Nouveautés
Mise à jour n°3 - Le forum s'est refait une beauté !
Merci à Sunrise pour cette superbe nouvelle version
Toutes les nouveautés.
Recrutement - Athena rejoint le staff en tant que modératrice !

Partagez | 

 Awkward first meeting | Luđvig


Only the Icelanders can Walk on Ice.

avatar
Voir le profil de l'utilisateur http://walk-on-ice.forumactif.com/t515-verde-bambi-et-le-chasseu

Identity Card
Pseudo : Froggy' Messages : 83 depuis le : 13/06/2018 Avatar : Dylan Forsberg Points : 324 A Reykjavik depuis : 4 ans Âge du perso : 23 ans Emploi/études : Etude en art appliqué | Guichetier à l'Harpa

MessageSujet: Awkward first meeting | Luđvig    16.06.18 10:33

Awkward first meeting
Ludvig & Verde

« Tu vois ce moment entre le sommeil et le réveil, ce moment où on se souvient d'avoir rêvé ? C'est là que je t'aimerai toujours, c'est là que je t'attendrai. »
Stress.

Voilà bien le seul sentiment qui enlace ma poitrine à l’heure actuelle. Le stress, l’inquiétude, l’angoisse. Une habitude viscérale qui n’en est pas moins épuisante, avec le décompte des années. J’inspire une grande bouffée d’air frais, balayant le parc du regard pour tenter d’apaiser mes nerfs en friche. J’y agrippe quelques touches de couleur vive, quelques cries, beaucoup de bruit, trop de monde. Un casque vissé sur les oreilles pour atténuer le vacarme ambiant, pour éviter de voir ce trop plein de ligne éclatant ma rétine, je me dirige d’un pas mal assuré vers l’un des seuls bancs disponibles en cette fin d’après-midi. Le parc grouille d’une vie précaire, sans cesse sur le fil. Des travailleurs qui arpente les chemins, des enfants qui court jusqu’à perdre haleine, des adolescents qui traînent sous le soleil bien heureux de Reykjavik. Un monde qui projette des couleurs invitantes au fond de mes iris émeraudes. Du bleu, une touche de pourpre, et le sentiment pernicieux de ne pas être à ma place, au beau milieu de tout ces sourires, de toute cette joie de vivre à peine voilée. L’hésitation se gratte une place bien invitante au creux de mon ventre, mais l’idée même de partir ne me vient pas à l’esprit.

Parce qu’aujourd’hui est un jour spécial. Un de ceux qui pourrait marquer le début d’une belle amitié, ou la venue d’une honte bien trop grande pour être surmontable. Mes doigts triturent nerveusement l’écran tactile de mon portable, alors que je retrace d’un oeil curieux l’ensemble de nos conversations animées. Dire que nous avons beaucoup échangé serait un euphémisme. J’ai été plus que bavard avec toi ces dernières semaines. Le besoin de parler, de tout et de rien, de s’armer de patience pour attendre une réponse qui ne tarde jamais à arriver, de discuter des heures sans interruption… Toutes ces sensations étaient grisantes. Et au fond, je me demande si cela n’aurait pas été plus prudent qu’elles le restent. Qu’elles ne se transforment pas en gène futile et en regret idiot. Mes dents viennent grignoter ma lèvre inférieur, hésitant sur la marche à suivre. Mentalement, je retrace toutes les réactions possibles que je pourrais avoir devant toi. Je m’imagine parler aussi naturellement que sur ces longs échanges internet. Je m’imagine babiller avec une sérénité déconcertante, un sourire éternel griffé sur mes lèvres fines. Je m’imagine blaguer comme un idiot sur la moindre petite chose. Je m’imagine beaucoup de chose, des choses que je ne pourrais sûrement jamais faire en réalité. J’ignore comment cette rencontre se passera, comment je parviendrais à maintenir le cap devant toi.

