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 The Elephant in the Room (ft. Fenrir)

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Erika Ketilldóttir
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Pseudo : cinnamon roll Messages : 153 depuis le : 05/12/2018 Avatar : Scarlett Simoneit Points : 542 A Reykjavik depuis : Forever Âge du perso : 26 ans Emploi/études : Tatoueuse

MessageSujet: The Elephant in the Room (ft. Fenrir)   08.12.18 18:28

The Elephant in the Room
Fenrir
La soirée bat son plein. Le bar n’est plus qu’une masse bruyante où il est très difficile de savoir qui fait quoi, et les bières qui circulent depuis plusieurs heures n’aident en rien à garder l’esprit alerte. Le moment idéal pour mettre mon plan à exécution.

Sören voulait me présenter son meilleur pote depuis un moment. Enfin son nouveau meilleur pote, parce que le vrai, celui qui squatte chez nous depuis tellement d’années que c’est difficile de trouver un souvenir sans un blond collé en permanence à Sören, je le connais bien trop. Bref, aujourd’hui c’était la rencontre officielle, le moment où ma route aller enfin croiser celle de Monsieur Fenrir, la huitième merveille du monde d’après les références quasi quotidiens de mon frangin.

J’avais presque l’impression que j’allais rencontrer un gars d’une autre espèce ou un type tout droit sorti d’une pub où tout le monde est parfait. Ou une merde similaire.

Fait assez rare pour le souligner, Sören a voulu jouer la carte de la prudence. Lieu public, bien bondé et facile à surveiller. Histoire de s’assurer qu’il y ait des témoins si les choses se passent mal et surtout tentative naïve de freiner mes envies de foutre la merde. C’est presque mignon en fait, j’ai l’impression d’être une bête dangereuse qu’on a peur de sortir. C’est probablement vrai. Et il devait sûrement être complètement flippé à l’idée que je fasse fuir ce gars. Oui, je peux être chiante, surtout si ça risque d’emmerder le petit con mais je sais me tenir tout de même.

Je fais fuir les gens en privé, là où personne n’entendra les menaces qui s’échapperont de mes lèvres.

Manque de chance pour le moins malin des enfants Ketill, c’est quasiment impossible de sortir dans un bar sans croiser la moitié de tes connaissances. Surtout un vendredi soir. Donc notre table s’est vite vu envahie et au bout d’une heure la soirée présentation était devenue une soirée tout court. Une soirée où j’ai pu observer à loisir ce que j’avais remarqué dès la première minute de conversation.

Ces deux-là veulent coucher ensemble.

Mais alors fortement. J’avais plus vu une tension pareille depuis le lycée. Oui, je dis le lycée parce que c’est accompagné d’un déni très caractéristique de l’époque. Et ces deux cons sont tellement aveuglés par la magnificence de l’autre qu’ils sont les seuls à rater les cœurs que lancent leurs regards dès qu’ils se croisent. Triste à en pleurer de rire. Mais bon, j’ai un rôle à jouer moi maintenant. Car Sören n’est pas très doué pour protéger ce cœur d’artichaut qu’il a et  il faut bien que quelqu’un fasse comprendre à ce grand dadais qu’il y aura des conséquences s’il fait quelque chose de travers. Des conséquences douloureuses qui peuvent le laisser sans aucune descendance possible.

Du coup j’attends patiemment un moment de flottement. Un moment où Fenrir se lève chercher une énième bière et où Sören est trop occupé à discuter avec quelqu’un pour remarquer ma disparition. Vif comme un tigre, j’intercepte la course du brun et sans ménagement je le tire vers la sortie. Une petite conversation s’impose et s’il a un minimum de jugeote, il devait bien se douter que ce moment finirait par arriver.

Enfin, il flash sur Sören, donc je suppose que son intelligence est discutable.

Au calme de la rue, j’affiche mon plus beau sourire carnassier et focalise mon attention sur ma victime du jour. Il est temps de commencer le show et surtout de lui faire comprendre qu’il existe un système de protection autour de Sören. Un système qui lui bottera le cul à la moindre incartade. Voix suave mais bien menaçante, c’est parti pour le traumatisme. « A nous deux chaton. » Oui, chaton, ce type est aussi dangereux qu’une peluche. Et autant mettre les choses au clair dès la première phrase. Le danger ici c’est moi. Qu’il ne perde surtout pas cette notion de vue. « On va pas tourner autour du pot, non ? Sören risque de vite remarquer qu’on a disparu de son radar donc autant faire vite. » Est-ce que ça se voit que je suis en train de me marrer comme une hyène intérieurement ? J’ai l’impression de parler à une petite biche. C’est absolument génial, je sens que je vais m’éclater avec ce nouveau jouet. « Bon, quelle est ta stratégie exactement ? Tu comptes jouer la carte du pote combien de temps ? » Mon regard est limpide et je pense que le sous-entendu aussi. Oui, mon pote, je t’ai grillé. Pire qu’un bleu, je pense que tout le bar a compris que tu veux te taper mon frère.

A part le dit frère évidemment, trop occupé à mater le gars « légèrement » paniqué que j’ai en face pour remarquer comment il le bouffe du regard toutes les cinq secondes.
Erika
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Fenrir Úlrikson
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MessageSujet: Re: The Elephant in the Room (ft. Fenrir)   11.12.18 23:33

The elephant in the room




Il parait que c’est aujourd’hui le fameux jour, ou plutôt le fameux soir, où je rencontre Erika. La sœur de mon meilleur ami. Celui-là même qui se trouve aussi être mon colocataire au passage, et qui, surtout, n’est ni plus ni moins que l’homme dont je suis tombé amoureux. Qui n’en a bien sûr aucune idée et qui, bien sûr sinon où est le challenge, est totalement hétéro. Challenge que je n’essaye même pas de relever, parce qui suis-je pour rivaliser contre toutes les belles filles de cette ville ? Personne. Je vis relativement bien cette situation, je crois. Peut-être juste que je me suis habitué et que je n’ai jamais même songé à prendre mes désirs pour des réalités. Pour éviter de tomber de trop haut, de m’étaler au sol sans aucune grâce et d’être trop blessé pour espérer pouvoir me relever. Alors je prends mes aises dans ce rôle, certes en dessous de mes attentes mais néanmoins confortable, de meilleur ami. Et si mes yeux s’attardent un peu trop longtemps sur lui ou si mon sourire à son égard se fait un peu trop grand, ce n’est que par pure amitié, n’est-ce pas ? C’est bien ce que tout le monde croit, je ne devrais avoir aucun mal à garder cette façade bien plus platonique devant Erika. Parce qu’il m’en a parlé de sa sœur, et moi, je me méfie. J’en ai entendu des histoires de la bouche de mon colocataire. Des histoire sordides où elle allait foutre une bonne raclée à quiconque ose regarder son frère un peu trop de travers. Un bon caractère explosif, une langue bien pendue. Mon contraire, en quelque sorte.

