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 Don't Look | Jamesy


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MessageSujet: Don't Look | Jamesy   14.11.18 12:07
FT. James


C’est doux, réconfortant et chaud. C’est la tendresse après l’angoisse, le bien-être après l’horreur d’un instant trop précieux. Ma main vient chercher ta joue, mon pouce caresse ta pommette, mes doigts se perdent dans tes cheveux blonds. Tu as l’air si calme, si apaisé que je n’ai même pas le coeur de te réveiller. Alors j’attends, simplement, le corps lové contre le tiens, les iris braqués sur ton visage paisible. Ces derniers mois ont été une véritable torture. Autant physique que moral. Entre Bérénice et mon père, entre la colère et la peur, je peine à reprendre le pas sur la réalité des choses. Sur la réalité de ce que nous vivons. Sur sa nature sale et dangereuse, mais oh combien merveilleuse. Parce que tu es précieux pour moi, peu importe à quel point je refuse de te le dire. Peu importe à quel point je préfère me murer dans le silence plutôt que de t’avouer à quel point je suis devenu dépendant. À quel point je sais, aujourd’hui, que si tu venais à partir, je ne m’en relèverais pas. J’inspire, lentement, mes lèvres retrouvant la peau tendre de ta nuque comme si elles l’avaient quitté depuis trop longtemps déjà. Quelques minutes à peine, pourtant. Peut-être quelques heures. Et j’expire, la respiration rendu légèrement tremblante par la boule de tendresse qui se loge dans ma gorge. Stop. On arrête là.

Mon corps se déloge du tien avec précaution, prenant soin de ne pas te réveiller pour m’asseoir sur le rebord du lit et ouvrir le tiroir de ma table de chevet. Pour en sortir une petite boite, rouge, et en miroiter une nouvelle fois le contenu. Ce n’est pas la première fois que j’hésite. Ce n’est pas la première nuit où j’ai envie de te voir la porter. Mais c’est peut-être la première où ce besoin se fait aussi fort, où l’hésitation se fait trop silencieuse pour être réellement écouté. Alors je sors l’objet de sa cage, et je me replace près de toi. Je le fais tourner quelques instants entre mes doigts, mon regard parcourant ton visage encore trop endormi pour être prêt à s’éveiller maintenant. Et j’agrippe doucement ta main gauche pour la porter à mes lèvres, pour embrasser le dos, avant de glisser la bague à ton annulaire. J’en ai eu du mal, à la trouver. J’aurais tout aussi bien pu la voler, mais il était hors de question de le faire. Parce que tu es trop précieux pour en être réduit à ça. Parce que tu es trop précieux pour porter quelque chose qui n’a aucune valeur à mes yeux. Parce que ça, ça, ça a de la valeur. Peut-être moins que tout ce que tu pourrais m’offrir, mais bien plus pour moi que tout ce que je t’ai donné jusqu’ici. Parce que ce n’est que la traduction de toute l’affection que tu peux éveiller en moi, malgré tout et surtout malgré moi. Parce que c’est égoïste, aussi, un peu. Parce que j’espère qu’elle la verra. Parce que j’espère que le monde entier le verra.

Mon corps se rabat une nouvelle fois contre le tien, mon nez se perd dans ton cou, mes crocs agacent la chaire tendre à sa disposition. Il est l’heure, James. Il est grand temps de te réveiller, alors que mes bras t’entourent dans une étreinte exclusive. C’est dingue à quel point j’ai l’impression que tout ce qui s’est enchaîné ces derniers temps n’a fait que nous rapprocher encore un peu plus, encore un peu trop. Peut-être que c’était ça, au fond, qui nous manqué. Une trace visible de notre relation. Comme celle que tu portes aujourd’hui. Comme celle que, j’espère, tu garderas précieusement autour de ton doigt. « Bonjour. » C’est un murmure envieux, à peine audible, mais sûrement suffisant pour te réveiller, au vu de ses mains qui parcourent ton corps. Et mes lèvres viennent trouver les tiennes, comme pour essayer d’accaparer ton attention. Comme pour te dire en silence, ne la regarde pas. Ne la voit pas. Ignore la. Juste, garde la et ne m’en parle pas. Parce que je ne suis pas certain d’assumer pleinement mon acte égoïste, maintenant qu’il est fait.



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MessageSujet: Re: Don't Look | Jamesy   28.11.18 1:52
Un grognement agacé s’échappe de sa gorge alors qu’une moue boudeuse digne d’un enfant de quatre ans vient décorer son visage en signe de protestation à ce réveil forcé. Mais le frisson agréable qui a suivi la pression des crocs et le sourire qu’il peine à ravaler en réalisant qui le tient contre lui ne font pas illusion bien longtemps. S’il faut vraiment être réveillé par quelqu’un, autant que ce soit comme ça, et surtout, autant que ce soit lui. « Aleeeeks tu fais ch… » Les lèvres font prisonniers les mots, et il rit doucement en lui rendant son baiser, comme bercé par la chaleur qui loge dans son estomac, par son cœur qui ne cesse de battre la chamade. Ca semble être trop beau pour être vrai. Comme si ces derniers temps, après tous ces drames, après tous ces doutes, ils avaient enfin le droit de souffler un peu. Enfin le droit de s’aimer un peu.

Ses paupières se lèvent paresseusement quand le baiser prend fin pour laisser ses yeux se planter dans les iris glacés, et il laisse ses doigts aller dessiner chaque cicatrice du dos de son amant doucement, grimaçant d’un dépit clairement exagéré. « Franchement, je sais que je suis hyper beau et que c’est dur de garder ses mains loin de moi, mais dans ce pays on a un truc qui s’appelle « le respect du sommeil d’autrui ». Je t’apprendrai, tu verras, c’est hyper sympa. » Mais déjà, un sourire arrogant vient appuyer ses propos alors que son corps bascule pour s’asseoir sur celui du blond, alors que ses crocs viennent mordiller son cou pour rouvrir les marques qu’il y avait laissées la veille, sans attendre plus longtemps que ça. Parce que chaque parcelle de son corps semble constamment appeler le sien, et que son odeur l’enivre bien trop vite, de plus en plus.

Ses mains volent sur le corps pendant de longues minutes, redécouvrant chaque cicatrice, chaque parcelle de peau, chaque frisson. Avant que ses lèvres ne reviennent voler leurs compères, avant que sa main gauche n’essaie de s’aventurer sous la ceinture de son amant, avant qu’un obstacle inattendu ne se fasse sentir au moment même où il réalise que toutes les parcelles de peau ne sont pas en contact direct. Alors une moue se dessine sur son visage, et il rompt le baiser en grognant un « Elle me soule cette main bordel. » qui brise toute l’intensité du moment, sans réaliser à quel point sa réaction est anti climatique, à quel point toute forme de désir qu’il avait pu réveiller chez Aleksy se retrouvait mis sur pause le temps qu’il libère sa main du pantalon, et qu’il pose ses yeux sur elle.

Et au milieu de la chaire putréfiée, des cicatrices qui se répondent, de cette couleur si étrange, si irréelle, si répugnante, l’éclat de la bague accapare son attention, et sa moue se fait plus perplexe encore. « Qu’est ce que … » Rapidement, il se repasse en mémoire toutes les possibilités qu’il ait volé cette bague, toutes les probabilités pour que quelqu’un lui en ait offerte une et qu’il ne s’en souvienne pas, toutes les raisons qui pourraient expliquer sa présence. Mais elle n’était pas là la veille. Parce qu’il se souvient distinctement de n’avoir rencontré aucun obstacle. Alors ses yeux parcourent la pièce à la recherche de l’indice qui confirmerait la théorie absurde qui germe dans son esprit, et quand le velours rouge de la boîte se laisse apercevoir, il ouvre et referme la bouche plusieurs fois, bêtement, avant de reporter son attention sous l’amant qui est toujours prisonnier sous lui.

« Aleks … ? » C’est perdu, hésitant, étrangement loin de ce qu’il est habitué à vivre, encore moins à exprimer. Une bague ? Quand ? Pourquoi ? Comment ? « Tu … Tu sais que t’es censé te mettre à genoux et me demander officiellement, si tu veux m’épouser ? Ou chez vous on force les gens pendant qu’ils dorment ? Je me renseigne, on sait jamais. » Le babillement a laissé place à une arrogance mal jouée, alors qu’il fouille son regard, alors qu’il cherche une explication qui ait du sens. Parce que c’est étrange, d’offrir une bague, même à son insu. Parce que ça ne peut pas être une demande en mariage, parce que c’est Aleks, et que lui n’est que lui. N’est ce pas ?
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MessageSujet: Re: Don't Look | Jamesy   30.11.18 11:35
FT. James



Tes maigres protestations ne trouvent même plus écho dans mon esprit, tant l’envie de te garder près de moi se fait féroce. Tant le besoin de te réveiller et de savourer une nouvelle étreinte se fait brutal. Mes lèvres esquissent un sourire arrogant lorsqu’elles reprennent les tiennes, lorsqu’elles accueillent ce rire trop léger qui me cale un frisson d’anticipation le long de ma colonne vertébrale. Après tout ces drames, toute ces rancoeurs, le simple plaisir de te garder dans mes bras est presque trop fort pour être réellement contenue. Et l’éclat de bonheur brute qui se loge dans ma cage thoracique en est une preuve déjà bien trop grande, alors que je hausse un sourcil amusé à ta tirade, alors que je miroite ton expression hautaine, alors que je profite simplement de tes mains sur mon corps sensible. « J’en ai rien à foutre du respect. Tu devrais le savoir, depuis le temps. » C’est provoquant un peu, mais c’est surtout amusé, lorsque ton corps fait basculer le mien, lorsque tu t'assois sur mes hanches le plus naturellement du monde, lorsqu’un gémissement que je ne prends même plus la peine de cacher se faufile dans ma gorge. Tes crocs marquent la chaire tendre de mon cou, tes doigts réveillent chaque parcelle de mon corps, ta bouche revient agacer la mienne. Tant et si bien que j’en oublie presque cette bague marbrée de rouge que tu portes. Tant et si bien que je grogne simplement de mécontentement lorsque tu m’intimes un temps d’arrêt, sans vraiment en comprendre la raison, la source, le pourquoi. Et lorsqu’enfin mon esprit chauffé à blanc s’apaise assez pour trouver une réponse logique, pour comprendre que c’est cet anneau agaçant qui semble te gêner, c’est un éclat de peur qui se loge rapidement dans mes iris glacés.

« Non. » C’est une menace, clair et précise, mais c’est déjà trop tard, alors que tu retires ta main de l’encolure de mon bas, alors qu’une exclamation rageuse s’échappe de mes lèvres pleines, alors que le silence se fait pourtant trop rapidement dans la pièce, marbré d’une attente et d’une hésitation presque viscérale. Mes paupières se ferment douloureusement, incapable d’assumer l’éclat de dégout ou de colère qui pourrait naître sur ton visage. Incapable d’assumer le rejet pur et simple de cette demande qui n’en est pas vraiment une, qui n’est qu’une façon comme une autre de montrer au monde que tu m’appartiens, qui n’est qu’une marque de plus de toute l’affection que tu fais naître en moi. Si Inna me voyait… Si Inna avait pu voir ça, avant de partir, j’en aurais entendu parler jusqu’à ma mort. Et c’est mon prénom, murmuré avec une hésitation volage qui me pousse à rouvrir les yeux, à les planter dans les tiens avec une dureté implacable. Comme si j’essayais tout simplement de me défendre face au rejet qui m’attend. Comme si j’essayais tout simplement d’encaisser la conversation qui menace d’éclater à présent, alors que tout ce que je veux, c’est continuer à l’endroit où nous nous sommes arrêté. « Chez nous on ne s’arrête pas en plein milieu, pour commencer. » C’est rageur, presque. C’est surtout mal assuré, quand bien même je tente de sortir les crocs pour me protéger de toi et de ta réaction.

Tes iris bleutés fouillent l’hésitation des miens, et c’est dans une mimique agacée que j’attrape cette main pour cacher la vue de cette bague qui me lacère déjà le coeur d’anticipation, pour jouer distraitement avec, sans réellement m’en apercevoir, sans réellement le vouloir, pour te tirer encore un peu plus près de moi et te voler un baiser silencieux et autoritaire. Et lorsque mes lèvres se détachent des tiennes, mon regard se fait le plus neutre possible, le plus détaché possible dans cette situation. Autant dire que tu dois tout de même voir l’éclat d’hésitation qui le traverse, malgré tout les efforts que je donne pour le cacher. Je n’ai pas la force d’en faire plus. Pas aujourd’hui. « Jette la si tu n’en veux pas. » C’est murmuré, cette fois. C’est un simple souffle, une simple promesse de pardon si tu venais à choisir cette option. Parce que je ne t’en voudrais pas, au fond. Parce que ce serait une réaction normal, après tout. Alors mon visage se loge dans le creux de ton cou, mes crocs agacent mollement la chaire tendre de ta nuque, ma voix plaintive recouvre à nouveau le silence qui nous entours. « C’est bon, on peut reprendre où on en était ? »


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MessageSujet: Re: Don't Look | Jamesy   02.12.18 18:39
Il le sait, que le respect n’a pas sa place entre eux. Que c’est normal, pour eux, de commencer la journée dans la violence et la luxure. Que c’est comme ça qu’ils se prouvent qu’ils s’aiment, un peu, en témoignant à chaque instant que le désir qu’ils ont pour l’autre est bien trop puissant, bien trop inassouvible. Parce que c’est tout ce qu’ils savent faire, le seul langage qu’ils connaissent, ce qui leur paraît le plus naturel. Et cette vérité ne fait qu’ajouter à son incompréhension, quand il pose son regard sur cette bague rougie, quand il réalise que l’ambiance a changé du tout au tout en quelques secondes, que le corps sous lui s’est raidi un peu, que tout prend une importance et un sérieux auquel ils ne sont pas habitués. Auquel lui ne l’est pas, en tout cas.

Il entend à peine la protestation, bien trop habitué à les ignorer, et balaye les rugissements de frustration d’un geste de la main en cherchant un indice, en trouvant la boîte, en laissant échapper sa question sans réfléchir à la portée de sa question, à l’impact que ça pourrait avoir sur Aleks, sur eux, sur leur relation, sur toute sa vie. Même en croisant ce regard caché par ses paupières, même en voyant et en enregistrant l’expression bien trop honnête, bien trop effrayée, sur ce visage qu’il embrasse si souvent. C’est sérieux. Et ça lui fait tomber une pierre dans l’estomac, alors que la réponse qu’il lui donne n’est pas à la hauteur de ses attentes, mais qu’il n’avait pas vraiment d’attente non plus. Parce qu’Aleks n’est pas doué avec les mots, et lui pas doué pour interpréter les sentiments des autres. Ou pour les prendre en compte, en tout cas.

Alors une moue agacée se dessine sur son visage en réflexe défensif à la rage qui transpire de son amant, alors même qu’il a totalement conscience que ce n’est qu’une manière de se protéger, qu’une manière de plus de camoufler la peur. Parce qu’il a compris, à force, comment fonctionnait Aleks. Qu’il sait qu’il ne sera jamais à l’aise avec ça, tout comme lui prend toujours tout de la pire des façons. Qu’il sait qu’il ne pourra pas s’empêcher de lui faire du mal, même maintenant, même pour ça. Donc il grogne, quand ses lèvres rencontrent les siennes, quand il voit l’hésitation dans les iris bleutés, quand il réalise à quel point il doit être nerveux, à quel point son mal être doit être grand. « Mais … » C’est un murmure perdu, un dernier, avant le frisson de plaisir qu’il envoie dans son corps avec ses crocs, avant l’attaque sournoise qu’il doit savoir bien trop efficace. Alors c’est à lui de réagir stupidement.

Un soupir grogné s’échappe de sa gorge alors que sa main se libère sèchement de celle du russe, l’émotion lui serrant la gorge, et il les pose sur son torse pour le repousser, pour se redresser, pour quitter le confort des draps et se relever totalement, l’abandonnant, lui et son mal être, sur le lit trop grand. « Non, on peut pas, non. Putain mais tu peux pas te comporter normalement, pour une fois ? Tu peux pas juste me parler, et me dire pourquoi tu fais ça ? T’es vraiment con, bordel. » C’est froid, c’est sec, c’est totalement gratuit. Trop gratuit. Parce qu’il n’a rien fait de mal, si ce n’est attendre qu’il ne dorme pour ne pas avoir à s’expliquer. Pour ne pas avoir à assumer. Mais ça remue trop d’émotions en lui, ça remue cette peur constante de le décevoir, de le perdre, de ne pas être à la hauteur, et tout ce qu’il peut faire pour contrer, pour garder pieds, c’est le blesser. C’est le rejeter sans le vouloir, alors qu’il a envie de pleurer de bonheur. « Ca veut dire quoi, Aleks ? C’est censé vouloir dire quoi ? Et ne me dis pas « rien de spécial », parce que j’en ai marre de tes excuses à la con. » Et son regard se plante dans le sien, alors qu’il a fini de se rhabiller, alors qu’il ravale les larmes et l’envie d’y croire vraiment pour se rappeler qu’il interprète tout mal, que c’est sûrement mauvais, que ça ne peut pas être simplement un acte d’amour. Alors que lui aussi, il refuse de bien interpréter les sentiments de l’autre, et surtout d’en tenir compte.
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MessageSujet: Re: Don't Look | Jamesy   12.12.18 10:00
FT. James


La distraction fonctionne. Au moins en partie. Au moins suffisamment pour alléger un peu ce poid qui écrase les battements effrénés de mon coeur. Alors mes crocs se perdent sur ta nuque, ma main libre glissent sous ton chandaille, l’autre toujours ancrée autour de ta main. Ça va passer. Tu vas oublier. Tu vas laisser tomber. N’est-ce pas ? Parce que je ne veux pas avoir à me justifier. Parce que je ne veux pas prendre le risque de me faire rejeter, et que tout ce que j’espère, c’est obtenir ton accord silencieux. C’est te voir porter cette bague qui signifie tant et qui pourtant ne dit rien. Mais tu ne sembles pas l’entendre de cette oreille, et lorsque tu te réveilles enfin, lorsque tu me repousse durement sur le lit, lorsque tes doigts s’échappent des miens sans aucune douceur, je ne cherche déjà plus à te retenir. Comme si le poid autour de mon coeur venait de le faire chuter directement dans mon estomac et d’étouffer le maigre espoire qui commençait à naître. Mes iris céruléens se braquent sur le mur d’en face, incapable que je suis de les laisser se poser sur toi. Et ta voix résonne, assassine, meurtrière, mauvaise. Une attaque brutale qui réveille mon instinct de survie de la pire des manières. Le regard voilé par la colère, je sens ma machoir se serrer, mes muscles se tendre, ma gorge se serrer, alors que tout ce que je parviens à faire sans trembler, c’est me rassoir tranquillement sur ce lit qui me semble toujours trop grand lorsque tu n’y es pas. Trop vide, surtout. Encore plus maintenant.

Ton regard croise le mien, la colère jauge la colère, l’arrogance tutoie l’arrogance. Et c’est à mon tour de cracher pour me défendre. C’est à mon tour de laisser ce timbre lourd et hargneux briser le silence oppressant qui nous entours. « À ton avis, putain ? » Qu’est-ce que c’est censé vouloir dire ? Tu me poses sérieusement la question ? Tu as vraiment besoin d’une réponse ? Mes poings se referment, l’éclat de rage de plus en plus présent au fond de mes pupilles. Très bien. Tu vas l’avoir, cette réponse, puisqu’il faut en passer par là. Puisque tu la demandes. Puisque tu la réclames. De toute manière, ça ne changera plus la finalité de cet échange, n’est-ce pas ? Ça restera toujours un rejet pur et simple. Ça restera toujours la solitude et le dégoût. Alors je laisse mon corps se redresser pour te faire face, pour planter un regard décidé dans le tiens, pour sortir les crocs à mon tour et les planter directement dans ton âme. Pour la marquer comme mienne, peu importe si elle est consentante ou pas. Putain. Quel idée à la con. « C’est censé vouloir dire que tu m’appartiens. C’est censé vouloir dire que je tiens à toi. C’est censé vouloir dire je t’aime, espèce de sale con, alors évite de me hurler dessus comme une putain en manque, parce que ma patience est déjà à bout, là ! » C’est craché, de plus en plus en plus fort, de plus en plus brutalement, alors qu’un doigt accusateur vient repousser ton épaule, alors que mes iris céruléens se plantent dans les tiens avec défiance, alors que je retiens à grande peine les tremblements idiots de mon corps.

Mes doigts se faufilent rapidement vers ton poignet pour l’attraper avec autorité, pour dévoiler mon prénom, gravé dans ta chaire et reprendre tout aussi vite que je me suis arrêté. Pour attaquer, encore, avec une honnêteté presque effrayante. « Et avant que tu râles, non, ça, ça ne suffit pas. Ça ne suffira jamais. Y’a rien qui me suffit quand ça te concerne, d’accord ? J’ai déjà du mal à me retenir de ne pas l'enfermer ici pour le reste de ta putain de vie. » J’ai déjà du mal à luter contre l’envie de t’éloigner d’elle. De t’éloigner d’eux. De t’éloigner du monde pour n’être que la seule personne capable de se poster à tes côtés. Pour n’être que le seul que tu regardes. Et je me conforte un peu dans l’idée qu’au moins, malgré le rejet dégueulasse qui se loge dans ma poitrine, ton attention ne me quitte pas un seul instant. « Alors accepte le ou pas, je m’en tape. Jette-la, brûle la, fais la fondre et casse toi si ça te chante, ça me regarde plus. J’ai fais ma part du contrat. À toi de voir si tu l'acceptes ou si t’en a rien à carrer. » L’idée même que tu la retires me file la nausée, mais il est hors de question que je te laisse voir autre chose que la colère qui me lacère les sens. Il est hors de question que tu puisses constater à quel point je suis blessé, à quel point j’ai peur, à quel point je suis effrayé à la simple idée que tu puisses me rejeter, même si mes gestes nerveux peuvent te le prouver. Même si mon regard enragé peut te le montrer. « Les voilà mes excuses à la con. Ça te suffit ou t’en veux d’autres ? » C’est mauvais, encore. C’est une dernière provocation, une dernière pique, alors que mon corps se met enfin à trembler de rage, alors que mes iris céruléens percutent les tiens avec une force étouffante, alors que l’attente se fait encore plus brutale pour mon âme que les mots.




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MessageSujet: Re: Don't Look | Jamesy   15.12.18 1:07
Il ne le retient pas, ne le regarde pas, puis se braque. C’est tout ce qu’il voit, alors qu’Aleks ressent mille choses, alors qu’il les enfouit et laisse la colère les cacher pour se protéger. C’est tout ce qu’il accepte de voir, pour alimenter sa propre colère, pour ne pas laisser l’espoir fourbe se gratter une place trop grande, pour ne pas trop penser, pour ne pas avoir peur de la suite. Alors quand c’est à la voix du russe de cracher, c’est lui qui serre la mâchoire, c’est son visage qui se ferme et ses yeux qui envoient plus de poignards encore. Des imbéciles. Ce sont des imbéciles. Et quand il se relève, lui le provoque du regard, le défie de lever la main sur lui, de recourir à un acte si simple qui ne changerait rien, d’entrer dans un domaine qui ne peut pas lui faire du mal à lui, pas vraiment, mais qui peut en faire à Aleks. Parce que la culpabilité de l’un serait bien plus puissante que la douleur de l’autre, même si elle était minuscule.

Et quand il explose, quand ses mots disent son amour alors que son ton crie la haine, quand il le pousse à peine, James soutient son regard sans réagir, sans se laisser aller à chercher à comprendre, à écouter, ou même à réellement entendre la portée de ses mots. La portée de l’amour qu’il lui porte. Trop borné pour se laisser aller à simplement être touché, alors que son cœur bat plus vite, alors que ses mains se mettent doucement à trembler et qu’il les enfouit rapidement dans ses poches. Menteur. Menteur. Comme une litanie dans son cerveau, alors qu’il lâche un grognement de rage quand son poignet est pris en otage et retiré de sa prison de fortune, quand il récidive son attaque et que lui ne peut rien faire que de se refermer un peu plus sur lui-même face au trop plein d’émotion. C’est horriblement glauque, horriblement dépendant, et horriblement amoureux. Un amour que, ironiquement, il peut comprendre.

Puis la question, alors que lui a son regard planté dans le sien, alors que derrière la rage, il voit bien la peur du rejet, il voit bien l’anticipation, il voit bien la blessure. Et comme seul rempart, ses paupières se ferment quelques secondes, et il tire sèchement sur son propre bras pour le libérer du joug de son amant, pour prendre quelques secondes pour maîtriser sa voix. « MOI, je suis une putain en manque ? C’est toi qui fais toute une histoire pour rien, là. Et va te faire foutre, Aleks, je fais absolument ce que je veux. Je suis ni à toi, ni à personne. Et si t’essaies une seule seconde de m’enfermer, je fous le feu à l’appart, et nous avec. » C’est presque calme, mais c’est une illusion. Parce qu’il essaie de se concentrer sur ce qui l’énerve plutôt que ce qui lui donne envie de pleurer et de se blottir dans ses bras. La peur, encore, le dévore de l’intérieur. La peur que tout cela ne soit qu’une passade, que la passion du moment, que la conséquence de vivre à cent à l’heure, que la fin soit trop proche. Alors ses yeux se rouvrent, et il sait déjà ce qu’il lui reste à faire. Il sait déjà comment se prouver à lui-même que tous les évènements qui ont fait naître cet espoir insensé n’étaient rien de plus que momentanés. Qu’Aleks ne l’avait juste pas encore compris. « J’en ai rien à foutre. » Et avec ces mots, il tourne les talons, et la porte se ferme.

Une demi-heure se passe, puis une heure. Une crise de colère au téléphone avec Sören, une longue hésitation à appeler Bérénice pour hurler, un abandon face à l’opposition trop nette des deux. Un magasin, deux, trois. Pendant quelques longues minutes, il reprend son rôle de diva pour trouver ce qu’il veut, parce que ça doit être parfait, parce que ça doit être parfaitement à la bonne taille, et si vous ne pouvez pas faire de miracles, j’irai payer quelqu’un d’autre. Et enfin, c’est avec la main dans sa poche qui triture la petite boîte rouge qu’il remonte les marches de l’appartement, de plus en plus doucement. La boule dans son ventre grandit si vite qu’il doit faire une pause entre deux étages pour ravaler une envie de vomir, pour retrouver son souffle, pour ingurgiter une pilule avec des mains tremblantes. Il fallait bien passer par là, un jour. Par se prouver à soi-même que tout cela n’était qu’une illusion idiote, qu’il était juste tombé sur un obsessionnel qui avait décidé de lui prêter attention, mais uniquement temporairement. Uniquement parce que lui n’assumait rien. Uniquement parce que Aleks et sa logique absurde étaient capables d’aimer quelqu’un uniquement parce que cette personne restait inatteignable. Parce qu’il avait le dessus sur lui, une bonne moitié du temps, et qu’il lui faisait du mal. Parce qu’il ne montrait que la jalousie, pas les inquiétudes, pas les sentiments trop forts. Parce que lui n’était pas censé être du genre à vouloir lui offrir une bague.

Il ouvre la porte sans frapper, sans crier gare, sans vérifier quoique ce soit si ce n’est qu’il est toujours là. Il aurait pu être accompagné et la boule dans son ventre l’aurait probablement empêché de le voir. Et alors qu’il lance rageusement la boîte dans la direction de la silhouette d’une main tremblante, il se dit que si quelqu’un est avec lui, il pourrait aussi bien s’excuser d’interrompre leurs petites affaires, maintenant, et partir. Parce que maintenant qu’il va comprendre que tout cela n’était que temporaire, maintenant qu’il se sera lassé, lui n’aura plus aucun droit d’être jaloux. Ca ne l’amusera plus. Ca ne fera plus naître cette pointe de fierté dans son regard. Même pas un petit soupir trop dépité pour être tendre sur ces lèvres. « Là. Tu l’as, ta réponse. T’es content, j’espère ? Bravo, vraiment, hein. T’a gagné. Félicitations. » Ca pue le sarcasme, la rage, et ça tremblotte un peu. « Tu crois que t’es le seul à vouloir dire je t’aime, enfoiré ? Tu crois que je sais pas ce que ça fait de pas supporter que t’aies une vie en dehors de moi ? Tu crois que moi j’ai pas envie de faire des trucs débiles comme ça tout le temps ? Non, bien sûr que non, tu comprends pas ça, toi ! Abruti. »

La bague sur son propre doigt semble peser de plus en plus lourd, et il claque la porte derrière lui pour se diriger vers lui, pour venir plaquer ses lèvres sur les siennes et ses mains sous son haut. Parce que même en sachant la suite, son corps se lance dans un dernier effort pour avoir une dose de lui, dans une dernière diversion pour lui donner une raison de toujours vouloir de lui, même après ça, même maintenant qu’il doit comprendre à quel point il est pathétique, à quel point il est celui qui aurait dû arrêter de lui prêter attention il y a bien longtemps. « Comme quoi parfois, c’est mieux de fermer sa gueule. » C’est un murmure bien plus effrayé que les autres, et il se flagelle mentalement en approfondissant le baiser, en essayant de griffer ses côtes pour que la douleur lui fasse penser à autre chose. Parce que peut être que ça, au moins, il en voudra toujours. C’était ce qui avait commencé leur histoire, ça pouvait sûrement être ce qui la finit.
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MessageSujet: Re: Don't Look | Jamesy   12.01.19 14:17
FT. James


La colère répond à la colère et les murs se redressent bien trop vite pour que je parvienne à les effacer. Tout est bien trop rapide, bien trop fort, bien trop brutal. Et au milieu de ce tourbillon d’émotion, c’est la peur qui ravage tout sur son passage. C’est la peur qui me pousse à éclater de rage devant tes yeux, alors que je devrais me taire, alors que je devrais m’expliquer, alors que je devrais simplement te dire que je t’aime et que tout c’est passé depuis quelques temps n’a fait que renforcer mes sentiments pour toi. Alors que je ne fais rien de tout ça, pourtant, et que je profite de ton silence temporaire pour te pousser à bout, pour me défendre comme je peux, pour espérer m’en sortir indemne tout en sachant très bien que je finirais détruit. C’est presque enfantin comme dernière volontée. C’est surtout ridicule. Et lorsqu’enfin mes derniers mots sont crachés, lorsqu’enfin le silence revient prendre ses droits, ce n’est guère plus que pour quelques secondes. Tu arraches ton bras de mon emprise, mais ce sont bien tes mots qui me poussent à ne pas insister, à ne pas le reprendre pour t’empêcher de partir. Mon nez se fronce dans une mimique qui se veut colérique, mais je sens déjà mes muscles trembler d’anticipation, comme de rage. Parce que tu n’es pas à moi, et que tu ne le seras probablement jamais. Parce que tes derniers mots me font l’effet d’un coup de couteau dans le dos. Parce que c’est aussi comme ça que je t’aime. Libre. Libre de partir. Libre de me blesser si ça te chante. Libre de me tuer comme tu es exactement en train de le faire.

« D’accord... » La porte claque et avec elle, ma respiration revient sans même avoir eu conscience de la retenir. Mais elle est tremblante, désespérée et faible. Elle n’est plus que le prémisse d’un premier sanglot qui me ravage de l’intérieur, alors que je m’échoue lamentablement sur le rebord du lit, alors que les soubresauts se font silencieux et assassin, alors que mon corps se recroqueville sur lui-même pour tenter de faire taire cette douleur effroyable qui me lacère le coeur. Et pendant de longue minute, je ne parviens même plus à bouger. Je ne parviens même plus à retenir les larmes qui me brûle la peau. Je ne parviens même plus à retenir cette envie de mourir, juste, d’arrêter les frais maintenant pour arrêter de penser, pour arrêter de ressasser, pour arrêter de pleurer. Alors mon esprit se conforte dans l’idée qu’au moins, t’enfermer ici solderait la fin de cette vie inutile et sans plus aucun sens, maintenant que tu l’as quitté. Je n’aurais plus qu’à te tendre l’allumette. Parce que quitte à crever, je veux pouvoir le faire à tes côtés. Je veux que ce soit de ta main, je veux que ce soit ta décision, et plus seulement la mienne. Une minute, puis deux. Une heure, puis rien. Rien d’autre ne change, rien d’autre ne bouge, si ce n’est mon corps désormais débout, près du lit, si ce n’est la petite boite rouge que je tiens en main comme un souvenir trop agaçant, comme une erreur qui m’aura au moins permi de comprendre quelque chose de cruel. Tu m’emporteras avec toi dans la tombe. Et dieu que j’ai envie d’y aller à cet instant précis.

Mais la porte se rouvre et je me sens sursauter à travers l’angoisse toujours présente et la déchirure qui me lacère encore la poitrine. Je tourne à peine le visage vers toi, juste assez pour entrapercevoir une petite boite qui vole joyeusement à travers la pièce. Elle s’échoue lamentablement sur le sol, mes réflexes tué par les tremblements toujours incessant de mon corps. Et je la vois, cette petite boite. Si similaire à celle que je tiens toujours entre mes doigts. Si proche et pourtant si différente. La brume qui m’enlace l’esprit se fait plus vivace encore, alors que le tambourinement brutal de mon coeur assourdit ton discours enragé, alors que je n’écoute plus vraiment tes mots ou le ton de ta voix, alors que tout ce que je parviens à faire, c’est me pencher quelques secondes pour glisser la petite boite entre mes doigts. Et lorsqu’enfin mon esprit se reconnecte à la réalité, ce n’est que pour avoir un mouvement de recul salvateur lorsque tu t’approches. Ne me la reprend pas. Par pitié. Ne me donne pas d’espoir si c’est pour tirer un trait dessus quelques secondes après. Parce que ça, James, je ne suis pas certain de pouvoir y survivre. Parce que ça, James, ce serait la mort la plus cruelle que tu pourrais me donner. Tu es pourtant plus rapide que mon corps endormi par l’épuisement et lorsque tes lèvres retrouvent les miennes, c’est un sursaut brutal qui me prend. Je m’attendais à tout, sauf à ça. Je m’attendais à essuyer des coups et des insultes. Je m’attendais à mourir de ta main, mais en sentant ton corps si proche du mien, je me sens presque revivre. « At... » C’est un murmure coincé, trop rapidement arraché par le retour de tes lèvres contre les miennes, trop vite tue par la sensation de tes mains sur ma peau. Et pendant quelques secondes, je m’y perds totalement, je laisse mes bras entourer ta nuque pour t’interdire tout mouvement de retrait, pour te maintenir contre moi, quitte à en mourir. Surtout si j’en meurs. Mais la vague de soulagement assassine qui me prend le corps se fait brutale, dévastatrice de mon self-contrôle, et c’est un sanglot qui fini par mourir contre toi. « Arrête... » C’est plaintif, coincé dans le creux de ma gorge entre les larmes et l’envie d’oublier ton départ et les mots cruels que tu m’as lancé, alors que mes bras se resserrent nerveusement autour de ton cou, alors que mon visage se perd dans la chaleur de ta nuque pour tenter de taire les sanglots qui ne cessent d’affluer.



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