Tout ce que j’espère, tout ce que je souhaite, c’est ne pas créer chez toi ce sentiment de déception que j’ai l’habitude de voir chez les autres. Cet éclat de tristesse dans le regard, cette envie d’écourter notre conversation réel pour ne plus jamais revenir vers moi, pour ne plus jamais échanger à nouveau. Je ne veux pas voir ça. Nos échanges sont devenu quelques choses de précieux à mes yeux, et imaginer les voir s’arrêter parce que je n’ai pas eu le caractère nécessaire pour m’imposer me fendrait le coeur. Ce ne serait qu’un échec de plus à mon palmarès. L’histoire de ma vie, en somme. J’inspire lentement, les yeux toujours vissé sur l’écran de mon téléphone dans l’attente de ta venue. Allez. Avec un peu de chance, tout se passera bien. Tout ira bien. Il faut bien que quelqu’un y croit…
(c) DΛNDELION
Revenir en haut Aller en bas

avatar
Voir le profil de l'utilisateur http://walk-on-ice.forumactif.com/t439-luvig-hognison-apparemmen

Identity Card
Pseudo : Maetastique Messages : 79 depuis le : 30/05/2018 Avatar : Froy Guttierez Points : 161 A Reykjavik depuis : Fraîchement débarqué avec mon sac à dos et ma paire de Vans Âge du perso : 21 ans Emploi/études : T'inquiète je gère.

MessageSujet: Re: Awkward first meeting | Luđvig    19.06.18 22:23
Awkward First MeetingL'été pointait le bout de son nez à Reykjavik, accompagné d'un beau soleil. Le mercure avait dépassé les 10°C, ce qui n'était pas mal en Islande. Une température estivale dans la moyenne. La proximité avec le cercle polaire arctique faisait qu'on ne pouvait prétendre que très rarement à des température qui montait au delà de 17°C. Mais c'était bien. Cela rendait d'autant plus agréable de passer du temps en plein soleil qui nous chauffait agréablement la peau. J'adorais faire la crêpe dans l'herbe en cette période de l'année. Je te l'avais déjà dit ça, non, au cours de nos longues conversations via Internet ? C'était peut-être pour cela que tu m'avais proposé que l'on se voit pour la première fois au parc. Cela faisait longtemps que l'on discutait sur internet. Tu ne savais pas à quel point j'étais excité de te rencontrer dans la vie réelle. Enfin si. Tu le savais. Depuis qu'on avait fixé le rendez-vous, je n'arrêtais pas de le répéter comme un vieux qui radote.

On se parlait même avant que je n'arrive à Reykjavik. Tu avais l'air tellement cool et bavard.
Il me tardait de te rencontrer. Avant de partir, je t'avais envoyé un snap justement pour te dire que je partais de chez moi. Parce que oui, j'avais enfin trouvé un chez moi. Je n'étais pas encore totalement installé et tu pouvais suivre mes péripéties par les réseaux sociaux. J'allais alors au parc à pied. On s'était donné un lieu de rendez-vous précis alors je pensais ne pas avoir trop de difficultés à te trouver. Douce illusion. J'avais bien mis quinze minutes à te trouver. Ah bah on avait le sens de l'orientation ou on ne l'avait pas hein ! Cela devait être la troisième fois que je venais dans ce parc. Un large sourire se dessina sur mes lèvres quand je t'aperçus sur un banc au loin, toi et tes cheveux tout blonds. Même si c'était la première fois que je te voyais réellement, je t'aurais reconnu entre mille. Tu dégageais quelque chose qui me plaisait sur tes photos, qui me donnait envie d'aller te parler. En m'approchant de toi, je retirais mes écouteurs. Je m'attendais à ce que tu sois aussi bavard et réactif qu'en message. Je m'étais formé une image mentale de toi très précise.
En arrivant devant toi, je t'adressai un regard et un sourire aussi radieux que possible. C'était trop bizarre de te voir en vrai, je te jure ! Mais je n'avais aucune appréhension. J'amenais mes mains à ma bouche.
« Oh la la, ça fait grave bizarre de te voir en vrai ! Je te voyais grave plus grand ! » m'exclamai-je.
J'étais loin d'être du genre timide. J'étais très à l'aise avec autrui et facilement familier avec les personnes que je venais de rencontrer. J'étais trop content de t'avoir comme ça en face de moi. J'en oubliais toute politesse. Quel malotru je faisais, dis donc !
« Salut mec » te saluai-je seulement après en te faisant un check.
Je commençais dès lors à être un peu surpris. En fait, tu me semblais être un peu sur la réserve. Avais-je raison ? Mais ça ne me dérangeait pas. Je me disais que tu avais juste besoin d'un temps d'adaptation et puis qu'après, tu allais te montrer moins timide et te lâcher comme tu le faisais en message. C'était normal d'être intimidé au début. J'allais alors tâcher de te mettre à l'aise. Normal, non ?
©️ 2981 12289 0

