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 Three dumbasses | Fenrir & Oz


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MessageSujet: Three dumbasses | Fenrir & Oz   10.12.18 10:08

Fenrir

Oz


Three dumbass



Lassitude.

J’ai l’impression que c’est mon deuxième prénom, en ce moment. Je suis fatigué de toujours devoir me justifier, de toujours devoir parler, de toujours devoir me battre, pour eux, comme pour moi. Et j’en viendrais presque à baisser les bras, parfois, tant l’envie de tout foutre en l’air se fait de plus en plus forte dans mon esprit. Si je n’avais pas autant de proche qui comptait sur moi, si je ne l’avais pas lui, à mes côtés, il est certain que j’aurais déjà envoyer valdinguer la moitié de mes problèmes en moins d’une semaine. Mais ça le concerne, au moins un peu, et c’est important. Alors je lutte, je bataille comme je peux, j’essaye de garder la tête hors de l’eau. Sauf aujourd’hui. Parce qu’aujourd’hui, j’avais besoin d’une pause. J’avais juste besoin de m’éloigner de tout ça, de m’éloigner de nos engueulades à répétition, de m’éloigner de la culpabilité qui me ronge à chaque fois que je pense au regard de ma mère, à chaque fois que j’ai peur de l’entendre revenir vers moi pour me hurler des insanités au visage. Elle ne le fera jamais, bien sûre, j’en suis parfaitement conscient. Ce n’est que la partie trop angoissée de mon esprit qui parle, mais cette voix est de plus en plus forte dans mon esprit. Alors j’avais besoin de cette pause. Juste aujourd’hui. Juste pour quelques heures, loin de tout et de tout le monde. Enfin, pas loin d’Okami qui me lance un regard épuisé par dessus mon épaule. Cette sale feignasse en a eut marre de marcher à travers les boyaux de la ville sans destination fixe, tant et si bien que c’est confortablement logé dans  le creux de mes bras qu’elle gémit doucement de fatigue.

Un rire stupide se loge dans le creux de ma gorge, alors que je lui parle comme à un enfant, alors que je l’insulte presque, mais qu’elle ne réagit pas, trop concentrée à fermer ses paupières de sommeil, trop concentrée à fourrer son museau froid contre ma nuque. Garce. Il est gelé. On a vraiment fait un sacré tour, en fait. Plusieurs heures. Une bonne après midi, à errer sans but. Mais ça m’a fait du bien, un peu. Assez pour soupirer de soulagement lorsqu’enfin, notre immeuble se dessine devant mes yeux. Okami remue soudainement dans mes bras, visiblement prise d’un regain d’énergie à la vue de notre chez nous, et elle saute avec allégresse sur le sol enneigé. Non sans me donner un malencontreux coup de patte sur la gorge en guise de cadeau de départ. Super, merci le chien. Génial. Elle ne prête même pas attention à mes railleries ou à mes revendications puisque déjà, la voilà qui grimpe quatre à quatre les marches qui nous séparent de la porte d’entrée. La queue battant l’air avec férocité, elle attend impatiemment devant le battant, trop joyeuse d’enfin rentrer pour aller larver sur le canapé avec ses maîtres. Et lorsque mes mains rabattent la poignée, lorsque je claque la porte derrière moi dans un rire moqueur, c’est un « Je suis rentré ! » sonore qui résonne dans l’appartement. Pourtant, mon corps s’arrête à l’entrée du salon, alors que je m'apprêtais à retirer ma veste en cuir pour la troquer contre un sweat à capuche, alors que l’incompréhension se fraye une place sur mon visage, alors que mon regard percute cet invité auquel je ne m’attendais pas, mais que je suis tout de même heureux de revoir. Jusqu’à ce que je capte quelque chose. Jusqu’à ce que je me rappelle ne lui avoir donné que mon numéro de téléphone. Et pas mon adresse.

« Sa...lut..? » C’est perdu, un peu. C’est confus, surtout, alors que mon regard se pose sur Oz, puis sur Fenrir. Alors que je constate que j’ai visiblement coupé une conversation entrainante et joyeuse, une conversation presque trop douce pour n’être qu’une présentation. Alors c’est à mon amant que je m’adresse, c’est devant ses yeux que je fronce les sourcils, perplexe, et que ma voix résonne à nouveau dans le silence de la pièce, à peine troublé par les tentatives d’Okami à se loger sur les cuisses de notre invité surprise. « Heu. Bonjour mon ange mais. Qu’est-ce qu’il fout chez nous, lui..? » C’est loin d’être un reproche. Ça ne sonne pas comme un, en tout cas. C’est bien plus troublé et incompris, bien plus brouillé et un brin timide pour la cause. Je retire mollement ma veste, enfilant dans le même geste un de mes sweat à capuche qui trainait sur le porte manteau, mon regard voguant sur l’un, puis sur l’autre. Et je m’adresse à lui, enfin. À Oz. « Enfin je suis content de te voir, hein, mais je m’attendais pas à ce que tu débarques chez moi alors que je t’ai pas donné d’adresse… T’as demandé à papa ? » C’est sûrement la réponse la plus logique. La plus réaliste, compte tenu de la situation. Oui, c’est sûrement ça.

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MessageSujet: Re: Three dumbasses | Fenrir & Oz   13.12.18 0:40
Un simple « Café ? » avait suffi pour que tu récupères une veste et un paquet de cigarettes à la va-vite sur ton bureau, que tu annonces ton départ pour ne recevoir qu’un grognement indistinct de ta collègue occupée à travailler réellement, elle, et que tu ne quittes le cabinet pour récupérer le premier vélo sur ta route et rejoindre l’appartement de ton ami. Tu le rendras au retour, si tu peux, si tu y penses, s’il n’est pas trop confortable pour être abandonné, après tout. De toute façon, il vaut sûrement mieux arriver vite. Parce que c’est peut être important. Parce que tu as cru comprendre que son couple n’était pas au meilleur de sa forme, et qu’il avait sûrement besoin d’une oreille attentive. Parce que pour rien au monde tu ne laisserai passer l’occasion de débarquer chez lui pour boire du thé et discuter de la vie et de vos plans de road trips qui s’avèrent déjà bien trop compliqués.

« Ouvre-moi, j’ai des gâteaux cette fois, promis ! » Tu colles ton visage à la porte pour parler, plutôt que de simplement frapper, tes mains s’enfouissant dans les poches de ton manteau pour en sortir un paquet de gâteaux et pouvoir le secouer juste devant le visage de Fenrir quand la porte s’ouvre enfin. Et presque aussitôt, un sourire vient se plaquer sur tes lèvres alors qu’il te laisse entrer, alors que la conversation commence le plus naturellement du monde, alors que tu te retiens de lui demander si tout va bien, persuadé que s’il veut en parler, il le fera de lui-même. Et tu trouves vite ta place sur ce canapé, enfournant des gâteaux dans ta bouche l’un après l’autre en parlant, sirotant ton thé le plus lentement du monde pour le savourer, profitant simplement de la présence réconfortante de ton ami dans ta vie, de son odeur qui flotte dans la pièce, avec celle de chien mouillé, et une autre qui semble étrangement familière. Tu ne penses même pas au fait que malgré le temps passé avec Fenrir, tu n’es pas venu si souvent que ça chez lui. Tu ne te dis pas que tu n’as jamais croisé son petit-ami, pendant tout ce temps. Tu devrais probablement.

Et quand la porte s’ouvre, ces pensées te frôlent l’esprit, vaguement, alors que la voix coupe court à votre conversation, alors que tu es encore trop occupé à retomber dans une carapace de timidité à l’idée de rencontrer quelqu’un de nouveau pour la reconnaître. Ton sourire se fait plus poli, plus gêné, plus mal à l’aise, alors que tu te détournes de ton ami d’enfance pour accueillir le fameux copain, avant de devenir hésitant pendant quelques secondes alors que mille questions te viennent déjà. Et il parle de nouveau, et pendant ce temps, ta bouche s’ouvre et se referme sans que tu n’acceptes de faire le lien qui est de plus en plus évident. « Je … Hein ? » Bravo Oz, quelle élocution, vraiment. Tu manques de laisser tomber ton crâne sur la table basse pour te remettre les idées en place, mais décide plutôt de te réfugier dans le thé, prenant la tasse de deux mains pour le porter contre tes lèvres et laisser l’odeur te calmer. D’accord. Donc le monde est vraiment petit.

« Attendez, je … Je crois que j’ai compris. » Tes yeux passent de l’un à l’autre alors que le reste de ton visage reste confortablement installé dans la buée de ta boisson, et tu finis par hocher la tête doucement. « Ah oui donc. C’est lui ton Fenrir. Et c’est lui ton Sören. J’avais … J’avais pas fait le lien. Vous vous souvenez quand on nous a dit que Reykjavik c’était tout petit ? La preuve en images. » C’est un peu amusé, un peu confus, aussi. Parce que ça veut dire que tu as sûrement manqué de croiser Sören bien avant de le voir dans ce bar. Parce que ça veut dire que tu sais des choses sur la vie de l’un et de l’autre par les mots de l’autre. Parce que tu as l’étrange impression que deux mondes totalement différents se rencontrent, et que tu ne sais pas du tout comment expliquer ça ni à l’un, ni à l’autre. Alors puisque des trente-six moyens d’éviter un désastre, le plus sûr est la fuite, tes lèvres plongent dans le thé pour éviter de devoir parler, et tu pries tous les dieux qui existent ou non pour qu’ils puissent s’expliquer sans que tu n’aies besoin de t’y mêler.
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MessageSujet: Re: Three dumbasses | Fenrir & Oz   28.12.18 10:24
Three dumbasses



Il en faut quand même beaucoup pour arriver à entacher ma bonne humeur quasi-constante. Pourtant, en ce moment, ce n’est pas tous les jours que je me lève avec un grand sourire aux lèvres et un entrain à toute épreuve. Trop de boulot. Trop de fatigue, peut-être aussi. Trop de tracas qui règnent en permanence dans mon esprit. Et puis, quand Sören ne va pas bien, c’est comme si rien n’allait au final. C’est encore pire quand il n’y a rien que je puisse faire pour lui remonter le moral, quand je me sens impuissant face à cet air triste qu’il arbore. Je suis son copain et je ne suis même pas capable de l’aider. Je mérite vraiment le premier prix du pire petit-ami de la ville. Pire encore, c’est cette morosité ambiante qui nous amène à nous prendre la tête pour tout et pour rien. Sur des choses sans importance, parce que c’est trop délicat d’aborder le vrai sujet de discussion. Alors quand il est sorti cette après-midi et qu’au bout d’une heure il n’est toujours pas revenu, j’ai résisté à mon envie de l’appeler. De lui demander de rentrer, de simplement vouloir passer du temps avec lui. Il doit être seul un moment, il en a besoin, je le comprends bien. Sauf que la solitude et moi, ça n’a jamais fait très bon ménage, encore moins en période un peu plus sombre. Et puis, il y a un nom qui s’est imposé dans mon esprit, un peu comme une évidence. Oz. Qui de mieux que lui pour rire de n’importe quoi, et surtout, de n’importe qui ? Qui de mieux que lui pour planifier des plans foireux sur la comète et pour oublier tout le reste le temps de quelques heures ? Personne.

J’ai à peine le temps de lui envoyer un message et de commencer à faire bouillir de l’eau que je me retrouve déjà avec un paquet de gâteau sous le nez. J’ai vraiment appelé la bonne personne à la rescousse. « Bordel Oz, je t’aime. T’as pris mes cookies préférés ! » Quatre gâteaux, une tasse de thé et un bon nombre de conneries plus tard, j’ai déjà l’impression que le sourire sur mon visage est un peu plus sincère. C’est comme si sa simple compagnie et sa discussion facile suffisaient à apaiser les angoisses et les peurs de ces derniers temps. Il faudra que je pense à lui dire que c’est vraiment un bon ami. Enfin, pas trop souvent non plus, il risquerait de prendre la grosse tête. Il n’aura qu’à attendre la prochaine fois où j’ai un peu trop bu et où je déclare mon amour à la terre entière. Il aura même le droit à un câlin réservé à l’élite. « Ça se passe bien au boulot ? Ta collègue a pas trop râlé parce que t’as quitté le boulot un peu tôt ? » Elle n’a pas l’air commode sa coéquipière si j’en crois ses paroles, mais quelque chose me dit qu’il exagère un tout petit peu.

