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 Vergissmeinnicht. | Aodhan ♥


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MessageSujet: Vergissmeinnicht. | Aodhan ♥   28.12.18 1:47
Il n'avait nul besoin de me parler sous la pluie. Il n'avait nul besoin de dire quoi que ce fût tout haut, car il disait tout avec ses yeux.
Je te veux.



L’enfer.C’est comme si elle y avait été plongée. L’enfer, c’est les autres. C’est à peine si elle arrivait à en sortir la tête parfois pour reprendre de l’air. Elle s’y forçait, pour James. Mais c’était dur, si dur. Depuis cette discussion avec Oz, l’intriguant détective privé, il n’y avait qu’une image dans sa tête. Qu’un seul prénom. Presque une obsession. Elle vivait dans la crainte de le croiser, il lui semblait le reconnaitre dans chaque stature un peu trop haute, dans chaque regard sombre croisé. Elle redoutait ce moment depuis déjà si longtemps qu’elle s’était presque résolue à penser qu’il ne viendra plus. Qu’il l’avait sûrement vue entrain de rire avec quelqu’un à l’université, ou entrain de soupirer sur une montagne de copies à la bibliothèque. Il avait vu qu’elle était heureuse et qu’elle allait bien, sans lui. Elle aurait pu croire qu’il ne viendrai plus, si elle ne le savait pas beaucoup trop possessif. Si elle ne savait pas qu’il n’abandonnerait jamais. Pas en ayant fait tout ce chemin. Pas en ayant suivi ses traces jusqu’ici, dans ce qui lui avait semblé un parfait échappatoire, une île au bout du monde. Mais elle aurait pu fuir au large de la Nouvelle-Zélande, l’antipode de la France, et il l’aurait retrouvée tout de même. Alors elle attendait, elle redoutait le moment. Elle ne pensait à plus rien d’autre.

C’était une bonne alternative pour ne pas penser à elle. Qui était partie sans un mot presque au même moment. Elle, qui lui avait écrit un message quelques jours plus tard, lui expliquant qu’elle n’en pouvait plus, de ces silences, de ces non-dits, du retranchement progressif de Bérénice. Mais elle ne se sentait pas encore prête à lui expliquer que son ex psychopathe rodait dans la ville et qu’elle était incapable de prévoir ses intentions. Elle ne se sentait pas encore prête à lui expliquer pourquoi elle n’avait plus envie d’être touchée, d’être aimée. Et bien que son absence laissait un trou béant dans le quotidien et dans le cœur de Bérénice, elle le sentait continuer de battre. Tout cela, ce n’était que de la poudre aux yeux. Une tentative de se convaincre que tout allait bien, que rien n’avait été altéré au delà du réparable. Mais elle était brisée. Elle n’était prête ni a être amoureuse, ni a être aimée. Elle désirait l’oubli, ou l’absolution.  

Et puis soudainement cela la frappe. Neuf ans. Cela faisait neuf ans, jour pour jour, aujourd’hui, que l’âme de sa mère s’était envolée. Que sa main était devenue lourde et froide dans les siennes et que milles baisers n’avaient pas réussis à la réanimer. Neuf ans. Et elle n’y pense que maintenant, alors qu’elle rentrait de l’université, la boule au ventre l’accompagnant fidèlement. Le soleil avait tiré sa révérence depuis longtemps. Neuf ans, trois-mille-deux-cents-quatre-vingt-cinqs jours, et elle l’avait oubliée toute la journée. Trop absorbée par toutes ces autres choses qui n’allaient pas. Que valaient quelques jours, quelques semaines de contact réduit, de silence, contre neuf ans d’absence ? Elle aurait eu besoin des conseils de sa mère. De celle qui avait davantage été une amie dans ses dernières années qu’une mère pour Bérénice. Une meilleure amie. Sa mère aurait su lui remonter le morale sans elle, sa mère aurait su quoi faire pour Ezra, et pour Aodhan. Dans le cas du dernier, elle l’aurait probablement forcé à venir leur rendre visite pour qu’il n’ai pas besoin d’attendre cet appel de Bérénice qui ne viendra jamais. Sans attendre l’appel qu’elle avait déjà composé plusieurs fois sur son téléphone, sans jamais passer le dernier cap. Quelque chose la retenait.

Elle ne l’avait pas revu, depuis cette fois où les murs s’étaient brisés. Les dates ne collaient pas d’abord, puis elle avait commencé à le fuir. Elle n’en était pas fière. Elle se détestait même honnêtement pour ça. Mais deux choses la retenaient de juste l’appeler, et lui dire qu’il lui manquait. La première était d’entendre sa voix brisée, ses efforts pour paraitre indifférent. De croiser son regard vide et rempli par son image à elle. De le voir s’effacer, encore, pour elle. La deuxième chose était plus délicate. Plus compliquée. Elle ne savait simplement pas comment elle se comporterait, si elle l’avait face à lui. Si elle l’avait proche de lui, à nouveau. Elle était libérée des codes moraux de la société. Elle était libre, en théorie. Et cela la terrifiait. Parce qu’il l’aimait à en mourir, et qu’elle était beaucoup trop attachée à lui pour le faire souffrir. Parce qu’elle n’avait plus rien qui justifiait de le repousser, maintenant. Juste le souvenir d’Ezra, de ce qu’il avait fait. Elle n’était pas certaine que ce soit assez pour ne pas faire une bêtise, pas assez pour ne pas le regretter après.

Quand elle était rentrée, elle avait retrouvé la maison vide. Et après deux heures a tourner en rond dans les chambres, après avoir tenter de prendre un bain et d’en ressortir rageuse même pas un quart d’heure plus tard parce qu’elle était incapable de se relaxer, elle comprenait mieux le sentiment de James envers cette maison. Elle était beaucoup trop grande, beaucoup trop vide. Elle n’était pas faite pour accueillir deux âmes humaines esseulées et deux chats. Elle devenait folle d’être seule et pourtant elle ne voulait voir personne. Encore une heure à tourner en rond avant que ses doigts n’attrapent au hasard une bouteille qu’elle identifie comme étant du whisky, avec une idée bien claire en tête. Pour l’instant. Un rapide coup d’œil dans un miroir la fait retourner dans la salle de bain afin d’essayer de cacher ses yeux violacés par l’absence de sommeil. Voila qui était bien mieux. Il ne fallait pas l’inquiéter plus que nécessaire. C’est par automatisme que ses pas la guident tranquillement vers le loft tandis que sa respiration s’accélère. Peut être qu’il n’était pas là, ce soir. Peut être qu’il était occupé, qu’il avait mieux à faire que d’écouter les silences de Bérénice. Elle ne pourra en être certaine qu’une fois arrivée, puisqu’elle n’avait toujours pas trouvé le courage de l’avertir au préalable. C’était une chance sur deux. Présent ou absent. Pile ou face. Et elle priait pour pile tandis que sa main toquait doucement contre la porte. S’il te plait Aodhan, pile.

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Dernière édition par Bérénice Z. Metanova le 30.12.18 1:56, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Vergissmeinnicht. | Aodhan ♥   30.12.18 1:01
Les bruits des fourneaux et des casseroles qui claquaient les unes contre les autres empêchaient toute pensée constructive. Ca faisait des heures, des jours peut être, des semaines sûrement, qu’il arrivait plus tôt que prévu, partait plus tard, ne comptait plus le temps passé dans ce capharnaüm digne des pires concerts de métal. Parce que la cuisine, ça avait toujours l’avantage d’empêcher de penser à grand-chose d’autre. Il fallait être attentif à tout, à la recette, aux autres, aux cris, aux ordres à donner, aux nouveaux, aux commandes, aux ingrédients, à l’eau, au feu. C’était comme sortir de son propre corps et s’oublier soi-même pour que plus rien n’existe qu’une machine bien huilée, avec des yeux partout et une concentration à toute épreuve. C’était un peu comme la guerre, en quelques sortes. Trop rapide et trop bruyant pour être pris à la légère, pour laisser place à quoique ce soit qui n’était pas censé être là. C’était un souffle de vie dans un océan d’angoisse. Et quand son sous-chef lui murmure qu’il devrait rentrer pour la troisième fois, il soupire doucement et jette un coup d’œil rapide dans la salle qui se vide. Oui, il devrait probablement, maintenant. Il ne pouvait pas repousser ça éternellement, de toute façon. Un dernier tour pour vérifier que les finitions se passeront bien sans lui, une dernière minute de silence entre ses deux oreilles, et il troque sa tenue de travail pour la civile avant de quitter les lieux en allumant une cigarette avant d’enfoncer ses mains dans ses poches. Il fait affreusement froid. On ne s’habitue sûrement jamais vraiment, à ce froid, quand ce n’est pas celui dans lequel on est né.

Sa main claque plusieurs fois contre le portable qui n’a pas quitté sa poche de la journée, mais il continue de se raisonner. Jusqu’à avoir retrouvé la chaleur agréable de son loft, jusqu’à ce que les chats décident de venir traiter dans ses pattes jusqu’à avoir eu droit à leurs gratouilles règlementaires. Et lui s’excuse à demi mots d’être si peu présent avant de leur donner à manger, avant de les regarder se jeter sur leurs gamelles comme si leur vie en dépendait et de lever les yeux au ciel, avant de se traîner lentement jusque dans la douche, puis la pièce à vivre, récupérer son livre, et s’enfoncer dans son fauteuil en soupirant. Ca dure vingt minutes, une demi-heure, peut être, avant que le poids dans sa poche ne se fasse trop lourd, avant qu’il ne ferme les yeux quelques secondes pour trouver le courage de le sortir, pour simplement vérifier le manque flagrant de notification, d’appel, de message, de nouvelle d’elle. Et sa gorge se serre de nouveau légèrement avant qu’il ne lance son portable sur le canapé, en espérant l’oublier au moins jusqu’au lendemain. Mais impossible de se remettre vraiment dans son livre, maintenant.

C’était son silence, qui l’avait attiré, pourtant. Mais maintenant, il pesait sur lui comme une main de fer qui broie son cœur un peu plus à chaque seconde. Probablement parce que quand il avait quitté sa maison, ce jour là, après des heures de lecture, avant que son colocataire ne rentre, ils avaient réussi à rire des chats une dernière fois. Ils avaient réussi à se dire au revoir. Au revoir, pas adieu. Et lui était pourtant persuadé que l’accord tacite était que ce serait à elle de le contacter, la prochaine fois. Parce que lui ne pouvait pas se le permettre. Pas après ce qu’il avait fait. Mais rien. Pas une seule notification. Pas une trace d’elle. Pas une chance de la revoir un jour.

Il avait sûrement fait une erreur, en espérant. L’espoir, c’était véritablement pour les idiots. Elle ne ferait pas exception. Elle n’avait aucune raison de le faire. C’était lui, le coupable, après tout. S’il avait été capable de se retenir, s’il n’avait pas agi sous le coup des pulsions comme un animal mal apprivoisé, s’il avait su se contenir, se taire, se tuer un peu plus, ils n’en seraient pas là. Il pourrait toujours la voir, et il serait toujours persuadé qu’elle va bien, ou au moins, autant qu’elle le peut dans sa tristesse éternelle. Cette idée lui fait serrer légèrement la mâchoire, et c’est un soupir agacé qui le quitte alors qu’il abandonne son livre, alors qu’il se relève pour se perdre dans chaque coin du loft, à la recherche de quoique ce soit à ranger. Quitte à instaurer un désordre pour la simple satisfaction de pouvoir l’arranger.

Quelque part, il sait qu’il ne devrait pas s’en faire pour elle. Qu’elle a pris sa décision, qu’il n’est plus le bienvenu, malgré ce qu’elle a pu penser sur le coup. Qu’il a le droit d’être triste, ou de se sentir trahi, mais pas de s’inquiéter pour elle. Parce que ce n’est pas ce qui importe. Parce que peut être qu’elle continue sa vie comme si de rien n’était, qu’elle l’oublierait dans quelques mois, ou peut être qu’elle était véritablement triste, ou en danger. Peut être. Mais ce n’est pas censé être son problème. Plus maintenant. Parce qu’elle ne veut pas de son aide, de toute façon. Parce qu’il est censé penser à lui, et à la douleur que son silence lui procure, plutôt qu’à elle et son bien-être. Parce qu’il devrait être égoïste. Parce qu’à cause d’elle, à cause de ce silence imprévu, il est incapable de l’être. Ca avait commencé comme une douleur, comme un vide, comme une appréhension, avant qu’il ne comprenne enfin qu’il avait espéré pour rien. Et maintenant, il ne restait que cet agacement étrange contre lui-même, contre elle un peu. Pas parce qu’elle était partie, parce qu’elle en avait tous les droits, mais parce qu’elle avait réussi à obnubiler ses pensées à tel point qu’il s’oubliait pour elle. Parce qu’il était incapable de faire son deuil d’une relation qui n’avait jamais vraiment existé simplement parce qu’il était trop occupé à s’en faire pour son bien être à elle. Et ce n’est pas juste. Ca, ce n’est pas juste.

Sa main se serre trop fort sur une figurine en verre, et quand il recule en le réalisant, elle est déjà partie s’exploser à ses pieds, recouvrant le sol de milles éclats tous plus fins les uns que les autres. Au moins, la diversion marche. Parce que Satan s’approche, et que lui va le récupérer pour le reposer devant sa gamelle, pour le réprimander comme s’il pouvait comprendre quoique ce soit, pour s’excuser auprès d’Oblivion que le bruit a fait courir sous le premier meuble à sa disposition. Et quand on toque à la porte, il vient juste d’éteindre l’aspirateur, et croit halluciner alors qu’il vérifie qu’aucun bout ne risquera de blesser les coussinets des félins maudits. « J’arrive. » C’est à peine assez fort pour être entendu derrière la porte, mais pas assez pour paraître assuré. Parce que c’est sûrement une hallucination. Personne ne frappe chez les gens à cette heure là, alors que la nuit s’étend derrière la fenêtre. Alors il finit son examen détaillé, récupérant quatre derniers bouts de verre dans sa main avant de soupirer et d’aller ouvrir. On ne sait jamais, après tout. Ca peut toujours être la police. L’idée serait presque tentante, à ce stade.

Mais c’est loin d’être ce qu’il attendait, et quand il reconnaît presque plus l’odeur que l’apparence, son restant de cœur tombe dans son estomac, et le visage qui accueille Bérénice doit paraître plus choqué que quoique ce soit d’autre. C’est comme voir un fantôme. Un fantôme qui tient une bouteille de whisky. « Bér… » Dire son nom paraît presque trop dur, tant il a essayé d’arrêter d’y penser, et sa gorge se serre légèrement, alors qu’il reste planté dans l’entrée, les morceaux de verre dans la main, le regard figé sur elle. Parce que la prochaine question est un « tu vas bien ? », un « qu’est ce qu’il se passe ? », un mélange confus d’inquiétudes qui le rongent plus encore que sa simple disparition choisie. Alors il soupire doucement, de ce soupir agacé qui le caractérise ces derniers jours. Toujours contre lui, pas vraiment contre elle. « Je … Deux secondes. Entre, si tu veux. » Aussitôt dit, il s’enfuit dans la cuisine pour se débarrasser du verre, sans refermer la porte, sans bien réaliser qu’il n’a pas halluciné. Peut être que quand il reviendra, elle aura disparu. Peut être qu’il pourra réellement penser à entrer dans le premier hôpital psychiatrique qui croise son chemin. Peut être qu’il pourra être innocenté pour folie. Peut être. Peut être.

Mais quand il se glisse de nouveau dans la pièce principale timidement, elle se tient toujours là, aussi réelle que lui. Alors ses yeux glissent depuis elle jusqu’à sa bouteille, et il fronce les sourcils quelques secondes avant de lever l’index pour lui faire signe d’attendre, avant de se glisser dans la cuisine de nouveau pour récupérer deux verres, pour revenir avec en les lui montrant. « Je suppose qu’on aura besoin de ça. J’ai du whisky, tu sais, chez moi ? » Même s’il n’y a probablement touché qu’une fois en cinq ou six ans, puisque boire seul ou avec des chats n’avait jamais fait partie de ses rêves de vie. Mais après tout. Les verres sont vite posés sur la table basse, et il se laisse retomber dans le canapé en montrant du doigt la place à ses côtés, le fauteuil en face, celui à l’autre bout, pour lui laisser le choix entre se distancer ou se rapprocher.

C’est dur, de parler. Elle doit se dire la même chose. Et pourtant, il n’arrive pas à cacher la grimace agacée qui semble coller à son visage, ces derniers jours. Sûrement parce que c’est trop récent, et trop absurde, comme sentiment. Peut être parce qu’il ne peut plus rien cacher, avec elle. Et cette vulnérabilité, cette impression qu’elle pourrait tout faire de lui en un claquement de doigt, ne servent qu’à l’agacer un peu plus. « Je peux faire quelque chose pour toi ? » Ca sonnait calme, mais pas vraiment. L’agacement, de nouveau. Alors il soupire, un peu, et lève de nouveau l’index pour lui faire signe d’attendre, pour lui montrer qu’il n’attend pas de réponse à cette question, qu’il ne voulait pas la poser. Reprend-toi, Aodhan. « Pardon. Je voulais pas. C’est juste que … Je suis vraiment pas doué avec ces trucs à la base, je sais pas du tout comment ça marche, et en ce moment je suis agacé parce que j’arrête pas de me demander si tu vas bien, et que j’aimerai bien que ton silence n’aye pas forcément avec cette question. Je m’en fiche, que tu veuilles plus me parler. Enfin non, je m’en fiche pas, mais t’as le droit, quoi. Je comprends. Je suis juste énervé parce que visiblement mon cerveau veut pas arrêter de s’en faire pour toi pour autant, et que du coup j’ai aucun moyen de me rassurer. » C’est sorti plus vite qu’il ne s’y attendait, et il paraît presque surpris lui-même, alors que la boule dans son ventre semble s’alléger un peu.

Alors un léger sourire un peu triste étend ses lèvres et il secoue la tête. Elle est là, après tout. Il doit bien y avoir une raison. « Oublie ça. Ca me passera. Le whisky, c’est pour dire au revoir correctement ? Un verre, au moins ? » Sa main plane au dessus de la bouteille en attendant sa réponse, avant de servir les verres en ne tremblant que peu, étonnamment, ironiquement surtout. Mais la question, vicieuse, ne peut pas s’empêcher de quitter ses lèvres. « Tu vas bien ? » Bordel. Incapable de ne pas y penser, toujours. Incapable de simplement être reconnaissant de ses au revoirs. Incapable de ne pas se dire qu’il y a autre chose. Qu’elle a l’air drôlement fatiguée, pour quelqu’un qui vient simplement annoncer qu’elle ne veut pas le revoir. Qu’il y a une paranoïa en elle qu’il ne voit d’habitude que dans son propre miroir. Mais qu’elle, elle est justifiée.
(c) AMIANTE

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MessageSujet: Re: Vergissmeinnicht. | Aodhan ♥   06.01.19 21:58
Est-ce que tu vois le printemps ? Celui qui met nos terres au soleil.
Dis moi, est-ce que tu l'entends ? De la fleur y a l'épine qui sommeille.
Est-ce que tu vois le printemps? Celui qui fait couler les ruisseaux entre les doigts des torrents, oui c'est sûr qu'ils sont ivres nos bateaux.
Est-ce que tu vois le printemps ? Nos amours que l'on jette en pâture. Dans les flots des océans les lettres restent mortes, littérature.



C’était une erreur, de venir. De chambouler sa vie aussi facilement un soir, sans prévenir. Peut être avait-il commencer à l’oublier. Peut être était-il entrain de guérir, lui. Elle ne le pourra jamais. Son cœur avait été trop de fois brisé et mutilé. Il s’habituait juste à perdre un autre morceau régulièrement sans espoir de le retrouver. Jusqu’à ne plus en avoir. Jusqu’à parvenir à ce néant tant recherché. Mais lui, elle avait de l’espoir pour lui. Elle avait envie qu’il l’oublie, parce qu’elle lui faisait visiblement beaucoup plus de mal que de bien. L’aimer lui faisait mal. Sa compagnie lui faisait mal. Ses silences tant recherchés au début avaient sûrement fini par être douloureux aussi. Et avec ses semaines, si longtemps déjà, de silence, peut être qu’il avait commencé à l’oublier. Peut être que cela ne lui faisait plus ce petit pincement au cœur, à chaque fois que son regard croisait une cascade de longs cheveux brun. Peut être qu’il pouvait de nouveau voir la tranche de Guerre et Paix sans se traiter d’idiot. Elle l’avait espérer. Et pourtant elle était venue, quand son absence à lui était devenue intolérable. Mettant de côté ses sentiments à lui, ce que lui pouvait bien penser de tout cela. Égoïste, toujours.

Sa voix. Impossible de la graver dans sa mémoire. Elle à l’impression à chaque fois d’y parvenir, mais la désillusion vient vite à chaque fois qu’elle la réentend. Sa voix. Elle pourrait l’avoir rêvée aussi. Un jeu de son imagination, lui faisant miroiter sa présence derrière cette porte, alors qu’il est peut être loin, de l’autre côté de la ville, du pays, du monde. Elle semble fatiguée, cette voix. Lassée. Elle l’entend presque soupirer. Quelle erreur. Quand enfin la porte s’ouvre, elle s’attendait surement à tout sauf à cette expression. A ce choc si vivement inscrit sur son visage. Aie. Il se fige et elle aussi, incapable de jauger sa réaction. Elle a envie de faire un pas en arrière, ou deux. Elle a envie de se mettre en sûreté, juste pour être certaine. Et c’est comme se prendre une claque au visage, comme si son esprit la flagellait de ce coup qu’elle redoute. Elle a peur de lui, finalement. Tout ce temps à se convaincre et surtout à le convaincre lui que non. Il suffit de quelque semaines de silence pour qu’elle ai peur de lui de nouveau, comme au premier jour. Mais contrairement à ce jour, elle le connait maintenant. Elle sait que quelque part, au fond, sa peur est infondée. Qu’elle a sûrement aussi peur de lui qu’il n’a peur de lui-même, en sa présence. Qu’ils sont tous les deux maladroits, dans leurs mots et dans leurs gestes. Elle le regarde à peine pendant les quelques instants qu’il lui faut avant qu’il ne se recompose, qu’il réalise doucement l’information. Qu’il se pince sûrement intérieur pour s’assurer que non, il n’est pas entrain de voir un fantôme.

Un soupir, encore. Elle le prend pour elle. Elle le mérite. Il devrait lui claquer la porte au nez. Il devrait la renvoyer. Il devrait lui dire à quel point elle est horrible, comme amie et comme personne. Elle le mérite. Mais ce serait pas Aodhan. Pas Aodhan et Bérénice. Il lui demande d’attendre un instant tout en l’invitant d’entrer, et file sans attendre sa réponse. Une fraction de seconde, elle est tentée de faire demi-tour et de disparaitre. Une fraction de seconde, elle est tentée de réparer l’erreur qu’elle vient de commettre en en faisant une plus grande encore. Mais ses pieds avancent doucement de quelques pas, avant qu’elle ne referme silencieusement la porte derrière elle. Elle jette un regard sur ce loft qui lui ressemble tellement sans qu’elle ne saurait vraiment expliquer pourquoi. Surement parce que tout est si ordonné. Tout est sous contrôle. Est-ce que le lieu de vie de quelqu’un est le reflet de son âme ? Bérénice vivait entourée de fantômes qui n’était pas les siens. Dans un chaos constant. Penser aux autres pour ne pas penser à soi. Ça lui ressemblait. Aodhan vivait dans un monde ou tout était presque juste noir ou blanc. Ou rien ne devait être dérangé. Juste un brin de folie et de d’ouragan à travers les chats. Et sa présence a elle, qui n’était certainement pas censée avoir une place ici mais qui s’était doucement imposée, silencieusement. A son arrivée, Oblivion vient directement se frotter contre ses jambes et elle s’accroupit doucement pour le gratter derrière les oreilles, tentant vainement de trouver quoi dire, de savoir s’il elle devait s’expliquer ou faire comme si de rien était. Mais elle sent la présence d’Aodhan face à elle et elle se redresse rapidement avec un sourire désolé. Son regard se baisse un peu et elle se demande quelques secondes s’il la fuit, avant de le voir retourner vers la cuisine et en revenir avec deux verres. Ah oui, le whisky au bout de sa main. Elle l’avait oublier, déjà. Elle avait oublier son intention en l’emmenant, aussi. A ses mots, sa main se serre un peu sur la bouteille avant qu’elle ne murmure doucement « Je sais. » C’est beaucoup plus froid que ça devait l’être. C’est beaucoup trop contrôlé pour être elle. Tu peux faire mieux, Bérénice. Elle entend presque sa mère lui dire.

Elle le suit, silencieusement toujours. Les chats font plus de bruits que les humains, ici. Elle pose la bouteille sur la petite table, plus brutalement qu’elle ne voulait, comme si son corps refusait de lui obéir et le bruit la fait sursauter. Ressaisi-toi, Bérénice. Il l’invite à s’asseoir et le choix lui semble être un rite de bienvenue, un choix impossible à faire. Rien ne va. Elle voudrait mettre autant de distance que possible entre eux pour ne pas lui faire plus de mal. Mais elle voudrait aussi s’installer à ses côtés, inconsciemment contre lui, pouvoir mesurer chacune de ses respirations et de ses soupirs. Elle choisit finalement le fauteuil en face de lui et se traite d’imbécile presque immédiatement. Elle ne peut plus le fuir et le regarde doucement, s’attarde sur son visage pour la première fois depuis qu’elle est arrivée. Il a certainement l’air fatigué. Pas forcément physiquement. Mais vidé. Avec quelque chose qui ressemble à de la colère, ou de l’agacement. Encore une fois, elle ne s’attendait pas à ça. Elle ne sait même pas à quoi a s’attendait, comment elle avait imaginé ces retrouvailles, parce qu’elle n’était pas vraiment certaines qu’il y en aurait un jour, avant que son cœur ne décide pour elle. Sa question se veut ouverte et calme et pourtant elle la prend comme une gifle aussi. Était-elle tombée si bas dans son estime qu’il la pensait capable de venir seulement parce qu’elle avait besoin de lui ? Parce qu’il pouvait faire quelque chose pour elle ? Fait moi oublier, Aodhan. Tout. Même toi.

Elle s’apprête à lui répondre quand il lui fait signe d’attendre encore une fois, et sa bouche se referme aussi rapidement qu’elle s’est ouverte. Aie. Il n’a rien compris et elle est incapable de le lui expliquer. Elle est incapable de lui dire qu’il était constamment dans ses pensées, qu’elle aussi ne pouvait pas empêcher son cerveau de s’en faire pour lui et que c’était justement pour ça, qu’elle était partie. Ou qu’elle n’était pas revenue, plutôt. Plus tôt. Parce que ce qui lui semblait logique à elle semblait soudainement moins logique si elle essayait de mettre des mots dessus, et lui semblerait encore moins logique, à lui. Elle lui fait du mal. En étant avec lui. En étant loin de lui. En étant incapable de retourner ses sentiments et pourtant si effrayée face à ses propres sentiments, face à cette chose qu’elle ne comprend pas au fond d’elle. Pas de l’amour. Mais quelque chose de viscérale. Aussi beau qu’une nuée de papillons mais aussi effrayant qu’un saut à l’élastique. Elle voudrait lui dire d’être un peu plus sur de lui, à son égard. De croire à l’honnêteté de ses mots. Elle lui avait dit qu’il ferait parti d’elle, toujours, et elle le pensait sincèrement. Elle lui avait demander de rester, malgré tout. Elle avait voulu qu’ils ne redeviennent pas des inconnus. Il devrait s’accrocher à ça, et pas à ses retranchements ridicules. Pas à ses insécurités. D’un sourire il balaie ses mots et ne lui laisse de nouveau pas le temps de réagir avant de changer de sujet, avant de passer aux conclusions, aux adieux. Non. Non non non, pas ça Aodhan. Pas d’adieux. Pas aujourd’hui. Jamais, s’il te plait.

Sa tête se secoue en signe de négation quand il évoque l’au revoir et elle gémit doucement. Non pas d’au revoir. Tu n’as rien compris. Elle souffle un « oui » quand il lui propose un verre et sa réponse se croise presque avec la prochaine question. Non. Oui, non. Merde. Contre sa cuisse, sa main se serre, les ongles s’enfonçant dans la paume tandis qu’elle lui dit plus sèchement qu’elle ne le voulait « Tu vas te taire et me laisser parler ? » Mauvaise façon de commencer. Très mauvaise. Elle secoue la tête de nouveau, puis plonge son regard dans le sien en souriant timidement. « Je ne suis pas venue dire au revoir. Sauf si c’est ce que tu veux. Je suis venue parce que… » Pourquoi, au juste ? Parce que tu me manquais ? Parce que plus rien ne va dans ma vie et que j’avais besoin de voir qu’au moins une chose ne changeais jamais ? Ridicule. « Je ne voulais pas te faire du mal, Aodhan. Tu dois me croire. Et stupidement, j’ai cru qu’en t’évitant, ce serait mieux. J’ai été égoïste, un peu. En pensant à toi. Je n’aurais pas été une bonne présence pour toi, dernièrement… » Parce qu’Ezra est là. Parce que si tu savais ce que je te cache, tu ne voudrais plus jamais m’adresser la parole. Et le tuer. Il ne le mérite pas. Moi, si. Elle passe une main dans ses cheveux pour les dégager de son visage, puis montre les verres de sa main en souriant « Je peux boire, plutôt que de répondre à la dernière question ? » Même si c’était un aveux, en soi. Ne pas dire oui, c’était forcément dire non, un peu. Bien sur qu’elle n’allait pas bien. Elle n’arrivait plus à duper personne. Et pourtant. A son tour elle lui fait signe d’attendre avant d’ajouter précipitamment « Avec toi, je vais bien. » Ce n’était sûrement pas la réponse qu’elle aurait du donner. Mais c’était ce qui s’approchait le plus de la réalité. Pour la première fois depuis des jours, des semaines, elle se sentait presque en sécurité. Elle n’avait pas envie de regarder derrière elle pour vérifier que personne ne la suivait. Elle savait qu’avec Aodhan, rien ne pouvait lui arriver.

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