_________________
 
 
« Tu rêves encore, mon frère. Un feu qui dort sous terre. Je sais te lire à présent. On peut s'enfuir, défier le temps. »
Revenir en haut Aller en bas

avatar
Voir le profil de l'utilisateur http://walk-on-ice.forumactif.com/t515-verde-bambi-et-le-chasseu

Identity Card
Pseudo : Froggy' Messages : 83 depuis le : 13/06/2018 Avatar : Dylan Forsberg Points : 324 A Reykjavik depuis : 4 ans Âge du perso : 23 ans Emploi/études : Etude en art appliqué | Guichetier à l'Harpa

MessageSujet: Re: Awkward first meeting | Luđvig    23.06.18 17:51

Awkward first meeting
Ludvig & Verde

« Tu vois ce moment entre le sommeil et le réveil, ce moment où on se souvient d'avoir rêvé ? C'est là que je t'aimerai toujours, c'est là que je t'attendrai. »
C’est étrange.

De te voir en vrai. De pouvoir contempler toutes ces expressions si vive, si honnête qui parcourt ton visage. En un sens, ça rend notre amitié virtuel plus réelle. Ça rend nos échanges plus vivant. Plus effrayant aussi. Car maintenant que je suis devant toi, maintenant que je peux observer toutes ces émotions se dessiner au creux de tes yeux, ma voix se coince. Elle refuse de m’écouter. Elle me lâche bassement, sans aucune crédibilité, sans aucun retour en arrière possible. Une timidité maladive qui revient comme un boomerang en pleine face. Comme un retour à la réalité brutale. J’avale difficilement ma salive, la mine soudain plus soucieuse, plus réservé que je ne le voudrais. J’aimerais pouvoir me libérer de tout ça, te parler aussi franchement que j’ai pu le faire ces derniers temps par messages interposés, mais je sais cet espoir impossible. Inutile. Stupide. Un espoir qui ne se réalisera sans doute jamais, alors qu’un rire étouffé s’échappe de ma gorge lorsque tes mots résonnent à mes oreilles. Alors que mon regard se pose dans le tien, puis se dévie presque nerveusement vers un point éloigné sur ton visage. Vers ce jaune doré qui émane de toi. C’est une couleur à laquelle je ne m’attendais pas vraiment. Je t’aurais plutôt donné quelque chose de plus… Verdatre. D’un peu plus sombre, aussi. De moins coloré, malgré ta personnalité débordante et impulsive. Cette joie si clairement discernable au fond de tes pupilles me met mal à l’aise. Elle me pousse à penser qu’une fois de plus, je vais finir par décevoir quelqu’un à qui je me suis attaché au fil des jours.

J’inspire.
J’expire.
Allez, Verde. Tu peux le faire. T’es capable d’en prendre.