Assis à cette grande table désormais remplie de monde, c’est en finissant ma quatrième cinquième bière que je sens mes muscles se détendre lentement. Je jette un coup d’œil aux nombreux visages connus mais aussi aux faciès inconnus qui se joints à nous alors que nous n’étions que trois à la base. Bon côté de la situation, je ne me sens plus comme le centre de l’attention d’Erika, c’est déjà quelque chose de gagné. C’est qu’elle est drôle la sœur de Sören, mais j’ai aussi l’impression qu’elle juge mes moindres faits et gestes pour s’assurer que ma personne est assez digne d’intérêt et de confiance pour être dans la vie de son frère. C’est touchant d’un côté, de savoir qu’il a quelqu’un sur qui compter. Quelqu’un prêt à sortir les dents et les griffes pour le défendre. Touchant, mais stressant. Et puis, il y a aussi cette fille qui reluque Sören depuis le début de la soirée qui me stresse. Et s’il n’a pas l’air totalement réceptif, il ne la repousse pas non plus. Et… Je rêve ou elle est en train de se ramener à notre table ? Pour lui parler ? Parce que le bouffer du regard à distance ne suffisait pas. Oui, je suis la personne la moins bien placée pour faire ce reproche. Mais aussi ridicule que ça puisse paraître, ce genre de scène ne cessera de me briser le cœur. Ridicule. Je suis ridicule. Dans un soupir à peine camouflé, je me lève rapidement, attrape mon verre vide et je rejoins le bar d’un pas las. J’ai besoin d’un peu plus de carburant pour faire face à cette longue soirée.

Comment je me suis retrouvé dehors, au milieu du vent froid et en face d’Erika ? Je ne sais pas trop, mais les faits sont là et je n’ai même plus de bière à la main pour me donner un semblant contenance. Le ton de sa voix ne me dit rien qui vaille. Ni l’éclat joueur qui allume son regard. Je n’ai même pas le temps de mollement râler face au surnom dont elle m’affuble, la voilà déjà repartie dans une nouvelle tirade. Je tiens tout de même à préciser que je ne suis pas un chaton, j’aimerais garder le peu de dignité qu’il me reste, merci. « Je… La stratégie du pote ? Quoi ? » Je panique. Et jouer l’imbécile qui n’a pas compris le sous-entendu pourtant presque totalement explicite ne va pas me sauver de ses griffes très longtemps. Merde. Bordel de merde. Comment a-t-elle pu me griller aussi vite ? « Je ne sais pas trop ce que t’insinues, mais tu te trompes. » Même ma voix si peu assurée arrive à trahir le mensonge éhonté qui se cache dans mes paroles. Je mets ça sur le compte de l’alcool qui commence doucement à couler dans mon sang. J’affronte son regard quelques instants, un air de défi sur le visage et avec un aplomb aussi faux que les seins de la brunes qui essaye de draguer Sören. Mais elle sait déjà qu’elle a gagné Erika, je peux le voir dans le sourire presque moqueur qui étire légèrement ses lèvres. Dans un énième soupir, mes yeux se dérobent pour fixer la pointe de mes chaussures, penaud.

« Est-ce que t’es vraiment perspicace comme fille ou c’est moi qui suis vraiment pas discret ? » Je crois que je connais déjà la réponse, mais l’espoir fait vivre, il paraît. J’enfouis mes mains gelées dans les grandes poches de ma veste, les épaules s’affaissant sous le poids de la confession. « Ne t’inquiète pas pour Sören, je ne compte pas lui briser le cœur ou quoi que ce soit parce que j’ai bien pour intention de jouer la stratégie du pote toute ma vie. » Si elle est venue pour me sortir le discours intimidant de la grande sœur protectrice qui veille sur le cœur fragile du plus jeune, elle va être déçue. Je laisse échapper un petit rire triste avant de de nouveau affronter ses iris bien trop clairvoyants. « Tu sais, rapport au fait qu’il me manque très certainement un vagin pour pouvoir même espérer l’intéresser plus qu’en simple ami. » Aussi triste que ce constat soit, je m’y suis fait. Bon, pas vraiment parce que c’est quand même douloureux d’être amoureux à sens unique. Mais hé, c’est la vie.




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MessageSujet: Re: The Elephant in the Room (ft. Fenrir)   13.12.18 0:00

The Elephant in the Room
Fenrir
Qu’il est mignon à essayer de nier la pancarte lumineuse de la taille de l ‘Asie que sont ses sentiments. Non, vraiment, c’est adorable d’essayer de me faire croire que je me fais des films. Comme si c’était parfaitement normal de lancer des éclairs à la moindre nana qui s’approche de son pote et à faire des sourires Colgate dès que celui-ci vous sourit. Ou vous regarde. Ou se trouve tout simplement à côté de vous.

Je suis presque sûre qu’il sourit tout aussi niaisement rien qu’en pensant à Sören.

Je souris de toutes mes dents devant ses faibles protestations, un éclair mauvais dans le regard. Il ne sait pas sur qui il est tombé lui. Je suis presque déçue, je pensais que Sören m’aurait peinte comme le mal incarné, la maîtresse des cauchemars et autres joyeux titres. « Je me trompe? Tu ne baves pas sur mon crétin de frangin? » Ma voix se fait plus ronronnante. « Donc j’ai mes chances avec toi? » Mes paroles sont suivies par un léger rapprochement, histoire de vraiment le faire flipper quant à mes intentions. Actuellement, je lutte pour ne pas éclater d’un rire digne de la méchante sorcière de l’Ouest. Je laisse son imagination faire le reste, rien que l’idée de se faire draguer par la soeur du mec qu’il aime devrait lui filer des sueurs froides et le traumatiser pour plusieurs nuits. C’est cadeau mon chou. Fallait pas me prendre pour une conne.

Sans véritable surprise, son aplomb est aussi résistant qu’une poupée en porcelaine et il capitule bien vite. Visiblement il a compris qu’il est bel et bien grillé et son air penaud est quelque peu touchant. On dirait un enfant qui avoue qu’il aime bien les peluches malgré son âge. Je reprends mes distances et mon sourire se fait plus amusé que menaçant face à sa question. « Je dirais un peu des deux. Je n’ai jamais eu trop de difficultés à comprendre les autres et tu as la subtilité d’une baleine échouée, j’ai compris avant que nos premières bières arrivent. Par curiosité, t’as essayé un minimum ou tu ne fais même plus gaffe à ton air de chiot amoureux? » C’est vrai que s’il a sincèrement voulu être discret, il n’a aucun avenir dans l’espionnage ou tout autre métier qui nécessite un minimum de discrétion. Un peu con pour un journaliste, j’espère pour lui qu’il ne veut pas se lancer dans l’investigation. Surtout que Sören a dû le prévenir que j’allais l’analyser sous toutes les coutures.