Je ne me rends même pas compte du temps qui passe, la lueur déclinante de fin d’après-midi laissant maintenant presque entièrement place à la noirceur de la soirée. Ce n’est que lorsque la porte d’entrée s’ouvre subitement, que lorsque qu’une Okami toute joyeuse se précipite sur le canapé et que lorsque la voix de Sören résonne dans l’appartement que je prends conscience de l’heure. Oups. J’aurais sûrement dû le prévenir que j’ai invité un ami chez nous mais cette pensée pleine de bon sens a dû se perdre au moment même où mes yeux se sont posés sur la boîte de cookies. L’air un peu perdu de mon petit-ami me fait doucement sourire alors que je repose ma tasse vide sur la table basse. Je m’apprête à expliquer le pourquoi du comment de la présence de mon ami d’enfance chez nous mais la suite de la conversation  me prend de court. C’est certainement à mon tour d’avoir l’air perdu, montant le nombre de personnes confuses dans cette pièce à trois. Beau score, sachant que nous ne sommes que trois au total. « Attendez… Quoi ? Vous vous connaissez ? » Belle déduction.

C’est Oz qui paraît comprendre le premier le sens de cette rencontre improbable. Tant mieux pour lui, je suppose, c’est lui le détective après tout. Pourtant, son explication n’éclaire pas vraiment ma lanterne et mes yeux font des allers et retours entre les deux hommes. « Comment ça mon Sören ? Et comment ça son Fenrir ? Je comprends pas ce que… Oh. » Oh. Il connaît Sören. Le lien logique, c’est que ce dernier lui a parlé de moi apparemment. Qu’est-ce qu’il a bien pu lui dire ? Est-ce que Oz est au courant de choses que j’ignore sur les pensées de mon petit-ami ? Cette situation est étrange et réveille totalement ma curiosité. « C’est moi qui ai invité Oz, c’est un ami que je connais depuis longtemps. Et tu le connais aussi, manifestement. » Je rigole un peu face à ce hasard presque parfait avant de me décaler un peu sur le canapé pour laisser une place au nouvel arrivant. « En effet, cette ville est vraiment minuscule. Et toi, t’es quand même pas un super bon détective pour pas avoir fait le lien entre nos deux prénoms. » Et entre nos deux histoires, sûrement aussi. Je donne un peu coup de coude amical au bouclé avant de relever les yeux vers mon petit-ami, brandissant la boîte presque vide de biscuits. « Bon, maintenant que tout le monde est là, qui veut des gâteaux ? »



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MessageSujet: Re: Three dumbasses | Fenrir & Oz   12.01.19 15:13


Three Dumbasses
Oz & Fenrir


Je comprends rien. Qu’est-ce qu’il fait là ? Et plus important encore, pourquoi Fenrir et lui semblaient aussi proche ? Est-ce qu’ils se connaissent ? Lentement, cette réponse se grave dans mon esprit comme étant la seule réponse logique à cette entrée en scène des plus étranges. Je dois bien l’avouer, je ne m’attendais pas à ça. Mais après tout, Reykjavik est une petite ville. Ils ont dû se croiser il y a quelques mois et devenir amis dans la foulée, ça n’aurait rien d’étonnant. Surtout compte tenue de leur caractère respectif. Et je dois bien avouer que ça me fait rire, un peu. Ça me soulage, au moins, de savoir que je n’aurais pas à craindre une crise de jalousie bien senti avec cet abruti puisque visiblement, cet abruti, Fenrir l’apprécie. Mes lèvres s’étirent lentement à mesure que mes deux interlocuteurs réalisent avec un cran de retard l’étrange situation que nous vivons. C’est quand même drôle, mine de rien. L’homme que j’aime connaît l’homme à qui je me suis confié. C’est effrayant aussi, un peu. Même si j’ai toute confiance en Oz, il est assez idiot pour laisser échapper une information compromettante par mégarde, et je refuse de laisser à Fenrir l’opportunité de penser que je regrette notre relation. Alors je me contente d’observer pour le moment, puis de rire au visage confus de celui qui a un peu grandit à mes côtés, avant de reporter mon attention sur mon petit ami. Je profite de son propre air perdu pour me guider vers lui, déposant un baiser amusé sur son front, puis m’étalant sans aucune grâce à ses côtés. Cette après midi risque d’être assez amusante, et j’ai plutôt hâte d’en apprendre plus sur leur rencontre.