Mes iris émeraudes se redressent dans les tiens, une moue légèrement gênée placardée sur le visage. « Ha… Ouais, ça fait bizarre. » Oui, alors. Non, Verde. Il va falloir faire plus que ça maintenant. Il va falloir parler, il va falloir combattre un peu cette hésitation maladive qui enlace ton esprit. Il va falloir te faire violence. Pour lui, au moins. Il le mérite bien. Il a supporté tes romans de dix pieds de longs pendant des jours. Il a supporté tes sms balancés à trois heures du matins, juste pour demander de ses nouvelles, juste pour savoir où il en était dans sa recherche d’appartement, juste pour tromper un peu ton ennui pendant tes crises d’insomnies. Et le pire, c’est que parfois, il y a répondu. Alors il vaut bien un petit effort. « Salut, Luđ... » Ma main se fait rapidement prendre à partie dans un échange qui bande chacun de mes muscles sous la surprise et l’angoisse. Peu importe à quel point j’essai de ne pas paraître perdu, de te rendre cette… Poignée de main ? Non, pas vraiment… ce “check” étrange, le résultat n’est clairement pas idéal. Le contact humain m’est trop peu habituel, trop peu commun pour que je ne sursaute pas devant cette tentative de ta part. « Vig... » Super. Je n’ai même pas réussi à prononcer ton nom correctement, bien trop surpris par ton geste pourtant banal pour des gens de notre âge.

Un soupir se loge dans ma cage thoracique, alors que mes iris émeraudes se plantent dans les tiens d’un air gêné. Instinctivement, je fourre mes mains dans les poches de ma veste, presque comme un geste de défense. « Tu... » Hésitation. Je ne sais même pas quoi te dire pour engager un échange, pour essayer de détendre mes nerfs en friches, pour retrouver un peu de cette complicité qui nous liait par message. Et dans ma tête, c’est une vraie roue de la fortune qui tourne pour trouver un sujet convenable à aborder. Quelque chose qui pourrait me mettre à l’aise. Quelque chose qui pourrait m’aider à oublier un peu de cette timidité maladive qui m’emprunt le corps et l’esprit. Le temps ? Non. Trop banal. Ton nouvel appartement ? Pourquoi pas, même si tu m’en as déjà parlé en long, en large, et en travers. Alors peut-être... « Tu n’as pas eu trop de mal à trouver le parc ? » Ouah. Nice job, Verde. Sûr que la conversation va bien démarrer avec ça. Finalement, lui parler du temps qu’il fait était peut-être une meilleure idée.

(c) DΛNDELION
Revenir en haut Aller en bas

avatar
Voir le profil de l'utilisateur http://walk-on-ice.forumactif.com/t439-luvig-hognison-apparemmen

Identity Card
Pseudo : Maetastique Messages : 79 depuis le : 30/05/2018 Avatar : Froy Guttierez Points : 161 A Reykjavik depuis : Fraîchement débarqué avec mon sac à dos et ma paire de Vans Âge du perso : 21 ans Emploi/études : T'inquiète je gère.