Enfin, soyons indulgent, sa seule source d’information était ce petit con. Et on sait tous à quel point il est fiable.

« J’allais dire que Sören n’est pas bien observateur mais t’es visiblement aussi doué que lui. » Ma réplique fuse, abasourdie devant le discours défaitiste du grand brun. Sérieusement? Il n’a sérieusement rien vu non plus? Mais…mais il passe sa vie à le fixer, il a bien dû remarquer UN regard. Même un minuscule. Il a bien dû s’apercevoir qu’il y avait anguille sous roche, que leur relation n’est certainement pas que platonique. Je l’ai bien vu en moins de temps qu’il faut pour descendre un shot! Je ne devrais pas être surprise je suppose, les cons attirent les cons, mais bordel, j’ai aucune envie de me mêler de ça.

J’ai pas laissé tomber mes études de psychologie pour m’occuper de la vie sentimentale de mon incapable de petit frère. Plutôt me tailler les veines avec une aiguille rouillée.

« Mais pour reprendre ma soi-disant inquiétude, je te rassure, elle n’existe pas. » Reprenons le sujet de base, à savoir effrayer ce pauvre petit bisounours. Je m’occuperai éventuellement de son déni plus tard. « Tu sais pourquoi? Parce que tu n’as pas l’air complètement stupide et que tu sais que tu risques gros si tu merdes avec Sören. Et comme tu le sais, à quoi bon te dire ce qui risque de t’arriver si jamais tu n’écoutes pas ton petit instinct de survie, mmh? Tu aimes le paranormal à ce qu’on a bien voulu me dire à ton sujet, ton imagination doit être capable de mettre en place quelques scénarios. » Mes dents brillent sous la lumière artificielle, éclat sauvage dans le regard. Mes poings ont connu des cons bien plus impressionnants que ce petit prince Disney, j’aurais aucun mal à lui refaire le portrait dans les tons mauves si jamais il ose faire du mal à Sören. Puis j’ai toujours la carte James sous le coude si jamais il fait vraiment le con. Et croyez moi, vous n’avez pas envie qu’on bosse ENSEMBLE pour vous pourrir l’existence.

Je lui donne cinq minutes à tout casser avant de supplier clémence.

« Honnêtement, je me fous de savoir ce qui se passe entre vous, j’ai pas besoin de ça pour comprendre qu’il tient énormément à toi. Ma gueule tu l’aurais connu en plein concours de shots dans son appart autrement, pas dans un lieu public où il croit pouvoir me contrôler. Je te laisse faire les maths. » C’est plus fort que moi, il faut que je plante ne serait-ce qu’une petite graine pour essayer de lui sortir la tête de son auto-apitoiement complètement aveuglant. J’ai beau dire que j’en ai rien à carrer de Sören, je sens qu’il va avoir besoin de ce mec pour être heureux. Donc j’enlève deux-trois bûches de son chemin.

Parait que c’est le travail d’une grande soeur et j’ai quelques années à rattraper..
Erika
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MessageSujet: Re: The Elephant in the Room (ft. Fenrir)   22.12.18 18:09

The elephant in the room




Mes maigres tentatives de déni sonnent faux même à mes propres oreilles et s’en est presque ridicule. Je m’en serai certainement beaucoup mieux sorti si elle ne m’avait pas pris autant au dépourvu. Et sûrement aussi si j’avais un peu moins bu et que le sourire resplendissant qu’elle affiche ne se faisait pas aussi victorieux. Mais merde, c’est une détective cette fille ou quoi ? Je la connais depuis à peine plus d’une heure, j’ai dû échanger deux phrases avec elle et là voilà en train de m’envoyer la triste vérité de mes sentiments pathétiques en pleine figure et de me faire perdre mes moyens. « Oui, tu te trompes. Je l’aurais remarqué si j’étais en train de baver. » Dieu merci, je n’en suis pas encore à ce stade. Sören est peut-être l’homme le plus attirant de la planète, j’ai quand même un minimum de savoir-vivre. Mes sourcils se froncent dans un air inquiet quand ses mots résonnent entre nous et qu’elle se rapproche subtilement de moi. Dans un réflexe purement incontrôlé, je fais un peu en arrière tout en comprenant son petit jeu. « Bordel Erika, c’est vraiment pas drôle. » Je ne peux m’empêcher d’afficher une petite mine boudeuse avant d’avouer la vérité de mes sentiments envers Sören. Sentiments qu’elle a déjà bien cernés de toute façon, à quoi bon faire semblant avec elle. Je suis presque certain qu’elle est dotée d’un sens supplémentaire quand il s’agit d’étudier les intentions des personnes dans la vie de son frère.

« Une baleine échouée, vraiment ? T’as pas l’impression d’exagérer un peu ? Je te signale que t’es la première à l’avoir remarqué donc c’est pas si évident que ça. » Réaction puérile. On dirait un enfant de cinq ans qui essaie de se défendre au lieu de prendre conscience du vrai message délivré. Mais j’assume totalement. Et puis, je ne peux pas la laisser attaquer mes talents de discrétion aussi impunément. Je suis étudiant en journalisme, merde, c’est censé être mon truc d’arriver à comprendre les gens, pas le sien. « Et j’ai pas l’air d’un chiot amoureux, je le regarde normalement. » Je ne sais pas pourquoi j’essaie encore de sauver mon honneur, mais c’est avec un peu plus de détermination que je reprends la parole. Sören m’a bien prévenu que sa sœur n’est pas un petit ange tout mignon, mais j’ai vraiment l’impression de me faire agresser en pleine rue. Alors qu’il fait bien meilleur à l’intérieur du bar. Alors que j’ai vraiment besoin d’un verre plus fort qu’une simple bière si je veux faire semblant que cette soirée se passe tout à fait normalement. La voilà encore à insulter ma pauvre capacité d’observation qui n’a rien demandée à personne. Et même si je n’ai pas vraiment saisi le sous-entendu qui se cache derrière cette affirmation, je me sens obligé de répliquer. « Je te rappelle que je suis en étude de journalisme. La discrétion et l’observation, je suis censé maîtriser alors arrête de détruire tous mes efforts. » Je lève les yeux au ciel, non sans laisser échapper un sourire un peu amusé.