Une curiosité qui est vite comblée, mais surtout vite regrettée, alors que je tilt sur les paroles de mon amant. « Depuis longtemps ? » Vraiment ? Combien de temps ? Des jours ? Des mois ? Des années ? Sûrement des années. Alors il ne l’a pas lâché, lui. Il ne l’a pas abandonné. Une vague étrangement désagréable me parcourt le corps lorsque je réalise à quel point cette situation est vexante. Lorsque je réalise que j’en viendrais presque à être jaloux de mon petit-ami qui, lui, a sû garder Oz auprès de lui plus longtemps que je n’ai jamais pu le faire. Pourtant, la petite voix qui résonne dans ma tête me hurle qu’il n’est en rien responsable. Que le seul à qui je devrais en vouloir, c’est le détective lui-même. Alors je ne retiens pas la remarque légèrement acide qui s’échappe de mes lèvres. « Oh, donc il est capable de garder contact, finalement. Comme quoi. » C’est soupiré, mais ce n’est pas mauvais. Juste déçu. Et un peu vexé, oui. Je chasse rapidement ce sentiment désagréable de ma poitrine en haussant vaguement des épaules comme toute réponse. J’imagine que Fenrir doit se poser quelques questions. Et comme pour lui faire comprendre que cette attaque légère n’était pas contre lui, je laisse mon bras entourer sa taille pour caresser doucement le creux de son dos et entammer mes explications. « Il a vécu dans ma famille pendant quelques mois quand j’étais gamin. Et il a disparu du jour au lendemain sans plus donner de nouvelle. » C’était douloureux, tu sais ? De perdre celui que l’on considérait comme son grand-frère. De se sentir abandonné, trahi, seul. De comprendre que les grands n’étaient pas tous des gens biens et que parfois, le silence était la seule réponse qu’il vous donnait. Une grosse leçon de vie. Une leçon dont je me serais bien passé, soyons honnête.

Pourtant, je ne me laisse pa abattre par le sentiment dérangeant de regret qui me noue quelque peu la gorge, et je profite de l’instant pour poser mon menton sur l’épaule de mon petit ami. « Nan, je préfères les piquer dans ton assiette, c’est plus marrant. » Mes lèvres s’étirent dans un sourire provoquant, et c’est rapidement vers Oz que je retourne mon attention, non sans déposer un rapide baiser sur les tempes de mon petit ami en me détachant de lui. « Mais ça me choque, sérieux. Vous vous connaissez depuis si longtemps que ça ? Vous vous êtes rencontré comment ? » Ma curiosité est piqué à vif, même si je dois bien l’avouer, j’ai un peu peur de la réponse qu’ils pourraient m’apporter. J’ai surtout peur de comprendre qu’il m’a totalement délaissé par choix et non par obligation. J’ai surtout peur de me rendre compte qu’Oz m’a laissé parce qu’il s’était lassé du gamin stupide que j’étais. Et que je suis toujours un peu.




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MessageSujet: Re: Three dumbasses | Fenrir & Oz   12.01.19 23:54
Le temps avec Fenrir passe toujours bien trop vite. Peut être que c’est parce que sa présence est toujours aussi positive, aussi pleine de vie. Même s’il y a quelque chose qui cloche, en ce moment, et tu ne peux pas t’empêcher de le remarquer. Il semble un peu plus ailleurs, un peu moins enthousiaste, comme s’il avait trop de choses en tête. Mais tu ne demandes rien, malgré ta curiosité maladive. Tu te mords la langue avant de poser la moindre question trop tendue, pour éviter de le mettre mal à l’aise. Parce que si tu es là, c’est sûrement pour lui changer les idées, pas pour le forcer à les ressasser. Et s’il veut t’en parler, il le fera probablement quand il s’y sentira prêt. « Argh m’en parle pas, elle s’est transformée en dragon au moment où je fermais la porte derrière moi. J’ai peur de rentrer, maintenant. » Exagérer un tout petit grognement dépité et mille fois mérité étant donné le peu de temps que tu passes à travailler en journée, un jeu d’enfant. Peu importe, après tout, puisque tu te rattraperas cette nuit. Mais heureusement, l’arrivée impromptue ne te permet pas de penser trop longtemps à ta collègue sorcière, et si tu pensais rencontrer enfin le fameux petit-ami de ton ami d’enfance, le visage qui te fait face est loin d’être inconnu.

Il faut un peu plus de temps à Fenrir pour comprendre, mais il finit par y arriver, et alors que tu enfonces ton visage dans ta tasse pour éviter des explications trop évidentes, Sören pose un baiser sur son front qui te fait sourire doucement. Ils sont mignons, ensemble, ces deux là. Tout bien réfléchi, c’est une bonne chose, que ce soit eux. Ils se méritent sûrement. « Oui bon hein, il y a beaucoup de Sören et beaucoup de Fenrir ici, je te signale. C’est pas facile tous les jours. » Un peu de mauvaise foi ne fait de mal à personne. C’est bien plus simple que d’avouer que l’idée que ces deux mondes là se mêlent ne t’a jamais effleuré l’esprit. Parce que Sören, c’est comme un frère perdu à la première séparation, et Fenrir, comme un frère forgé par le temps loin l’un de l’autre. Etrange.

Mais la réplique de Sören suffit à te rappeler pourquoi tu ne voulais pas y penser, et ton regard se fixe aussitôt au fond de ta tasse, coupable, alors que le soupir du brun te brûle les oreilles. Et merde. « C’est pas aussi simple que ça, je … » Ta voix meurt dans ta gorge, alors même qu’elle n’était déjà qu’un murmure, et c’est à lui d’expliquer avec des mots qui sonnent trop vrais pour être ignorés. « Je ne voulais juste pas te rendre triste », tu aurais pu dire. Mais ça aurait été idiot. Parce que tu ne voulais juste pas empirer ta propre tristesse. Parce qu’il était petit, et que tu t’étais bien trop attaché à lui. Parce que tu n’avais pas envie de devoir lui expliquer. Parce que ça faisait moins mal de ne pas le voir grandir que de ne pas le voir assez. Parce que tu es lâche, sûrement, un peu.

Heureusement, les gâteaux sont là pour sauver la mise, et tu en voles bien vite un des mains de Fenrir pour noyer tes sentiments de culpabilité dans la nourriture, alors que le ton du brun se fait plus léger, mais pas assez pour te tromper. Alors que tu regardes ton thé en te demandant si tu peux encore réussir à te noyer dedans ou non. « On s’est croisés dans une espèce de camp de vacances, quand on était plus jeunes. Et on est devenus amis petit à petit depuis, je suppose. Enfin, lui c’est devenu mon ami, et moi je suis devenu le livreur de cookies, apparemment. » Un léger sourire amusé flotte sur tes lèvres alors que tu regardes ton ami d’enfance, et en croisant le regard de son petit ami, il disparaît un peu. Crever l’abcès. Il faut crever l’abcès. « C’était pas pareil. C’était un camp de vacances, c’était censé avoir une fin, c’était pas … Pas comme nous. » Parce que tout le monde partait, là bas. Parce que personne n’avait besoin d’explications.

Une inspiration plus tard, tu hausses les épaules presque timidement pour indiquer à Sören qu’il n’a pas besoin de prendre tes explications vaseuses à cœur, pour dire à Fenrir qu’il est désolé de l’avoir entraîné dans cette situation qu’il ne comprend surtout pas. Alors quand tu rouvres la bouche, c’est en espérant que l’ambiance est redevenue plus détendue. « Ca fait longtemps que vous êtes ensemble, alors ? Vous étiez colocs avant, c’est ça ? »
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