MessageSujet: Re: Awkward first meeting | Luđvig    27.06.18 20:22
Awkward First MeetingJ'avais senti ta main être très tendue quand je t'avais fait un check, comme si tout les muscles de ton corps s'étaient contractés et que tu avais retenu ta respiration. Honnêtement, j'aurais pu décrire tout les mouvements de panique qui passaient à travers ton regard vert. Cela devait être l'alerte rouge dans ta tête, gars ! Comme dans le film d'animation Vice-Versa. Je devinai tout de suite que tu étais du genre timide. Honnêtement, je ne m'y attendais pas vraiment. Au contraire, tu m'avais l'air assez extraverti derrière ton écran et tu parlais beaucoup. Non pas que cela me dérangeait, je n'avais juste jamais été accoutumé à recevoir d'aussi longs messages. Et aussi bien écrit par ailleurs, en toute lettre.
Au début, tu ne semblais pas savoir par quoi commencer la conversation, tu cherchais désespérément quelque chose à dire, comme si j'allais te manger si ce que tu me disais ne me convenait pas. Et que l'on soit honnête, je n'aurais fait qu'une bouchée de toi. Tu aurais été un repas qui n'aurait pas fait long feu. Mais je te trouvais attendrissant quelque part, ça ne me donnait pas envie de te dévorer. Au final, tu t'inquiétas de savoir si je n'avais pas eu beaucoup de difficultés à trouver le Parc. C'était un début un peu nul mais je ne voulais pas te braquer en te le disant ou même en te le faisant ressentir. Tu avais l'air de faire beaucoup d'efforts pour engager la conversation. Ça n'aurait pas été cool de t'enfoncer.
« Non franchement, ça a été. Je suis déjà venu ici quelques fois pour courir depuis que je suis arrivé à Reykjavik. Quand il y a de la neige, ça doit être super ici pour faire des batailles. » te répondis-je avec toujours un grand sourire.
Bien sûr que cela ne valait pas les grands espaces verdoyants et montagneux d'Húsavík, mon village d'origine, mais c'était cool quand même. Globalement, on avait la chance d'avoir de magnifiques paysages en Islande -à défaut d'avoir des McDonald's-, je n'allais pas chipoter. Certains citadins de d'autres métropoles auraient aimé habiter ici. Quand on avait vécu en Islande, il était dur de ne plus y retourner. J'étais fier de mon pays, oui. Il résumait tout ce que je connaissais et ce que j'avais vu de mes propres yeux du monde. La Reine des Neiges était l'un de mes Disney préféré rien parce qu'il se passait dans un endroit à peu près familier pour moi. Mon personnage préféré, c'était Sven. Si j'aurais pu boire de l'Icelandic, je l'aurais fait. Mais c'était trop cher, malheureusement.
« Ça ne t'as pas fait bizarre de quitter les paysages espagnols pour ceux d'Islande ? Tu as dû grave te les cailler en arrivant ici. Il doit faire tellement chaud aujourd'hui en Espagne. »
Des fois, j'avais envie de voyager, voir d'autres paysages. Mais cette idée sortait en général aussi vite qu'elle n'était partie. Je ne savais pas si j'aurais pu faire comme toi et quitter mon pays natal. Peut-être pour faire du tourisme mais ça s'arrêtait là. Je me disais souvent que tu devais avoir le mal du pays. Même si on savait tous que l'Islande était le plus beau pays du monde. Je trouvais tout de même la situation assez cocasse. En tant qu'islandais pur souche, je connaissais moins la capitale de glace que toi, hispano-islandais -quel curieux mélange-.
Comme tu pouvais le constater, j'essayais vraiment d'engager d'avantage la conversation, de te mettre à l'aise en parlant de choses d'une banalité encore plus affligeante que de savoir si j'avais bien réussi à trouver le parc : la météo. Mais j'avais dans l'idée que l'on pouvait commencer des conversations à partir de rien du tout.
©️ 2981 12289 0

_________________
 
 
« Tu rêves encore, mon frère. Un feu qui dort sous terre. Je sais te lire à présent. On peut s'enfuir, défier le temps. »
Revenir en haut Aller en bas

avatar
Voir le profil de l'utilisateur http://walk-on-ice.forumactif.com/t515-verde-bambi-et-le-chasseu

Identity Card
Pseudo : Froggy' Messages : 83 depuis le : 13/06/2018 Avatar : Dylan Forsberg Points : 324 A Reykjavik depuis : 4 ans Âge du perso : 23 ans Emploi/études : Etude en art appliqué | Guichetier à l'Harpa

MessageSujet: Re: Awkward first meeting | Luđvig    01.07.18 18:32

Awkward first meeting
Ludvig & Verde

« Tu vois ce moment entre le sommeil et le réveil, ce moment où on se souvient d'avoir rêvé ? C'est là que je t'aimerai toujours, c'est là que je t'attendrai. »
Il va bien falloir que je me fasse violence, à un moment donné ou à un autre.

