êtes en dehors de la douche. Au sol. Comme deux minables. Si tu as d'abord mal à cause de la chute spontanée, des éraflures à cause des parois de la douche sur lesquelles tu t'es accrochée en tombant, ce n'est rien comparé à celle que tu as ressentis en cherchant à te relever.

***
L'hôpital. Endroit dont tu n'apprécies pas vraiment les lieux. Tu n'as jamais vraiment eu à y mettre les pieds. Du moins, rarement pour toi. Généralement, c'était le fruit d'une mauvaise soirée parce que quelqu'un dans tes "amis" s'est fait mal lors de vos soirées de beuverie. En tombant parce qu'il n'arrivait pas à marcher droit, en se coupant sur quelque chose, plein de trucs idiots. Sauf que là, c'était toi l'idiote qui s'était tordue la cheville. Et tu aurais préféré mille fois que ce soit parce que tu es tombée en étant saoule que plutôt de t'être vautrée hors de la douche parce que tu as eu une crampe et qu'il a glissé. Rien que de se vêtir ça avait été pénible. Rien que de se rendre à l'hôpital aussi. Tu en es même rendue dans une chaise roulante parce que tu n'arrives pas à marcher dessus. Et comme tu n'as aucune idée de la gravité de la situation -t'es pas médecin, quand même!-, tu préfères éviter. Puis vient la première étape. Le triage. L'évaluation de votre cas. Et par défaut, l'explication qui venait avec. Celle qui est la cause de vos blessures. Parce que franchement, ils sont curieux ces médecins à vouloir tout savoir au lieu de simplement évaluer la blessure et donner leur traitement. Sauf que deux menteurs comme vous, ça n'allait certainement pas dire la vérité et blesser votre fierté, n'est-ce pas?

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MessageSujet: Re: Inspiration pornographique | PV James   21.06.18 19:01
Tout avait pourtant si bien commencé. Le bar, l’alcool, les rires, les regards, la chasse du malaise, les baisers. Les nouveaux rires devant le film. Il avait eu, quelques secondes, l’impression que leur relation était saine, qu’ils étaient deux amis qui s’envoyaient en l’air de temps en temps mais qui pouvaient très bien passer une soirée à regarder un film et plaisanter. Même si c’était faux. Même s’ils ne pouvaient pas parler ensemble trop longtemps sans avoir peur de faire tomber le masque, sans avoir peur de perdre la face, sans avoir peur de dire le mensonge de trop, sans avoir pleinement conscience que l’autre mentait aussi. C’était étrange, de mentir en sachant que l’autre n’y croyait pas, et de continuer quand même. De s’enfoncer dans ce monde factice qui les aidait à échapper à la réalité, à ne pas être rattrapés par le passé, à coups de baisers et de gémissements. Mais ça fonctionnait si bien, jusque là. Leur besoin d’un corps autre les sauvait du malaise que le regard de l’autre pouvait créer. Tout était parfait. Même cette fois là. Même après le film. Quelques minutes, quelques longues minutes, avant l’apocalypse.

Les protestations de douleur de la brune l’avait tant alerté qu’il avait dû reprendre pied sur terre en un temps record, sa vision se brouillant alors que le corps contre lui devenait soudainement plus lourd, plus gauche, plus penché. En quelques secondes à peine, son épaule avait rencontré le mur, les parois de la douche leur avaient fendu la peau, un craquement désagréable avait fait écho alors qu’il avait tendu la main avant de toucher le sol, alors qu’il avait essayé d’aspirer le choc sur son poignet. Mauvaise idée, visiblement. En tout cas, à en juger la douleur fourbe qui électrisait maintenant son épaule et son poignet, rendant tout son bras droit totalement inutile.

***

Les murs blancs devant ses yeux sont désagréablement familiers, et il grommelle dans sa barbe à chaque infirmière et chaque médecin qui passe que ce sont des incompétents et qu’ils devraient déjà pouvoir sortir, quand bien même ils viennent presque de passer le pas de la porte. Les hôpitaux, c’est pour les overdoses et les rendez vous chez le psychiatre, pas pour ces bêtises. C’est déjà suffisamment agaçant dans ces moments là. Ca ne mérite vraiment pas de les garder longtemps. Et pourtant Bethany est déjà dans un fauteuil, et un bandage de fortune tient son propre bras. Pitié faites que ce ne soit pas le genre de blessures qui fait qu’on vous garde en observation. C’est tout ce que James se dit, alors que le docteur approche.

Son regard dévie vers la jeune brune, alors qu’ils ont tous les deux conscience que leurs mensonges allaient devoir jouer de paire, cette fois. En voilà un nouveau jeu amusant. « On vous a attribué une chambre, je laisse l’infirmière vous y conduire et je vous rejoins dans quelques minutes pour voir tout ça. Je peux juste vous demander ce qu’il s’est passé, pour évaluer rapidement le temps que ça risque de nous prendre, le nombre d’analyses, ce genre de choses ? » Il retient une grimace. Ils n’ont même pas eu le temps de se concerter. Heureusement, ils réussissent toujours à retomber sur leurs pieds, n’est ce pas ? « Oui bien sûr, euh … » Sa voix descend d’un octave, comme s’il hésitait à tout expliquer, comme si ça lui demandait un effort, et pendant ce temps, son cerveau tourne à cent à l’heure, et il vient caresser la nuque de Bethany. « Vous voyez, ma copine a perdu sa mère il y a un an aujourd’hui, et elle était gymnaste. Alors pour honorer sa mémoire, on a voulu essayer de faire ce qui la passionnait vraiment. » C’est comme une confession, le ton est dramatique, et pourtant, il essaie de tout son cœur de ne pas rire, gardant un masque effaré. Sa main vient effleurer la joue de la brune comme s’il voulait la réconforter avant même qu’elle n’ait le temps d’être triste. « Au moins ça nous a prouvé qu’elle était vraiment très douée dans ce qu’elle faisait, n’est ce pas chérie ? »

Installer un rôle de duo respectable, mentionner un décès trop récent, poser une base solide qui se rapproche de la réalité sur pourquoi leurs corps ont encouru des positions qui ne leur sont clairement pas naturelles : fait. Plus qu’à laisser jouer sa nouvelle complice.
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MessageSujet: Re: Inspiration pornographique | PV James   25.06.18 17:38

Bethany & James


Tout semblait être parti pour être une belle soirée. Parce que forcément, avec James, c'est toujours le cas quand on enlève cette idée de malaise liée à vos mensonges. Tu reviens très peu, trop peu, souvent à ces gens avec qui tu passes la nuit. Généralement parce que tu leur brises le coeur au lendemain matin ou tu les abandonnes en pleine nuit. Parce qu'ils sont rarement plus intéressants que le corps qui les habite. Parce que leur mental est trop facile à briser, à jouer avec. Et tu te lasses, tu quittes, tu ne regardes pas derrière. Mais comme toute règle, il y a exception. Et lui, ce blondinet, il en fait parti. Pour diverses raisons, bonnes comme mauvaises. Chaque fois, vous vous tournez autour. Ça aurait pu être pire que ça. Tu pourrais lui dire non, tu pourrais chercher à l'éviter ou le laisser en plan une fois que vous êtes déroutés de vos mensonges à deux balles. Sauf que tu sais garder les bons coups près de toi. Tu n'es pas idiote, tu sais bien que si tu te laisses succomber malgré tout le reste, c'est parce qu'il sait utiliser ce que la nature lui a offerte. Et on parle pas de son cerveau, clairement. Ni du coeur. Non parce que franchement, malgré ces apparences de bonnes soirées, de bons coups tirés et de rires, c'est que du faux. Deux manipulateurs qui se rencontrent pour fuir la réalité. Et cette fois, c'était devant un porno que vous étiez en train de fuir ce monde bien trop réel et douloureux, à rire comme deux bons idiots. Tout avait si bien commencé, bordel.

Puis viens la crampe. Celle qui t'arrache à ce moment de plaisir et d'envie qui grimpait rapidement entre les murs de cette douche bien trop luxueuse. Celle qui te ramène durement à réalité. Tu sais que c'est en partie relié à tes muscles que tu crois encore endoloris par ces journées de trekking avec le métisse. Que plusieurs jours de repos, ce n'était pas suffisant pour te remettre de ces muscles douloureux. Mais il n'y a pas que ça. Tu n'es pas quelqu'un d'aussi flexible tout court. Et il avait monté la jambe, sans trop prendre conscience. Et sous ton corps qui continuait de se tendre sous l'excitation, ça avait bloqué. Et merde, c'est pas si compliqué de juste redescendre un pied au sol. Mais non. Il avait été incapable de supporter ton poids qui se transmet de l'autre côté de ton corps pour te balancer et en moins de deux, vous étiez au sol. En douleur. La peau écorchée à diverses endroits par les murs de cette douche qui est certes dispendieuse, mais tellement pas sécuritaire semble-t-il.

Et vous vous retrouvez-là, entre des murs bien trop blancs pour se faire réconfortants, donnant une impression de froideur plutôt que cet aspect rassurant que devrait avoir un hôpital. Parce que lorsqu'on a mal, que l'on souffre, on veut se faire réconforter, non? Par quelque chose d'enveloppant, qui nous dit que tout ira bien, que non, c'est pas aujourd'hui ton dernier jour. Franchement, c'était loupé de la part des designers d'hôpitaux. Vous avez rapidement passé à l'étape d'observation sommaire afin d'être pris en charge. Un fauteuil t'est attribué à cause de ta jambe, un bandage temporaire maintient le bras de James. Et vient la venue du docteur. Parce que bien entendu, vous êtes dans des solutions temporaires. Vous nécessitez un réel diagnostique afin d'avoir le traitement approprié. Pitié, faites que ce ne soit rien de grave, que ce soit quelque chose d'aussi stupide et relatif à l'image de votre geste imbécile. Parce que tu n'as pas envie de te retrouver prise là trop longtemps. Tu as autre chose à faire de ta vie, tu n'as pas envie de passer plus de temps que nécessaire avec l'islandais. Normalement, c'est un bon moment et d'un accord silencieux, l'autre personne quitte la demeure. Une entente convenue sans même avoir besoin de discuter. Et c'est parfait ainsi.

Aussitôt la tête du médecin qui arrive, vos regards se croisent. Il suffit d'un éclair, qu'une fraction dans le temps pour vous comprendre. Si vous passez votre temps à vous mentir l'un à l'autre, les choses étaient désormais très claires. C'était temps de passer à un jeu supérieur, temps de mentir ensemble contre le monde qui se rabat sur vous. Ton regard revient cependant vers l'inconnu tandis qu'il se met à parler. Et tu jures mentalement tandis qu'il sort une partie du verdict. Une chambre. Déjà là, c'est mauvais signe. Parce que l'on attribue pas de chambre pour les patients qui n'ont que des trucs sommaires. On leur donne une pilule à avaler, une prescription et au revoir. Non, une chambre c'était signe qu'il y avait des tests nécessaires. Sans doute pour éliminer les risques d'os cassés ou d'entorse grave. Puis, la situation empire lorsqu'il demande explication. Vous n'avez pas eu le temps d'en parler. Parce que tu étais davantage préoccupée par ta douleur, par l'idée de le maudire de tout les noms mentalement pour son incapacité à supporter ta carcasse contre une paroi de douche. Ajouter à ça toutes les choses à faire, les procédures. L'enregistrement à l'accueil, l'évaluation de base de l'état pour définir votre priorité de passage. Vous n'avez pas trop eu le temps d'attendre, non plus. Chose assez miraculeuse, à quelque part. Mais désavantageuse dans ce cas-ci. Parce que la communication, ça n'avait pas eu lieu. Heureusement que tu retombes sur tes pattes et tu espères que, en bon manipulateur qu'il est, il soit capable d'en faire de même. Tu allais d'abord ouvrir les lèvres pour trouver une raison, sortir un mensonge quelconque tandis que la voix de James résonne. Tu refermes aussitôt les lèvres pour te faire attentive, un bref frisson te parcourant à sa main contre ta nuque. Il semblait hésiter, te faisant amener ton regard vers lui. Comme pour l'encourager à parler alors qu'en réalité, bien au creux de ta poitrine, tu lui criais de se dépêcher d'inventer quelque chose de crédible. Histoire que tu puisses t'adapter, aussi, en vitesse.

L'histoire retentit finalement et ton regard semble prendre cette lueur de tristesse aussitôt qu'il parle du décès de ta mère, de son départ vers le paradis il y avait de cela un an aujourd'hui. Comme si c'était douloureux de l'entendre, comme si tu tentais de contenir les émotions fortes que cette pensée te ramène. Alors qu'en réalité, tes dents ont trouvés refuge sur le côté de ta langue pour ne pas te mettre à rire face à autant de ridicule. Honorer sa mémoire. En faisant de la gymnastique. La grosse connerie. Mais c'est crédible et tu ne t'attendais pas à moins de sa part. Tu vois même l'air du docteur en face de vous qui semble afficher une mine désolé derrière cet air professionnel. Une main caresse ta joue et tu t'y appuies doucement. Comme un réflexe, comme une recherche de réconfort de sa part. Comme un réflexe, à quelque part. Sauf que tu restes silencieuse, troublée par le lourd décès de ta pseudo mère qui t'a quittée trop tôt.

Ta tête se hoche doucement, déglutissant presque douloureusement pour ravaler ta tristesse, ta douleur. « Tu as tout à fait raison, mon coeur. » Ta voix se fait un peu plus serrée, plus douloureuse tandis que tu apposes ta main contre celle du blond. Tu prends même quelques secondes avant de reprendre parole, comme pour te contenir un peu mieux. « J'aurais dû t'écouter. Tu m'as pourtant dit que c'était risqué. Et à cause de moi, on est rendus ici. Je voulais juste lui faire plaisir, tu sais? » Ta main se resserre contre la sienne, un peu, en inspirant longuement, lentement. Toujours dans cette apparence de contenir le trop plein d'émotions qui se trame en toi. Que du faux, tout comme cette attitude qu'adopte le jeune homme à tes côtés. Puis tes iris se ramènent vers le docteur. « On s'est dit que nous allions tenter un saut. Enfin, j'ai insisté. Elle m'impressionnait toujours avec ça, ma mère. Sauf que nous sommes tombés. On avait mal dégagé l'endroit, aussi. On y a pas trop pensé. » Tu soupires un peu, comme si tu te sentais coupable d'une telle chose. Tu altères vaguement la vérité de votre chute, pour la peine. Mentir, tu n'as aucun problème avec ça. Aucun regret, vraiment. Sauf que tu sais que lorsque la santé est concernée, c'est autre chose. Au point de dire la vérité sur ce qui s'est réellement passé? Mais non. Pas du tout. C'était hors de question, tout ça. Sauf que, si tu n'es pas médecin, tu sais bien que les causes peuvent être importantes pour les diagnostiques. L'air grave, le docteur te souhaite ses condoléances et en même temps, l'infirmière se ramène histoire de vous amener à la chambre qui vous est attitrée. En moins de deux, vous êtes dirigés vers les couloirs trop grands des lieux pour atteindre la chambre tandis que l'infirmière vous explique vaguement la suite. La possibilité d'installation d'un soluté en intraveineuse, en partie, pour vous garder à jeun, mais aussi histoire de permettre des prises de sang facilement accessibles et l'administration de médicaments. L'anti-douleur, notamment. De quoi vous vous aider à ne pas souffrir le martyr des heures de temps, vu votre état. Qui est, selon toi, pitoyable. Il aura beau exister bien pire, une partie de jambes en l'air ne t'a pourtant jamais amené de mal. Pas au point de te ramasser dans ces lieux, encore moins pour une durée indéterminée que tu espères courte. La pornographie est blâmée pour beaucoup de chose, mais de là à être responsable de blessures comme ça? Pathétique.

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MessageSujet: Re: Inspiration pornographique | PV James   30.06.18 17:52
Ca craint. De se retrouver bloqué avec Betha, ça craint. Ils le savent tous les deux. Les mensonges, le sexe, la rigolade peu profonde, c’était ça leur domaine. Pas le temps ensemble sobre. Pas le temps juste entre eux sans rien faire. Parce qu’ils avaient bien trop de mal à accorder leurs masques. Parce qu’ils avaient pleinement conscience du masque de l’autre. Parce qu’ils savaient bien trop que l’autre leur ressemblait. Parce qu’une discussion plus poussée que « et si on regardait un porno » pouvait signer leur arrêt de mort tant les choses pouvaient dégénérer rapidement. Oui, vraiment, ça craint. C’est tout ce qu’il arrive à se dire alors que ses yeux parcourent les murs blancs, alors qu’il évite de la regarder, alors qu’il prie pour que personne ne le reconnaisse pour éviter qu’elle sache le temps qu’il passe entre ces murs maudits, pour que le psychiatre n’ait pas la bonne idée de venir lui dire qu’ils n’ont pas rendez vous, pour qu’aucune infirmière ne l’appelle par son prénom. Ca craint vraiment beaucoup.

Alors ils n’ont pas le temps d’accorder leurs violons. Ils n’ont pas le temps de s’entendre pour inventer une excuse, une histoire à dormir debout servie avec tant de conviction qu’il est impossible de ne pas la croire. Quelque part, le jeu est amusant, il le sait. Il n’a jamais eu l’occasion de mentir avec quelqu’un qui est aussi doué que lui dans ce domaine. Il n’a jamais pu inventer une histoire de toute pièce en étant persuadé que l’autre ne fera pas tout foirer. Parce qu’il a confiance en elle, pour ce point. Peut être justement parce qu’ils se ressemblent. Alors quand son cerveau se met à fourmiller d’idées, quand sa bouche s’ouvre pour laisser sortir le mensonge le plus crédible, quand son expression se transforme totalement alors qu’il puise dans les souvenirs des sentiments qu’il a pu observer, qu’il a pu s’entraîner à imiter devant son miroir, quand la machination se met en route, ce n’est pas qu’elle le laisse tomber qui lui fait peur. C’est plutôt du temps qui va suivre dans la chambre.

Elle entre dans son jeu, et il ravale un sourire satisfait en choisissant plutôt de fermer les yeux, comme s’il avait trop de poids sur les épaules, uniquement pour pouvoir y installer un éclair de tristesse, un air désolé, le genre de ceux qui sont trahis une fois qu’ils n’apparaissent pas dans les pupilles. Une mère morte, ça fait toujours son petit effet. C’est affreux, comme raisonnement, et pourtant tellement vrai. L’air endeuillé du docteur ne fait que le confirmer. Son pouce vient caresser doucement la main qu’elle a saisi, comme en guise de réconfort, et il fait le tour du fauteuil pour pouvoir se mettre derrière elle, pour pouvoir poser ses lèvres sur son crâne en se penchant vers le fauteuil. « C’est rien chérie. Je sais. Je t’en veux pas. Je suis juste inquiet pour toi. » L’altruisme des couples. Il n’y avait probablement rien d’aussi pathétique que la scène qu’ils étaient en train de jouer. D’aussi touchant non plus, au vu des regards sympathiques et compatissants qui se posaient sur eux, au vu des commentaires sur leur adorabilité qui parvenaient à ses oreilles. Ce que les gens sont naïfs.

Puis le couloir, et la chambre, toujours avec cet air d’amant inquiet collé sur le visage, alors que sous le masque, il maudit la pornographie et la tient pour seule responsable de leur situation. Saleté d’hôpital. Passer des heures allongé dans un lit avec une intraveineuse de calmants qui endort son hyperactivité, c’est déjà beaucoup trop lui demander, mais en étant incapable de ne pas parler et en ayant que Bethany comme compagnie, ça lui paraît insurmontable. Alors il n’arrive qu’à acquiescer doucement aux mots de l’infirmière et la laisser partir, avant de soupirer comme si son âme voulait quitter son corps et de se traîner jusqu’à la fenêtre pour l’ouvrir et allumer une cigarette une fois la porte fermée. « Bien joué. » C’est dépité mais sincère, au moins. Le silence s’installe entre eux, pesant, alors qu’ils savent très bien qu’ils se retrouvent dans une situation inconfortable, qu’ils vont être obligés de parler sans filtres, que les moments qui vont suivre promettent des révélations qu’aucun des deux ne veut entendre ou faire.

Sa cigarette est finie bien trop vite face au niveau de stress dans lequel il se retrouve, et il laisse tomber le mégot avant de refermer la fenêtre pour poser son regard sur sa compagne d’infortune, calculant le nombre de choses qui risquent d’être révélées sans son accord. Les dossiers médicaux. Ils vont forcément ressortir, et le sien a le mérite d’être fourni. Bordel. S’ils sont ensemble, si leur mensonge doit tenir, il n’y a aucune raison pour qu’elle ne soit pas au courant. Mais lui dire semble surfait. De toute façon, elle est assez bonne menteuse pour ne pas avoir l’air surprise si le docteur venait à mentionner le nombre de fois où il s’est retrouvé dans ce lit ou dans une aile de l’hôpital ou une autre, non ? Probablement. Un sourire amusé vient flotter sur ses lèvres, un énième masque. Parce qu’il est tout sauf amusé par la situation. « Alors, chérie ? Quelque chose à avouer avant que le docteur ne le fasse pour toi ? Ou on attend que tu sois sous anti douleurs pour être trop droguée pour réussir à mentir ? » Saloperie d’anti douleurs qui assomment. Pour lui aussi. Une insulte résonne dans son crâne. Pas de calmants, pitié. Mais déjà, la porte s’ouvre de nouveau, laissant entrer des infirmiers qui ont l’air décidés à aider Bethany à se hisser dans son lit, et il reprend son masque de petit ami inquiet, se rongeant les ongles pour faire bonne figure. Le séjour à l’hôpital va être long.
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MessageSujet: Re: Inspiration pornographique | PV James   02.07.18 0:52

Bethany & James


De vraies foutaises. Tu ne voulais pas être ici, pas avec lui. Tout ça à cause d'un porno. Le truc tellement ridicule que si ça n'était pas arrivé à toi, tu serais sans doute en train de pleurer de rire sur l'idiotie de la personne qui a pu penser que ce serait une bonne idée. Sauf que les idiots, c'était vous deux en ce moment. Tu ne sais même pas pourquoi tu as accepté, sachant si bien que ce n'était pas une bonne idée. Tout ça parce qu'au départ, c'était drôle. Puis bon, il sait s'y prendre. C'était prometteur, comme concept. C'est ça, au fond, qui t'as fait accepter. La prévision d'un bon moment intime dans une douche contre lui. Sauf que tu ne t'attendais jamais à ce que ce soit contre lui, au sol, en douleur. Tu le croyais plus doué que ça, déjà. Mais non, au lieu, tu es prise dans ce bâtiment, dans une chaise roulante, à attendre le verdict d'un docteur. Et ça te rend nerveuse, à quelque part. Non pas du verdict, même si c'est un peu le cas, mais plutôt dû au fait que tu n'as jamais vraiment passé de temps sobre à ses côtés. Jamais aussi longtemps, non plus, dans une situation qui vous amène à discuter. Se faire taire à coup de baisers, à coup de mains bien placées, c'est facile. Là, c'est carrément impossible à envisager.

L'histoire prend place peu à peu sous les soins du blondinet tandis que tu l'écoutes attentivement pour ne rater aucun détail, ne pas te tromper dans le mensonge qu'il raconte. Parce que même si ça peut passer sous le choc de la situation actuelle, ça peut également vite déraper. En un clin d'oeil, en quelques paroles déformées, tout pouvait s'arrêter et il faudrait rebâtir une raison sur votre venue. Alors tu l'écoutes, tu fausses tes émotions de façon agile -tout comme l'islandais-, le laissant se montrer aussi affectueux et inquiet envers toi. Chose que normalement, tu ne saurais supporter. Parce que l'attention sur ta personne, ça te demande beaucoup d'effort à digérer. Mais elle est fausse, celle-là. Elle fait partie du jeu. Donc tu la tolères, tu le laisses caresser ta main de son pouce. Avec facilité, tu empruntes le rôle de la petite amie qui se sent coupable d'être responsable de vos blessures, qui encaisse le poids sur ses épaules avec difficultés malgré les petits sourires tendres et désolés que tu lui offres. Tu fermes même les yeux lorsqu'il pose un doux baiser au sommet de ta tête, profitant qu'il soit encore assez près pour pencher la tête vers l'arrière et lui donner un baiser. Court, bref, accompagné de cette même mine désolée que tu as depuis quelques minutes déjà. « Merci mon coeur. » Ta voix se fait presque dans un murmure, la gorge toujours serrée. Et tu resserres doucement la main dont tu as fais prise, entendant les voix qui se portent autour. Qu'ils sont adorables, qu'ils ne méritaient pas ça. Tout comme ces regards que tu croises lorsque tu ramènes la tête à sa position initiale, tombant sur le regard du docteur qui se fait compatissant en retour.

Le reste des choses s'activent finalement et on vous guide jusqu'à une chambre, tandis que vous gardez tout les deux votre rôle. Il joue bien et heureusement, toujours. Tu es loin d'avoir envie de raconter la réelle raison de votre présence dans cet enfer bien trop glacial. Mais c'est le silence jusqu'à la chambre, tandis que l'infirmière vous raconte la suite des choses pendant l'accompagnement. Tu gardes cet air un peu troublé, dépité de la situation, bien que ton cerveau ne soit en réflexion tandis que tu l'écoutes distraitement. Parce que tu sais que la suite des choses est à prévoir. Vous allez être tout deux sous médication, dans un silence qui redeviendra sans doute mal à l'aise. Puis il y aura les informations, aussi. Celles de vos dossiers. Heureusement, tu ne t'es pas vraiment blessée au point d'avoir un dossier de fou. Tu n'as pas trop à cacher à ce niveau-là. Mais ne sait-on jamais, il suffirait d'oublier une information cachée qui s'y trouve pour piquer la curiosité de l'islandais à tes côtés et l'amener à questionner. Et comme vous savez tout deux que vous êtes de bons menteurs, ça allait se faire difficile. Les possibles calmants n'aideraient en rien. C'est tout ce à quoi tu penses le long du trajet jusqu'à ce que vous n'atteignez la chambre.
À ces risques débiles causés par le fait qu'il n'a pas été capable de garder l'équilibre. Tu hoches cependant la tête aux dires de l'infirmière qui quitte les lieux et vous laisse ensemble, à votre propre sort.

La porte se ferme et il se dirige aussitôt vers la fenêtre pour s'allumer une cigarette. Tu lui en aurais demandé une si ce n'était pas de son commentaire qui te distrait. Parce que bien entendu, tu te devais d'oublier ton paquet chez toi. Comme quand tu es partie pour ces journées de trekking. Deux fois où tu en aurais eu grandement besoin et tu ne les as pas avec toi. Mais c'est un rire qui quitte ta gorge. Un peu narquois, malgré la sincérité que tu en présumes. « À toi aussi. Mais le rôle de petite amie? Vraiment? Tu as réalisé ton geste ou tu es simplement idiot? » Ta voix n'est pas forcément brusque malgré les paroles que tu parviens à sortir. Malgré le fait que tu lui en veux, en partie, d'être ici. C'était son idée de regarder un porno. C'est lui qui n'a pas réussi à te garder en place malgré la crampe. Et surtout, c'est lui qui vous a mis indirectement dans de beaux draps en prenant ces rôles. Parce que de paraître un couple si aimant devant les autres, vous alliez forcément avoir besoin de connaître des choses l'un sur l'autre. Des questions sur laquelle vous devrez vous accorder. Non rien qui soit hors de vos capacités de manipulation, loin de là. Sauf que c'est du travail supplémentaire. Amis aurait pu faire l'affaire, dans ce cas-ci. Là, il y a tout un autre mécanisme à travailler. Parce que ce n'est tout de même pas avec un petit ami d'une semaine à peine que tu te retrouves à faire hommage à ta mère décédée par des pirouettes de gymnastique, tu te dis. Les informations que tu considères inutiles de votre relation devenaient soudainement plus importantes. Nom de famille, âge, date d'anniversaire, durée de votre relation. Tu avais déjà emprunté ce rôle avec le métisse lors de votre séance au spa -que tu as détesté, faut bien le préciser encore-, rien que le temps d'un masque au visage. Rien que ça. Et si le rôle avait bien été construit de façon rapide, joué habilement par votre expertise, ce n'est pas quelque chose que tu veux endurer avec le grand blond pour une durée indéterminée. Si quelques heures à peine ça allait, plus le temps passerait et les questions deviendraient précises. Parce que les gens sont curieux et veulent tout savoir, bien entendu.

Tu étais en train de replacer ton appui-pied lorsque sa voix résonne de nouveau. Ses questions t'amènent à hausser un sourcil par curiosité et ramener tes iris verts opalines vers lui, même si tu es trop peu impressionnée par sa tentative de te tirer de l'information. Sauf que tes lèvres s'étirent tout de même dans un sourire amusé. Bien que tu sois loin d'être dans une telle situation. Tu as cette impression que ta jambe est mal placée contre l'appui de métal et ton pied se fait douloureux. Ou ta cheville. Tu n'en sais rien vraiment, le mal est propagé autour de cette zone. « Allons, mon coeur, je ne vais pas te donner plus que ce qui se trouve dans ce dossier. Il n'y a pas d'aveu à faire, de ma part. Mais toi... » Ton sourire s'étire un peu plus, laissant ta phrase en suspend sous l'entente des bruits de pas et le sous-entendu bien placé. En moins de deux, vos masques précédents reviennent alors que des infirmiers viennent à ton aide. Chose qui te déplait, au fond. Parce que si ce n'était pas de votre petite discussion, tu serais déjà dans le dit-lit. Sauf que tu te laisses faire, même si tu n'aimes pas être aidée et infantilisée pour si peu. C'est une jambe qui est douloureuse, pas ton corps. Tu es encore capable de te mouvoir sur un lit. À peine sur ce lit inconfortable que le docteur revient dans la pièce, son calepin en main. Leur de faire faire votre diagnostique. Pas le final, certes, mais celui qui allait déterminer vos tests à passer, le type d'anti-douleurs à donner. Bref, tout ce truc assez chiant et douloureux.

Il vient vérifier ta jambe après avoir pris tes signes vitaux, voir jusqu'où tu ressens sensation, savoir s'il y a perte quelque part. Quelques questions de base ici et là, sur des possibles problèmes de santé dont il doit être mis au courant et tout ça. Sauf que rien. Tu ne sais pas si tes parents ont les moindre problèmes de santé, désormais. Tu ne l'as jamais su. En dehors de ça, tu n'as rien à réellement signaler. Tant pis pour le blond s'il comptait y ramasser des informations croustillantes. Puis c'est la tentative de bouger, d'appuyer, ce truc qui te donne envie de lui arracher la tête. Pendant un instant, tu oublies James dans la pièce. Parce que peu importe les mensonges, vos masques, la douleur est bien réelle. Alors tu subis, non sans quelques petites plaintes sous la douleur lorsqu'il tente de bouger ta cheville tandis que tu serres le drap sous ta main.  C'était ça ou ton poing dans son visage, surtout. Tu n'as pas l'habitude de ce genre de souffrance. Tu n'as jamais rien eu de cassé ou de tordu au point d'une douleur similaire. Rien qui t'as amené à l'hôpital. Quelques acétaminophènes et un bandage avait fait l'affaire. Là, c'était autre chose, peu importe ce qui en est. Tu souffles finalement lorsque le docteur te lâche et prend des notes, lorsque tu peux respirer, assise dans le lit.

Puis vient le tour de James pour se faire examiner alors qu'une jeune femme se ramène avec un petit chariot. Et c'est l'installation du soluté, cette fois. La capacité de repos est passée, tu étais désormais en train de te faire rentrer une aiguille dans le bras. On te vole une partie de ton sang, on inscris tes informations pour ne pas confondre les petits flacons remplis de liquide d'un rouge bordeaux et tu te retrouves prise avec ce petit tube de plastique relié à un sac de liquide transparent. Déjà, tu sais que ça allait être bordélique de te déplacer avec ça si tu devais te mouvoir quelque part. Mais au lieu de laisser ton esprit divaguer sur ces pensées négatives, tu détournes ton regard vers l'islandais. Parce qu'il n'est pas en reste, lui aussi. Parce que le docteur joue avec son bras tout en lui posant des questions. Et les réponses, tu les écoutes attentivement même si tu donnes apparence de te soucier pour son état, non sans ajouter un « Ça va aller, mon coeur? » des plus tendres, en bonne petite amie inquiète que tu es censée être.

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MessageSujet: Re: Inspiration pornographique | PV James   08.07.18 22:24
Le baiser claque et il a presque envie de lui tapoter l’épaule en disant bravo. Mensonge vendu, avalé. Fier, mais pas tant que ça. Parce qu’ils mentent comme ils respirent à tel point que le mensonge est devenu plus facile à prononcer pour eux que la vérité. Parce que quand on leur demande leur nom, leur cerveau leur envoie maintenant automatiquement un faux avant qu’ils n’aient pu penser au vrai. Parce que c’était leur deuxième nature, ou peut être même la première. Alors commencer un mensonge n’était jamais difficile. Le tenir seul n’était pas bien compliqué, si tant est qu’il n’oubliait pas comment il avait commencé. Le tenir à deux, par contre, relevait du miracle. Parce qu’ils ne se connaissaient pas assez bien pour accorder leurs violons sans avoir besoin d’en parler, parce que jouer avec les émotions des gens pour éviter qu’ils ne posent trop de questions ne serait pas efficace indéfiniment, parce que la vérité risquait d’éclater à tout moment, parce que les circonstances faisaient qu’ils devaient donner leurs vrais noms et que ce qui allait avec ne pouvait pas rester caché éternellement.

L’avantage qu’il avait, c’est que mentir aux médecins ne lui posait aucun problème. Il avait si peu d’instinct de protection envers lui-même qu’il aurait pu dire qu’il toussait un peu alors qu’il avait craché du sang toute la nuit, si ça lui paraissait suffisamment amusant. Alors le fait que mentir sur des problèmes de santé risquaient de nuire au diagnostic et donc à sa remise en forme ne lui traverse même pas l’esprit. Mais son esprit est bien trop occupé à anticiper tous les secrets qui pourraient être révélés pour s’autoriser à ne pas penser pour autant.

« Ah parce qu’on avait pas déjà établi que j’étais complètement con ? » Et dire petite amie pouvait facilement mener à des scènes hilarantes d’affection qui ne leur collait pas du tout à la peau. En plus de donner une bonne raison pour qu’aucun médecin ne commence à demander s’ils devaient appeler des proches pour les prévenir, puisqu’ils étaient déjà ensemble et amoureux. Parce que personne ne pouvait savoir. Qu’ils avaient fait ça, ou qu’ils étaient ensemble en ce moment précis. Parce que ça donnait l’obligation au personnel de leur laisser du temps seul à seule pour qu’ils puissent discuter en toute intimité, bien plus que s’ils avaient été amis. Parce qu’il ne pouvait pas dire membre de la famille sans que le mensonge ne soit ruiné par la sortie du dossier. Quelque part, même s’il ne le réalisait pas et s’en fichait totalement, il n’était peut être pas si stupide que ça.

Le sourire manque d’envoyer un frisson désagréable le long de sa colonne vertébrale, et ses paroles ne font que confirmer ses craintes. Comme prévu, il était celui qui était le plus dans la merde par le fait de se retrouver dans ce maudit hôpital. Un soupir de dépit s’échappe de ses lèvres alors qu’il essaie de bouger son épaule et grimace aussitôt face à la douleur que ce simple mouvement lance dans le reste de son corps. Bordel. Il allait être là pour un moment. Et à en juger par la difficulté qu’a Bethany à bouger, elle aussi. Au diable. « J’ai pas grand-chose à cacher non plus hein. J’ai un dossier un peu fourni parce que moi j’suis pas un petit joueur avec la drogue, c’est tout. Mais à un moment donné il va falloir qu’on s’accorde sur nos histoires, et tu le sais aussi bien que moi. » Au moins, elle ne sera pas surprise si jamais sa présence trop récurrente dans ces lieux est évoquée, ce qui est nécessaire pour le bon déroulement de leurs plans. Alors autant balancer les overdoses. Après tout elles sont évidentes. Et loin d’être une honte. Autant garder les autres visites sous silence. Un bout de vérité et un mensonge par omission. Bien joué, James.

Alors il écoute, quand le docteur pose des questions, mais n’est pas surpris de ne rien trouver d’intéressant à en tirer. Elle avait déjà l’avantage de ne pas avoir grandi ici. Elle avait déjà l’avantage d’être une étrangère dans cette ville où tout le monde se connaît. Il garde son masque faussement inquiet bien planté sur son visage, mais derrière ses yeux, une lueur d’amusement sadique danse en la voyant gémir de douleur alors que le médecin la manipule, en la voyant perdre en fierté et en froideur. Bien fait pour tes dents, tiens. Fallait pas être d’accord pour imiter un porno. Lui au moins se targuait d’être idiot. Pas elle. Elle n’avait aucune excuse. Alors il se complait dans sa douleur, en guise de vengeance, en anticipation de toutes les choses pour lesquelles il risque de la détester ensuite.

Et vient son tour. Il manque de lever les yeux au ciel alors que le docteur lui explique ce qu’il va faire et comment ils vont procéder, comme s’il ne venait pas juste de l’entendre quand il expliquait à Bethany, comme s’il ne l’avait pas entendu cent fois avant. Jouer le rôle du petit ami inquiet. Son regard passe du médecin à sa compagne d’infortune constamment, pour qu’il s’assure de ne rien louper d’une possible révélation ou d’une expression de douleur quelconque dont il pourrait se moquer, si bien qu’il n’est pas prêt à la douleur de son propre corps quand le docteur, qui l’avait pourtant prévenu, essaie de bouger son épaule. Un petit cri trop aigu s’échappe de sa gorge alors que son regard retombe sur lui, et un petit silence plane dans la pièce avant qu’un rire amusé ne vienne remplacer le cri. Heureusement qu’il n’avait aucune fierté à perdre. « Tout va très bien chérie, t’en fais pas. J’écoutais pas monsieur, autant pour moi. » Un sourire trop  puant de sincérité décore son visage alors qu’il se laisse manipuler en grimaçant simplement de temps en temps, et en continuant de ne l’écouter qu’à moitié. Ce n’est qu’un médecin, après tout.

Les questions défilent, et il lève les yeux au ciel rapidement. Antécédents familiaux, inconnus. Ou plutôt, « je ne me souviens plus trop, rien je crois ». Parce qu’inconnu, c’est louche. Elle a dit inconnu, non ? Maladies à déclarer, aucune. Condition, hyperactivité. S’il vous plaît évitez les calmants trop forts, c’est pas hyper agréable. Mais on n’a pas le choix monsieur. Dommage. Tant pis. Rien à signaler ? Non merci. Bonne journée. Le mouvement trop sec sur son épaule le fait pousser par réflexe le médecin avec sa main libre, et il sourit de nouveau comme si rien ne s’était passé. Arrête de me toucher, enfoiré. Décidément, il avait toujours du mal avec les médecins.

Un gémissement de dépit est retenu à la dernière minute alors que l’infirmière en a enfin fini avec Bethany, et qu’elle l’attend visiblement, calmant en main. En temps normal, il aurait peut être pu essayer de se sortir de là en payant. Mais son épaule n’allait pas se réparer seule. Ou son bras. Qui sait ? Alors ses pas se font plus lourd pour l’emmener jusqu’au lit, et il ne s’asseoir qu’à moitié dessus en tendant son bras pour la laisser insérer l’aiguille. Ses jambes, déjà, commencent à bouger nerveusement, comme si elles savaient que l’hyperactivité allait être chassée à grands coups de balai. Ca va être long.

« Si t’es enceinte c’est le moment de me le dire ma belle. » Sourire amusé, comme s’il essayait d’être rassurant. Alors qu’il essaie surtout de chasser le silence qui commence déjà à envahir la pièce. Alors qu’il essaie d’ouvrir le chemin sur des questions plus importantes et la mettre au pied du mur, incapable de ne pas répondre à cause de la présence des autres. « Tu l’as dit à ton père, d’ailleurs ? Il va bien ? » Oh, elle mentira, c’est certain. Mais l’avantage des menteurs, c’est qu’ils se voient entre eux. C’est leur principal point faible. C’est pour ça qu’ils ne parlent jamais, eux deux. Parce qu’ils savent que l’autre ment. Parce qu’ils voient cette minuscule onde de tristesse, de doute, de peur, d’hésitation dans le regard, celle que personne d’autre n’a le temps de capter. Parce qu’ils voient vite quels sujets il ne faut pas aborder. Mais s’il doit être bloqué ici, il compte bien en profiter un petit peu, quitte à se mettre en danger lui-même.
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MessageSujet: Re: Inspiration pornographique | PV James   12.07.18 23:40

Bethany & James


Mentir, c'est facile. Si c'était un peu plus complexe les premières fois, que tu devais de réfléchir correctement avant de répondre la phrase appropriée, c'est maintenant rendu bien trop simple. Ça fait parti de toi, comme respirer, manger, voir. Une association de ton cerveau, comme si ce n'était qu'un sens parmi les autres, dans le but d'arriver à vivre. Ce n'est pas si faux, après tout. C'est un mécanisme de défense pur, histoire de ne pas laisser les autres en savoir sur qui tu es réellement, sur ton passé. Une façon de te protéger de la moindre attaque, la moindre blessure, envers ta personne. Tu préfères encore te faire attaquer sur du faux, te faire insulter pour une image que tu donnes que de faire souffrir de nouveau ton coeur, après tout. Parce que même ça, même sur ce que les gens détestent de toi, tu parviens à le contrôler ou presque. Et pourtant, tu auras beau mentir comme que tu respires, le faire à deux c'est autre chose. Car tu ne sais jamais entièrement ce qui peut se jouer dans l'esprit de l'autre personne. Heureusement, au moins, il ment bien le blondinet. Ça aurait sans doute été l'apocalypse, sans ça. Déjà que c'est une catastrophe, selon toi, du fait que vous êtes pris à mentir ensemble alors que vous vous connaissez si peu. Parce que non, connaître la taille d'un préservatif, sans connaître sa date de naissance, ce n'est pas réellement connaître quelqu'un semblerait-il. Alors d'être prise avec quelqu'un qui ne sait pas faire croire quoi que ce soit? Apocalypse.

Tu n'as jamais subi de blessures graves. Rien d'assez pour t'amener à l'hôpital d'urgence, du moins. Sauf que tu n'as pas envie de te retrouver avec des dommages permanents pour une idiotie pareille. Loin de là ton idée de te retrouver avec un os ou va-savoir-quoi qui fait mal comme ça, de mal guérit pour le restant de tes jours. Hors de question que cette blessure revienne sans arrêt te hanter et te narguer de ce geste imbécile que tu as commis, après tout. Tu mens, mais tu as tes limites. Tu sais où ne pas trop pousser, où dévier la réalité pour t'assurer de ne pas te causer de tord trop grave. Tu n'allais jamais mentir sur un diagnostique. Du moins, outre l'histoire derrière, comme en ce moment. C'est d'ailleurs pour les risques que tu le critiques. Parce qu'à tes yeux, "petite amie", c'était complètement idiot. Non, tu ne penses pas aussitôt au côté bien trop réfléchis de la chose. Sur le fait que ça te permet du temps avec lui, histoire d'ajuster vos violons. L'idée te vient trop peu en tête pour la simple et unique raison que tes proches, ils sont loin. Ta famille n'est pas ici et tu as tout simplement personne. Alors la panique première, ce sont les informations à savoir l'un sur l'autre. Si ça se trouve, tu allais le trouver des plus intelligents lorsque tu allais constater tout le mécanisme et la réflexion en arrière de son geste, de son idée. Tout ça, sans savoir si c'était volontaire ou non de sa part, s'il en était lui-même conscient.

Tu constates sa grimace tandis qu'il tente de bouger son épaule, son bras. C'est qu'il ne s'est pas manqué, lui non plus. De vrais beaux imbéciles, vraiment. Tu n'as aucune idée du temps qu'ils vont vous garder ici à cause de tout ça. Si seulement c'était mineur comme blessure, au moins. Les problèmes seraient bien moins grands, bien moins emmerdants. Au moins, dans tout les cas, tu peux te réconforter à l'idée que ton dossier n'est pas en désavantage. C'est tout ce que tu te dis, que tu te rappels alors que tu l'écoutes parler. Et il te parle de drogue, chose qui ne te surprend même pas venant de lui. Tu l'as vu en prendre à l'occasion, avant que tu ne partes ou en plein bar aussi. Alors ce n'est qu'un demi-aveu, à tes yeux. Qu'une façon de te dire que ce que tu voyais déjà, ça l'a trainé ici plus d'une fois. « Je sais qu'il faudra s'accorder, crois-moi. Si tu avais été capable de garder l'équilibre, aussi... » Tu soupires presque ta dernière phrase, découragée, le blâmant toujours au fond de toi pour son incapacité à te garder debout. Tu n'étais pas si lourde que ça, quand même. Mais tu ne peux pas le maudire davantage tandis que tu te fais torturer -à ta vision à toi- par le médecin dont tu n'as qu'une envie: lui arracher ce foutu bras qui te cause douleur en tripotant ton pied comme ça. Tu cherches à te contenir ne serais-ce qu'un peu, mais tu es trop peu habituée à ce genre de mal. Alors les plaintes quittent ta gorge malgré toi, n'hésitant tout de même pas à dire d'une voix un peu agressive lorsque quelque chose se fait plus douloureux qu'une autre. Tout ça jusqu'à un moment de repos bien trop temporaire.

C'est son tour, à lui. À l'islandais. Et il y a quelque chose dans ses gestes, dans son expression, qui te fait amener ton attention de sur lui. Ce petit cri, d'abord, qui t'a surprise, amenant ton regard de petite amie inquiète sur lui. Mais viens ce rire. Ce rire qui a quelque chose de particulier à ton oreille. Un peu idiot, mais aussi avec un fond qui n'en a rien à faire vraiment de la douleur. Parce que franchement, qui lâche un rire amusé à la douleur? Encore plus lorsque cette simple douleur fait grimacer au moindre mouvement. Tu cales l'information dans ton esprit, offrant un petit rire en retour de sa phrase, gardant cet air inquiet dans tes iris. Parce que tu ne cesses pas de jouer, après tout. Il ne faut pas, pas maintenant. C'est ça ou griller votre couverture habilement mise en place. Et c'est hors de question, bien entendu. Personne ne peut savoir. Mais malgré ça, tu restes prédatrice, comme toujours. Si c'est une situation risquée pour toi, c'est tout de même une opportunité envers lui. Une chance d'en apprendre plus sur cette personne qui ment tout aussi bien que toi. Tu te dois d'en profiter, c'est obligatoire. Ce ne serais pas toi et tu te douterais beaucoup trop d'une atteinte à la tête en plus du pied si tu ne cherchais pas à tirer profit. Parce que si tu as de nombreux démons, tu gardes l'avantage d'être une étrangère pour ce petit pays. Alors tu dois trouver, penser rapidement, analyser, avant que l'anti-douleur ne se mette à faire effet. Pour ne pas tomber endormie et rater l'occasion ou te retrouver la langue déliée au lieu de l'écouter. Comme ce petit geste, là, tandis qu'il repousse la main du médecin. Ce n'est pas grand chose, mais tout compte dans ce genre de situation. La moindre faille, le moindre petit geste. C'est encore flou, il y a trop peu pour que tu puisses te faire une idée claire sur quelle corde tirer. Trop flou, comme ce que tu perçois au loin pendant que l'infirmière pose l'aiguille pour le soluté dans son bras, à l'islandais. Une marque, sur le poignet. Quelque chose d'assez discret, pourtant visible de loin. Tu n'arrives pas à savoir si ce sont des marquages ou une ligne. À quelque part dans ton esprit, tu penses à une tentative de suicide. Chose qui te surprendrait un peu, tout comme pas du tout, venant du jeune homme. Parce que tu n'es sans doute pas la seule à te détester pour ta façon d'agir, forcément. Tu te doutes même que si c'est le cas, que si c'était vraiment ce type de marques, l'infirmière aurait réagit. Ou peut-être est-ce déjà à son dossier? Considérant ce qu'il t'a dit, son dossier se faisant déjà bien épais par ses jeux de drogue... Peut-être y a-t-il davantage à creuser.

Peu à peu, ce flou devient plus précis, prend lentement une forme que tu ne parviens toujours pas à déchiffrer. Mais tu sais qu'il y a quelque chose. Tu ne sais pas encore quoi, mais tu ne peux pas abandonner. Pas maintenant. Peu importe à quel point tu sais que le futur anti-douleur allait être à ton désavantage, à quel point tu es inconfortable avec ce tube de plastique accroché à ton bras et ta jambe apposée contre un oreiller. Tu te dois de savoir ce qui se trouve à son poignet, de le confronter. Mais tu ne peux pas, pas maintenant. Parce que l'infirmière est encore là, à administrer le calmant via le tube de plastique. Et ces jambes qui bougent déjà. Hyperactif, avait-il mentionné? Ça ne te surprend pas, ça non plus. Il semble toujours avoir cette aura de nervosité qui se trame autour de lui, peu importe à quel point il se fait calme. Comme si son cerveau n'avait aucun repos, était toujours en fonction. Puis vient sa phrase, qui te déconcentre de ton exploration, de ton analyse, agilement caché derrière ce voile de jeune femme inquiète. Toi, enceinte? Tu sembles déglutir discrètement, tentant de cacher ce malaise visible, les lèvres un peu pincées tandis que tu laisses tes doigts jouer ensemble distraitement. « Je... Je comptais t'en parler, justement... » Tu inspires un coup, comme si tu étais prête à faire un aveu après un léger silence. « Je suis un peu en retard. C'est trop tôt pour dire, ce n'est rien, mais... Je préfère que tu sois au courant. Si jamais... » C'est faux, s'il y a bien une chose de régulière chez toi, c'est bien ton cycle et heureusement. Tu ne sais pas ce que tu ferais avec un gamin à ta charge. Tu as déjà du mal de t'occuper de ta personne, de te nourrir correctement, de vivre à un rythme "comme tout le monde". Alors un enfant que tu mettrais au monde dans ton univers? Non. Tu te ferais avorter, c'est certain. Tu n'es pas prête, loin de là. Tu ne sais même pas si tu allais l'être un jour. Dans tout les cas, tu ne voudrais pas amener quelqu'un dans un monde qui n'est pas prêt à l'accueillir. Pas comme tes parents ont décidé de faire.

C'est sans doute une information que tu as laissé sortir par accident, ça, tes parents. Parce qu'il amène le sujet de façon détournée. Il te faut à peine quelques secondes de réflexion pour savoir où tu aurais pu laisser l'information. Maladies connues chez les parents, tout ça. Inconnu. C'est ça, que tu avais dis. Parce que tu n'en sais rien. Il sait. Il sait bien trop qu'il y a une information qui se cache là, quelque chose à aller gratter. Tu l'as ressenti, ton coeur qui se serre. S'il y a bien une chose, un sujet tendu avec toi, c'est la famille. Ton père, c'est encore pire. Sauf que tu caches. Tu caches la moindre expression possible dans tes yeux si ce n'est cet air encore un peu troublé de la pseudo-révélation précédente. Tu le lui refuses, l'empêches de voir que c'est quelque chose qui s'affecte. Tu ne sais même pas s'il y a eu cette micro hésitation que vous parvenez toujours à déceler. Tu secoues un peu la tête à sa question. « Non, je n'ai rien dis encore. » Puis tu lui offres un petit sourire. Le genre de sourire qui veut aller bien, qui cherche le positif en vue de la situation dans laquelle vous vous trouvez. « Mais il va bien! Il voulait que l'on aille chez lui, ce weekend. Aller le visiter, rester à dîner. Surtout avec l'histoire de Maman... Ça lui ferait du bien. » Puis tu sembles hésiter un peu, ramenant un regard vers ta jambe, puis l'infirmière qui termine de ranger ses choses, pour se poser finalement vers l'islandais. Tes lèvres s'ouvrent de nouveau, reprenant parole dans un soupire un peu inquiet. « Du moins, si on est sortis de l'hôpital d'ici là... » Une façon indirecte de savoir un aperçu de votre séjour dans ces lieux horribles. Chose que tu obtiens tout de même facilement, sachant que l'information était très importante pour tout les deux, tandis que la jeune femme se met aussitôt à vous rassurer, à vous dire que vous ne seriez sans doute pas là très longtemps. Que tu pourrais aller rendre visite à ton père ce weekend, sans doute. Si seulement c'était réellement possible...

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MessageSujet: Re: Inspiration pornographique | PV James   15.07.18 13:14
« Ah ben évidemment ça va être de ma faute. » Mais quelle idée d’avoir une crampe, aussi. Quelle idée de faire un mouvement si brusque alors que lui était encore pris dans le feu de l’action. Il était bien conscient qu’il n’y avait que l’adrénaline et les efforts de Bethany pour garder sa position qui lui avait permis de garder l’équilibre, avant ça. Les faiblesses de son corps, il les connaissait, puisqu’elles étaient majoritairement là parce qu’il n’en avait rien à faire. Alors oui, c’était peut être un peu de sa faute, mais à quel moment avait-elle pu croire qu’il était capable de soutenir tout son poids avec le souffle court, alors que la largeur de ses bras devait équivaloir à celle d’un concombre pas mûr ? C’était idiot, vraiment. Elle savait dans quoi elle s’engageait à la base. Ce n’était tout de même pas de sa faute si les choses avaient dérapées. Au moins, il prend plus de plaisir encore qu’en temps normal à la regarder gémir et souffrir, calmé dans son agacement nouveau, voyant ça comme une punition pour sa manière de le blâmer. Bien fait pour tes dents, tiens. Non mais oh.

Puis c’est à lui, au rire, et à la réponse de rire inquiet de Bethany, à qui il finit par faire un clin d’œil pour toute réponse. Parce qu’il comprend vite qu’elle s’est mise à penser comme lui, parce qu’ils sont trop semblables, qu’ils l’ont toujours été, et que c’est ce qui les a toujours empêché de s’apprécier véritablement. Rester en surface. Avec les masques, les sujets légers, et le sexe. Parce qu’ils étaient tous deux affreusement doués pour ça. Parce que leurs ressemblances les aidaient à s’accorder à la perfection pour ces choses. Mais pas plus. Pas plus loin. Parce que s’ils se ressemblent vraiment, alors se connaître vraiment, ce serait se détester mutuellement autant qu’ils se détestent eux-mêmes, non ?

Alors il ne veut rien lui donner. Malgré les réactions instinctives qu’il ne peut pas s’empêcher de laisser passer, malgré ces blouses blanches qui lui rappellent ces moments désagréables en désintox, malgré la douleur dans son épaule, malgré le dossier qui ne peut pas rester caché, mais surtout, malgré les calmants qu’il voit s’approcher bien trop facilement. Réfléchir, vite, avant qu’ils ne fassent effet. Si bien qu’il ne voit pas où se pose le regard de la brune. Si bien qu’il ne comprend pas que son corps peut lui offrir une corde sensible. Si bien qu’il ne réalise pas qu’elle ne l’a jamais vu, et qu’elle ne devrait jamais le voir. Parce que c’est ce prénom qui compte tant, et que c’est trop intime pour qu’elle ne puisse le savoir. Parce que c’est une fierté autant qu’une faiblesse. Et la marque fait déjà tellement partie de lui qu’il oublie sa propension à devenir une menace. Qu’il ne comprend pas le froncement de sourcils de l’infirmière et son air perturbé quand elle s’éloigne. Qu’il ne relève pas le regard inquisiteur de Bethany. Pour l’instant.

Et il joue, il plaisante, mais elle enfonce les choses. Il lui faut un millième de secondes pour garder la bouche entrouverte, pour comprendre où elle va en venir, pour laisser une expression de joie et de peur s’imprimer sur chaque trait de son visage. C’est à peu près ça qu’il est censé ressentir, n’est ce pas ? Sûrement. Lui ne ressentirait qu’une indifférence évidente et hausserait les épaules en demandant ce qu’il peut bien y faire et en proposant de payer pour l’avortement, mais quelqu’un qui veut être parent doit être heureux de la possibilité. Et terrifié de mal faire. En tout cas c’est ce qu’on lui avait dit. Mais l’amour parental, c’est un peu une illusion et un jeu de masques, aussi. « Oh chérie … Même si c’est pas le cas, on y arrivera, t’en fais pas. » Un peu jeunes pour penser à ça, mais si amoureux que c’est touchant. C’est sûrement ce que se dit le personnel médical dans la pièce, l’infirmière qui promène un petit sourire tendre, le docteur qui se radoucit encore. Qui explique que si tôt dans le procès, si jamais les soupçons de Bethany étaient fondés, il n’y avait aucun risque que la chute ait blessé le bébé. Qui rassure alors qu’on ne lui a rien demandé. Imbécile de docteur.

Pendant qu’il liste les choses qu’il n’administrera pas à l’anglaise au cas où, James prend mentalement note qu’il devra avoir l’air déçu mais pas trop si jamais ce sont eux qui leur annonçaient que non, ils s’étaient trompés. Ce qu’il savait déjà. Parce qu’il n’était pas idiot à ce point, que c’était des efforts inutiles et du temps perdu que d’aider quelqu’un jusqu’à la clinique d’avortement, et qu’elle n’était pas assez bête pour ça non plus. Pas assez pour laisser la douleur se voir, ceci dit. Pas assez pour que le monde entier ne puisse voir à quel point il a touché juste. Même pas lui. Même s’il se doute que si. Parce qu’ils sont si semblables qu’elle ne peut pas avoir une famille en or alors que lui non. Alors il la regarde se sortir du pétrin dans lequel il l’a mise, et il réfléchit. Mort, peut être ? Ce serait la solution la plus évidente, et pourtant, elle paraît presque trop simple. Parti ? Oui, c’est possible. Mais sa mère alors ? Peut être que de prétendre à l’anniversaire de sa mort n’était pas une si bonne idée. Le seul mensonge qui permettait de mettre des larmes aux yeux du corps médical, peut être, mais aussi celui qui l’empêchait de gratter des informations sur cette femme. Merde. Mais il y a quelque chose avec le père. Il en était presque certain en posant la question, encore plus en entendant le mensonge. Elle n’a rien laissé sortir, mais la tristesse quand elle parle a l’air moins feinte. Ou alors il veut juste qu’elle le soit. Qu’elle imagine un futur impossible à cause de lui. Après tout, elle n’avait qu’à pas avoir de crampe.

Alors il acquiesce, doucement, à sa proposition, avec un petit sourire triste et compatissant. Il se dit qu’il doit avoir l’air bien con, avec cette tête, mais puisqu’elle l’est aussi, ainsi va la vie. Il essaie même de dépêtrer sa main des draps pour la tendre entre les lits et venir attraper la sienne, mais ne réussit à la toucher que du bout des doigts. Tant pis. C’est mieux que rien. Ca colle au rôle. Il ne pourra juste pas la serrer un peu trop fort quand elle commencera à dire des choses qui ne lui plaisent pas. Tant mieux. Ca lui évitera de se vendre.

Son attention se reporte sur l’infirmière qui répond à la question, et il retient un soupir soulagé en entendant la réponse. Soulagé, mais pas trop. Ne pas être là très longtemps, il sait très bien que ça peut vouloir dire quelques heures comme quelques jours. Putain. « Merci madame. Ca vous dérangerai de nous laisser un petit peu ? » La gêne dans le ton de sa voix est si palpable qu’elle lui donne envie de vomir. Elle a plutôt intérêt à partir. Ils sont censés être à l’hôpital, pas en cellule d’observation. Le sourire poli et presque tendre de l’infirmière suffit comme réponse, et elle quitte la pièce sous le regard de James, qui finit par murmurer un « Elle est jolie, tiens. » bas, pour que personne à part sa prétendue petite amie ne puisse l’entendre. Le mensonge leur aura fait louper une occasion de mettre quelqu’un dans leur lit. Dommage.

Sa main se libère de l’autre presque aussitôt, et il s’étire dans tous les sens en étant bloqué par les perfusions une fois sur deux, grognant à chaque fois qu’un muscle ne peut pas être utilisé. Saloperies de calmants. Saloperies de lits d’hôpitaux. « Ca fait chieeeer. » Pourtant la douleur n’est pas aussi forte qu’elle devrait l’être pour son hyperactivité bloquée. Même son épaule semble s’engourdir peu à peu. Il déglutit légèrement. Les calmants commencent à faire effet. Sa main tâtonne à ses côtés jusqu’à se reposer sur le paquet de cigarettes abandonné, et il en sort une avant de le lancer sur Bethany. « Tiens. Ce sera peut être la dernière de la journée, te prive pas. Au pire on dira qu’on était stressés. » Au pire on leur donnera quelques billets et ils nous laisseront faire ce qu’on veut, aussi.

La fumée sort de sa gorge avec un soupir soulagé, et il gigote sur le lit jusqu’à trouver une position qui lui permet d’observer sa compagne d’infortune correctement. Un petit sourire amusé vient flotter sur ses lèvres à la vision de son corps qui se détend sous les calmants. « Alors ? Daddy issues, hein ? Ou je me trompe ? » Il ne se trompe pas. Il le sait déjà. Mais c’est drôle d’enfoncer le couteau dans la plaie. Plus encore maintenant que les calmants agissent et empêchent de mentir aussi facilement. Même s’il est en danger aussi. Même s’il ne va peut être pas gagner cette bataille.
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MessageSujet: Re: Inspiration pornographique | PV James   15.07.18 17:28

Bethany & James


Tu sais que tu es en partie responsable de tout ça. Tu mets le blâme sur l'islandais, parce que c'est facile. C'est toujours plus simple de rejeter la faute sur les autres, n'est-ce pas? Alors que pourtant, il suffit de le regarder. Il suffit d'observer sa carrure frêle, ses petits bras, son corps trop grand et trop peu garni de muscles. C'était sans doute déjà voué à l'échec, votre histoire. C'était sans doute déjà écrit dans le ciel que vous étiez fait pour prendre une débarque en dehors de cette douche. Parce que certes, tu as fais un geste de travers qui t'a causé une crampe. Ce n'est pas comme si tu avais cherché à en avoir une, en même temps. Il a levé de trop ta jambe, l'excitation a fait crisper tes muscles et il suffisait que ton muscle soit de travers et c'était la fin. Tu as tenté de balancer, pourtant. Malgré le mal, malgré vos souffles courts. Tu as remis tes espoirs en lui une fraction de seconde, oubliant son corps frêle, bercée par l'illusion de son côté entreprenant. C'était voué à l'échec, c'était écrit dans l'avenir qu'il ne saurait pas te soutenir. C'était con de ta part d'avoir accepté. Mais le blâme, tu le mets sur lui, sur ses idées folles. Peu importe à quel point la suite te semble pourtant si prévisible, quand tu y repenses. « Bien sûr que si. » Tu réponds tout de même, un sourcil légèrement arqué. Peu importe le reste, c'était sa faute.

Il y a cette similitude avec lui. Contrairement au métisse, où votre côté semblable vous rapproche, c'est tout l'effet inverse avec le blondinet. Ça vous éloigne presque, en quelque sorte. Peut-être parce que vous jouez de la même façon, vous offrez les même types de mensonges aux autres. Il y a quelque chose qui fait que vous restez en surface. Sans doute parce que non seulement ça, non seulement votre façon de mentir, vous le faites pour les même raisons. Et ça, c'est encore pire. Ça doit rester cacher et vous êtes dans la pire situation pour ça. Parce que bientôt, les calmants feront effets. Bientôt, vos langues vont se délier. Vos corps vont s'engourdir et ce sera impossible de mentir sans faille. Si c'est un risque important face aux infirmiers et médecins, c'est encore pire entre vous deux. Parce que vous n'êtes pas de bonnes personnes. Parce que vous êtes tout deux conscients de la situation, de l'opportunité qui s'offre à vous. Il a beau faire l'idiot sans arrêt, il est loin de l'être réellement. Tu ne sais seulement pas s'il en est conscient. Sauf qu'il t'offre un clin d'oeil en réponse à ton petit rire et tu sais. Tu sais qu'il a compris. Vos violons se sont accordés sans même que vous n'ayez besoin de vous parler. Pour l'instant, du moins. Le reste, ce serait à travailler. Mais pour l'instant, vous jouez au même jeu, au même niveau, et c'est très bien ainsi.

Sauf que si vous jouez au même jeu sur les autres, vous en faites de même l'un envers l'autre. Ne rien démontrer, tout cacher. Ce n'est qu'une adaptation, au final. Jouer le jeu sur un nouveau terrain, dans une situation toute autre. Parce que vous n'êtes pas au bar, il ne suffit pas de vous balancer deux ou trois mensonges pour vous sauter dessus et éloigner le sujet, faire taire les risques de vérités. Ce n'est pas un verre de trop qui vous fera dire ce que vous gardez à l'intérieur. Ce n'est pas une ex-conquête qui vous balance un verre à la gueule qui viendra tout faire foirer. Non, c'est plus sérieux. Il n'y a pas d'alcool, vous devez confronter la vérité et la détourner au mieux possible. Tout ça, c'est une situation dans laquelle vous n'avez pas l'habitude. Heureusement, mentir, c'est devenu aussi simple que respirer. Alors vous parvenez à tout cacher, ou presque. Presque, parce que tu constates cette marque au loin. Ton regard se fait discret, il est trop occuper pour discerner quoi que ce soit de toute façon. Mais tu la constates, cette marque. Et il y a quelque chose, une impression, qui te dit que c'est important.

Tu aurais très bien pu ne rien dire. Tu aurais pu jouer la petite amie qui n'est pas enceinte ou avec possibilité que. Ça aurait été une difficulté de moins. Mais ça t'amuse, au final. C'est complexe, il y a un peu de tout qui se mêle dans cette idée. Observer sa réaction pour voir comment il allait se démerder face à un aveu de la sorte. Chercher la corde sensible des médecins et infirmières encore une fois. Te renseigner un peu mieux sur les types de médicaments que tu allais recevoir comme le fait l'infirmière là, maintenant, tandis qu'on te rassure que la chute n'avait pas causé de risques au possible bébé. Puis, mine de rien, si la plupart de tes conquêtes sont féminines, il y a bel et bien du masculin dans tout ça et très franchement, c'est toujours rassurant d'écarter cette possibilité. Tu as beau prendre toutes les protections du monde, il suffit d'une fois. Une fois où les choses se font défectueuses et que tu te retrouves dans une mauvaise situation. Donc qu'ils prennent une partie du sang prélevé pour vérifier ça? Qu'ils fassent, tu ne diras pas non. Au final, ça ne fait qu'adoucir la situation, vous rendre encore plus amoureux aux yeux des autres tandis qu'il réagit à la perfection. Ou presque. Parce que cet air est faux, mais il y a quelque chose. Une étincelle, un petit truc qui manque. Comme si c'était une émotion qu'il ne comprenait pas, qu'il ne savait pas interpréter. Tu coinces l'information au creux de ton esprit, incertaine de si c'est une illusion ou une réalité pour le moment. Tu te contentes d'offrir un doux sourire, hocher la tête à ses paroles. « Oui, on a encore du temps. »

La note change et il aborde un sujet. Un sujet que tu cherches toujours à éviter. Ton père. Celui qui t'a abandonné parce qu'il en avait marre, qui t'a amené à être qui tu es aujourd'hui. Parce qu'il t'a blessé, profondément. De façon à ce qu'après toutes ces années, ce soit encore une plaie qui a du mal à se cicatriser. Mais tu l'empêches de voir, au mieux que tu le peux. Toute ton énergie se retrouve consacrée à une telle chose. Il peut savoir n'importe quoi d'autre, s'il le veut. Tu peux lui expliquer le reste de ta vie, toutes les mauvaises choses que tu as faites par le passé. Tu pourrais lui raconter la moindre histoire de tes tatouages. Tout, sauf ça. Ta famille, c'est le pire sujet, celui que tu déformes à tord et travers pour ne pas avoir mal. Et il a visé pourtant juste, avec une facilité désarmante. Désarmante si ce n'était pas que tu savais aussi bien te retourner dans des situations pareilles. Ce n'est pas la première fois que l'on te parle de ton père, après tout. C'est seulement la première fois qu'on le fait dans un but autre que la curiosité, à des fins de manipulation. Alors tu détournes le sujet, tu le dérives un peu pour ne pas montrer la blessure au grand jour. Tu en parles avec une presque aise, malgré la douleur qui se fait un peu moins feinte cette fois. Il hoche de la tête, vos doigts se frôlent, ton regard dérive sur son poignet, malgré l'impression externe que tu observes les doigts, la tentative de prise sur ta main tendue. Rien qu'un instant, pour chercher à voir ce que tu peux voir sur la marque. Des lettres. C'est tout ce que tu as pu constater. Que ce n'est pas une barre ou des petites coupures. Des lettres. Mais tu es encore trop loin pour bien voir. Bordel.

Puis, il demande à l'infirmière de se faire laisser seule à seul. Chose à laquelle tu hoches un peu la tête pour confirmer les dires de ton petit ami temporaire. Vient le murmure à tes oreilles, t'amenant un bref rire, assez bas. « Jolie? Carrément. » Tu en sonnes presque déçue, sur le coup. Parce que vos pensées sont les même: c'est une opportunité loupée, ça. Tout ça parce que votre mensonge a fait en sorte que vous étiez l'un avec l'autre. Tu savais que le rôle de petite amie, ce n'était pas le meilleur à adopter. Rien que pour ça. Tu l'observes faire, un autre petit rire passant la barrière de tes lèvres en le voyant tenter de se démener, de se bouger, tandis qu'il se plaint. « Pauvre chéri, tu vas survivre? » Tu le nargues un peu, ressentant pourtant très bien ton propre anti-douleur qui fait peu à peu son effet vu le mal qui se dissipe très lentement. Il se sort une autre cigarette et cette fois, il te lance le paquet. Dieu merci! Il ne savait sans doute pas à quel point tu étais reconnaissante, sur ce coup. « T'es sûr que ça va passer, ça? » Surtout dans ton cas, avec tes "risques d'être enceinte". Mais c'est loin derrière toi, déjà, tandis que tu te prends une clope pour te l'allumer, lui lançant le paquet à ton tour pour lui rendre. Et aussitôt que la fumée grisâtre s'aspire dans ton corps, aussi nocive soit-elle, tu sens une partie du stress qui te quitte. Tu n'es pas accro, pourtant. Tu fumes rarement. Mais dans des situations comme ça? Ça fait horriblement du bien. Tu te redresses au mieux possible, afin de t'assoir correctement dans le lit, remontant un peu les oreilles afin d'en faire des coussins pour le dos. Tu tires une autre latte, le vert opaline de tes yeux reprenant refuge vers ton compagnon de chambre forcé tandis qu'il bouge, qu'il ramène le sujet sur le tapis. Et de nouveau, un rire. « Daddy issues? Je n'irais pas jusque là. Mais ne me dit quand même pas que ta famille à toi est parfaite. Je ne te croirais pas. » Que tu lui lâches avec un sourire presque moqueur, avec une brève lueur de malice, tandis que tu ramènes finalement ton regard sur le poignet. Et ça t'emmerde de te retrouver dans une position qui rend la chose difficile à bouger. Sans quoi tu aurais presque bondit sur lui pour lui prendre le poignet, pour lire ce qui s'y trouve. « Sinon, ça dit quoi, là-dessus? C'est pour ne pas oublier ton prénom? » Tu lances presque avec nonchalance tandis que tu désignes la peau marquée du menton. Tu as bien vu que c'était des lettres. Ça ne peut pas être une information stupide qui s'y trouve. Parce qu'il est loin de l'être, malgré les apparences.


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MessageSujet: Re: Inspiration pornographique | PV James   15.07.18 19:23
Tout va très vite. Trop vite. Le mensonge de grossesse qu’il a du mal à assimiler, son cerveau restant incapable de comprendre l’intensité émotionnelle ressentie par une personne lambda dans ces moments là. Alors il joue, surjoue à peine, fait passer ça pour la réaction sous l’émotion, le genre de choses qu’on ne contrôle pas, créé par la peur qui nous bouffe les entrailles. Mais ses yeux restent intensément vides, alors il les plante sur la brune pour que personne d’autre qu’elle ne puisse comprendre qu’il n’y a rien et n’y aura jamais rien d’exceptionnel à ce genre de nouvelles pour lui. Quitte à se faire griller, autant que ce soit par elle plutôt que le corps médical. Parce qu’eux, ils pourraient s’inquiéter pour un enfant imaginaire comme des abrutis du manque de réaction paternelle. C’est idiot, un humain. Il n’a aucune honte à l’admettre. Mais autant qu’elle soit la seule à comprendre à quel point il manque cette petite fibre en lui. Cette petite émotion qui les pousse à être idiots. A quel point il peut gagner sur elle sur des terrains aussi sentimentaux.

Dommage que ce ne soit pas ceux qu’ils empruntent. Qu’il attaque sur son père, plutôt. Quoique ce chemin boueux relève des sentiments, aussi. Même s’il ne connaît pas les faits. Tous les êtres humains ont un rapport sentimental qui se crée quand on parle de famille. Surtout quand ça va mal. Le problème, c’est que même lui. Il ne s’en rend pas compte, quand il l’attaque la première fois. Il ne réalise pas qu’en avouant qu’il sait très bien qu’elle a des problèmes familiaux et que c’est en partie pour ça qu’elle est comme elle est, il avoue que c’est aussi son cas. Et c’est bien la seule chose qu’elle ne peut pas savoir. Et la seule chose qu’elle a dû déduire toute seule comme une grande fille, comme lui, la première fois où leurs yeux se sont croisés et où ils ont vus derrière le masque un miroir d’eux-mêmes. Et merde.

« Je t’emmerde salope. » C’est presque dit affectueusement, presque autant que son chéri. Parce qu’ils ne s’embarrassent pas d’affection et de mots doux et que les insultes comme les compliments sonnent toujours dans leur bouche comme des moqueries ou des provocations, de toute façon. Pourquoi s’embêter quand on ne peut jamais vexer l’autre ? « Sûrement pas, mais là tout de suite j’en ai rien à foutre. J’ai beaucoup trop besoin de ça. Au pire tu diras que je t’ai forcée, et j’irai en taule. Il paraît que le sexe est sympa. » Ses lèvres se courbent en un sourire amusé, et il la regarde du coin de l’œil quelques secondes. Quelques secondes pendant lesquelles il se demande si dans d’autres circonstances, ils n’auraient pas pu s’apprécier. S’ils n’auraient pas beaucoup ri. Si seulement il n’y avait pas eu cette peur constante de trop en dévoiler, de trop être vu, peut être qu’ils auraient pu être amis. Peut être même qu’ils auraient pu s’aider à sortir du trou dans lequel ils étaient enfoncés depuis si longtemps. C’est si rare, de trouver quelqu’un qui peut comprendre ce vide là. C’est si précieux. Et pourtant il donnerait sa vie pour qu’elle ne comprenne jamais vraiment. Parce que tout ce qu’il arrive à se dire, c’est qu’en voyant de trop près leurs similarités, ils voudront s’entretuer autant qu’ils veulent se détruire eux-mêmes. Autant qu’ils se haïssent eux-mêmes.

« Et pourtant. Rejette pas tes problèmes sur moi chérie. » Il dit ça avec un sourire amusé, la fumée sortant par ses narines et l’enivrant. Parce que lui, aux yeux du monde, aux yeux de la ville, c’était le gosse de riche de cette famille qui était là depuis si longtemps, qui vivait dans cette grande maison, avait tout pour lui, et se comportait la plupart du temps comme le dernier des enfoirés. Ce qu’il était. C’était bien la seule part de vérité de ce mensonge doré qui avait été construit depuis des années pour que la réputation de sa famille ne soit pas entachée quand tout le monde sourit devant les caméras d’entreprise. Quelle belle connerie. « Touché, quand même. » Parce qu’elle a tout de même avoué à demi-mots qu'il y avait quelque chose avec son père, même si ce n’était peut être pas aussi important qu’il ne le pensait. Il se demande quelques secondes si c’est les antis douleurs qui lui délient la langue ou si elle sait que ça ne vaut pas la peine de mentir sur cela parce qu’il l’a compris il y a bien longtemps. Parce qu’elle l’a compris il y a bien longtemps. Ce qui ne l’empêche absolument pas d’être fier de ses talents de détective.

La voix le fait redescendre sur terre, et pendant quelques secondes, il la regarde comme si elle était folle. Pendant quelques secondes seulement, il ne comprend pas ce qu’elle veut dire. Avant de baisser les yeux sur son poignet et d’y voir gravé ce prénom qui fait partie de sa peau à tel point qu’il a l’impression qu’il a toujours été là. Avant de se souvenir de ce qui est aussi gravé dans son cœur. Et un petit sourire vient flotter sur ses lèvres alors qu’il vient le porter contre son cœur comme si c’était la chose la plus précieuse au monde. Toujours dans l’exagération. « Eh oui. Je suis un peu limité mentalement, faut bien quelque chose pour me le rappeler. » Il ne prend même pas la peine de bien mentir, parle sur le ton de la plaisanterie. Avant de baisser un peu les yeux. Avant de faire comme si c’était un secret trop lourd à porter. Alors que c’est peut être une de ses plus grandes fiertés, mais qu’elle n’a pas forcément besoin de le savoir. Parce que ça veut dire qu’il ressent des choses, parfois. Et qu’elle n’est pas censée savoir ça.

« Non, c’est le nom de mon chien. Il est mort y’a pas très longtemps. » Quelle connerie. S’il avait eu un chien, il serait certainement mort par sa faute. Son doigt vient tracer les lignes du L, mais il ne lui montre pas. Pas encore. Pourtant il oublie de se demander si elle le connaît. Il suppose directement que non. C’est probablement ça, son erreur. « Et quand je sais pas comment gérer mes émotions, je les grave dans ma peau. Parce que la douleur ça fait passer le reste. » Ce n’est pas complètement faux, après tout. Même si le feu a tout de même un bien plus grand attrait que les lames. Enfin, il relâche son poignet pour le laisser visible, pour lui laisser le temps de lire, avant de le reposer avec un petit sourire attendri qu’il ne feint qu’à moitié. « Comme ça il sera toujours avec moi. Pas trop déçue ? » Ca, il sera toujours avec lui, c’est certain. Même si ce n’est pas un chien. Ou alors, que c’est un loup sauvage aux cheveux blancs et aux yeux glacés.
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MessageSujet: Re: Inspiration pornographique | PV James   18.07.18 20:12

Bethany & James


Le vide. Le néant. C'est quelque chose de particulier, comme phénomène. Où on le définie comme étant un espace quelconque alors que nous ne sommes pas censés y retrouver quoi que ce soit, contrairement à un espace qui n'existe que pour être remplis. Si l'espace n'est pas remplis, n'est que du vide, y a-t-il réellement un espace quelconque, dans ce cas? Est-ce une réalité, une illusion? C'est un peu ce à quoi tu as affaire en plantant tes iris dans les yeux de ton petit ami temporaire, tandis que tu rajoutes une couche à votre mensonge en annonçant les risques d'être enceinte, aussi faux l'information soit-elle. Deux grands yeux qui démontrent, certes, une émotion de surface, mais rien que pour pousser le voile dans le néant. Un manque de crédibilité, un manque de réalisme dans son regard. Comme si c'était quelque chose qu'il ne comprenait pas, qu'il ne parvenait pas à assimiler, qu'il ne savait pas exactement comment le représenter. Et pourtant, il joue si bien, ce partenaire. Il ment comme il respire, il est capable de faire croire quasi tout et n'importe quoi aux autres. Tu le sais bien, tu l'as vu à l'oeuvre de nombreuses fois et ce soir ce n'est qu'une preuve supplémentaire. Alors pourquoi tout ce manque, au creux de ses prunelles? Son regard reste fixé sur toi, malgré tout. Était-il idiot? C'était bien plus risqué de confronter cette vérité à toi qu'aux autres. Le corps médical, bien que ça aurait été la panique, que ça aurait causé problème, que ça aurait détruit le mensonge que tu venais d'admettre, il y aurait eu moyen de faire contourner. De les faire oublier bien rapidement. Il suffit d'inventer une histoire de tromperie ou quelque chose de similaire, quitte à faire éclater une engueulade entre vous deux afin de réparer les pots cassés. C'était plus de travail, mais tellement moins dangereux que le geste qu'il venait de commettre en te laissant son regard mort à grande ouverture, en fixant ses iris dans le vert opaline de tes yeux à des fins d'analyse. L'hypothèse? Quelque chose cloche. Et ce n'est pas que cette situation en général. Il y a quelque chose de bien spécifique qui relie cet état d'âme -ou l'absence de?- et l'être dans le lit à côté. Chose que tu devras investiguer le temps de ce petit séjour à l'hôpital. Chose que tu gardes en tête pour lorsque les calmants feront complètement effet et qu'il n'aura aucun autre choix que d'avouer.

Vous pourriez, sans doute, devenir autre chose qu'un malaise qui se termine par des gestes plus osés. Ce serait sans doute possible, si pour une fois vous preniez le temps de discuter et faire tomber les masques au lieu de vous enlever vos vêtements, de vous happer les mots de la bouche par des baisers. Mais tu ne te le permets pas. Parce que tu n'es pas prête à souffrir de nouveau. Ça t'auras pris tant de temps à ne serais-ce qu'un peu cicatriser cette blessure, cet abandon, que tu ne te sens pas prête à y tomber de nouveau dans le but de, peut-être, trouver quelqu'un qui pourrait t'aider. Que tu pourrais aider. C'est trop risqué, au final. Tu ne veux pas souffrir, tu ne voudrais pas le décevoir. Tu ne veux pas te mettre à le détester en y découvrant tout ce que tu as horreur chez toi. Alors tu gardes ton masque, vous conservez un minimum de dignité. Chose dont vous avez horriblement besoin dans une situation comme celle-ci.

Un rire quitte ta gorge à l'entente de l'insulte. Parce que chaque phrase est rarement dite avec réelle affection, dans votre cas. Il y a toujours cette moquerie, ce côté tranchant. Que ce soit une insulte comme il vient de te sortir ou des mots doux comme tu venais de lui offrir. C'est toujours ainsi, jamais forcément à mal, jamais forcément en bien. Ce n'est pas de la haine, pourtant. Seulement une sorte de provocation continue, sachant aussi bien l'un que l'autre que ce ne sont que des mots dit comme ça, comme l'ajout d'un point à une phrase. De toute façon, ce n'est pas comme si tu allais t'en vexer et c'était de même inversement. Et ça t'amuse, à quelque part. Tu es si loin de l'étape de t'insulter pour des phrases comme ça, si loin de considérer le tout comme une réelle attaque. C'est presque rendu affectueux, comme façon de discuter, au final. Presque.

Ton premier rire se suit d'un second en entendant son explication. Tu tires la cigarette entre tes lèvres, laissant la fumée s'échapper d'entre celle-ci avant de répondre. « Je suis tout à fait partante pour cette histoire. Ce sera une façon de te récompenser pour m'en avoir fournie une, que tu ailles t'amuser avec le sexe de prison! » Tu le taquines, à ta façon. De le remercier, aussi, à quelque part, de façon détournée. Parce que sincèrement, elle fait du bien, cette cigarette. Tu n'as pas d'addiction, mais là, elle se voyait nécessaire. Ça t'aidait à te détendre, à t'empêcher de garder tes nerfs à vif contre tout, aussi. Contre lui et sa bêtise, contre le médecin qui décidait de vous garder ici sur une durée indéterminée et qui s'amusait à te faire mal pour savoir ce qui clochait avec ta cheville. Et contre toi, par-dessus tout. Parce que tu as fais l'idiote, parce que tu ne veux pas stresser sur toute cette situation et tu l'es tout de même. Puis il y a le fait que tu te laisses encore affecter par cette histoire avec ton père, au final.

Tes prunelles se lèvent au plafond dans un roulement, tes lèvres pourtant étirées dans un sourire amusé. Tu aurais pu faire mieux. Tu aurais pu cacher bien plus spécifiquement cette histoire avec ton père, l'éloigner de toute trace en ce qui concerne le sujet. Mais n'aurait-il pas compris que si tu venais donner une réponse négative, les chances se retrouvaient que tu cachais justement la vérité? Parce qu'il se doutait, sans aucune doute, que tu allais mentir sur la situation si tu avais réellement un problème à ce niveau-là. C'était l'évidence même du mensonge, de votre façon de faire. De simplement donner une réponse inverse de la vérité. Alors tu confirmes, indirectement. Tu l'avoues à demi-mots, le laissant croire à une victoire. Chose qui ne serait pas entièrement fausse, si ce n'était pas que ton esprit travaillait déjà à contredire, à inventer une histoire trop éloignée de la réalité, trop banale pour réellement t'affecter. Qu'au final, il ait l'impression d'avoir fait le détective pour un crime de bas étage. Sauf que ses lèvres s'ouvrent de nouveau et ton regard se ramène vers lui, dans un petit sourire satisfait. « Touché? Alors dis-moi, dans ce cas. Elle est détruite à quel point, ta famille faussement parfaite? » Le sourire devient plus taquin, le regard un peu plus malicieux. Qu'à peine.

La suite des choses te distrait bien plus, cependant. Chose étonnante, considérant ce que tu pouvais trouver à force de chercher un peu plus en vue de ce que tu venais d'apprendre. Mais quelque chose te dit, bêtement, que cette gravure au poignet est importante, que tu dois y porter attention.  C'est d'instinct plus qu'autre chose, vraiment et si ça se trouve, tu te détournes de l'affaire importante. Sauf que lorsque tu lui mentionnes le poignet, sa simple réaction te donne raison. Parce qu'il sourit en observant la marque, parce qu'il l'amène à son coeur. « Faut dire que si y'a bien une chose que tu ne cherches pas à cacher, c'est ton côté limité. » Tu lances sur le même ton de plaisanterie, bien que tu as une drôle d'impression sur sa phrase. C'était une blague... réelle? Tu ne savais pas encore comment bien le décrire, mais ça, mêlé à son regard vide plus tôt? Ça ajoute de l'importance, indirectement. Comme si tu pouvais ajouter un point dans cette ligne qui se trace peu à peu vers une destination encore inconnue.

Il te balance son histoire, que tu sais déjà bien trop fausse pour être vraie. Certes, ce type n'est pas bien, tu as pu constater à de nombreuses reprises qu'il agissait parfois un peu en taré. Mais de là à se graver le prénom de son chien? Parce qu'il ne sait pas gérer sa douleur? Ce serait pourtant crédible, venant de lui. Toutefois, ça semble, sonne, tout à fait faux. C'est toujours une question d'instinct, pourtant. Ou était-ce par habitude de mentir au point de déceler ses mensonges, comme chaque fois? Tu n'en sais trop rien. Sauf qu'il y a quelque chose, dans son regard. Quelque chose de différent, que l'on ne porte pas dans le creux des yeux vis-à-vis un animal décédé. Toi-même tu ne portes pas de regard de la sorte sur Litchi et pourtant, c'est presque ton univers, cette bête-là. Non, il y avait plus. Bien plus. Parce qu'il y a une tendresse, dans son sourire, dans son regard. Quelque chose qui se creuse une place parmi le vide de ses yeux. Sauf qu'il tend son poignet, te permettant de lire. Sans doute la plus grande erreur de sa vie. « Luka..? » Ton coeur semble s'arrêter qu'une seconde, ton sang ne faisant qu'un tour. Ça ne pouvait quand même pas être ça. Le lien entre les deux, entre cette brûlure et cette marque, c'était quasi improbable. Ils ne pouvaient pas se connaître...si? Tu lui offres pourtant une moue un peu déçue à sa question. « Je m'attendais à mieux, comme mensonge. » Tu aurais pu y aller par plusieurs chemins, détourner afin de le coincer, mais le liquide qui circule dans tes veines doit sans doute commencer à prendre place dans ton corps, dans ta tête. Ou c'est simplement l'effet de choc qui s'est produit à l'intérieur de toi en posant tes yeux sur le poignet. « Et la vraie histoire, c'est quoi? Ou plutôt, qui est-ce? » Pitié, tout sauf lui. Tout sauf le russe. Allez, James. Ne sois pas relié à lui.

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MessageSujet: Re: Inspiration pornographique | PV James   24.07.18 22:12
Elle le taquine à son tour, et son sourire se fait plus sincère, plus posé. Quelques secondes de répit dans ce malaise constant qui flotte entre eux, les quelques secondes où ils parviennent à l’ignorer, où ils réussissent à le repousser. Quelques secondes où ils se souviennent que si la vie n’avait pas fait d’eux ce qu’ils sont, ils auraient pu être amis. Ils auraient pu s’aimer. Ils auraient pu mourir de rire chaque seconde de leur temps ensemble. Mais ce n’est pas le cas, parce qu’ils sont un miroir l’un de l’autre et qu’ils haïssent déjà bien assez leur reflet. Parce qu’elle comme lui est incapable de se regarder en face, de ne pas se mentir à elle-même. Parce qu’elle comme lui a préféré se persuader qu’elle croyait à ses propres mensonges plutôt que de vivre dans la réalité. Cette foutue réalité qu’ils fuient à toute allure avec chaque verre et chaque corps dans leurs bras. Le froid.

Elle sait qu’elle n’a pas réussi à bien cacher, mais ils savent tous deux que même si son mensonge avait été parfait, il aurait continué de chercher dans cette direction. Comme deux animaux sauvages, conscients qu’ils vont être attaqués et qui ne peuvent qu’attendre que le liquide qui coule dans leurs veines commence à faire effet. Il n’avait pas peur des questions. Pas vraiment. Il avait peur des réponses qu’il risquait d’y donner. Il avait peur de l’honnêteté parce qu’il ne savait plus à quoi elle ressemblait. Il avait peur de dire des choses que lui-même ne croyait pas. Il avait peur de ne plus pouvoir se draper dans le mensonge. Il avait peur de ne pas réussir à oublier l’échange qui viendrait, aussi. Mais pourtant, son bras commence déjà à s’engourdir, prémisse de ce que son cerveau subira dans quelques minutes. Alors avec la force du condamné à mort, il essaie de poser des questions avant qu’elle ne puisse le faire.

Et elle contre-attaque sur le même domaine, et il n’arrive qu’à rire en se rendant compte du double sens de ses paroles. Qu’en voulant se moquer d’elle il s’était tendu un piège comme un sombre imbécile. Alors il hausse les épaules, et il lui fait un clin d’œil. Qui sait, hein ? C’est ce qui flotte entre eux, pour un cas comme pour l’autre. De ce secret qui ne sera pas avoué, pas encore, peut être bien jamais. Trop semblables et pourtant inconscients d’être différents. De ne pas avoir la même histoire. De ne pas fuir la même chose. La même réalisation. S’ils savaient. Mais ils restent silencieux, parce qu’il ne servirait déjà à rien de mentir, mais qu’ils n’ont pas encore atteint le stade de la vérité sans filtres. Langue au chat.

Et le sujet change aussi vite qu’il était venu sur le tapis pour se porter sur cette indication idiote, sur cette marque d’humanité trop flagrante, sur ce qu’il ne peut plus cacher à qui que ce soit. Ca semblait une bonne idée sur le coup, pourtant. Même aujourd’hui, seul, ou dans la foule, il le regardait comme une fierté. Comme une décoration dûment méritée. Pourtant, c’était une arme pour Bethany. Parce que s’il n’avait honte de rien et aucun honneur à sauver, il devait aussi se montrer fidèle à l’image qu’elle avait de lui, à son masque miroitant, et ça, c’était loin de coller au profil. Quelques secondes, il se dit que c’est ce qu’Aleks doit subir avec tout le monde, mais il ravale vite le rire que l’idée réveille en lui pour se concentrer sur ce qu’elle a à dire, pour en faire trop, pour mentir comme un arracheur de dents sans vraiment réussir à faire élaboré, le liquide attaquant ses sens bien trop vite. Alors au lieu de s’attarder en comprenant que ça ne marcherait pas à ses mots, il se met à fouiller son corps à elle du regard, à s’attarder sur la moindre indication, la moindre marque.

« Luka. » Le nom roule sur sa langue comme une plaisanterie finement menée. Luka le chien décédé. Vraiment James, c’est pathétique, mais qu’est ce que c’est drôle, quand on sait la vérité. Mais il n’a pas le temps de rire. Au lieu de ça, son nez se fronce un peu en observant cette seconde de réaction, si furtive qu’il aurait pu la louper, s’il ne lui ressemblait pas tant. Elle a réagi bien trop fort. Elle le connaît peut être. Sûrement. Sous ce nom ? Oui, possible. Aleks sans Luka, Luka sans Aleks, sauf pour lui. C’était la règle. « Je m’attendais à moins violent, comme réaction. » C’est lancé du tac au tac. Il ne réfléchit déjà plus vraiment. Démentir serait idiot. Elle le connaît. Et il ne peut plus être crédible. Ce qui veut dire qu’elle aussi doit commencer à être atteinte.

Un rire plus fatigué s’échappe de sa gorge, comme une admission de défaite, alors que son corps arrête enfin de gigoter, alors que la douleur musculaire et les sensations désagréables de fourmillements s’apaisent. Hyperactivité : maîtrisée. Génial. Maintenant il était vraiment bloqué. « Je pense qu’on sait très bien tous les deux. » Ne pose pas des questions dont tu connais la réponse, Beth. Tu vaux mieux que ça. Une chance que ses yeux n’aient pas arrêté de travailler pour autant. Une chance qu’au moins une partie de son corps se montre utile à quelque chose. « Il aime bien marquer les gens. Chacun ses passions. T’en as un comme ça aussi, non ? » Le faire passer pour un simple plan cul, un parmi tant d’autres, un de ceux qui partagent leurs lits depuis si longtemps qu’ils ont arrêté de les compter. Ca ne fonctionnera sûrement pas très longtemps, après son surjeu qui voulait cacher la véritable tendresse. Parce qu’elle comprend trop vite. Mais lui aussi.

Son doigt pointe déjà un suçon bien trop visible sur la peau dénudée, alors qu’il doit se faire de plus en plus difficile pour elle de bouger, de cacher, de protéger de son regard. Le suçon, la cicatrice. Quelqu’un, et un accident. Presque plus rien. Un peu de temps. « Raconte moi ce qui s’est passé et j’aurai pas le choix de répondre à ta question. » Même s’il n’ont déjà plus le choix maintenant que le liquide les empêche de faire fonctionner leur cerveau. Maintenant qu’il a brisé les murs qu’ils mettaient entre eux et le monde, mais surtout entre eux. Maintenant qu’ils sont seuls dans cette chambre et que personne ne reviendra. Mais faire comme si c’était un échange pour un jeu, ça sonne comme s’ils avaient le choix. Ca sonne comme si c’était amusant. Alors que tout leur château de carte est sur le point de s’écrouler à cause du souffle de l’autre.
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MessageSujet: Re: Inspiration pornographique | PV James   30.07.18 3:20

Bethany & James


C'est inutile de cacher. Ou plutôt, c'est inutile de résister sur un mensonge mal posé pour une fois. Que ce soit maintenant ou plus tard, il aurait fini par chercher sur ce terrain. Et honnêtement, vaut mieux maintenant pendant que tu as ta tête que tout à l'heure quand le médicament sera à son apogée. Parce que de parler de ta famille? C'est sans doute ce qui est de plus douloureux chez toi. De parler de ce que tu as appris, de tout ce que ça a causé. Savoir que l'on était un enfant non-désiré n'est pas chose facile, après tout. Encore pire lorsque tes parents étaient déjà si peu présents pour soi. Toujours en train de travailler, de s'occuper ailleurs. Tes Noël? Tu t'en souviens davantage comme la soirée où ta mère était avec des copines et que ça discutais en rigolant. L'une des rares occasions où ta mère mettait tout ses efforts avec la nourriture pour épater les autres femmes. Où l'alcool coulait fortement. Tandis que toi? Tu étais ailleurs, avec des personnes qui apprécieraient davantage ta présence que ta mère. Des personnes avec qui tu pourrais t'amuser et oublier un peu le fait que Noël, c'est censé être une fête pour se rassembler avec sa famille. Ton père était parti pour ne pas avoir à te supporter, de toute façon. Ta mère te détestait. Tu étais mieux ailleurs que chez toi, forcément. Alors te devoir d'expliquer tout ça à l'islandais? Risquer de craquer ton masque pour de bon et peut-être même pleurer comme une sombre idiote blessée parce que le médicament qui coule dans tes veines allait te faiblir? Hors de question. Alors tu encaisses ce mensonge mal sortit et tu contournes, tu vises juste, tu lui laisses croire qu'il n'y a rien de réellement important à y fouiller. Qu'il y a quelque chose, mais rien de très grandiose. Et tu espères de tout coeur qu'il n'ait pas l'illumination d'y revenir tandis qu'il sera en train de parcourir les limbes de ce faux sérum de vérité.

Tu donnes un coup bien visé et il constate s'être mis, tout comme toi, les pieds dans les plats tout seul. Et tout comme toi, c'est un détournement de sujet alors qu'il te fait un clin d'oeil, qu'il contourne de loin, qu'il évite de répondre. Parce que c'est une vérité que vous savez aussi bien l'un que l'autre. Vous ne savez pas à quelle échelle le tout est similaire ou différent, mais il y a bien ce côté qui vous rend pareil. Une famille détruite. Un souci familial. Peu importe ce qui en était réellement, la famille était impliqué et vous étiez tout deux dans un cas similaire. Alors aussi bien éviter, de laisser les démons là où ils sont. Cachés, loin. C'était sans doute mieux ainsi. Parce que vous savez bien trop que si l'un cherche à fouiller, désormais, l'autre allait en faire de même. Et tu n'as pas envie qu'il vienne poser ses mains sales sur cette information précieuse, douloureuse.

Le sujet change lorsque tu constates finalement un peu mieux les gravures à son poignet. Il y a quelque chose d'inscrit. Et si c'est inscrit, c'est que c'est quelque chose d'important. Non pas le sens "important" des autres personnes tel un numéro de téléphone. Non, important au sens sentimental. Tu as besoin de savoir, forcément. Sauf que vient l'histoire peu crédible d'un chien. Celui qu'il a perdu, qui lui tenait soi-disant à coeur. Luka, qu'il s'appelle. Ton coeur s'est fixé à la prononciation du prénom. Luka. Celui que tu as croisé dans un ascenseur quelques temps plus tôt. Ascenseur qui a décidé de se bloquer, de se rendre inutile dans ta fuite sous un coup bien placé du karma. Ascenseur dans lequel tu t'es retrouvée à payer ton dû envers la tête blanche comme une foutue catin. La simple pensée, le seul souvenir de cette soirée, te laisse pourtant un goût amer en bouche. Non pas qu'à quelque part c'était déplaisant. Prendre ton pied, ce l'est jamais, sauf lorsque tu te retrouves à te casser la gueule en dehors de la douche comme en ce moment. Non le goût amer venait justement du fait de la raison, de la situation derrière. Encore t'aurait-il coincé dans un coin comme ça pour simplement passer une bonne soirée, ça aurait été autre chose. De te ramasser à payer avec ton corps? Pour une petite pilule que tu as acceptée, que tu as prise sans connaissance de cause. Pour une promesse d'un corps-à-corps au creux d'un lit qui n'est jamais arrivé. C'était loin de toi, de payer en nature. De tes principes. Tu en as déjà peu, tu venais en plus de briser celui-là. Et maintenant, te retrouver avec James, ce gars avec qui tu couches pour casser ce malaise, se retrouvait relié à lui? Non, quand même pas. Luka, il était dangereux. James était simplement... Était James, quoi.

Ton corps s'engourdit trop rapidement, tout comme ton esprit. Ta jambe a cessée de se faire douloureuse grâce au médicament coulant dans tes veines alors que tu fais tout pour te concentrer. Parce que le sujet est trop important, là. Tu dois jouer tes cartes correctement. Tu cherches à lui demander qui il est avec tout les espoirs qu'il puisse démentir ce que tu crois, qu'il défasse ton hypothèse à coup d'histoire stupide d'un cousin quelconque. Mais au lieu, il confirme tes dires. En sous-entendu, du moins. Il sait que tu le connais. C'est ce russe. Il n'y a pas d'autre possibilité. « Merde... » Ça quitte tes lèvres tout seul, dans un soupire, dans un murmure. Tu connaissais la réponse et pourtant, tu as tout de même demandé. Dans l'espoir d'une contradiction. Toi qui pourtant va poser une question dont tu connais la réponse rien que dans le but de te moquer, de piquer l'autre. Là c'était une façon de chercher à te rassurer et ça avait échoué. Lamentablement. Tes yeux se lèvent au plafond, ton cerveau travaillant fort à faire un lien, à savoir pourquoi il aurait fait une telle marque. Tes yeux se déposent de nouveau à la cicatrice. Il ne laisserait pas quiconque marquer sa peau, ce James. Pas de façon aussi précise, du moins. Parce qu'il a des marques au cou, des morsures, des griffures. Tu en découvres toujours plein, chaque fois que vous vous croisez. Mais le prénom du russe? Il y avait quelque chose qui clochait. Luka n'allait pas non plus marquer qui que ce soit pour son bon plaisir. Il l'aurait sans doute déjà fait avec toi, sans ça. Pour te rappeler ce mauvais souvenir, sûrement. Plus les secondes passent, plus tu te penches sur une raison sentimentale bien que tu trouves étonnant que tout deux soient dans la capacité à ressentir quelque chose de ce genre.

Mais tes pensées sont coupées de court en quelques secondes de réflexion à peine lorsqu'il reprend parole, lorsque ton regard revient vers lui. "T'en as un comme ça aussi", qu'il te dit. Tu fronces légèrement les sourcils sans comprendre sur le coup, pour finalement suivre le doigt qui point l'intérieur de ta cuisse. Le suçon si intimement posé. Heiki. Le dernier soir de votre séance trekking de quelques jours. Trekking que tu as accepté parce que tu ne refuses pas les défis, d'ailleurs. Idiote. Il s'en est passé des choses, en pleine nature. Et ce soir-là? C'était après un massage longuement dû de ton corps endolori par toutes les misères qu'il t'avait fait subir entre l'escalade de montagne, la randonnée à dos de cheval, la traversée de cette corde suspendue dans le vide. Et tes blessures, elles. Ton genou encore un peu abimé parce que tu as glissé contre la roche en plein escalade. Tes jointures encore un peu écorchées parce que tu as paniqué, tu as fuis, tu t'es frustrée pour ensuite frapper la première chose près de ton poing. Une roche. Parce que bien sûr, en nature islandaise, c'était surtout de ça. Tout ça, toute cette tentative de fuite pour te retrouver prise dans un déluge. La panique, la peur, le besoin qu'il te retrouve... De l'adrénaline sans fin qui t'a épuisée au point que tu n'as pas été apte à résister ses gestes, ses mains, ses lèvres. Toi qui ne voulait pas tout lui donner, le laisser en chercher davantage, tu avais succombé. Parce que ton corps avait besoin de réconfort, de chaleur humaine. À défaut d'avoir l'alcool pour compenser, tu l'avais laissé te réconforter par sa tendresse. Tu l'avais laissé poser une marque au creux de ta cuisse pour finir par des gestes bien plus intimes. "Faire l'amour", qu'il disait. Que c'était ça, que vous aviez fait. Pas que du sexe. Tu l'avais ressenti, d'ailleurs. Que c'était différent, pas comme les autres. Sauf que tu avais encore du mal avec ce terme, il faut dire. Ça sonnait trop intime, émotionnel, alors que pourtant, ce n'était qu'un coup pour te satisfaire, pour rendre la future résistance plus facile à gérer. Ce n'était qu'un coup parmi tant d'autres. Qu'un coup d'un soir, alors que c'était pourtant tellement... différent, un plaisir prononcé.

C'est un rire qui s'échappe de tes lèvres lorsqu'il te force à en parler, lorsqu'il te dit que c'est une façon d'accéder sa vérité à lui. Si seulement il savait. Le métisse se taillait peu à peu une importance dans ta vie, mais c'était loin d'être la révélation du siècle tout de même. Une arme, cependant, c'était tout à fait possible. S'il le croisait, un beau jour? Pire encore, s'il venait à en parler à Luka et qu'il lui faisait quelque chose pour tenter de t'atteindre toi? Du moins, s'il tentait de t'atteindre d'une quelconque façon. Tu n'as jamais réellement su ce qu'il voulait, outre son dû. C'est un petit soupire qui sort de tes lèvres pulpeuses étirées dans un sourire. « C'est pas grand chose. Je suis partie quelques jours en nature avec un gars, Heiki. On a baisé-... pardon "fais l'amour" comme il dit, ce niais. Il a décidé que c'était un bon moment pour faire un suçon à ma peau. J'me suis vengée, j'en ai fais un plus visible. » Les paroles sortent sans même que tu ne parviennes à les ralentir, peu importe à quel point au fond de toi tu te cries de ne pas tout dire, de ne pas tout avouer. Parce que ce sont des armes que tu lui donnes, que tu lui tends sans la moindre résistance. Et pourtant, il y a une quelconque nonchalance dans tes mots, comme si c'était une histoire des plus banales, un peu ridicule même. Comme s'il n'y avait rien d'important dans tout ça. Sauf que tu ne sais pas à quel point il peut utiliser cette information. Tu ne sais pas s'il peut réellement le faire, persuadée, malgré cette panique reliée à ce manque d'habitude de dire la vérité, de tout calculer ce que tu fais, que au fond c'est une histoire bien banale que tu venais de lui raconter. Parce que vraiment, Heiki, c'était réellement un coup d'un soir parmi tant d'autres, n'est-ce pas? Que tu le vois bien trop souvent, que tu te sentes bien dans ses bras, ce n'était rien, non? Qu'un besoin d'un réconfort. Et rien que de pouvoir dormir contre lui au lieu de subir ton lit vide et froid, c'était suffisant. Tu profitais, tout simplement. Parce que tu avais des plans pour le manipuler, lui aussi. « Sinon, Luka et toi? C'est quoi votre histoire? Parce que d'écrire un prénom de façon aussi .... permanente, ce n'est pas rien, quand même. Encore moins lorsque vous portez le prénom l'un de l'autre. »

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MessageSujet: Re: Inspiration pornographique | PV James   05.08.18 22:12
Elle le connaît, et il ne peut pas s’empêcher de se demander comment. Oh, il l’a déjà vue prendre de la drogue, mais au point d’avoir un dealer personnel ? Peut être pas. Quoique. Une bribe d’information vole dans son cerveau, et il soupire un peu en réalisant qu’elle est probablement vraie. Betha est jolie, et loin d’être nulle au lit. Il ne lui aurait probablement pas fait payer en argent. Il ne sait pas si ça le dépite ou si ça le fait rire. Est-ce-que c’est quelque chose qu’elle ferait sans se poser de questions ? Après tout, il était bien placé pour savoir qu’elle aimait s’envoyer en l’air autant que lui. Mais quelque part, elle avait aussi toujours eu plus d’honneur ou de respect d’elle-même que lui. Oui, peut être que ça ne lui avait pas fait aussi plaisir que lui la première fois. Alors ça l’amuse. Parce que l’imaginer s’en vouloir pour ça, ça paraît bien plus amusant qu’un énième scandale à Aleks. Bien fait, Betha.

L’injure qui flotte dans l’air le fait rire doucement, alors qu’elle ne fait que confirmer une fois de plus qu’elle le connaît, et que ce n’est pas un bon souvenir. Désolé, Betha. Reykjavik est une petite capitale, ils sont tous deux biens placés pour le savoir, pour avoir plusieurs fois croisé des gens qu’ils avaient viré de leurs lits au petit matin comme des sauvages. Mais plus que de l’amuser, la situation sonne comme un danger. Parce que si elle le connaît, elle comprendra vite que les marques ne peuvent pas être anodines. Il aurait pu essayer de lui faire croire qu’il l’avait laissé faire parce qu’il était défoncé, ou endormi, lui. Mais Aleks ? Non, son besoin de contrôle était trop évident au premier coup d’œil. Il s’était mis dans une position délicate. Et le poison qui coulait dans ses veines et engourdissait son cerveau était loin de pouvoir l’aider à s’en sortir. Merde.

Contre-attaquer. C’est tout ce qu’il peut faire. Changer de sujet, comme elle a changé de sujet quand ils parlaient de leurs familles. Même si quelque part, il sait qu’à tâtonner de cette façon, ils finiront par retourner sur les mêmes sujets. Qu’Aleks reviendra sur le tapis, que les drames familiaux aussi. Il se demande quelques secondes si après ça, ils feront en sorte de ne jamais se revoir, pour ne pas avoir à penser à tout ce que l’autre a compris. Mais quelque part, l’idée le rend un peu triste. Parce que même s’ils ne font que fuir, ils le font parce qu’ils comprennent l’autre. Ils fuient ensemble la réalité à coups de baisers et de caresses. Et s’ils brisent ce mur, ils ne pourront plus se mentir effrontément. Ils devront sûrement se dire au revoir. Et alors qu’il est si près de la perdre, il n’est pas sûr d’en avoir envie. Parce que quelque part, après tout ce temps, il a fini par l’apprécier. Par apprécier de jouer avec elle, par apprécier qu’elle comprenne quand il mentait, qu’il comprenne quand elle mentait. Par apprécier toujours tourner autour du pot sans jamais taper dedans. Et que ça ait une fin, ça ne lui fait pas aussi plaisir qu’il aurait pu le penser.

Les mots en guise de réponse flottent entre eux, et il fronce les sourcils en l’observant, puisque c’est tout ce que le liquide le laisse faire, désormais. Heiki. Non. Lui ne le connaît pas. Il faudrait demander à Aleks. Peut être qu’Aleks sait. En général, si lui ne connaît pas quelqu’un, le russe le connaît. Un échange de bons procédés. « Faire l’amour, hein ? » La moquerie dans sa voix est palpable. Ca ne ressemble pas à Bethany, d’accepter de coucher avec quelqu’un qui donne à une simple partie de jambes en l’air cette appellation là. Parce qu’il y a amour dans le nom. « Il est amoureux de toi, alors ? » Ca semble être la seule explication logique. Sa voix railleuse ne fait qu’appuyer ce fait. Qui fait l’amour à part ceux qui s’aiment ? C’est amusant, tout de même. Qu’eux deux, parmi tant d’autres, se retrouvent avec ce sujet entre les pattes alors que c’est clairement quelque chose qu’ils ne connaissent pas. Qu’ils soient assez semblables pour essayer de cacher la même chose, comme si c’était une honte, comme si ça brisait l’illusion. Cette chose qui est belle pour le reste du monde et qui n’est pour eux qu’une illusion, une faiblesse, quelque chose destiné à se terminer dans les larmes et la souffrance. Peut être que tout est lié. Peut être que c’est parce qu’ils se ressemblent tellement qu’ils ne peuvent pas envisager ce rêve de gamins. Peut être qu’ils ne pensent pas le mériter. Ou qu’en tout cas, ils ne croient pas aux happy endings. Ca, c’est certain.

Un petit rire le secoue alors qu’il s’installe sur le côté, pour la voir, pour être plus confortable, pour l’observer, surtout. On dirait deux enfants qui s’échangent des secrets en essayant de ne pas en dire trop. « Oh, t’as vu ça alors ? Ma plus belle œuvre d’art, si tu veux mon avis. » La fumée flotte entre eux une dernière fois avant qu’il ne gigote pour écraser sa cigarette sur la table de chevet, trop conscient que de la faire tomber dans les draps à cause du sérum qui ralentit ses réflexes serait dangereux. « Il était énervé, et pour se calmer il s’écrase des clopes sur la peau. Je lui ai dit que je pouvais le faire pour lui, et j’en ai profité pour le marquer comme un animal. Je trouvais ça drôle. Ca l’est, avoue. » C’est la vérité, après tout. Qu’il ait eu envie de le marquer pour que le reste du monde sache qu’il lui appartenait n’est qu’un détail sans importance. L’histoire même en est un. Parce que ça ne durera jamais. « Du coup il s’est vengé, et je pouvais pas tellement dire non. Il est flippant, un peu. » Son sourire amusé ne colle pas à ses paroles, alors qu’elles ne sont que la vérité. Inconscient.

Un nouveau petit rire le prend alors qu’il tapote le fil inséré dans son bras, regardant le liquide faire des vagues comme un nouveau jeu. Il a drôlement envie d’une pilule ou d’une ligne. Mais le manque ne viendra pas avant un moment. Il y a au moins un avantage à ce médicament idiot. Ceci dit, s’occuper l’esprit semble être important. Même s’il la perd. Parce que peut être qu’il l’a déjà un peu perdue. Une seconde de tristesse passe sur son visage à l’idée que cette conversation risque d’être leur dernière, et il la chasse d’un nouveau sourire amusé en se disant que tant qu’à faire, autant qu’elle vaille le coup. Parce qu’il veut tout savoir d’elle. Qu’il veut comprendre qu’il n’est pas le seul aussi blessé derrière un masque. « Il fait quoi dans la vie, ton Heiki ? » Ils ne peuvent plus mentir. Alors ce n’est que le début. L’autre sujet flotte encore entre eux comme une menace.

Et il l’attrape au vol. Peu lui importe. Même si elle doit le faire pleurer avant de lâcher ses larmes. C’est sûrement un adieu, après tout, cette conversation. Alors il faut qu’elle compte. Il faut qu’il ne parte pas de cette pièce frustré de ne pas tout savoir. « Et tes parents, ils font quoi dans la vie ? » La première question, la plus anodine, pour lui faire comprendre que le sujet ne restera pas au lit, tranquillement, sans que personne n’y touche. Parce que c’est lui qui est réellement important, et ils le savent tous les deux. Parce que c’est lui qui explique tout. Un petit coup de pied dans le nid de fourmis.
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MessageSujet: Re: Inspiration pornographique | PV James   08.08.18 1:26

Bethany & James


Luka et toi, c'est une relation particulière. Tu l'as voulu dans ton lit, ça a mal viré pour des raisons qui t'échappent encore. Puis, Reykjavik. Un ascenseur. Des gémissements. Une peur, aussi, mêlée à tout ça. Mêlé à ce moment de plaisir, tu avais cette crainte, ce dégoût. Ce dégoût de toi-même pour t'abaisser à une chose pareil, à utiliser ton corps pour lui donner ce qu'il souhaite. La crainte qu'il en savait trop à ton sujet, qu'il était dans la ville. Parce que tu sais qu'il traine dans des choses qui ne sont pas légales. Et Reykjavik n'est sans doute pas prête à ce qu'il s'y trouve, elle qui est si instable, mais surtout sécuritaire. Depuis cette soirée, tu n'avais jamais repris de drogue. Parce que tu ne voulais pas prendre le risque de retomber en bad trip. Parce que tu ne sais pas les effets qu'une telle chose pourrait réellement avoir sur toi, au final, vu ton alcoolisme déjà bien présent. Tu t'efforces même à faire attention avec la cigarette, en prendre que lorsque réellement nécessaire, afin de ne pas te créer une addiction. Tomber dans la drogue? Comme la personne dans le lit à côté? Tu ne voulais pas ça. Tu ne saurais pas t'en sortir, tu le sais bien. Alors tu t'en tiens loin, de la drogue. Tu voulais te tenir loin de Luka, aussi, mais tout semblait te ramener à lui. Tout semble vouloir te ramener à ce que tu veux fuir, au final. Mais surtout le russe. Le karma avait joué contre toi, sur ce coup-là. Et tu avais beau t'être amusée, tu te sentais encore un peu sale de tout ça. Puis là, tu te retrouvais avec son... Tu ne sais même pas comment l'appeler en fait. Mais forcément, il y avait un quelque chose de spécial. Parce que tu avais vu la marque sur Luka, aussi. Que James soit marqué? C'était banale. Que le russe se laisse faire en retour? Ça, c'était tout autre chose.

Le mur s'affaisse peu à peu entre vous deux. Tout ces masques que vous avez passé du temps à bâtir, que vous avez tant cherché à vous transmettre pour fuir la réalité à deux. Ça se brise, lentement, par ce liquide désagréable, ce faux sérum de vérité, qui coule dans vos veines. Tu te sens faiblir bien trop facilement avec tout ça. Les masques glissent, la situation se fait plus difficile. Tu es loin d'aimer ça, vraiment. Parce que si tu mets autant d'effort à te créer différentes personnalités, ce n'est pas pour rien. C'est parce que tu as des choses à cacher, que tu ne veux pas dévoiler. Mais aujourd'hui, le vent tourne et tu te retrouves dans l'incapacité à réellement continuer. Tu ne sais pas ce qui adviendra ensuite. Lorsque tout ça serait terminé, lorsqu'on allait finalement vous relâcher à vos vies respectives. Lorsque vous vous verrez de nouveau. Il y avait déjà ce malaise constant à la moindre vision de l'autre. Qu'est-ce que ça allait donner, désormais? Tu ne sais pas si tu comptais le fuir, tenter de feindre la réalité et faire comme si rien ne s'était passé. Tu allais sans doute finir par chercher à mentir et faire croire que tu avais raconté de la merde à cause du médicament. Et vous sauriez tout les deux que c'est faux, que tu es simplement honteuse de tout ce qui s'est dit. Puis vous finiriez de nouveau dans le lit pour éviter de parler trop longuement maintenant que la vérité est sortie. C'était peut-être la dernière fois que tu le voyais, à quelque part. Parce que vous allez vous éviter. Parce que vous saurez beaucoup trop que c'est préférable ainsi. Tu ne sais pas s'il viendrait à te manquer. Tu ne t'attaches jamais réellement, après tout. Mais à quelque part, tu présumes que peut-être ce serait le cas. Que oui, toutes ces fois à vous voir, à rire, à se sauter dessus pour rendre les choses plus faciles, plus simples, ça pourrait venir à créer un vide. Parce qu'au final, c'est bien plus simple que de créer un masque et des histoires. Vous savez que l'autre ne vous croit pas, de toute façon. Puis, vos moments de rire ici et là, ce n'était pas du mensonge pour autant. Il suffit de penser à quelques heures plus tôt, en train de regarder le porno et se foutre de la tête des acteurs. C'était simple parce que vous saviez tout deux que ce n'est que du mensonge et que pourtant, ni l'un ni l'autre ne cherche à faire sortir la vérité. Jusqu'à aujourd'hui.

Tu lui expliques ta situation avec Heiki, parce que tu ne peux pas faire autrement. Parce que les mots sortent de tes lèvres pulpeuses sans même que tu puisses les retenir. Et il te répond avec moquerie en reprenant tes mots. Faire l'amour. C'est ce qu'il t'avait dit. Il t'avait repris dans tes paroles, te disant que ce n'était pas que du sexe, que ce n'était pas qu'une baise dénuée d'attention. Que c'était faire l'amour. Il mettait de l'importance à des choses qui n'avaient pas lieux d'être. Alors lorsqu'il se moque, tu ris également. Parce que tu ne parviens pas à y croire réellement, en vrai. C'est un manipulateur, lui aussi. Il ne faisait que chercher à te faire croire ce qu'il voulait, te faire sentir différente. Tu le sais, à quelque part. Avec ses gestes d'attention, d'affection. Et à quelque part, ça fonctionne. Loin, très loin en toi. Tu sais, pourtant, que ce n'est que du faux et que tu ne dois pas y croire. Un froncement de sourcil, puis un autre rire éclate. « Heiki? Amoureux? Pitié, quand même pas! Je ne lui souhaite pas, surtout. » C'était impossible, ça. Tu ne vois pas pourquoi le métisse le serait, surtout. Chose ridicule. S'il était tombé amoureux de toi, il était sans doute tombé amoureux de tout ce mensonge que tu lui donnes sans arrêt, tout ce côté faux. C'était impossible qu'il tombe amoureux du peu de vérité que tu lui laisses. Mais si ça venait à être le cas, tu sais que tu finirais par le décevoir, par lui briser le coeur comme tu l'as si bien fait avec ton ex. Parce que tu enchaînes les conneries, parce que tu ne sais pas ce que c'est d'être en couple pour de vrai. Sauf que tu persistais sur ton idée. Il ne pouvait pas être amoureux de toi. Ce n'était que de la manipulation de sa part, que du mensonge, tout comme toi. Tu n'étais pas même son genre de personne physiquement. Tu l'étais encore bien moins à l'intérieur. Tu ne vois même pas pourquoi il s'efforçait de te faire croire que vous aviez fais "l'amour". Certes, c'était plus prononcé, différent du reste, mais sans doute seulement parce qu'il y avait une quelconque complicité, parce que le sportif savait faire preuve d'attention comparé à ces coups d'un soir que tu traînes jusque dans tes bras. L'amour, ce n'est pas pour toi. Ça ne le sera sans doute jamais. Parce qu'à tes yeux, tu ne mérites pas que l'on t'aime. Même tes parents ne voulaient pas de toi, ceux qui t'ont créée, mise au monde. Alors pourquoi un étranger, un inconnu de passage dans ta vie, voudrait passer le reste de sa vie à tes côtés? Ridicule.

Tu écoutes attentivement son histoire. C'est tout aussi idiot que la tienne, d'ailleurs. Bien plus masochiste, même. Tu tires une dernière fois sur la cigarette, laissant les volutes de fumées grises s'échapper dans les airs, pour ensuite en observer le bout tout en écoutant l'islandais. Il s'écrasait la cigarette contre sa peau pour se calmer? C'était particulier. Une envie au fond de toi a envie de tester. Pas sur toi, bien entendu. Mais si tu venais à voir le russe à nouveau. Puis, tu pouvais toujours lui dire qu'un grand blondinet t'avait soufflé la réponse à l'oreiller s'il venait à se demander comment tu avais découvert ça. Tu lâches un rire encore. Tu te serais bien tournée de côté, mais avec ta jambe, tu ne cherches pas le problème. Alors tu tournes la tête, tu l'observes, le sourire aux lèvres. « C'est con. Mais c'est drôle, en effet. Vous êtes de vrais débiles, n'empêche... » Tu fais mine de réfléchir à la suite de ses paroles, à l'explication de sa vengeance, de ce pourquoi il s'est retrouvé avec le prénom -ou plutôt, surnom. Tu en es toujours aussi persuadée.- sur son poignet. Tu sembles réfléchir un peu à son dernier ajour. Flippant. « Il l'est, oui. Mais d'ailleurs, dis-moi. » C'était plus fort que toi, la question te brûlait les lèvres. Tu viens éteindre à ton tour ta clope, te replaçant ne serais-ce qu'un peu. « Luka, c'est qu'un surnom, non? C'est quoi, son prénom, dis-moi? » Profiter de la situation. C'est tout ce que tu voulais. Savoir un peu plus, chercher encore plus loin. Si tu pouvais avoir son prénom, alors tu te voyais en situation d'avantage face à la tête blanche. Tu n'avais pas pensé à ce que le liquide coulant dans vos veines puisse autant t'être favorable que ça. Tu ris doucement en le voyant faire avec son intraveineuse. On aurait dit un enfant, un grand gamin cherchant à s'occuper. Puis, une tristesse éclair que tu ne comprends pas trop la raison, pour ensuite revenir vers toi. Ce sourire amusé dont tu t'inquiètes trop peu. Une autre question sur Heiki. Tu n'aurais pas dû aborder le sujet, tu le sais, mais tu ne te voyais pas en état de lui refuser la moindre réponse. Tout comme lui, bien heureusement. Tu soupires un peu. « Il est coach de vie et de sport. Ou quelque chose comme ça. Il passe son temps à entraîner des gens et trainer sur son site internet, en bref. » Malgré ton explication, ce n'est pourtant pas quelque chose que tu trouves ennuyeux, loin de là. À quelque part, ça te fascine. Ça attire ta curiosité comme c'est un métier assez différent du tiens. Puis, faut l'avouer, il est courageux de se lever tôt chaque matin pour trainer des boulets à faire de la course ou aller se perdre dans la nature pour faire de l'escalade. Volontairement.

Puis, il passe à autre chose. Il revient sur le sujet et tu sens un léger pincement à ton coeur. Tu ne sais pas si c'est le médicament qui te rend un peu plus faible, mais la simple pensée t'a fait un petit quelque chose. Ton regard s'est perdu une fraction de seconde à peine sur un espace vide, avant de serrer la mâchoire. « Tu ne lâcheras pas l'affaire, hein? » Tu sembles un peu hésiter, replaçant distraitement le fil dans ton lit. Tes parents. Ce sujet toujours tendu et désagréable. Pourtant, un petit sourire en coin fini par se former contre tes lèvres. « Des métiers de merde, il me semble bien. » Tu secoues légèrement la tête dans un petit rire, amenant ton regard vers le plafond. Tu n'as qu'envie de lancer ce mensonge que tu dis sans cesse au sportif. Qu'elle travaille dans un bureau, qu'il est barman et que tu as voulu suivre ses pas. Alors qu'il n'y a rien de plus faux. Tu es devenue barmaid parce que tu ne sais pas réellement faire autre chose, que c'est le seul diplôme que tu as réussi à faire jusqu'au bout. Tu t'es dis que tu buvais déjà pas mal, alors aussi bien en faire un métier. Et ça a fonctionné. Puis, tu adores ça, tu es à ta place. Mais ça n'a rien à voir avec tes parents. Quoi que, bosser dans un club de strip-tease en étant jeune, ça n'a pas dû t'aider à voir la vie autrement sans doute. « Plus précisément, ma mère fait sa pute dans un club et mon père bosse dans un bureau, je ne sais pas dans quel type d'entreprise. » Tu hausses un peu les épaules. Tu n'as jamais vraiment porté attention à ça. Tout ce que tu sais, c'est qu'il faisait semblant de faire le beau avec son habit, mais il ne gagnait pas assez, se plaignait sans cesse de son patron et vendait de la drogue pour mieux faire vivre la famille. Il a sans doute commencé à ta naissance, d'ailleurs, comme il avait une bouche de plus à nourrir et que ce n'était pas prévu. Tu ne serais même pas surprise que ce soit la raison. Mais dans tout les cas, tu te souviens bien trop de ton père dans la cuisine qui faisait ses petits sachets de poudre et de pilules. Ou de ces gens louches qui passaient à l'appartement ou lors d'un détour pendant votre sortie, afin de lui rendre les sachets. Tu l'as rapidement compris, ça. Pourtant, tu n'as jamais rien dit. Tu as toujours su rester silencieuse face à ce genre de chose. Tout comme avec Luka. Tu aurais pu le dénoncer, ton patron et lui, mais tu n'as rien fait. Tu aurais peut-être dû. « Et les tiens? Ils font quoi, ils leur arrivent quoi? » Un petit sourire amusé s'amène sur tes lèvres pleines tandis que tu ramènes tes iris désormais un peu fatiguées vers lui. Tu n'allais pas être la seule à devoir cracher la vérité après tout. Loin de là. Si tu étais pour tomber, il allait tomber avec toi. Peu importe que vous en veniez à pleurer, à vous engueuler, détester l'autre ou vous-même. Tu n'allais pas tomber seule et tu comptais bien creuser pour le faire suivre dans cette chute non-contrôlée.

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MessageSujet: Re: Inspiration pornographique | PV James   12.08.18 18:53
Les murs tombent, les vérités volent, encore minimes. C’est comme si on leur arrachait un à un les mille masques qu’ils avaient formés pour se protéger des autres, mais surtout du reflet dans le miroir. Ils tournent autour du pot, ne murmurent que des vérités qui n’ont pas vraiment d’impact, dont ils n’ont pas encore vraiment honte, qui font juste partie d’un domaine qu’ils ne connaissent pas. Un masque, puis l’autre, puis l’autre. Ils se laissent voir qu’ils ont une part d’humanité, une part de tendresse, une part d’humanité qui les attache aux autres. Ils auraient pu comprendre ça sans le sérum. Il aurait suffit qu’ils se croisent quand ils étaient accompagnés d’amis pour voir un autre visage de l’autre. Ils auraient été gênés, mais ça n’aurait pas été dramatique. Pour l’instant, ce n’est pas dramatique. Parce qu’ils ne parlent pas d’eux. Pas vraiment. Ils parlent de ceux qu’ils apprécient. Ils ne parlent pas de ce qui fait mal. Pas encore. Mais ça ne saurait tarder, et les murs sont bancals.

Un rire s’échappe de sa gorge, un rire qui aurait sûrement dû être plus joyeux, mais qui n’est presque que mécanique. « Tu ne lui souhaite pas, carrément ? » Quelque part au fond de lui, une voix lui murmure qu’il sait exactement ce qu’elle veut dire. Que personne ne risque de tomber amoureux d’elle puisqu’elle n’est jamais elle-même. Que si elle l’était, tout le monde partirait probablement en courant, et qu’elle ne se détesterait qu’un peu plus. Il y a quelque chose de désagréable à trop ressembler à quelqu’un, à trop facilement le comprendre. Ca nous met face à nos propres insécurités. « C’est pas faux, je suppose. » Oui. Ce pauvre type ne méritait probablement pas ça. Et pourtant, quelque part, il a presque envie de lui dire que ça lui ferait peut être du bien, qu’il soit véritablement amoureux d’elle. Même si c’est du masque. Qu’est ce que ça fait, après tout ? Quand on est incapable de s’aimer sans masque, pourquoi est-ce-que qui que ce soit le devrait ? C’est un joli masque. Et c’est elle qui l’a fait, alors c’est flatteur, d’une autre manière. Mais c’est probablement un débat pour un autre jour. Un jour qui ne viendra jamais, puisque c’est leur dernière conversation. Dommage.

Un sourire répond à la remarque, alors que le masochisme devient le sujet de leur discussion. « Complètement cons, ouais. » C’est un fait. Personne ne fait ça. C’est sans doute pour ça qu’il est si unique. Parce qu’il n’a pas honte d’être si étrange. Si flippant. Parce que son masque n’est pas là pour le protéger mais pour manipuler les autres. C’est sans doute pour ça qu’il l’amuse tellement. « Mh ? » Ses yeux agrippent le visage de l’anglaise, mais quand sa question flotte entre eux, une grimace vient étirer ses lèvres. Il n’est probablement pas censé le dire, ça. Luka sans Aleks, Aleks sans Luka, sauf avec lui. C’était ça la règle. Il n’avait pas de problème avec cette règle. Beaucoup plus avec le liquide qui coulait dans ses veines. Un soupir vaincu s’échappe de ses lèvres. « Aleksy. Mais t’es pas censée le savoir, il veut pas que ça se sache. Faut pas chercher à comprendre. » Il grommelle, faute de mieux. Saloperie de liquide. Pour un détail, c’est déjà frustrant. La journée va être longue.

Alors c’est la guerre, probablement. Une guerre gentille. Une guerre qui l’amuse presque. Peut être parce qu’ils n’ont plus rien à perdre, de toute façon. Peut être parce qu’ils ont tous les deux conscience que l’autre n’hésitera pas à profiter de la situation, qu’ils ne peuvent pas mentir, et que c’est la dernière fois qu’ils se voient. Ils auraient probablement pu se promettre de ne rien demander, de ne pas parler, de juste attendre que le sommeil les prenne et de se revoir sans jamais reparler de cette histoire. Mais ça n’aurait pas été eux. « Oh je vois. Et il essaie pas de te remettre en forme et de te soigner de ton alcoolisme flagrant ? Pas top, comme copain. » C’est bon enfant, vraiment. Pour l’instant. Ils en sont trop conscients. Même si elle l’aime, ce n’est pas quelque chose qui l’aidera à en savoir plus sur elle, comme elle n’apprendrait pas grand-chose de son amour pour le russe. A part qu’ils ne s’en sentent ni capables ni méritants. Mais il n’est pas sûr que qui que ce soit le fasse.

Alors la bombe. Tant pis. Il est temps. Rendre le moment inoubliable, même avec les verres, les pilules, la poudre, et les années. Se souvenir de Bethany dans sa vérité. Et attaquer enfin là où ça fait mal. Parce que c’est là. C’est toujours là. « Tu sais très bien que non. » Et toi non plus. On ne se refait pas. Il voit le trouble, la tristesse et la colère, et il se tait. Il la regarde, juste, et essaie d’enregistrer cette expression honnête dans sa boîte à souvenirs. Les dessous du masque. Un petit rire accompagne le sien à la première phrase, mais il laisse le silence s’installer pour lui laisser une chance de développer, pour laisser le liquide faire son travail. C’est trop facile, sinon. Ca ne cache rien, si ce n’est à la limite son milieu social. Mais elle est serveuse, de toute façon, alors il est relativement évident. Ses yeux ne la quittent pas, et il en oublie même de les cligner, tant l’attente se fait insupportable et remplie de curiosité. Et enfin elle rouvre la bouche, au moment où il allait ouvrir la sienne pour la presser un peu, n’y tenant plus. Et le silence se fait, quelques secondes, pour le laisser assimiler l’information.

Il observe son visage à la recherche du moindre signe de tristesse. Mais il ne constate que la fatigue, celle qui vient probablement du fait qu’elle a essayé de lutter contre la vérité qui voulait sortir de ses lèvres, celle que lui-même commence à ressentir aussitôt que la question lui est retournée. Et il adopte encore un peu le silence en laissant sa moue curieuse se transformer en sourire sarcastique, en maudissant intérieurement le liquide, et en gigotant à peine, en apparence pour être plus confortable, en vérité pour qu’elle n’ait pas une vue directe sur son visage. Pas si moche ce plafond, après tout. « J’en sais rien. Je crois que mon père fait rien. Et ma mère a une entreprise, mais j’ai jamais compris de quoi. Un truc international. Un truc qui rapporte plein de sous, en tout cas. » Et qui explique que l’excuse « ils sont en voyage d’affaire » soit crédible les trois quarts du temps. Il hausse les épaules, doucement, comme pour dire que ça n’a pas réellement d’importance. Il aurait pu mentir et dire que tant que ça rapportait des sous, ça n’avait pas d’intérêt, mais le liquide l’en empêche. Parce que c’est faux. Parce que ce n’est qu’une énième chose qu’il ignore et qu’il ignorera toujours, alors que ça devrait être évident. Parce que tout le monde sait ce que leurs parents font dans la vie. Sauf lui.

Un petit sourire fatigué vient étirer ses lèvres, et il soupire doucement avant de reprendre place sur le côté en essayant de ménager son épaule. Inutile de se cacher. De toute façon, leurs masques ne tiennent déjà plus. « Quand tu dis pute, tu veux dire … vraiment pute ? Ou c’est juste que tu l’aimes pas alors c’est une serveuse DONC c’est une pute ? Ce serait quand même un comble. » Ca ne devait pas être facile, si c’était le premier choix. Enfant de prostituée. « Ca veut dire que t’es née dans un bordel ? Et tu sais quand même qui est ton père ? » Comme Aleks. Enfin presque. Il ne lui a même pas laissé le temps de répondre. En le réalisant, un nouveau sourire amusé vient orner ses lèvres. « Pardon, la curiosité. » C’est un jeu dangereux, duquel aucun des deux ne risque de sortir avec le sourire aux lèvres. Plus probablement les larmes aux yeux. Mais avec elle, il s’en amuse, tant que ça dure.
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MessageSujet: Re: Inspiration pornographique | PV James   28.08.18 22:27

Bethany & James


Tu es si loin de ce malaise habituel, Bethany. Si loin de tout ce que vous êtes, faites, normalement. Loin des mensonges, de ces masques qui se trouvent sur vos visages sans arrêt. Peu à peu, le livre s'ouvre et il s'apprête à en lire son contenu comme s'il n'avait jamais été mis sous clé. Il crochète la serrure dont la clé a été égarée depuis des années déjà, afin de fouiller les secrets qui s'y trouvent. Tu es loin d'aimer ça, mais c'est plus fort que toi. Ça sors tout seul, alors que ce liquide s'incruste dans tes veines. Tu deviens incapable de répondre autre chose que la vérité. Tu es fatiguée, ton cerveau est embrouillé. T'auraient-ils glissé un sérum de vérité par le fait-même? C'est à se demander. Ce n'est pas encore douloureux, pourtant. Mais tu sais que peu à peu, ça le deviendrait. Qu'à un moment, l'un ou l'autre finirait par pleurer, par laisser voir davantage d'humanité. Si ça n'avait pas été de la situation, vous auriez peut-être eu la chance de vous pleurer dans les bras, vous réconforter l'un à l'autre d'être d'ignobles personnes, d'être de pauvres imbéciles trop fiers, trop blessés, pour arriver à faire voir leur vrai visage. Non, au lieu de ça, tu es clouée à ton lit parce que ta jambe, ta cuisse plus précisément, te fait mal. Il n'y a que le froid autour, que ce lit inconfortable et ce tube de plastique qui te donne l'impression d'être une expérience scientifique. Tu avais beau être dans un hôpital, tu sais très bien que ce n'est pas là qu'ils règlent les problèmes du coeur, les problèmes d'émotions. Ce problème d'humanité. Parce que tu aimerais que cette partie de toi disparaisse, parfois. Que tu sois incapable de ressentir la douleur émotionnelle, la peine, la colère. Tu as cherché si longtemps à t'en protéger que désormais que tu es face à quelqu'un dans une situation similaire à toi? Tu avais l'impression que ça allait éclater. Parce que tu te retrouvais confrontée à un miroir ou presque. Une autre sorte de nervosité qui s'installait. Ou une prise de conscience? C'était peut-être ça qui vous rendait aussi mal à l'aise lorsque vous vous croisiez. Parce que c'était le même effet que de croiser son reflet dans la glace et ça vous faisais peur. Ça vous rendais anxieux à l'idée d'affronter la réalité, ce que vous êtes, ce que vous êtes devenus. Alors vous vous échappez de tout ça, vous profitez de ce liquide pour vous affronter l'un à l'autre. Chercher les ressemblances, mais surtout les différences. S'occuper à tirer des vérités de l'autre pour éviter d'affronter son reflet.

C'est un rire, presque robotisé, qui revient vers toi, en réponse à sa question. Heiki, amoureux? C'était impossible. Vous aviez beau avoir partagé de nombreuses choses, vous aviez beau avoir couchés ensemble de nombreuses fois depuis le trekking. Dont d'autres fois qui se sont faites bien plus tendres que permis. Peu importe ça, il ne pouvait pas être amoureux. Ce n'était que de la manipulation, en bout de ligne. D'une part comme de l'autre. Mais James, il a rigolé. Parce que tu lui as dis que tu ne le lui souhaitais pas. C'est vrai, après tout. Tu ne souhaites à personne d'avoir à t'endurer, peu importe à quel point tu en ressens la nécessité. Peu importe à quel point tu en as marre, au fond de toi, que ton lit soit occupé par des inconnus au lieu d'une même personne pour te réconforter chaque nuit. Tu as détruit ta précédente relation, tu l'as laissée se démolir sous tes yeux. Tu n'es pas faites pour les relations. C'est peut-être sentimental, à quelque part. Une façon de protéger Heiki de tout ça, de toi. Parce que s'il n'y avait pas cette sorte d'attachement au travers du jeu, sans doute aurais-tu sauté le pas pour t'amuser à le détruire davantage. Sans doute aurais-tu cherché à le faire tomber amoureux pour briser son coeur d'arrogant par la suite. Mais tu n'en fais rien, pourtant. Non, au lieu, tu as passé une soirée entière à ne pas jouer, à mettre ça de côté. Alors non, tu ne le lui souhaites pas. « Non, je ne le lui souhaite pas. Et je suis persuadée que je n'ai pas besoin de t'en expliquer la raison, n'est-ce pas? On a sans doute la même vision des choses, là-dessus. » Tu soupires légèrement. Tu sais qu'à quelque part, au travers de toute cette complicité, il finirait par partir de te voir sous ton vrai jour. De te voir pour qui tu es. Tu ne veux pas le briser ainsi, tu ne veux pas te blesser comme ça. Égoïste, mais pas entièrement. Tu es en train de te faire avoir, Bethany. Et tu en es bien consciente, en plus.

Aleksy. Tu savais que c'était loin d'être son vrai prénom ce "Luka". Tu n'es pas idiote, tu te doutais bien que c'était une façon de te protéger. Tout comme tu en fais de même lorsque tu te présentes sous Hailey. C'était l'évidence même et tu ne peux t'empêcher de laisser tes lèvres s'étirer d'amusement lorsqu'il laisse tomber l'aveu avec autant de facilité. « Censée ou non, tu sais bien que je vais l'utiliser, James. » Parce qu'il ferait sans doute la même chose s'il en avait le pouvoir, s'il détenait une information aussi importante, cruciale. Vous êtes bien trop semblables, là-dessus. Ce n'est pas pour rien que vous êtes en train de profiter de ce liquide pour vous arracher les vérités hors du coeur. Sinon tu serais déjà en train de dormir au lieu de lutter contre le sommeil qui s'abat lentement sur toi par le relaxant qui se coule dans tes veines. Si ce n'était pas de ça, vous seriez restés silencieux, à attendre que Morphée vous kidnappent le temps que tout aille mieux.

Un rire s'échappe de tes lèvres. Quelque chose de moqueur, de peut-être triste à quelque part. Prendre soin de toi, soigner ton alcoolisme. Ça ne fait que te ramener à ces fois où il t'a empêchée de prendre un verre de plus, où il s'est "sacrifié" en buvant (s'étouffant) cul-sec ton verre de Whisky -ce con- pour t'empêcher d'amplifier ton état d'ivresse. Peut-être qu'à quelque part il tentait de le guérir, cet alcoolisme qui se développait toujours un peu plus. Il semblait si inquiet. Non, ça ne pouvait pas être ça. C'était sans doute une fausse attention, comme il t'a si souvent fait. De quoi te flouer l'esprit, te faire croire qu'il tient à toi plus qu'il ne le faut. Ton nez se plisse légèrement dans une petite moue, sous le mélange dans cette pensée qui se veut désagréable. « Il n'a pas à faire ça, c'est pas mon copain. » C'est presque un reproche face à sa moquerie. Tu ne pouvais pas t'attacher réellement à lui, n'est-ce pas? Il était peut-être une meilleure personne que toi, mais il n'était tout de même pas une bonne personne. Il restait un manipulateur, comme toi. Tu ne pouvais pas le laisser prendre soin de toi de cette façon, de sorte à faire de toi une meilleure personne. Il n'était que de passage, comme les autres. C'était inutile de faire de toi une meilleure personne pour quitter ton entourage ensuite. Ça te servirais à quoi, de te laisser là, fragilisée contre les autres? Le coeur à vif? Tu n'avais pas besoin qu'il t'aide, tout comme qui que ce soit.

Le vif du sujet. Celui que tu veux toujours éviter, que tu sors toujours une excuse différente pour chaque personne ou presque. Histoire de te créer une vie, de te fausser un enfance, de t'imaginer que tu en as eu une bonne avec plein de bons souvenirs. Mais non. Là, tu as ce putain de liquide dans le corps et tu n'y arrives pas. Tu ne peux que dire la vérité qui se fait douloureuse à dire. Ton coeur est serré tandis que tu laisses les paroles te quitter malgré toi. Sauf que tu ne le laisses pas en parler ainsi sans pouvoir lui rendre la part des choses. Si tu es pour tomber, il le ferait aussi. Hors de question que tu te fasses mal toute seule. « Ça explique la grosseur de ton domicile... Ils te manquent, parfois? » Aussi bien demander, à ce point. Si sa mère était dans un truc international, elle était sans doute très peu présente. Tu ne te rappelles pas de l'avoir vu, ni son père, une seule fois durant les soirs où tu t'es ramenée chez lui. Vous aviez beau être occupés, ton oeil observateur n'a rien manqué. Puis à quelque part, si tes parents te manquent, tu te dis que ça ne peut être que le cas pour lui aussi. Parce qu'il ne démontre pas vraiment son visage, parce que lui aussi s'est mis à trouver le plafond fascinant. Tu le comprends, c'est un beau plafond.

Un rire sans voix se souffle de tes lèvres. Parce que c'est une blague, une plaisanterie qui se mélange à sa curiosité. Il a cette image qui se développe sans cesse dans son esprit, sur ton passé, ta naissance. Tu aimerais pouvoir lui dire oui, que c'est ainsi. Que tu es née dans un bordel, que tu as eu de la chance qu'elle soit tombée amoureuse d'un client. Ça t'éviterais d'avoir à dire la vérité, surtout. Sauf que ce n'est que du faux, tout ça. La seule chose que tu ne sais pas? C'est si ton père était réellement un client dont elle est tombée amoureuse. Tu n'as jamais su leur rencontre, tu n'as jamais vraiment voulu le savoir non plus, vu leur milieu social. « Non, c'est pas ça. Elle est... C'est quoi le terme approprié? Danseuse effeuilleuse? Bref, elle s'amuse à se faire payer pour montrer ses seins sur scène. » Petite moue de dégoût. Ça te donne des frissons rien que d'y repenser. Voir sa mère qui se dénude sur scène, c'est quand même assez traumatisant pour une gamine de quatorze ans, mais surtout, ça grave l'esprit. Même si tu es bien loin d'en avoir envie, de ce souvenir-là. « Et je ne suis pas née dans un bordel, franchement. Dans un hôpital, comme tout le monde. Ou alors c'est sur la banquette arrière d'une voiture et je ne le sais pas. » C'est un rire amer, cette fois, tandis les doigts de ta main du côté que James ne voit pas vient serrer une part de drap blanc javellisé. « Ce n'était pas voulu, à la base, après tout. » Ta gorge s'est serrée toute seule, quand tu as lâché cette phrase. Phrase qui est sortie sans même que tu ne puisses la retenir. Normalement, c'est ce qui se dit dans ton esprit, en réponse, en ajout, à tout le reste. En réponse à ces informations concernant ta naissance, tes parents. Ça ne franchis jamais tes lèvres, sauf maintenant. Tu venais tout juste de laisser sous-entendre -ou de dire clairement? Tu n'es pas certaine.- que tu étais une enfant non-désirée. Et ça te fait mal de faire autre chose que le penser, cette fois. À quelque part, ça soulage que quelqu'un d'autre en soit au courant. D'une autre, ça fais mal, c'est douloureux. Mais tu ravales, tu ne te laisses pas abattre par cette partie d'effets du médicament. Il était hors de question que ta voix étranglée quelques secondes ne deviennent des larmes qui roulent à ta joue. Tu n'allais pas être la première à pleurer, hors de question. Alors, tu contiens, tu ravales, tu empêches les larmes de se rendre jusqu'à tes yeux, d'humidifier ton regard. C'était interdit. Ce qu'il est beau, ce plafond. « T'es pas fatigué par le médicament, toi? » La voix est un peu plus froide, après une inspiration qui se voulait discrète. Une tentative de diversion, de lui faire changer de sujet, de lui distraire l'attention pour qu'il en oublie ce que tu as dis, pour qu'il te parle d'autre chose que ça. N'importe quoi d'autre. Tout, mais pas ça. Parce que s'il continuait sur cette pente, tu n'étais pas certaine de pouvoir t'en sortir indemne. De te voir apte à le faire pleurer en premier. Tu ne pouvais pas permettre une telle chose.

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MessageSujet: Re: Inspiration pornographique | PV James   08.09.18 0:47
« Un point pour toi. » Non, elle n’avait absolument pas besoin d’expliquer. Lui non plus ne le souhaitait à personne. Même pas à Aleks, aussi étrange et tordu soit-il. Parce qu’il pourrait sans aucun doute avoir bien mieux, bien plus stable, bien moins destructeur. Parce qu’il n’était certainement pas bon pour lui, non plus. Parce qu’il l’aimait assez pour voir qu’il ne le méritait pas vraiment. Mais qu’il avait décidé de l’ignorer, comme le reste, pour simplement profiter du temps qui lui était imparti. Pourtant, c’est étrange, qu’elle dise ça. Comme si elle admettait enfin ce qu’ils savaient tous les deux depuis trop longtemps : qu’ils n’avaient pas besoin de développer pour comprendre l’autre. Que si l’un ressentait quelque chose dans une certaine situation, l’autre le ferait certainement aussi. Ils n’étaient pas exactement calibrés de la même façon. Ils n’avaient pas vécu les mêmes choses, côtoyé les mêmes gens, leurs cerveaux ne fonctionnaient probablement pas de la même façon. Mais pourtant, ils se comprenaient. Quelques secondes, en la regardant, il se demande si elle est capable de tout comprendre. Si le manque d’éclat de joie dans son regard quelques minutes plus tôt avaient eu du sens, pour elle. Si elle était comme lui. Mais non. Non, elle compatissait trop facilement. Quand elle parlait d’Heiki, elle se mettait à sa place. Elle se sacrifiait pour lui. Quand lui pensait à Aleks, il n’y pensait que par rapport à lui.

Un soupir franchit ses lèvres à la prochaine récidive. Même s’il s’y attendait. « Tu fais chier. » Il va le tuer. Et hors de question de dire qu’il était dans l’impossibilité de mentir, il risquerait de chercher des calmants pour expérimenter la chose. Non, il n’aurait plus qu’à inventer une excuse valable. Dire qu’il avait trop bu. Ca ne changerait pas beaucoup de d’habitude. Ou dire qu’il avait voulu obtenir une information et que c’était un troc. Qu’il avait voulu la manipuler et qu’il avait échoué. Oui, peut être. Mais tout de même, la confiance bancale qu’il lui portait allait en prendre un coup. Bordel. Le jeu était vraiment risqué, à bien y réfléchir. Pourtant son cœur battait plus vite à cause de la mise en danger tout autant que du pouvoir que cela lui conférait. Parce que s’il n’avait pas pu retenir ça alors qu’il le voulait vraiment, elle non plus ne pourrait rien cacher.

Il comprend que le silence est rempli par son doute, mais il ne dit rien. Parce que peut être que ça veut dire qu’il le fait. Et quand ses mots résonnent, il arrête de sourire pour peser l’information. « Intéressant. » C’est presque une provocation. Parce qu’il a beau jouer à l’idiot, il est loin d’être stupide. Elle ne se serait jamais défendu aussi farouchement s’il n’y avait pas une attente derrière. Elle n’aurait pas voulu lui reprocher sa moquerie si elle ne la souhaitait pas vraie. Elle ne se poserait pas de questions si ça ne l’était pas un peu. Il la regarde du coin de l’œil, et pendant quelques secondes, il a cette envie tordue de l’embrasser, comme s’ils pouvaient tous deux se raccrocher à l’amour qu’ils ne pensent pas mériter avec ce simple acte. Mais il ne peut pas bouger. Et dans cette situation, ce n’est pas plus mal.

Elle tombe, elle s’émeut, et elle attaque, elle aussi. Alors il regarde le plafond quelques secondes en déglutissant, et la question résonne dans la pièce comme la trompette du jugement dernier. En temps normal il aurait pu dire que non, qu’il les voyait souvent, qu’ils s’arrangeaient toujours, que c’était un mode de vie, qu’ils l’appelaient constamment. Qu’il savait que même s’ils étaient loin, ils l’aimaient. Mais pas avec ce liquide idiot. Pas quand ses yeux se font plus nets pour l’obliger à affronter la vérité. « Tout le temps. » Et depuis bien trop longtemps. Sa gorge se serre alors qu’il contracte un peu la mâchoire en se maudissant d’avoir perdu le contrôle, en insultant mentalement les larmes qui viennent lui brûler les yeux et qu’il ravale le plus vite possible. La vérité est assez. Elle n’a pas besoin de la voir en plus de l’entendre. Il n’a pas besoin de la ressentir en plus de la dire. Ses yeux désormais presque secs se plantent dans les siens, plus déterminés que jamais. Comme un animal blessé qui devient plus dangereux.

« Oh. Et elle avait de beaux seins ? » C’est une plaisanterie qui n’a rien à faire là, et presque aussitôt, son corps lui envoie un petit rire absurde dans la gorge pour le lui signaler. Dommage, c’est déjà trop tard. Et il est bien trop absorbé par la contemplation du dégoût sur les traits de sa compagne d’infortune. Oui, il y avait quelque chose sous tout ça. Quelque chose qu’elle n’allait pas tarder à dire. Quelque chose qu’elle essayait de noyer dans une plaisanterie et un rire amer. Quelque chose qui résonne en lui. Ce n’était pas voulu. Sa bouche s’ouvre et se referme plusieurs fois, et comme sans le vouloir, il détourne le regard d’elle, pour la laisser respirer, pour ne pas lui donner encore plus l’impression d’étouffer. C’était ça, sa réalité. Elle n’était pas voulue. Il l’avait senti dans sa manière de murmurer ces quelques mots pourtant si simples, dans la tension qui s’émanait de son corps. C’était ça, qui s’était réellement inscrit dans son âme. Et aussi étrange que ça puisse paraître, il est incapable de comprendre ce sentiment. Parce que ses parents avaient voulu un enfant, jusqu’au jour où ils avaient appris qu’ils ne s’attendaient pas à un enfant comme lui. Parce qu’il avait connu l’affection. Pendant quelques secondes, il se demande si c’est pire de l’avoir perdu ou de ne jamais l’avoir connue, mais il semble n’y avoir aucune bonne réponse.

Sa voix plus froide résonne comme dernière protection, et il doit prendre sur lui pour ne pas simplement essayer de traîner jusqu’à son lit et lui faire comprendre qu’il ne jouait plus vraiment, qu’il avait pris conscience que c’était bien trop douloureux d’être face à sa vérité, qu’il l’appréciait peut être trop pour pouvoir lui faire subir ce que lui ne voulait pas affronter. Mais au lieu de ça, sa main tâtonne pour se poser enfin sur son coussin, et il utilise le reste de ses forces pour le lancer sur l’interrupteur. L’obscurité s’installe dans la pièce plus vite encore qu’il ne le pensait, les protégeant, les cachant. « Peut être. » C’est un murmure. Pourtant il n’a pas fini. Pourtant il a juste voulu lui offrir une intimité qu’il violait. Mais sa voix s’est faite plus douce. « Ca fait quoi, de savoir ça ? Tu l’as toujours su ? Ca aurait changé quoi, à ton avis, si tu l’avais été ? » C’est dit doucement, clairement, mais presque affectivement. Ce n’est plus juste curieux. C’est presque gentil.

Sa main trifouille ses propres draps pour essayer de les éloigner de lui, et il gigote un peu, doucement. Sans savoir si elle pleure ou si elle dort déjà. Sans savoir ce qui arrivera ensuite. Alors sa voix se fait plus basse encore, pour devenir un chuchotement. « Je peux dormir avec toi ? » Ses yeux essaient de repérer dans l’obscurité le chemin entre leurs lits, en alerte, prêts à l’emmener dans le sien. Parce qu’il est incapable de dormir seul. Parce que la nuit serait trop longue. Parce qu’il se sent proche d’elle, ce soir. « Juste ce soir. » C’est la suite de ses pensées, et un sous entendu logique. Ce soir, et demain on oublie tout. Et si on en est incapables, on pourra faire semblant de se dire au revoir en se disant adieu.
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MessageSujet: Re: Inspiration pornographique | PV James   09.09.18 17:42

Bethany & James


Pour une fois, tu n'as peut-être pas conscience de tout ce que cette soirée signifie. Que les choses deviendront de pire en pire après toute cette vérité qui sort à grands coups. Jusqu'à maintenant, tout allait bien pourtant. C'était des vérités, mais aucune qui venait t'atteindre réellement. Mais lorsque les démons ressortent, que les masques tombent, c'est difficile de faire un retour en arrière. De faire comme si de rien était, de faire semblant que tout va bien et que vous n'êtes pas deux âmes brisées. Vous l'avez sans doute toujours su, pourtant. Mais aucun de vous deux se l'était dit en face. Aucun de vous deux avait osé mettre le sujet de l'avant. Alors ça restait dans le silence, ça se perdait dans vos souffles courts lors de vos nuits échangées dans un corps à corps passionnel. Mais là, c'était impossible de faire marche arrière. La vérité était trop forte, trop directe et sans doute cela aurait un impact sur la suite. Forcément que cela aurait un impact, même. Cependant, tu en es inconsciente. Ou plutôt, tu joues l'inconsciente. Tu te voiles la face, tu ignores le sujet, tu cherches à te faire croire qu'il n'y aura pas de lendemain. Parce qu'à quelque part, tu sais que ce serait la fin. Sans doute un adieu quelconque. Si tu ne pouvais pas y croire plus tôt, maintenant c'était destiné à être le cas. La vérité était trop forte et tu ne sais pas si tu étais capable d'y faire réellement face une fois que le faux sérum de vérité viendrait à quitter tes veines. Parler d'Heiki, c'est une chose. De ta famille, c'en est une autre. Pour l'instant, tu ne fais que profiter. Profiter de cette faiblesse à avouer tout comme la tienne. Tu cherches à creuser avant qu'il ne soit trop tard, avant que ton propre temps s'écoule. Ton sablier approchait de sa fin, après tout. Alors lorsqu'il te donne raison, lorsqu'il avoue que c'était inutile de lui expliquer les raisons, c'est un rire qui quitte tes lèvres. Parce que vous êtes pathétiques, parce que ni l'un ni l'autre ne se croit capable d'aimer réellement, de le mériter. Parce que vous n'avez pas les même problèmes, encore moins le même vécu, mais le résultat en est pareil. Deux personnes qui mettent des masques et qui lancent des mensonges pour fuir la réalité. Tu ne sais pas à quel point vous êtes différents, mais tu peux au moins te baser sur le peu de similitude pour savoir ça. Pour savoir que lui non plus, il ne croit pas que quelqu'un puisse arriver à l'aimer. Pas sans se faire du mal, pas sans se fragiliser.

Un sourire étire tes lèvres sous son insulte. Pseudo insulte, même. Un sourire amusé, même, vu les paroles prononcées. Bien sûr que ça le fait chier d'avoir avouer une telle chose. Bien sûr que tu vas l'utiliser à ses dépends et qu'il va se faire mettre dans de beaux draps par la suite. Et surtout, tu te doutes bien qu'il ne pourra pas se défendre en disant que c'était la faute d'un médicament. Pas comme toi tu pourrais le faire si Heiki venait à apprendre ce que tu as dis à son sujet. Même si heureusement, James ne le connait pas. Et c'est tant mieux ainsi. Il saurait que quelqu'un t'a demandé s'il était amoureux de toi que sans doute il viendrait tourner ça en sa faveur, pour t'attirer dans son jeu, pour sa manipulation. Parce que sans doute serais-tu dans son cas à lui que tu en aurais fais de même. Pourtant, tout l'amusement relié à sa réaction, à ce petit moment de victoire, vient rapidement s'éteindre lorsqu'il se moque. Un seul mot, une seule provocation. « Ta gueule. » C'est la seule chose qui sort face à sa réplique. Il n'est pas idiot, James. Loin de là. Tu avais beau t'amuser à l'insulter, tu te doutes bien que s'il a la capacité de mentir aussi bien, c'est qu'il est loin d'avoir un vide entre ses deux oreilles. Pourtant, ça te crée un vide à toi. Pas dans ton esprit, mais bien dans ton coeur. Parce que les choses se mettent toujours lentement en place dans ta tête et ça ne fait que te rendre compte que tu t'attaches. C'est dangereux, ça. Parce que plus le temps passe, plus tu prends conscience des effets de sa manipulation. Sur à quel point les choses ne peuvent qu'être fausse pour qu'il s'accroche à toi de cette façon. Parce que tu n'es pas son type physiquement, parce qu'il laisse sous-entendre cette attirance pour ce que tu es davantage que ce que tu as l'air. Sauf que ce n'est que du faux, ou presque, tout ça. Ce n'est qu'un masque parmi d'autres. Alors oui, peu à peu, tu prends conscience qu'au final ça ne peut qu'être du faux... à défaut d'être du vrai pour quelque chose qui n'existe pas. À défaut qu'il apprécie quelque chose qui comme toujours, n'est pas toi. Et franchement, tu ne peux pas t'attacher à lui pour cette raison même. Pour toute cette manipulation dont tu es consciente. Pour tout ce risque qu'il s'accroche à quelqu'un qui n'est pas toi pour simplement finir déçu plus tard.

Heureusement, le sujet se dissipe afin de faire place à l'une de ses vérités. Histoire de te donner une pause, de te recentrer, de ramener tes pensées sur le sujet principal. James. Ses parents. Leur absence. Et il y a ce silence qui résonne dans la pièce. Comme si ta question restait encore suspendue dans l'air avant de s'abattre lourdement sur ton compagnon de chambre. La question déplait, elle fait mal, elle blesse. C'est normal. Sans quoi tu ne l'aurais pas posée. "Tout le temps", qu'il te dit. Et ton regard ne peut s'empêcher d'observer ses réactions. Cette douleur qui semble se poser dans ses iris, ces muscles qui semblent se tendres pour empêcher des réactions. Des larmes, tu présumes. « Ils reviendront, tu crois? » Ta voix cherche à se faire un peu plus douce, qu'à peine. Pour tenter de limiter les dégâts, à quelque part. Pour ne pas forcer les larmes à sortir alors qu'elles sont déjà sur le point de le faire. Pour te protéger, sans doute, parce que tu sais que si tu le fais pleurer, il ne fera qu'attaquer plus fort. Il suffisait de voir le regard qu'il détourne vers toi à la suite pour le comprendre. Comme un animal pris dans une impasse et que la seule chose qui lui restait comme moyen de défense, c'était l'attaque. Et tu savais que ça ferait mal lorsqu'il le ferait. Que ça viendrait te frapper de plein fouet.

Tu pestes un rire à l'évocation de la poitrine de ta mère. Un rire mêlé d'une grimace de dégoût. Franchement, tu as beau apprécier la vue d'un corps nu, ta mère était sans doute la dernière personne que tu voulais voir. Les visions de la personne t'ayant donné naissance, qui se déhanche sur "Cradle of love" de Billy Idol, tandis que des regards d'hommes à la langue pendue venaient se perdre sur les vêtements qui tombent et se glisser contre sa peau, c'était assez pour te provoquer des frissons désagréables. Pas de doute que désormais, tu sois incapable d'entendre cette chanson sans tirer la grimace. « Va te faire voir, James. » Tu lui réponds à demi dans un reproche, à demi dans un soupire. Parce que l'évocation de la suite se fait désagréable, encore bien plus que ce regard de femme fatale que pouvait poser ta mère sur la foule de la boite de strip-tease. Ce n'est qu'une plaisanterie parmi d'autres et tu le sais, mais sans doute a-t-il pris conscience de la suite des choses lorsqu'il a cessé de parler. Lorsqu'il a plongé la pièce dans un silence. Tes doigts serrent le tissu sous ceux-ci, tandis que tu fais tout pour ravaler tes larmes à ton tour. Tu utilises une voix froide en défense, en guise de protection face à ce qui vient de s'abattre sur toi. Tu l'entends pourtant bouger, un peu, mais tu ne le regardes pas. Non, toi, tu fixes ailleurs, tu fixes le plafond, tu trouves quelque chose pour te distraire au plus vite. Tu ne l'as jamais dis, tu n'as jamais osé en parler. Et il fallait que ça se fasse contre ton gré, parce que tu es trop faible avec ce médicament pour tenir face, garder tes masques bien en place. C'est une vérité arrachée, tout comme tu l'as fais avec le prénom d'Aleksy. Et tu comprends sa frustration, bien que ce soit beaucoup plus personnel dans ton cas.

Le noir se plonge dans la pièce et tu comprends que le bruit, c'était James qui trouvait de quoi atteindre l'interrupteur de la pièce. C'est presque un soulagement, la dite noirceur. Tu sais pourtant que dans quelques minutes, quelques instants, vos yeux se seront habitués à une telle chose. Alors tu profites de cette intimité temporaire, de ce faux havre de paix. Un murmure s'amène à tes oreilles, peu importe à quel point tu as l'impression qu'elles bourdonnent à force de retenir tes yeux de s'humecter. Peut-être. Peut-être qu'il est fatigué du médicament. Toi aussi, tu l'es. Tu ne fais que soupirer, pourtant, en guise de réponse. Tu espères qu'il se taise, qu'il arrête, tandis que tes paupières se ferment. L'espoir que ce soit la fin, qu'il ne se décide de dormir et qu'il te lâche maintenant qu'il avait ce qu'il désirait. Mais ce serait trop beau, trop parfait pour ça. Maintenant qu'il avait le morceau, il n'allait pas le lâcher. Tout comme tu le fais, toi. Alors sa voix revient de nouveau. Avec cette sorte de douceur, d'affection qui ne fait que creuser davantage au niveau de ton coeur. Parce que ce n'est même plus pour jouer qu'il te demande, tu présumes. Ce n'est pas que de la curiosité. Il a cessé de jouer et ça ne fait que te faire encore plus peur. Parce que c'est lorsque le jeu s'arrête que les vérités se font encore plus prononcées, plus douloureuses.

Tu déglutis difficilement en l'entendant. Ce que ça te fais, de l'avoir su? Les derniers grains de sable s'éteignent au fond du sablier qu'était ta résistance, ta capacité à garder la tête haute face à tout ça. C'est la fin et tu le sais. Parce que tu ne sais pas dire autre chose que la vérité et tu ne feras que t'enfoncer davantage. L'air te semble plus lourd, comme si l'on cherchait à faire pression contre ta poitrine qui se serre de plus en plus. Comme si ton corps allait lâcher, comme si quelque chose allait exploser. « Non, je ne l'ai pas toujours su et c'est... horrible, comme sensation. Des années à se demander pourquoi ils n'agissaient pas comme les autres parents, avec cette même attention. » Un rire amer quitte tes lèvres dans un souffle, dans un son qui se veut à peine audible. Et tu te contiens, pour ne pas laisser ta gorge se serrer. Il ne pouvait plus le voir, c'était donc interdit qu'il ne puisse l'entendre. Tu devais garder un peu de dignité, un peu de fierté. « Toutes ces questions, rien que pour savoir au final que j'ai gâché leur petite vie paisible en venant au monde. » C'est un reproche, c'est un ton sarcastique et bourré de mépris qui se fait entendre, avec cette pointe de colère qui creuse ton ventre au point de se transmettre dans ta voix. Parce que c'est un mécanisme de défense. C'est ça ou les sanglots. Et il y a déjà assez de tes yeux plein de larmes désormais, tu n'avais pas besoin de ça en plus. Tu inspires, lentement, silencieusement. Tu avales ta salive de nouveau, tu fronces les sourcils. « Et ça n'aurait rien changé, je crois. Sans doute que j'aurais été la même garce, que le résultat aurait été le même. J'en sais rien et franchement, peu importe. »

Le dos de tes mains viennent se débarrasser des larmes qui ont osées quitter tes paupières closes, qui ont décidées de rouler contre tes joues dans une brûlure vive. Tu cherches tout le temps à cacher cette partie de toi, à la faire taire, à faire comme si elle n'existait pas. Tu lances toujours des mensonges à tord et à travers pour éviter que les gens ne le sachent. Parce que c'est sans doute l'une des choses qui t'affecte le plus. Qui te donne l'impression que tu n'as pas ta place dans ce bas monde, que tu ne la mérites pas. C'est une grosse partie de tout ce qui t'amène à te détester, au final, et tu te retrouves à en parler avec lui, par défaut, par obligation indirecte. Tu aurais pu résister, tu aurais voulu, mais à quoi bon? Ça aurait fini par quitter tes lèvres tôt ou tard. Maintenant, il n'y avait que cette plaie laissée là, grande ouverte, mêlée à ce soulagement de ne pas avoir à porter ce poids seule. Tu aimerais te dire que ce serait quelqu'un avec qui en parler par la suite, lorsque ça viendrait te peser sur les épaules une fois de plus. Sauf que tu sais que ça n'arrivera pas, que tu ne le feras pas. Parce qu'à ce moment-là, les masques auront refaits surface et tu ne voudras pas le laisser glisser pour chercher de son réconfort. Tu le sais, tu connais au moins ça de toi, depuis le temps que tu endures ta propre personne. Tu passes une dernière main sur tes yeux en l'entendant, essuyant celle-ci contre le drap afin d'en effacer toute trace. « Ramène-toi, je ne bouge pas. » Ta voix se fait presque neutre, le timbre bas, lorsque tu lui réponds. Parce que c'est la seule façon que tu trouves de le faire sans qu'il ne puisse entendre toute la tristesse qui se cache derrière, toute la douleur. « Juste ce soir. » Que tu lui répètes, avec quelque chose d'un peu plus doux, à peine. Parce que vous savez bien trop que demain, le liquide vous aura sans doute quitté. Que demain, les masques se seront redressés et il faudra affronter l'impact de tout ce qui s'est dit dans cette chambre. Que le jeu allait continuer.

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MessageSujet: Re: Inspiration pornographique | PV James   13.09.18 22:58
Elle lui dit de la fermer, mais il a déjà fini de se moquer. Parce que parfois un seul mot suffit. Parce qu’il n’a pas besoin d’en dire plus. Parce que oui, c’est intéressant, et trop facile à interpréter. Parce qu’il ne lui doit ni le silence ni la compassion. Parce que ce vide qui doit se créer entre ses côtes, il n’en a pas pleinement conscience. Et que rien ne dit qu’il se serait retenu de se moquer si ça avait été le cas. Quand on peut rire de son propre pathétisme, on peut aussi se moquer de celui des autres, non ? De sa manière de s’attacher sans le vouloir à quelqu’un à qui elle souhaitait tout sauf ça. Quelle ironie, vraiment. Pourtant il faut bien aimer et être aimé pour pouvoir craindre de blesser l’autre. Sans amour pas de douleur. Quoique. Au vu de ce qu’il sait déjà de son passé, et de ce qu’il sait du sien, peut être qu’on a pas toujours besoin d’amour pour faire mal. Peut être que le manque d’amour suffit, parfois, justement. L’amour, c’est probablement la pire malédiction au monde, qui est là quand on n’en veut pas, mais pas là quand on en a besoin. Dommage.

Elle attaque, il se tend, il oublie deux secondes le but du jeu, il se perd dans des images que la drogue n’est pas là pour effacer, cette fois. Mais l’instinct de compétition aide. Son envie de la voir pleurer avant lui. Alors il profite du moment de silence pour ravaler ses larmes, sa douleur, et son cœur brisé. Pas pour enfiler un masque qui prétend que tout va bien comme à son habitude, mais juste pour qu’elle puisse comprendre qu’il n’a aucune intention de se laisser aller à pleurer. Même si ça fait mal. Même si elle a touché juste. « J’en sais rien. » C’est un murmure hésitant, et le cœur loupe un nouveau battement avant que ses yeux ne se ferment. C’est peut être le moment d’arrêter de se mentir à soi-même, aussi. « … Non. » Bien sûr que non. Ils seraient revenus depuis longtemps, sinon. Il continue d’attendre uniquement parce que c’est tout ce qu’il sait faire. Parce qu’il ne sait pas comment vivre sans attendre leur retour. Mais il ne l’espère plus depuis longtemps, peu importe à quel point il se voile la face avec des illusions et des filtres colorés. S’ils avaient voulu revenir, ils l’auraient fait quand il était enfant. Ils l’auraient fait sans se poser de questions. S’ils avaient voulu revenir, ils n’auraient pas emménagé ailleurs, dans la même ville, sans chercher à le voir. S’ils avaient voulu revenir, ils n’auraient eu qu’à passer le pas de la porte constamment ouverte pour eux.

Un grommellement d’insulte douloureux lui sert de libération, alors que les larmes repartent dans les orbites, alors que son cœur accepte d’être cassé et inutile. Alors qu’il peut se permettre de réattaquer. Parce qu’au final, ces sentiments ont toujours été là. Parce que lui, il n’y a que la drogue qui l’en éloigne, et qu’une dose manquante suffit à le lui rappeler. Alors qu’elle, elle évite d’y penser. Lui ne sait pas éviter. Lui a appris à fuir, pas à oublier. Il n’y a sûrement pas de bonne solution, ici non plus. « Dans un bar de strip tease ? Franchement, à essayer. » La plaisanterie sort presque trop naturellement, et c’est là qu’il comprend qu’il s’adoucit. Que malgré l’attaque, ou à cause d’elle, il commence à voir ça moins comme un jeu et plus comme une discussion un peu trop sérieuse, un peu trop douloureuse. Ce n’est alors plus son ennemie, mais une confidente qui se confie aussi. Une amie. Etrange. Bethany n’avait jamais été son amie, pourtant. Bethany n’était que Bethany. Ou peut être pas. Peut être pas ce soir, au moins.

Elle soupire, et il sait qu’elle espère qu’il se taira, et qu’il la laissera tranquille. Pourtant il veut savoir. Pourtant elle est soudainement passée du stade de jouet au stade de personne digne d’intérêt. Pourtant il a dépassé sa peur de se voir en miroir dans ses yeux et de se détester en réalisant qu’ils étaient différents, malgré tout. Que leurs blessures n’étaient pas les mêmes, seulement leur manière de les fuir et les oublier. Que finalement, dans une autre vie, ils auraient peut être pu apprendre l’un de l’autre. Ils auraient pu s’aider. Ils auraient peut être pu s’aimer, même. Alors elle parle, et lui se tait. Lui écoute, et comprend, ou essaie de comprendre. Des années à se demander. Oui, il pouvait imaginer, ça. A ne pas en parler, parce qu’on a honte, sans savoir de quoi, exactement. A se dire que ça ne peut pas être nos parents le problème, et que donc ça ne peut être que nous. Que si quelque chose cloche, quelque chose diffère des autres enfants et leurs parents, c’est que quelque chose cloche chez nous. Qu’on fait quelque chose mal.

Il entend la gorge qui se serre, mais il se contente de se mordiller le doigt pour s’empêcher de parler en guise de réponse. Il la laisse finir. La laisse vider son sac. Au moins autant qu’il peut. « C’est vraiment ce que tu crois ? » Qu’elle a gâché leur vie. Si elle était stip teaseuse et lui disparu, comment aurait-elle pu empirer les choses ? C’est absurde. Mais ça n’a pas besoin d’être logique pour être douloureux. Un petit sourire douloureux vient s’étirer sur ses lèvres alors qu’elle continue, et il gigote pour se mettre sur le côté, pour essayer de la voir malgré la pénombre. Mais il n’a pas besoin de lumière pour savoir qu’elle pleure. « Je pense pas. » Non. Elle n’aurait probablement pas été la même personne. Elle aurait peut être même été son total opposé. Parce que partir dans la vie en se demandant ce qu’on a fait de mal, et en se sachant non désirée et malaimée, ça ne peut pas créer un adulte stable. Et qu’elle ne l’est pas. Mais qu’elle l’aurait été. Peut être même qu’elle aurait été heureuse. Et qu’Heiki n’aurait pas eu l’air si inatteignable.

Alors pendant quelques secondes, il envoie valser la fierté et les masques pour lui poser la question qui lui brûle les lèvres. Pour une autorisation de rester proche sans fuir la réalité pour autant. D’être et d’avoir des bras réconfortants, au moins pour cette nuit. Quelqu’un qui sait et qui a compris. Quelqu’un qui ne peut pas jouer avec les larmes de l’autre sans en verser aussi. Alors il gigote pour sortir du lit sans blesser un peu plus son épaule, pour atteindre le lit voisin et s’asseoir le plus doucement possible dessus avant de laisser son corps basculer mollement en arrière pour s’allonger. Pour rester de dos à elle et passer un bras autour de sa taille doucement. Pour enfouir son visage dans ses cheveux. Pour parler sincèrement, une dernière fois.

« Tu sais, je pense pas que c’est parce que t’es pas née désirée que tu peux pas l’être maintenant. Je pense que tu l’es maintenant, de ce que je peux déduire. Et que ce serait con de refuser ça parce que t’as eu des parents trop cons pour t’apprendre que t’étais pas juste une garce manipulatrice. Que t’es devenue comme ça pour imiter leur exemple. » C’est murmuré. C’est une supposition, parce qu’il n’en sait rien, parce que ce n’est pas sa situation. Parce que tout ce qu’il sait, c’est qu’il l’aime bien, malgré le malaise. Et que beaucoup auraient de bonnes raisons de l’aimer vraiment. « Enfin j’en sais rien, de toute façon. Je suis pas psy. Mais je trouve ça con. » Un baiser dans sa nuque. Pas comme les mille qu’il y a déjà posé. Presque enfantin, dans sa simplicité. « Juste ce soir. » Une réitération de la promesse avant de fermer les yeux, même si le sommeil ne viendra pas tout de suite. Pour la laisser croire qu’il dort, si c’est ce qu’elle veut, jusqu’à ce que ça arrive vraiment. Pour laisser le silence revenir, prémisse de ce qu’il devra y avoir entre eux continuellement, maintenant. Stupide jeu, béni soit le jeu, maudit jeu.
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MessageSujet: Re: Inspiration pornographique | PV James   24.09.18 11:43


Intervention
Huldulfolk


Bethany, dans la chute, tu t'es méchamment blessée à la cuisse. Verdict : Contusion du muscle. Quant à toi, James, tu t'es fracturé l'épaule. Soyez plus prudents la prochaine fois !
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MessageSujet: Re: Inspiration pornographique | PV James   06.10.18 16:58

Bethany & James


Vous êtes de vrais idiots, à jouer ainsi avec le feu. Pourtant, vous le savez bien. C'est plus fort que vous, parce que c'est tout ce que vous êtes. Chercher à détruire, mentir. C'est trop fort, un mécanisme de défense pur. Parce que vous avez trop soufferts par le passé, semblerait-il. Parce que l'on vous a fait mal, on vous a pressé au mur sans vous permettre de souffler, de vous échapper. À chercher à vous engouffrer dans votre mal sans arrêt. Alors vous vous êtes rebellés. Vous avez fait volte-face, vous avez décidé que c'était assez, de reprendre contrôle sur vos émotions, votre coeur, vous-même. Rendre au monde ce que quelqu'un, quelque chose, vous a fait. Mentir, fuir, manipuler. Jouer. Tu es bien plus similaire à lui que tu ne le pensais. Similaire, tout comme complètement différente.

Pourtant, il s'entête à te contredire lorsque tu expliques, lorsque tu laisses la douloureuse vérité éclater. Éclater comme ce que ton coeur semble vouloir faire à l'instant, sur cette pression contre ta poitrine, cette angoisse qui t'envahis. Normalement, tu fuis bien avant ça. Bien avant qu'une telle chose ne quitte tes lèvres. Tu fuis, tu pars, tu te lasses. Peu importe. Tout est une bonne raison pour t'empêcher d'arriver à ça. T'empêcher de te faire plus de mal encore. Le penser, c'est une chose. En avoir conscience également. Le dire? Laisser quelqu'un d'autre que toi entendre ta peine ton mal? C'en est une tout autre. Mais il te contredit. « T'as soudainement oublié ce qui coule dans nos veines, pour me poser une question aussi ridicule? » C'est un peu plus agressif. Pas assez, trop peu, peu importe. Tu sais qu'il saura. Que ce n'est qu'une défense face à la douleur, pour te protéger, pour le faire fuir parce que d'être réconfortée se fait encore plus dangereux sur tes émotions lorsque l'on est persuadé que l'on ne la mérite pas. Qu'on ne mérite pas cette attention, que l'on ne mérite pas que quelqu'un cherche à panser la blessure. Parce que l'on ne vaut pas la peine tout simplement. Donc c'est ta seule réponse. Bien sûr que tu le crois, que tu as gâché leur vie. Ton père est parti par ta faute, pas sans raison comme un idiot. Ce n'était pas une question de couple qui ne s'aime pas. Puis, à force de se le faire dire par la personne qui est censée être la plus importante, avoir le plus d'impact. De se le faire dire sans arrêt par la personne qui nous a mis au monde, n'était-ce pas là la pure normalité d'être persuadée dur comme fer que c'est la vérité? De boire ses paroles comme s'il n'y avait que cette option et rien d'autre? Ta langue claque un peu d'agacement à sa seconde contradiction. Bien sûr que tu serais la même personne. Tu n'étais rien d'autre. La vraie Bethany, celle que tu étais avant le départ de ton père, elle est si loin derrière. Tu ne sais plus ce qu'elle était et tu es persuadée qu'elle n'était pas ce que tu devais être. Que ce que ton père a déclenché en quittant était sans doute le début de qui tu devais vraiment être. De ce que tu es. Ça ne t'empêche pas d'avoir un coeur, peu importe à quel point tu cherches à le faire cesser de battre dernièrement. Peu importe à quel point tu voudrais qu'il cesse de se serrer à cet instant. Ce n'était qu'une preuve, tout ça, la douleur, que tu avais bel et bien un coeur. Tu ne fais que l'enfouir sous d'épaisses couches de glace pour te protéger. Quelqu'un fera fondre tout ça, tu imagines. À force d'acharnement. Tu voudrais, à dire vrai. Laisser ce coeur aller, laisser la glace fondre. Reprendre stabilité, cesser de faire l'idiote. Sauf que tu ne te sens pas prête. Pas prête à risquer de souffrir encore une fois. Parce qu'avoir mal comme tu as déjà subit, tu ne sais pas si tu allais le supporter. Si ton corps allait encaisser.

La chaleur se fait réconfortante, enveloppante, lorsqu'il s'incruste dans ton lit et qu'il passe son bras autour de ta taille. Bras que tu retrouves sans peine d'une main libre afin de la serrer à la sienne. Son souffle contre toi, ta chevelure, ton cou. Ça apaise, un peu. Pas assez, tu le sais. La douleur sera encore là au lendemain matin, les jours suivants. Ça ne soulagera pas entièrement, jamais. Ce n'est que de la douceur temporaire, qu'un pansement qui finira par se faire arracher avec le temps. Mais tu le laisses. Que pour ce soir, qu'il dit, de toute façon. Pourtant, ta main se serre davantage à la sienne alors que tu déglutis avec difficulté lorsqu'il te sers une dose supplémentaire de vérité. Que tu peux réellement être désirée, que tu l'es. À croire qu'il ne sait rien. Qu'il ne sait pas que tout ceux qui sont autour de toi n'ont pas réellement d'importance, que tu ne t'accroches pas à eux puisqu'ils partiront. Et Heiki... Heiki qui serait sans doute la seule personne la plus possible à ce rôle, à te désirer, à t'entendre ainsi parler. Que ce serait quelqu'un qui remplis ce rôle en ce moment alors que pourtant, ce n'est que du jeu. Qu'il n'est pas réellement attaché, qu'il ne fait que semblant. Que ce n'est que pour mieux te détruire alors que toi, tu luttes pour le détruire avant qu'il n'y parvienne. Il ne sait pas, James, lorsqu'il parle que tu ne peux pas être désirée par quelqu'un qui ne fait que jouer, que te manipuler. Que vous couchez ensemble, certes, mais que ça ne va pas réellement plus loin peu importe le temps que vous passez ensemble. Alors sa déduction, tu ne la crois pas. Parce qu'avec le sportif, c'est trop complexe. Trop complexe, trop faux pour être un réel désir, pour qu'il te veuille réellement à long terme dans sa vie. Pour ne pas t'abandonner lorsque le jeu sera terminé, pour venir réparer les blessures qu'il aura causé de lui-même, de ses paroles. Ce n'est qu'une personne de plus destinée à te quitter, à t'abandonner. Pourtant, les paroles du blond résonnent à l'intérieur. Parce que tu aimerais tant le croire. Te dire que c'est vrai, que tu as ta place quelque part, maintenant. Un soupire à peine tremblant te quitte. Maudit soit ce liquide, maudit soit cette blessure. Maudit soit cette nuit qui vous a amenés à l'hôpital.

« Non, t'es pas psy... Alors arrête. » Arrête avant que ce coeur n'éclate, qu'il ne supporte plus cet affront, cette vérité qui est trop dur à entendre, à avaler. Le baiser brûle contre ta peau. Une brûlure agréable tout comme douloureuse. Quelque chose de tendre, trop pour que ton corps ne sache bien l'encaisser. Quelque chose de simple, loin de ceux posés au creux de ta nuque par le passé, par ces nuits passés ensemble. Quelque chose qui n'a pas pour but d'exciter, qui n'a pas de sous-entendu. De simple, de léger, qui prend au coeur. Juste ce soir, qu'il te répète tandis que tu laisses le silence se plonger dans la pièce. Un silence qui te semble interminable avant que les paroles ne quittes tes lèvres sans que tu ne puisses les retenir, au final. Quelque chose que tu as lutté un moment, en vain. « Merci. » Ce n'est qu'un murmure qui se perd dans la pièce, dans l'étreinte. Un merci pour les paroles dites plus tôt, pour t'avoir écouté malgré tout, pour te laisser lui partager un peu de ta douleur... et ne pas s'en moquer, ne pas creuser encore plus qu'il ne pourrait le faire. Pour t'enlever un peu du fardeau que tu portes constamment, peu importe les apparences. Tu remontes sa main à ta taille pour l'amener vers tes lèvres et poser un baiser au poignet. De doux, bien que maladroit, laissant le bras à cette hauteur pour être encore mieux entourée, pour mêler tes doigts aux siens, comme en recherche de réconfort supplémentaire. En recherche de quelque chose pour apaiser le mal. Et tu ne dis plus rien jusqu'à ce que le sommeil te vole à tes pensées, par épuisement.

C'est une lumière qui te réveille. Une lumière claire qui prend la pièce entière, trop vive, trop blanche, qui te force à ouvrir les paupières rien que pour les plisser afin de te protéger de l'attaque lumineuse. Tu grognes un peu dans le réveil. Une voix d'abord un peu trouble à ton audition, pour lentement te faire prendre conscience d'où tu es. Toujours à l'hôpital, James contre toi, une douleur à la cuisse. Un long soupire quitte tes lèvres et tu te dois de le faire répéter, le médecin. Parce que tu n'as rien compris de ce qu'il t'a dit. « Debout, mon coeur. » Que tu lâches en tapotant doucement la main de James pour le réveiller. Un souvenir vague de ce jeu, ce mensonge que vous avez posé lors de votre arrivée. Un couple. Vous êtes censés être un couple. Alors le tout se remet en place rapidement tandis que tu écoutes le verdict du médecin. Une contusion du muscle à la cuisse. Un juron se soupire de façon à peine audible. Bandage, glace, maintenir la jambe surélevé. Tu n'étais pas en état d'aller travailler pour quelques moments encore. Tout ça pour une partie de jambes en l'air, pour une idée stupide, qui a mal virée. Tu allais te retrouver condamnée au silence de ton appartement et ça, tu étais loin d'être prête. Encore moins avec la nuit précédente que vous avez passés.

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MessageSujet: Re: Inspiration pornographique | PV James   10.10.18 0:21
Il sait, et ça ne l’empêche pas de penser qu’elle a tort de le penser. Alors même qu’il pense exactement la même chose de lui-même, il est profondément persuadé qu’elle mérite d’aller mieux, qu’elle mérite que quelqu’un essaie de voir sous son masque, que quelqu’un essaie de la rassurer, essaie de la faire s’aimer, même un petit peu. Encore plus après ce soir. Encore plus après avoir vu la vérité, les larmes, et l’avoir trouvée belle à en arrêter de respirer quelques secondes. Encore plus après avoir compris d’où venait sa douleur, son mal être, et avoir saisi ce qui l’avait transformée. Mais il n’insiste pas. Parce que quelque part, ce n’est pas à lui de voir sous son masque. Ca ne suffirait pas, parce que lui n’est pas suffisant. Parce que les mots qu’il prononce ne semblent pas être exactement ceux qu’il lui faudrait. Parce qu’il ne compte pas vraiment, dans ce schéma. Que dans un sens, elle a tout avoué pour pas grand-chose, parce que même en tant que réceptacle de douleur, il lui est totalement inutile. Peut être parce qu’il lui ressemble trop, ou pas assez. Peut être parce que c’est juste ce qu’il est. Mais alors que les mots se tarissent dans sa gorge, il espère tout de même que quelqu’un le fasse correctement pour elle, un jour. Parce qu’elle le mérite, elle. Il en est intimement persuadé. Heiki ou un autre, peu importe vraiment, tant que ce n’est pas lui et son vide.

Alors il obéit quand elle lui dit de se taire. Il n’insiste pas, puisqu’il n’a rien à ajouter, puisqu’elle sait qu’il n’a pas d’autres choix que de dire ce qu’il pense, puisque le baiser dans sa nuque lui semble plus sincère que tous les mots qu’il pourrait prononcer. Peut être qu’à force de manipuler les mots pour leur donner un autre sens, ça lui a fait perdre la faculté de les rendre important. Peut être que tout ce qu’il dit ne résonne plus que dans le vide, maintenant. Que même quand il est forcé de dire la vérité, tout n’est que mensonge. Après tout pourquoi pas ? Des bribes de vérité, seulement. Parce que lui-même ne sait plus démêler le vrai du faux, depuis le temps, et que le liquide ne peut pas vraiment l’aider pour ça. Mais au moins, quand il parle d’elle, il sait qu’il dit ce qu’il pense. Au moins, quand il se dit qu’il l’apprécie, et qu’ils auraient pu être amis, il sait qu’il a raison. Même s’il ne se connaît plus lui-même, il a l’impression d’enfin apprendre à la connaître, elle, ce soir. Ce seul et unique soir.

Le merci n’a pas de réponse, si ce n’est une pression un peu plus forte, un peu plus douce, contre sa taille. Il n’en a pas besoin. Le merci n’était pas nécessaire, de toute façon. Parce qu’il n’a pas vraiment eu le choix, et qu’il ne le regrette pas vraiment non plus. Parce qu’elle aura au moins une fois entendu ce qu’il pense d’elle, et que quelque part, il sait déjà que c’est sûrement la première et dernière. Parce que le sommeil arrive, et avec lui, l’espoir que tout ne soit pas ruiné par quelques secondes de vérité. Mais quelque part, ça ne dépend plus que d’elle. Ca ne dépend plus que de son jeu une fois que le liquide sera parti. Parce que lui entrera dedans. Parce que lui ne veut pas la perdre, même si le malaise habituel aura grandi à cause de ces confessions. Parce que lui l’apprécie plus humainement qu’avant, maintenant.

Le baiser le fait sourire doucement, et ses doigts se lient aux siens comme s’ils les avaient cherchés trop longtemps. Et c’est le noir, bercé par une douceur à laquelle il n’est plus habitué, un sommeil sans rêves, sans angoisse, sans perturbation aucune. Jusqu’à la pression sur sa main pourtant si confortable, jusqu’à des murmures agaçants jusqu’à ses oreilles, jusqu’à un aveuglement alors qu’il essaie d’ouvrir un œil. Malheur. Un grommellement qui n’a pas de sens répond à la voix de Bethany, et il referme les yeux en enfonçant son visage dans les cheveux bruns, se contentant de tendre l’oreille en écoutant le verdict du médecin. Fracture. Et merde. Pourtant, le juron de l’anglaise a le mérite de le faire rire plutôt que râler, et il relativise, un peu, en se berçant une dernière fois dans sa chaleur. Avant d’avoir peur de revenir totalement à la réalité, et de devoir affronter sa fuite. Avant d’avoir peur d’un adieu dans un mensonge, qui pourrait ne pas tarder.

Son corps se redresse lentement, et il grimace un peu en se souvenant de son épaule, de la douleur, et du manque de calmant qui coule dans son corps, maintenant. Au moins, plus de liquide de vérité. Inconvénient, il commence déjà à gigoter pour calmer l’hyperactivité retenue, et manque de tomber du lit. Décidément, ils ne sont pas faits pour deux personnes. « Super merci ! » C’est puant de sarcasme, alors que ses yeux qui papillonnent encore se posent sur le docteur comme pour lui ordonner de les laisser tranquille. Mais c’est sûrement peine perdue, pour l’instant. Alors il soupire doucement avant de se frayer un passage hors du lit en essayant de ne pas toucher à la cuisse de Bethany, pour aller se rassoir sur son propre lit, pour secouer ses jambes dans le vide, autant que possible. « Ca veut dire qu’on peut rentrer ? » Le oui qui lui répond sonne un peu comme la trompette du jugement dernier, alors qu’il n’ose pas encore affronter le regard de son amante, alors qu’il craint d’y lire bien trop de choses, ou bien trop peu. Et alors que les médecins quittent la pièce, lui part fouiller dans les poches de ses vêtements pour retrouver ses cigarettes comme si sa vie en dépendait, pour s’occuper l’esprit, et pour oublier que bien d’autres choses lui manquent encore plus. Ca fait des heures, après tout.

Un silence s’installe bien trop vite, et il a l’impression qu’il essaie de les étouffer, alors qu’il jette négligemment une cigarette sur l’anglaise, comme une répétition de la veille, avant de se traîner mollement jusqu’à la fenêtre pour l’ouvrir et allumer la sienne. Alors qu’il cherche ses mots, et comment briser la gêne qui s’empare déjà de la pièce. Alors qu’il se demande ce qu’il devrait dire. S’il devrait faire comme si rien ne s’était passé, ou enchaîner sur une provocation. Parce qu’il ne peut pas simplement lui sourire et prendre en compte ses confessions. Parce qu’ils ne sont pas comme ça. « Tu veux … » qu’on fasse quoi ? Comment on est censés gérer la vérité ? Il ne sait plus, depuis le temps. Une moue agacée se dessine sur son visage, et il finit par brasser l’air de sa main avant de lâcher une douzaine de jurons. Mauvaise main. Mauvaise épaule. Ca fait mal. Inspirer. Expirer. « Hum. T’auras besoin de moi pour te ramener chez toi ? Il va falloir pousser un fauteuil, si tu veux mon avis. » Il risquait d’avoir du mal à le faire avec un seul bras valide, mais ce serait amusant d’essayer. Son ton est léger, et pourtant la question lui paraît bien trop sérieuse. Tu veux toujours de moi dans ta vie, ou on part chacun de notre côté, maintenant ?
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MessageSujet: Re: Inspiration pornographique | PV James   20.10.18 22:09

Bethany & James


Le confort temporaire se fait arrêter par le retour du médecin dans la pièce. Les médicaments avaient pris le dessus, la douleur du coeur également. Tu avais fini par t'endormir en appréciant la chaleur de son corps contre toi. Les souvenirs de la veille, pourtant, malgré le sommeil qui vous a envahis pour quelques heures, la douleur semble persister au réveil. Celle au coeur bien plus que celle à la cuisse. Malgré tout, les paroles prononcés se sont vues être un quelconque soulagement. De ne plus être seule à partager ta peine pouvait faire du bien, même si tu sais qu'il y aura des conséquences plus tard. Ce n'était pas suffisant, pas encore, sans doute parce que ce n'était pas à lui de le faire, mais il n'avait pas été inutile pour autant. Il n'avait pas été inutile parce qu'il t'avait écouté alors que c'était sans doute la dernière personne que tu aurais cru ça possible. Jamais tu n'aurais vu cette relation s'amener à vous dire la vérité l'un à l'autre, à parler à coeur ouvert malgré que ce ne soit pas volontairement. Ça avait été éprouvant, épuisant. Toujours est-il, cependant, que ça ne pouvait que faire du bien malgré la douleur. Que quelqu'un écoute, sans rien dire, sans forcément juger non plus. C'était le désavantage d'être seule, solitaire, de façon général. Tu n'avais pas de confident, tu n'osais le faire à personne de peur que les informations se retrouvent contre toi. Puis, c'est sortit. C'est douloureux, mais c'est sortit de tes lèvres et bien que ça ne guérisse pas les maux, que ça n'arrange en rien les situations, il y a quelque chose de réconfortant d'en avoir parlé. Un soulagement, un poids de moins. Pas de beaucoup, mais ne serais-ce qu'un peu, ne serais-ce que temporairement. Quelqu'un qui comprend, aussi. Parce que vous vous ressemblez dans toute votre différence et c'est là, le changement. C'est là, la sensation réconfortante de parler sans se sentir juger, sans avoir peur de faire fuir. Tu as davantage peur de fuir toi-même pour ne pas affronter cette vérité ensuite que ce ne soit lui qu'il le fasse. Alors tu t'endors avec cette crainte, au final. Cette crainte que demain, tu n'oseras pas le regarder en face et tu ne voudras qu'une chose: Fuir pour t'éloigner de ce malaise, de cette honte qu'il t'ait vu pleurer.

Sauf que le lendemain vient, tu tentes de le réveiller et c'est un marmonnement incompréhensible qui s'amène à ton oreille alors qu'il s'enfouit un peu plus dans ton cou. La situation aurait été toute autre, sans doute aurais-tu lâché un rire face à cette réaction enfantine et qui pourtant, te ressemble férocement lorsque tu es celle réveillée par quelqu'un d'autre, au creux du cou de la personne. Sauf qu'il bouge afin de se dégourdir, une fois redressé, ressentant qu'un courant froid contre ton corps pour remplacer la chaleur qu'il provoquait. Tu contiens un rire lorsqu'il risque de tomber et tu le laisses quitter le lit, au final. Le soir était terminé, c'était l'heure de reprendre le sien, n'est-ce pas? Puis vient sa question. S'ils peuvent rentrer, aller chez eux. Un oui retentit et tu gardes ton regard ancré vers le médecin. En aucun cas tu oses ramener ton regard vers James. Par crainte de ce que tu pourrais y lire, par crainte qu'il ne pose des questions, peut-être. Tu offres un bref sourire au médecin et le laisse quitter. Tes iris reviennent vers l'islandais seulement lorsque tu l'entends fouiller son sac, te redressant finalement un peu mieux dans ta position assise adoptée lors du départ de James de ton lit. Le silence reprend place malgré ses mouvements, le malaise habituel aussi. Dans une toute autre situation, sans vos blessures, sans doute serais-tu déjà en train de l'embrasser pour faire disparaître la pression sur tes épaules, à chercher à mêler vos gémissements pour faire taire le silence gênant. Mais non. Vous ne pouvez pas.  Tu allumes la cigarette nouvellement lancée alors que tu t'assois au bord du matelas inconfortable. Il commence une phrase, rien que pour ensuite lâcher de nombreux jurons. Chose qui te tire un rire quasi automatique devant son geste. Mauvais bras, semblerait-il. « Je sais que l'on est pas encore sorti de l'urgence, mais... Ta "chérie" a pas envie de rester ici encore plus longtemps parce que tu as aggravé ta blessure. » C'est moqueur, comme commentaire. C'est habituel, alors que tu tentes d'ignorer la veille aussi simplement. Comme si de rien était. C'était la meilleure chose à faire, non? Tu en étais persuadée, du moins.

Puis, vient la question. Une question d'apparence si simple alors que tu la sais bourrée de sous-entendu. Parce que ça se lit, dans son regard, lorsqu'il te demande une telle chose. Son ton est léger, mais tu sais que la question ne l'est pas. Pas avec une situation comme la veille. C'est une demande. Tu ne sais pas de quel genre de demande, ni à quel niveau elle se situe, mais tu la crois importante et... quelque part, tu te dois de dire oui. Tu ne sais pas à quoi, mais tu crois que c'est la chose à faire. À cause de la veille, excluant la veille, peu importe. « Je ne sais pas si j'ai réellement besoin d'une chaise roulante, mais... » Tu t'égares brièvement dans ta phrase sous une réflexion, comme si tu avais besoin de prendre une seconde supplémentaire pour te convaincre que tu faisais le bon choix. Au final, tu laisses tes lèvres s'étirer dans un léger sourire, comme si tu voulais le rassurer d'une crainte qu'il semblait avoir, alors que tu ne savais pas mettre le doigt dessus. Parce que c'était ça, sa demande, n'est-ce pas? Cette demande sans nom camouflée. C'était une crainte qui venait se dissimuler au travers, qui demandait à être réconfortée. « Mais je crois ça pourrais être marrant de te voir tenter de pousser la chaise avec ton épaule comme ça. »

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MessageSujet: Re: Inspiration pornographique | PV James   11.11.18 2:23
Il aurait dû rire, à sa phrase, mais il n’y a qu’un sourire légèrement amusé qui en résulte. Parce qu’il n’a pas vraiment le cœur à rire, tant que le doute sera toujours là. Tant qu’il ne saura pas si c’est la fin de leur histoire, le début d’une nouvelle, ou juste un épisode qui ne doit pas avoir d’impact. « Quel dommage ! » C’est sarcastique, mais il y a une part de vérité, quelque part. Parce qu’il n’aurait pas dit non à quelques heures de plus, au moins pour leur laisser le temps de redevenir comme avant, pour ne pas lui laisser la chance de tout effacer en un claquement de doigts. Parce qu’il aurait bien voulu que ce soit si simple, qu’il puisse juste se blesser plus pour que tous leurs problèmes s’arrangent. Il n’aurait pas hésité à le faire. La seule chose qui le retient, c’est sans doute le manque, et sans doute la peur que ça ne l’empêche en rien de tourner les talons et de le laisser derrière. Parce que même s’il regarde dans un miroir déformant en regardant ses yeux, il est attendri, quelque part, par ce passé qu’ils ne partagent pas, et qui pourtant a presque formé la même blessure. Il est intrigué, de savoir jusqu’où pourrait aller ces confidences, cette compréhension. Parce qu’il la comprend, et qu’elle le comprend, et qu’il est bien placé pour savoir que c’est affreusement rare pour eux, d’être compris. Pas jugés. Compris.

Alors il demande, avec la boule au ventre, avec la gorge serrée, avec un sourire sur les lèvres, toujours le même. Le sourire sous lequel il cache l’enfant qui ne veut pas voir les autres partir, pour qu’ils ne gardent en leur esprit que cette image de lui si jamais il le font quand même. Pour ne pas avoir à craquer devant des gens, parce que ce n’est pas le rôle qu’il a décidé de jouer, parce que c’est bien plus facile d’être idiot et sans cœur que triste et seul. Parce que ça empêche bien plus d’avoir mal, même s’il s’est loupé, cette fois. Et pourtant, il ne pensait pas que ce serait le cas. Pas avec elle. Parce qu’avec elle, le jeu était différent, mais il semblait si superficiel, pourtant. Parce qu’elle ne cherchait pas à voir sous le masque puisqu’elle en portait un aussi. Et il avait peur d’avoir tout gâché, en posant ces questions, en ayant droit aux réponses, en en donnant quelques unes. Mais peut être que ça valait le coup. Peut être que malgré la douleur, il en garderait une autre image de Beth. Pas son sourire. Quelque chose de plus humain. Une larme.

Et sa phrase commence mais reste en suspens, le laissant le souffle coupé, les oreilles qui sifflent, près à tout entendre. Sauf peut être ça. Ce sourire rassurant, presque. Ce sourire qu’il n’avait jamais vu sur son visage mais qui crée une chaleur dans son ventre, si bien que ses lèvres se détendent, que le sourire se fait moins grand, mais surtout plus sincère. Et il n’a pas vraiment besoin de la suite de sa phrase pour la comprendre, mais elle lui fait du bien, tout de même. Alors pendant qu’il se contente de hausser les épaules en murmurant un « Très bien, si c’est un défi, je le relève. » faussement léger, ses yeux lui envoient un « merci » qu’il espère qu’elle saisisse pour ce qu’il est, sans le relever plus que nécessaire. Parce qu’ils ne sont probablement pas près à être trop honnête l’un avec l’autre, non plus. Parce qu’ils ne savent plus être honnêtes avec eux-mêmes, déjà. Une oreille qui comprend, c’est bien assez. Pas besoin de mots, pas encore, pas de nouveau, pas tout de suite.

Il finit rapidement sa cigarette avant de venir poser un baiser au coin de ses lèvres rapidement, presque naturellement, comme un réflexe avec elle. Pour chercher une affection physique, ou en donner une, même si elle ne peut pas aller plus loin que ça avec leurs corps dans cet état. Peu importe. C’est probablement juste sa manière de faire un bisou, dans tous les cas. Et il quitte la pièce pour marcher d’un pas décidé vers la première infirmière qu’il voit, avant de lui donner l’ordre de lui emmener un fauteuil roulant pour sa fiancée blessée au combat, en exagérant, en se montrant le plus détestable possible. Pour se retrouver un peu, lui et son masque, avant de revenir. Pour ne pas la mettre plus mal à l’aise que nécessaire.

Et le fauteuil est vite emmené jusqu’aux côtés de son lit, alors qu’il lui lance un sourire fier, comme un enfant qui aurait réussi à obtenir ce qu’il voulait en faisant un caprice. C’est un peu le cas, après tout. « J’ai payé nos frais d’hospitalisation, parce que je suis un grand seigneur, et que t’es hyper pauvre. Tu me remercieras plus tard. Je peux ? » C’est redevenu moqueur, arrogant, hautain, mais pas méchant, pas vraiment. C’est redevenu plus rapide, aussi. Le manque qui prend le dessus sur l’émotion, maintenant que le masque est revenu. Alors c’est une main qui tremble que tu lèves vers elle pour qu’elle s’y tienne avant de glisser sur le fauteuil. « Si tu te moques je pleure. » Même si elle aurait toutes les raisons du monde de le faire, parce que ses tremblements sont pathétiques, et qu’il commence à avoir des sueurs froides. Rien d’inhabituel, en soit, puisqu’il a l’habitude des hôpitaux, il a l’habitude du manque. Alors il se concentre sur elle, sur la tâche de la faire monter dans le fauteuil, avant de poser sa main valide sur une des poignées et son coude sur l’autre. « Prête ? Ok on y v… » Mais déjà, en tournant, son coude glisse de la poignée et son menton vient se cogner sur le crâne brun, lui arrachant un juron. « Aaaaaaaïeeeee mais bordeeeeeeel ok attend. »

Il pose un baiser sur l’endroit du crâne qu’il a frappé avant de rire doucement en frottant son propre menton, puis va fouiller les armoires jusqu’à trouver un tissu assez long et assez solide pour pouvoir mettre à exécution son propre plan. Alors il revient avec, passe la corde de fortune dans son dos, se colle au dos du fauteuil, et la fait passer sous les bras de Betha avant de rire doucement. « Aide-moi un peu, veux-tu ? On s’enroule comme ça là dedans, tu fais le nœud sous ton semblant de poitrine parce que je peux pas faire les nœuds, malheureusement, et comme ça on devient une seule personne, toi, moi, et le fauteuil. On va aller lentement et éviter les descentes, mais ça va marcher, ok ? » Enfin, probablement. Et sinon, ils vont bien rire, au moins. Et ils savent toujours où est l’hôpital, si jamais ils échouent. « T’as le droit de dire que je suis un génie, je le prendrai pas mal. »
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Inspiration pornographique | PV James
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