Le voilà, le fameux moment. Le discours intimidant m’indiquant à quel point elle va m’en faire baver si je fais du mal à Sören. Même si je m’y attendais, et même si j’aimerai beaucoup prétendre qu’Erika est bien peu impressionnante à me menacer de la sorte, c’est tout le contraire. C’est qu’elle est flippante, quand elle veut. Je hoche la tête en silence en attendant qu’elle reprenne la parole. Parce que je sens bien qu’elle ne m’a pas encore balancé tout ce qu’elle a en tête.  « Je ne compte pas lui faire du mal, jamais. Et il ne se passera rien de plus entre nous qu’une belle amitié alors tu devrais plutôt garder ton beau discours pour sa prochaine petite-amie. Ou pour la brune super lourde qui est certainement toujours en train de tout faire pour se retrouver avec sa langue au fond de la gorge. » Quoi, vous entendez de la jalousie dans mes paroles ? Oh si peu, vous devez certainement vous faire des idées. Mes poings se serrent doucement et je laisse échapper un soupir blasé avec de prendre un air sérieux quand mes yeux se plantent dans ceux de la brune. « Promet-moi que tu ne vas rien lui dire. Je rigole pas Erika, j’ai pas envie de tout gâcher entre lui et moi parce que tu n’as pas pu le garder pour toi. » Parce qu’on a beau bien rigoler sur à quel point mon visage sera défiguré si je fais du mal à Sören, j’en ressortirai certainement bien plus meurtri si je venais à le perdre cause de mes sentiments.



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MessageSujet: Re: The Elephant in the Room (ft. Fenrir)   06.01.19 23:13

The Elephant in the Room
Fenrir
Ses pauvres défenses ne font pas le poids face à moi et il comprend vite que je l’ai cramé. Développement absolument PAS étonnant et rien que par sa moue bougonne et la panique que je discerne au fond de ses yeux, je rit franchement devant son recul tout bonnement instinctif. « Oh au contraire, je trouve ça hilarant. Et estime toi heureux que je me sois contentée de te faire le coup en privé. Parce que je t’avoue que j’ai hésité à jouer cette brillante pièce comique devant les yeux de l’idiot qu’on a laissé à l’intérieur. » Sadique jusqu’au bout, j’étais réellement à deux doigts de le faire. Mais étant donné le niveau intellectuel de Sören, ce con aurait pu croire que je draguais réellement son chevalier servant et il aurait pu être suffisamment débile pour me laisser faire. Ou faire un énorme scandale digne des plus mauvaises telenovelas mexicaines. Bref, ça aurait été hilarant certainement mais pas tout à fait adapté à mon projet.

A savoir que mon frère ne finisse pas célibataire à vie comme il est si bien parti pour le devenir. Faut que la lignée continue et la famille a plus de chance d’y parvenir avec ce nul qu’avec moi. Et gardez vos commentaires homophobes si vous ne voulez pas un dentier dans un futur proche.

« Je suis la première à te le dire en face, nuance. T’as juste de la chance que les gens aient cette vilaine habitude de taire les évidences. » Le bisounours en face tente vainement de garder contenance mais il est tombé sur plus fort que lui ce soir. Pas que ce soit bien difficile je pense, mais occupons nous d’une chose à la fois. Mon rire fait sursauter au moins trois personnes, Fenrir non compris. Lui, maîtriser la discrétion et l’observation? Alors que je l’ai grillé en quoi, deux minutes? A moins qu’il soit victime du syndrome de Clark Kent, je doute sincèrement de ses talents d’espion. Je sais, je sais, c’est pas sympa de détruire les espoirs de mon futur beau-frère (pas de doute là-dessus, je connais les yeux de merlan frit de l’andouille que j’ai pour frère et je suis face à un miroir du dit regard) mais c’est un peu comme si un chiot vous annonçait qu’il est un loup. C’est tellement absurde que ça en devient chou. Et hilarant. « Une fois j’ai craché sur les pompes du rédacteur en chef du journal local, alors je vais pas me gratter pour l’un de ses futurs sous-fifres ! » Clin d’oeil et sourire machiavélique à l’appui, le message est clair: il peut faire une croix sur son égo avec moi. Ma langue n’est certainement pas une délicate petite plume d’ange, elle se rapproche plus du dard de scorpion et elle ne va certainement pas le ménager, Sören ou pas. Au contraire même, je vais me faire un malin plaisir à le faire tourner en bourrique.

Et vu notre conversation, ça ne va pas être bien difficile de lui provoquer des court-circuits.

Visiblement il est à deux doigts de se mettre à trembler après mon petit avertissement, mon honneur de grande soeur est satisfait. Conseil pour les nuls en menace: faites toujours travailler l’imagination de l’autre, il fera le travail à votre place et personne ne lui fera aussi peur que sa propre psyché. Comme quoi la fac de psycho peut servir en dehors des cabinets friqués.

Son petit discours larmoyant et plein de jalousie me fait lever un sourcil, incrédule devant tant d’idiotie. Comme s’ils allaient pouvoir garder leurs pattes loin de l’autre indéfiniment. Brune de bas étage ou pas. « Des bons à rien, j’en ai vu, mais le coup de la belle amitié, alors là… C’est le rendez-vous des mains dans les poches. » C’est effarant qu’il jette l’éponge aussi vite. Merde, il l’a même pas sorti de sa poche qu’il déclare que c’est foutu. Les hommes vraiment, ils ont tous un putain de nid à trous à la place de neurones normalement constitués. « Je t’aurai pas cru flemmard à ce point. Enfin, tu es le « meilleur pote » de Sören, ça dit rien en ta faveur. Bon courage pour ta future vie de baveur et assure toi d’avoir le numéro d’un opticien sous la main, tu vas te détruire les yeux à force de lui cramer la nuque de ton désir non-assumé. » Je pense que la sympathie est en PLS dans un coin de la ruelle mais je ne sais pas faire dans la dentelle et ce n’est pas avec ce chaton agrandi que je vais commencer. Puis la stupidité m’énerve, peu importe d’où elle est issue. Donc rien de mieux qu’un coup de pied verbal pour tenter de casser le déni dans lequel il est piégé. Et ce n’est certainement pas la suite de son discours qui va m’adoucir. « Tu crois que j’ai que ça à foutre? Si vous voulez jouer les cons aveugles, c’est pas mon problème, amusez vous bien à vous lancer des poèmes tragiques avec vos iris.» Il m’a pris pour une commère ou quoi? Mon regard se fait plus électrique, quelque peu vexé devant son sous-entendu. Pas qu’il me fasse peur, faut pas déconner, mais je n’apprécie pas qu’on me traite de pipelette. Encore une preuve qu’il n’a clairement pas été bien briffé par sa source, autrement il saurait que les secrets je les découvre et je les garde pour moi. Les armes, il ne faut pas les distribuer à tout va, autrement leur canon risque de se retrouver sur votre gueule.
Erika
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MessageSujet: Re: The Elephant in the Room (ft. Fenrir)   13.01.19 15:19

The elephant in the room




Il y a quelque chose qui change en moi, à force de me sentir attaqué dans mon amour-propre comme dans mon amour pour Sören. Comme un déclic, me faisant passer du mec presque tremblant devant elle à l'homme qui a envie de défendre le peu d'estime et de crédibilité qu'il lui reste. Erika est une tigresse, pas de doute là-dessus. Réaction incontrôlée de ma part, je sens mes muscles se tendre et ma mâchoire se contracter à mesure des paroles moqueuses et acides qu'elle me lance. Peut-être est-ce dû à la sensation désagréable de voir ses sentiments les plus forts et les plus profonds mis à nus devant une presque inconnue. Comme un livre qu'elle n'a eu aucun mal à ouvrir pour tout y lire, jusqu'au moindre secret. Sans aucun effort. Peut-être aussi est-ce la peur. La peur d'être découvert, la peur qu'elle balance tout au principal intéressé et qu'elle gâche tout. Je ne suis pas quelqu'un au sang chaud, loin de là, mais la voir ainsi rire face à un sujet qui me touche à ce point, c'est dur à encaisser. "Content de voir que tu trouves toute cette situation hilarante, ça fait au moins un de nous deux qui s'amuse." Je laisse un grand soupir s'échapper, me balançant sur mes pieds, pas des plus à l'aise. Tout dans cette conversation me donne envie de partir d'ici, de me retrouver dans mon lit en boule et de manger pot de glace sur pot de glace. Puis elle se met à miner mon activité professionnelle et je ne réfléchis pas vraiment avant de reprendre la parole. "Pourquoi tu voulais me parler au juste, Erika ? Pour m'humilier ? Pour te payer ma tête parce que je suis stupidement tombé amoureux de ton frère et que j'aurais jamais le courage de lui dire ? Super, maintenant on peut passer à autre chose ou tu comptes me mettre plus bas que terre encore longtemps ?" C'est blessé un peu, et surtout, c'est regretté la seconde d'après. Parce que je ne suis pas, et je ne serai jamais, du genre à lever la voix sur les gens. Peu importe à quel point ils jouent avec mes nerfs.

Je n'ai pas envie de chercher les problèmes avec Erika. Parce que dans tous les cas, elle gagnera toujours, je le sais déjà. Et aussi, parce que c'est la sœur de Sören et que me brouiller avec sa famille est la dernière chose que je souhaite. Peut-être qu'elle est en train de me tester, mais qu'est-ce que j'ai envie de mettre fin à cet échange sur le champ. J'essaie d'écourter la conversation, assurant la brune que rien ne se passera jamais entre Sören et moi. Rien de plus que l'amitié déjà exceptionnelle que nous partageons. Manque de chance pour moi, elle ne semble pas se satisfaire de cette situation. Et ses mots font de plus en plus mal. Droit au cœur. Me mettant face à ma propre lâcheté, incapable d'assumer quoi que ce soit. "J'aimerai bien te voir toi, dans mon cas. Peut-être que c'est parce qu'on parle de ton frère que tu te permets d'autant me rabaisser, ou peut-être simplement que ma tête te revient pas, mais merde c'est compliqué comme situation ! Tu prétends que Sören ressent la même chose pour moi, mais au fond t'en sais rien !" Je ne sais même pas à quel moment j'ai commencé à hausser le ton, un éclat furibond dans le regard et bien plus affirmé que quelques minutes auparavant. Au final, c'est certainement le savant mélange de l'alcool et de la violence de ce que je ressens pour mon colocataire qui me donnent ce sursaut de vie. "Qu'est-ce que je suis censé faire, moi ? Aller le voir, la bouche en cœur et tout lui avouer ? Même s'il ressent quelque chose pour moi, qui te dit qu'il est prêt à l'assumer ? Tu comprends pas que si je tente quelque chose et qu'il me repousse, je serai détruit sans lui. Oui, je sais, c'est niai et oui je sais, je suis pathétique pas besoin de le souligner, mais tu sais quoi ? Je m'en fous si qui je suis ne te convient pas."

Ça fait du bien. De lâcher toute cette frustration en moi, développée un peu plus chaque jour. Chaque jour passé aux côtés de mon meilleur ami, chaque jour à tomber de plus en plus amoureux, de ses moindres faits et gestes. La frustration aussi, de l'entendre me raconter à quel point il a trouvé la serveuse de café si mignonne. La douleur, de l'avoir vu, il y a des mois de ça, me présenter sa nouvelle petite amie. Et même si ça n'a pas duré entre eux et qu'ils ne sont plus ensemble aujourd'hui, j'ai quand même senti mon cœur se briser. Et toute cette haine que j'ai déversée, elle n'était pas contre Erika au fond. Elle est contre moi, contre la vie, contre mes sentiments ridicules. "Je... Désolé. Je voulais pas m'énerver." Elle va sûrement se faire un malin plaisir de me le faire regretter dans tous les cas. Peu importe. Il a de la chance d'avoir une sœur comme elle. J'en viens, l'espace d'un instant, à regretter la relation chaotique que j'ai avec ma propre grande sœur. Peut-être bien que ça aurait dû être avec elle que j'aurais dû avoir les conversations sur ce sujet, pour qu'elle m'aide à y voir plus clair. Pour qu'elle m'aide, tout court. "T'as raison, en fait. Je suis con. Pas sûr que t'aies envie de voir ton frère finir avec un type comme moi, hein ?" Je rigole un peu, doucement et légèrement blasé. "Je sais que t'as raison, que je devrais sûrement lui parler de ce que je ressens. Mais je... Je suis pas certain qu'il soit prêt à l'entendre. Et je suis pas certain d'être assez courageux."


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MessageSujet: Re: The Elephant in the Room (ft. Fenrir)   13.01.19 23:39

The Elephant in the Room
Fenrir
J’avoue que j’avais peur que cette soirée consiste à une ennuyeuse analyse des sous-entendus que ces deux idiots allaient se lancer mais ce petit aparté est en train de me fournir un joyeux divertissement. Ce pauvre Fenrir n’a visiblement rien de monstrueux (enfin non, il est monstrueusement candide, je suppose que ça doit compter quelque part) et il n’est qu’un pauvre fil dans mes pattes de chatte joueuse.

Je le plaindrais presque si je ne m’amusais pas autant à le tourner dans tous les sens.

« Il en faut bien un pour rappeler aux gens aux alentours qu’on est pas à un enterrement. » Clin d’œil sauvage, un rire lancé au ciel nocturne. L’harpie que je suis est grandement satisfaite. Il a beau essayer de garder la face, il peine à s’imposer ce garçon. Pas étonnant qu’il ne reste plus grand chose après quelques piques, c’est presque comme si on m’avait fourni le manuel en me le présentant. Un poil prévisible mais il faut bien ça pour que Sören ait un espoir de survie. Il est bien trop con pour dialoguer avec une personne sachant ne pas se faire lire au bout du premier verre. Et encore, il s’est débrouillé pour ne pas capter ce qui se passe réellement entre eux. Une vraie fierté familiale, vraiment, l’enfant prodige celui-là. Mais visiblement mes piques commencent à se faire sentir un peu trop, Monsieur commence à réellement prendre mouche.

Dommage pour lui que ça soit plus mignon qu’autre chose.

« Va falloir t’habituer grand gaillard, je suis loin d’être méchante avec toi. Si je voulais t’humilier, tu serais déjà en boule en train de pleurer. Je te taquine juste un peu. » Est-ce que mon sourire bien trop franc fait peur ? Sûrement, mais j’y peux rien si mon humour est non-apte pour les personnes facilement vexées. Et apparemment il fait partie des personnes à tolérance faible. Son discours plein de hargne, d’amertume et de frustration me fait doucement sourire. Il n’est peut-être pas si bisounours que ce que je pensais le Fenrir. « Ooooh, le méchant loup sort le museau. C’est rassurant de savoir que tu as autre chose que du coton et de la guimauve en stock. » Je me moque un peu mais je n’en pense pas moins. Il faut un minimum de caractère pour tenir sur la longue durée avec le garçon Ketill, histoire de ne pas se pendre au bout d’un mois avec ses conneries.

« C’est bon t’as fini le monologue de l’amoureux frustré ? Bien, mettons les points sur les i maintenant, tu veux bien ? » Même s’il veut pas il va y passer. Ce n’est pas vraiment négociable. «  Tout d’abord, je me trimballe l’autre boulet depuis bien trop longtemps, crois moi, je sais quand il est amoureux. Surtout qu’il ne peux rien me cacher, même en le voulant. » Alors quand il ne fait que se le cacher à lui-même, c’est presque comme s’il se baladait avec une énorme pancarte hurlant qu’il cache quelque chose. Le reste n’est qu’une question de minutes et paf, secret découvert. Heureusement pour lui qu’il ne devra jamais faire un métier à risque, il déballerait tout en moins d’une semaine. « Ensuite je ne te rabaisse pas, je te mets un coup de pied au cul pour que tu t’enfonces pas dans le déni à la con dans lequel vous pataugez main dans la main. Parce que crois moi, connaissant ce cher Sören, soit tu te bouges, soit il ne se passera jamais rien parce qu’il est trop con pour faire le moindre geste. » Je ne rigole même pas. Je le connais, il va s’enfermer dans ses délires de mais t’imagines s’il ne veut pas de moi et au revoir le couple Sören-Fenrir. Donc il a vraiment intérêt à prendre les devants s’il ne veut pas mourir sans connaître autre chose que de l’amitié (un malheur déjà en soi, mais bon, les goûts et les couleurs). « Et même si dans le pire des cas il ne souhaite pas avoir une relation avec toi, ce qui n’arrivera pas mais bref, il ne va pas te rayer de sa vie. Il est bien trop dépendant des autres même s’il refuse de l’admettre et tu lui es indispensable. Sincèrement. » Après tous les « il est top Fenrir » que je me suis tapé, je suis bien placée pour le savoir. Sérieusement, avec James, il doit être la seule personne sans laquelle le petit con ne peut pas fonctionner correctement. « Puis par pitié arrête le « je ne suis pas assez bien pour lui », c’est incroyablement con et je ne suis personne pour juger en plus. Je te dis simplement ce qui arrivera si tu fais de la merde et tu as suffisamment de neurones pour comprendre le message, moi ça me va. Je suis pas sa nounou, il est assez grand pour décider avec qui il veut coucher. » Oui, bon, je me mêle souvent de sa vie privée mais merde, je suis pas sa secrétaire, j’ai pas à gérer son carnet d’adresses à décider qui peut ou non passer du temps avec lui. Moi je casse juste des bras si quelqu’un le fait pleurer, c’est tout.

Je soupire un peu. Je le sais, je le sais depuis le début mais j’avais osé espérer un miracle. Je vais devoir m’occuper de ces cons, ils sont tous les deux tellement aveuglés qu’ils vont faire de la merde, je le sens. Allez Erika, on enfile sa casquette de psy et on tente de ne pas vomir. « Si tu l’aimes, tu sauras être courageux. Et ensuite je te dis pas non plus de déballer ton sac ici même, dans ce bar. Vu les regards, tu as le temps de préparer ta déclaration. Mais juste…ne garde pas tes sentiments au fond d’un tiroir de peur de te blesser. Tu le regretteras autrement. » Non, je ne parle pas par expérience, fermez-la.
Erika
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MessageSujet: Re: The Elephant in the Room (ft. Fenrir)   22.01.19 21:34

The elephant in the room




L'agacement. L'énervement, même. Autant de mauvais sentiments qui commencent à pointer le bout de leur nez à mesure que les mots tranchants de la brune résonnent entre nous. Des paroles de plus en plus blessantes lancées en pleine figure. En plein cœur trop sensible et non préparé à un tel affrontement. Des paroles réduisant bientôt à néant une patience qui est d'habitude bien plus coriace que ça. C'est qu'elle touche les cordes sensibles, Erika. Les unes après les autres. Il faut bien avouer que je ne suis pas dans les meilleures conditions pour tenter de garder mon calme face à elle. Alors ma réplique fuse. Pas une seconde où je prends le temps de me demander si tout ça n'est pas qu'un jeu de sa part et que ma réaction n'est pas exactement celle qu'elle attendait de ma personne. Un passe-temps pour elle, peut-être. Une façon de tester mon mérite pour son frère, sûrement.

Toutes capacités de réflexion jetées à la poubelle, je me lance corps et âme dans la réponse sanguine qui me prend, haussant le ton et effaçant toute trace de sourire amical au profit d'un regard dur. Je sais bien que je suis certainement le mec le moins crédible de la capitale quand j'essaie de m'énerver un minimum, mais la voir simplement sourire de façon arrogante face à mes propos ne fait que gonfler la colère en moi. "Ça t'apporte quoi, au juste, de me taquiner ou de m'humilier ? Tu t'ennuyais trop et t'avais besoin d'une victime pour passer ton temps et tes nerfs ?" Ferme-là Fenrir, vraiment. Plus facile à dire qu'à faire sur le moment, mais je laisse doucement la tension retomber alors qu'elle reprend la parole.

Elle parle, je l'écoute. Parce que je ne suis personne pour pouvoir faire le malin bien longtemps en face d'Erika. Je viens de l'apprendre à mes dépens. Mais aussi parce que ses mots ont soudainement plus de sens. Un raisonnement qui se fraye un chemin en moi alors qu'elle éclaire les points qui étaient encore trop flous dans mon esprit. "Il est amoureux". Elle paraît si sûre d'elle en prononçant cette affirmation, son ton ne trahissant aucun doute. Comme si le fait que Sören soit amoureux de moi était la nouvelle la plus évidente de l'année. Elle est convaincante la bougre, je pourrais presque y croire. Me laisser berner et aller voir mon meilleur ami sur le champ pour tout lui déballer. Mais si l'espoir fait vivre, j'ai bien trop peur que ce soit ce même espoir qui brise mon cœur. "Sacré pied au cul de ta part, quand même." Un petit rire quitte mes lèvres alors que mes épaules sont bien moins nouées que quelques minutes auparavant. "Tu sais, tu aurais simplement pu me dire tout ça sur ce ton là depuis le début plutôt que me taquiner comme tu dis, j'aurais tout aussi bien compris le message." C'est un reproche, mais ça ne sonne pas vraiment comme tel. Sûrement parce que j'ai tord. Sûrement parce que sinon, je n'aurais pas été prêt à entendre tout ce qu'elle a me dire maintenant. Sûrement parce qu'au fond, elle sait exactement ce qu'elle fait, Erika, et qu'elle est bien plus maligne que je ne le serai jamais.

Elle me rassure aussi, un peu, et c'est clairement pas une sensation que je pensais ressentir durant cet échange. Si elle peut affirmer tout ça sans l'ombre d'un doute, c'est sûrement qu'elle a pu lire tous ces signes dans l'attitude et dans les paroles de Sören à mon égard. Dans l'intimité de leur relation fraternelle. C'est sa sœur après tout, c'est la personne la mieux placée pour connaître le fonctionnement du brun. Je manque cependant de m'étouffer quand elle finit son grand et beau discours sur une image bien trop explicite dans mon esprit. "Je veux pas coucher avec lui ! Enfin je veux dire, j'ai pas encore pensé à ça !" Mensonge, mensonge, mensonge. "Tu... Je veux juste... Bref." Bref, tais-toi. Et me voilà à rougir comme un adolescent en pleine crise qui veut cacher quelque chose à ses parents. Super, comme si Erika n'avait pas assez d'éléments à sa disposition pour se payer ouvertement ma tête.

Je suis bien plus à l'aise quand il s'agit de me dénigrer, en fait. Me voilà encore à pleurer sur mon sort. Sauf que dans la réponse de la tatoueuse, dans sa dernière réplique, j'entends quelque chose de plus. Quelque chose de plus personnel que simplement ma potentielle relation avec son frère. "J'ai l'impression que ce conseil et ces regrets sentent le vécu." Je lève un sourcil, la questionnant du regard. Je sais qu'elle ne me répondra pas mais je ne suis pas complètement idiot. Peut-être aussi que j'en ai simplement assez de parler de moi et de mon portrait psychologique. "Comme quoi, apparemment on fait tous des bêtises à un moment ou à un autre, en amour." Je hausse les épaules, un petit sourire au coin des lèvres. Un petit sourire qui, au fond, signifie "merci pour ce coup de pied au cul". "T'es pas commode toi, sinon. Ton frère m'avait prévenu mais je suis tout de même impressionné. Maléfique." Ça lui va plutôt bien comme surnom, Maléfique. 


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MessageSujet: Re: The Elephant in the Room (ft. Fenrir)   13.02.19 22:07

The Elephant in the Room
Fenrir
Il vient sérieusement de nier l’évidence? Il est adorable à me tendre des perches pareilles, vraiment. Belle preuve de sacrifice pour se faire accepter par sa future belle-soeur. « Tu sais, l’époque victorienne est loin derrière nous. Tu vas pas me faire croire que tu n’as eu que des pensées vertueuses envers l’autre crétin. » Je suis actuellement pliée de rire devant l’air affolé du pauvre Fenrir, Intérieurement j’entends, je suis bien trop occupée à avoir la tête la plus moqueuse possible. Non mais à ce stade, il va me dire qu’il ne compte pas le toucher avant le mariage. « Le chaste dans la famille, c’est Sören donc t’inquiète pas, tu vas pas me choquer en me disant que tu veux finir dans un lit avec lui, les draps comme seul tissu autorisé. » Non, je ne lui donne pas du tout des images pour nourrir son imagination paniquée et difficilement contrôlable. Absolument pas. Malheureusement, mon amusement a une date de péremption et mes rires disparaissent un peu trop rapidement dans le froid nocturne.

Le vent tourne et pas dans le sens qui me plairait.

Le sourire carnassier qui m’habite depuis le début de cette charmante conversation quitte soudainement mes traits. Regard durci, sourcil légèrement relevé, je me ferme telle une huître face au questionnement à peine dissimulé dans ses paroles. Il peut traverser l’Atlantique à la nage avant qu’une quelconque information sorte de mes lèvres. Hypocrite certes, vu comment je l’ai analysé sous toutes les coutures. Mais je reste humaine et les humains sont connus pour leur double morale quand on touche aux cordes sensibles. Lèvres cousues, regard mettant en garde cet explorateur novice, la dragonne ne le laissera certainement pas entrer dans son antre.

Personne n’entre là-dedans.

Pour la première fois, mes yeux quittent le visage de Fenrir. Je n’ai pas envie de penser à ça, à lui. Les souvenirs remontent vicieusement, des souvenirs que j’ai longtemps tenu enfermés dans un donjon de ma mémoire. Et ils y resteront probablement toujours. Je me contente d’un haussement d’épaules voulant tout et rien dire à la fois. «Les sentiments rendent con, c’est une loi universelle. » Réponse laconique cachant bien plus. Oui, j’ai fait mes erreurs de parcours. Oui, j’ai joué aux autruches et j’ai raté des choses par peur de me faire blesser. Je connais la fin de leur histoire s’ils décident de ne rien dire. Une fin que je ne leur souhaite pas, une fin qui fait mal et qui parfois nous hante plus qu’on ne voudrait l’admettre. « Mais ce n’est pas une raison pour l’être éternellement donc tu sais ce qui te reste à faire. » Petite pique pour retourner sur des eaux plus familières, retrouver un terrain connu et conquis. Et surtout s’assurer que mon discours ne finisse pas dans le caniveau de sa timidité, sa conscience ou je ne sais quelle autre connerie. Bon, visiblement il a au moins compris le message au vu du sourire qui s’affiche sur ses lèvres mais j’ai comme l’impression que je vais passer les prochains mois à faire des piqûres de rappel.

En toute finesse et bien humiliantes bien sûr.

« Je tiens toujours à dépasser toute description que Sören veut bien faire de sa soeur adorée. Ravie d’avoir été à la hauteur. » Une révérence moqueuse et fortement exagérée accompagne mes paroles. Il est bien poli en tout cas, « peu commode » doit être la chose la plus gentille qu’on ait dit de moi ce mois-ci. Bon, le fait qu’il soit effrayé doit contribuer à choisir ses mots avec précaution. En tout cas le mélange « je sais me défendre, regarde comment tu ne me fais pas peur », « je ne peux rien cacher » et « pitié ne me tue pas » me plaît bien. Puis honnêtement je pense qu’on ne peut pas vraiment demander plus pour le petit con. Déjà que ce n’est pas un cadeau, on ne va pas non plus placer des exigences trop hautes, autrement il va finir moine.

En tout cas, je sens que je vais bien rigoler avec la nouvelle peluche de mon frère.

Mon rire ricoche à travers la rue, bruyant et sincère. Maléfique. Seul perso digne d’intérêt de cette horreur sirupeuse qu’est l’univers Disney. Normalement je n’aime pas les surnoms (les parents ne se sont pas cassé la tête avec un prénom pour qu’il ne soit utilisé que dans la paperasse administrative) mais je veux bien faire une exception pour celui-là. Surtout qu’il vient plus ou moins de me donner carte blanche pour lui en trouver un à mon tour. Un surnom tout à fait respectable bien entendu.

Que non.

Mon regard brille, sauvage, sous la lumière vacillante des réverbères. Tant de possibilités de me foutre de sa gueule en public, c’est presque magique. Enfin, faudra rester dans le « apte pout toute la famille », je ne pense pas qu’il puisse survivre à un truc du style « fantasme sur pattes du petit con ». Quoique. Rien que pour la tête absolument mortifiée de Sören (sans parler du presque évanouissement de Fenrir), ça vaudrait peut-être la peine de le glisser l’air de rien pendant une conversation. Ou dix. « C’est qu’il prend confiance le petit. » Oui, je l’appelle petit même si c’est une perche et je vous emmerde. « Voyons…on va éviter les noms connus, tu vas m’accuser de plagiat autrement. Oh je sais! Caneton! C’est bien ça puis on reste dans le domaine animalier, tu seras pas trop déboussolé comme ça. » Seul point commun qu’on peut trouver entre son vrai prénom et ce surnom qui hurle « je suis une petite chose fragile, faites attention » d’ailleurs. Moi je l’aime bien et avec le sourire purement machiavélique que j’arbore, j’ai des doutes quand à des éventuelles protestations. Il ne voudrait pas fâcher la soeur de son meilleur-ami-qu’il-rêve-de-couvrir-de-baisers-et-bien-plus-si-affinités n’est-ce pas?  
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MessageSujet: Re: The Elephant in the Room (ft. Fenrir)   22.02.19 14:46

The Elephant in the Room
Erika ft. Fenrir

Touchée. En plein là où ça fait mal, semblerait-il. Son changement d'attitude est si radical que je regrette un instant d'avoir mis les pieds dans le plat, sans même le vouloir. Du moins, sans réelle intention de la blesser. Sa dernière moquerie résonne encore entre nous alors que ses lèvres se scellent presque aussitôt au moment où mes inquisitions se font plus personnelles. Quelle idée de sa part aussi, de me laisser clairement voir dans ses paroles évasives qu'il y a un vécu qui se cache derrière. Instinct de journaliste revenant au galop, me voilà à tenter de creuser sur cette pente glissante. Je ne m'attendais pas à trouver grand-chose cependant, et cette supposition est bien vite confirmée par le non verbal hostile de la brune en face de moi. On ne touche pas au passé relationnel de la tatoueuse, j'ai bien compris. Ironique, alors qu'elle vient de décortiquer chaque facette du moindre début de sentiment que je pourrais avoir pour son frère. Mais c'est qu'elle est forte Erika, cachant bien tout derrière ce masque inatteignable. Tout le contraire de moi, donc. Et puis, il faut bien reconnaître que le regard qu'elle me lance, juste avant de détourner ses iris bleutés, ne me donne absolument pas envie de continuer à m'aventurer dans cette direction périlleuse. J'ai encore trop de choses à vivre, je crois. "Les sentiments rendent peut-être con, mais au moins, ils ont le mérite de te faire ressentir quelque chose." Autre que la solitude. Oui, je suis certainement trop romantique pour mon propre bien, mais j'ai bien peur qu'il soit trop tard pour me changer.

C'est drôle, mais au final, je pense que ce petit coup de pression bien placé de la part d'Erika est quelque chose dont j'avais besoin. Pour ne pas me morfondre sur mon propre sort et me laisser convaincre que le rôle de meilleur ami est tout ce que j'aurai. Au risque de passer à côté de quelque chose de plus fort encore. Les paroles de la brune ont peut-être été un peu dures, mon égo est certainement en PLS quelque part dans un caniveau et je suis encore à la recherche de ma dignité, mais au moins, j'ai l'impression d'avoir ouvert les yeux sur une nouvelle possibilité dans ma vie. Et puis, Erika est peut-être une dragonne, mais elle est humaine, aussi. Comme tout le monde, elle a un passé, elle aussi blessée et endurcie par la vie. Elle sait de quoi elle parle, et ce simple détail d'une corde sensible touchée donne une dimension encore plus vraie à tous les messages qu'elle cherche à me faire passer depuis le début de cette soirée. 

Alors, je me relaxe un peu en face d'elle, un petit sourire amusé à la commissure des lèvres alors que je l'affuble de ce surnom totalement de circonstances. Maléfique. La voilà en train de rire aux éclats dans la nuit ambiante et je me dis qu'elle ne doit pas totalement le détester. Il faut bien reconnaître que mon choix est particulièrement réussi. Mon rire se joint au sien, un instant, le temps de comprendre que le nouvel éclat joueur qui allume soudainement son regard ne présage rien de bon. Je crois que je viens de faire une bêtise. "Oh non, t'avises même pas de me donner un surnom ridicule !" Comme si elle allait m'écouter. Et finalement il arrive, le sobriquet qui paraît déjà dépassé pour un enfant de plus de trois mois et qu'il l'est certainement trop pour un homme de vingt-quatre ans. Si je lève les yeux au ciel en signe d'agacement, je ne peux pas non plus contrôler le petit rire qui me secoue. Bien trouvé. "Franchement, entre un loup et un caneton, y'a aucun point commun. T'aurais pu faire un effort." Quoi que, elle n'a pas tort. Peut-être que mes parents ont vraiment choisi le pire prénom pour ma personnalité. Caneton aurait été bien plus représentatif.

Un échange de surnoms, je suppose que c'est bon signe. Qu'Erika me juge tout de même apte à lui adresser la parole et à continuer de côtoyer la vie de son frère. Je n'aurais pas tout perdu ce soir. "Bon, c'est pas tout mais il fait froid dehors quand même." Oui, ceci est totalement une tentative de fuite de ma part avant que la colère de la brune ne s'abatte de nouveau sur moi. Et puis, à force de parler de Sören, c'est qu'il me manquerait presque et que je ne serai pas contre passer un peu de temps avec lui. "Juste, hum..." Je cherche la tournure de phrase la plus appropriée pour exprimer mes pensées décousues, mon ressenti après cette discussion mouvementée. Et finalement, un seul mot s'impose à mon esprit. "Merci." Merci de m'avoir ouvert les yeux, merci de m'avoir un peu secoué, merci de prendre la peine de tous ces efforts déguisés derrière les moqueries. "Allez, je te dois bien une bière." Avec un sourire bien plus détendu, nous nous engouffrons dans la chaleur ambiante du bar bondé. J'ai presque l'impression d'avoir mis plus du sens dans mes sentiments tortueux en une discussion plutôt que dans les semaines et les mois passés. 
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