Si je suis aussi réservé, aussi timide devant toi, nous ne parviendrons jamais à faire perdurer cette amitié virtuelle dans le réel. À discuter des heures comme nous en avions pris l’habitude. À s’ouvrir l’un à l’autre dans un échange léger et sans prise de tête. Alors j’inspire, j’expire, j’essai de garder une certaine emprise sur la panique qui m’enlace l’esprit dans un carcan étouffant. Mon regard se perd un instant dans le tien, hésitant sur la marche à suivre, sur le sujet à aborder. Et lorsqu’enfin je parviens à en trouver un, je le regrette presque immédiatement. Bon sang… Je n’aurais pas pu trouver mieux, comme idée ? Je n’aurais pu trouver quelque chose de plus engageant, de plus tangible ? Pourtant, et fort heureusement pour moi, tu ne relèves pas. Mieux encore, tu enchaines dans un sourire qui se veut rassurant, qui tente d’apaiser encore un peu plus mon malaise. Un soupir discret s’échappe de mes lèvres fines. Tu es vraiment quelqu’un de bien, Luđvig, j’espère que tu en es conscient. Je m’en étais déjà bien rendu compte durant nos échanges par sms, durant ces longues conversations que nous avons eu à des heures pas possible de la nuit, mais aujourd’hui, alors que tu essai avec panache de me mettre à l’aise, c’est une vérité qui me saute encore un peu plus aux yeux.

Cette amitié qui s’est construite au fur et à mesure des semaines, je veux la préserver. Malgré ma timidité maladive, malgré le sursaut qui me prend involontairement lorsque ta main rencontre la mienne, malgré tout et surtout malgré moi. Mon regard ne quitte pas le tien, chaleureux et invitant. C’est bien la seule chose que je parviens à faire. Parce que les yeux sont le miroir de l’âme, et parce qu’un éclair de colère, de joie ou de violence est bien plus vite discernable dans le creux d’un iris que dans les gestes nerveux d’un corps. Pour moi, tout du moins. Mes lèvres s’étirent dans un sourire discret à ta réponse. Oui, cet endroit est une merveille une fois enneigé. Et si je n’ai encore jamais fait de bataille de boule de neige, faute d’amis avec lesquels me sentir aussi léger, j’espère pouvoir rattraper cette erreur dans les mois à venir, lorsque le manteau blanc aura recouvert le gazon fraîchement taillé de cet endroit. « Oui, j’imagine. » Même si je n’aime pas trop le froid, ce parc est un vrai plaisir à parcourir sous la neige. J’en ai déjà fait l’expérience après mon arrivée ici. La mine plus sérieuse, je laisse ma tête dodeliner un instant pour confirmer tes dires. « Hm, si, ça a été très compliqué. Je veux dire... » Mon regard se pose sur moi, alors qu’un rire discret s’échappe de mes lèvres. Ton caractère sociable m’aide grandement à apaiser un peu de cette tension qui me parcourt le corps, même si ce n’est pas encore ça, même si ma voix est encore bien trop faible et bien trop bouffé par la gêne pour être crédible.

« Regarde moi, on est en été et je n’arrive toujours pas à me séparer de mon pull. » C’est ridicule. Probablement. Surement. Mais plus le temps passe, et moins je me fais au froid agressif de l’Islande. Plus je regrette la chaleur étouffante de l’Espagne. Le mal du pays, sans doute. L’une de mes mains vient gratter naïvement l’arrière de mon oreille droite, dans une mimique encore légèrement introvertie. Au moins, la conversation s'enchaîne et je me surprends à réussir à aligner plus de deux mots sans trop de honte, sans trop craindre de réaction soudaine de ta part. Le regard rassurant que tu poses sur moi y est sûrement pour beaucoup. « J’ai eu du mal à me faire aux horaires aussi. En espagne, il fait tellement chaud en début d’après-midi que personne ne travail. Ça nous rend plus nocturne. Même les magasins sont ouvert jusqu’à vingt-deux heures pour compenser. »

(c) DΛNDELION
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé

Identity Card

MessageSujet: Re: Awkward first meeting | Luđvig    
Revenir en haut Aller en bas
 
Awkward first meeting | Luđvig
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Meeting with the infinity [TERMINE]
» Meeting with the infinity
» 08. This is awkward.
» What The Hell ? An Awkward Meeting. | PV : Tobias Infanati
» Meeting Macron à Lyon

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Walk on Ice ::  :: The City :: City Park Klambratún-
Sauter vers: